Speaker #0Quand les Français partaient en vacances pour la première fois. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Ingrid Immersion France. Moi c'est Ingrid, je suis professeure de français langue étrangère. Et dans ce podcast, je vous propose des épisodes sur des sujets de société pour pratiquer la langue française tout en apprenant des choses sur la société française. Je vous propose aussi des séjours linguistiques et des séjours individuels, donc en groupe ou pendant votre temps de vacances quand vous voulez, dans mon hostel, dans le sud-ouest de la France, à Toulouse. Pour en savoir plus, vous pouvez trouver tous les liens en description, notamment pour s'inscrire ou tout simplement pour visiter notre site web et nos réseaux sociaux niddouillethostel.com ou @NidDouilletHostel sur Instagram. Alors, pour ceux qui me connaissent bien, vous savez que j'aime bien sur le podcast, donc sur mon ancien podcast InnerFrench et maintenant sur ce nouveau podcast Ingrid Immersion France, parler de sujets plutôt politiques. J'aime bien aussi revenir sur l'Histoire qui fait que la France est ce qu'elle est aujourd'hui et j'aime bien aussi m'inspirer d'anecdotes personnelles ou de choses que je vois, que je lis dans ma vie de tous les jours et qui m'ont d'abord intéressée moi avant de me dire « Ah, mais ça, ça pourrait vraiment intéresser des étrangers qui voudraient mieux comprendre ce pays. » Et donc, c'est le cas du sujet du jour puisqu'on va parler des congés payés et de leur Histoire. Vous l'avez entendu dans le titre, on va parler du moment où les Français sont partis en vacances pour la première fois. Alors, plus spécifiquement, je veux parler du moment où les catégories de travailleurs, donc ceux qui n'avaient pas la possibilité de prendre de pause dans leur travail, ont eu ce droit qui leur a été accordé. Et si j'ai pensé à faire ce sujet aujourd'hui, c'est parce que cet été, on a fêté les 90 ans des premiers congés payés et on a fêté sur tous les 90 ans du Front Populaire. Alors je vais vous expliquer ce que c'est vraiment en détail, le Front Populaire. Vous en avez peut-être entendu parler, mais c'était donc une coalition politique de gauche qui était au pouvoir en France en 1936 et qui ont marqué l'Histoire par une série de réformes pendant l'été d'il y a donc 90 ans. Et moi, j'ai beaucoup entendu parler de ça cet été. Et en particulier, en fait, on m'a appelée dans l'été pour participer à un podcast sur ce sujet-là parce que, apparemment, et ça moi je ne le savais pas, le Front Populaire, et cette année-là, est lié à l'Histoire des auberges de jeunesse. Et donc, vous savez que moi, j'ouvre un hostel, un autre nom pour auberge de jeunesse et donc comme c'est un lieu communautaire où on peut rencontrer du monde avec souvent des valeurs plutôt d'humanisme, de rencontres, c'est quelque chose qui avait été favorisé notamment par cette coalition en 1936 qui voulait valoriser le temps libre, les moments de vacances les moments de loisirs qui sont aussi des moments de formation en tant que citoyen et, voilà, de mise en commun entre citoyens. Alors, je vous le dis tout de suite, j'ai pas participé finalement à ce podcast dans lequel on m'avait invité pour différentes raisons. Ça s'est fait différemment. Et en plus, moi, quand j'ai voulu faire des recherches pour vous parler de ce sujet, j'ai trouvé qu'il n'y avait pas non plus grand chose à dire ou en tout cas, je trouvais pas des choses assez intéressantes. Et au contraire, je me suis dit que pour des étrangers qui apprennent le français, ce serait plutôt pas mal de revenir sur l'Histoire plus globale de ces réformes et de cet été-là, de cette année 1936. Alors c'est parti, on revient dessus et on commence par parler tout simplement du Front Populaire. C'est quoi ? Alors, qu'est-ce que c'est que le Front Populaire et comment est-il arrivé au pouvoir ? On est à l'époque dans les années 30 et dans les années 30, on est dans un contexte assez particulier. Bon, c'est un peu bizarre de dire ça parce que le contexte particulier des années 30 est pour beaucoup ressemblant au contexte des années 2020 qu'on est en train de vivre aujourd'hui. Pourquoi ? Parce qu'en fait, on a en Europe une montée des nationalismes avec le nazisme en Allemagne, le fascisme de Mussolini en Italie,. le franquisme qui arrive en Espagne. Et de manière générale, on a beaucoup de courants d'extrême droite qui sont assez populaires. Ils sont populaires parce qu'on est dans un monde qui arrive plutôt à être dans une crise. On a d'un côté un géant américain qui prône le capitalisme, mais qui a vécu des grosses crises économiques qui se sont répercutées sur l'Europe et de l'autre côté on a son grand ennemi l'Union soviétique qui essaye d'implanter le communisme donc à l'est de l'Europe et là au milieu on a donc les pays de l'Europe de l'Ouest qui se remettent difficilement encore de la première guerre mondiale, qui essayent de suivre le train des États-Unis mais qui donc souffrent de la crise économique et qui ont un peu ce repli sur eux identitaire avec la recherche d'une identité nationale forte, la recherche d'une communauté qui exclut certains groupes de population, notamment les personnes juives mais pas seulement, qui veulent retourner à quelque chose de très traditionnel, et qui n'hésitent pas à prôner pour ce retour à quelque chose de traditionnel, qu'ils veulent un peu protecteur, ils n'hésitent pas à prôner, donc à faire la promotion de l'autoritarisme et à faire comprendre dans leurs journaux, dans leur propagande, que la démocratie ce n'est pas forcément quelque chose de bien. Et en plus, dans ce contexte de crise, les Français et Françaises sont de plus en plus méfiants des hommes politiques. Et là, je dis bien hommes politiques puisque à l'époque, il n'y a pas de femmes politiques. Les hommes politiques sont donc soupçonnés d'être corrompus, de ne pas vouloir le bien de la Nation, etc. Et justement, en France, il y a une affaire qui éclate en 1934 à propos d'un homme politique que qui est corrompues et ça, ça donne lieu à une grande manifestation et parmi les manifestants les plus présents et ceux qui font le plus de bruit, on a des membres de ligues d'extrême-droite. Les ligues d'extrême-droite, c'est quelque chose qui était très courant dans les années 30 et c'était des groupuscules violents, donc de personnes qui avaient des idéologies comme celles dont je viens de parler., plutôt, voilà. nationalistes, avec le rejet de certaines populations, etc. et qui prônait la violence et qui prônait l'autoritarisme, le retour donc d'une autorité puissante qui contrôle tout, à la tête du pouvoir, etc. Et en fait, en 1934, pendant cette fameuse manifestation du 6 février, les ligues d'extrême droite sont tellement bruyantes, sont tellement présentes que la gauche prend peur. La gauche, c'est-à-dire les différents partis de gauche qui existent à l'époque, les syndicats et toutes les personnes qui militaient donc plutôt contre les mouvances d'extrême droite, ils se disent : « c'est pas vrai, l'extrême droite est prête à prendre le pouvoir, à renverser le pouvoir. » Bon, j'ai vu après que les historiens disent que probablement ça ne serait pas arrivé, que ça restait des groupes qui n'étaient pas organisés, ils n'avaient pas un chef, en fait, pour pouvoir faire ça. En France, on n'avait pas de grande personne, de grand homme politique, qui était bien placé pour pouvoir être un Hitler ou un Mussolini ou un Franco. Mais la gauche prend peur de ça quand même, parce qu'on est dans ce contexte. Et c'est pour ça que dans ce contexte, il y a un réveil de la gauche, puisque les partis, les syndicats qui ont tendance à souvent s'opposer sur des détails, parce qu'ils n'ont pas exactement la même vision sur tel et tel point, où à l'époque, par exemple, il y avait vraiment le parti socialiste et le parti communiste qui n'étaient pas sur la même ligne par rapport à l'Union soviétique, par rapport à la révolution, etc. Là, dans le contexte avec l'extrême droite qui montait, ils se disent : « il faut se réveiller, il faut qu'on soit unis au moins pour montrer qu'on est là, au moins pour pouvoir prendre le pouvoir, pour pouvoir faire des réformes. » Et ça, ça donne lieu à plusieurs mouvements, notamment des manifestations de gauche pacifiste et l'appel à une grève générale. Donc une grève générale, c'est quand les syndicats appellent les travailleurs de tous les domaines à faire grève en même temps. Donc c'est en opposition à une grève où ce serait seulement une entreprise ou seulement un secteur. d'activité qui ferait grève. Une grève générale, c'est quand vraiment tout le pays peut être bloqué. Et souvent, c'est pour des raisons profondes liées à la société, à des réformes qui sont nécessaires, à des gros problèmes politiques, etc. Donc là, en 1934, on a un réveil. Et ce réveil, il est suivi par des modifications dans l'attitude des hommes politiques de gauche qui décident qu'il faut faire front commun. Donc faire front commun, c'est-à-dire être unis pour se défendre face à l'ennemi. L'ennemi, c'est donc le nationalisme, l'extrême-droite, le fascisme qui est en face et c'est comme ça qu'il forme le Front Populaire. Alors vous avez sûrement entendu parler du Front Populaire, en tout cas dans la politique récente, puisque quand les partis de gauche se sont unis lors des dernières élections législatives, juste après la dissolution, ils ont formé ce qu'ils ont appelé le Nouveau Front Populaire, donc c'était directement une référence à 1936, dans un moment qui était similaire, face à un danger qui était similaire, et donc ils forment ce front. Alors je vous donne un petit détail, c'est qu'à l'époque c'était évidemment pas la Vème République, puisque vous le savez la Vème République elle date seulement d'après la Seconde Guerre Mondiale. La IVème République aussi, elle a été très brève, elle n'a pas duré longtemps et elle était juste après la Seconde Guerre Mondiale et juste avant la Vème évidemment. Et donc c'était la Troisième République. Et la Troisième République, il faut dire que c'était un régime qui était très instable, qui avait du mal à garder une même coalition au pouvoir très longtemps, un même gouvernement. Et c'était le Président du Conseil qui était la personne la plus importante de l'État. Le Président était plutôt là pour un rôle symbolique. Et donc le Front Populaire s'est présenté aux élections législatives avec un programme commun. Plus exactement, ils se sont présentés les partis séparément mais avec un accord pour, au deuxième tour, se retirer en faveur les uns des autres. Bref, là je vous passe les détails parce que c'est une manière de faire de la politique. mais en tout cas, ils ont réussi à la fin à avoir assez de députés pour pouvoir former un gouvernement. Et donc, ça a été le gouvernement du Front Populaire avec Léon Blum comme Chef du conseil. Léon Blum, vous l'avez peut-être déjà vu, ce nom dans la rue, par exemple, sur des noms de rue ou des noms de bâtiments municipaux, des choses comme ça. Vous savez maintenant, c'était donc le Président du conseil, l'équivalent du Premier ministre en 1936 du Front Populaire et maintenant on va voir comment le Front Populaire a instauré petit à petit des réformes qui sont aujourd'hui historiques et qui font que ça reste quelque chose qui est un grand grand moment de l'histoire dont on se rappelle aujourd'hui. Le Front Populaire est donc arrivé au pouvoir en 1936. Ils ont formé un gouvernement de gauche avec plusieurs partis. Il faut savoir que le parti communiste à l'époque ne faisait pas partie du gouvernement mais le soutenait. Il y avait plusieurs raisons qui faisaient qu'il préférait soutenir au Parlement, donc ne pas s'opposer aux lois qui étaient proposées par le gouvernement, travailler avec eux, etc. plutôt qu'en faire partie. Mais c'était surtout le parti socialiste, SFIO à l'époque, qui était donc à la tête de ce gouvernement. Et il y a eu pas mal de ministres assez connus. Je pense par exemple à Jean Zay, un ministre de l'éducation dont on parle encore aujourd'hui. Alors quand je dis dont on parle en général, c'est qu'on voit les noms sur des bâtiments connus, donc il y a beaucoup d'écoles Jean Zay. Si vous habitez en France et vous avez peut-être des enfants qui vont à l'école. Jean Zay, quelque part en France, vous reconnaîtrez ce nom, vous saurez maintenant qui c'est. Il y a aussi le ministre Léo Lagrange. Léo Lagrange, c'était le secrétaire d'État au sport. Et je sais qu'il y a beaucoup de gymnases qui s'appellent Léo Lagrange. Il y a une piscine assez connue à Toulouse qui s'appelle comme ça. Et c'est lui notamment qui a donc créé ou en tout cas fait la promotion des auberges de jeunesse, ces lieux pour qu'on puisse se réunir, rencontrer du monde, avoir des moments de loisirs entre camarades qui ne se connaissaient pas forcément et qui avaient des valeurs en commun. Et chose importante de ce gouvernement, c'est qu'il y avait des femmes comme secrétaires d'État. A l'époque, les femmes n'avaient même pas le droit de voter, elles étaient complètement exclues de la politique, mais le Front Populaire a quand même mis des femmes au pouvoir. Donc ça c'est quelque chose qui est à noter et qui est assez à leur honneur, on peut le dire. Donc le Front Populaire, c'était quoi son programme ? C'était d'installer des congés payés ? A l'origine, pas vraiment. En fait, quand ils ont fait leur programme commun, ils sont restés assez soft. Ils sont restés quand même sur un programme qui pouvait être accepté par tout le monde et notamment par la bourgeoisie, par stratégie politique. Aussi parce qu'il y avait dans cette coalition le parti radical qui est un parti qui était plus à droite, centre-gauche à l'époque. Aujourd'hui c'est plutôt un parti de centre-droit mais voilà donc quand ils ont fait leur programme il fallait être assez tranquille, puis ils avaient quand même les communistes avec eux. Et bon, il y a des personnes qui avaient très très peur du communisme. On se rappelle que c'était l'époque de l'URSS, avec de la propagande anticommuniste, avec les journaux qui montraient les soviétiques avec les couteaux entre les dents, etc. Donc voilà, le programme devait être assez soft. Et finalement, ce sont les syndicats qui ont fait imposer des réformes beaucoup plus importantes que ce qui était prévu. Et ça, c'est quelque chose qui n'était pas forcément une mauvaise chose pour les socialistes à l'époque. Au contraire, le gouvernement socialiste avait prévu quelque chose pour se faire élire et ils ont été poussés dans la rue par leur aile gauche. Ce qu'on appelle l'aile gauche, c'est ceux qui sont dans la même mouvance politique que toi, mais plus à gauche, et qui vont avoir tendance à te pousser vers faire plus de réformes, vers assumer plus de progressisme, etc. Et les syndicats, ils jouent ce rôle pour le parti socialiste. En fait, avant même que le Front Populaire n'arrive au pouvoir, il y a eu les premières grèves générales qui ont été menées par les syndicats. Et on appelait ça des « grèves joyeuses » parce que ce n'étaient pas des grèves pour contester vraiment, ce n'étaient pas des grèves qui étaient menées à cause de la peur, à cause de la misère, mais c'étaient plutôt des grèves qui étaient pleines d'espoir. On sentait donc qu'il y allait avoir un nouveau gouvernement qui allait être un gouvernement favorable aux travailleurs et les travailleurs menés par les syndicats voulaient montrer dans la rue que leurs conditions de travail étaient mauvaises et qu'il y avait la possibilité d'améliorer leur vie. Dans la rue, pendant les grèves, les travailleurs et les syndicats rappelaient que la vie des ouvriers était particulièrement difficile. Il y avait un travail à la chaîne, à l'usine, qui était hyper fatigant. Les semaines faisaient 48 heures, les journées étaient très longues, les salaires étaient bas, il n'y avait vraiment pas du tout d'égalité salariale. Les femmes notamment ont beaucoup participé aux grèves, notamment les femmes qui travaillaient dans le textile, pour dire que leurs conditions de travail étaient complètement injustes et de manière générale face donc à un futur gouvernement qui avait annoncé un programme assez mou, il y avait une réaction plutôt joyeuse de « vous avez promis ça nous on vous demande de faire encore plus parce que regardez on mérite vraiment d'avoir une meilleure vie » et ça a été finalement le thème du gouvernement Léon Blum donner une vie meilleure aux travailleurs et ça, ça passait non seulement par l'amélioration des conditions de travail mais aussi par faire de la place pour les loisirs, pour le repos, pour avoir une vie en dehors du travail. Et donc le gouvernement de Léon Blum a mis en place plusieurs réformes en négociant avec le patronat pour que les travailleurs puissent profiter de la vie. Donc il y a eu la semaine de 40 heures, on est passé de 48 à 40 heures. Il y a eu la création des conventions collectives, ou plutôt leur généralisation, c'est-à-dire le fait de donner aux travailleurs et aux syndicats la possibilité de mieux négocier avec leur patron les conditions de travail et d'obtenir des droits collectifs. Et puis il y a eu aussi une importance qui a été donnée aux loisirs pour les enfants et à leur éducation, leur culture en général avec l'allongement de la scolarité obligatoire, la facilitation d'accès aux musées, aux sports, la création de gymnases, la création d'associations, etc. Et donc, parmi tout ça, on y arrive enfin, la création des congés payés. Et oui, parce que je vous disais, il y avait une semaine de 48 heures et des conditions de travail qui étaient difficiles. Mais en plus, les vacances, ça n'existait pas à cette époque. Il y a 90 ans, il y a des personnes qui travaillaient et qui n'allaient jamais en vacances. Alors, c'était comment ces premières vacances pour ces Français ? Alors dans cette dernière partie, on va parler un peu des conditions dans lesquelles les Français sont partis en vacances pour la première fois. Et en fait, je trouve mon inspiration là tout simplement dans des reportages de l'époque que j'ai regardés. J'ai pas spécialement lu des choses hyper intellectuelles sur le sujet, j'ai juste regardé des vidéos sur YouTube ou alors des vidéos sur l'INA, l'INA, I-N-A. C'est un média qui passe des vieux reportages qui étaient passés à la télévision en France à une autre époque. Et je vous avoue que j'ai beaucoup aimé regarder ces petites vidéos parce que, je ne sais pas, il y a une petite musique sympa de l'époque, il y a les voix de l'époque et on voit vraiment à quel point les gens étaient heureux. J'avais un sourire mais vraiment bloqué sur mes lèvres. En regardant ça, je me suis dit : « mais c'est vraiment incroyable ». Nous, on ne s'en rend pas compte. Moi, j'ai eu des conditions de vie et de travail incroyables ces dernières années en travaillant avec InnerFrench. J'ai pu voyager en travaillant sur mon ordinateur, enregistrer des podcasts depuis partout dans le monde et il y a des personnes qui à une époque ne pouvaient même pas partir en vacances. Et donc, en fait, ces personnes, elles se sont retrouvées... Alors, ce n'était pas tout le monde. C'était une partie des travailleurs qui ont pu partir en vacances. Donc, quand je dis « quand les Français partaient en vacances pour la première fois », il faut savoir que, d'une part, les classes les plus aisées partaient déjà. Ils avaient déjà des plages où ils aimaient bien aller. Il y avait déjà des stations balnéaires, donc des endroits faits exprès avec des hôtels et des activités, etc. pour les vacances, ça, ça existait déjà pour les personnes riches. Et au contraire, il y a des personnes très pauvres qui, même en ayant eu des congés payés, n'ont pas pu vraiment partir. Mais disons qu'il y a quand même eu un mouvement où tous et toutes en même temps, il y a eu une vague de personnes qui ont pu partir parce qu'en plus, le ministre Léo Lagrange, je crois que c'était celui des loisirs, a mis en place des billets de train avec 40% de réduction qui ont pu permettre à ces personnes de partir par exemple à la mer et pour certains de voir la mer pour la première fois. Donc il y a ces images-là où il y a des personnes qui sont toutes sur la plage et qui ont l'air de vraiment passer un moment incroyable. Il y a des témoignages de personnes qui disent qu'elles n'avaient jamais vu ça avant. Et donc, il y a des descriptions de ce moment-là où tout le monde était sur son vélo. Il y a eu les premiers, les tandems, les personnes qui partaient en tandem. Donc ça, c'est les vélos avec double pédale. On pouvait être deux sur le même vélo. Il y en a beaucoup qui ont fait du camping parce que comme ça coûtait cher il y a eu ce mouvement de camping. Et c'est pour ça du coup il y a eu aussi le développement des colonies de vacances pour que les enfants puissent partir en vacances dans des conditions agréables, bien encadrées, apprendre des choses etc. Il y a eu les auberges de jeunesse dont on parlait. Bon apparemment, pour les personnes les plus aisées, les plus riches c'était pas forcément très agréable de voir tout d'un coup ou partager son espace avec des personnes plus pauvres qui n'avaient peut-être pas les codes. Notamment, il les appelait, entre guillemets, « les congés payés ». Donc c'était une manière méprisante, en fait, ils réduisaient les personnes qui profitaient des congés payés à cette expression, « les congés payés ». Une manière de dire, ce n'est pas vraiment des gens de notre rang, ce n'est pas vraiment des gens qui peuvent se permettre de partir en vacances quand ils veulent. Ils sont juste là parce qu'on leur a accordé des congés payés. Donc voilà, ces premiers congés payés, ça a été un moment hyper important dans l'Histoire de France. Ça a été suivi par d'autres semaines de congés payés. Vous savez, maintenant, on en a cinq. Alors, j'ai bien regardé les dates. On en a eu cinq. C'était en 1982, la dernière fois. Donc c'est allé assez vite, on est passé de 2 à 3 ans, à peu près 20 ans, puis après de 3 à 4 ans, je ne sais plus, mais vraiment pas longtemps. Et à la fin, on est un peu resté bloqué. Bon, maintenant, on a d'autres choses qu'on a gagnées au fur et à mesure. Mais pour l'époque, les premiers congés payés, c'était vraiment un truc super, super important qui a fait un peu un choc pour la population. Ça a été un choc pour le monde du tourisme qui, après, a appris à se développer autour de ça et a créé notamment des pensions familiales, des campings, des endroits qui étaient plus populaires pour partir en vacances. Et tout ça, on peut dire que c'est grâce au Front Populaire, aussi grâce à la rue, aux syndicats, aux gens qui les ont poussés. Et le Front Populaire a connu beaucoup, beaucoup de difficultés par ailleurs. Il y a eu des difficultés économiques, des difficultés dans la politique internationale, mais ça, c'est quelque chose qu'ils ont laissé, qu'on ne peut pas leur enlever et qui reste vraiment gravé dans les mémoires. Si vous voulez voir ces images dont je vous parlais, je vais vous mettre des liens vers des vidéos YouTube dans la description du podcast. J'essayerai aussi sur mon site niddouillethostel.com/podcast, donc l'onglet dans lequel je parle du podcast, de mettre peut-être un article par épisode pour vous mettre un peu des sources et des choses à aller voir pour que vous puissiez aller plus loin sur le sujet et donc là notamment voir des images de l'époque ça vaut vraiment le détour. Sur ce je m'arrête là, j'ai beaucoup aimé faire ce sujet, je trouve que c'est assez fun de revenir sur des moments joyeux de l'Histoire. Vous me direz en commentaire ce que vous en avez pensé. J'ai déjà reçu beaucoup d'emails sur mon adresse email donc contact@niddouillethostel.com, et aussi sur les différentes plateformes Spotify, etc. Donc merci beaucoup, beaucoup, beaucoup pour vos encouragements. Ça m'aide vraiment beaucoup à avancer. J'ai reçu un mail de quelqu'un qui me demandait d'être régulière, donc je me suis efforcée de l'être, malgré le fait que je suis un peu malade. Là, j'ai mal à la gorge. Donc j'espère que ça vous aura plu. N'hésitez pas à me dire si vous avez aimé, si vous avez moins aimé, ce que je pourrais faire différemment. Et je vous dis à dans deux semaines pour un prochain épisode. Bye bye !