- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue dans le podcast Intramuros, une conversation au cœur du bureau des leaders de l'immobilier d'entreprise. J'ai la chance aujourd'hui d'être aux côtés de Sylviane Bourguet, directrice de l'immobilier de l'État. Bonjour Sylviane.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Avant de commencer, et c'est devenu aujourd'hui notre rituel, nous avons demandé à notre intelligence artificielle de faire votre portrait chinois et de vous présenter de cette sorte. Évidemment, c'est à challenger. Voici ce que l'IA nous propose, donc je vais vous l'indiquer et à vous après de dire si ça correspond à votre personnalité et à votre poste. Si vous étiez un outil, vous seriez une carte stratégique du territoire parce qu'elle offre une vision d'ensemble, identifie les zones à valoriser et permet de relier des points qui semblent être déconnectés au service de tous. Si vous étiez une priorité, vous seriez rendre l'action de l'État visible par la qualité de ses lieux. Et si vous étiez un moment, vous seriez la visite d'un site juste avant le lancement des travaux quand tout est encore possible. Une carte, une priorité, une visite de site. Sylviane, est-ce que ce portrait vous parle ?
- Speaker #1
C'est assez étonnant ce que votre intelligence artificielle a pu donner en termes de portrait chinois, parce que c'est assez représentatif de la manière dont je conçois d'une part mon parcours au sein de l'État depuis que j'ai intégré l'État. Il y a maintenant... une vingtaine d'années, et également au titre de la manière dont je peux appréhender les moments importants de l'intervention de l'immobilier d'État. La carte, ça me fait vraiment penser à mes premières années où j'ai déjà commencé en tant qu'ingénieur, mais également urbanisme, puisque j'ai également un diplôme d'urbaniste en plus de mon diplôme d'ingénieur, et j'ai commencé à travailler au sein de l'État sur l'aménagement du territoire. Donc, je suis d'abord entrée... dans l'immobilier, finalement, d'une manière, par l'aménagement du territoire, puis ensuite par la politique du logement, avant d'en arriver, depuis maintenant une dizaine d'années, sur des fonctions qui ont plutôt trait aux questions immobilières. Et mon parcours est très structuré par des postes en interministériel. Et donc, c'est là où la question de l'action de l'État est importante pour moi. Elle n'est pas attachée à un ministère en particulier, elle est bien attachée à des fonctions que j'ai pu exercer. au service de l'État dans de nombreux ministères. Et puis, vous avez parlé d'un site, la visite d'un site juste avant le lancement des travaux. Et je trouve que c'est très pertinent parce que c'est le moment où on voit encore que tout est possible. Et c'est ça qui est important dans l'immobilier. Ce n'est pas de visiter des bâtiments tels qu'ils ont été livrés. Donc, c'est bien de voir la réalisation à la fin. Mais c'est surtout, en fait, de pouvoir aller dans un lieu et de voir tout le potentiel qu'il peut avoir et d'avoir travaillé à travers notamment... la programmation d'un certain nombre d'usages, l'identification des besoins fonctionnels, la réflexion sur la manière dont le lieu va ensuite pouvoir être habité, et de se dire que c'est là qu'on a une action assez importante. Ensuite, quand on passe en phase chantier, c'est important. Bien sûr, il y a la réalisation du chantier, mais ce n'est plus la même chose. On n'a plus le potentiel, on sait exactement ce que l'on veut. En général, on a quand même une livraison qui correspond à ce que l'on veut.
- Speaker #0
Bien sûr. Vous nous rassurez beaucoup. Peut-être que c'est d'ailleurs un petit peu stressant de se dire que l'intelligence artificielle peut aller chercher justement des choses assez sensibles. Mais nous sommes rassurés sur le fait qu'effectivement, c'est cohérent par rapport à votre parcours et à vos convictions. Quand vous regardez votre parcours d'ailleurs, quel choix discret mais décisif a façonné la dirigeante que vous êtes aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je ne sais pas s'ils sont des choix qui ont façonné mon parcours de carrière. C'est plutôt des rencontres. À chaque poste que j'ai tenu, finalement, je n'ai jamais eu une trajectoire de carrière très formalisée. J'ai plutôt rencontré des gens qui ont identifié en moi un certain potentiel et qui m'ont proposé finalement de partir dans des voies que je n'avais pas imaginées au départ. Je suis à la base ingénieure attachée au ministère de la Transition écologique, même si ça s'appelait encore le ministère de l'équipement quand j'ai intégré ce ministère. J'avais jamais imaginé que j'irais faire de la politique du logement, puis ensuite de l'enseignement supérieur et aller au ministère des armées, qui était un ministère qui était quand même très particulier et qu'on imagine souvent très fermé, y compris dans ces processus de recrutement. Et à chaque fois, j'ai rencontré des gens. qui m'ont fait confiance, qui m'ont ouvert des perspectives et qui, finalement, m'ont orientée vers ces différents choix. Et je trouve que c'est ça qui est intéressant, de se dire que son parcours de carrière est façonné par des rencontres.
- Speaker #0
C'est passionnant. Et en fait, je prendrai bien tout de votre après-midi pour que vous nous racontiez effectivement votre parcours, mais ce sera peut-être un prochain épisode. Ce qui est aussi assez passionnant, c'est de voir justement, et c'est l'importance de faire passer ces messages à nos auditeurs et surtout aux plus jeunes. nous pouvons avoir des très bons outils, nous pouvons avoir des parcours déjà très préparés et avec des ambitions. Mais ce qui compte, ce sont les rencontres humaines, ce qui vous permet justement de réfléchir différemment. Et ça, ça remet l'humain au centre de l'ensemble des débats.
- Speaker #1
Et puis en compliment, je dirais qu'il y a aussi la question de la prise de risque. J'ai eu la chance d'avoir toujours des directeurs qui m'ont laissé la possibilité de prendre des risques, d'être force de proposition. et d'avoir une très, très grande autonomie. Et quand on nous laisse l'autonomie, il faut savoir s'en saisir pour ensuite prendre des décisions et être en capacité de donner des orientations de nature différente. Et c'est ça aussi qui est important, ne jamais se laisser enfermer dans une fiche de poste, dans un cadre qu'on nous a donné, et se dire qu'en réalité, on a toujours la possibilité d'être force de proposition. Et si j'ai quand même un message à passer, y compris à des gens qui voudraient demain intégrer l'État ou d'autres structures, c'est de se dire qu'il ne faut jamais se brider. et qu'on a des idées qui ont leur pertinence et que l'on peut les exprimer.
- Speaker #0
Il faut oser effectivement les exprimer et s'épanouir justement par ces idées. C'est un message très positif. Vous avez souvent d'ailleurs travaillé sur des organisations et des transformations complexes. Qu'est-ce qui vous attire dans ces moments où tout est à réorganiser ?
- Speaker #1
Alors je dirais déjà mon côté ingénieur fait que j'aime la complexité. J'aime être dans un environnement où... il y a énormément de facteurs de nature différentes à croiser, les combiner, pour ensuite arriver à avoir un résultat dans lequel on a aussi fait des analyses de risque qui permettent de se dire qu'on peut rendre cohérent un environnement qui, au démarrage, ne semble pas forcément complètement maîtrisé. Et dans le bâtiment, c'est aussi ça. c'est de se dire qu'on efface. à un certain nombre de projets dans lesquels l'organisation n'est pas complètement bonne, dans lesquels les processus de travail vont devoir évoluer pour entrer dans des nouveaux espaces dans le travail, dans de nouvelles manières de voir les choses. Et je dirais, l'immobilier est un vecteur de transformation assez phénoménal, et on l'oublie souvent, parce que la plupart des gens rentrent dans un lieu et se disent, là, on est dans des locaux, très bien. Et ils oublient en fait que la manière dont les locaux vont être aménagés, la manière dont ils ont été réfléchis pour répondre à un certain nombre de besoins fonctionnels, spécifiques ou classiques, leur permettent derrière de pouvoir travailler de manière beaucoup plus adaptée et de changer leur mode de travail. Ce que l'on préconise beaucoup à la direction immobilière de l'État, c'est que tout projet de transformation immobilière est d'abord et avant tout un projet managérial. et de changement des processus de travail. Et quand on a réussi ça, derrière, on réussit le projet immobilier.
- Speaker #0
Nous sommes totalement convaincus et effectivement, l'humain revient encore au centre justement de ces projets complexes et cela a beaucoup plus d'impact. Et c'est la bonne nouvelle d'ailleurs justement de savoir que le bâti peut nous accompagner sur des transformations. Chaque dirigeant imprime sa marque. Quelle signature unique souhaitez-vous apporter à la stratégie immobilière de l'État ?
- Speaker #1
Alors, je... ne souhaite pas forcément apporter une signature. Je pense que quand on est dirigeant d'une administration de l'État, l'important, c'est d'abord la continuité de la politique et de savoir que ce que l'on va faire à un moment donné sera poursuivi dans une vision stratégique de moyen et long terme. Par contre, ce qui m'anime au quotidien, ce qui, depuis maintenant un certain nombre d'années, à l'époque, on appelait ça le développement durable, Ensuite, on a parlé d'atténuation. Maintenant, on parle d'adaptation au changement climatique. Et aujourd'hui, moi, je parle de résilience parce que je connecte petit à petit un certain nombre de sujets que j'ai pu rencontrer. Mais c'est vraiment ça. C'est comment on peut avoir des réponses, que ce soit des réponses en termes d'aménagement du territoire, en réponses en termes d'immobilier, qui permettent demain d'assurer la résilience des services publics. Et si j'émets un vœu de... Ce qu'il pourrait rester finalement de mon action dans le futur, c'est de m'assurer que toutes les décisions qui seront prises demain en matière immobilière au sein de l'État prennent en compte l'ensemble des facteurs de valumérabilité des bâtiments et soient intégrées dans une logique de résilience de l'activité et de la continuité de service parce que le service public est éminemment quelque chose qui est au cœur de l'action publique.
- Speaker #0
C'est vraiment comment faire perdurer dans le long terme une action dans laquelle on a juste... une décision à prendre peut-être plus complexe. Oui,
- Speaker #1
mais vraiment sous l'angle de la résilience et l'adaptation au changement climatique. On le voit avec les crises auxquelles on est confrontés, que ce soit il y a quelques années, les crises énergétiques, qui sont toujours au cœur des actions de sobriété qu'on a aujourd'hui, que ce soit encore récemment sur les canicules, que ce soit face à un certain nombre d'événements climatiques majeurs. on a besoin... d'adapter la manière dont on réalise nos missions à travers un certain nombre de plans de continuité d'activité. Ces plans de continuité d'activité sont forcément liés à des lieux dans lesquels on exerce nos missions. Et ce qui est important au sein de l'État, c'est de se dire qu'on doit pouvoir s'adapter pour exercer nos missions sur l'ensemble du territoire français, puisqu'on n'est pas là pour se dire que, par exemple, on va demain essaimer tous vers le nord parce que les conditions seront meilleures pour... On ne peut pas. On ne peut pas parce qu'on doit exercer nos missions de service public sur l'ensemble du territoire, quelles que soient les conditions auxquelles on est confronté. Et donc, ça nous oblige à réfléchir sur de long terme sur la manière dont les bâtiments publics, dont la plupart existent déjà, puisqu'on sait que classiquement, dans un parc immobilier, 75 à 80 % des bâtiments sont ceux que l'on aura encore dans 20 ou 30 ans, doivent pouvoir s'adapter à l'intérieur du bâtiment. et de manière globale dans leur environnement à faire face à l'ensemble de ces phénomènes.
- Speaker #0
Parfait. Et d'ailleurs, je me permets de rebondir sur le bâtiment public. À vos yeux, qu'est-ce qui distingue un bâtiment public simplement fonctionnel d'un bâtiment public vraiment réussi ? Vous avez donné quelques indices déjà.
- Speaker #1
Alors, votre question est étonnante. Un bâtiment fonctionnel, c'est-à-dire qui est adapté aux fonctions qu'il occupe, et forcément Un bâtiment réussi. Et j'irais au sens des bâtiments publics. On n'est plus à une époque où on était sur la nécessité d'un geste RH directeur. Ce n'est pas ça, en fait, qui permet d'avoir la réussite d'un bâtiment. C'est bien que le bâtiment puisse accueillir un certain nombre de fonctions, qu'on puisse exercer un certain nombre de missions. Comme je disais, quelle que soit la situation climatique à laquelle on est confronté. Et du coup... qui puissent aussi s'adapter dans la durée. Puisque quand on fait un projet d'investissement, là aussi, on estime que pendant 10, 20, 30 ans, l'investissement qui a été fait nécessite d'avoir un taux de retour sur investissement qui est cohérent de l'investissement financier fait au départ. Et donc, comme on est aussi dans la fonction publique sur des modèles qui sont d'organisation constamment en transition, Il faut aussi réfléchir non seulement aux besoins fonctionnels au moment où on sait qu'on va livrer le bâtiment, mais aussi à ce que les espaces dans lesquels les agents publics réaliseront leur mission soient en capacité de s'adapter aux transformations futures. Et c'est vrai que moi, je suis entrée dans l'administration à un moment donné où on commençait toutes des transformations et je n'ai jamais connu, année après année, que des transformations de l'organisation publique. Et nos bâtiments doivent pouvoir aussi... Et c'est en ça que des espaces de travail moins cloisonnés, plus adaptables par un certain nombre de mutualisations ou de flexibilité dans l'organisation sont aussi des facteurs de réussite pour s'assurer que tout euro investi par l'État est important et puisse répondre dans la durée à des missions de services de l'État qui peuvent évoluer.
- Speaker #0
Très clair, merci beaucoup. Le parc de l'État est un patrimoine immense, de l'ambassade prestigieuse à la gendarmerie de campagne. Face à des ressources limitées, comment arbitrez-vous entre la préservation de joyaux patrimoniaux et la nécessitaire modernisation de milliers de lieux de travail plus ordinaires ?
- Speaker #1
D'une part, ce n'est pas la DIE à proprement parler qui va arbitrer sur l'ensemble de ses choix. La DIE applique une politique qui est avant tout validée par le Parlement, qui décide des moyens qui vont être alloués à ces politiques-là. C'est d'autant plus important, dans des contextes budgétaires contraints, de se dire qu'effectivement, il y a un enjeu à pouvoir continuer à investir sur l'immobilier de l'État dans son ensemble. Ensuite, on a une organisation au sein de l'État qui est quand même assez complexe et aujourd'hui quand même sectorisée avec de nombreux ministères. C'est une des raisons aussi pour lesquelles le Parlement a souhaité porter la création d'une foncière de l'État pour essayer de dépasser finalement un certain nombre d'organisations cloisonnées et donner une capacité de vision pluriannuelle pour garantir la pérennité des différents investissements. Il y a des contraintes qui sont à prendre en compte. Il y a forcément des priorités qui sont données de nature différente entre des missions vitales pour la sécurité de la nation et des missions plus classiques, mais absolument nécessaires, d'accueil du public, de réalisation de missions administratives. Et je dirais que c'est un travail quotidien d'accompagner l'ensemble des porteurs de projets et pour la DIE qui porte aussi un certain nombre de programmes budgétaires, essayer de... prioriser au mieux en fonction de l'ensemble de ces contraintes. Après d'avoir aussi géré des bâtiments pendant quelques années, je pense qu'on a, comme tout propriétaire immobilier, d'abord un enjeu sur la santé et la sécurité des personnes, qui sont toujours l'enjeu primordial par rapport à la gestion bâtimentaire. Ensuite, un enjeu que je porte beaucoup, de mettre des moyens sur du gros entretien, renouvellement, d'être en capacité en fait d'avoir un peu un cycle de vie du bâtiment qui soit suffisant. Et après, il y a la question des programmes d'investissement où c'est d'abord, si je mets un niveau de priorité, les projets de réhabilitation et d'adaptation de nos bâtiments qui sont absolument indispensables avant d'aller chercher de la construction neuve ou de la démolition, reconstruction. Parce qu'on a, et là je fais aussi le lien avec la question foncière et de l'environnement, des enjeux de limiter l'artificialisation des sols et autres. et donc c'est Je dirais que ma réponse, elle est assez classique de celle d'un gestionnaire immobilier.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Tout à fait, mais avec une vision aussi peut-être plus citoyenne et plus long-termiste que certains.
- Speaker #1
Et avec une responsabilité beaucoup plus grande, puisque l'immobilier d'État, c'est 97 millions de mètres carrés. Et donc, à un moment donné, on voit en fait l'importance de ce parc immobilier, l'importance d'avoir cette gestion, je dirais, priorisée et qui nous pousse aussi à... porter des doctrines très importantes de performance immobilière et de rationalisation de l'occupation pour être sûr que l'on investit sur des bâtiments qui auront le plus d'effets sur le plus grand nombre d'agents publics.
- Speaker #0
Bien sûr. La politique de cession d'actifs de l'État est souvent commentée. Au-delà du rendement financier, quels sont vos critères pour décider qu'un bâtiment n'a plus sa place dans le patrimoine public et doit entamer une seconde vie ?
- Speaker #1
J'aime assez peu parler session. Moi, je préfère parler de valorisation de l'immobilier public, puisque la valorisation, c'est tout un tas de réponses techniques et contractuelles qui permettent de redonner de la valeur au bâti. On a un processus de session qui est important, puisque finalement, il y a un certain nombre de bâtiments qui ne sont plus utiles aux besoins des missions de services publics. Et quand on rentre dans un processus de session, Il y a eu tout un travail de diagnostic multicritère pour identifier est-ce que oui ou non, en termes de soutenabilité, ça pouvait être utile de maintenir ce bâtiment dans le géant de l'État ou est-ce qu'on le cède parce que finalement, on sait que pour des raisons de moyen et long terme, on n'en a plus besoin. Donc ça nécessite déjà de se poser la question quels sont nos besoins à moyen et long terme, d'avoir une réflexion en interministériel puisque aujourd'hui, l'État propriétaire représenté par la DIE met... Les ministères sont liés par des conventions d'utilisation et donc ils doivent déjà déclarer l'inutilité de leurs biens pour les remettre au domaine avant qu'on soit dans un processus de valorisation. Et à ce moment-là, on va réfléchir en interministériel pour se dire est-ce que oui, ce bien n'est plus utile à l'éducation nationale, mais peut-être qu'il peut l'être aux armées ou à la police ou à la pénitentiaire où on sait qu'on a des enjeux de développement et de construction de prisons notamment importants. Donc il y a déjà tout ce travail interne qui ne se voit pas forcément d'identification des besoins au sein de l'État. Et ensuite, il y a quand même le travail qui est de se dire, j'ai pas de besoin à court terme, mais peut-être dans une logique de moyen terme, je pourrais en avoir besoin. Mais dans ce cas-là, quel est le coût ? de maintien de ce bien en coût de gestion, tout simplement, au domaine sur une période qui est longue, puisque ça peut coûter plus cher, finalement, de sécuriser un bien et de le maintenir en gestion, plutôt que de le vendre, en se disant que si on a besoin d'un bien dans le secteur dans dix ans, le racheter pourrait être tout aussi intéressant. Et puis, j'ai souhaité qu'on lance une réflexion. là je parle bâti, mais aussi sur la question de la valeur environnementale de nos biens, parce qu'on parle bien, mais en fait, l'immobilier de l'État, c'est énormément de fonciers, et se pose la question, sur du long terme, du potentiel de séquestration carbone de nos sites, se pose la question de pouvoir disposer d'un certain nombre de fonciers qui pourraient aussi servir de support à une... Une revalorisation environnementale au titre des dispositifs éviter réduire compenser quand on porte un certain nombre de projets immobiliers. Donc j'ai souhaité lancer maintenant il y a quelques mois et ça va prendre un certain temps une réflexion sur la valeur environnementale du foncier de l'État.
- Speaker #0
D'accord. Valeur du foncier dans les zones urbaines mais aussi dans les zones de campagne, sur tout le territoire où vous avez peut-être déjà des priorités que vous mettez en avant ?
- Speaker #1
Alors... moins dans les zones urbaines. Finalement, la question ne se pose pas. On est là plutôt sur de la valorisation du bâti. D'ailleurs, on a plutôt du bâti que du non-bâti dans les zones urbaines. Mais par contre, dans les zones urbaines, c'est un sujet. Et puis, j'ai souhaité qu'on remette aussi en lumière pour les zones urbaines des montages contractuels qui ont démontré leur robustesse depuis maintenant de très, très nombreuses années, qui sont... une plus grande mobilisation des baux amphithéotiques. Et en particulier, puisqu'on a un enjeu au sein de l'État aujourd'hui, qui est celle du logement des agents publics. Or, on voit bien que le marché du tertiaire n'est pas au meilleur de sa forme et que des biens que l'on pourrait être amenés à vendre, et je le vois même depuis les six derniers mois où je suis au sein de la direction de l'immobilier de l'État, n'ont pas la valeur évaluée et donc ne permettent pas d'avoir le retour financier aussi important qu'on le souhaiterait. Et donc, il y a la question de, est-ce qu'on est en capacité au sein de l'État de transformer ses biens ou d'avoir des montages qui permettraient une transformation de ses biens, et en même temps, de répondre à un autre enjeu de politique publique, qui est celle du logement des agents publics.
- Speaker #0
Si vous avez la baguette magique ou la clé, justement, pour agir sur ces transformations, je pense que l'ensemble de l'industrie immobilière en sera absolument ravie. N'hésitez pas à partager dès que vous aurez terminé cette étude. C'est un vrai sujet pour nous tous. Quel est le signal faible que cette tendance sociétale ou technologique que vous observez et dont vous pensez qu'elle aura un impact majeur sur l'immobilier public de demain ?
- Speaker #1
Votre question est un peu complexe. Ce n'est pas évident de se dire qu'il y a des signaux faibles. Moi, j'ai de forts questionnements à travers les travaux que j'ai lancés sur la résilience des bâtiments publics, sur... la capacité des équipements bâtimentaires à répondre présents lors d'un certain nombre de phénomènes climatiques majeurs et, dans certains cas, à la tendance à l'hyper-instrumentation des bâtiments qu'il a pu y avoir lieu. Or, au sein de l'État, on a un enjeu, d'une part, de continuer à maintenir nos bâtiments. quelle que soit la situation possible, on a des enjeux de continuité d'activité. Et puis, je crois beaucoup à la low-tech, c'est-à-dire revenir à des solutions technologiques plus simples qui sont simplement la poursuite aussi de travaux qui ont pu être menés sur l'usage de matériaux biosourcés, l'identification d'un certain nombre de ressources locales. Je pense qu'il va falloir aller demain jusqu'à la question des... composants bâtimentaires et des équipements techniques. D'une part, comme je le disais, pour répondre à des sujets notamment de vagues de chaleur qui les rendent inopérants et donc qui, derrière, ne permettent plus au bâtiment d'assurer sa mission. Mais d'autre part, parce que, et je pense que c'est mon passage au ministère des Armées qui m'a beaucoup questionné les enjeux de souveraineté et de résilience, plus un bâtiment est technique, plus il pourrait être demain soumis à un certain nombre d'attaques. Et on a absolument besoin que les missions de service public, elles puissent continuer à s'exercer dans n'importe quelle circonstance.
- Speaker #0
Merci beaucoup d'avoir transformé une question peu qu'épilotractée en une solution assez simple et très pragmatique. Comment faites-vous pour préserver une vision claire quand les contraintes politiques, budgétaires et opérationnelles se superposent ?
- Speaker #1
Je dirais que c'est le devoir de tout directeur d'administration centrale d'être en capacité de vrai et de garder un cap clair dans la complexité des événements et des décisions auxquelles il était confronté. C'est pour cette raison. que l'on ait nommé, c'est pour essayer de donner un cadre de travail dans un environnement complexe. Comment on fait ? On y arrive. En tout cas, on est là pour assurer la continuité de l'État, quels que soient les schémas politiques ou budgétaires qui nous seront imposés parce que décidés, bien évidemment, par le gouvernement ou par le Parlement.
- Speaker #0
C'est rassurant. Merci. Quel conseil personnel donneriez-vous à un jeune talent qui hésite à s'engager au service de l'État ?
- Speaker #1
Ne pas hésiter. Parce qu'au sein de l'État et surtout au sein de la filière immobilière de l'État, on a des métiers passionnants et on a surtout tous les métiers de la chaîne immobilière. Et on n'imagine pas forcément la diversité des métiers que l'on peut exercer au sein de l'État. On a les métiers classiques, les métiers d'exploitation, les métiers de maîtrise d'ouvrage, mais on a aussi des métiers très atypiques, d'acheteurs publics en matière immobilière qui nécessitent des compétences particulières, d'expertise juridique. On a des experts techniques en matière de sobriété énergétique. Donc, en fait, tout ce qu'on peut imaginer dans les métiers de l'immobilier, on en a besoin au sein de l'État. Et en plus, je dirais qu'on a la chance de pouvoir intervenir sur tout type de bâtiments et des bâtiments que l'on imagine même pas en dehors des services de l'État. L'État a des bâtiments classiques, comme celui dans lequel on est aujourd'hui, qui sont un bâtiment à caractère administratif. Mais l'immobilier de l'État, c'est, j'en parlais, la justice des prisons, des tribunaux. C'est le ministère des Armées, avec des bases militaires opérationnelles, des infrastructures de la sécurité nucléaire. C'est également des universités, avec des laboratoires de recherche à haute technicité. Tout ce qu'on peut imaginer et ne pas imaginer dans l'immobilier, on l'a au sein de l'État. Donc je dirais aux gens, il ne faut pas hésiter parce qu'en fait, on peut s'éclater dans son métier immobilier au sein de l'État.
- Speaker #0
Vous avez une passion très communicative et effectivement, j'espère que cela va permettre à certains talents d'au moins avoir une petite étincelle et réfléchir puisque vous avez effectivement dressé le portrait de tout votre bâti. Jusqu'aux maisons forestières, même, j'imagine.
- Speaker #1
Jusqu'aux maisons forestières et même des parcs naturels. On oublie peut-être, mais l'État est propriétaire de la forêt guyanaise et puis de la plus grande partie de la forêt publique. Et puis, on peut travailler sur le territoire hexagonal, dans les Outre-mer et à l'étranger, puisque je n'ai pas parlé, mais il y a aussi les ambassades dans l'immobilier de l'État. Donc, vraiment, je ne vois pas ce qui bloquerait les gens à venir travailler au sein de l'État.
- Speaker #0
Ça nous donne très envie. Bon, aux candidatures, donc à vos candidatures, mais effectivement, c'est passionnant. Mille merci d'avoir pris le temps de répondre à nos questions et de nous avoir donné une vision très claire, mais très inspirante aussi de votre métier, de la direction immobilière de l'État et de tous les projets que vous menez aujourd'hui. Donc, je pense que vous aurez plein de choses encore à nous dire. Et je me permets aussi de vous remercier pour le temps que vous nous avez consacré. petit peu lourd, pardon, donc au micro c'est un peu particulier, mais nous aimons bien laisser quelque chose de concret, on commence par l'intelligence artificielle mais finalement, vous l'avez aussi abordé, ce qui est important, ce sont les relations humaines et ce qui reste un petit peu, donc nous voulions partager avec vous l'une de nos passions, l'édition La forêt, La forêt bien gérée et je l'espère, une thématique qui vous plaira.
- Speaker #1
Merci beaucoup, un grand merci.
- Speaker #0
Mille merci, nous souhaitons une très joli, écoute à tous, au revoir merci