Speaker #0Pourquoi les jeunes français sont-ils en colère ? Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Ingrid Immersion France. Moi c'est Ingrid, je suis prof de français langue étrangère et dans ce podcast, je vous parle de sujets de politique et de société dans un français facile pour vous permettre de mieux comprendre ce pays et sa langue. Je vous accueille aussi en présentiel pour des séjours linguistiques en groupe ou des séjours touristiques individuels dans mon hostel dans le sud-ouest de la France, à Toulouse. Pour avoir plus de renseignements, rendez-vous dans la description de cet épisode. Je mettrai les liens vers le site niddouillethostel.com, vers la page Instagram Nid Douillet Hostel. On a publié une vidéo pour l'instant dans laquelle vous pouvez voir un peu l'état de la maison avant les travaux et comment on a avancé ces derniers mois. Là, on est vraiment sur le dernier rush avant l'ouverture. Normalement, là, vous devriez écouter cet épisode au moment où à peu près on est en train d'ouvrir et de recevoir nos premiers clients. Donc si vous voulez en savoir plus, si vous voulez venir pour découvrir la France, pour vous immerger, pour faire une immersion dans la culture française, je vous accueille avec plaisir. En attendant, si vous n'êtes pas encore prêt à vous déplacer ou si vous êtes très loin, je vous propose de faire une immersion déjà dans l'actualité française puisque comme vous le savez, je pense qu'il est tout aussi important de pratiquer la langue dans des conversations que d'écouter, de connaître un peu ce qu'il se passe dans la culture dans laquelle on veut s'immerger et ça, ça peut se faire à travers le podcast et c'est notamment important de pouvoir comprendre l'actualité. Alors aujourd'hui, on va parler d'un sujet qui est dans l'actualité brûlante, c'est-à-dire qu'il est vraiment partout, partout en ce moment. Tout le monde en parle, que ce soit dans les journaux, les journaux papiers, les journaux télévisés, les journaux radios. Je pense que c'est aussi le sujet dont toutes les familles parlent à table, dont on parle dans la rue, puisqu'il s'agit des révoltes de lycéens en France. Les lycéens, donc les jeunes français, ceux qui sont sur le point de passer le baccalauréat, ils ont entre 15 et 18 ans et depuis la rentrée scolaire en septembre, ils sont très en colère parce qu'ils ont des revendications qu'ils essayent de faire passer au gouvernement et ils ne sont pas vraiment entendus. Il faut savoir que avant 18 ans, on n'a pas le droit de vote en France, donc on n'a pas beaucoup de pouvoir pour pouvoir influencer sur la vie publique et ils utilisent donc les moyens qu'ils ont, c'est-à-dire qu'ils font des blocus, ils se mettent devant les portes de leur établissement pour en bloquer l'entrée, ou alors ils font des manifestations, ils sortent dans la rue avec des pancartes en criant des slogans pour réclamer plus de moyens. Donc dans cet épisode, on va parler de ce sujet dont vous avez très probablement entendu parler. On va essayer de faire un résumé de ce qu'il se passe. J'aimerais vous donner des explications parce que je pense que c'est important que vous compreniez et parce que c'est un sujet qui risque de rester longtemps dans l'actualité ou même peut-être de faire des petits, donc d'entraîner d'autres sujets. Il y a déjà par exemple les étudiants qui se sont joints aux revendications des lycéens et puis on a aussi des syndicats de travailleurs qui appellent à manifester. On a les pompiers qui commencent à manifester. Et donc il semble que cette rentrée, qui est comme vous le savez aussi la rentrée d'une année d'élection hyper importante, annonce une année de mobilisation sociale avec beaucoup de groupes qui ont des revendications. Donc, dans une première partie, on va déjà tout simplement faire un résumé de ce qu'il s'est passé, de comment est la situation actuelle pour les lycées français. Ensuite, dans une deuxième partie, on verra quelles sont les demandes de ces jeunes, quelles sont leurs revendications. Et puis, dans une troisième partie, on parlera des affrontements, de la violence qui peut rendre les choses encore plus compliquées, puisque non seulement les lycéens étaient en colère dès le mois de septembre (et même avant la rentrée, puisque c'est une situation qui existe depuis longtemps), mais là, ils le sont probablement encore plus. Leur famille aussi et beaucoup d'adultes qui observent ce qu'il se passe, à cause de la réponse, la réponse du gouvernement, la réponse de la police et comment cette crise est gérée. Donc sans plus attendre, on commence par une explication générale. C'est parti ! C'est à la fin du mois de septembre à Créteil, en banlieue parisienne, que tout a commencé. Au lycée Saint-Exupéry, les élèves ont fait leur rentrée dans un lycée qui était dans un état catastrophique. Le lycée, c'est l'endroit où on va à l'école, donc entre 15 et 18 ans, et c'est l'établissement scolaire qui accueille les élèves qui préparent le baccalauréat. Le baccalauréat, c'est le premier diplôme universitaire, donc c'est un examen national qu'on passe et quand on l'a, ça nous permet d'aller à l'université. Donc c'est vraiment hyper important. C'est ce qui fait le lien entre l'école pour les « enfants » , les enfants, les adolescents, et qui permet quand ils deviennent des jeunes adultes, après 18 ans, d'aller à l'université, d'étudier, d'aller faire des études supérieures. Mais le problème, c'est qu'on commence à avoir des établissements qui ne sont pas égalitaires. Certains élèves vont dans des établissements privés où les parents payent pour que leurs enfants puissent bien étudier. D'autres vont dans des lycées qui sont dans des quartiers assez chics où il y a beaucoup de moyens, où il y a des professeurs, etc. Et puis, il y a des élèves qui vont dans des lycées qui sont dans des zones difficiles où ça manque vraiment de moyens, ça manque de professeurs, etc. Et en fait... On est dans une situation de dégradation, c'est-à-dire que les conditions matérielles pour étudier sont de plus en plus compliquées. Et ce qui fait que les établissements qui sont déjà à la base moins favorisés se retrouvent dans des situations où il y a par exemple des rats, les petits animaux rongeurs qu'on retrouve normalement dans les égouts sous la terre ou dans les poubelles. On a des plafonds qui s'effondrent. Certaines fois, les élèves parlent du fait qu'ils n'ont pas accès aux toilettes ou alors que certains couloirs n'ont pas la lumière. Il peut y avoir des inondations. Il peut y avoir des endroits où l'hiver, ils ont très froid, l 'été, ils ont très chaud. Et avec le réchauffement climatique, notamment pendant les dernières canicules, il y a eu des énormes problèmes de chaleur avec des élèves qui pouvaient tomber dans les pommes, qui pouvaient s'évanouir tellement ils avaient chaud. Moi, j'ai des amis qui sont profs et qui achetaient des couvertures de survie, donc ce qu'utilisent les pompiers, par exemple, pour les premiers secours, pour pouvoir les mettre aux fenêtres pour couper la chaleur. Et puis, il y a quoi d'autre qui est raconté ? Bah aussi, certains endroits où, alors qu'il fait très froid dehors, ils sont enfermés dans des préfabriqués, donc dans des espèces de bâtiments en tôle qu'on met normalement quand on a des travaux qui sont en cours et c'est censé être temporaire, et bah il y a des élèves qui se retrouvent à devoir faire cours dans des préfabriqués sur une longue période et donc à avoir super chaud en plein hiver alors qu'il fait froid dehors. Voilà, bon, plein de choses. Parfois, c'est des fenêtres qui ne ferment pas. Parfois, au contraire, c'est des fenêtres qui ne s'ouvrent pas. Donc, soit on ne peut pas aérer, soit au contraire, on ne peut pas se protéger des intempéries extérieures. Et donc, à la fin du mois de septembre, il y a ce lycée à Créteil, qui est une ville qui est assez pauvre, où les élèves déjà sont dans des situations familiales assez précaires, et ce qui fait qu'à la maison, ils n'ont pas forcément les bonnes conditions pour pouvoir étudier. Ils ont vraiment besoin qu'au lycée, ce soit sanctuarisé, qu'ils puissent étudier correctement. Et en fait, ils sont arrivés pour la rentrée et ils se sont rendus compte que leur lycée était toujours dans un état déplorable, celui que je viens de vous décrire, donc avec, je ne me rappelle plus exactement pour ce lycée-là, mais ça fait partie de ceux qui avaient des vidéos qui circulaient pour nous expliquer à quel point le bâtiment était dans un mauvais état. Et puis il y avait aussi le problème du personnel manquant. C'était un lycée où il n'y avait pas de professeur de mathématiques, je crois que... j'ai plus la liste sous les yeux, mais pas de prof dans plein de matières. Il manquait une proviseure adjointe. Donc, proviseure adjointe, c'est une des personnes les plus importantes de la direction qui permet d'organiser les emplois du temps, d'organiser les cours correctement, etc. Ils n'avaient pas d'assistante sociale, il n'avait pas de psychologue scolaire. Et en fait, tout ça, c'est des personnels, des personnes qui travaillent dans les établissements, qui devraient être assurées par l'État, parce qu'en France, on a un principe d'égalité des chances et donc de service public de l'éducation : on a un Ministre de l'Education, un ou une Ministre de l'Education qui gère tout cela et qui permet donc normalement d'assurer le fait que peu importe son milieu social d'origine, peu importe l'endroit où on habite, on peut étudier correctement, on peut avoir un baccalauréat qui a de la valeur et ce baccalauréat doit nous permettre ensuite d'accéder aux études supérieures pour que pendant les premières années de la vie adulte, les enfants français et tous les enfants qui ont grandi en France puissent être logés à la même enseigne, donc être dans des conditions égalitaires, ce qui fait qu'on rentre dans la vie adulte à 18 ans avec le même diplôme que les autres, le même accès à l'université et chacun peut étudier correctement en fonction de ses envies et ses capacités. Ça vraiment c'est le principe, c'est quelque chose qui est important dans la culture française et pour lequel je pense que tout le monde est d'accord. Peu importe les partis, peu importe les solutions qui sont envisagées, peu importe comment on aborde l'économie ou on aborde les tensions sociales, en général en France on est assez d'accord là-dessus. Donc le fait que dans certains lycées, il manque plein de professeurs et que les établissements soient dans un mauvais état et que du coup les étudiants, les élèves, sentent qu'ils ne peuvent pas aller à l'Université avec. La même chance, et bien ça c'est quelque chose qui révolte tout le monde. Et quand ils ont commencé donc à en parler pour cet établissement, ça s'est très très vite propagé ailleurs parce qu'on s'est rendu compte que dans énormément de lycées partout en France, il y avait les mêmes problèmes. Il y avait aussi le problème des classes surchargées, c'est-à-dire que moi quand j'étais au lycée, on était 20-25 par classe. Souvent on avait des options où on était même en petit groupe et du coup on était en petit groupe de 10, 12. Et maintenant, la moyenne c'est plutôt autour de 32, ce qui fait qu'un professeur à chaque fois qu'il fait cours, il a vraiment beaucoup d'élèves en face de lui et donc forcément on étudie dans des moins bonnes conditions. Finalement, c'est quelque chose qui est très partagé. Alors, pas par 100% des établissements, mais quand même, il y a des choses qui sont communes. Par exemple, le manque de professeurs, ça c'est national parce que c'est l'État, c'est le ministère de l'Éducation qui fixe combien de professeurs sont recrutés chaque jour. Et il y a tout un système un peu compliqué qui est fait par un algorithme pour dire, il faut tel professeur ici, tel professeur doit aller travailler à tel endroit. D'ailleurs, les professeurs ont très peu de liberté d'installation. Ils peuvent demander d'être affectés à tel ou tel endroit, mais ils doivent gagner des points pour avoir le droit de pouvoir le faire, etc. Donc, ce qui fait que, comme il y a eu des baisses de recrutement des professeurs et que c'est un métier qui n'est plus très valorisé aujourd'hui, pas très bien payé, assez difficiles, vu que les moyens ne sont pas mis dans les établissements, eh bah, il y a moins de personnes qui veulent faire ce métier. Donc, il y a moins de personnes avec un bon niveau qui peuvent avoir le concours. Et en plus, il y a moins de places qui sont ouvertes. Donc, de manière générale, les élèves se retrouvent avec moins de professeurs. Ils peuvent étudier moins facilement. Ils se retrouvent des fois l'année du baccalauréat à ne pas avoir de professeur pour leur enseigner les bases de ce qui sera dans l'examen. Et puis après, je vous le disais, le problème d'insalubrité, insalubrité ou grande insalubrité même, c'est des classements qui sont faits pour dire qu'il y a de l'humidité, il y a des rats, il y a les cantines qui ne sont pas fonctionnelles, etc. Ça c'est quelque chose qui dépend du financement de la région. Donc dans certaines régions ça se passe mieux que d'autres. Mais ce qui a été constaté c'est qu'il y a des élèves qui vraiment se sont révoltés partout en France, que ce soit dans les campagnes, on dit dans la ruralité, que ce soit dans les banlieues, dans les quartiers populaires, etc. Donc c'est quelque chose vraiment qui a gagné toute la France. Alors si on les écoute, qu'est-ce qu'ils disent exactement ? Là on a fait le constat, mais c'est quoi leur revendication pour que ça change ? Alors récemment, les lycéens, à travers leurs syndicats, ont discuté avec les syndicats étudiants et ils ont formulé des revendications assez claires pour que les choses changent. Il faut savoir que d'habitude, les protestations dans la société française, et je pense que c'est la même chose dans beaucoup de pays, elles se font souvent à travers les étudiants. Les étudiants, c'est une classe sociale qui sont des jeunes adultes, qui sont propulsés dans la vraie vie et qui, tout d'un coup, se prennent dans la face tous les dysfonctionnements de la société. Ils commencent à avoir peur pour leur avenir, ils commencent à se rendre compte que ça coûte cher de manger et que parfois ils doivent étudier sans avoir le ventre plein, que ça coûte cher de se loger et des fois ils doivent renoncer à étudier à certains endroits parce qu'ils ne peuvent pas y être logés. Et ils commencent à s'inquiéter pour leur avenir parce qu'ils se rendent compte que peut-être il n'y aura pas assez de place pour étudier ce qu'ils veulent. Et cette fois, la différence, c'est que c'est encore plus jeune qu'on se rende compte de ça. Et du coup, comme les lycéens sont un peu plus organisés, il y a eu cette conversation et cette convergence entre les lycéens et les étudiants pour formuler des demandes. Alors, je vais pas vous lire toutes les demandes, surtout que, en fait, j'ai trouvé dix mesures d'urgence qui ont été proposées par une union d'étudiants, mais il y en a plein d'autres qui sont possibles, suivant qui on écoute. Mais en général, ça rejoint à peu près les mêmes thèmes. On a d'abord la demande d'un plan d'urgence pour rénover les établissements scolaires et universitaires. Donc là, c'est pour répondre à tous les problèmes dont on parlait d'insalubrité. Les jeunes veulent étudier dans des bonnes conditions, sans être frigorifiés, donc avoir trop froid, sans mourir de chaud, sans voir des poubelles, sans sentir des odeurs désagréables, sans avoir peur que le plafond leur tombe sur la tête, etc. Ça, c'est un gros morceau de ce qui est demandé et je pense que beaucoup d'adultes comme moi ne se rendaient pas compte à quel point c'était horrible tant qu'on entendait seulement des mots, mais avec les images qui ont circulé sur les réseaux sociaux, on se rend compte que l'état est vraiment catastrophique et qu'il faut faire quelque chose. Le deuxième gros sujet, c'est le recrutement des personnels d'éducation, que ce soit les professeurs, que ce soit les infirmiers et infirmières, les psychologues, les conseillers d'orientation... Tout ça, ça dépend de l'État. Il y a aussi la question, vous en entendrez peut-être parler quand vous écouterez les infos, parce que c'est quand même un gros sujet, c'est celui des AESH. AESH, c'est une abréviation qui désigne les personnels qui accompagnent les élèves qui sont en situation de handicap. Il y a beaucoup d'élèves qui ont besoin d'accompagnement particulier, et pour ça il y a cette profession, sauf que cette profession-là, elle est très précaire, c'est des postes avec pas beaucoup d'heures, c'est des postes qui ne sont pas pérennes, donc qui ne sont pas sûrs pour l'avenir, etc. À tout moment, on peut demander à un AESH de partir ou lui dire qu'il n'y a plus de poste. Donc voilà, il y a une demande d'embauche massive, donc de créer beaucoup de contrats, de recruter et d 'investissement forcément financier pour recruter les bonnes personnes notamment en les payant mieux en ouvrant des postes, etc. Ensuite, il y a la question des rythmes. Les élèves, en fait, forcément, comme il n'y a pas assez de profs, comme il n'y a pas assez de personnel pour organiser la vie scolaire, ils ont des emplois du temps pour lesquels c'est un peu n'importe quoi, on peut dire. Ils ont des horaires qui sont très très longs, parfois avec des trous au milieu de la journée, donc des moments de pause mais pendant lesquels ils ne peuvent rien faire de spécial. Au contraire, certains n'ont pas le temps de manger. Donc il n'y a pas vraiment une logique pour réfléchir à leur rythme de manière intelligente alors que c'est des personnes qui à l'adolescence ont besoin de dormir beaucoup, ont besoin de récupérer et que les adultes, on a tendance à dire que les horaires de travail sont trop longs et qu'on n'a pas le temps de profiter de la vie et en fait on impose aux jeunes enfants, aux adolescents d'avoir des rythmes un peu similaires et eux ils ne peuvent pas le supporter. Et puis, alors là je ne vais peut-être pas trop m'étendre parce que je pense que c'est un sujet qui demanderait beaucoup d'explications, mais en gros, il demande une réforme de la sélection à l'entrée à l'Université. En ce moment, depuis je pense 6-7 ans, il y a une plateforme qui s'appelle Parcoursup, qui est en fait une plateforme numérique sur laquelle les élèves doivent s'inscrire pour s'inscrire aux études supérieures. Donc ça s'appelle Parcoursup parce que c'est une plateforme qui détermine ton parcours dans les études supérieures. Et le problème de cette plateforme, c'est qu'elle a un algorithme qui est très opaque et a priori, on n'a aucune preuve de comment les élèves sont sélectionnés. Et il pourrait y avoir de la discrimination sociale, de la discrimination raciale et donc certains élèves veulent absolument étudier telle ou telle filière et ils n'ont pas de place. Ça, c'est couplé avec le fait, évidemment, qu'il n'y a pas assez de moyens dans les universités et pas assez de postes. Donc, il y a une manière qui a été trouvée pour trier les élèves, pour éviter que les universités soient surchargées. Mais cette manière-là, c'est fait par un algorithme qui n'est pas vraiment très transparent et qui inquiète parce qu'apparemment, il ne favorise pas du tout l'égalité des chances, donc les élèves demandent à ce qu'il y ait plus de sélection, qu'il y ait plus de moyens pour pouvoir étudier dans la filière qu'ils veulent, en considérant qu'il faut d'abord être passionné, aimer ce qu'on fait, et puis qu'après la sélection se fera plus tard, et qu'ils pourront choisir ensuite un parcours qui correspond au métier qu'ils peuvent trouver et qui peuvent évoluer. Ensuite, il y a aussi des demandes pour plutôt les étudiants, mais ça on en parlera peut-être dans un autre épisode. Tout simplement parce que ça commence à être long et je ne pensais pas du tout parler aussi longtemps. J'essaye d'habitude de garder les épisodes à peu près à 30 minutes. Et dans une dernière partie que je ferai assez rapide, j'ai quand même envie de vous parler de la gestion de cette crise par le gouvernement et par la police et ce sera peut-être une réflexion de 5 minutes qui ouvrira un thème qu'on pourra développer dans un prochain épisode et peut-être que si vous m'en parlez d ans les commentaires, je pourrais déterminer si c'est un sujet qui vous intéresse ou pas. Mais donc, on va passer à une troisième partie maintenant. Alors depuis que la crise a commencé, depuis que les lycéens commencent à manifester, on a énormément d'images dans les médias de violence. Alors suivant les médias qu'on suit, on va avoir différents types de violences, c'est-à-dire que dans les médias plutôt traditionnels, les journaux télé qui sont assez bourgeois, assez vieux, on sait que les journaux télé, en tout cas en France c'est le cas, c'est des médias qui sont assez contrôlés pour transparaître un discours officiel et qui s'adressent surtout aux personnes assez âgées et ils vont souvent jouer avec les peurs. Ils vont essayer de faire un cadrage qui montre que les manifestants sont dangereux, qu'il y a un problème d'autorité en France, qu'il faut être très ferme. C'est des médias souvent qui vont plutôt prôner le fait qu'il faut plus de prison, plus d'autorité, etc. Et dans ces médias, on va beaucoup voir les images qui existent, des débordements à côté des manifestations, donc des personnes qui ne sont pas forcément des lycéens, mais qui vont être aux abords des manifestations et qui vont attaquer la police ; o u alors des lycéens qui sont très en colère et qui vont attaquer leur professeur, etc. Il y a eu des images assez horribles comme ça. Mais moi, ce qui m'a surtout marquée, parce que sur mes réseaux sociaux, c'est ce que je vois. Et puis parce que c'est quelque chose qui touche vraiment à l'identité du pays et à la réaction du gouvernement, qui est finalement ce qui nous intéresse quand on réfléchit de façon politique, c'est plutôt les réactions de la police. Le ministre de l'Intérieur, donc celui qui est le chef de la police, a bien précisé et il le faisait pour répondre aux partis d'extrême droite, pour leur dire « vous inquiétez pas ». Il a bien précisé qu'il avait été transmis aux forces de l'ordre... C 'est comme ça qu'on appelle la police, les forces de l'ordre, donc les personnes de l'autorité publique qui doivent rétablir l'ordre... Le Ministre leur a demandé de n'avoir aucune retenue et d'utiliser toutes les armes qu'ils ont le droit d'utiliser. En sachant qu'en France, on a des armes qui sont des armes de guerre non létales, d onc c'est des armes qui ne peuvent pas tuer mais qui peuvent faire très très mal, qui sont autorisées dans les manifestations et qui ne sont pas autorisées ailleurs en Europe. On a le LBD, donc le flashball, qui peut éventuellement éborgner, donc quitter des yeux à des personnes e t on a les grenades de désencerclement qui sont aussi très dangereuses. Ça, c'est deux armes qui sont utilisées aujourd'hui face aux lycéens et qui ne sont pourtant pas autorisées dans les manifestations dans tous les autres pays d'Europe. Et le fait de dire aux policiers de n'avoir aucune retenue et de pouvoir utiliser ces armes, ça crée des scènes hyper violentes. Par exemple, des policiers qui traînent des enfants par terre, qui les étranglent, qui leur foncent dessus en voiture, qui les chargent sans les prévenir qu'ils vont les charger. Et on a eu déjà des drames depuis m oins d'un mois que ça a commencé. I l y a un jeune adolescent qui a perdu sa main. Sa main a explosé à cause d'une grenade de désencerclement. On a plusieurs enfants qui ont perdu des yeux. Je suis sûre qu'au moins un a été éborgné par un tir de flashball. Il y en a au moins un qui était à l'hôpital et qui risquait de perdre la vue. On a une jeune fille qui a été étranglée et qui a senti qu'elle allait mourir. On a un jeune qui a été presque noyé et le policier est poursuivi pour tentative de meurtre. Il y a aussi un jeune qui a eu la mâchoire fracturée, donc les dents complètement pétées. Bref, je vous passe les détails. Enfin, je vous ai déjà donné des détails, mais je pourrais en donner encore plus. Mais on va s'arrêter là. C'est pour vous dire que les réactions là du gouvernement qui envoie la police pour réprimer plutôt que pour organiser, c'est quelque chose en France qui a été très progressif mais qui depuis dix ans est de plus en plus présent et ça a commencé avec les gilets jaunes. Vous vous rappelez des gilets jaunes il y a à peu près dix ans ? Ça a été un moment où il y avait beaucoup de manifestants dans la rue et ces manifestants-là étaient fortement réprimés, ils étaient aussi violents et en fait ça a commencé comme ça, avec une répression des manifestants qui est assez violente et qui impose un degré de violence dans la société. Et en fait, c'est quelque chose qui a toujours existé, plutôt dans les quartiers populaires. À l'époque, il n'y avait pas trop de vidéos. Et puis après, ça s'est étendu aux manifestations. Et puis maintenant, on se rend compte qu'ils le font aussi avec les enfants. Et comme on le disait au début, les enfants, ils n'ont pas pas le droit de vote, donc ils n'ont pas la possibilité de s'exprimer autrement et là les policiers ne leur laissent pas faire de blocus, faire de sitting, ils ne peuvent pas non plus s'asseoir dans la rue pour juste être présents, on leur enlève leur pancarte et on crée un climat de violence. Et c'est important qu'on parle de ça aujourd'hui et je vous disais au début que c'était peut-être quelque chose qui allait continuer et qui allait concerner toute la société parce que on est dans une situation où on est tellement en crise et la réponse est tellement violente que ça va s'étendre à toutes les professions, à tout le monde. Là, il y a déjà tous les professeurs qui sont dans la rue puisque je vous ai dit il y a quelques images d'enfants qui peuvent agresser des professeurs mais la grande majorité des professeurs, ils sont à côté des lycéens, ils les protègent, il y a les parents qui y vont parce qu'ils ont peur donc ils manifestent aussi et il y a plein d'adultes comme moi qui ne sont pas ni profs ni parents mais qui aussi se sentent impliqués. Et voilà donc on est dans un climat où quand on s'attaque aux jeunes qui ont des revendications qui sont totalement légitimes et qu'on voit qu'il y a une répression comme ça, ça commence à faire monter, monter, monter la colère. Donc, non seulement les jeunes sont en colère et ça s'aggrave, mais tous les adultes qui sont autour d'eux sont également en colère et vont avoir tendance maintenant à vouloir se révolter. Donc, on va voir. Peut-être bientôt, des gilets jaunes vont de nouveau sortir. Et puis peut-être d'autres professions et d'autres corps sociaux vont être dans la rue et ça va chauffer. On en parlera dans les prochains épisodes, on continuera à suivre tout ça. J'espère que ça vous a éclairé un peu sur la situation en France. N'hésitez pas à me dire en commentaire. Alors je vais petit à petit mettre en place sur le site nidddouillethostel.com la page de podcast,, j'ai commencé, mais j'ai vraiment pas beaucoup de temps en ce moment je sais que sur Spotify on peut commenter j'ai vu vos commentaires déjà. Je vais essayer de mettre en ligne sur Youtube aussi donc petit à petit vous pourrez me faire vos commentaires et sinon toujours par email à contact.nidouillethostel.com Merci beaucoup et à très vite