- Audrey
Bonjour, moi c'est Audrey.
- Laure
Bonjour, moi c'est Laure.
- Audrey
Combien de fois avez-vous pensé « j'en ai marre de mon job » ?
- Laure
Combien de fois l'avez-vous dit ?
- Audrey
Nous, on l'a entendu plein de fois.
- Laure
Ce qu'on vous propose, c'est d'écouter ces personnes qui ont franchi le cap, celles et ceux qui ont entamé une reconversion professionnelle.
- Audrey
Pourquoi ? Comment ? Combien ? C'est ce qu'on a voulu savoir.
- Laure
Ici, vous entendrez des histoires de reconversion.
- Audrey
Bonne écoute !
- Gwenaëlle
Bonjour, je m'appelle Gwenaëlle et à 39 ans, j'en ai eu marre et j'ai décidé de changer l'orientation professionnelle. Avant, j'étais chef de projet en communication et aujourd'hui, je suis hypnothérapeute et trainer en domicile de neurofeedback dynamique.
- Laure
Bonjour Gwenaëlle !
- Gwenaëlle
Bonjour Audrey, bonjour Laure.
- Laure
Bienvenue sur notre podcast "J'en ai marre ! Histoires de reconversion". Gwenaëlle, on est très heureuse de t'accueillir ici.
- Gwenaëlle
Je vous remercie de m'accueillir aussi pour partager mon expérience.
- Laure
Exactement, et justement partager ton expérience et... Ta reconversion professionnelle. Alors nous, on se connaît un petit peu, Gwenaëlle, puisqu'on a travaillé ensemble. On a eu la chance de travailler ensemble. En tout cas, moi, j'ai eu la chance de travailler avec toi.
- Gwenaëlle
Merci. Moi aussi plaisir partagé.
- Laure
Et aujourd'hui, tu as pris une autre direction. Mais, avant de parler justement de ton métier aujourd'hui, est-ce qu'on peut remonter un petit peu dans le temps et que tu nous racontes un peu l'école, comment ça s'est passé, comment tu as grandi. Voilà, un petit peu, si on remonte dans le temps, est-ce qu'il y a un métier que tu rêvais de faire quand tu étais petite ?
- Gwenaëlle
Alors, quand j'étais petite, presque comme tous les enfants, j'ai voulu être vétérinaire. Et puis, en fait, ça m'est vite passé parce qu'à l'adolescence, j'ai pris une toute autre voie. J'ai voulu intégrer un lycée militaire. Pourquoi ? Peut-être pour suivre les pas de mon père qui était militaire, puis a été gardien de la paix.
- Laure
D'accord.
- Gwenaëlle
Et qui est parti quand j'avais 8 ans. Et donc, j'avais peut-être envie de suivre ses traces. J'ai passé le concours, mais là, catastrophe, je me suis rétamée.
- Laure
Ah bon ?
- Gwenaëlle
Parce que, bah ouais, quand je suis arrivée dans la salle d'examen, une pression d'enfer, des militaires aux quatre coins de la salle. Toute seule à une place. Enfin voilà, j'ai paniqué. Je me suis retrouvée à l'infirmerie avec une crise d'angoisse.
- Laure
Ah oui ? T'avais quel âge là ?
- Gwenaëlle
J'avais 15 ans, c'était en troisième.
- Laure
D'accord.
- Gwenaëlle
Et donc, j'avais pas encore passé le brevet. Donc, c'était mon premier examen. Et j'ai flippé. Voilà. Et, ça m'est resté pas longtemps. Ca a été dur. Passer un examen pour moi, c'était compliqué.
- Laure
D'accord, tu avais toujours cette image en tête de... de panique ?
- Gwenaëlle
De panique, totale. Donc voilà, j'ai raté mon examen. Et puis ensuite, j'ai poursuivi mes études sans vraiment savoir trop quoi faire. J'ai suivi des études de lettres. J'ai eu mon bac et à l'issue du bac, qu'est-ce que je voulais faire ? Suivre des études de psychologie. Malheureusement, à l'époque, on m'en a dissuadée. On m'a dit que c'était des études... C'était les gens qui ne savaient pas ce qu'ils voulaient faire, c'était une voie qui était bouchée.
- Laure
Oui, il n'y avait pas de débouché, c'est ce qu'on répétait souvent.
- Gwenaëlle
Y avait pas de débouché. Donc on m'a dit "non, fait autre chose". Mais moi, ce qui m'intéressait, c'était les gens, être avec les gens, discuter et tout ça. Et puis je me suis dit, bon, je ne sais pas, dans mon lycée, il y avait un BTS communication, donc j'ai emprunté cette voie-là.
- Laure
Un peu par hasard ?
- Gwenaëlle
Un peu par hasard. En ne sachant pas exactement ce qu'il y avait à l'intérieur, ce qu'on allait proposer, mais bon, le terme communication m'attirait.
- Laure
Ok.
- Audrey
Mais sans savoir trop concrètement ce que c'était le métier derrière ?
- Gwenaëlle
Non, pas du tout. Je dis communication, être avec les gens, communiquer avec les gens, c'était ça. Et donc, j'ai eu mon BTS et j'ai intégré, juste après les études, la filiale d'un grand groupe bancaire.
- Laure
D'accord. Donc, tu as commencé à travailler assez jeune finalement.
- Gwenaëlle
À 20 ans. Tout de suite à 20 ans. Et donc, j'ai démarré en intérim dans une petite filiale d'un grand groupe bancaire, le groupe Banque Populaire à l'époque. Ils avaient une filiale qui s'appelait Linebourse, qui était spécialisée dans la bourse en ligne. Et donc j'étais assistante de communication.
- Laure
Ton début de carrière, il était comment ?
- Gwenaëlle
C'était cool parce que j'avais un job. C'était ça l'idée, c'était de travailler.
- Audrey
Et par rapport au fait que justement, quand tu faisais tes études, tu ne savais pas vraiment concrètement à quoi ressemblait le métier de communication. Du coup, quand tu as commencé à travailler, est-ce que c'était l'idée que tu t'en étais faite ? Est-ce que ça te plaisait ?
- Gwenaëlle
J'étais pas compliquée parce que j'étais là pour apprendre, j'aimais apprendre. Donc oui, durant mes études, j'avais eu un aperçu de ce qu'était la communication. Donc voilà, c'est pour ça que je suis restée dans... sur cette voie. Et très vite, même si on me donnait beaucoup de responsabilités, on me permettait de faire plein de choses, très rapidement, au bout d'un an ou deux, j'ai voulu changer. Parce que j'avais besoin de plus, j'avais besoin de me nourrir. Et on m'a offert la possibilité, le directeur adjoint de l'époque m'a offert la possibilité, d'intégrer l'équipe marketing, de continuer d'apprendre, de continuer de me former au sein de cette équipe. Et j'ai fait des choses géniales. J'ai touché à tous les domaines de la communication. C'était chouette.
- Audrey
Tu as resté combien de temps dans cette filiale ?
- Gwenaëlle
Dans cette filiale, 5 ans. Au bout des 5 ans, la vie a fait que cette petite filiale a été absorbée par le groupe. J'ai intégré une équipe communication un peu plus grande et qui faisait beaucoup plus de choses. Même si j'avais toujours cette particularité : je m'occupais du site de Bourse en ligne, mais je touchais aussi à d'autres aspects de la communication, notamment externe.
- Laure
Et ça te plaisait ?
- Gwenaëlle
Ca me plaisait... Avec du recul, je ne sais pas si ça me plaisait, mais j'avais des collègues sympas, j'étais dans un environnement sympathique, bienveillant, avec des managers qui m'ont toujours fait confiance, qui m'ont poussée. Et je pense que c'est ce que j'ai aimé en fait, la relation aux autres. C'est les liens que j'avais créés avec mes collègues, c'est ça qui me plaisait.
- Laure
C'est ce qui te portait un peu, parce que quand tu disais que tu voulais faire des études de psychologie parce que tu aimais les gens...
- Gwenaëlle
Rétrospectivement, c'est ce que j'aimais. C'est pour ça que je suis restée très longtemps dans mes jobs en fait, parce que j'avais de bons rapports avec les gens. Et ça, c'est ce qui m'a portée et qui a fait que je suis restée 22 ans.
- Laure
Alors, pendant ces 22 ans... Je ne sais pas si on peut résumer 22 ans...
- Audrey
Donc là, tu restes combien de temps déjà dans ta filiale "absorbée" ?
- Gwenaëlle
Dans la filiale absorbée, j'y reste, je dirais, 5 ans. J'y reste 5 ans aussi.
- Laure
D'accord.
- Gwenaëlle
Voilà, je fais mon premier bébé. Je reviens avec une envie quand même de bouger, une envie de continuer de me former. Et donc, au retour de congé maternité, je demande à faire une formation.
- Laure
D'accord.
- Gwenaëlle
Qu'on me refuse. J'avais demandé à l'époque l'Essec, je crois.
- Laure
Oui.
- Gwenaëlle
Voilà. On me la refuse parce que ça coûtait très cher et que j'étais qu'une chargée de com' à l'époque. Donc c'était peut-être trop ambitieux pour les gens. Et puis bon, je revenais de congé maternité, ils ne me connaissaient pas forcément. Donc voilà. Et puis, je fais un deuxième enfant trois ans plus tard. Et en fait, je n'y suis jamais retournée...
- Laure
Ah oui ?
- Gwenaëlle
Oui, parce que ma responsable à l'époque, durant mon congé maternité, m'envoie un message en me disant « Oh, il y a un poste qui s'ouvre à la direction de la communication groupe. C'est ton profil, voilà, vas-y ». Je postule. Alors au départ, on me dit « Bon, vous arrivez en fin de parcours de recrutement, on a déjà sélectionné deux personnes, mais on garde votre CV, on ne sait jamais ». Et puis, comme je ne crois pas au hasard, la vie fait qu'on me rappelle, on me dit « Ecoutez venez passer les entretiens ». Et j'étais en congé maternité. Donc à l'époque je l'allaitais et je savais pas comment j'allais faire. Aller jusqu'à Paris et me dire mais qu'est-ce qu'elle va boire, comment elle va manger ? Et bon bah, à ce moment-là, on est allé avec mon mari louer un tire-lait et donc elle a eu sa ration de biberon, son premier biberon, pendant que je passais mes entretiens.
- Laure
Et elle a quel âge aujourd'hui ?
- Gwenaëlle
Aujourd'hui, elle a 15 ans.
- Laure
Donc, elle a bien survécu.
- Gwenaëlle
Elle a bien survécu. Mais voilà. Et donc, à l'issue de l'entretien, on m'a dit OK.
- Laure
Le poste est pour toi.
- Gwenaëlle
Le poste est pour toi. Donc, j'étais super contente.
- Audrey
Ton congé mat se finissait combien de temps après ?
- Gwenaëlle
Donc, j'ai passé mon entretien en avril. Et la fin de mon congé maternité était fin août. Et en fait, la responsable communication m'appelle et me dit, on aimerait bien que tu viennes avant pour... Comment dire ?
- Laure
Une passation ?
- Gwenaëlle
Pour la passation, en fait, que tu rencontres la personne qui était là, qu'elle te passe les dossiers, qu'elle t'explique quand même comment ça fonctionne. Donc, j'ai raccourci mon congé maternité d'une quinzaine de jours. Et en fait, quand je suis arrivée, la personne était déjà partie. Donc, la passation ne s'est pas faite. Mais bon, voilà...
- Laure
Ça va ? Ça n'a pas été trop dur de rentrer avant la date prévue ?
- Gwenaëlle
Bah, j'étais un petit peu dégoûtée. Ah ben ouais ! Parce qu'il y avait mes beaux-parents qui étaient à la maison pour la garder. Mais bon, voilà, ça s'est fait. C'était comme ça.
- Laure
Donc tu as démarré dans ce nouveau poste ?
- Gwenaëlle
J'ai démarré dans ce nouveau poste en 2009. Donc j'évolue aussi au sein de cette structure. J'ai beaucoup appris, on m'a fait confiance. Mais un jour, je ne me suis plus sentie à ma place. Les technologies, les réseaux sociaux, tout ça, sont venus me bousculer. Mais non, mais en fait, ce n'est pas extérieur, c'est juste que je n'étais plus à ma place...
- Audrey
Mais c'était quoi ? Tu avais fait le tour un peu ?
- Gwenaëlle
Si je devais résumer, c'est mon premier arrêt maladie qui m'a fait me poser des questions.
- Laure
Tu avais quel âge à ce moment-là ?
- Gwenaëlle
C'était en 2017, donc j'avais...
- Laure
Tu avais donc 7 ans de moins qu'aujourd'hui.
- Gwenaëlle
Voilà, exactement.
- Laure
Quelque chose comme ça. Soit 37 ans à peu près. Oui, à peu près, oui.
- Gwenaëlle
Et un jour, je me réveille... Enfin, un jour, je me réveille. Il y a eu des signes avant-coureurs, mais que je n'ai pas entendu. Je n'ai pas voulu m'écouter. Et c'est très drôle parce que durant toutes ces années au sein de la direction de la communication, j'avais repris des études pour faire un master.
- Laure
Ah oui ? Donc tu avais quand même gardé cette envie de te former, d'acquérir de nouvelles compétences ?
- Gwenaëlle
D'acquérir de nouvelles compétences, oui, parce que je m'étais dit, bon avec un BTS, ce n'est pas suffisant si je veux évoluer, si je veux bouger au sein de la structure. Il faut plus. Et donc, j'ai eu la chance que la directrice de la communication de l'époque m'a suivie et m'a dit : " Allez-y Gwenaëlle, je vous soutiens à 100%. Vous allez prendre rendez-vous avec les RH et on vous suit. Prenez le temps qu'il vous faut pour faire cette formation." Que j'ai suivi en parallèle de mon job. J'ai eu mon diplôme, mon master. Et après le master, un baby blues...
- Laure
Ah oui ?
- Audrey
Parce que c'était quoi ? Ça t'avait nourri finalement pendant tout ce temps d'études, et tu te rendais compte qu'une fois que c'était fini, ça ne te suffisait plus, ton job te suffisait plus ?
- Gwenaëlle
Mon job ne me suffisait plus en fait. Et là, je me suis dit, bon ben... C'est peut-être parce que j'ai passé un cap, donc je vais commencer à postuler dans des jobs en interne, en externe. Et quand je regardais les annonces en communication, en fait, je n'étais pas attirée. Je ne sais pas comment dire, mais c'était...
- Laure
Tu n'avais pas envie d'y aller, quoi.
- Gwenaëlle
Oui,
- Audrey
Ca te faisait plus vibrer ?
- Gwenaëlle
Ca me faisait pas vibrer. Et puis, bon, bah je passe quand même des entretiens. Sur CV, sur lettre de motivation, les gens veulent me prendre, quoi. J'arrive à l'entretien, et là...
- Laure
Décalage ?
- Gwenaëlle
Décalage total ! Ils me disent, "Vous avez de bonnes idées", parce que je préparais mes entretiens, j'arrivais avec des idées, des propositions... Mais en fait, je leur balançais comme ça, et puis vas-y, débrouille-toi avec.
- Laure
Il n'y avait pas d'envie.
- Audrey
Tu n'avais pas l'envie de toi les mettre en place.
- Gwenaëlle
En fait, ils restaient sur leur faim. Les deux entretiens que j'ai passés, c'était le même constat, c'était la même finalité. Vous nous laissez sur notre faim.
- Laure
Et toi, tu en avais conscience de ça ?
- Gwenaëlle
Je n'en avais pas conscience.
- Laure
C'est aujourd'hui que tu te dis que...
- Gwenaëlle
Voilà, avec le recul, en analysant, voilà.
- Laure
Ok, donc tu fais cette formation...
- Gwenaëlle
Je fais cette formation.
- Laure
Tu retournes bosser, tu postules, ça fonctionne pas. Et là, arrêt maladie, c'est ça ?
- Gwenaëlle
Alors, avant, je commence à avoir des douleurs : des douleurs au bras, des tendinites. Et au moment où je commençais à avoir des douleurs un peu partout, notamment à la hanche, je me prends un vendredi. Le matin, je vais voir mon médecin, et puis l'après-midi je prends rendez-vous avec mon ostéo pour ma hanche. La veille du rendez-vous, je fais un rêve dans lequel ma directrice me vire. Elle me dit « Vous êtes virée ». Je dis « Ah bon ? » Elle me dit « Ouais ». Je dis « Pour quelle raison ? » « Ne vous inquiétez pas, on a suffisamment de choses contre vous ». Le cauchemar ! Alors qu'elle était satisfaite de moi... Donc une nuit horrible ! J'arrive chez le médecin il me dit "Pourquoi vous êtes là ?". Je me cache un peu, je dis "Ca fait 3 ans que je suis en carence de fer". Il dit "D'accord ok. Comment se passent vos nuits ?". "Habituellement bien. C'est vrai qu'hier soir voilà, j'ai fait un cauchemar... Une nuit un peu difficile, mais sinon ça va". "D'accord. Et comment ça se passe votre boulot ?". Et là je m'effondre dans son bureau, dans le cabinet. Impossible de m'arrêter. Je ne sais pas d'où viennent ces sanglots, pour quelle raison, mais je m'effondre. Il me dit "Mais qu'est-ce qui se passe ?". Je lui dis "Je sais pas, ça se passe plutôt bien dans mon boulot". Enfin... Je ne comprenais pas ce qui se passait. Je lui dis, "C'est vrai qu'en ce moment c'est un peu dur, il y a des tensions. Mes collègues ne sont pas très bien traités. Je lui dis non parce que moi je suis bien traitée. J'ai pas de problème. On est content de moi. Mes entretiens d'évaluation se passent très bien. J'ai des primes. Enfin bon voilà, je suis reconnue. Mais ça va pas et je supporte plus cette ambiance. Je ne supporte plus la manière dont mes collègues sont traités. Je me donne beaucoup au travail...". C'est vrai que je travaillais beaucoup, je finissais très tard, mais bon voilà... Je ne pourrais pas dire que j'aimais mon job, mais je le faisais quoi. Enfin voilà, c'était comme ça. Il me dit "Bon, je pense que vous êtes un peu en situation de burn out". Je dis "Mais pas du tout ! Absolument pas. J'ai connu à l'âge de 20 ans une dépression. Je sais ce que c'est. Mais là non, je suis désolée !". Le gros déni ! J'habite dans 78, dans les Yvelines, et il me dit "Bon, vous savez il y a une entreprise, la maison du travail et de la souffrance qui accueille des personnes qui qui se trouvent dans cette situation. Vous pouvez aller les voir". "N on mais tout va bien". Mon médecin me parle une langue étrangère. Il m'osculte, je lui dit "J'ai eu un rendez-vous cet après-midi parce que j'ai mal à la hanche. Je sais pas ce qui se passe", donc il regarde. "Il n'y a rien, mais je vous prescris une radio, je vous prescris des analyses de sang, une IRM, et puis revenez me voir avec les résultats". Je fais tout ça. On ne voit pas grand-chose sur l'IRM. Et puis arrive le week-end. Et là... J'ai de plus en plus mal. La douleur se fait de plus en plus forte, de plus en plus présente. Je souffre. Je suis vraiment en souffrance. Comme je ne crois pas au hasard, qui débarque à l'improviste, par surprise, à la maison ? Ma petite sœur qui est allée aux États-Unis pour être fille au père, et qui revient au bout de deux ans, Surprise, coucou, qui va là ? Et en fait, c'est elle qui m'a emmené le lundi matin, parce que j'étais incapable de me lever, qui m'a emmené chez le médecin. Et là, il me voit, il a un petit sourire, il me dit, "Qu'est-ce que vous faites là ?" Je lui dis, "Ben écoutez, là, je ne peux plus, ma hanche me fait vraiment mal". Il me dit, "Ah, donc maintenant, je vous arrête ? Maintenant, vous n'avez pas le choix". Et donc, j'accepte cet arrêt maladie, 15 jours. Et là, je me suis dit "Gwen, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe ?" Alors, je fais fait les analyses. Je fait les examens. J'ai une dizaine de séances de kiné. Ça va mieux. Mais les radios ne révèlent rien. L'IRM non plus.
- Laure
Donc, pour toi, en fait, tu es arrêtée, mais pour ta hanche.
- Gwenaëlle
Je suis arrêtée pour ma hanche.
- Laure
Oui.
- Audrey
Le fait d'être arrêtée,ça va mieux ?
- Gwenaëlle
Ca va un peu mieux, mais je me dis, mon corps me parle.
- Audrey
Oui, là, tu as un déclic.
- Gwenaëlle
Là, j'ai un déclic : qu'est-ce qui se passe ? Et là, je me suis remise en question. Et ma hanche, c'était une façon de me dire, Gwen, tu n'avances plus. Donc arrête de forcer. Pose-toi et réfléchis à ce que tu veux vraiment faire. Mais avant cette période-là, ma directrice m'avait inscrite à un programme bêta. C'était un coaching de groupe pour aider les femmes à percer le plafond de verre et...
- Audrey
Leadership.
- Laure
Leadership au féminin.
- Gwenaëlle
Développer son leadership. Et lorsque je suis arrêtée, je me souviens des deux, trois phrases de la coach. La première, c'était "Qu'est-ce que vous faites naturellement dans votre job ?" Parce que quand on est une femme et qu'on regarde des annonces, on se dit toujours ah mais non, je ne peux pas postuler à telle chose. Il me manque ça. Il me manque ci.
- Laure
Je ne sais pas faire ça.
- Gwenaëlle
Oui, mais qu'est-ce que vous savez bien faire ? Qu'est-ce que vous faites naturellement ?
- Laure
Sans te forcer ?
- Gwenaëlle
Sans forcer. La deuxième, c'était "Souvenez-vous de vos rêves d'enfant". Alors, bon, vétérinaire... Non, non, pas vraiment. Mais en revanche, je me suis souvenue que je voulais suivre des études de psychologie. Et là, c'est revenu. Et en fait, il y a ces questions qui sont revenues comme ça, comme par hasard. Je me disais, mais oui, je voulais être psychologue. On m'en a dissuadée. Mais qu'est-ce que je fais aussi naturellement ? En fait, les gens, ils venaient me voir naturellement, me parler. Mes collègues, des inconnus, le laveur de carreaux qui me parle pendant une heure de sa vie intime. et puis une autre collègue qui me dit "Oh tu devrais être coach toi !". Des choses comme ça. En fait tout ça me revient et je me dis, mais c'est ça en fait que je fais naturellement, ça me demande aucun effort. Et oui, pourquoi je travaille si tard le soir ? Alors oui, peut-être que j'étais désorganisée, mais c'est surtout parce que ma priorité c'était les gens, c'était de les écouter. J'étais là pour eux en fait, et je rattrapais mon travail quand tout le monde était parti.
- Laure
Quand t'as fait ce programme là justement "Leadership au féminin". Tu sors de ce programme avec une idée de boulot ? Non ? Avec ces deux questions qui restent finalement en toile de fond ?
- Gwenaëlle
Ces deux questions qui restent en toile de fond dans mon esprit et de me dire, mais vas-y fonce en fait. Tu as les capacités.
- Laure
Donc, c'est des petites étapes.
- Gwenaëlle
C'est des petites étapes. Je pense que c'est après ce programme que j'ai postulé à deux autres annonces. Pas à deux, mais à plusieurs annonces.
- Audrey
Oui, l'idée c'était de progresser...
- Gwenaëlle
Voilà.
- Audrey
dans la communication et finalement, en le faisant, tu t'es rendu compte que ce n'était pas ça.
- Laure
Pas encore ça,
- Gwenaëlle
C'était plus ça en tout cas.
- Laure
Et donc, pendant ces 15 jours, tu as eu cette réflexion.
- Gwenaëlle
Pendant ces 15 jours. Et là, ça a fait tilt. Oui, c'est les gens que j'aime. J'aime l'être humain dans sa complexité, j'aime le potentiel de l'être humain. Et de là, je me suis dit, écoute, regarde pour reprendre des études de psychologie, c'est ce que tu aimais, c'est ce que tu voulais faire. Et puis, je regarde des études et, financièrement, on ne pouvait pas se permettre. Je ne pouvais pas me permettre d'arrêter un job pendant cinq ans, pour faire mon master de psycho, donc bon, je trouve autre chose. Et puis, pour mes deux grossesses, j'avais suivi des cours à l'accouchement, des cours de sophrologie, pour me permettre d'accoucher sans péridurale. Et je me suis dit, c'est pas mal.
- Laure
T'as accouché sans péridurale ?
- Gwenaëlle
Ouais, la deuxième. La première, comme ils me l'ont déclenché, je te dis que j'ai demandé la péridurale.
- Laure
La deuxième ?
- Gwenaëlle
La deuxième, oui et c'était un chouette moment. Mais donc voilà, je me suis dit, c'est intéressant. Mon obstétricienne, qui est aussi ma gynéco, qui me suit toujours, je lui en parle. Je lui dis, "Patricia", elle me dit, "Patricia, elle est partie à la retraite. Mais oui, c'est un beau job. Seulement, si je peux me permettre, je connais beaucoup, j'ai beaucoup d'amis qui sont sophrologues et qui ont du mal à en vivre s'ils n'ont pas un autre métier par ailleurs". Je dis "Ah, d'accord". Je ressors de son cabinet, et puis je me dis, bah écoute, je vais chercher autre chose. Et là, je recherche des choses sur l'hypnose, je participe à des portes ouvertes, je parle à des hypnothérapeutes, hypnotiseurs... Et lors de cette porte ouverte, je me suis dit, c'est ça que je veux faire. J'ai rencontré le fondateur de l'école centrale d'hypnose, la première école d'hypnose en France. Et je suis tombée sur le charme de ce monsieur, de la méthodologie, des gens. C'était une petite famille. En fait, je trouvais une petite famille. Et ça, ça m'a plu. Alors, j'ai demandé des devis. Mais j'ai attendu deux ans avant de signer...
- Audrey
En parallèle, tu avais été arrêtée 15 jours, et au bout des 15 jours, tu avais repris ton travail ?
- Gwenaëlle
J'ai repris mon travail, oui. Je suis consciencieuse et professionnelle, donc j'ai toujours fait mon travail. Mais il n'y avait plus d'élan, il n'y avait plus de motivation dans ce que je faisais. Je le faisais parce qu'on me demandait de le faire, j'étais payée pour ça. En revanche, il n'y avait plus cette flamme, cette étincelle de vie en moi. Et je commençais à m'éteindre... Je rentrais du travail très fatiguée, je rentrais agacée de tout. Tout était négatif autour de moi. Mais en fait, je me suis dit, ce n'est pas les autres qui font que je suis mal. C'est moi qui ne suis plus à ma place. Donc ça ne servait à rien de pester contre le monde entier. Si ça ne me convenait plus, je devais partir. C'était à moi de faire ce chemin.
- Laure
Donc tu retournes au travail. Tu es fatiguée en fait, tu es fatiguée au travail, mais quand même en parallèle, tu cherches.
- Gwenaëlle
Je cherche.
- Laure
Donc tu arrives avec cette idée de tourner vers l'hypnose, l'hypnothérapie comment on dit ?
- Gwenaëlle
L'hypnose, l'hypnothérapie, oui l'hypnothérapie.
- Laure
Ça t'a pris combien de temps avant d'arriver avec cette idée-là ?
- Gwenaëlle
Ça m'a pris deux ans.
- Laure
Deux ans.
- Audrey
Mais donc tu disais que tu as mis du temps, une fois que tu avais trouvé l'école, à faire le pas de signer.
- Gwenaëlle
Oui, parce que dans ma tête : "Est-ce que c'est bien ça ?"
- Audrey
Parce que c'était une formation de combien de temps ?
- Gwenaëlle
La première partie, le premier cycle, c'était quatre jours par mois. Que je pouvais faire en parallèle de mon travail. Mais c'est quelque chose qu'il fallait que je mûrisse. C'était un projet de famille aussi, donc il fallait que j'en parle à mon mari.
- Laure
Oui, ça c'était une question aussi. Effectivement, donc toi t'es... Tu as ton mari, tu as tes deux enfants, tu travailles dans un groupe bancaire. Il y a quand même une stabilité financière. Se diriger, en tout cas entamer un processus de reconversion, c'est aussi effectivement des discussions de famille. Ton mari, quand vous en avez discuté, comment ça a été pris et comment les choses ont été présentées ? Comment lui les a prises ? Est-ce qu'il y a eu de la peur, il y a eu du soutien ? Comment ça a fonctionné ?
- Gwenaëlle
J'ai un mari en or. Il a toujours été présent. Quand j'ai repris des études, il m'a tout soutenu, il m'a toujours encouragée et il était présent pour les enfants. Et là, je lui parle de mon projet, mais il voit que je m'éteins en fait à petit feu.
- Laure
Oui
- Gwenaëlle
Donc, il me dit, OK, si c'est ce que tu veux, vas-y, fais-le. En revanche, il avait une peur. C'est financièrement, il ne faut pas que tu démissionnes. On ne peut pas se permettre. On a des enfants qui sont encore petits. Oui, les enfants étaient en primaire et le grand allait passer au collège. Et donc, je dis non, mais je n'ai pas l'intention de démissionner. En revanche, je peux faire la formation, je peux suivre la formation en parallèle, comme j'ai fait pour mon master. Pour moi, ce n'était pas un problème.
- Audrey
Après j'imagine qu'il y avait quand même un coût de formation, par contre, qui là n'était pas pris en charge par l'entreprise contrairement aux précédentes.
- Gwenaëlle
Pas du tout. C'était un beau billet. 8 500 euros, c'était par rien.
- Laure
C'est quelque chose que tu peux financer avec le CPF ou pas ?
- Gwenaëlle
Pas du tout, parce que l'hypnothérapie, ce n'est pas une formation réglementée. Il n'y a que les médecins, les infirmières qui peuvent la faire financer par les organismes de formation. Mais lorsque l'on n'est pas issu du serail, non, il faut se payer sa formation.
- Audrey
Du coup, ça explique peut-être aussi le temps pour signer le devis. C'est vraiment, il ne faut pas que je me loupe. parce que je n'aurais pas 15 chances de refaire des formations. Il faut être sûr que je choisisse la bonne voie.
- Laure
Sauf si tu as 15 fois 8 000 euros à dépenser.
- Gwenaëlle
Oui.
- Laure
Ce n'est pas le cas de tout le monde.
- Gwenaëlle
Il y avait toutes ces paramètres-là, en fait. Il fallait que je réponde à tous mes questionnements. Comment j'allais faire ? Comment j'allais suivre cette formation ? Parce que c'était quatre jours par mois, du jeudi au dimanche. Donc, jeudi, vendredi, samedi, dimanche. Je ne voulais pas en parler au travail.
- Laure
Pourquoi d'ailleurs ça ? Parce que c'était mal vu ? Parce que t'étais... Pas sûre de toi ? Pourquoi ?
- Gwenaëlle
Je ne sais pas si c'était mal vu, mais en fait, je venais de sortir d'une formation que la boîte m'avait payée. Et c'était comme un...
- Laure
Trahir, un peu ?
- Gwenaëlle
Un peu comme trahir, oui. Trahir ma société qui avait cru en moi.
- Laure
Et en fait, tu n'allais pas leur donner ce qu'ils attendaient... Tu n'allais pas rentabiliser, en fait.
- Gwenaëlle
Exactement. Leur investissement en moi. Ils croyaient en moi, ils ont investi en moi. Et c'était comme une trahison. Je pense, oui. En y repensant et en discutant avec vous, c'était ça. J'allais les trahir.
- Laure
D'accord.
- Gwenaëlle
Il y avait une forme de loyauté. Il y a une dualité, en fait. La loyauté et faire ce...
- Laure
Et ton bien-être.
- Gwenaëlle
ce pourquoi j'étais vraiment faite. Et donc voilà, les questions financières, les questions d'emploi du temps, il fallait que je règle tout ça.
- Laure
Comment on résout ça ? Ça crée des tensions ? C'est un truc qui se fait avec le temps ? Est-ce qu'il y a des moments de découragement ?
- Gwenaëlle
Des moments de découragement ? Non. Pas au moment où je dois m'inscrire à cette formation, Non au contraire. Non, il faut que j'y aille, c'est vraiment ça. Mais il fallait que je soulève toutes ces barrières mentales, psychiques. C'était nécessaire.
Une fois par contre que je t'ai dit oui c'est vraiment ça...
Là j'ai pu rassurer mon mari, j'ai pu lui dire écoute : je vais poser des congés. J'avais un Compte Epargne Temps blindé. Je lui ai dit, si il faut que je prenne des jours de congés, parce que je ne sais qu'en faire j'avais une quarantaine de jours je ne sais qu'en faire, je les poserai.
- Laure
Compte Epargne Temps, c'est les congés que t'as pas consommé qui sont dans un compte à part et que tu peux... Ok.
- Gwenaëlle
Donc ça, j'avais rassuré sur ce point. Financièrement, je lui ai dit, écoute, j'ai un PEE, j'ai un plein d'épargne d'entreprise. Écoute, il y a une partie qui est débloquable. Je vais utiliser ça.
- Laure
Tes économies, oui.
- Gwenaëlle
Ça ne prendra pas sur notre budget familial et tout ça. Et donc, en fait, toutes les barrières se sont levées.
- Audrey
Et qu'est-ce que tu as dit, du coup, à ton entreprise ? Tu as dit que tu prenais des congés, mais sans expliquer...
- Gwenaëlle
Une fois par mois, je prenais des jours. Comme ça. Personne ne savait rien. Je rentrais le lundi, la fleur au fusil.
C'était un peu un non sujet parce que tu avais des congés et tu n'avais pas à expliquer.
Prendre 2 jours par mois, c'est quoi ? Ca passe inaperçu. Voilà. Et donc j'ai pris mes congés comme ça. Donc j'ai fait la première partie, le premier cycle, à raison de 4 jours par mois.
Donc ça fait combien de mois du coup ?
De novembre à mars avril, puisque il est tombé le covid à ce moment là. C'était en 2020. Et puis, la fin du cycle se termine et là je me dis, est-ce que je reprends le second cycle en septembre à raison de 4 jours par mois ? Ou est-ce que je le fais en accéléré ? Et là, je me dis, il faut que je le fasse. J'avais envie de me débarrasser de ça. Et là, au mois de juillet, au lieu de partir en vacances avec mon mari et mes enfants, je fais 4 semaines de formation intensive pour avoir ce second cycle. Et c'était intense, mais tellement riche.
- Laure
Tu l'as pris comme un sacrifice, ça, ou pas ?
- Gwenaëlle
Non,non. Au contraire, ça m'a beaucoup apporté.
- Laure
Et tes enfants, ils en disaient quoi ? Parce qu'ils étaient suffisamment grands, enfin...
- Gwenaëlle
Suffisamment grands, oui.
- Laure
Pour percuter un peu ce qui se passait.
- Gwenaëlle
En fait,ils m'avaient déjà vu reprendre mes études, donc...
- Laure
Ouais, c'était vraiment... Rebelote.
- Gwenaëlle
C'était bon, maman elle va l'école.On ne te voit pas, c'est comme ça.
- Laure
ok, oui.
- Gwenaëlle
Et non, ils étaient contents, parce que je leur parlais le soir. Je leur parlais de ce que je faisais et je leur disais, ah tiens, j'ai des petits tips, pour apprendre, j'ai des petits tips, machin. Mais voilà, c'était chouette de partager ça. Parce que c'était quelque chose qui allait leur être utile aussi, que j'allais pouvoir leur transmettre. Et ça, c'était chouette.
- Audrey
Donc, tu finis ta formation en accéléré...
- Gwenaëlle
Je finis ma formation en accéléré. Donc, fin juillet 2020, j'ai ma formation. Bon, un événement malencontreux... Ma maman décède en août 2020. Et j'avais dit à mon mari, bon après, une fois le diplôme en poche, je vais commencer à m'exercer le soir, le week-end. Mais en fait, j'étais trop épuisée. Il y avait le décès de ma maman qui était intervenu. Dans ma tête, ce n'était pas le moment. Et puis, je ne me sentais pas non plus prête aussi.
- Laure
Pourquoi ? Tu ne te sentais pas légitime, pas capable ?
- Gwenaëlle
Pas légitime. Le syndrome de l'imposteur, tout le monde connaît ça.
- Laure
Oui, tu parles à des femmes qui ont la quarantaine, donc c'est bon.
- Gwenaëlle
Le syndrome de "Mais non, ce n'est pas suffisant ce que j'ai appris". Et puis ma tête n'était pas... J'avais plein de choses à régler. J'avais mon deuil à faire.
- Laure
Et tout ça en bossant à la banque.
- Gwenaëlle
Et tout ça en continuant de bosser.
- Audrey
Parce que le projet initial, on va voir que ce n'est pas celui-là, mais voilà, c'était que ce soit au départ une activité secondaire que tu commençais à développer en parallèle de ton job.
- Gwenaëlle
Voilà, parce que mon mari me dit bon, ok, financièrement, tu as payé ta formation, tu la faites, c'est bon. Écoute, tu pourras peut-être te mettre à 80 % ». Donc, en fait, on fait notre vie comme ça, en se disant « Oui, l'année prochaine, je pose mon vendredi ». Comme ça, j'exerce à domicile le week-end et le vendredi.
- Laure
Mais tu n'es pas fatiguée ? Parce que quand même, OK, on travaille à la banque, on ne travaille pas à l'usine, d'accord. Mais tu as ton travail, tu as les transports. Accessoirement tu as quand même une famille avec deux enfants. Même s'ils sont grands, tu es quand même là avec eux. Tu prends sur ton temps personnel pour ta formation parce que tu prends pas de vacances. Tu te sens comment physiquement à ce moment-là ? T'as encore de l'énergie, de la force ou t'es fatiguée physiquement, ne serait-ce que physiquement ?
- Gwenaëlle
Non, je crois que j'ai de l'énergie. J'ai de l'énergie parce que je sais que c'est ça et que ça me nourrit, en fait. Oui, j'ai suivi une formation, mais c'est plaisant, en fait. J'en retire de la satisfaction. Et puis l'hypnose, ça m'a été utile aussi. Parce qu'on apprend aussi à se ressourcer. Grâce à l'auto-hypnose, on apprend à se débarrasser du futile,je dirais.
- Laure
D'accord.
- Audrey
C'est hyper intéressant parce que ce n'est pas quelque chose qu'on sait en étant extérieur que, effectivement, ça peut servir à soi-même et pas que...
- Gwenaëlle
L'auto-hypnose, c'est avant tout une hypnose qu'on se fait à soi-même. Et puis, c'est quelque chose de naturel que j'ai appris. J'ai appris à ce que ça devienne naturel.
- Laure
Donc, tu t'es ressourcée en fait, énergétiquement parlant. Tu arrives à te ressourcer.
- Gwenaëlle
Je me suis ressourcée. J'ai fait mon deuil, le deuil de ma maman, extrêmement rapidement, grâce à l'hypnose.
- Laure
Oui, d'accord.
- Gwenaëlle
Et en fait, une fois ça passé, je me suis dit, mais en fait, plus rien ne peut m'arrêter. Plus rien ne peut m'arrêter. Voilà, j'allais à mon boulot, je faisais mon boulot. Bon, je n'avais plus cet entrain, je le faisais. Enfin, j'étais toujours aussi impliquée, mais je savais que c'était pour un temps.
- Laure
Tu mettais une distance.
- Audrey
En fait, là, tu avais gagné par rapport au moment où tu as été arrêtée, tu avais mal à la hanche, tu avais gagné une certaine hauteur qui faisait que ça te pesait moins parce que tu étais un peu plus détachée.
- Gwenaëlle
Un peu plus détachée. Et aujourd'hui, je savais ce que je voulais.
- Audrey
Oui, tu savais que ça n'allait pas durer.
- Gwenaëlle
Je savais qu'elle était ma mission de vie, en fait.
- Laure
Ah oui, toi, tu l'as vu vraiment comme ça. Cette reconversion professionnelle, c'est plus qu'un métier, ce dont tu parles, finalement.
- Gwenaëlle
C'est plus qu'un métier.Et j'ai oublié de dire quelque chose avant. Je vais revenir, désolée. Dans mes souvenirs d'enfants, lorsque j'étais petite, entre 8 et 10 ans, de mémoire, je faisais toujours un même rêve. Je rêvais que je rêvais. Inception.
- Laure
Ah oui, Inception, oui.
- Gwenaëlle
Avec Léonardo di Caprio
- Laure
La mise en abîme.
- Gwenaëlle
Exactement. Et lorsque j'étais petite, au moment du coucher, alors que j'allais m'endormir, je me voyais... Enfin, je voyais cette petite fille, enfin c'était moi, mais je me voyais dans mon lit, en train de m'endormir, et au loin, à l'extérieur de la maison, dans le quartier, des gens qui disaient « Au secours, à l'aide ! » Et de mon corps de petite fille qui s'endormait sortait une entité. Alors moi, je l'ai appelée « La Fée ». Une entité qui était adulte. Mais ce n'était pas moi, enfant. Cette entité qui sortait de moi, ouvrait la fenêtre, allait faire ce qu'elle avait à faire, allait porter secours. Et une fois que c'était fini, Parce que, pour le coup, autant je me voyais petite fille dans mon lit, autant je ne savais pas ce qu'elle faisait. Mais je savais qu'elle allait aider. Et elle revenait dans ce corps et je me m'endormais. C'est un rêve comme dans un rêve.
- Laure
Donc, tu avais ce truc-là vraiment d'aider les gens.
- Gwenaëlle
D'aider les gens qui demandaient de l'aide.
- Laure
Qui demandaient de l'aide.
- Gwenaëlle
J'ai toujours compris que je n'étais pas sauveur, mais j'étais là pour aider ceux qui me demandaient.
- Laure
Oui, qui demandaient, qui criaient à l'aide.
- Gwenaëlle
Et donc, c'est pour ça que quand j'ai eu ma formation, quand il s'est passé tous ces événements, eh bien c'était ma mission de vie. C'était ça. J'étais faite pour ça. Et quand j'ai rebalayé, quand j'ai regardé le livre de ma vie, mais en fait, oui, c'est ça, c'était une évidence. J'étais faite pour écouter les gens, les gens venaient à moi pour parler. Et j'aimais ça, en fait.
- Laure
Mais sans te dire que ça pouvait être un métier.
- Gwenaëlle
C'est cette rupture, cet arrêt maladie qui a fait que je me suis dit, en fait, je peux en faire un métier. Je peux en faire quelque chose de ça. Et je ne vais pas mettre à la poubelle tout ce que j'ai vécu et appris durant ces 22 ans...
- Audrey
Alors, ça on va y revenir. Mais juste, comment on passe de ce moment où tu te dis, bon allez, je vais développer cette activité à côté à non, finalement, on ne va pas faire ça comme ça ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Gwenaëlle
La vie est bien faite, tout simplement. Six mois après cette formation, le groupe annonce un plan social. Bon, malheureusement, je n'étais pas éligible dans la première phase du plan. Mais si les gens de cette première phase ne s'étaient pas positionnés, eh bien, ils ouvraient le plan à d'autres.
- Laure
Donc, ça veut dire un plan social... Ça veut dire que toi, tu dis, moi, je veux bien partir, mais on te finance, tu as du chômage. Enfin, c'est ça ?
- Gwenaëlle
Pour s'inscrire dans le plan, il fallait soit avoir trouvé une mobilité en interne au sein de l'entreprise, partir à la retraite, ou avoir un projet professionnel externe.
- Laure
Et qu'est-ce que te donne l'entreprise ? Une prime ? Un package ?
- Gwenaëlle
Une prime en fonction de ton ancienneté. Moi, j'avais 22 ans.
- Laure
C'est un peu comme une rupture conventionnelle, c'est ça ? C'est-à-dire que tu as une formule de calcul où tu pars avec une prime de départ en fonction de tes années d'ancienneté. Donc, 22 ans d'ancienneté.
- Gwenaëlle
22 ans d'ancienneté. Un petit package pour la création d'entreprise. un autre petit package pour la formation et surtout l'accompagnement d'un cabinet de replacement. Donc je me dis, mais bien sûr que je vais prendre ce plan si personne ne se dévoue. Moi, je vais me dévouer.
- Laure
Ça tombe bien plutôt.
- Gwenaëlle
Et comme par hasard, tout s'était mis en place. J'avais fait ma formation par moi-même. En fait, mon projet, je n'avais plus qu'à l'écrire et le présenter.
- Laure
Oui, d'accord. Donc en gros, toi, tu parles à l'univers et l'univers te répond, c'est ça ?
- Gwenaëlle
L'univers me répond et il m'a toujours répondu.
- Laure
Donc au départ, tu n'es pas éligible. Et finalement, tu es éligible et tu prends ce plan.
- Gwenaëlle
Trois jours avant la fin du plan, ma responsable de l'époque trouve une personne pour me remplacer.
- Laure
Donc, tu deviens éligible.
- Gwenaëlle
Donc, je deviens éligible. Et là, j'ai 24 heures, juste avant Noël 2021, pour...
- Audrey
Pour te décider ?
- Gwenaëlle
Pas pour me décider, pour présenter mon dossier qui va passer en commission 48 heures après. Et si je ne l'avais pas fait, si on n'avait pas trouvé, je n'aurais pas eu... Mon dossier ne serait pas passé.
- Audrey
Mais effectivement, par rapport à ce que tu disais, par rapport à d'autres collaborateurs, tu savais précisément où tu allais, ton dossier était déjà ficelé.
- Gwenaëlle
Mon dossier était déjà ficelé dans ma tête, il a fallu que je l'écrive pour qu'il puisse passer en commission. Et voilà, c'est un superbe cadeau de Noël. Donc oui, j'avais imaginé plein de choses, on s'était rassuré avec mon mari, j'allais prendre un 80 %. Mais non, en fait, j'ai pas eu besoin de tout ça. L'univers m'a dit, c'est maintenant, t'as une opportunité là, saisis-la. C'est maintenant ou jamais.
- Audrey
Et donc là, on est en décembre...
- Gwenaëlle
2021. Fin 2021, deux jours après, ou même peut-être le lendemain de la commission, on me dit « Votre dossier est recevable. Quand est-ce que vous voulez partir ? » J'ai dit « En février 2022. »
- Laure
Après demain.
- Gwenaëlle
C'est ça. Et le 28 février 2022, c'est la fin de mon contrat. Je quitte la société après 22 ans de bons et loyaux services. Ils m'ont bien rendu aussi.
- Laure
Ils t'ont accompagnée là dessus.
- Gwenaëlle
Ils m'ont accompagnée. Et donc, pendant huit mois, j'ai bénéficié de l'accompagnement de cette consultante qui m'a aidée à faire mon business plan, qui m'a permis de rencontrer des sociétés. Ils organisaient des petits déjeuners, des choses comme ça. Et puis, ça c'est jusqu'en novembre 2022. Et à partir de ce moment-là, j'ai pu m'inscrire à Pôle Emploi. J'ai eu un délai de carence. Et ce n'est qu'en février 2023 que j'ai pu toucher mes indemnités. Mais j'ai créé ma société le 4 janvier 2023.
- Audrey
Donc, tu as quand même pris le temps, après ton départ, d'effectivement bien poser les choses,
- Gwenaëlle
Oui, bien poser les choses, mais aussi j'en avais besoin. J'avais besoin de prendre ce temps. J'avais besoin de faire le deuil en fait. Le deuil d'une vie passée en entreprise.
- Laure
Le deuil d'un quotidien avec des gens que tu aimais bien aussi.
- Gwenaëlle
Des gens que j'aimais bien, que j'aime toujours, que je continue de voir. Mais c'était le temps du deuil. C'était nécessaire.
- Audrey
Et puis après, est-ce que ce n'est pas difficile aussi d'apprendre une autre façon de travailler ? Puisque là, tu avais toujours travaillé au sein d'une équipe, dans une entreprise. Et là, tu te retrouves un peu toute seule. Même si après l'idée c'est bien sûr de recevoir du public. Ça ça ne doit pas être évident... Avec une gestion du temps aussi qui est complètement différente.
- Gwenaëlle
Ah bah oui, la gestion du temps est complètement différente. Mais j'ai créé ma société en janvier, mais je ne me suis installée qu'en septembre. J'ai ouvert mon cabinet en septembre 2023. Alors, il y avait ce deuil que j'ai pu faire. C'est pour ça que j'ai pu créer ma société vraiment, déposer les statuts en janvier, mais après, il y avait l'autre effet Kiss Cool... Ah, mais je ne suis pas légitime.
- Laure
Ah, tu as quand même eu ça.
- Audrey
Le syndrome de l'imposteur est revenu ?
- Gwenaëlle
L'imposteur est revenu. Non, mais ça fait déjà deux ans, en fait, que tu n'as pas pratiqué quand même. Tu ne peux pas...
- Laure
Comme ça, débarquer. Comme ça, débarquer. Alors, comment tu as chassé ça ?
- Gwenaëlle
Je suis retournée sur les bancs de l'école à nouveau parce que ça me rassurait et que j'avais besoin de remettre mes connaissances à jour. Donc je suis retournée dans la même école? J'ai le fondateur qui m'a donné un petit coup de pied aux fesses, il m'a dit « Vas-y Gwen, c'est le moment. T'es faite pour ça. Vas-y, t'as tout ce qu'il faut ». Et ça m'a reboostée et là je me suis dit « Bon allez » . J'ai commencé à faire quelques séances à des amis gratuitement comme ça, et puis une fois que le cabinet était fait, j'ai lancé la machine.
- Laure
Et alors est-ce que tu fais un lien entre ton précédent job dans la communication et le marketing et ton métier ? Est-ce qu'il y a des compétences que tu as pu transférer, des choses qui t'ont été utiles ?
- Gwenaëlle
La communication. L'une des dernières missions que j'ai faites, c'était la mise en ligne, je crois, du site Internet de l'entreprise. Et ça m'a servi, parce que, quand je suis partie, j'ai contacté une agence, j'ai fait mon site avec elle. Donc en fait, je connaissais tous les rouages et j'ai donné mes textes, ils les ont mis en page. Voilà. Mon logo, fait en trois coups de cuiller à pot.
- Audrey
Oui tu t'en es servie pour la communication autour de ton activité pour te faire connaître.
- Gwenaëlle
Mais tout ce que j'ai aussi appris et consolidé durant ces 22 ans, c'est aussi la relation à l'autre. Tout ce que j'avais développé comme relationnel, cette écoute bienveillante. Ca c'est tout ce que j'ai appris, amplifié et qui me sert aujourd'hui.
- Laure
Est-ce que tu as l'impression que c'était, alors c'est jamais du temps perdu, mais finalement ce projet qui t'a mené à l'hypnothérapie, tu l'as eu donc autour de la quarantaine... Pour toi c'était au bon moment où tu te dis "J'aurais peut-être dû faire ça avant, j'ai quand même perdu un peu de temps ?"
- Gwenaëlle
Je n'ai rien perdu. Au contraire. C'était le temps nécessaire pour que je mûrisse. Pour que je grandisse. Que je me découvre.
- Laure
Et que tu sois prête.
- Gwenaëlle
Et que je sois prête. C'est comme ça, je n'ai aucun regret. Aucun regret. Si ce n'est, si peut-être un : de ne pas m'être écoutée plus tôt.
- Audrey
Tu réponds à nos questions avant qu'on les pose. C'est vrai. Si tu devais refaire quelque chose, qu'est-ce que tu changerais ?
- Gwenaëlle
Ca.
- Audrey
Si tu devais refaire, c'est de t'écouter.
- Gwenaëlle
S'écouter. L'hypnose m'a enseigné énormément de choses. En fait, on est tous parfaits. On a tous des capacités, mais dont on ne soupçonne pas la grandeur. On ne soupçonne pas que c'est en nous. On a une force incroyable. Et notre corps... Quand je rembobine ma vie comme ça, je me dis mais mon corps m'a parlé. Mon inconscient, m'a parlé. Mais l'inconscient, c'est... Mais moi, c'est mon allié, l'inconscient. Je ne prends plus aucune décision sans lui. Sans lui dire, est-ce que c'est la bonne, est-ce que j'emprunte la bonne voie ? Parce qu'en fait, on est dans une société, on a été éduqué à toujours réfléchir. On ne laisse plus parler son instinct. On ne se fait pas confiance, en fait. On ne fait pas confiance à notre intuition. Mais notre intuition, elle sait ce qui est bon pour nous. Mais non, il faut rationaliser. Non, mais tu comprends, je ne peux pas faire ça parce que c'est bouché. Ouais mais si ça se trouve j'aurais dû aller dans cette voie. Mais bon, la vie a fait que... Si la vie a fait que, c'est que ce n'était pas le bon moment. Alors soit, je prends que la vie m'offre, les opportunités qu'elle m'offre.
- Laure
Et finalement, ce processus de reconversion, est-ce que ça a été douloureux pour toi ?
- Gwenaëlle
Ah non, pas du tout. Pas douloureux, au contraire, salvateur. Salvateur.
- Laure
Oui, mais ça peut être salvateur dans la douleur aussi. Tu peux dire, tu te sors d'une situation, mais tu vois, avec peine, avec... Enfin, quand je t'entends, je n'entends pas ça, mais je me permets de te poser la question.
- Audrey
Moi j'ai l'impression quand on t'entend que tu t'es laissé le temps à chaque fois, tu n'as pas précipité, tu as pris le temps qu'il fallait pour chaque étape.
- Gwenaëlle
Et puis, quels que soient les événements de la vie, je les ai pris en me disant que derrière il y a une opportunité. Si je vis cette expérience-là, c'est parce que je dois la vivre. J'ai un enseignement à en tirer.
- Laure
Tu as accueilli à chaque fois les choses.
- Audrey
Oui, tout arrive pour une raison.
- Gwenaëlle
Voilà, si je n'ai pas eu mes jobs, quand j'ai postulé à ces jobs, si je ne les ai pas eus, c'est parce que je ne devais pas les avoir. Je vais faire un clin d'œil à une amie qui est décédée il y a deux mois, mais elle disait toujours, « il ne faut pas contrarier les contrariétés ». Il ne faut pas aller à l'encontre d'une « mauvaise nouvelle » parce qu'elle nous fait mal. Même si elle nous fait mal, elle est là pour une raison. Donc j'ai laissé la vie me guider vers la bonne voie. Parce qu'elle, elle sait ce qu'elle était ma voie. Et elle me l'avait dit avant, mais je ne l'ai pas écoutée.
- Audrey
Et à l'inverse, qu'est-ce que ça t'a appris sur toi, cette reconversion ?
- Gwenaëlle
Énormément de choses. Cette reconversion m'a appris à me connaître, à connaître les gens aussi qui m'entourent. Elle m'a appris à faire confiance en la vie, vraiment faire confiance. Et qu'en fait, on est tellement riches ! Tellement riche de compétences, tellement riche de savoirs ! Il y a une place pour tout le monde dans ce monde. Et on a tous à s'apporter les uns les autres. Donc c'est ça que j'ai appris dans cette reconversion, mais beaucoup sur moi.
- Laure
Et alors maintenant, c'est quoi les projets ? Ce cabinet est ouvert ? On peut venir te voir, te consulter ?
- Gwenaëlle
On peut venir me voir dans le cabinet actuel jusqu'au 31 octobre.
- Laure
D'accord.
- Gwenaëlle
Ensuite, je déménage. Oui, je m'installe avec une orthophoniste pour adultes qui m'a contactée parce qu'elle a su que j'étais dans sa ville et elle s'est dit « ce n'est pas possible, il n'y a pas d'hypnothérapeute ici » . Eh bien si, il y en a une. Elle m'a contactée et puis elle m'a proposé de m'installer avec elle. Et surtout, elle a proposé de compléter l'offre que j'avais proposée à mes clients parce qu'elle a acheté un appareil d'entraînement cérébral qui s'appelle le Neurofeedback Dynamique. Et elle m'a dit, il est dans le local que vous allez occuper, je vous propose de proposer cet entraînement à vos clients, en plus de l'hypnothérapie. Et voilà, les choses se sont faites parce qu'elles devaient se faire. C'est un bon complément à mon activité.
- Audrey
Du coup, tu seras plus toute seule, toi qui aime bien être avec des gens. Ça te fait travailler un peu en équipe.
- Gwenaëlle
C'est ça, ça me fait travailler. On partage beaucoup, c'est une femme vraiment extra. Et elle est arrivée au bon moment dans ma vie. Mais voilà, il faut saisir les opportunités et c'est chouette. Donc voilà, à partir du 1er novembre, on pourra venir dans mon cabinet.
- Laure
On mettra des infos.
- Gwenaëlle
À Thoiry, près du zoo. Célèbre zoo Safari.
- Laure
Oui, le célèbre. Et alors Gwenaëlle, si c'était à refaire ?
- Gwenaëlle
Je referais tout pareil.
- Laure
Sans hésitation !
- Gwenaëlle
Aucune hésitation. Parce que je tire du positif dans tout ce que j'ai vécu.
- Audrey
Qu'est-ce que ce job t'apporte de plus que du coup ta précédente carrière ?
- Gwenaëlle
Il m'a apporté de me réaliser, de retrouver en fait la personne que j'étais, la personne enfant en fait, celle qui savait déjà ce qu'elle devait faire sur Terre.
- Laure
Répondre à l'aide.
- Gwenaëlle
Voilà, répondre à l'aide. Donc c'est ça que ça m'a apporté.
- Laure
Et pour finir, chère Gwenaëlle, si tu avais un conseil ou une ressource à partager ?
- Gwenaëlle
Je vois tout le temps des gens ans mon cabinet qui me disent « je n'ai pas confiance en moi ». Mais débarrassez-vous de toutes ces injonctions éducatives, sociétales ! Et retrouvez la personne que vous êtes.
- Laure
L'enfant ?
- Gwenaëlle
L'enfant que vous êtes. Retrouvez ça. Cet enfant, il est pur en nous. Et on est venu le masquer avec notre éducation, notre environnement. Il faut se débarrasser de toutes ces chaînes.
- Laure
Brisons-les.
- Gwenaëlle
Brisons nos chaînes.
- Audrey
Et dans quel cas tu invites les gens à venir te consulter ? Pour quel type de situation ?
- Gwenaëlle
Ma porte est grande ouverte pour tout le monde.
- Audrey
Y a des gens qui viennent te voir pourquoi ? Pour des problèmes de confiance en eux ?
- Gwenaëlle
J'ai de tout. Du sentiment de mal-être général, de l'anxiété, des angoisses, des peurs. Pour tout type. Alors c'est vrai que l'hypnose, on connaît essentiellement pour les phobies, pour le tabac.
- Audrey
Oui, mais c'est pour ça, moi j'ai appris plein de choses aujourd'hui. Tout ça, effectivement, je ne le savais pas Il y a toute une dimension que je ne connaissais absolument pas. C'est pour ça que je te pose cette question, parce qu'effectivement,je pense que c'est beaucoup plus large que ce qu'on imagine.
- Gwenaëlle
C'est beaucoup plus large que ce que l'on imagine. Et moi, je ne suis qu'un véhicule, en fait. L'hypnose est un outil pour permettre à chacun de retrouver en soi, d'amplifier, de nourrir, de faire grandir en fait, ses capacités. Parce qu'on a tout ça en nous. Donc moi, c'est ça que je fais. Je les aide à retrouver ces capacités, à retrouver leurs ressources et avoir confiance en leurs propres capacités, en fait.
- Audrey
Et finalement, ce que tu as appris pendant cette reconversion, c'est aujourd'hui ce que tu transmets.
- Gwenaëlle
Au plus grand nombre.
- Laure
Un grand merci, Gwenaëlle pour ce partage.
- Gwenaëlle
Merci de m'avoir accueillie.
- Laure
C'était un shoot de positif. Merci...
- Audrey
On finit avec le sourire jusqu'aux oreilles.
- Laure
Je pense qu'on l'entend. On entend ton sourire.
- Gwenaëlle
Je ne sais pas, mais la vie, elle est belle. Quoi qu'il arrive, elle est belle.
- Laure
Comme quoi, il faudrait tous faire comme Gwenaëlle : parler à l'univers et parfois l'univers nous répond.
- Gwenaëlle
Pas parfois, l'univers nous répond toujours. Il faut l'écouter.
- Laure
Eh bien, écoutons.
- Gwenaëlle
Alors, écoutons.
- Laure
Merci Gwenaëlle.
- Gwenaëlle
Merci à vous.
- Laure
Nous espérons que vous avez apprécié ce moment autant que nous.
- Audrey
Si vous avez aimé l'épisode... N'hésitez pas à laisser une note positive et un commentaire sur votre plateforme d'écoute préférée.
- Laure
Et parlez-en autour de vous.
- Audrey
Et si vous souhaitez partager votre histoire de reconversion,
- Laure
écrivez-nous.
- Audrey
Merci pour votre écoute.
- Laure
A très bientôt pour un nouvel épisode.