- Speaker #0
40 000, c'est le nombre d'infirmiers spécialisés qui manqueront en Suisse d'ici 2040, selon une étude du cabinet, un conseil PVC. Et parmi ces professions en tension, il y a celle notamment d'instrumentiste, un métier à la fois essentiel et pourtant peu connu du grand public. L'instrumentiste ou e-bod, c'est l'infirmier ou l'infirmière de bloc opératoire, en lien direct avec justement le chirurgien. C'est une spécialisation technique, exigeante je trouve, mais qu'on découvre souvent un peu sur le tard. Moi-même... à titre personnel. Je dois dire que j'ai mis du temps à comprendre un petit peu les contours, donc quels soins sont réalisés, quelle est leur place réelle, votre place au bloc opératoire et à quoi ressemble votre quotidien. Donc aujourd'hui, j'ai voulu aller plus loin parce qu'en plus d'être un métier sous tension, c'est aussi un métier souvent en mouvement. De plus en plus d'infirmiers instrumentistes choisissent de quitter la France notamment et pour aller exercer en Suisse. Alors, moi j'ai voulu traiter justement cette question-là sous un angle bien précis. Alors est-ce que eBOD, c'est une vraie opportunité ou une illusion ? pour exercer en Suisse ? Donc, pour explorer cette question, j'ai le plaisir d'accueillir Rachid, qui est IBOD formé en France et qui a choisi de franchir le pas, donc d'aller travailler en Suisse. Donc, ça fait maintenant un an qu'il y travaille, mais tu pourras toi-même faire ta présentation derrière. Et donc, dans cet épisode, on va revenir ensemble sur son parcours, comprendre ses motivations, bien sûr, décrypter les démarches, bien évidemment, parce qu'il y aura forcément des démarches administratives, et surtout, s'immerger une idée dans sa réalité pour comprendre au mieux quelles sont les démarches et Et quelles sont finalement ces motivations à avoir voulu exercer en Suisse ? Mon objectif aussi, au travers de cet épisode-là, c'est de pouvoir, avec toi, démystifier un petit peu ce qu'on peut entendre sur la Suisse. Donc entre salaire, parfois mirobolant, et puis cette fameuse qualité de vie. Donc entre les réalités aussi professionnelles, et qu'est-ce que ça représente aussi sur le terrain. Donc est-ce que ça vaut aussi vraiment le coup ? Est-ce que ça change vraiment une vie ? Est-ce qu'on se fait souvent de fausses idées ? Voilà, on va en parler tout de suite avec toi. Donc je vais te laisser te présenter à ton tour, en quelques mots. Et partager un petit peu quelle a été ta formation et puis qu'est-ce qui t'a motivé justement à devenir instrumentiste. Ou infirmier de bloc opératoire plutôt.
- Speaker #1
C'est ça. Bon bah déjà bonjour, on est là et je te remercie pour l'invitation. C'est toujours un plaisir de transmettre aux collègues un petit peu l'expérience. Je suis adepte de ce fait-là donc c'est toujours un plaisir pour moi en tout cas.
- Speaker #0
C'est super.
- Speaker #1
Donc moi je m'appelle Digouar Achid, je suis e-board. Je travaille au bloc opératoire depuis 2006. À ma sortie d'école, j'ai intégré directement le bloc opératoire. De 2006 à 2011, j'étais au CHU de Dijon, en bloc digestif thoracique et urologie.
- Speaker #0
Mais à ce moment-là, tu n'étais pas diplômé. Tu étais juste en fait un.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Je n'étais pas diplômé, en tout cas pas diplômé d'État e-board. C'est aussi une des facettes de notre métier où les infirmiers en soins généraux peuvent travailler au bloc opératoire.
- Speaker #0
D'accord, et qu'est-ce qu'ils font concrètement ? C'est-à-dire que quand tu... Quel est ton poste en fait ?
- Speaker #1
En théorie, ils ont accès à tous les rôles. Donc au bloc opératoire, tu as le rôle de circulant, d'instrumentiste.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ça, c'est les deux rôles auxquels ils ont accès aujourd'hui, en tout cas les infirmiers en soins généraux. Et après, l'aide opératoire qui est un peu plus spécifique justement pour les infirmiers diplômés avec une série d'actes exclusifs qu'on a après le diplôme. Voilà.
- Speaker #0
D'accord, et qu'on aura le temps d'aborder justement derrière, dans la suite de cet épisode. Du coup, tu intègres le bloc opératoire directement, parce que c'est une spécialité qui te plaisait déjà en amont, tu l'avais déjà effectuée en stage auparavant ?
- Speaker #1
C'est ça, en fait, durant l'école d'inf, j'ai eu l'opportunité de faire plusieurs stages de chirurgie, et j'ai eu justement l'occasion de passer par le bloc opératoire, parce que les formateurs étaient adeptes pour comprendre vraiment Voilà. le métier, en tout cas le post-opératoire quand on est dans un service de chirurgie, il faut passer par le bloc pour voir un petit peu ce qui s'y passe, pour comprendre un peu mieux. C'est vrai que j'étais passé par plusieurs blocs opératoires, et j'ai vraiment accroché avec le côté technique, en tout cas ce milieu qui m'a tout de suite plu.
- Speaker #0
D'accord. Mais c'est vrai qu'on entend souvent le fait d'être dans un espace clos, ça peut être des fois assez difficile ou déstabilisant. Toi, qu'est-ce que tu en penses ? Là, tu sais quelque chose que tu apprécies, bien au contraire ?
- Speaker #1
C'est vrai que le bloc opératoire, c'est vraiment un milieu particulier. Comme tu dis, c'est un espace clos. On est vraiment à la marge des services. Pourtant, c'est des services phares des hôpitaux. Le bloc opératoire, on sait que c'est un peu les poumons économiques des hôpitaux. On sait que l'activité est très importante dans les blocs, etc. Mais c'est vrai que c'est un milieu à part, très technique. On ne se rend pas compte, je pense, quand on fait… L'école d'inf, puisqu'on a très peu d'informations sur les spécialités en général, c'est très peu axé sur les spécialités. C'est vrai qu'il faut vraiment rentrer dans ce milieu-là pour comprendre un peu mieux.
- Speaker #0
Mais toi, tu es vraiment tombé par opportunité, c'est-à-dire durant ton cursus à l'IFSI, finalement.
- Speaker #1
C'est ça, exactement. C'est vraiment mon cursus qui m'a ouvert la voie à cette spécialité.
- Speaker #0
D'accord, ok, très bien. Donc ça t'a plu, tu t'es dit, on fonce là-dedans, c'est ce que je veux, et puis je continue. Et finalement, c'est là que tu t'es intéressé à cette spécialité d'e-bud ? Tu as découvert cette spécialité ou tu la connaissais finalement déjà avant ?
- Speaker #1
Non, alors c'est vrai que quand on est en stage avec l'œil d'étudiant, en tout cas on voit vraiment à la marge comment ça se passe, etc. On ne comprend pas tout. et c'est vrai que on comprend rien même ouais ouais mais c'est vrai que vraiment quand j'ai un blog avec les collègues durant ma formation etc j'ai vraiment compris l'importance et en tout cas les différents rôles etc de
- Speaker #0
ce métier là les différentes facettes de ce métier là d'accord ok donc c'est ça qui t'a intéressé et finalement poussé à intégrer justement l'école d'E-Bud alors moi j'ai fait le parcours VAE en fait ok très bien est-ce que tu peux nous en dire plus justement Merci.
- Speaker #1
En 2014, il y a un décret qui est paru sur la validation des acquis de l'expérience, qui ouvrait une seconde voie justement pour être diplômé eBOD. Il faut savoir que moi, où j'habitais, l'école d'eBOD était à peu près à 1h30-2h de route pour aller se former, donc c'était très compliqué. Moi, j'avais une certaine expérience, parce que quand j'ai fait la VAE, j'avais J'avais 11 ans d'expérience en bloc avec différentes structures. C'est pour ça que je me suis lancé dans ce parcours-là. Mais c'est vrai que si j'avais eu une école à proximité, c'est sûr que j'aurais fait l'école de ce côté-là.
- Speaker #0
Finalement, c'est cette opportunité-là de VAE qui t'a permis de devenir infirmier de bloc opératoire, mais autrement. Du coup, à contrario, si tu aurais eu la possibilité d'intégrer Merci. une école, comment ça se passe justement pour intégrer l'école ? C'est sur concours ? Comment on peut le voir pour les spécialités d'infirmiers anesthésistes ? Comment ça se déroule ?
- Speaker #1
Alors, c'est ça. Aujourd'hui, en fait, ils ont « facilité » un peu les choses, c'est-à-dire qu'avant, il fallait deux ans d'expérience en tant qu'infirmier pour pouvoir se présenter au concours de l'école d'Ibode. Aujourd'hui, ils ont formé ça, donc on pourrait directement, à la sortie de l'école d'Inf, faire la demande pour intégrer une école d'Ibode.
- Speaker #0
D'accord. Mais toi, avec ton point de vue de professionnel, tu penses que c'est quelque chose de prématuré, en tant que jeune diplômé, de tout de suite vouloir intégrer l'école d'E-Bud, ou alors tu conseillerais plutôt à un jeune diplômé de faire ses armes, entre guillemets, et par la suite postuler ? Toi, justement, avec ce regard...
- Speaker #1
C'est vrai que moi, je suis plutôt du côté de l'expérience aujourd'hui, donc c'est vrai que le bloc opérateur, c'est tellement un milieu particulier qu'il faut trouver Donc, ils travaillaient un petit peu pour savoir vraiment si on est fait pour ça. C'est un service à part. On a vu tellement de monde passer, arriver, y compris des services, et un petit peu idéaliser ce monde. Et en fait, arriver et voir que c'est un métier totalement différent. Puisque on apprend un métier, c'est une spécialité à part entière. Donc, c'est vrai que c'est un métier vraiment totalement différent du métier d'infirmier.
- Speaker #0
Oui, d'accord. Et tu penses que finalement, ce serait fermé ? Parce que je pense aux jeunes diplômés qui vont nous écouter. notamment, et qui pourraient découvrir le métier d'e-bod au travers de ton témoignage, et qui se dira, tiens, ça peut être une opportunité, pourquoi pas aller se lancer dans cette formation-là, directement. Toi, tu dis justement au contraire, faites vos armes, travaillez un petit peu dans d'autres services, ou même en tant qu'infirmier de bloc opératoire, si je comprends bien. Et puis derrière, après, pour être finalement un peu sûr de son choix, ou voir d'autres types de prises en charge aussi, peut-être ?
- Speaker #1
Oui, moi je pense que ces deux ans, au départ, ils avaient été mis là vraiment pour ça, c'est-à-dire acquérir un petit peu d'expérience, connaître le bloc opératoire, ce qui en tout cas forge, on va dire, ses convictions si on veut vraiment travailler dans ce milieu-là.
- Speaker #0
D'accord. Donc après ces 11 ans d'exercice, si je résume bien, donc du coup tu te viens avec cette VAE eBOD.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Tu nous dis que c'est vraiment quelque chose qui n'était pas inné, mais en tout cas c'est une opportunité qui s'est présentée à toi et c'est un domaine dans lequel tu souhaitais rester. En tant qu'e-bot, justement, après avoir eu cette VAE, à quoi ressemblait ton quotidien ? Comment ça se passe, une journée type ? Est-ce qu'en termes de charge de travail, en termes d'horaire, aussi ? On parle souvent d'ambiance, mais est-ce que... Qu'est-ce que tu mets derrière ce mot ? Ambiance, rapport avec les collègues, et chirurgien aussi.
- Speaker #1
Alors, comme on l'a dit tout à l'heure, c'est vrai que c'est un milieu particulier. En tout cas, au bloc opérateur, il y a une certaine... de tension à chaque fois sur les interventions parce qu'on sait qu'une intervention peut être mal tournée mais il peut y avoir des phases un peu plus critiques que d'autres qui fait qu'on doit être prêt
- Speaker #0
Tu as un exemple à nous donner concret d'une situation ?
- Speaker #1
Oui, c'est une intervention sous celluloscopie qui se passe mal, donc on doit convertir. Ce qu'on appelle la conversion, c'est passer en mode ouvert, donc en laparotomie. Donc ça, c'est des choses qui ne s'improvisent pas et qu'il faut être un petit peu aguerri pour partir sur ce type de conversion, en tout cas de changement d'intervention en péropératoire.
- Speaker #0
Mais toi, qu'est-ce que ça te demande du coup, en tant qu'E-BOD, en termes de compétences ? J'imagine de la réactivité.
- Speaker #1
C'est ça. Dans notre métier, il y a beaucoup d'anticipation, c'est-à-dire qu'on va préparer le matériel pour une intervention, mais il faut toujours garder en tête si cette intervention change en cours de route, si le chirurgien tombe sur quelque chose de nouveau. Il faut que nous, on soit capables de réadapter tout de suite le matériel. ou en tout cas l'avoir anticipé en amont, c'est-à-dire qu'on ne peut pas demander, si je pars sur une celloscopie et qu'on m'avertit, de demander à ce moment-là aux collègues d'aller chercher le matériel qu'il faut, il faut qu'ils soient prêts. C'est de l'urgence, il faut qu'on puisse agir en urgence à tout moment, et même sur des interventions qui peuvent être banales, on dit souvent qu'il n'y a pas de petites interventions, il faut qu'on soit prêts sur tout en fait.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et ça, c'est des compétences qui s'acquièrent au fur et à mesure, au fil du temps, avec l'expérience, etc.
- Speaker #0
D'accord, donc je dirais plutôt, si je résumerais, ce serait vraiment anticipation, préparation, vraiment en amont. Ça, pour rejoindre ma question sur ton quotidien, c'est que tu arrives, tu prépares ton matériel et tu essayes d'anticiper finalement sur tout type de situation, avec les différents types de matériel à préparer, si je comprends bien.
- Speaker #1
Voilà. en fonction de la spécialité donc il faut aussi avoir des connaissances sur l'anatomie, des connaissances sur les températoires, les différents températoires. Avec le temps, on est assez calé sur les différents types de chirurgie, ce que ça va nécessiter comme matériel, comme besoin, comme prise en charge aussi des patients puisqu'on a aussi toute cette phase d'accueil du patient, la check list du patient, donc le code de sécurité aussi pour les prises en charge c'est vraiment on a On a une facette, en tout cas un panel assez large dans notre prise en charge.
- Speaker #0
D'accord, et c'est toi qui choisis finalement la spécialité dans laquelle tu exerces ? Ou alors c'est vraiment pluriel, c'est en fonction du type de chirurgie qu'il y a ?
- Speaker #1
Il y a certains blocs opératoires, en fait, ils sont sectorisés, ça veut dire qu'ils pratiquent une seule spécialité. D'accord. Ou une ou deux en fonction des blocs opératoires. Après, il y a les blocs pluridisciplinaires, on fait de tout. C'est par exemple où j'ai travaillé avant de venir en Suisse et où maintenant je travaille, c'est un bloc aussi pluridisciplinaire. Il faut être aussi un petit peu aguerri, en tout cas avoir des connaissances assez larges sur toutes les chirurgies pour être opérationnel sur tout type de chirurgie.
- Speaker #0
Bien sûr, et je pense qu'en termes de capacité d'adaptation, ça doit être quelque chose de top.
- Speaker #1
L'adaptabilité dans nos métiers d'infirmiers, c'est une de nos premières vidéos
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
On est assez costauds là-dessus. C'est ça.
- Speaker #0
Mais clairement, on en reviendra plus tard. Mais est-ce que tu penses que c'est une valeur ajoutée, justement, pour toi, cette transition-là, pour la Suisse ?
- Speaker #1
Oui, clairement. Clairement, puisqu'on switch sur un pays qu'on ne connaît pas forcément, sur des méthodes de travail qui sont différentes aussi un petit peu des nôtres. Même si le fond du travail, la chirurgie, c'est un petit peu partout pareil, on va dire, entre guillemets, chaque chirurgien a sa propre technique, mais en tout cas, les temps opératoires se ressemblent assez souvent. Donc, de ce côté-là, il faut quand même aussi avoir pas mal de connaissances.
- Speaker #0
D'accord. Et du coup, c'est un post-tendu, ça ressemble à quoi un petit peu le planning d'un eBud ?
- Speaker #1
Moi, j'ai eu la chance de pouvoir négocier mes horaires, entre guillemets. Donc, je suis passé à 80% et avec la possibilité de faire des jours d'affilée en 12 heures.
- Speaker #0
D'accord. Mais quand tu as commencé en France, tu étais sur quel type de planning ? Je pense que principalement du 12 heures aussi ?
- Speaker #1
Non, c'était 100%. Donc, moi, je travaillais 9 heures.
- Speaker #0
9 heures,
- Speaker #1
donc ça faisait 4 jours par semaine. Dans mes 4 jours, j'avais une astreinte. Donc, pour faire, voilà, entre guillemets, je prenais de 11h à 20h mon poste.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et à partir de 20h jusqu'à 7h le lendemain matin, j'assurais la strainte avec les urgences chirurgicales.
- Speaker #0
Ok, d'accord. En termes de cette fameuse ambiance, justement, au bloc opératoire, que, à titre personnel, je trouve extrêmement pesante. Je trouve ça très pesant et même... Je ne suis pas claustrophobe, mais c'est un peu étouffant par moments. C'est comme ça en tout cas que je l'ai perçu lors de mes stages, ou même lorsqu'on pouvait justement soit observer, enfin venir au bloc opératoire pour assister à une intervention. L'ambiance, comment toi tu la ressens ? C'est quelque chose que tu apprécies beaucoup ?
- Speaker #1
Le bloc, c'est qu'on passe par différentes phases. C'est un petit peu les montagnes russes. l'idée c'est que On va dire tout ce qui est accueil, préparation du matériel, c'est plutôt bonne ambiance, on est plutôt décontracté. Après quand on parle du sujet, c'est sûr que tout de suite on se reconcentre, on s'adapte aussi aux chirurgiens, on se concentre et il y a des temps plus ou moins forts. C'est vrai que quand on termine l'intervention, il y a un peu plus de relâchement, donc c'est là qu'on est plus présenté, etc.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et tu sens cette… Oui, dis-moi.
- Speaker #0
Je t'écoute,
- Speaker #1
dis-moi. C'est un peu ça, sachant que décontracté, c'est un mot assez fort. On est toujours sur ce qu'on fait. N'oublie pas qu'on va de A à Z sur l'intervention. L'idée, c'est de ne rien louper.
- Speaker #0
Bien sûr, j'imagine. Est-ce qu'il y a une certaine cohésion entre vous, collègues ? Parce que finalement, tu es seul en tant qu'e-bode dans le bloc opératoire.
- Speaker #1
On n'est pas seul, on travaille toujours en équipe. Donc en fait on travaille toujours, alors la plupart du temps sur les chirurgies lourdes, on est toujours en binôme avec un autre infirmier, donc en France ça se passe comme ça, mais on n'oublie pas aussi les collègues infirmiers anesthésistes, l'anesthésiste et le chirurgien parce que c'est vraiment un travail d'équipe, je parlais tout à l'heure de check list, en tout cas des vérifications pour les patients. on va dire le comment dire Il faut qu'on soit tous présents à des phases critiques pour le patient, c'est-à-dire quand on check le malade. Donc c'est important que tout le monde soit là et qu'on travaille main dans la main pour prendre en soin de façon optimale le patient. Et la communication, elle est hyper importante. On sait que c'est des phases assez critiques. Quand il y a des manques de communication, il peut y avoir des soucis. Donc là, on met un point un petit peu sur ce sujet-là, dans le sens où il faut qu'on communique assez. assez clairement, assez rapidement s'il y avait des soucis. Mais en tout cas, on est vraiment dans un travail d'équipe. On n'est pas en pleine autonomie comme on peut être dans les services. Voir ses douze patients, faire les soins, etc. C'est totalement différent.
- Speaker #0
OK. Mais quand tu vois que je te parle de cohésion d'équipe, c'est-à-dire que toi, en tant qu'e-bud, si je vois le planning opératoire, l'e-bud, c'est toi, Rachid, c'est personne d'autre. C'est-à-dire qu'en termes de responsabilité, tu vois, on est sur... Voilà, une autre dimension. C'est-à-dire que s'il y a un souci et si on recherche l'E-BOD, c'est toi qu'on cherche et personne d'autre. Mais est-ce que malgré tout...
- Speaker #1
C'est plus compliqué que ça. C'est sûr que les E-BOD, ils ont une série d'actes exclusifs, comme je disais tout à l'heure,
- Speaker #0
qui sont lesquels, justement ?
- Speaker #1
Alors, ça va être... Tout ce qui concerne l'aide opératoire, c'est l'aide du chirurgien active en tout cas sur la chirurgie, l'exposition, l'aspiration, faire de l'hémostase, même l'assistance de chirurgie, donc faire des gestes à certains moments sous demande expresse du chirurgien, si tu te demandes de faire un nœud, de fermer une plaie, c'est un petit peu ce qu'on a droit. Mais ce que je te disais tout à l'heure… C'est un peu compliqué dans le sens où il y a des infirmiers en soins généraux qui travaillent aussi au bloc opératoire, qui ont une certaine expérience, qui ont acquis une certaine expérience. Et là, à ce moment-là, on parlait de responsabilité tout à l'heure avec les chirurgiens. Il y a une responsabilité partagée avec l'IBOD en cas de souci. D'accord. Et avec les infirmiers en cas de souci, puisque, entre guillemets, tout acte qu'un infirmier ait fait, on doit être clair sur la législation, sur ce qui doit se passer, etc. Donc, en gros, on n'a pas une priorité sur le champ opératoire, même si on devrait l'avoir aujourd'hui. Je ne sais pas si tu as entendu parler des mesures transitoires.
- Speaker #0
Bien sûr, bien sûr. C'est un gros sujet pendant plusieurs mois.
- Speaker #1
C'est un gros sujet. Il va y avoir des dérogations qui vont être données, des dérogations y compris définitives. C'est-à-dire qu'un infirmier en soins généraux qui va faire une formation de 21 heures aura le droit de faire les mêmes actes exclusifs, il doit être que moi.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
En termes de responsabilité, il va aussi engager sa responsabilité derrière. Bien sûr. C'est pour ça qu'on n'a pas comme l'IA une exclusivité de fonction.
- Speaker #0
D'accord, je comprends mieux. D'accord.
- Speaker #1
Donc c'est... C'est très confus notre situation depuis 2015, depuis nos actes exclusifs.
- Speaker #0
Ce que je comprends, c'est que la frontière, elle est très mince, finalement.
- Speaker #1
Bien sûr, très très mince. Très très mince, et en fait, comme il y a une pénurie dans les blocs opératoires, on va dire que c'est la continuité des soins qui prime pour les établissements, pour le ministère, mais au-delà de ça, c'est... Je pense qu'il faudrait miser sur la formation, en tout cas former plus, puisqu'on sait que la formation est quand même gage d'acquisition de compétences, de sécurité des soins, etc. Donc on aimerait qu'il y ait quand même un peu plus de formation, en tout cas une dynamique plus importante de ce côté-là de la part de nos instances.
- Speaker #0
Parmi justement ces suggestions d'amélioration en termes de formation ou autre, ça a été un point... focale pour toi, de penser à peut-être exercer ailleurs et je pense notamment à la Suisse. Comment ce projet-là est rentré dans ton parcours professionnel ?
- Speaker #1
C'est vrai que c'est... On ne va pas dire que c'est quelque chose en particulier qui m'a fait basculer. C'est un peu comme tout le monde. Je pense que c'est un mélange de beaucoup de choses, d'opportunités aussi, mais en tant que professionnel, je pense qu'il y en a beaucoup qui connaissent ça aujourd'hui. C'est... Merci. l'envie de changement profond, l'envie de voir autre chose, de changer de service. Moi, ça faisait 18 ans que je travaillais au bloc opératoire en France. J'avais des acquis. Peut-être que j'avais aussi besoin un petit peu de me challenger, d'aller voir autre chose. Et cette opportunité-là, elle est arrivée quand j'ai fait, tout bêtement, un salon infirmier sur Paris. Et j'ai rencontré, alors il faut savoir qu'il y a beaucoup, beaucoup de recruteurs. C'était à Sant'Expo, le salon infirmier. Il y a beaucoup de recruteurs, donc des recruteurs français, mais aussi étrangers. Et c'est vrai que je suis tombé sur Manpower Suisse. En tout cas, on est venu nous aborder. C'est vrai que de fil en aiguille, c'est Madame Offray, je peux la citer. Je suis en contact assez fréquemment avec elle de Manpower Suisse, qui m'a fait vraiment du sur-mesure et qui m'a décidé aussi à partir là-bas.
- Speaker #0
C'est finalement une opportunité qui s'est présentée à toi.
- Speaker #1
Tout à fait. C'est une opportunité et puis c'est, on va dire, le... le rythme que j'avais dans mon travail, les conditions de travail qui ont fait qu'il fallait aussi que je change pour clairement respirer aussi.
- Speaker #0
Donc ça, c'est vraiment le cocktail magique.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Non, mais je trouve ça incroyable, dingue. Et en termes de convergence, en tout cas d'association, et puis finalement que ça amène à concrétiser ce projet-là, je trouve ça juste incroyable. Mais il n'y avait pas de... Est-ce que tu avais quelques freins ? quand même ou quelques appréhensions ?
- Speaker #1
Bien sûr, bien sûr, c'est vrai que de quitter entre guillemets son confort, parce qu'on est installé dans un confort aussi, on connaît parfaitement son travail, on connaît les habitudes de tout le monde, on a un petit confort, donc on sait que quand on part dans un autre bloc, après y compris en France aussi, mais dans un pays étranger, je pense que c'est un peu plus marqué, parce qu'on a vraiment zéro connaissance sur ce qui se passe un petit peu là-bas. C'est vrai qu'il y a beaucoup d'appréhensions. Et puis après, en tout cas personnellement, c'était vraiment l'appréhension, c'était le côté famille. Est-ce que ça allait suivre le côté famille ? Oui, parce que je suis papa aussi de trois filles et qu'il y a une distance aussi qui est assez importante pour aller travailler. Enfin voilà, ce n'était pas une décision à prendre à la légère. Mais après, on pèse le pour et le contre et on se dit surtout qu'on est titulaire de la fonction publique, on a cette chance-là de pouvoir prendre une disponibilité. Et puis d'aller voir un petit peu ailleurs ce qui se passe.
- Speaker #0
Avant de parler de l'organisation surtout, j'aimerais juste avoir ton point de vue là-dessus. C'est vrai que tu as mentionné cette opportunité-là avec cette envie de changement. Là récemment, j'avais fait un sondage, et puis il y a quand même plus d'une cinquantaine de personnes qui ont répondu sur justement les motivations à exercer en Suisse. Donc c'est vrai que j'avais proposé justement le salaire, avoir un salaire plus important, la qualité de vie et les conditions de travail. finalement, c'est les conditions, la qualité de vie qui a primé sur ces trois propositions. Et j'aimerais vraiment avoir ton avis là-dessus, justement, parce qu'on entend beaucoup de choses sur la Suisse et cet aspect financier, je trouve, qui est des fois un peu trop dominant. Toi, quel est ton regard là-dessus ? Bien évidemment, il faut manger pour vivre. On est tous d'accord là-dessus. Mais est-ce que c'était vraiment quelque chose qui... Aller juste derrière justement cette qualité de vie ou alors finalement cet aspect financier avait quand même une part très importante, même similaire à cette qualité de vie. Toi, comment tu t'es positionné à ce niveau-là ?
- Speaker #1
C'est vrai que quand je réfléchis, en tout cas quand je me suis posé la question de la qualité de vie, Pour moi, en tout cas, c'est un équilibre vraiment entre la vie perso et la vie professionnelle. C'est vraiment cette recherche-là dans laquelle je me suis lancé. Et le fait, peut-être qu'on en parlera après, mais le fait d'avoir basculé sur un pays étranger où les choses sont différentes, ça m'a sorti un petit peu la tête du guidon du travail que je faisais avant où c'est vrai qu'on était vraiment conditionné avec des conditions de travail très difficiles. et c'est vrai que ça m'a ouvert un petit peu l'esprit, en tout cas ça m'a facilité les choses de ce côté-là. Mais en tout cas, cet équilibre que je recherchais, je l'ai trouvé aujourd'hui, dans le sens où, comme tu parlais, qualité au travail, je pense que je suis arrivé dans un établissement à taille humaine, où c'est vrai que le système de santé est différent, où en tout cas moi j'ai l'impression que c'est moins la course à l'activité, ce qui a quand même beaucoup d'influence sur ton travail en tout cas quotidien, et c'est clair aussi le salaire, on ne va pas se cacher. on agrémente son salaire, même si j'ai encore peu de recul par rapport à tout ce qui va être imposition, frais, charges, etc. Je ne pourrais pas t'en parler vraiment aujourd'hui puisque tout n'est pas réglé de ce côté-là. Mais en tout cas, pour donner un chiffre par rapport au salaire français que j'avais moi à 100% de base, j'étais à 3040 euros de base. Sachant qu'au bloc opératoire, on fait beaucoup d'astreintes, donc c'est sûr qu'on gagne plus. Mais on a tendance à oublier que les astreintes, c'est des heures supplémentaires. Donc, c'est beaucoup d'heures supplémentaires, en tout cas, beaucoup de travail pour avoir un salaire plus haut que la moyenne, on va dire. Mais aujourd'hui, le salaire de base à 80%, parce que moi, j'ai pris un 80% aujourd'hui, ce qui me fait gagner aussi du temps pour ma famille. C'est à peu près deux fois une mille salaires de base que j'avais en France.
- Speaker #0
Maman a réussi, et on se développera juste après, mais a associé en fait cette qualité de vie que tu recherchais. Tu nous l'as dit. tes papas, t'as envie de passer des temps de qualité avec tes enfants, et puis justement, pouvoir associer à une rémunération quand même qui te correspond. Mais est-ce que tu n'aurais pas eu cette opportunité-là avec cette boîte d'intérim, avec Manpower, est-ce que tu aurais franchi le pas ou pas de toi-même ?
- Speaker #1
Honnêtement, je pense que j'aurais pas eu l'opportunité, j'aurais pas franchi le pas. Parce que je n'étais pas forcément dans cette recherche-là à ce moment-là. J'étais dans une recherche d'améliorer mon quotidien au travail, mais je n'étais pas dans une recherche de m'extrader, entre guillemets, et d'aller voir ailleurs vraiment. Parce que, on va dire, dans un hôpital normal, un infirmier en soins généraux, il peut changer de service dans l'hôpital. Quand tu travailles au bloc opératoire, c'est beaucoup plus compliqué parce qu'il faut trouver un bloc opératoire. Et on va dire qu'avec les tendances actuelles, il y a pas mal de blocs opératoires, en tout cas des petits blocs opératoires qui ont fermé. Donc forcément, pour moi, il fallait aller loin pour retrouver un autre service ou en tout cas faire autre chose. Donc c'est pour ça que le frein de la distance s'est tout de suite un petit peu effacé parce que je me suis dit que quitte à partir un peu loin, autant faire une heure de plus peut-être et trouver quelque chose de vraiment différent.
- Speaker #0
Tu as cette opportunité, tu vas au salon infirmier, tu rencontres justement cette personne chez Manpower. Comment, après les choses, se sont enchaînées ? C'est-à-dire que par quoi tu as commencé ? On va se mettre dans ta peau pendant cinq minutes. Dans quel état d'esprit tu étais ? Et puis, justement, comment les semaines qui ont suivi, tu t'es organisée en matière de démarches administratives ? en termes d'étapes, finalement,
- Speaker #1
et de délais aussi. Alors, c'est vrai que Mme Offray m'a beaucoup driveé sur tout ce qui était administratif. Donc, au départ, c'était un petit peu sonder un petit peu mes besoins, ce que je recherchais exactement comme établissement, mes compétences aussi, puisque… tout le monde n'est pas logé à la même enseigne en fonction du bloc opératoire où tu travailles comme je disais tout à l'heure si tu es sectorisé et que tu as fait 20 ans de cardiovasculaire ou si tu as fait un bloc pluridisciplinaire c'est un peu plus facile de trouver un bloc opératoire en tout cas pour moi donc de ce côté là c'était tout ce qui était prospection et après si vraiment ça pouvait matcher sur certains établissements où il y avait de la recherche j'ai commencé le pré check de la Croix Rouge voilà qui est qui est qui a gagné les fameux. Et donc après, dans la continuité, donc faire reconnaître le tour.
- Speaker #0
J'aimerais insister sur ce point-là, puisqu'on a pas été en arrondi. Et bien, juste pour savoir s'il y a des instrumentistes qui nous écoutent. reprendre effectivement cette démarche de reconnaissance Croix-Rouge qui est obligatoire pour exercer en Suisse, donc en tant que soignant. Et justement, bien mentionné, je crois que pour les IBOD, c'est bien le diplôme infirmier qu'il va falloir faire pour connaître. D'accord ? Est-ce que tu peux ?
- Speaker #1
C'est ça. Exactement, parce que moi, j'ai fait l'erreur de débutant, on va dire. J'ai envoyé mon diplôme d'e-bod pour le faire reconnaître, sachant qu'en Suisse, il n'y a pas d'e-bod. C'est des infirmières du domaine opératoire et des TSO qui font le job d'instrumentiste. Donc, c'est vrai que de ce côté-là, j'ai perdu un peu de temps. Donc, pour les collègues qui écoutent, c'est bien le diplôme d'infirmière pour le faire reconnaître et pas le job.
- Speaker #0
Justement, ta fonction même d'e-bod, bien évidemment, tu vas pouvoir l'exercer là où tu vas postuler. En tout cas, tu vas postuler en tant qu'e-bod, Mie. La démarche de reconnaissance Croix-Rouge, c'est le diplôme infirmier qu'il va falloir faire reconnaître, juste pour poser le cadre. Donc, cette fameuse reconnaissance Croix-Rouge, ça t'a mis à peu près combien de temps ?
- Speaker #1
J'ai mis à peu près, avec justement cette petite mésaventure, je pense qu'on était à peu près entre un mois et demi et deux mois. Parce que... En fait, eux ont été assez rapides puisqu'on crée son compte sur la Croix-Rouge. Et en fait, je n'avais pas vu que rapidement, ils avaient répondu négatif sur le fait que je n'avais pas donné mon diplôme. Donc,
- Speaker #0
il faut compter avec un échec trop large, mais deux mois.
- Speaker #1
Oui, franchement, alors c'est… Matt Powershutz me disait que c'était entre 2 et 7 mois. Des fois, il peut y avoir des délais beaucoup plus longs, mais franchement, c'est rapide.
- Speaker #0
Pour certaines infirmières que j'accompagne, elles mettent peut-être 6 mois à avoir leurs documents. Ce qui fait que pour certains établissements, elles n'ont pas la possibilité forcément de postuler puisque certains établissements vont demander la reconnaissance papier, en tout cas en main, et pas forcément le prix de chèque qui est la première étape, effectivement, gratuite et qui est en ligne. Mais du coup, ce document, il est fait. Ton CV, à jour aussi, l'aide de motivation, tout a été fait assez rapidement et de manière fluide, j'ai l'impression.
- Speaker #1
C'est ça. Oui, ça, c'est vrai que j'avais fait assez rapidement, puisque dès que j'ai commencé à travailler avec Manpo, j'ai directement fait tout ce qui était d'usage pour pouvoir être dans le recrutement, entre guillemets. D'accord. Donc finalement,
- Speaker #0
tu t'es fait quand même un peu accompagner. C'est ce côté-là. et pas finalement perdu ou comme jeté un peu dans le grand bain et puis tiens, débrouille-toi et puis continue.
- Speaker #1
Non, c'est vrai que de ce côté-là, en tout cas niveau pro, c'était vraiment un bon accompagnement.
- Speaker #0
On va finalement percevoir la plus-value et même au travers des accompagnements que je peux faire. en disant, bon, le CV, c'est quand même facile à faire, l'aide de motivation aussi, démarche administrative plus ou moins, mais il y a quand même certaines subtilités, ou même le fait de se sentir épaulé, accompagné, de ne pas se sentir seul, en fait, tout simplement, dans ce processus, je trouve que c'est quand même rassurant. Je ne sais pas toi, comment tu l'as vécu ?
- Speaker #1
Oui, c'est hyper important, puisque c'est un pays qu'on ne connaît pas, c'est...
- Speaker #0
donc voilà administratif c'est pas du tout comme en France non plus donc voilà c'est vrai que c'est vraiment une plus-value d'être accompagné et d'avoir ce service je te rejoins parfaitement et donc du coup entre ce délai de préparation de dossier et puis d'opportunités de poste il y a à peu près combien de temps tu as tout de suite eu des retours positifs comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Oui, c'était... Alors, franchement, c'est vrai qu'on a un secteur de travail où, en tout cas dans les banques opératoires, il y a une pénurie assez importante et il y a quand même pas mal de recherches de notre côté. Donc, c'est vrai que dès qu'on a envoyé des CV, on a eu des réponses très rapides.
- Speaker #0
Je ne sais pas, on a fait envoyer 5 situations. Tu as eu combien de retours positifs ?
- Speaker #1
Moi, ce n'est pas moi qui ai envoyé des CV. Donc, c'est Manpo. Mais c'est vrai qu'au bout d'un mois, au bout de même pas une semaine et demie, deux semaines, on avait des retours d'établissements où il y avait des possibilités d'intégrer ces établissements assez rapidement puisqu'il y a des recherches importantes de notre côté. Et moi, en tout cas, entre le laps de temps, entre vraiment que j'ai commencé les démarches, Donc j'avais commencé à peu près à me projeter en novembre 2023 et je suis rentré dans mon établissement en Suisse en février 2024. Donc c'était assez rapide.
- Speaker #0
Mais c'est vrai que tu me dis quelque chose de très juste, c'est que, et dont aussi nous Français qui souhaitons exercer en Suisse, on ne le prend peut-être pas assez en compte, c'est qu'il y a une offre et une demande. Et dans le cadre des infirmières de bloc opératoire, la tension, elle est énorme en termes de... Il y a une demande quand même assez importante. Alors, bien évidemment, on ne va pas prendre n'importe qui. Voilà. Mais dans l'idée, c'est que la demande, elle est là. Et ce qui est intéressant, en fait, dans ton cas, de ce que je comprends, c'est que tu as quand même eu le choix de pouvoir, au vu des retours positifs que tu as eus, tu as quand même eu le choix de choisir ton établissement, si je comprends bien. OK.
- Speaker #1
Oui. Après, j'avais aussi une idée précise d'où je voulais aller. Comme je te disais tout à l'heure, j'étais dans un bloc pluridisciplinaire. J'avais à cœur de travailler dans un bloc pluridisciplinaire où on faisait aussi des urgences. C'est le côté aussi urgence qui me plaît. Et puis, j'avais 18 ans de bloc, donc j'ai une expérience aussi certaine dans plusieurs spécialités. Donc, c'est vrai que c'est peut-être aussi plus facile de placer quelqu'un comme moi qui qui a une certaine expérience.
- Speaker #0
J'avais le goctel magique, l'expérience significative. Non, mais... L'expérience significative, clairement, avec justement une fonction qui est très demandée, avec un dossier quand même complet, on va dire, reconnaissance Croix-Rouge de fait, et puis, entre guillemets, tu sais aussi ce que tu voulais. Donc, clairement, ça permet tout de suite de filtrer et puis d'aller... d'aller droit au but et ce qui explique aussi cette rapidité, je trouve, en manière d'embauche. Donc, tu arrives à ce niveau-là où justement tu as ces retours positifs. Comment ça se passe au niveau des entretiens ? Est-ce que justement il y a des choses qui t'ont surpris ? Est-ce que tu peux nous expliquer la suite du processus justement ?
- Speaker #1
Bien sûr. Bon alors déjà, il faut savoir qu'en parallèle, j'ai aussi envoyé ma demande de disponibilité, parce qu'il faut être aussi en phase pour pouvoir quitter l'ancien établissement. Donc ça aussi, c'est pareil, ça a été accepté assez rapidement. On voit que les politiques ont un peu changé de ce côté-là, où on retient moins les professionnels, on les laisse un peu plus partir, histoire de, s'ils veulent revenir plus tard, qu'ils puissent revenir. Ça, c'est plutôt assez ouvert. Mais voilà, c'est vrai qu'au niveau pratique, j'ai eu une journée d'observation, qui m'a été proposée aussi assez rapidement. Quelque chose qu'on n'a vraiment pas l'habitude de voir en France, c'est de voir des collègues débarquer et qu'ils viennent une journée pour voir un petit peu comment ça se passe. Donc c'est vrai que ça nous met tout de suite un petit peu dans le bain et on se rend compte quand même assez facilement que c'est un service qui peut convenir, soit à court ou à long terme. En tout cas, je trouve que c'est une très bonne idée de partir sur ce type de journée d'observation. ça limite les dégâts si vraiment on arrive du jour au lendemain et que ça ne m'a tue pas du tout
- Speaker #0
Et je trouve que ça permet tout de suite de voir si tu arrives à aller plus long pas ou si tu le vois directement là-bas, ou pouvoir confronter justement au service même et puis aux collègues, tout simplement.
- Speaker #1
C'est ça, c'est l'équipe, c'est le travail qu'on y fait, puisque le travail n'est pas forcément aussi le même qu'en France. Donc voilà, c'est vraiment plusieurs aspects qu'on va découvrir, même si une journée ça peut faire court, mais en tout cas ça nous donne Quand on a un œil un petit peu expérimenté, ça nous donne un panel assez large. On arrive à voir un petit peu comment les choses se passent et si ça peut nous convenir.
- Speaker #0
C'est super. Et du coup, après cette journée d'observation, tu as eu l'entretien ?
- Speaker #1
En fait, je l'ai eu dans la foulée, l'entretien.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Dans la foulée de ma journée, voilà. Et puis, il faut savoir qu'à ce moment-là, il venait de recruter quelqu'un, mais qu'il y avait un autre poste qui allait être dispo. Donc, j'ai dit que ça pouvait le faire et je suis arrivé. Donc, j'ai dû faire ma journée d'observe. C'était au mois de décembre et je suis arrivé au mois de février.
- Speaker #0
D'accord. OK. Même chose, très rapide. Et est-ce que, du coup, tu avais une petite appréhension, peur de ne pas être pris ou alors tu étais plutôt confiant, justement, lors de ce processus ?
- Speaker #1
Non, c'est sûr qu'on peut aussi ne pas convenir dans le poste, ou en tout cas le CV, parce qu'on sait que c'est les DRH aussi au départ qui reçoivent nos CV, et pas forcément les cadres du bloc. Donc on peut se dire qu'en effet, on peut ne pas convenir. Mais après, je n'étais pas inquiet dans le sens où il y avait plusieurs propositions derrière. Donc en fait, on peut tout de suite rebondir derrière. On sait qu'il y a, comme on disait tout à l'heure, une demande qui est forte. Donc de ce côté-là, je peux dire que je n'étais pas forcément inquiet.
- Speaker #0
Donc, confiant. et finalement qu'est-ce qui t'a plutôt orienté vers le poste dans lequel tu occupes actuellement puisque c'est parce que tu occupes depuis un an plutôt qu'un autre qu'elles ont été finalement tes critères tu parles effectivement de cette de ce bloc pluridisciplinaire de détachement à taille humaine qui a d'autres points justement qui ont fait pencher la balance alors il ya aussi l'accessibilité
- Speaker #1
parce que ça c'est quelque chose qu'on ne pense pas forcément mais il faut savoir que dans le canton de Genève où j'exerce c'est assez compliqué en termes de place de parking en termes de mobilité de se rendre au travail merci
- Speaker #0
merci de le dire de souligner parce que ça on ne s'en rend pas compte tant qu'on n'y est pas
- Speaker #1
On voit d'autres choses, en tout cas on pense à d'autres choses en amont, mais c'est vrai qu'il faut aussi prendre en compte tout cet aspect-là, de pouvoir se rendre au travail correctement, de ne pas rester, parce que c'est vrai qu'il y a différentes douanes, il y a des douanes où c'est apparemment une galère sans nom pour la passer. Il y a aussi ce côté-là à voir, où se stationner, parce que là où je suis c'est un petit établissement qui n'a pas de place pour le personnel, donc il faut aussi trouver un moyen de se garer. Après... C'est sûr qu'au niveau de transport en commun, c'est quand même très bien desservi. Mais en tout cas, c'est quelque chose qu'il faut aussi avoir en tête quand on part comme ça ou quand on rejoint un autre établissement.
- Speaker #0
Clairement. Et donc, c'est ça qui a fait finalement pencher la balance sur cet établissement.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
Alors, comment s'est passé tes premières semaines ? Est-ce que tu as eu une période d'intégration ?
- Speaker #1
Alors... D'intégration plus ou moins parce que c'est vrai qu'on s'est rendu compte très vite que j'avais quand même de l'expérience. Donc je pouvais travailler, en tout cas j'ai travaillé seul assez rapidement. Mais en tout cas au niveau intégration je peux dire que c'était top. Je suis tombé sur une équipe vraiment top. Je me suis intégré facilement. On est accueilli. Enfin voilà, de ce côté-là franchement zéro problème. Ouais,
- Speaker #0
super. Donc finalement, enfin pas agréablement, oui agréablement surpris je peux le dire. Oui. De cette arrivée.
- Speaker #1
Oui, parce qu'on sait comment ça se passe dans les équipes. Ça peut être aussi compliqué dans certaines équipes où des fois, les gens sont aussi à bout, il y a des tensions, etc. Donc, quelqu'un de nouveau qui arrive, ça peut engendrer aussi d'autres tensions. Enfin, ça peut être compliqué. Mais en tout cas, de ce côté-là, il y a eu zéro problème. Je tombais vraiment sur une équipe ouverte et puis tout s'est passé vraiment nickel.
- Speaker #0
Au niveau relationnel, on coche toutes les cases.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Collègues, hiérarchie, les chirurgiens aussi.
- Speaker #1
Oui, alors les chirurgiens, c'est vrai que la particularité où je travaille, c'est qu'il y a beaucoup de chirurgiens qui interviennent. Si on comptabilise, il y en a un peu plus de 200 qui viennent sur les cliniques. Donc c'est vrai que des fois, pour avoir vraiment les habitudes des chirurgiens, c'est vraiment compliqué. Ça sort un peu de notre quotidien où on travaille avec les mêmes chirurgiens, on les connaissait par cœur. Donc ça, c'est une difficulté aussi qui peut être à prendre en compte quand on commence un nouveau job. mais après voilà on a du bagage, un peu d'expérience, c'est vrai qu'on est tout de suite dans le bain avec eux, et puis ça se passe bien.
- Speaker #0
Et c'est ça, et on revient toujours à la même compétence, qui est cette adaptabilité, clairement, qui revient en fond, en fait, finalement, et qui est cette amuse. On va leur ajouter plus-value dans le parcours. Est-ce que tu pourrais nous décrire comment se passe ton quotidien ? On est type en tant qu'e-bod, mais on devrait même dire instrumentiste, puisque les îles, le terme e-bod même n'existe pas. On va parler d'instrumentiste, on passe du côté de la frontière. Comment ça se passe sur les journées type ? Tu disais que tu étais en poste à 80%. Du coup, tu peux nous écrire... ce que ça signifie et puis comment ton planning s'articule et puis quelles sont tes tâches, effectivement, à quoi correspond une fiche de poste, clairement, pour qu'on puisse justement comparer par rapport à ce que le poste président en France.
- Speaker #1
Au niveau planning, c'est vrai que, comme je disais tout à l'heure, je fais trois jours d'affilée. Donc c'est quand même hyper confortable, donc trois jours de 12 heures, en jour ou en nuit, puisqu'on fait des 12-12. Donc tu as des équipes de jour, mais tu as une équipe la nuit. qui est là pour assurer les urgences. On fait pas mal d'urgences aussi obstétriques, les césariennes. Il faut quelqu'un sur place. Donc ça, c'est vrai que ça change un peu du système en France où on fait son poste de travail et où on enchaîne derrière la streinte, ce qui est souvent très compliqué puisqu'on peut faire des journées de 24 heures à d'affilée. C'est vraiment pas à la marche, ça m'est arrivé très souvent. C'est vrai qu'au niveau fatigue, on ressent quand même... beaucoup moins de fatigue au niveau de ce rythme là. En tout cas, pour ma part, c'est ce que je ressens, même s'il y a un rythme qui est soutenu, c'est pas un rythme faible en tout cas. Mais voilà, donc ma journée type, donc comme je disais, c'était en 12 heures. On arrive le matin, on a un coloc, on a un petit coloc à 7h le matin avec toute l'équipe. Donc ça, c'est pareil, c'est quelque chose d'un peu nouveau. C'est donc, on va dire, c'est un espace dédié. à la com, à la transmission avec les nuits, s'il y a un matériel particulier sur une intervention. C'est vrai que c'est un temps d'échange qui est assez apprécié, en tout cas des équipes, et qui permet de désacraliser certaines interventions, revoir avec les collègues s'il y a besoin, etc. Donc ça ne dure pas longtemps, mais en tout cas ça a le mérite d'être là, pour les équipes. Donc ça c'est vrai que j'ai trouvé ça assez cool au départ quand je suis arrivé, c'est quelque chose qu'on ne connaissait pas du tout, enfin en tout cas que je ne connaissais pas du tout. C'est vrai qu'en France on a peu d'espace de communication. Sur la journée, entre les équipes et avec la hiérarchie. Donc ça, c'était plutôt bien. Et après, une fois le colloque terminé, on part en salle puisqu'on est nommé dans chaque salle d'intervention avec une équipe particulière sur telle spécialité. Et on sait que sur la journée, on est dans cette salle-là et qu'on va instrumenter sur la journée. Donc on part vérifier le matériel. Clairement, on vérifie avec... En fonction du chirurgien, on a un listing de matériel. Donc ça c'est pareil, c'est aussi très bien fait. Ils ont des logiciels informatiques où ils listent vraiment tout le matériel des chirurgiens en fonction de la spécialité, en fonction du type.
- Speaker #0
Et ça tu penses que c'est dû au nombre assez important de chirurgiens qui interviennent dans l'établissement notamment ?
- Speaker #1
Alors ça c'est quelque chose de commun à tous les blocs opératoires. Alors après il y a différents types de listings. C'est vrai que nous jeunesse c'était des listings manuscrits, des feuilles tapées à l'ordinateur. Donc assez difficile à mettre à jour. C'est vrai que là on a quelqu'un qui s'occupe vraiment du listing de matériel, du logiciel. Et par jour, si on a besoin de changer tel ou tel matériel, parce qu'un matériel est devenu obsolète pour le chirurgien, etc. On le change et c'est fait au jour le jour. Donc ça, c'est vraiment très pratique. On arrive à être au plus proche de la réalité en termes de matériel sur ce qu'on a besoin sur chaque type d'intervention. Et ça, c'est vrai que c'est plutôt pas mal.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc, préparation du matériel et ensuite, je le check un petit peu avec l'aide de salle.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Donc, il faut savoir qu'où je travaille, on n'est pas deux infirmiers par salle. On est un infirmier.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
et un aide de salle, donc les ATSO, pour ceux qui connaissent un petit peu en Suisse.
- Speaker #0
Tu pourrais nous décrire un petit peu ce que c'est qu'un ATSO, parce que je pense qu'il y en a aussi qui ne savent pas.
- Speaker #1
Donc c'est des agents de salle d'opération qui n'ont pas de diplôme infirmier, qui viennent aussi de milieux assez diversifiés. C'est ce que j'ai vu aussi quand je suis arrivé en Suisse. J'ai travaillé avec des gens qui venaient de tout milieu professionnel. et qui ont basculé sur le type de métier. Donc c'est un peu nouveau dans le sens où c'est des gens qui n'ont pas la fibre, on va dire, paramédicale comme nous on peut l'avoir.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Mais du coup, à certains moments, qui peuvent apporter un autre œil parce qu'ils n'ont pas forcément l'œil de soignant que nous on peut avoir. Et c'est vrai qu'à certains moments, ça peut être intéressant. Mais sur le plan, entre guillemets, négatif, c'est des gens qui ont quand même moins de connaissances que nous spécialisés et qu'on va devoir aussi un petit peu coacher pendant l'intervention. Donc, quand on parlait tout à l'heure de prise de poste et d'expérience, c'est vrai que je pense que c'est important d'avoir une certaine expérience. En tout cas, quand on est dans un bloc pluridisciplinaire, de pouvoir un petit peu connaître pas mal de choses et de pouvoir un petit peu driver les collègues qui sont en salle, qui eux vont s'occuper principalement de l'installation du patient et de nous donner tout ce qui est dispositifs médicaux, stériles, non stériles, en tout cas qui vont faire, entre guillemets, le rôle de circulant.
- Speaker #0
D'accord, ok. Mais eux, leur acte se traduit comment ? Qu'est-ce qu'ils font exactement là au bloc opératoire ? Leurs fonctions, finalement, se traduit comment sur le terrain ?
- Speaker #1
En fait, c'est vraiment notre binôme. On forme vraiment un binôme. C'est eux qui vont alimenter le champ opératoire avec le matériel stérile, qui vont aller chercher au besoin, comme je parlais tout à l'heure, s'il y avait une conversion, une urgence, un changement en père opératoire. Donc c'est à eux aussi de connaître le matériel, ce qui se fait. Donc, ils ont une fonction qui est très importante. En tout cas, nous, c'est ce qu'on dit un petit peu dans le jargon, c'est qu'il n'y a pas de bon instrumentiste sans bon circulant. Voilà, donc ils ont une place vraiment à part entière au bloc, malgré qu'on veut les cantonner à ce rôle un petit peu d'aide opératoire parce que moins diplômés, entre guillemets. Mais en tout cas, pour moi, c'est vraiment un binôme à part entière qu'il faut travailler et gérer toutes les situations.
- Speaker #0
D'accord, c'est ce qui finalement t'a marqué positivement sur ta prise de poste en Suisse.
- Speaker #1
ce rôle-là justement d'ATSO, notamment ? Alors, marqué, oui. Positivement, je ne sais pas, parce qu'on a l'habitude de travailler avec deux infirmiers. Donc, on va dire que c'est beaucoup plus fluide en salle avec un infirmier qui va réajuster peut-être plus rapidement parce qu'il a une connaissance un peu plus approfondie de la chirurgie, sans manquer de respect du tout aux aides, parce qu'il y a vraiment des très bons aides. Mais c'est vrai que côté, quelqu'un qui a de l'expérience au bloc opératoire, qui a beaucoup instrumenté, beaucoup circulé, il a des automatismes qui sont un peu plus francs. qu'à un aide de salle à l'heure actuelle, je pense.
- Speaker #0
D'accord, ok. Donc après, il y a cette différence en termes de postes et de binômes que tu as pu observer là en Suisse. Tu nous as parlé de colloques aussi que tu trouvais très intéressants et qui permettaient justement de mettre en valeur, de mettre en avant de la communication au sein du bloc opératoire. Est-ce qu'il y a d'autres points qui pour toi t'ont marqué à ce moment-là de manière positive ? Merci à vous. au quotidien ?
- Speaker #1
C'est vrai qu'en termes de matériel, j'ai l'impression qu'on est quand même beaucoup plus doté en matériel. Il y a moins de soucis à avoir du matériel qu'en France, par exemple. C'était un petit peu positif. Alors peut-être dans certaines interventions à l'excès, parce qu'on va utiliser certaines choses pour peu. Mais après, ça, ce n'est pas à moi d'en décider. C'est aux chirurgiens de voir. Mais dans le sens où on a l'impression qu'on est quand même moins limité.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et ça c'est agréable dans le sens où tu peux travailler vraiment avec un panel assez large de matériel sans trop se poser de questions.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et ça je trouve que c'est, en tout cas dans nos métiers, où si à un moment donné le chirurgien a besoin de ça et tu ne peux pas lui donner, ça peut compromettre. certains gestes. Donc on aime bien, nous en tout cas, en tant qu'instru, on aime bien avoir tout ce qu'il faut pour que le chirurgien fasse son intervention la plus fluide possible et la mieux possible.
- Speaker #0
D'accord et finalement que tout se passe au mieux quoi. Et puis... C'est vrai que je me posais la question, parce que là j'ai beaucoup parlé de l'établissement et puis d'organisation même, mais à titre personnel finalement, est-ce que tu t'es senti, toi, un peu plus valorisé ? C'est vrai qu'il y a cette Question aussi de fond, un petit peu de reconnaissance de notre profession, aussi bien en tant que soignant en général, en tant qu'instrumentiste, pas du moins infirmière, mais ce besoin de reconnaissance. Est-ce que tu as senti une différence ou pas ?
- Speaker #1
Pour être totalement transparent, moi, je n'ai pas senti de différence, en tout cas par rapport à ma spécialité. C'est vrai que c'est une spécialité qui n'existe pas en Suisse, donc on n'a pas la reconnaissance. En France, on n'a pas ou très peu.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Mais en tout cas, en Suisse, je ne peux pas dire qu'on va privilégier un eBod par rapport à une eDo, etc. Parce qu'ils ne sont pas du tout sur cet aspect-là des choses. C'est vrai que c'est plutôt l'expérience qui compte. En tout cas, moi, j'ai l'impression que c'est vraiment l'expérience qui va compter.
- Speaker #0
D'accord. Donc, c'est vrai que tu n'as pas vraiment perçu, à titre personnel, tu n'as pas perçu finalement de réelle différence. Ton travail, tu l'effectues de la même manière, on va dire.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
C'est comme ça.
- Speaker #1
Si on se dit d'aller en Suisse pour la reconnaissance du diplôme IBOD, je pense que c'est quelque chose qu'il faut oublier, parce que déjà, c'est un métier qui n'existe pas en Suisse, donc forcément, on va être confronté tout de suite à la barrière, parce que ce diplôme n'existe pas. Donc non, ce n'est pas la raison principale.
- Speaker #0
D'accord, ok. Non, c'est intéressant d'avoir ce point de vue-là, parce qu'on ne se rend pas compte à l'intérieur même du bloc, et surtout, avoir ton regard, parce qu'il y a cette sensation-là de ne pas être reconnu, justement, surtout nous, personnels soignants, différents environnements dans lesquels on peut exercer, et cette quête-là. de reconnaissance aussi, qui peut être importante pour certains. Donc là, effectivement, de ton côté, ce n'est pas un sujet, ce n'est pas du tout quelque chose que tu as perçu, toi ?
- Speaker #1
Non, et puis j'ai l'impression que la Suisse, ils mettent beaucoup en avant l'apprentissage, enfin en tout cas, le fait de pouvoir venir travailler dans des secteurs où on n'a pas forcément de diplôme, d'acquérir. Je pense que les gens ont plus d'opportunités de ce côté-là, ce qui n'est pas forcément une nouvelle chose. Donc, on va dire le côté diplôme. Ce n'est pas ce qui est le plus important. En tout cas, moi, c'est ce que j'ai ressenti.
- Speaker #0
D'accord. Ok. Très intéressant d'avoir ton retour dessus. Il y a cet aspect structurel où tu as vu pas mal de changements positifs. Tu as cet aspect aussi personnel où tu n'as pas forcément vu de différence particulière. Après, tu as cet aspect financier aussi dont on a rapidement évoqué auparavant, là où effectivement tu as pu voir une différence quand même notable.
- Speaker #1
Bien sûr, ça clairement, il faut le dire. Il faut dire que moi, ça m'a permis de réduire mon temps de travail. Comme je disais tout à l'heure, on ne se rend pas compte parce qu'on fait beaucoup d'astreintes. On a un métier où on est beaucoup sollicité avec des horaires, des amplitudes d'horaires qui deviennent importantes. Et c'est vrai qu'il y a une fatigabilité qui est aussi importante dans nos métiers, qui est accrue, je pense, au bloc opératoire quand on enchaîne des astreintes travaillées, puisque elles sont souvent très travaillées. Donc c'est vrai que de ce côté-là, j'ai vraiment vu un gain de ce côté-là.
- Speaker #0
Donc au niveau, bien évidemment, j'insiste un petit peu sur cet aspect financier, puisque c'est quelque chose qui intéresse aussi beaucoup ceux qui écouteront cet épisode. On est sur une fourchette à peu près de combien ? En termes de salaire, parce que tu parlais effectivement de jour et de nuit, effectivement, il y a des primes, j'imagine, comme une de base. C'est pour ça que l'idée, ce n'est pas de donner un chiffre type, parce que ce n'est pas du tout quelque chose qui sera, comment dire, quelque chose de... Ce ne sera pas une base sur laquelle il faudra t'appuyer, puisque tu as ton expérience, tu as l'établissement dans lequel tu travailles, tu as le canton dans lequel tu exerces. Donc tout ça, en fait, va converger à justement définir ton salaire. Là-dessus, est-ce que tu me rejoins sur ces différents critères ? Je pense.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Mais après, derrière, pouvoir nous donner en tant qu'e-bode, peut-être pouvoir se référer à une fourchette qui est bien évidemment...
- Speaker #1
Alors, c'est vrai, comme tu le disais, il y a beaucoup de facteurs qui rentrent en compte, l'expérience, tout ça. Il y a aussi des établissements où il est possible aussi de négocier. Donc ça, c'est aussi un petit peu quelque chose de nouveau. Pourquoi c'est ? Où il y a des négociations qui peuvent se faire et, on va dire, agrémenter un petit peu son salaire au besoin. Donc, on voit qu'il y a une ouverture de ce côté-là qu'on n'a pas forcément en France. En tout cas, voilà, ce qui est un point aussi à souligner, je pense. Mais voilà, en termes de fourchette, si on part sur un brut annuel, je pense qu'on peut aller pour entre... Entre 70 et 110 000 annuels, je pense.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Pour donner une fourchette.
- Speaker #0
Non, ça permet d'être clair et de visualiser tout de suite. Parce que c'est vrai que sur les réseaux, on voit tout. On voit de tout. Oui, oui. Il n'y a à boire et à manger. Il n'y a à boire et à manger. Et je trouve que c'est très sympa. Intéressant qu'il y ait justement ton retour concret, finalement, de toi qui es dans le poste et qui es là. Donc, c'est très intéressant d'en savoir un peu plus. Et puis, c'est vrai qu'on va revenir à cette qualité de vie, meilleure qualité de vie en Suisse. Finalement, qu'est-ce que ça veut dire pour toi concrètement ? Et est-ce que finalement, tu t'y retrouves un an après ?
- Speaker #1
C'est aussi un petit peu frais, mais de par mon expérience, c'est vrai que...
- Speaker #0
Je trouve que c'est quand même...
- Speaker #1
pas mal pour voir ce qui... Oui, c'est sûr, c'est pas mal, mais après, on apprend beaucoup de choses, on apprend vraiment des fois au jour le jour, sur tout ce qui va être administratif, impôts, etc. Il y a beaucoup de subtilités qu'on n'a pas au départ et qu'on va apprendre par la suite. D'où des fois l'accompagnement qu'on parlait tout à l'heure. Je pense qu'il y a des subtilités, quand on est bien accompagné, qui peuvent être aussi bien amenées et qui peuvent jouer dans la balance. Mais voilà, après... En tout cas, moi, en termes d'activité, c'est sûr que je m'y retrouve largement. En termes de fatigabilité, je m'y retrouve largement, même s'il y a d'autres contraintes derrière. Je ne vais pas se mentir, ce n'est pas l'eldorado. Mais en tout cas, dans mon cas personnel, si je fais peser la balance, elle est plutôt du positif que du négatif.
- Speaker #0
Mais toi, qualité de vie, si je résume, c'était vraiment associer, pouvoir consigner ta vie familiale avec ta vie professionnelle, finalement.
- Speaker #1
C'est ça, parce qu'en termes de travail, je fais trois jours pleins de travail, mais j'ai vraiment quatre jours pleins à la maison.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et quand je dis quatre jours pleins, ce n'est pas avec une astreinte de 24 heures dans les pattes derrière, ou forcément, je vais mettre les enfants à la cantine le midi parce que je suis aussi fatigué de la veille. C'est tout ce processus-là qui a changé pour moi.
- Speaker #0
D'accord. Et finalement, la distance avec ton entourage, avec tes proches, justement, comment ça tu le vis ?
- Speaker #1
La famille, pour moi, c'est le pilier. Donc si un jour, il y avait un souci de ce côté-là, puisque moi, j'ai fait le choix de partir trois jours à la semaine, de ne pas forcément emmener la famille tout de suite, puisque je m'étais dit qu'il fallait quand même que je vois comment ça se passe. Puis les enfants, on n'a pas forcément envie de les déscolariser, de voir ailleurs, de les emmener, si ça se passe mal. Il y a beaucoup de choses à prendre en compte. Donc c'est vrai qu'on était parti sur cette phase-là.
- Speaker #0
Pour l'instant,
- Speaker #1
ça tourne comme ça.
- Speaker #0
D'être frontalier, on est bien d'accord.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. C'est ça, parce qu'après, franchement, en étant honnête, les salaires qu'on a, pourtant qu'ils puissent être par rapport à la France, je pense ne permettent pas d'avoir une vie qu'on pourrait avoir en Suisse. Pour ma part, je trouve que les salaires dans le milieu de la santé en Suisse ne sont pas forcément aussi importants qu'ils devraient l'être pour vivre en Suisse. D'accord. Je ne sais pas quel retour tu as pu avoir, toi. En fait, ça dépend,
- Speaker #0
encore une fois, de ta vie famille. Si tu es seul, bien évidemment que là, à ce moment-là, ça peut être intéressant pour toi. Tu as le choix, en fait. Le choix est plus facile, en fait, pour vivre en Suisse ou alors vivre à la frontière en fonction de tes aspirations et tes envies. Après, avec une vie familiale, on est sur une autre configuration. Puisque tu parlais de primarisation, de mode de garde, et tout ça, ça rentre énormément en compte dans le choix, justement, pour être résident ou être frontalier. Et là, je mets vraiment... l'aspect financier après, derrière, puisque, encore une fois, en fonction de la situation que vous allez choisir, c'est est-ce que vous travaillez tous les deux en Suisse ou alors vous ne travaillez pas, est-ce que vous avez un aidant ou pas pour les enfants ? Il y a énormément de points à prendre en compte. Donc il y a cette notion vraiment de famille, de situation familiale, qui sera déterminante pour justement savoir si tu vas être résident suisse ou être frontalier. Je trouve qu'il y a vraiment... qui est vraiment importante. Donc là-dessus, j'aurais encore une fois de la peine à m'exprimer de manière générale, mais c'est vrai que de manière individuelle, c'est vrai que ce sera plus simple. Et c'est cette notion-là, en fait, que j'aime transmettre lors de mes accompagnements, c'est qu'on ne peut pas vraiment faire de généralité. C'est-à-dire que toi, Rachid, avec trois enfants, vie de famille, profession de ta femme, est-ce qu'elle arriverait à trouver aussi en Suisse ou pas ? Il y a tout ça aussi à prendre en compte. Et puis c'est ça, changer aussi de cadre et de système colère. avec tes enfants, est-ce que c'est quelque chose auquel ils s'habiteraient ou pas, est-ce qu'ils seraient ouverts à ça ou pas, plein d'éléments en tout cas à prendre en considération. Aujourd'hui, tu as pris ces éléments-là et tu t'es dit non, pour l'instant, moi, je vais être fontanée. Avec le salaire que j'arrive à mieux me retrouver en tant que fontanée. Et c'est ok avec en fait, c'est ok. Le tout, c'est d'être au clair avec ça et surtout d'avoir en fait la hauteur de se dire, dans la clairvoyance, de se dire qu'avec justement le salaire que tu as actuellement, ça te permet, tu ne serais pas à l'aise en étant... résident plus.
- Speaker #1
C'est ça. Je pense que tu as totalement résumé. On ne peut pas vraiment faire de généralité, c'est vraiment du cas par cas.
- Speaker #0
De toute façon,
- Speaker #1
on a tous des situations personnelles et professionnelles différentes, donc c'est vraiment du cas par cas.
- Speaker #0
C'est ça. Ça me fait penser à une qui me disait, elle veut aller seule, seulement épargnée. Et bien, elle s'est dit, bon, la Suisse, ça peut être une opportunité, peu importe les motivations, mais moi, là-dessus, il n'y a pas de souci. Maintenant, elle calculait, elle disait qu'effectivement, en tant que résidente, tu dépenses un peu plus, mais tu parlais tout à l'heure de distance entre le lieu de travail et autre, pouvoir garer sa voiture. Tout ça, c'était des coûts, des frais annexes auxquels elle avait besoin. En même temps, en considération, justement, en disant, bon, ben voilà, je vais être frontalier et autre, finalement, elle s'est bien rendue compte qu'en étant résidente suisse, c'était plus intéressant pour elle. C'est pour ça que tu disais, il y a plein d'éléments à prendre en compte et je trouve ça... extrêmement intéressant en fait que tu les ai soulevés tout à l'heure et encore une fois que tu mentionnes que c'est vraiment au cas par cas finalement un an plus tard tu dis que c'est pas long mais c'est long quand même un an parce qu'il y en a qui restent trois mois et qui s'y font pas qui disent non la Suisse c'est pas bon la hiérarchie j'y arrive pas c'est trop compliqué je me sens seule voilà multiples raisons je décide de rentrer et de retrouver une activité en France mais toi avec le recul est-ce que tu referais ce même choix ? tu te dirais oui ? Oui.
- Speaker #1
Clairement, je crois que je referais exactement le même choix. Franchement, pour l'instant, je n'ai pas de regrets. Ça roule comme ça. J'ai trouvé un certain équilibre qui n'est pas parfait. Mais je pense que dans nos métiers, c'est compliqué d'avoir un parfait équilibre. C'est ça. C'est ça.
- Speaker #0
Il faut trouver son équilibre.
- Speaker #1
C'est ça, exactement.
- Speaker #0
Et finalement, là, aujourd'hui, tu peux dire que...
- Speaker #1
C'est ça. Et puis, c'est franchement une expérience hyper enrichissante.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ça nous ouvre aussi à beaucoup d'autres choses, on voit d'autres choses. Il y a un côté aussi un petit peu international qu'on n'a pas forcément en Suisse, où on va côtoyer plusieurs nationalités, où on revoit un petit peu d'anglais, on refait français. Moi, je trouve que c'est aussi hyper intéressant ce côté-là, et ça rajoute un petit peu plus à l'activité, à l'expérience qu'on peut se faire sur d'autres secteurs.
- Speaker #0
Non, mais clairement. Et finalement, avec le recul, qu'est-ce qui a été le plus difficile pour toi ? C'est l'intégration, c'est s'adapter ? J'ai pas l'impression, mais finalement, peut-être s'adapter à certaines choses auxquelles on ne penserait pas forcément.
- Speaker #1
Alors, difficile, on va dire, c'est quand même plutôt le côté perso où il faut concilier aussi la vie de famille. Donc, on va dire que c'est ça au départ, du moins, en tout cas, au départ, c'est ça qui a été le plus critique, où on s'est posé le plus de questions.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Parce qu'après, au niveau professionnel, je trouve rapidement ces habitudes de travail. Le travail, on le connaît, on va dire, quand on a un peu d'expérience, on arrive à facilement rebondir. Et ouais, c'est peut-être plus... le côté perso où il faut vraiment aussi être solide avoir l'aval de tout le monde tu vois c'est tout ce côté-là aussi qu'il faut prendre en compte on part pas tout seul si tu veux c'est un travail d'équipe aussi de ce côté-là et là
- Speaker #0
aujourd'hui sur quoi t'aurais pu peut-être anticiper en fait dans ton processus justement là-dessus sur quelque chose tu te dis ouais t'aurais peut-être dû anticiper peut-être un peu plus je sais pas moi revoir certaines spécialités ou autres te préparer Merci. justement à certains aspects, peut-être aux entretiens ? Je vois l'argent, mais est-ce qu'il y a des...
- Speaker #1
Non, ce serait plus quand même côté logistique avec justement tout ce côté hébergement, parking, etc. C'est vrai que j'étais parti un petit peu en freelance là-dessus. Et c'est vrai que au début, on se dit, ah bah oui, en fait, ça va être comme ça. Donc, ouais, non, il y a quelques difficultés au départ là-dessus. Bon, après, on est comme tout le monde, il y a la débrouille, il y a le système D, et puis on y arrive. On dirait assez rapidement, mais c'est plus ce côté-là logistique, on va dire. C'est vraiment ça.
- Speaker #0
Au moins l'aspect logistique. Et qu'est-ce que tu donnerais comme conseil à un instrumentiste, un e-bot, qui souhaiterait exercer en Suisse ?
- Speaker #1
C'est ce qu'on disait tout à l'heure, c'est très perso, mais je pense que si tu es dans un moment de ta carrière où tu as besoin de changements profonds, il ne faut pas hésiter. Toute expérience est bonne à prendre, même si ça dure trois mois, comme si ça dure dix ans. je pense que On a la chance d'avoir des métiers où il y a des besoins. Je veux dire que ce soit d'un côté de la frontière ou de l'autre, il y a des besoins. Donc, il faut passer le pas, il faut aller voir. C'est enrichissant en tout point de vue. Et franchement, ça vaut le coup. Et puis, si ça ne fonctionne pas, ma foi, ça ne fonctionne pas.
- Speaker #0
J'ai l'impression que pour toi, en tout cas, ça a parfaitement fonctionné. Est-ce qu'aujourd'hui, tu as des projets à moyen long terme,
- Speaker #1
en Suisse notamment ? Là aussi, un côté où... tu parles de projet où j'étais vraiment surpris, c'est qu'en termes de formation, en tout cas l'établissement où j'étais, ont accepté très vite, j'avais fait une demande de formation rapidement sur un DIU de chirurgie robotique, donc c'est vrai que ça a été accepté très rapidement, où j'étais un petit peu même étonné, dans le sens où ils n'hésitent pas aussi à investir côté formation, et ça je trouve que c'est un très bon point, donc c'est vrai que là pour l'instant, le projet c'est ça, c'est de finir mon DIU, et puis d'agrémenter un peu plus mes compétences côté robotique, et voilà. avoir un petit côté référent, formateur, etc. dans l'établissement où je suis. J'aimerais bien ça, je pense que c'est un côté que j'aimerais bien.
- Speaker #0
D'accord, c'est génial, mais c'est tout ce que je te dis finalement. Puisque là, en gros, pour résumer, j'ai l'impression qu'au niveau de cette opportunité, justement, et cette rencontre, ça a été l'association magique qui t'a permis d'arriver en Suisse. qui a permis derrière, en fait, de pouvoir associer à la fois cet équilibre entre justement vie familiale et vie professionnelle, avec cet aspect financier-là dans lequel tu as pu trouver parfaitement ton équilibre aujourd'hui, en rajoutant au-dessus, et puis là, la petite cerise sur le gâteau, l'aspect formation. Je pense que là, tous les feux sont au vert.
- Speaker #1
Oui, c'est ça exactement.
- Speaker #0
Et le dernier message que tu aurais à donner aux auditeurs, ce serait lequel ? Vraiment peut-être un conseil que tu aurais souhaité avoir avant d'aller plus loin dans ce projet en Suisse. N'importe lequel, vraiment.
- Speaker #1
Non, mais c'est vrai que se faire accompagner, je pense que c'est quelque chose d'important. Parce qu'il y a beaucoup de subtilités qu'on n'a pas dès le départ. Moi, c'est vrai que je suis parti un petit peu assez rapidement. J'aurais peut-être pu faire des recherches bien avant, etc. Chose que je n'ai pas forcément faite. Mais c'est vrai que je pense avoir un accompagnement. Et voilà, moi, j'ai pu bénéficier d'un petit accompagnement par Manpower, comme je disais, qui était sur mesure. Donc, c'est vrai que si les collègues ont l'opportunité d'avoir des personnes qui les drivent un petit peu, je pense qu'il ne faut pas hésiter pour vraiment checker point par point et puis se rendre compte un petit peu de tout ce qui va être difficulté ou au contraire avantage dans le futur poste.
- Speaker #0
OK, super. Non, mais Achille, je te remercie énormément pour cet échange ultra riche. Ultra riche ou quoi ? Qui a permis de retracer tout ton parcours, mais aussi de comprendre finalement le processus, avoir un autre regard aussi sur la Suisse. On parlait de déconstruction, effectivement, de certaines idées reçues aussi. Et puis, je dirais plutôt le dernier message, parce que finalement, ce sera le titre de cet épisode-là. Est-ce que c'est vraiment, la Suisse, finalement un mythe ? une illusion ou alors c'est vraiment une opportunité. Comment toi, finalement, tu le...
- Speaker #1
Pour ma part, c'était clairement une opportunité.
- Speaker #0
Une opportunité, on est d'accord là-dessus. Antika Rachid, je te remercie beaucoup pour ton témoignage, pour vraiment ton expertise autour de ton métier qui est instrumentiste en Suisse et puis e-bod en France, de pouvoir mettre en lumière aussi cette spécialisation. comme tu disais, dont on ne parle pas forcément toujours et puis que d'autres aussi ne connaissent pas. J'espère qu'ils arriveront justement à se retrouver dans ton témoignage, à pouvoir se rassurer aussi sur certains aspects et surtout les motiver aussi au travers de tes conseils et de ton témoignage.
- Speaker #1
C'est moi qui te remercie, Armella, en tout cas, pour ce créneau de partage d'expérience que tu nous offres. C'est super sympa.
- Speaker #0
Non, mais c'est juste top de pouvoir mettre en lumière, encore une fois, de manière positive Merci. puisqu'on entend beaucoup de choses sur les réseaux, et puis je trouve des fois un peu trop l'accent sur les aspects négatifs de nos professions en tant que soignants, et de pouvoir mettre en avant cette possibilité aussi, et cette mobilité internationale qu'on a, qui peut être, et tu l'as très bien dit, de six mois, un an, dix ans, j'en sais rien, mais qui est extrêmement enrichissante dans tous les cas, et que tous les corps de métier ne peuvent pas se permettre. Dans d'autres domaines, on ne peut pas. Ça, c'est vraiment quelque chose que je souhaite transmettre. Et avec notre échange, j'espère, à notre échelle en tout cas, que c'est ça que je vais faire.
- Speaker #1
C'est cool.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Rachid.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Ça y est, tu es arrivé au bout de cet épisode. Et j'espère sincèrement que tu l'as trouvé aussi enrichissant que moi. J'ai pris énormément de plaisir à échanger avec Rachid et à pouvoir te partager son parcours. J'espère surtout que tu as pu voir... comme moi quel point le métier d'infirmier de bloc opératoire est à la fois technique, exigeant, mais aussi d'opportunité d'évolution. Alors que tu sois encore étudiant, à l'IFSI ou déjà diplômé, c'est peut-être le moment de t'y intéresser. Et de manière un peu plus globale, à confirmer, c'est aussi un métier qui te permet d'explorer des univers complètement différents. Et c'est justement cette richesse qui te permet de construire des parcours uniques comme celui de Rachid. Alors mon conseil, tu le sais, il restera le même. Reste curieux. C'est comme ça que tu le pourras. élargir ta vision et découvrir les opportunités qui s'offrent à toi. Et enfin, tu connais la musique. Si cet épisode t'a plu, n'hésite pas à me le faire savoir. Tu peux me laisser une note sur la plateforme sur laquelle tu l'écoutes ou venir échanger directement avec moi sur les réseaux. Et moi, je te dis à très bientôt. Alors, bonne journée, bonne soirée ou bonne nuit, selon le moment où tu m'écoutes. Ciao !