Description
Cet épisode du podcast Petite Mu aborde un sujet central et pourtant encore largement invisibilisé : la santé des femmes, et son lien profond avec les violences et la vulnérabilité.
Pour en parler, nous recevons aujourd’hui Ghada Hatem, gynécologue-obstétricienne à l’hôpital Delafontaine et fondatrice de La Maison des Femmes à Saint-Denis. À travers son parcours, elle raconte la création de ce lieu unique de prise en charge globale, et interroge les normes hospitalières qui banalisent parfois la souffrance tout en éloignant des soins les patientes les plus vulnérables.
À travers ses analyses et son expérience, l’épisode déconstruit une idée tenace : le renoncement aux soins ne relève pas seulement d’un manque de moyens financiers. Sur le plan psychologique, les mécanismes d'empêchement sont puissants qu’il s’agisse d'emprise conjugale, de terreur des examens invasifs ou de traumatismes passés. Le critère central est souvent la perte de confiance ou le chaos psychique. La discussion met en lumière les facteurs de vulnérabilité, qu’ils soient liés à l’environnement familial, à la précarité, à l'isolement ou aux violences sexuelles. Elle explore également les violences obstétricales, l'épuisement du personnel médical et le poids des déserts médicaux dans l’accès aux soins.
L’épisode analyse aussi le rôle de l'institution hospitalière et de la rentabilité dans la banalisation de la maltraitance. Dans un système où la surproductivité est omniprésente et valorisée, notamment en France, prendre le temps d'écouter les patientes peut devenir un acte de résistance. La charge administrative, les cadences infernales et le manque de moyens freinent la bienveillance, tandis que les réponses institutionnelles restent souvent centrées sur le protocole et la technique plutôt que sur l'humain.
La discussion aborde enfin les ressources existantes : prise en charge globale, accompagnement psychologique et social, ateliers d'estime de soi ou intégration de patients experts lorsque nécessaire. Elle rappelle que l’objectif n’est pas seulement de traiter un symptôme médical, mais la possibilité de se reconstruire. Être soignée en se sentant respectée.
En filigrane, cet épisode interroge notre responsabilité collective. Comment soigner sans brutaliser ? Comment transformer les pratiques médicales pour sortir des violences systémiques ? Comment repenser l'écoute, le consentement et le lien soignant-patient au-delà du simple acte technique ?
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