Speaker #0Les amis, avant de commencer ce podcast, OKX a une offre qui va vous intéresser. Les USDT sont interdits en Europe, c'est un stablecoin qui n'est plus réglementé. Et il y a une offre qui est très cool, c'est que si vous restez des USDT, vous allez sur OKX, vous les convertissez en USDC, le stablecoin réglementé, et vous avez 8% sur la valeur de cette conversion jusqu'à 50 000 dollars, donc 4 000 dollars de bonus. même si vous avez déjà un compte. En plus de ça, il y a toujours mon Alcoin Winter, qui est mon optimisateur de DCA sur les Alcoins, qui vous est offert à la création d'un compte. Vous avez toutes les infos dans la description. On y va pour le podcast. Ok, vous avez entendu la douce musique. On est parti les amis, bienvenue à tous dans cet épisode d'Investia du... vendredi 16 octobre 2026, j'espère que vous allez bien. Moi ça va bien, je suis très content les amis, je suis très content parce que je tourne ce podcast jeudi matin, à 11h20 exactement, et à partir de cet après-midi, je pars pendant 3 nuits, donc 3 jours, dans une cabane, sans électricité, sans eau courante, dans une espèce de retraite, de réflexion et de méditation. Je ne suis pas assez expert en méditation pour dire que je pars en retraite méditative, mais je pars en tout cas sans écran, tout seul, avec juste un cahier et mon cerveau pour réfléchir un petit peu. Et je suis vraiment excité de ça. Il s'est passé des choses quand même assez complexes dans ma vie ces derniers temps, assez intenses, rien de vraiment grave. mais quand même assez intense, et ça fait un moment que j'y pensais, je passais pas le cap, je me disais ouais ça serait pas mal, mais je pense qu'on est beaucoup dans cette situation, et je me suis dit tu sais quoi, là c'est le moment, allez, on y va, let's go. Donc je suis trop content, je suis trop content, je pense qu'on a des vies qui vont extrêmement vite, et que c'est comme la dernière fois que je me suis posé trois jours sans électricité, après électricité on s'en fout, mais sans distraction, sans téléphone, sans écran et tout seul. Dans ma vie, est-ce que c'est déjà même arrivé une fois ? Je ne suis pas sûr. Et je pense que si on a le luxe de pouvoir le faire, parce que des fois, la vie fait qu'on a des responsabilités ou d'autres choses, si on a le luxe de pouvoir le faire, je ne peux pas pour l'instant vous inviter à le faire, parce que je ne l'ai pas encore fait. Vous aurez mon retour la semaine prochaine dans ce podcast, mais je pense que ça va être vraiment cool. je suis trop content. Dernier podcast avant de partir dans la cabane, les amis. On y va sur ce podcast. N'oubliez pas de faire un petit like, de vous abonner et on est parti pour 30 minutes à parler d'investissement et d'autres trucs très cool. Ok, on commence comme d'habitude par le sujet investissement. Il y a un truc que j'ai mis du temps à comprendre. Pendant longtemps, j'ai pensé que plus une stratégie d'investissement était sophistiquée, plus elle était efficace. Quand les mecs avaient des modèles complexes, des algorithmes, des indicateurs, ces mecs-là, ils sont forcément meilleurs que ceux qui vont regarder le Firengrid et une moyenne mobile. Et pour prendre mon cas perso, quand j'ai commencé à investir, j'ai commencé à investir un petit peu en bourse. Je me suis dit, ok, j'ai 100 euros à investir tous les mois, j'ai compris le principe des ETF, des dividendes, etc. Et moi, ce qui me correspond bien, c'est les ETF passifs avec réinvestissement des dividendes. Ok, let's go, je parle là-dessus. J'avais à peu près 100 euros par mois et je me disais, je vais faire une stratégie qui est bien complexe, qui est bien diversifiée, pour avoir un minimum de risque pour le plus de rendement possible. A votre avis, le résultat, c'est quoi ? Le résultat, c'est que j'ai investi mes 100 euros sur 6, 7 ETF différents pour venir couvrir plusieurs économies et le marché dans son ensemble. et En gros, il y avait certains ETF où je plaçais à bon lieu 5 euros par mois dessus. C'est bien, mais vous savez ce qui existe ? Ce qui existe, c'est un ETF MSC World, en fait. Un ETF monde, avec une grosse présence aux Etats-Unis, mais pas que, en fait, il y a d'autres parties du monde, l'Europe, l'Asie, etc. Et en fait, l'impact de venir surcomplexifier ma stratégie avec plusieurs ETF, au lieu de simplement focus, par exemple, un S&P ou un ETF monde... il est minime, il est même négatif. Parce que c'est pas la complexité de la stratégie qui va me faire surperformer le marché, au contraire. Et c'est pareil avec les altcoins et avec les cryptos. Ça devient de plus en plus dur de surperformer Bitcoin à long terme en investissant dans 40 altcoins différents. Autant venir acheter que du bitcoin et c'est tout. C'est simple sur le papier, à mettre en place, c'est un peu plus compliqué. Et c'est une erreur de raisonnement qui coûte très cher. Et vous le savez, j'aime la science. Et ça tombe bien parce que cette erreur, elle est documentée de manière scientifique. On appelle ça la prime de complexité. Désolé, je la vois un peu cassée. Vous allez m'entendre roqueux. Roqueux, ça ne se dit pas. La prime de complexité ou le biais de complexité. C'est notre tendance naturelle, en tant qu'être humain, à considérer qu'une solution complexe est nécessairement plus solide qu'une solution simple. Que si c'est facile à comprendre, c'est que ça peut pas marcher. Et ça marche dans plein de domaines différents. Le sport, la nutrition, l'éducation, etc. Et en investissement, c'est un biais qui peut détruire un portefeuille. En 1976, il y a un mec qui s'appelle Jack Bogle qui lance un fonds d'investissement. Et sa stratégie, elle est... extrêmement simple. Est-ce que vous avez une idée, une stratégie extrêmement simple d'un fonds d'investissement ? Jack Bogle ne fait littéralement rien. Rien ? Juste, il réplique passivement le S&P 500 sans essayer de le battre, sans analystes, sans modèle complexe. Les mecs en face, forcément, ils rigolent un peu. Ils appellent ça la folie de Bogle, l'idée de juste suivre le marché sans chercher à faire mieux. Elle est tellement simple qu'elle paraît débile. Et le fonds, à son lancement, lève 11 millions de dollars contre un objectif de 150 millions. Donc même les gens derrière, ils voient ça. Les investisseurs, les clients, ils se disent « Non mais mec, je ne vais pas investir dans ton fonds qui réplique le S&P, ça n'a aucun sens. » Et donc pour Bogle, c'est un échec. Et pourtant, aujourd'hui, les fonds indiciels gèrent plus de 10 000 milliards de dollars dans le monde. C'est l'une des innovations financières les plus importantes du XXe siècle. Et sa stratégie, c'était de ne rien faire de compliqué. Le SPIVA Report, qui est le rapport annuel du S&P global et qui compare globalement les gérants actifs à leurs indices de référence, des professionnels qui passent leur vie à analyser les marchés avec des équipes entières, des modèles financiers ultra sophistiqués, des accès aux différentes directions d'entreprise, des gens qui ont des insights. Et pour ceux qui étaient là il y a quelques semaines dans un épisode, on avait vu que sur 20 ans, 90% des fonds actions américains géraient activement sous-performe leur indice. 90%. En 2026, jusqu'à aujourd'hui, 67% des gérants de grosses caps américaines ont fait moins bien que le S&P 500. Et je trouve ça fou de se dire que des milliers de personnes qui posent dans la finance... qu'on idéalise un petit peu à Wall Street en mode trader qui fait des millions, etc. Dans les faits, les mecs, ils perdent de l'argent en investissement. Et il y a plein de sous-conclusions qu'on peut en tirer. Première conclusion, l'investissement, la finance, n'est pas une science. C'est la résultante de millions de comportements qui sont orientés par leur vécu, par des éléments extérieurs, par des émotions. Et donc de vouloir juste théoriser un investissement, la finance, n'a aucun sens. La preuve. La preuve exacte. Et la stratégie simple de venir acheter l'indice, de venir ne rien faire, de venir attendre, elle bat les experts dans 9 cas sur 10 sur le long terme. Ça marche avec Bitcoin. Achète du Bitcoin, attends 10 ans. T'as acheté du Bitcoin, t'as attendu 10 ans, peu importe quand tu l'as acheté, t'es content. T'es déjà content maintenant, même si ça fait pas 10 ans. Et j'ai voulu aller un petit peu plus loin. En 2009, il y a trois chercheurs, qui s'appellent De Miguel Garlapi et Yupal, qui publient une étude académique. dans la Review of Financial Studies, qui est depuis citée plus de 5000 fois dans la littérature scientifique. Et c'est une source qui est intéressante. Ils arrivent en comparant 14 modèles d'allocations de portefeuilles ultra sophistiqués à une stratégie qui est très simple. Diviser son capital en parts égales entre tous les actifs. Ils appellent ça la règle du 1 sur N. Résultat de ça, aucun des 14 modèles sophistiqués ne bat systématiquement. la stratégie simple sur les données réelles. Il y en a qui ont même des ratios de Sharpe, le rendement ajusté au risque, 50% inférieur à la stratégie simple. Des années de recherche, des maths complexes, des modèles d'optimisation qui sont avancés, battus par, je divise, en parts égales. Je trouve ça fou, je ne sais pas si vous trouvez ça aussi fou que moi, mais c'est incroyable. Pourquoi, du coup, on fait quand même compliqué ? Parce qu'on le sait. C'est dans les études, c'est prouvé. J'ai l'impression que mon podcast c'est les études montrent qu'on fait n'importe quoi, mais pourquoi on fait quand même n'importe quoi ? J'ai l'impression que c'est que ça. Pourquoi on fait quand même compliqué ? Bon, il y a plusieurs raisons, et ces raisons elles sont toutes psychologiques. D'où le fait de prendre au sérieux la psychologie de l'investissement. La première c'est qu'une stratégie simple, elle se vend pas. Un gérant de fonds qui dit je vais juste acheter l'indice et rien faire, il peut pas justifier des frais de 2% par an. Donc il faut de la complexité apparente. pour légitimer son existence et sa rémunération. C'est triste, mais c'est vrai. Et ça marche dans d'autres secteurs. J'ai écouté un podcast de Georges Saint-Pierre. Georges Saint-Pierre, légende du MMA, l'un des plus grands combattants de tous les temps. Le mec, il a 40, 45 ans. Il est en forme, il a un physique de fou furieux. Et il parlait de ça, justement. Et en fait, ça marche aussi dans la muscu, dans les sèches, dans les régimes, etc. La nutrition, on vous vend les micronutriments, les macronutriments. Oui, c'est super intéressant. Mais il y a un truc qui est super puissant, mais qui ne rapporte d'argent à personne, c'est par exemple le jeûne. Juste ne pas manger. Jeûne intermittent ou jeûne complet, qui ont des effets différents, mais qui sont prouvés, qui sont très bons. Résultat de ça, il y a quoi ? Il y a très peu d'études sur le jeûne. Pourquoi ? Qui finance les études ? Les gens qui ont un intérêt à financer les études. Tu vas faire une étude sur les bienfaits des protéines dans les steaks hachés. Pourquoi ? Parce que tu vends des steaks hachés. Personne ne vend un jeûne. Personne ne... déjà c'est trop simple et du coup c'est très très peu démocratisé alors que c'est super super puissant. Et ici c'est pareil, il faut que ça soit compliqué. Research Associates, qui est une des boîtes de recherche financière les plus sérieuses du monde, appelle ça le biais confondant pour la complexité. La complexité va donner l'impression de sophistication. Donc elle justifie les honoraires, même quand elle détruit la valeur. Si j'arrive, et il y a plein de gens qui font ça, en plus les banquiers d'ailleurs, ça a été prouvé que les banquiers faisaient ça, qu'ils arrivaient... avec vraiment un langage qui est complexe, mais de manière volontaire, pour donner cette sensation de 1. je suis perdu, 2. ce mec va me donner la réponse. Les banquiers c'est quoi ? C'est des vendeurs. Le deuxième c'est que notre cerveau qu'on font est fort et résultat. Si c'est simple, ça peut pas vraiment marcher. Si j'ai pas souffert, si j'ai pas passé des heures à analyser, c'est pas compliqué à expliquer, c'est que c'est pas sérieux. Et ça c'est très très très très très puissant comme biais. C'est exactement le même biais qu'on veut en sport. On en a parlé, la zone 2. Les gens qui pensent que douleur égale progression. Non, c'est pas vrai. C'est scientifiquement faux. La troisième raison, c'est que la complexité nous donne aussi quelque chose à faire. Et oui, nous sommes des humains, on doit s'occuper dans ce monde inutile dans lequel on est pendant à peu près 80 ans et qui n'a aucun intérêt à part nous occuper. Et l'inaction, elle est psychologiquement insupportable quand les marchés bougent. Quand notre portefeuille baisse de 15%, notre cerveau, il veut réagir. Il veut qu'on fasse quelque chose et rester assis et rien faire, même si c'est la décision rationnellement correcte, ça ressemble à de la passivité, ça ressemble à perdre le contrôle. Du coup, on complique notre stratégie pour avoir l'impression de maîtriser quelque chose qui est par nature incontrôlable. Et c'est très compliqué à gérer, pourquoi ? Parce que c'est ingérable, je viens de le dire. Donc... Qu'est-ce qu'on peut tirer de tout ça ? Déjà, la complexité d'une stratégie n'est pas corrélée à sa performance. Elle est souvent même inversement corrélée. Moins on touche au portefeuille, moins on fait de mouvements, moins on essaye d'optimiser en permanence, meilleurs sont les résultats sur le long terme. Oui, il y a toujours des contre-exemples, surtout, mais dans mes vidéos des six derniers mois, j'ai utilisé la moyenne mobile à 200 semaines, qui est littéralement la moyenne mobile à 4 ans, qui est littéralement un indicateur très très simple. Bah j'ai dit quoi ? Quand on entre sous la moyenne mobile, j'achète. J'ai acheté le bottom. C'est tout. Alors que j'aurais pu, hein. Et il y a des gens qui faisaient des analyses, qui regardaient un mélange de plein d'indicateurs, qui faisaient des Fibonacci, des... comment ça s'appelle ? Des vague des lieux, des trucs comme ça. Ils annonçaient Bitcoin à 40 000, 50 000. Est-ce que j'ai eu de la chance ? Peut-être aussi. Peut-être aussi, on ne sait pas. Donc, c'est contre-intuitif, c'est inconfortable, mais c'est ce que 50 ans de données financières ont montré. Par contre, ça ne veut pas dire que l'analyse est inutile. Ça veut dire que... l'analyse, elle doit servir à construire une conviction initiale qui est solide, pas à générer du mouvement en continu. On analyse une fois pour savoir pourquoi on investit dans quelque chose, ok, pour vraiment le comprendre, et ensuite, on laisse le temps faire son travail. Et Jack Bogle, qui est le fondateur de Vanguard, je sais pas si je vous l'ai dit, que c'était Vanguard, avait compris ça en 1976. Et j'ai compris ça il y a quelques années, seulement. Et c'est d'ailleurs pour ça que je vous explique en vidéo que ma stratégie elle est de plus en plus simple. Et je parais de moins en moins intelligent. J'en ai rien à foutre. Pour les Alicoins, j'ai développé par exemple mon indicateur de DCA structuré. et il me donne des fameuses zones bleues, des zones intéressantes à considérer, pour lancer ou pour renforcer un DCA sur les actifs que je surveille. Je l'ai utilisé, ça marche super bien, regardez sur Solana si vous êtes sur YouTube. C'est ultra puissant, parce qu'il me force à ne rien faire quand il ne s'allume pas, alors que j'aurais pu être tenté de faire des mouvements inutiles à long terme, juste pour venir complexifier ma stratégie. J'aurais pu. Cet indicateur, je rappelle que vous pouvez y avoir accès gratuitement, grâce à mon partenaire qui est OKX. Vous avez juste à vous créer un compte avec mon lien en description. Vous faites un premier dépôt et vous avez toutes les infos dans la description de ce que vous devez faire pour récupérer gratuitement l'indicateur pendant un an. Donc, comme quoi, avoir 150 millions d'alcoins, avoir des indicateurs à tort larigot, ça fait longtemps que je n'avais pas utilisé cette expression, ça ne sert à rien. Ça ne sert à rien, surtout si on n'est pas trader. Ok, on passe au sujet suivant, qui est une histoire que je trouve hyper intéressante. Tous ceux qui ont plus de 50 ans. Je suis désolé, je viens de réfléchir à l'intro que j'ai écrite, et je la trouve hyper condescendante. Je la refais. Je vous la dis, et puis après je m'excuse. Est-ce que tous ceux qui ont plus de 50 ans, Kodak, ça vous parle ? C'est terrible. Comme intro. Kodak, c'est pas une entreprise qui a raté une innovation, c'est une entreprise qui a inventé l'innovation qui allait la tuer et qui a choisi de l'enterrer. Et l'histoire est incroyable. Kodak, c'est une entreprise qui fait des appareils photo. Au milieu des années 90, ils avaient une capitalisation boursière de 28 milliards de dollars. Il y avait plus de 140 000 personnes dans le monde qui étaient employées par Kodak. C'est une entreprise qui contrôlait 90% du marché américain de la pellicule et 85% des ventes de caméras. Ils avaient le monopole absolu sur tout. Et leur modèle économique, il était hyper intelligent. Ils vendaient des appareils photo, mais la vraie machine à cash, c'était tout le reste. La pellicule, les produits chimiques pour développer tout ce que tu devais développer, le papier photo, les services de tirage, etc. Tu achetais un appareil Kodak, tu utilisais de la pellicule Kodak, tu la faisais développer avec des produits Kodak sur du papier Kodak. Leur slogan, c'était « You press the button, we do the rest » . Chaque photo que tu prends nous rapporte de l'argent. C'est un écosystème fermé, verrouillé, c'est rentable, c'est hyper rentable, ça rappelle un peu ce qu'on a chez Apple, par exemple. En 1973, il y a un jeune ingénieur électricien de 23 ans qui s'appelle Steve Sasson, qui rejoint Kodak. Et en tant que bon ingénieur électricien qui se respecte, il trouve qu'attendre le développement, manipuler des produits chimiques, les délais pour faire tout ça. On s'emmerde. C'est long, c'est chiant, c'est pas pratique. Et son manager, il lui demande de regarder ce que peut faire un nouveau composant électronique qui vient de sortir, qui s'appelle le CCD, qui est un circuit intégré capable de capturer la lumière et de la convertir en signal électrique. Ça sonne, il dit lui-même qu'il avait pas d'argent pour construire quoi que ce soit, donc il vole des pièces. Un objectif récupéré dans une caméra Super 8. un convertisseur analogique numérique arraché d'un voltmètre à 12 dollars, une cassette audio pour stocker les données et au boulot. Et en décembre 1975, donc à peu près un an de travail avec son collègue Jim plus tard, l'appareil est prêt. Il pèse 3,6 kilos, on dirait une espèce de grippin, il capture des images en noir et blanc à 0,01 mégapixels. Il faut 23 secondes pour sauvegarder une photo sur la cassette audio. Il faut encore 23 secondes pour la mettre sur la télé. Sasson prend quand même la première photo de l'histoire avec un appareil numérique portable. Bon, je n'ai pas trouvé d'image d'archive, mais en gros, il prend une femme en photo et quand il regarde l'image, son visage est complètement déformé. Il corrige le câblage et l'image apparaît correctement. Le premier appareil photo numérique portable vient d'être inventé. Sassone commence à faire des présentations au manager de Kodak, sauf que pendant les réunions, c'est un peu bizarre. A chaque fois, les managers l'inondent de questions. Combien de temps avant que ça soit commercialisable ? Est-ce que ça peut faire de la couleur ? Quelle qualité est-ce qu'on peut atteindre ? Sauf que les questions techniques, personne ne venait les poser. Ce qu'ils se demandaient, c'était pourquoi est-ce que quelqu'un voudrait prendre des photos comme ça ? C'est quoi le problème avec la photographie actuelle ? C'est quoi l'album photo électronique ? Et Kodak a regardé l'invention et ils ont compris ce qu'elle représentait. Et ils ont choisi de ne pas la poursuivre. Pourquoi ? Parce que cette technologie, si elle fonctionne, elle détruit tout le business modèle de leur empire. Pas de pellicule, pas de développement, pas de papier photo, pas de produit chimique. Imagine, ton appareil photo, il est exceptionnel. Qui va encore faire ces pauvres photos-là et les imprimer ? Personne. Et les faire développer ? Personne. Qui va utiliser le produit chimique ? Personne. Le manager de Sasson lui a même dit de ne pas en parler. La technologie. a été breveté en 1978, Kodak gardait ses droits et a ensuite été rangé bien au fond, dans un tiroir. Et au final, dans les années 90, ça a fini par se développer. Kodak a même atteint 27% de parts de marché sur le numérique en 1999. Le problème, c'est quoi ? C'est le modèle économique. Le modèle économique de la pellicule, c'était de l'argent à chaque photo qui était prise. Chaque photo égale de l'argent. Le modèle économique de l'appareil numérique... c'était de l'argent une seule fois à l'achat. Tu vends un appareil, au revoir, ciao. T'as pas de récurrence, t'as pas d'écosystème, t'as pas de dépendance. Donc, chaque euro investi dans le numérique venait cannibaliser directement les revenus de la pellicule. Chaque client qui passait au numérique était un client perdu pour le vrai business. Les dirigeants de Kodak, ils ont jamais vraiment donné au digital les ressources nécessaires pour le laisser s'imposer en interne, parce qu'en fait... C'était un énorme pas en arrière et ça revenait à se tirer une balle dans le pied. Et pendant ce temps-là, Sony, Canon, Nikon, qui n'avaient pas d'empire de pellicules à protéger, ben eux, ils ont fait quoi ? On saute à deux pieds dans le numérique. Et en 2000, Kodak gagnait encore 1,4 milliard de dollars de profit. En 2012, Kodak a malheureusement déposé le bilan. Et en août 2025, l'entreprise a publié un avertissement à ses investisseurs qui montre un doute substantiel, c'est comme ça qu'ils l'ont dit, sur sa capacité à continuer à opérer. Le doute substantiel, c'est 500 millions de dettes dans les 12 mois suivants et 150 millions de cash dans la caisse. Donc ouais, Kodak, ils sont revenus cette année avec des appareils photo jetables, ils jouent un peu sur le vintage, etc. Mais dur dur de concurrence, c'est tout ce qui se fait aujourd'hui. Est-ce qu'il y a une morale dans cette histoire ? Pas vraiment. Rien avec la technologie, peut-être. Voilà la morale de cette histoire. Ok, ok, ok. On continue avec le dernier sujet. J'aime bien ces petites histoires de voir ce qui a fonctionné, ce qui n'a pas fonctionné. Dans une entreprise, en tant que petit con d'entrepreneur, on prend ce qu'on peut prendre en fait. Mais c'est assez dur je trouve. Parce qu'en fait, l'histoire est remplie. de... comment ça s'appelle ? de... ah j'ai plus le terme de mecs exceptionnels qui déforment la réalité de syndrome du survivant c'est ça, c'est de syndrome du survivant de personnes qui représentent l'exception et on les utilise comme leçon alors qu'il y a des mecs qui ont fait plein plein plein plein d'autres schémas similaires mais qui ont pas du tout eu le même résultat, donc faut faire attention avec ça quand même Ok, sujet suivant. On va aller dans une introspection aujourd'hui. J'ai remarqué un truc sur moi qui m'a fait assez mal. Je pense à plein de trucs. Je mets beaucoup beaucoup d'énergie mentale. Mais au final quand je mesure la pratique, c'est pas fou. Et j'essaie de travailler sur ça mais j'ai un peu été le spécialiste là-dedans. Genre le sport, par exemple le tennis. Je veux progresser au tennis, je veux être bon, etc. Mais je vais aller jouer deux heures par semaine dans un entraînement que je n'ai pas préparé avec mes potes. Je ne vais pas trouver de nouveaux partenaires d'entraînement pour avoir de nouveaux styles. Je ne vais pas faire assez de matchs. Je ne vais pas travailler mes coups faibles, genre le service, pas assez. Vraiment moyen, quoi. Et j'ai discuté avec un gars qui est champion du monde de triathlon, donc qui a quand même un achievement. bien solide, qui m'a dit un truc que j'ai trouvé vachement vrai pour le coup. La plupart des gens apprennent la théorie, mais ne font pas. Et sur plein de sujets, je suis exactement là-dedans. Au lieu de regarder le programme ultime pour préparer un semi-marathon, te demander à ChatGPT c'est quoi le format optimal, tout, va juste courir. Au lieu de passer une heure à regarder des vidéos sur le service, fais des services ! Au lieu de lire un livre sur le fait de lancer son entreprise, les difficultés qu'on va se manger, etc., lance son entreprise et essaye. J'ai une anecdote sur ça. Quand j'étais au collège et au lycée... J'ai fait du trampoline en compétition. Débat parallèle, enfin parenthèse plutôt, le trampoline est le sport olympique le plus sous-coté qui existe. C'est hyper athlétique, c'est hyper aérien, c'est trop bien à faire, c'est hyper physique. Tout le monde s'en bat les couilles du trampoline. Je trouve ça fou, alors que la gym s'est démocratisée. Je ne savais même pas que le trampoline était un sport olympique. J'imagine, j'ai fait du trampoline en compétition. Sport de fou, ok ? À cette époque, je n'étais pas du tout éclairé par toutes ces notions dont je vous parle maintenant, de ce que je vous dis là et tout. Et, moi juste ce que je t'y fais c'était m'entraîner, et donc j'allais à l'entraînement, des fois je faisais les deux entraînements de suite, je faisais trois entraînements par semaine, je crois que c'était mardi, mercredi et vendredi, et je travaillais, je travaillais, je travaillais, je travaillais, juste je faisais. J'étais vraiment à 100% dans la pratique, 0% dans la théorie. J'y pensais un peu quand j'étais en cours ou quoi, mais c'était pas du tout genre, ok comment j'optimise, quel entraînement je dois faire pour mon renfort, comment j'améliore ma souplesse, non. Vraiment j'étais là en mode, oh putain j'ai hâte de retourner à l'entraînement, c'est tout. Et j'ai atteint un très bon niveau en trampoline, j'ai été vice-champion de France de trampoline, ça vous ne saviez pas, c'est un anecdote sur moi qui est totalement vraie. Malheureusement je ne suis pas champion de France de trampoline. J'ai eu la petite étiquette sportive de haut niveau, qui est quand même un flex énorme dans une vie, et ça a été le pic sportif le plus haut de ma carrière, de ma vie pour l'instant dans n'importe quel sport. Et c'était dans une époque où juste je faisais. J'avais entraînement, j'allais à l'entraînement, je tryhardais comme un malade, je rentrais, j'étais mort, j'y pensais plus, jusqu'au prochain entraînement. Et je sais que dans les dernières années, je suis tombé dans ce truc de, ok, il faut que j'apprenne des choses sur l'endurance, sur la théorie. Eh, va à l'entraînement. Va plus t'entraîner, au pire, si. Il y a plein d'autres trucs, évidemment, mais ça joue énormément. Et il y a une phrase que j'adore, qui vient de l'historien qui s'appelle Will Durant. C'est nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. L'excellence n'est donc pas un acte, mais une habitude. Je trouve ça trop stylé. L'excellence n'est pas un acte, c'est une habitude. Mais encore une fois, on fait quoi sur ce podcast ? Ben, on en parle et on le fait pas. Et notre identité, c'est pas ce qu'on pense être, c'est ce qu'on est tous les jours. Et il y a des trucs qui font mal. Ce qui font mal, c'est quand tu penses être ce type de profil, mais qu'en fait, la réalité te rattrape. C'est quand tu fais un match de tennis et que tu y as pensé, donc tu te dis « Waouh, je suis impliqué, j'y ai énormément pensé » , et qu'en fait t'as pas assez pratiqué, et tu te fais ouvrir, et tu te rends compte de quoi ? Que t'es pas du tout la personne que tu pensais être sur cet aspect. Et James Clear, qui est le mec qui a écrit « L'exceptionnelle habitude atomique » , dit que chaque action qu'on fait est un bulletin de vote pour le type de personne qu'on veut devenir. Aucun vote isolé ne va changer l'élection, mais les votes... Ça cumule et au bout d'un moment, ça change l'identité. Et justement, on prend les choses à l'envers. Je mets l'objectif, puis j'espère que le comportement suivra. Je veux améliorer mon service. Je veux perdre 10 kilos. Je veux économiser 5000 euros. C'est des habitudes qui sont basées sur des résultats et ça marche pas. Parce que la réalité, c'est qu'il faut trouver l'action qui permet d'avoir ce comportement. Je veux perdre 10 kilos, ok. Je vais marcher 12 000 pas tous les jours. je vais améliorer mon service, ok, je vais faire 500 services par semaine. Le fait de prendre action, désolé j'ai appuyé sur le truc de la cam, le fait de prendre action est beaucoup, beaucoup plus puissant que d'intellectualiser, mais aussi beaucoup plus dur dans un monde où nous sommes des consommateurs permanents. Petite parenthèse avant de finir ce podcast, pour ceux qui sont encore là, merci beaucoup de m'écouter parler de mes exploits de trampoline d'adolescence. Petit Petite chose aussi pour vous, j'ai créé un canal Telegram gratuit pour venir suivre ma lecture de marché crypto et pour recevoir les mises à jour publiques en temps réel. On est entre nous, j'en vois que quand j'ai vraiment un truc à dire avec un maximum de valeur par minute, l'objectif c'est vraiment de chill, vous avez toutes les infos en description, tout est évidemment gratuit. Les OG du podcast, je vous attends là-bas, si vous êtes suffisamment nombreux, on fera aussi des petits points de sujets qui touchent au podcast qui sont assez cool. Donc foncez, allons-y et... J'espère que cet épisode vous a plu. Sur ce, je vais m'enfermer dans ma cabane pendant trois jours et je vous ferai un compte-rendu de comment ça s'est passé la semaine prochaine. A bientôt, ciao !