- Audrey
Bonjour, moi c'est Audrey.
- Laure
Bonjour, moi c'est Laure.
- Audrey
Combien de fois avez-vous pensé « J'en ai marre de mon job » ?
- Laure
Combien de fois l'avez-vous dit ?
- Audrey
Nous, on l'a entendu plein de fois.
- Laure
Ce qu'on vous propose, c'est d'écouter ces personnes qui ont franchi le cap, celles et ceux qui ont entamé une reconversion professionnelle.
- Audrey
Pourquoi ? Comment ? Combien ? C'est ce qu'on a voulu savoir.
- Laure
Ici, vous entendrez des histoires de reconversion.
- Audrey
Bonne écoute !
- Isabelle
Bonjour, moi c'est Isabelle, j'ai 44 ans et il y a 7 ans j'en ai eu vraiment marre. J'étais responsable d'exploitation dans le transport de voyageurs et j'ai décidé de changer de trajectoire. Aujourd'hui, je partage mon temps entre plusieurs activités, toutes liées entre elles : accompagner, former et aider les personnes à avancer dans leur vie professionnelle.
- Laure
Bonjour Isabelle !
- Isabelle
Bonjour Laure !
- Audrey
Bonjour !
- Isabelle
Bonjour Audrey !
- Laure
On est très contentes de te recevoir aujourd'hui, et moi encore plus particulièrement Isabelle, parce que c'est avec toi que j'ai fait mon bilan de compétences et finalement tu as été une petite pierre à mon édifice. Ça fait un peu mégalo quand je parle d'édifice en parlant de moi, mais c'est pas grave. Mais en tout cas, tu m'as bien aidé à construire un projet d'évolution professionnelle et c'est grâce à toi que j'estime aujourd'hui avoir réussi cette reconversion. Donc avant toute chose merci.
- Isabelle
Merci à vous de me recevoir. Ça me fait aussi hyper plaisir d'être avec vous. Merci Laure. Oui c'est un moment un peu particulier. En tout cas, ça a été un énorme plaisir pour moi de t'accompagner, de voir qu'aujourd'hui nous sommes même collègues. On en parlera un peu plus tard je pense.
- Audrey
Bon alors si tu écoutes un petit peu le podcast, tu sais qu'on commence toujours par la traditionnelle question de qu'est-ce que tu voulais faire quand tu étais enfant ?
- Isabelle
Alors, quand j'étais enfant, je voulais être maîtresse. Ça fait un peu cliché, mais c'est la réalité quand j'étais toute petite.
- Laure
Je crois que tu n'es pas la seule à vouloir faire ce métier. Je pense qu'il y a beaucoup d'enfants qui ont envie d'enseigner. Tu avais un tableau noir dans ta chambre, non ?
- Isabelle
Exactement. Je faisais la lecture à mes poupées, à mes nounours. On est là-dedans.
- Laure
Je crois que tu n'es pas la seule. Mais après, tu as évolué puisqu'au final, on en parlera un petit peu plus tard, tu exerces finalement un métier qui n'est pas si loin de ça, mais pas que... Comment tu as choisi tes études ?
- Isabelle
Alors, en fait, moi, j'étais une élève, on va dire plutôt bonne élève, avec des notes relativement bonnes, mais pas excellentes non plus. Je ne savais pas exactement, finalement, en grandissant, ce que j'allais faire. Je me souviens être allée avec mes parents voir la personne qui est en charge de l'orientation au CIO, je pense qu'on est nombreux à avoir connu, et qui avait au regard de mes notes, dit que j'avais un profil scientifique. Donc là, mes parents, ils sont tombés des nues, et moi aussi, parce que franchement... Pas vraiment. Donc moi, j'aimais plutôt les langues. J'étais plutôt tournée vers l'international. Je n'ai pas eu l'occasion de beaucoup voyager quand j'étais enfant, mais j'étais dans une classe européenne, donc j'ai fait pas mal de voyages en Angleterre, en Italie à plusieurs reprises. Et j'avais envie de quelque chose qui m'emmène un peu vers l'étranger. Donc j'ai fait un bac ES. Et ensuite, c'était soit... Il y a eu hôtesse de l'air. Ensuite, il y avait aussi le BTS Commerce International ou le BTS Tourisme. Et finalement, j'ai choisi le BTS Tourisme aussi parce que j'avais envie d'aller vivre à Paris et qu'à l'époque, c'était une opportunité aussi pour moi de pouvoir partir.
- Laure
Donc BTS Tourisme et après le BTS, qu'est-ce que tu fais ? Tu te lances dans la vie professionnelle ?
- Isabelle
J'obtiens mon BTS. Pendant l'été, j'avais travaillé dans un service d'import et d'export de tabac reconstitué, donc dans l'industrie. Et donc, je fais ça comme job d'été. Et à la rentrée, j'avais l'intention de poursuivre avec une licence de tourisme, une licence professionnelle sur la commercialisation des produits touristiques. Entre-temps, je suis partie en septembre pendant un mois, vu que je voulais donner cette ouverture internationale. Je suis partie un mois à Londres prendre des cours d'anglais. Et c'était en septembre 2001, pour vous resituer au contexte. Donc je fais mes cours, je suis dans une famille d'accueil, etc. Top. Je reviens, je commence la licence professionnelle... Là, je me dis, mais en fait, ça ne m'intéresse pas du tout. C'était hyper abstrait et tout. Et dans l'entrefait, il y a l'entreprise, donc l'industrie pour laquelle j'avais travaillé en été, qui me rappelle en me disant, voilà, on a une collaboratrice qui part en congé maternité, est-ce que ça t'intéresse de la remplacer ? Et là, je me suis dit, de toute façon, cette année, je ne vais pas poursuivre la licence, donc autant faire ça. J'avais adoré, justement, cette expérience. Donc, je suis partie remplacer cette personne de l'exportation. Donc là, je découvre aussi le transport, chose que je ne connaissais pas vraiment, mais qui m'intéresse, toute la réglementation, les douanes, etc. J'ai trouvé ça hyper intéressant. Et là, je me dis, mais en fait, j'adore le tourisme, mais finalement, je découvre le transport et je trouve ça hyper intéressant et j'aimerais bien poursuivre dans ce domaine. Qu'est-ce que je pourrais faire ? Et j'avais toujours cette intention de poursuivre mes études. Je ne pensais pas m'arrêter là. Je cherche et finalement, je trouve, à l'époque, c'était un bac plus 4, donc une maîtrise dans une école de la direction du transport et de la logistique. Et là, je découvre qu'en fait on peut faire du transport de voyageurs, donc aussi du tourisme. Je me dis, mais en fait, c'est ça que je veux faire.
- Laure
C'était vraiment la formation qui permettait d'allier les deux.
- Isabelle
Exactement.
- Laure
Ton goût pour le tourisme et puis ce nouvel attrait pour le transport.
- Isabelle
Exactement.
- Audrey
Donc là, tu repars pour quoi, tu repars pour deux ans ?
- Isabelle
Exactement, oui. Je pars pour deux ans. Donc là, je découvre aussi le transport, parce que moi, j'avais ce côté tourisme, mais pas que. Donc là, je découvre le transport urbain, le transport interurbain. Finalement, première année, je fais un stage chez les cars rouges, des autocars double étage qui font visiter Paris. Et en deuxième année, là, je fais mon stage chez un excursionniste, donc Paris Vision, chez qui finalement, je poursuis, puisque juste à la fin de mes études ils me proposent de les rejoindre en tant que responsable planning. Donc, c'est comme ça que je suis arrivée dans cette entreprise.
- Laure
Parce que c'est un secteur qui recrute pas mal, enfin qui est assez dynamique ?
- Isabelle
Ouais, au début. C'était en 2004 et à l'époque, Paris, comme toujours d'ailleurs, c'est toujours la première destination touristique mondiale. Donc, oui, il y avait pas mal de travail dans ce domaine.
- Audrey
Donc, début de carrière dans cette entreprise. Est-ce que tu y restes longtemps ?
- Isabelle
J'y reste 14 ans.
- Audrey
Donc j'imagine que tu changes de poste plusieurs fois pendant ces 14 ans.
- Isabelle
Donc au début, je suis responsable du planning des conducteurs. Donc petite équipe. On avait à peu près, je ne sais plus, 6 ou 7 autocars, une dizaine de conducteurs. Mais c'est une activité qui est assez complexe. Ce n'est pas juste du transport, dans le sens où c'est des excursions. C'est-à-dire qu'il y a aussi des guides, des accompagnateurs. Il y a aussi beaucoup de logistique puisqu'il s'agit d'organiser les visites des châteaux. Donc ce n'était pas seulement à Paris, c'est les châteaux de la Loire, c'est le Mont-Saint-Michel. On allait jusqu'à Bruges et on faisait aussi le Château de Versailles, le Louvre, tous les sites touristiques de Paris et d'Ile-de-France, mais aussi de province. Donc ça veut dire qu'il faut mettre en œuvre à la fois les moyens humains et les moyens techniques. Donc les guides parlent plusieurs langues, en fonction de la nationalité des clients. C'est un peu comme un millefeuille. Tu as un autocar, après tu as des guides qui vont prendre en charge des groupes dans certaines langues. Il faut aussi faire cohabiter les groupes selon la taille, selon les contraintes aussi imposées dans les musées nationaux, etc. C'était beaucoup d'organisation, mais j'ai vraiment adoré faire ça.
- Laure
Et alors après ce premier poste de responsable de planning, tu fais ça pendant combien de temps ?
- Isabelle
Donc ça j'ai fait ça pendant 6 ans peut-être, à peu près. Ensuite fusion entre notre entreprise et le concurrent historique. Donc nous on était la petite entreprise.
- Audrey
Ça veut dire que c'est plutôt le concurrent qui prend le pas sur l'entreprise. Et du coup dans ce nouveau schéma, que devient ton poste ?
- Isabelle
Alors moi, du coup, je prends la responsabilité du planning regroupé, donc avec un peu plus d'ampleur, si je puis dire, plus de collaborateurs, puisque la fusion a fait qu'on s'est aussi réorganisé. Donc, en apparence, c'était une promotion. Dans les faits, ça a été un peu plus compliqué parce que, aussi, le contexte... C'est jamais évident de vivre une fusion. Il y a forcément eu aussi quelques postes qui n'ont pas été conservés. Donc voilà, ça s'est passé un peu dans la douleur puisque chacun voulait un peu tirer la couverture à soi, ce qui est assez habituel dans ce genre de contexte. Ensuite, je suis partie en congé maternité pour mon premier enfant. Et quand je suis revenue, il y avait beaucoup de mouvements à cette période-là, donc après la fusion. Quand je suis revenue, je n'ai pas retrouvé mon poste. Alors, je l'ai un peu mal vécu, mais après, j'ai aussi relativisé, parce que cette année-là, on était trois personnes, trois femmes à avoir eu un enfant qui n'ont pas retrouvé leur poste au retour, quand même.
- Laure
C'est énorme ! En plus, j'imagine... Enfin, on a pour image le monde du transport comme un milieu assez masculin ?
- Isabelle
Alors, le monde du transport de voyageurs est un monde assez masculin dans certaines catégories, notamment au niveau des conducteurs. En revanche, là, c'était quand même dans un contexte d'une entreprise de tourisme. Donc, c'était plutôt mixte.
- Laure
Donc, tu rentres, tu ne retrouves pas ton poste, tu n'es pas la seule en ce cas-là.
- Isabelle
Je ne l'ai pas hyper bien vécu, pour être honnête. Donc, j'ai été mise au placard, on va dire les choses telles qu'elles sont. Sur le moment, je me suis dit, bon, quelque part, ça m'arrange un peu parce que je viens d'avoir un enfant.
- Audrey
Oui, le temps de reprendre tes marques, de prendre un rythme, why not ?
- Isabelle
Je me suis dit, quelque part, c'est plus confortable parce qu'avant, on est dans le tourisme, je rappelle, avec une activité 365 jours.
- Laure
Oui, le dimanche les touristes sortent aussi.
- Isabelle
Et on avait des excursions qui partaient le matin très tôt, mais on avait aussi des excursions en soirée. Donc l'amplitude, c'était de 6h du matin à peu près, jusqu'à 2h du matin, puisqu'il y avait les soirées cabaret, visites nocturnes, etc.
- Audrey
Du coup, comment ça se passait ? Ça veut dire que toi, tu avais des astreintes ? Tu commençais parfois très tôt, tu finissais très tard, même les week-ends ?
- Isabelle
Voilà, on avait des horaires décalés. Après on tournait, on arrivait quand même à avoir régulièrement des week-ends. C'était pas non plus... Mais c'est vrai qu'en tant que jeune maman, c'est moins facile à organiser. Et des amplitudes d'horaire qui étaient quand même plus importantes. Et de l'astreinte le week-end. Quand on ne travaillait pas, on pouvait être régulièrement réveillé tôt le matin ou tard le soir. Donc, au début, je me dis quand même c'est bien, c'est confortable. Mais bon mon égo, il en avait pris un petit coup.
- Audrey
Oui et puis, ça va un temps, mais je pense qu'après, très vite, ça devient un peu frustrant.
- Isabelle
Oui, puis même le regard des autres aussi. Tu pars. Tu reviens, tu es au placard, tout le monde se pose des questions. C'est hyper inconfortable. Bon, finalement, j'enchaîne avec un deuxième enfant. Donc là, j'ai été arrêtée rapidement pour des raisons de santé. Même si tout s'est bien passé, j'ai été arrêtée hyper rapidement. J'ai mon fils. Je reprends quelques mois après. Et là, il y a eu un changement de direction entre temps, donc là je n'avais carrément plus de bureau ! Alors que ma date de retour, j'avais pris contact avec cette nouvelle directrice, et là j'ai carrément pas de bureau donc le message il est clair. Franchement je l'ai hyper mal, hyper mal vécu. Finalement, tant bien que mal, je refais mes preuves, je me remets... J'avoue qu'avec du recul et en en parlant, j'ai fait preuve de résilience. Donc finalement, je suis réintégrée à l'exploitation. Plusieurs années se passent et, au final, je réussis à récupérer un poste quand même assez intéressant. Le problème, c'est que je ne suis plus du tout en phase avec les valeurs. J'étais déjà plus en phase avec les valeurs de l'entreprise depuis un moment. Il y a eu de nombreuses directions qui se sont succédées. Il y a eu des rachats, des reventes. On était dans un contexte vraiment hyper difficile. Humainement, c'est quand même compliqué. C'était beaucoup de... Oui, c'était douloureux, en fait. Parce qu'il y a eu... Moi, je n'étais pas en phase avec les choix de l'entreprise. Et j'ai eu souvent cette sensation d'être envoyée un peu en ligne de front pour faire appliquer...
- Laure
Faire passer des messages, faire appliquer des choses.
- Isabelle
Avec un soutien qui n'était pas toujours là. Sauf que j'ai un peu perdu aussi confiance en moi. Toute cette période, j'ai été dans le brouillard quand même pendant plusieurs années, avec des enfants en bas âge.
- Audrey
T'étais un peu en pilote automatique entre ta vie pro, ta vie perso.
- Isabelle
C'est ça, il fallait... Dans ma vie perso, ça ne se passait pas hyper bien avec mon conjoint non plus à l'époque. Mes enfants étaient petits. La fatigue, les trajets, la distance... Donc j'étais un peu dans un contexte compliqué. Perte de confiance en moi aussi. Je n'avais pas envie de rester. Je cherchais, mais en même temps, je ne savais pas où j'allais, je ne savais pas ce que je voulais faire. Je me suis sentie perdue quand même pendant quelques temps. Mais il y avait quand même au fond de moi cette envie de créer quelque chose, de créer une entreprise. Mais je n'arrivais pas à trouver à avoir l'idée.
- Laure
Oui, et puis j'imagine que tu n'avais pas le temps aussi. Je veux dire, entre survivre au travail, deuxième journée qui attend, après, pour s'occuper des enfants. Être dans un environnement qui n'est pas serein. Pour se dégager, un, du temps, et puis, deux, de la sérénité pour penser à ce qu'on veut faire. Enfin, c'est compliqué.
- Isabelle
Oui, d'avoir la lucidité.
- Audrey
Ce n'est pas la priorité aussi, du coup, avec ta vie perso.
- Isabelle
Oui, voilà. En fait, ça s'était au fond de moi. Au fond de moi, mais ce n'était pas verbalisé. Par contre, il y avait aussi autre chose, c'est que l'école dans laquelle j'ai fait mes études, où j'ai passé mon bac +4, régulièrement me sollicitait pour être jury d'examen. Sauf que les examens, c'était souvent en juin, et nous on était dans une activité saisonnière donc, en gros, de avril à octobre. Donc j'avais beaucoup de mal à me dégager du temps, mais ça faisait partie des trucs que j'avais envie de faire. J'avais participé une fois ou deux, mais malheureusement pas autant que je l'aurais souhaité. Donc, il y avait ça aussi dans un coin de ma tête. Je me souviens avoir envoyé un mail à la directrice de l'époque, que je connaissais en lui disant « Si un jour, tu as besoin de quelqu'un pour intervenir ponctuellement, écoute, moi, ça m'intéresserait sur la partie tourisme. » J'avais déjà lancé quand même un peu... J'avais semé une graine, on va plutôt dire ça. Donc voilà, il y avait des choses comme ça qui se tramaient. Je regardais les offres d'emploi pour me rapprocher de chez moi, mais sans jamais vraiment de grande conviction. Et puis, est arrivé un énième directeur des opérations... Mais il était différent lui. Et en fait, il m'a redonné confiance en moi. Il a vu... Parce que pendant toute une période, il n'y avait pas eu de direction, et donc, j'avais quand même tenu la barque. J'ai eu cette reconnaissance que je n'avais finalement jamais eue. Et je me suis dit, ah non, mais finalement, je ne vaux pas rien. En tout cas, lui... D'ailleurs, je lui fais un petit coucou à Marc qui a été déterminant dans le après, en tout cas qui m'a redonné confiance. Et ensuite, je me suis dit, je peux faire autre chose. Et donc, j'ai profité d'un énième changement de direction, je ne vous les énumère même pas tous tellement il y en a eu, pour me dire, OK, je n'ai rien derrière, mais je vais demander une rupture conventionnelle parce que là, je sens que je suis au bord. Il ne faut pas grand-chose pour que je craque.
- Laure
OK, donc confiance reboostée grâce à Marc. Merci Marc et à tous les Marc du monde qui reboostent la confiance des gens. Rupture conventionnelle et tu n'as pas de projet derrière, mais tu sais que c'est le moment.
- Isabelle
C'est ça. Et là, pour la première fois de ma vie, j'ai écouté ce que je ressentais et mon instinct et je n'ai pas pris une décision rationnelle. Parce qu'en fait, jusqu'à maintenant, je prenais toujours des décisions rationnelles. J'ai été, d'une manière générale,une enfant sage, à faire des choix, la stabilité, etc. Et là, je me suis dit non, mais je sens qu'il faut que je le fasse. J'avais moins peur, j'avais plus peur. Et pour la première fois, je me suis écoutée et j'ai obtenu cette rupture conventionnelle. Donc finalement, on a négocié parce que c'était en avril que je l'avais demandé. Et puis, je voulais faire quand même les choses correctement. La saison démarrait, donc on a convenu ensemble que je reste jusqu'à fin juillet pour que la saison soit lancée. Et je voulais quand même aussi profiter de mon été, parce que je rappelle qu'on était dans le tourisme, et on ne prenait pas beaucoup de vacances.
- Laure
Les cordonniers les plus mal chaussés, vraiment.
- Isabelle
Donc, j'arrête fin juillet, je sens une libération. Le mois d'août, les vacances, on en a bien profité. La rentrée. Je fais la rentrée avec mes enfants, je prépare des gâteaux pour le goûter... Je me remets au sport. Donc là, j'ai retrouvé un élan. Et je me dis, bon, je me laisse jusqu'à la fin de l'année, et puis après, je repartirai sur autre chose. Mais je sentais que j'avais besoin de me recentrer. Et puis, en octobre-novembre, Marc m'appelle et me dit, "T'en es où ?". Parce que lui, je lui avais dit que j'avais envie de passer par l'entrepreneuriat, mais que je ne savais pas exactement.
- Audrey
Oui, c'est ça. Parce que là tu as cette petite graine de l'entrepreneuriat qui a germé, mais tu ne sais pas encore ce que tu vas faire. Tu pars sans projet, parce que c'est presque vital non de partir ? Même si Marc t'a redonné confiance.
- Isabelle
Oui, parce que lui aussi partait. Donc oui, il y avait cette petite graine. Donc il me dit, tu en es où dans tes projets ? Parce qu'en fait, lui c'est un manager de transition, donc là il était chez un promoteur immobilier. Et il me dit " Écoute, alors, ce n'est pas le job du siècle, mais peut-être ça peut t'aider à te lancer si c'est toujours ce que tu souhaites. On aurait besoin pour l'équipe, juste quelques heures par jour, de quelqu'un pour être l'assistante du président. Est-ce que ça t'intéresse ?" Je me suis dit, bah oui, go. Franchement, je vais découvrir un autre environnement. Il y avait plein de trucs à faire. En termes d'organisation, il y avait de la relation avec notaires, avocats, etc. Donc, allons-y. Donc, avec des horaires sur mesure, genre 10h-16h. Un truc parfait.
- Laure
Tu déposes tes enfants à l'école, tu vas les rechercher, impeccable.
- Isabelle
Exactement. Donc, on fait ça pendant plusieurs mois. Ce que j'ai oublié de vous dire, c'est que, quand j'ai quitté mes fonctions en juillet, rapidement, j'ai recontacté l'école en disant "À la rentrée, je suis disponible si vous avez besoin de jury." "Ah bah oui, on a plusieurs sessions en septembre-octobre". Donc, ça se passe hyper bien. J'adore. Ça se passe très bien aussi avec l'équipe pédagogique qui était en place, que je ne connaissais pas. Donc je leur dis à nouveau : "Si vous avez besoin d'intervenants, n'hésitez pas." Moi, ça m'intéresserait de le faire.
- Audrey
Juste question bête, les jurys, c'est quelque chose qui est rémunéré ou c'est purement bénévole ?
- Isabelle
C'était indemnisé. Oui, c'est indemnisé pour tes frais, en fait.
- Laure
Tu ne vis pas de ça, en fait.
- Audrey
Oui, mais c'est plus la carte de visite, là c'est un moyen aussi de réenclencher ton réseau.
- Isabelle
C'est exactement ça. Ça peut être aussi un moyen, quand t'es professionnel, de pouvoir trouver des pépites. Mais moi, c'était un moyen aussi de réactiver mon réseau et puis de faire un truc que j'avais vraiment envie de faire, tout simplement. Donc ça se passe très bien. La responsable, elle me propose quelques temps après, elle me dit "Si tu veux, on peut te proposer un contrat de salarié pour être formatrice". Sauf que là, je me dis non, je viens de quitter un emploi, ce n'est pas ce dont j'ai envie. Donc je décline parce que c'était forcément du lundi au vendredi, que ça ne me laissait pas le temps de faire autre chose, alors que moi j'avais envie d'explorer autre chose. Donc finalement, ça s'arrête là. Je poursuis chez le promoteur immobilier et, au printemps suivant, changement de direction de l'organisme de formation. Et elle me dit "Finalement on externalise les formations, est-ce que ça t'intéresserait de rentrer dans le processus de recrutement ?". Et là, je dis "Mais oui, carrément". Mais je venais aussi de m'engager, j'avais un contrat de service pour un an avec le promoteur immobilier. Donc je me dis, l'occasion, elle est trop belle. Donc j'allie les deux. J'avoue que j'ai passé une période hyper chargée parce que j'étais un peu sur tous les fronts. Mais je savais que c'était temporaire. Et donc je me lance dans le processus de recrutement. Et donc ça se fait. Et dès le mois de juin, j'ai commencé à intervenir.
- Laure
Ok, donc période hyper intense, t'allie le contrat de service dans cette boîte d'immobilier, tu rentres dans ce process de recrutement pour devenir donc formatrice...
- Isabelle
C'est ça.
- Laure
Donc tu te lances dans la formation.
- Isabelle
Exactement, donc avec toute la préparation que ça nécessite en amont. Donc là, c'était pour intervenir sur la formation d'Exploitant Régulateur en Transport Routier de Voyageurs.
- Laure
ERTRV.
- Isabelle
Exactement.
- Audrey
On voit que tu connais bien.
- Laure
J'ai appris, j'ai découvert tout un monde nouveau de graphiquage, d'habillage...
- Isabelle
Exactement. Et bien, figure-toi que c'est sur ces premières compétences que je suis intervenue, donc sur la conception d'offres de transport, qui était quand même mon cœur de métier. Donc, il a quand même fallu que je bosse un petit peu pour me préparer. Mais je me suis lancée et très rapidement, j'ai adoré.
- Laure
Alors, je reviens juste un petit peu en arrière. Quand tu es en contrat de service, c'est quoi ? C'est un CDD, un CDI ? Comment ça se passe ? Tu as créé une entreprise ?
- Isabelle
Oui, en fait, j'ai créé une micro-entreprise. C'était le format, le statut le plus rapide et le plus simple. Et là, c'est un contrat de prestataire de service, finalement, qu'on a modifié pour un volume horaire annuel, ce qui me permettait cette flexibilité. et d'intervenir plusieurs jours par mois dans le centre de formation, tout en pouvant maintenir l'activité. Ils étaient hyper... c'était une petite structure, donc très arrangeante. Ça s'est très bien passé.
- Audrey
Donc tu fais de la formation. Tu reviens finalement un peu à ton cœur de métier, au travers de ce poste de formateur ?
- Isabelle
C'est ça. Donc dans le secteur que j'apprécie... Que j'ai toujours apprécié. Ça, ça n'a jamais changé. Et puis, un peu à mes premiers amours, finalement, puisque moi, j'ai toujours adoré expliquer. D'ailleurs, pour la petite anecdote, quand j'étais au lycée, je vous le disais tout à l'heure, j'étais dans une classe européenne. J'avais été hyper flattée parce qu'il y avait le directeur qui, à un moment donné, m'avait demandé si je pouvais donner des cours particuliers à un élève. C'est un peu comique parce que c'était un élève qui était tchadien, donc il parlait anglais. Et je lui donnais des cours en italien. Tout va bien.
- Laure
Ok.
- Isabelle
Et j'avais adoré cette... Déjà, qu'on me fasse confiance, on ne va pas se mentir. Et j'avais adoré préparer les cours, faire les cours, etc. Donc, il y avait quand même ce truc que j'avais...
- Audrey
Ouais, de transmission. Après, ça rejoint ce que tu disais quand tu étais petite et que t'aimais faire la classe à tes nounours. Voilà, on est effectivement dans la transmission.
- Isabelle
Mais encore aujourd'hui, j'adore expliquer les devoirs à mes enfants. J'aime toujours faire ça.
- Audrey
Et donc, ce contrat-là avec l'école, tu as commencé en quelle année ?
- Isabelle
Donc ça, c'était en juin 2019.
- Audrey
OK. Et après, comment tu chemines ?
- Isabelle
Et donc, je chemine, je continue avec eux. Finalement, il y a le Covid qui passe par là.
- Laure
Exact, oui.
- Audrey
Et comment ça se passe quand on est auto-entrepreneur ?
- Isabelle
Alors, comment ça se passe ? En ce qui concerne le promoteur immobilier, il n'a pas survécu à cette période. Donc finalement, ça s'est arrêté comme ça. En revanche, l'organisme de formation a été très réactif et a tout de suite mis en place des cours à distance parce qu'il n'était pas question d'interrompre les formations. Donc, quasiment du jour au lendemain, vraiment, on a basculé en distanciel. Et puis, à l'époque, on testait Zoom. On n'avait pas du tout....
- Audrey
Oui et puis ça change un peu ton métier. Tu n'étais pas habituée à former à distance des personnes que tu ne voyais pas.
- Isabelle
Complètement. Et puis, sur des compétences techniques. Ppar exemple, le graphiquage c'est la création d'une offre de transport avec des horaires, etc. C'était un peu compliqué de le faire à distance... Mais, honnêtement, je remercie aussi les apprenants de cette époque qui ont vraiment joué le jeu. Parce que c'était compliqué pour tout le monde : c'était compliqué pour les formateurs, mais c'était compliqué aussi pour eux et du jour au lendemain. À l'époque, on faisait déjà un peu de télétravail, mais pas dans la formation. Les formations en distanciel, il n'y en avait pas tant que ça. Donc, on a fait. Puis, il y avait les enfants aussi. Il ne faut pas oublier, les uns et les autres.
- Audrey
Oui, en parallèle, ça veut dire que tu formais, mais qu'effectivement, tu avais tes enfants à la maison.
- Isabelle
Oui, donc on voyait des têtes qui passaient, de part et d'autre. Il y avait... Oui, oui, oui. Donc, mes enfants sont incollables sur le graphiquage, par exemple.
- Laure
Voilà. Tu leur donnes un critérium, du papier millimétré.
- Isabelle
Et ils te font une offre de transport aux petits oignons. Non, non, mais c'était... Voilà, on s'est tous adaptés, mais ce n'était pas facile. Mais je pense qu'on garde tous des bons souvenirs. Après, ils ont passé leur examen. Ça a été difficile pour certains. Puis ce n'était pas un choix. Quand tu choisis de faire une formation en distanciel, c'est OK.
- Audrey
Oui, là ça a été imposé du jour au lendemain. Tu subis. Après, je pense que les outils ont évolué aussi depuis. On avait parlé un peu avec Luc dans l'épisode 5. Mais c'est vrai, on disait, c'est vrai à cette époque-là, ce n'était pas très interactif.
- Isabelle
Et puis, on n'avait pas de support de cours prêts. C'était des supports de cours qu'on aurait projetés en cours. On a appris à écrire sur le tableau blanc de Zoom. Et non, ça s'est au final bien passé. Donc ensuite, progressivement, on a repris en présentiel. Donc, j'ai toujours continué à avoir cette activité. Mais sauf qu'il fallait aussi que je me réinvente un peu, parce que j'avais plus mon contrat avec le promoteur immobilier. Et puis, la formation, c'était 10-12 jours par mois, c'était pas suffisant. Donc là, je me suis dit "Il faut que je fasse quand même quelque chose dans ce domaine". Là, je sentais que pour la première fois... Peut-être pas la première fois, mais je sentais que j'étais à ma place et que je faisais quelque chose qui me nourrissait. Et j'aimais aussi beaucoup toute cette préparation aux examens, permettre aussi aux apprenants de gérer un peu leur stress, comment les aider aussi à évoluer... Et j'aimais beaucoup cette partie-là. Donc, j'ai commencé à regarder, à chercher. J'ai fait tout ce cheminement un peu toute seule. J'ai eu la chance aussi, parce qu'à l'époque, j'étais encore inscrite à France Travail. Et j'ai eu la chance d'échanger avec une personne qui m'a orientée vers une autre personne qui était conseillère en évolution professionnelle et qui a eu pris le temps de m'expliquer tout ce qu'elle faisait. Et je me suis dit, mais en fait, c'est ça, je veux me sentir utile, je veux me rendre utile et j'ai envie aussi d'aider des gens qui ne sont pas bien dans leur poste, etc. Et donc, j'ai cherché et c'est comme ça que j'ai pensé au bilan de compétences. Pour moi au début. Et après, je me suis dit, mais en fait, c'est ça que je veux faire. J'ai eu comme une espèce de révélation. Quand j'ai découvert le métier de consultante...
- Audrey
Parce que toi, par contre, tu n'avais jamais fait de bilan de compétence.
- Isabelle
J'en avais fait un, il y avait quand même quelques années. J'en avais fait un qui, bon, qui n'avait pas été très concluant pour être honnête.
- Audrey
Mais tu connaissais quand même un peu côté "utilisateur".
- Isabelle
Oui, c'est ça. Mais c'était vraiment très "que compétences". En tout cas, quand je l'avais fait. Et on ne prenait pas en compte l'environnement, le souhait.
- Audrey
Oui, ce n'était pas très poussé.
- Isabelle
Non, ce n'était pas très poussé.
- Laure
Les méthodes ont énormément évolué. Parce que les gens aussi ont besoin d'autre chose, d'explorer autre chose.
- Isabelle
Et donc là, je me rappelle, c'était un soir et tout, et je me suis dit : "Non mais en fait, c'est ça que je veux faire. J'en suis sûre. J'en suis sûre." Donc j'ai contacté Orientaction, l'organisme pour lequel je travaille toujours parce que j'ai...
- Audrey
Que tu as trouvé comment du coup ?
- Isabelle
En cherchant, j'ai regardé un peu les méthodes. J'ai passé un petit peu de temps à regarder, à comparer, etc. Donc je les ai contactés. Ils m'ont expliqué comment ça fonctionnait. J'ai dû participer, il me semble, à une réunion d'information, etc. Et je me suis dit, j'y vais. Donc, voilà. Donc, j'ai fait la formation. Première formation pour accompagner un bénéficiaire au bilan de compétences.
- Audrey
Ça, ça prend combien de temps, du coup ?
- Isabelle
Ça, c'était un peu plus d'une semaine de formation, donc en présentiel. Ensuite, il fallait trouver des locaux pour accueillir les bénéficiaires. Donc j'ai choisi d'exercer à Créteil, là où j'habite actuellement, et grâce à une amie. C'est elle qui m'a mis sur le bon plan de la possibilité de louer des bureaux dans les locaux de la CCI du Val-de-Marne. J'ai rapidement trouvé mon bureau et puis le processus a été enclenché. Et puis un petit peu plus tard, j'ai passé la certification parce qu'en fait, le métier de consultant en évolution professionnelle se professionnalise aussi. Et donc, j'ai passé la certification un an ou deux après avoir démarré.
- Audrey
Et là, c'était combien de temps de formation ?
- Isabelle
Alors là, en fait, ce n'était pas vraiment une formation. Il y a eu un accompagnement, mais il fallait faire un mémoire. Il fallait résoudre un cas pratique. Donc, c'était sur notre pratique, en fait, avec une grille de notation et d'évaluation.
- Audrey
Et c'est vrai qu'on ne t'a pas posé la question avant, mais pour être formatrice professionnelle, tu avais passé aussi... Tu avais repris des études, tu avais passé quelque chose ?
- Isabelle
Non, dans le processus de recrutement, à l'époque, quand je suis arrivée, ce n'était pas exigé. En fait, on m'a demandé de préparer un cours théorique, de faire une présentation devant un jury. Et après, j'ai été validée.
- Laure
Tous les formateurs ne sont pas certifiés formateurs professionnels d'adultes. En fait, on regarde surtout la pratique professionnelle et puis après, la capacité à animer des séquences, des formations.
- Isabelle
Oui, c'est ça. J'ai eu un thème imposé, un temps imposé, etc.
- Laure
Oui, tu as été évaluée. C'est un recrutement précis sur tes pratiques. Donc formatrice. Là, t'ajoutes encore une corde à ton arc où tu deviens consultante en bilan de compétences. Donc t'as ces deux pans d'activité et là comment tu te sens à ce moment-là ?
- Isabelle
Là je commence à me sentir bien.
- Laure
À ta place ?
- Isabelle
Oui, je me sens à ma place de plus en plus parce qu'après aussi, on ne va pas se mentir, au début il y a des petits moments de solitude que ce soit en formation... Au début, le stress de se dire : si je ne sais pas répondre à une question ? En tout cas, chez moi, ça a généré pas mal de stress parce que j'avais peur de ne pas être à la hauteur. Finalement ça se passe bien, donc je prends mes marques. Les premiers bilans de compétences, c'est pas évident non plus, mais rapidement ça se passe bien. J'ai beaucoup de reconnaissance aussi, ça me nourrit beaucoup. Je vois que ça permet à de nombreuses personnes d'évoluer, de faire leur chemin, donc moi ça me nourrit beaucoup et je suis satisfaite de ça. Donc après j'élargis un petit peu, je vois aussi pour la VAE dans la même... Un peu dans la continuité...
- Laure
Tu peux juste nous rappeler ce que c'est la VAE ?
- Isabelle
Oui, bien sûr, c'est la Validation des Acquis d'Expérience. Donc c'est un dispositif qui permet à des personnes qui n'ont pas forcément eu l'opportunité de faire des études en lien avec le poste qu'ils occupent, mais sous réserve d'avoir une expérience professionnelle suffisante, on peut prétendre à passer le diplôme qui correspond. Alors il y a plusieurs éléments, il faut couvrir quand même au moins 80 % du référentiel. Et il y a la possibilité de se faire accompagner pour rédiger, notamment, le mémoire ou le livret et aussi se préparer à passer devant le jury. Ce qui fait que la personne qui se présente peut obtenir le diplôme, et le diplôme a exactement la même valeur que si cette personne avait suivi la formation initiale. Donc voilà, je fais aussi de l'accompagnement VAE. C'est des choses que je continue encore aujourd'hui.
- Audrey
Et ça, c'est rattaché à un organisme ? C'est toi qui le fais toute seule ?
- Isabelle
Non, je passe toujours par des organismes de formation. Donc, pour les bilans de compétences avec Orientaction, et pour la VAE j'ai travaillé à un moment donné avec un autre organisme. Et maintenant, je me suis recentrée pour faire passer, enfin pour accompagner exclusivement des personnes qui sont en transport routier de voyageurs. Parce que j'estime que c'est ce que je maîtrise le mieux. Donc, je passe par l'organisme l'ISTELI, avec lequel je travaille depuis plusieurs années.
- Laure
Donc tu deviens formatrice d'un côté, consultante en bilan de compétences, t'accompagnes à la VAE. La formation, c'est toujours quelque chose qui t'a parlé ? T'as eu toi l'occasion d'en faire un peu pendant ton parcours professionnel ou t'as appris vraiment sur le tas ?
- Isabelle
Alors complètement, parce que je ne me rendais pas forcément compte, mais quand j'étais en poste, donc chez l'excursionniste, on était donc sur un métier saisonnier, ce qui fait qu'on recrutait aussi chaque année des nouveaux collaborateurs. Et c'était toujours moi qui les formais. À l'époque, je ne me rendais pas vraiment compte, mais c'est après que je me suis dit, ouais, mais j'aimais bien aussi. Donc, j'ai toujours aimé en réalité. Et finalement, tout au long de mon parcours professionnel, il y a quand même toujours eu cette transmission de connaissances ou de savoirs.
- Laure
Donc finalement, tu as toujours exercé des métiers que tu aimais, c'était juste l'environnement parfois qui ne collait pas ?
- Isabelle
Oui, vraiment, sur mon poste, quand j'étais après responsable d'exploitation, c'est vraiment l'environnement qui causait problème, oui, complètement.
- Laure
Et cette reconversion... T'as trouvé ça difficile comme processus ? T'as été soutenue dans ton entourage ? Comment tu l'as vécu ?
- Isabelle
Alors, il y a toujours plusieurs phases, plusieurs stades. Il y a le début un peu euphorique de se dire, voilà, je vais aller dans cette direction. Et puis, il y a des doutes. Il y a énormément de doutes. Après, le soutien, honnêtement, globalement, je l'ai toujours eu. Il y avait aussi cette pression. Parce qu'à l'époque, j'étais avec le père de mes enfants, qui ne s'est jamais opposé à ça, mais je me souviens de cette petite pression que j'avais. Il ne fallait pas que je mette en péril ma famille. On avait des crédits, comme tout le monde, donc, je ne pouvais pas me permettre... Donc ça, je me rappelle que ça m'a mis une petite pression. Je me suis toujours dit : "Je me lance. Si ça ne fonctionne pas, ce n'est pas grave". Je m'étais donné deux ans, en fait, pour augmenter mon chiffre d'affaires. Et je me suis dit, si ça ne fonctionne pas, dans ce cas, je redeviendrai salariée. Et à cette époque, j'avais quand même gagné en confiance en moi et je me suis dit, je suis capable d'y arriver. Après, pour les autres, mes parents, avec toute la bienveillance qu'ils ont, ils veulent le meilleur pour leur enfant.
- Laure
Donc un CDI.
- Isabelle
Exactement.
- Laure
Pour la petite histoire, mon père m'avait dit : "Regarde, à la Banque de France, ils recrutent, c'est bien, ce sont des métiers stables". Je l'avais remercié parce que j'ai trouvé que c'était gentil.
- Isabelle
Bon ben voilà, on va dire toute la bienveillance que nos parents peuvent avoir pour nous, ce n'est pas forcément les meilleurs choix. Néanmoins, ils m'ont quand même encouragée et soutenue. Je ne me suis jamais battue auprès de mon entourage. Ça, c'était aussi important dans le processus. Ça compte aussi.
- Laure
On le dit, c'est important de s'entourer vraiment de sponsors ou en tout cas de personnes qui accompagnent de façon bienveillante et positive.
- Isabelle
Mais ce qui est important, c'est aussi de communiquer avec ses proches sur ses intentions et ce qu'on veut faire. Parce que ce qui peut être parfois mal vécu par les proches, c'est quand on fait ça dans notre coin et que du jour au lendemain, on dit « Ah ben maintenant, je vais faire ça. » Et ils n'ont pas le temps de se préparer au changement. Donc c'est important aussi de communiquer, et puis de ne pas se laisser déstabiliser et de se faire confiance et d'oser s'imposer aussi. Ça fait partie de la réussite.
- Audrey
Finalement, qu'est-ce qu'a été pour toi le déclic pour te dire j'y vais maintenant ? C'est le fait de finalement avoir repris confiance en toi après des périodes difficiles où tu t'es dit, là ça y est, j'ai repris du poil de la bête, je peux y aller et je sais que vraiment, je suis arrivée au bout de ce que je pouvais faire dans cette entreprise. Qu'est-ce qui a fait que tu as sauté le pas ?
- Isabelle
Non, c'est que j'ai senti en moi que c'était devenu, c'était physique. En fait, je savais que si je continuais... Ça allait mal se terminer pour moi. Là, j'avais conscience que j'avais atteint mes limites. Et je me suis même dit, je prends ce temps, c'était nécessaire. Et je me suis dit, au pire, je prendrai un poste, même si je gagne moins bien ma vie, je prendrai un poste qui m'apportera d'autres avantages, qui sera prêt de chez moi. Je m'étais dit ça, en fait. J'étais prête à renoncer. à un certain niveau de vie pour retrouver l'équilibre. Et mes enfants, je ne les voyais pas suffisamment, c'était hyper frustrant. Il y avait cet aspect-là aussi. Dans des métiers comme ça, on est quand même beaucoup sollicités.
- Laure
Et aujourd'hui, j'allais dire ton job, mais non, tes jobs, tes différentes casquettes, qu'est-ce qu'elles t'apportent de plus ? Qu'est-ce qu'elles t'apportent de plus que les précédentes ?
- Isabelle
Alors, en fait, finalement, au fil du temps, ça s'affine et je ne fais plus que ce que j'aime. C'est ça aussi. C'est de choisir, et ça c'est un vrai luxe j'ai envie de dire, à la fois de choisir et de ne faire que ce que j'aime, d'avoir aussi une forme de liberté dans la manière d'exercer. Alors oui et non, parce qu'on a forcément des contraintes en fonction des besoins de nos clients. Néanmoins, si on a besoin, ce que j'apprécie en fait dans ce métier, c'est si j'ai besoin d'avoir quelques heures dans la journée pour faire quelque chose de perso, je n'ai pas à me justifier, je peux le faire. Et si ça m'arrange de travailler samedi ou dimanche parce que mon emploi du temps me le permet, je peux le faire aussi. Et moi, c'est cette flexibilité aussi que j'apprécie. Et puis, je sens aussi que je grandis, que j'évolue. J'ai refait des formations, des modules de formation l'année dernière sur la PNL, sur la process communication. Voilà, j'essaie de toujours développer mes compétences. et ce qui d'ailleurs aussi m'a permis de me dire que... J'essaie de prendre du recul aussi et, grâce aux personnes que j'accompagne, notamment en bilan de compétences j'ai pu constater qu'il y avait une forme de récurrence et un besoin que j'ai identifié. Parfois, il y a des gens qui me disent « Mais j'aimerais continuer cet accompagnement. » Mais bon, le bilan de compétences, il a un début, il a une fin. Et je suis arrivée à cheminer et à moi-même proposer ma propre méthode d'accompagnement, qui est complémentaire à tout ce qui existe déjà, qui s'appelle « CLAR IMPACT. CLAR IMPACT, c'est pour clarifier, le C, c'est clarifier l'objectif. Le L pour lever les freins. Le A pour le passage à l'action. Et le R pour la réussite. Donc c'est un accompagnement assez court, en cinq séances assez rapprochées. En fait, comme je disais, pour aider ceux qui auraient besoin de passer à l'action, d'identifier déjà un objectif précis et de mettre en œuvre tout ce qu'il faut pour conduire à la réussite. Parfois, on a juste besoin d'un petit coup de pouce pour avancer.
- Laure
Et ça, cette méthode-là, tu la proposes seulement si on t'a vu en bilan de compétences. On peut venir te voir aussi en disant « Moi, j'ai un projet, il me manque justement un petit coup de pouce. Est-ce que vous pouvez m'accompagner ? »
- Isabelle
Oui, c'est ça, en fait. C'est de le proposer à tout le monde, y compris aux entreprises. Là, j'ai pour projet, en début 2026, d'obtenir la certification Qualiopi. Comme ça, ça pourra aussi permettre à ceux qui souhaitent, soit utiliser leur CPF, ou même les entreprises qui veulent un accompagnement un peu flash pour une problématique, un objectif en particulier. C'est ça. Donc,
- Laure
Ça veut dire que tu seras organisme de formation, c'est ça ?
Isabelle : Oui, c'est ça, exactement.
Laure : Ok. Donc, est-ce que tu as d'autres projets par ailleurs ?
- Isabelle
Oui. Oui, oui, oui, d'autres projets c'est que j'ai récemment été sollicitée par une entreprise pour l'accompagner sur de la mise en conformité au sein de son organisation. Et je me suis dit, c'est vrai que ça aussi, je pourrais le faire. Et j'ai trouvé ça hyper intéressant par rapport aux problématiques que peuvent rencontrer les transporteurs de voyageurs. C'est dans ce cœur de métier, puisque c'est quelque chose que je connais bien maintenant. Et parfois, dans les petites structures, on n'a pas les outils, pas le temps aussi, parce que c'est souvent ça, et de pouvoir se mettre en conformité avec l'évolution de la réglementation, où il y a des choses qui n'ont pas été mises en place dès le début, on peut avoir des contrôles de la DREAL qui nous conduisent à nous mettre en faute alors que ce n'était pas intentionnel. Donc voilà, l'idée, c'est de pouvoir aussi les aider à se structurer.
- Audrey
Qu'est-ce que ça t'a appris sur toi, tout ce parcours de reconversion ?
- Isabelle
Que finalement, on a beaucoup de ressources en soi qu'on ne soupçonne pas. Et ça, c'est valable pour tout le monde. Moi, j'ai trouvé que je ne pensais vraiment pas que j'étais capable de faire autant de choses par moi-même. Et il y a énormément de gens que j'accompagne qui ont ces ressources, mais qui n'en sont pas conscients. Et ça, ça me révolte un peu de me dire que c'est tellement dommage de passer à côté.
- Laure
Comme quoi ça vaut le coup de se faire accompagner dans certains moments.
- Audrey
Oui, et puis c'est quelque chose qu'on entend et qu'on voit. Alors moi, je pense plus à des gens qui ont fait des bilans de compétences, mais ça arrive souvent que les gens sortent du bilan et puis finalement, il leur faut quand même vachement de temps pour passer à l'action. Et peut-être qu'effectivement, il y a un petit trou dans la raquette à ce moment-là.
- Isabelle
C'est exactement ce pourquoi j'ai créé CLAR IMPACT, parce que je l'ai constaté, il y a plusieurs personnes qui m'ont dit ça. Et au début, je ne me sentais pas légitime quand on me dit « Je voudrais continuer avec vous. » Je me dis : ah bon, on a fait le bilan de compétences/ Et puis, je me suis dit, je ne suis pas coach. Et finalement, quand il y a une récurrence, je me dis, là, il y a un vrai besoin. Et rapidement, j'ai vu ce dont les gens avaient besoin. J'ai déjà commencé à accompagner et les résultats sont rapides.
- Laure
C'est vraiment deux sujets complémentaires. Parce que bilan de compétences, tu construis ton plan d'action. Mais là, ce que tu proposes, c'est vraiment... On est vraiment dans l'action.
- Isabelle
C'est ça, exactement.
- Audrey
Même Nathan, dans l'épisode 9, nous l'avait dit. En fait, il a fini son bilan, il avait bien identifié ses moteurs, ses valeurs, etc., mais après, il a eu encore un petit temps pour passer à l'action.
- Isabelle
C'est ça. Ben c'est exactement ça l'objectif de CLAR IMPACT.
- Laure
Et là, aujourd'hui, tu te vois finir ton parcours pro dans tous ces domaines, dans ces nouveaux jobs ?
- Isabelle
Ils sont complémentaires.
- Laure
Ah mais complètement. C'est vrai qu'il y a toujours ton goût pour le transport, le monde du tourisme, le transport qui est là. Tu as encore envie de développer d'autres choses ?
- Isabelle
Là, j'en suis là pour l'instant. J'aimerais que ça continue, mais en même temps, je reste ouverte.
- Audrey
Il y a peut-être effectivement d'autres choses qui vont émerger.
- Isabelle
Exactement, au fil du temps. C'est ce que je me dis. Ce que j'espère, c'est de pouvoir continuer à évoluer comme ça, et puis en fonction des opportunités aussi.
- Laure
Et continuer à faire ce que tu aimes.
- Isabelle
Exactement.
- Laure
Parce que ça, c'est ce que tu as choisi.
- Isabelle
Exactement.
- Audrey
Si c'était à refaire ?
- Isabelle
Je pense que je ferais la même chose, honnêtement. Il n'y a pas grand-chose... Parce que toute cette première partie de carrière, j'avais besoin de la vivre. Donc, il y a énormément de choses positives que j'ai apprises. J'ai rencontré des gens exceptionnels, formidables, donc, je n'ai pas de regrets. Peut-être que j'aurais pu avoir ce réveil un peu plus tôt. Mais je pense que ça faisait partie de mon processus, du cheminement... Et globalement, si c'était à refaire, je pense que je ferais à peu près les mêmes choix.
- Laure
Et si tu avais un conseil à donner, une ressource à partager ?
- Isabelle
Je pense que vous l'aurez compris, c'est d'oser. C'est oser rêver, déjà. De voir les choses en grand. De s'autoriser à avoir des rêves. Oser faire un premier pas. Je crois beaucoup à la théorie des petits pas, avancer à son rythme, se fixer des objectifs atteignables. Sinon, je pense qu'on ne se lance jamais. Si ça paraît inatteignable, on ne se lance pas. Je crois beaucoup à l'idée de se fixer aussi des petits caps, des repères, des étapes, et de régulièrement faire le point sur le chemin parcouru, les actions qu'on a menées. C'est intéressant de regarder aussi dans le rétro et de se dire, finalement, j'ai quand même fait tout ça. Parce que c'est nécessaire pour voir le chemin parcouru et puis aussi pour rebooster la confiance en soi. Si on ne fait pas régulièrement le point, on ne voit pas ce qu'on a fait. Et on a tendance un peu à minimiser. Puis j'ajouterais aussi qu'il faut oser se faire accompagner. Quand on ne sait plus trop, qu'on ne sait pas trop dans quelle direction aller. J'ai envie de dire qu'on a pas besoin de porter tout seul son changement et qu'il faut pas s'interdire de se faire de se faire accompagner. Puis peut-être de se lancer aussi sans pression, oser sans pression. À chaque fois, je dis oser, mais parce que c'est souvent ce que je constate en fait, que l'on s'interdit des choses alors qu'on peut aussi oser se lancer sans pression. De se dire : je tente. Si ça marche tant mieux et si ça marche pas du premier coup, bah c'est pas grave. On a le droit de recommencer, d'ajuster, de changer de voie. Ce qui compte, c'est de continuer à avancer.
- Laure
Merci beaucoup. J'aime beaucoup ce que tu dis sur le regarder dans le rétro et puis de célébrer les petits succès. Parce que c'est vrai, en plus, quand on est la tête dans le guidon et que ça ne va pas forcément bien, on oublie justement qu'il y a des choses qu'on a apprises aussi tout au long du chemin. Comment naviguer dans un environnement toxique ? Comment essayer de tenir la barque même quand ça ne va pas ? Comment se sortir de cette situation-là, justement, et s'autoriser, ce que tu dis, à rêver. J'aime beaucoup ce conseil.
- Audrey
C'est aussi un conseil qu'on donne aux personnes qui ont le syndrome de l'imposteur, de se dire, célébrez vos petites victoires, célébrez vos succès, effectivement. Ça aide à booster la confiance. Et oui, on a le droit à l'erreur, ce n'est pas grave.
- Laure
Ce ne sont même pas des erreurs, c'est juste de l'apprentissage. C'est des tests, des essais.
- Audrey
Oui, c'est ça, parce que finalement, je pense que tous les parcours qu'on a pu avoir avant, c'est aussi eux qui nous amènent là où on est aujourd'hui. Il n'y a rien à regretter.
- Isabelle
Exactement. Complètement.
- Laure
Oui et puis, tu testes, tu regardes. Après, je trouve que l'intérêt aussi de l'accompagnement, c'est que tu dis justement, ça permet justement, je pense, d'oser sans pression. C'est-à-dire que tu vas clarifier aussi tes risques, te dire si je tente ça, c'est quoi ? Qu'est-ce que je peux perdre ? Est-ce que j'accepte de perdre ça ?
- Isabelle
C'est ça. Factuellement.
- Laure
Oui, de façon factuelle. Et donc, tu t'autorises davantage peut-être à tester, à te dire si ça ne marche pas, je ferai autre chose.
- Isabelle
Et à faire des choix. Parce qu'aussi, il y a trop de personnes qui naviguent un peu en fonction ou c'est parfois d'autres personnes qui font des choix à leur place. Et je trouve qu'il n'y a rien de pire que ça. Un bon choix assumé.
- Laure
La pression familiale, sociale, la pression qu'on se met soi-même aussi, de choisir certains parcours, certains métiers. De choisir là où on a envie d'être quoi.
- Isabelle
S'affranchir aussi de cette réussite sociale qu'on nous inculque aussi, qui commence, je pense... Qui tend probablement un peu à disparaître puisqu'on est quand même un peu plus aujourd'hui tournés sur l'alignement, le bien-être, l'épanouissement. Et la vie, c'est ça, en fait. Ça ne veut pas dire que c'est toujours facile. Et aussi, je trouve qu'on arrive beaucoup mieux à surmonter les difficultés quand on est motivé par le choix qu'on a fait. Je pense que c'est ça aussi qui joue sur la détermination et le fait de surmonter les difficultés.
- Laure
Isabelle, un grand merci. Je suis tellement contente d'avoir entendu ton histoire. Je suis ravie. C'était plein de bon sens, plein d'enseignements.
- Audrey
On mettra tes coordonnées. Si quelqu'un veut te contacter, soit pour un bilan de compétences, soit quelqu'un qui a déjà un projet bien établi, mais à qui manque le petit coup de boost, pour qu'il puisse te contacter.
- Laure
On te souhaite encore d'être dans des endroits où tu es bien, où tu es heureuse.
- Isabelle
Merci beaucoup à vous, ça a été un vrai plaisir partagé. Merci de m'avoir reçu.
- Laure
Avec plaisir Isabelle, merci.
Nous espérons que vous avez apprécié ce moment autant que nous.
- Audrey
Si vous avez aimé l'épisode, abonnez-vous. Et n'hésitez pas à laisser une note positive et un commentaire sur votre plateforme d'écoute préférée.
- Laure
Et parlez-en autour de vous.
- Audrey
Et si vous souhaitez partager votre histoire de reconversion,
- Laure
Écrivez-nous. Merci pour votre écoute et à très bientôt pour un nouvel épisode.