Description
Cet épisode du podcast Petite Mu aborde un sujet central et pourtant encore largement invisibilisé : le burnout des patient·e·s, et son lien profond avec la charge mentale des parcours de soins et la saturation face à la maladie.
Pour en parler, nous recevons aujourd’hui Delphine Rémy, autrice, podcasteuse, conférencière engagée et créatrice du projet Cancer je gère. À travers son parcours face au cancer du sein, elle raconte la création de ses initiatives d'accompagnement (comme le podcast Naître Princesse Devenir Guerrière ou son livre Être là), et interroge le fossé qui peut se creuser entre les malades, l'entourage et le système médical.
À travers ses analyses et son expérience, l’épisode déconstruit une idée tenace : gérer une maladie grave ou chronique ne se résume pas à simplement suivre des traitements. Sur le plan psychologique et physique, les mécanismes de saturation sont puissants, qu’il s’agisse du traumatisme lié aux actes invasifs répétés, de l'effacement de l'intimité ou de la terreur d'anticiper de mauvaises nouvelles. Le critère central est souvent le rejet viscéral de l'environnement médical, qui peut aller jusqu'au renoncement ou au report d'examens vitaux. La discussion met en lumière les facteurs de vulnérabilité, qu’ils soient liés à l'invisibilité de certaines pathologies (comme les cancers métastatiques), à l'isolement, ou aux maladresses blessantes de l'entourage. Elle explore également l'épuisement face à l'injonction permanente à "garder le moral" ou à devoir "trouver du sens" à l'épreuve.
L’épisode analyse aussi le rôle de l'institution hospitalière et de ses contraintes dans la déshumanisation parfois ressentie par les patient·e·s. Dans un système où l'urgence d'éradiquer la maladie prime, le monde médical s'adresse avant tout au "corps organique", délaissant souvent le "corps symbolique", la féminité ou l'intégrité émotionnelle. La charge de travail des médecins, la brièveté des consultations et la fatigue freinent la bienveillance, tandis que les réponses institutionnelles restent souvent centrées sur le protocole et la technique plutôt que sur le dialogue et le réconfort.
La discussion aborde enfin les ressources existantes : oser reprendre le pouvoir sur son parcours médical, changer de spécialiste si la confiance est rompue, recourir à des thérapies (comme l'EMDR ou l'hypnose) pour apaiser le corps, et briser la solitude via les groupes de soutien. Elle rappelle que l’objectif n’est pas seulement de traiter un symptôme médical, mais la possibilité de se reconstruire. Être accompagné·e en se sentant véritablement écouté·e, sans jugement.
En filigrane, cet épisode interroge notre responsabilité collective. Comment soutenir et consoler sans minimiser la douleur ni imposer nos propres angoisses ? Comment transformer les pratiques pour éviter que le soin ne devienne une agression pour le corps traumatisé ? Comment repenser l'écoute, l'empathie et le partenariat soignant·e-patient·e au-delà du simple acte technique ?
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