- Speaker #0
En 2024, j'ai mon papa qui est tombé malade, du coup il dit cirrhose du foie. Quand je vais faire des cajous ou un truc, c'est ma façon en gros de remercier mon papa. C'est incroyable. Si on m'avait dit ouais tu vas travailler avec Adidas, je t'aurais dit peut-être, je sais pas. Pour ça, il ne faut pas hésiter. Donc si tu as des projets, si tu as un rêve et tout, va.
- Speaker #1
À 11 ans, il fugue de chez sa mère. À 18 ans, il enchaîne les métiers. Aujourd'hui, il collabore avec Adidas. Bienvenue dans Ikigai, le podcast qui raconte comment des parcours atypiques deviennent des destins inspirants. Aujourd'hui, je reçois M. Kajou, tatoueur, artiste, entrepreneur, un homme qui a transformé la douleur en création, la foi en moteur et ses cicatrices en œuvres d'art. Si toi aussi tu le vives de ta passion, cet épisode peut littéralement changer ta manière de voir ta vie. Donc n'oubliez pas de vous abonner pour soutenir mon travail, ça me permet d'accueillir toujours plus de personnes inspirantes. Installe-toi confortablement, car on va débuter ce fameux podcast Ikigai. Monsieur Kajou, bienvenue.
- Speaker #0
Merci, merci de me recevoir ici déjà.
- Speaker #1
Avec grand plaisir, ça va la petite intro être cohérente ? Non,
- Speaker #0
c'était très bien, c'était très très bien.
- Speaker #1
Ça raconte un petit peu une base, on a effleuré un peu ton parcours, mais bien évidemment tu vas nous en dire... Un peu plus. Beaucoup plus. On s'est rencontrés il n'y a pas longtemps. Tu m'as fait un petit tatouage d'ailleurs très sympathique. Et j'ai beaucoup aimé apprécier ton univers, tout ton travail. Au-delà d'être tatoueur, tu es aussi artiste. Tu fais ces petites notes cajou qu'on peut retrouver partout. Partout.
- Speaker #0
Comme mon slogan le dit.
- Speaker #1
Cajou partout.
- Speaker #0
C'est ça exactement.
- Speaker #1
Donc on peut même en voir là. Donc tu m'as expliqué que c'était ta création, ta veste, le collier.
- Speaker #0
Je suis en train de travailler avec une couturière qui s'appelle Ivana. Du coup, on bosse avec. J'aimerais bien élaborer toute une collection, que ce soit du prêt-à-porter ou des bijoux.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Parce qu'au début, j'ai fait juste ce logo-là, enfin, j'ai fait juste ce pendentif pour moi. Et au final, je vois que ça plaît. Donc, je sais qu'il y a quelque chose à faire. Donc, pourquoi pas pousser le truc ?
- Speaker #1
En tout cas, personnellement, ce n'est pas parce que tu es là, mais j'adore. OK. Comme je te l'ai dit, demain, si tu as tes créations, j'en achète. obligatoirement. En plus, le pote couleur, on aime bien.
- Speaker #0
On est un peu ensemble.
- Speaker #1
Peut-être pas demain, peut-être après-demain. Tu m'as dit que tu n'allais pas avancer. Ça va vite.
- Speaker #0
Comme si on m'avait dit que j'allais me retrouver ici avec toi, au jour de ton tatouage.
- Speaker #1
Toujours.
- Speaker #0
On ne s'appelle pas.
- Speaker #1
En tout cas, c'est un plaisir de t'accueillir. Moi aussi. J'ai hâte, comme je te disais, d'en découvrir plus sur ton parcours. Comment tu en es arrivé là ? Parce que je pense que ça peut inspirer beaucoup de monde. Tu me disais... En fait, tu m'as un peu raconté, effleuré ton histoire. C'est-à-dire que même moi, je vais découvrir actuellement. Tu dis qu'à 11 ans, tu fugues de chez ta mère. Donc, pourquoi ?
- Speaker #0
En fait, j'étais en garde alternée avec mon père et ma mère. Et j'ai toujours eu ce rapprochement. En fait, j'ai été élevé par mon père et ma grand-mère surtout. Et mes parents sont séparés à l'âge de 4 ans. Après, on a donné la garde à ma mère. Quand je devais rentrer au collège, et au final, ça s'est très mal passé. J'ai fait ma pré-rentrée, c'était dans le 15e. J'ai fait ma pré-rentrée et tout. J'avais mon dernier week-end chez mon père avant de vraiment commencer ma scolarité au collège. Et j'ai oublié mon sac à dos. C'est-à-dire le lundi matin, moi, petit con, je n'ai pas mon sac à dos, je ne veux pas aller à l'école. Je dis à ma mère, non, c'est mort, je n'y vais pas. Au final, je me suis embrouillé avec son copain. Ça s'est très mal passé. Du coup, il m'a plaqué contre le mur. Il a voulu m'étrangler et tout. Et à partir de ce moment-là, je dis, c'est moi. C'est trop. Et lui, cet homme-là, il fumait, tu vois. Donc, moi, je ne sais pas comment j'ai réfléchi. Je suis parti. J'ai pris le paquet de cigarettes. Il y avait, je ne sais pas si je dois le dire, il y avait du shit. J'ai mis dans un pochon. J'ai fugué. J'ai appelé l'avocate de mon père. J'ai expliqué. Je me suis rendu au commissariat directement. Et après, une fois que j'étais là-bas, c'est eux qui ont appelé ma mère pour demander qu'est-ce qui s'est passé et tout. Et c'est... Elle qui ne l'a pas assumé en fait. Elle a dit non c'est pas vrai et il ment. Et au final tu te retrouves là, ta propre mère te dit non en fait c'est pas vrai. Du coup elle s'est même embrouillée avec la police et elle m'a dit bon allez je t'attends dans la voiture. Et la police elle m'a regardé et m'a dit qu'est-ce que tu veux faire ? Tu veux y aller ou tu veux pas y aller ? Je lui ai dit non moi je veux pas y aller c'est mort. Ils ont appelé le juge je pense, ils ont remis la garde à mon père directement et là je suis parti chez mon père. Et j'avais 11 ans, j'avais jamais pris les transports tout seul. Même elle a pensé que c'était pas vrai en gros que quelqu'un était venu me chercher. J'ai pris le RRB, j'ai pris le truc, je suis rentré tout seul.
- Speaker #1
Et depuis ça, tu n'as plus revu ta mère ?
- Speaker #0
Ma mère, si, la dernière fois que je l'ai vue, c'était en 2016. En 2016, je l'ai vue pendant quoi ? Un après-midi. Comme je t'ai dit, je me suis fopéré des ligaments croisés. Du coup, j'étais en rééducation dans le sud, à Cap-Breton. Et je l'ai vue là-bas parce qu'elle n'habitait pas très loin. Du coup, on a profité de passer l'après-midi ensemble, tu vois. Mais depuis, je ne l'ai pas revue. Donc maintenant, vu que j'ai un petit garçon et tout, on discute régulièrement, tu sais, par message et tout. Mais sinon, je n'ai pas plus de liens que ça avec ma mère.
- Speaker #1
Ça t'a fait couper les ponts ?
- Speaker #0
Oui, après, il y a plusieurs choses qui se sont passées aussi, même quand j'étais plus jeune, tu vois. Mais je n'ai pas spécialement cette attache que n'importe qui peut avoir avec sa maman. Je l'ai avec mon père. Je l'ai beaucoup eu même. Et le rôle de ma mère, c'était plus ma grand-mère.
- Speaker #1
Est-ce qu'à ce moment-là, tu étais déjà un petit peu artiste dans l'âme ? Ou est-ce que ça t'est venu après ?
- Speaker #0
Je pense oui. À l'école, j'ai toujours été au fond de la classe et j'ai dessiné. J'étais un peu le clown. J'aimais bien faire rigoler. J'ai eu plusieurs avertissements de travail et conduite. Mais ouais, même chez ma mère, j'avais pas de papier pendant ma jambe. J'avais des murs blancs et je me rappelle que je dessinais dessus. Donc peut-être que ça a commencé à partir d'ici.
- Speaker #1
Certainement.
- Speaker #0
C'était le début. Mais sinon, j'ai toujours apprécié dessiner et tout.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
J'étais pas un grand dessinateur, aujourd'hui non plus. Mais à force de faire, j'ai trouvé ma voie. Et aujourd'hui, moi, dans le tatouage, ma spécialité, c'est surtout le lettering. Le lettrage et tout. Et même quand j'étais à l'école, j'avais un camarade avec qui on... On disait, celui qui écrit le mieux, le court, c'est celui qui avait la plus belle écriture. Au final, c'était quand on était vraiment petit. Aujourd'hui, je me retrouve à faire que du lettrage parce que c'est ma spécialité.
- Speaker #1
Excellent. Ça part souvent de challenge comme ça. Même moi, dans la vidéo, on se challengeait comme ça avec mon pote. On disait, vas-y, celui qui fait le plus ce qu'il fait en mettant une vidéo avec une musique un peu fantastique, etc. On s'amusait comme ça, on se challengeait. Et au final, regarde, j'ai fini dans la vidéo.
- Speaker #0
Ça part de rien. Ça part de rien.
- Speaker #1
Comme quoi, des fois, c'est... C'est des petits trucs comme ça qui nous font kiffer et qui nous donnent envie de se surpasser, d'évoluer. Des petits challenges comme ça avec des potes, en vrai, c'est pas rien. Ça peut te motiver à aller loin. Ok, donc après ce petit parcours-là, l'école, etc., tu passes par beaucoup de boulots différents. Tu m'as dit, tu passes par la coiffure.
- Speaker #0
J'ai fini la troisième. En troisième, on te demande ce que tu veux faire. Je savais pas. Je savais pas ce que je voulais faire. Il y en a plein qui faisaient des... qui allaient en lycée pro. qui faisait du électrotechnique. Je ne savais pas quoi faire. Du coup, je me suis retrouvé en coiffure. Je me suis retrouvé en coiffure. Pourquoi ? Je ne sais pas. Je te jure, j'ai fait un mois et ça ne m'a pas plu. Donc, je me suis retrouvé pendant deux ans à rien faire. Et à partir de là, j'ai eu 18 ans et j'ai pu trouver ma voie, entre guillemets, parce que je voulais être dans la déco. J'ai toujours aimé tout ce qui était déco et tout. Et dans le bâtiment, on m'a proposé soit tu fais peintre ou soit carreleur. Je déteste la peinture. Penser, refaire ceci, cela, cela m'a... J'ai pris Carleur, j'ai fait ça pendant deux ans. J'ai obtenu mon CAP en deux ans. Et après, j'ai arrêté. Par rapport aux conditions de travail et tout, ça m'a... Mais au moins, je suis allé jusqu'au bout de mon CAP, je l'ai obtenu.
- Speaker #1
Justement, tu as fait tout ça un peu avant le tatouage. Et à quel moment tu as compris que ta vraie voie, ce ne serait pas un métier stable, on va dire, mais plutôt une sorte de quête de sens ?
- Speaker #0
En fait, après mon CAP, comme je t'ai dit, j'ai arrêté. Du coup, je me suis retrouvé chez Electro-Dépôt. Je me suis dit, je vais faire un... Il me faut un taf et c'est un peu cliché, mais le jeune de banlieue, quand il veut un taf, il va faire chauffeur-livreur, tu vois. Donc, je me suis parti, j'ai démarché et tout. Je suis allé chez Electro-Dépôt. Il y en a un pas très loin de chez moi. Je leur ai demandé, est-ce que vous prenez des chauffeurs-livreurs ? Ils m'ont dit, non, on ne fonctionne pas comme ça. Nous, on ne fonctionne qu'avec des prestataires privés et tout. Du coup, je suis tombé, comme par exemple, sur le directeur.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
J'ai dit, je peux vous laisser mon CV quand même ? Il m'a dit, moi, je suis directeur, viens, je te prends l'entretien tout de suite. Et ce n'était pas prévu. Du coup, premier entretien de toute ma vie. Oui, il m'explique, oui, ça se passe comme ça, un entretien. Allez, on recommence et tout. Du coup, ça s'est super bien passé. Il m'a dit, c'est bon, tu commences vendredi. Du coup, en allant chercher chauffeur-livreur, je me suis retrouvé conseiller en vente. J'ai électrodépôt, travaillé pendant huit mois. Et après, j'ai arrêté pour des raisons personnelles. Et j'ai voyagé. Je me suis retrouvé en Thaïlande et je me suis fait tatouer. Et à partir de là, quand je suis rentré, je me suis dit, il faut que je tatoue. J'ai envie d'essayer. Du coup, je suis parti chez un grossiste. J'ai dit au mec, bonjour, je veux tatouer. Donne-moi tout ce qu'il faut. Il m'a ramené un carton. J'en ai eu pour 700, 400 ou 700 euros, je ne sais plus. Dedans, il y avait des aiguilles, de l'encre, une machine. Il y avait tout. J'ai pris le carton, je ne savais même pas ce qu'il y avait dedans. Du coup, j'ai tout ramené à la maison. J'ai tout testé. J'ai essayé sur des peaux d'orange. J'ai essayé des oreilles de cochon, les fausses peaux. Ça, ça m'a vite saoulé. Du coup, j'ai commencé à tatouer des gens. Et c'était en 2013 que j'ai commencé à tatouer.
- Speaker #1
Ok. C'était qui ta première personne ?
- Speaker #0
comment tu l'as trouvé qui a osé se faire tatouer en premier c'était quelqu'un de ma famille et mon cousin ok c'était un petit truc que j'ai fait sur le doigt et tout c'était pas mes plus beaux tatouages au début mais ça s'est très bien passé c'était mieux de la vraie peau que tout ce qui était pour synthétique et tout franchement ça n'a rien à voir donc c'est vraiment après ce voyage en thaïlande où ouais tu as compris il ya quelque chose qui s'est passé là bas et un clic
- Speaker #1
Tu as un tournant.
- Speaker #0
Il y a un mal pour un bien. Je n'avais jamais prévu de tatouer à la base. Je me suis fait tatouer. Je voulais me faire tatouer déjà en France. Je me suis retrouvé en Thaïlande. Je me suis dit, vas-y, mes potes se font tatouer. Pourquoi moi, je ne me ferais pas tatouer ? Et je ne sais pas, juste ce déclic-là, je suis rentré. J'avais envie d'essayer. Au final, ça fait 13 ans.
- Speaker #1
Est-ce que cet art t'a permis d'exprimer, on va dire, ce que tu n'arrivais pas à dire autrement ? Que ce soit le tatouage, mais aussi l'art que tu fais à côté. Parce que tu dessines, etc. Qu'est-ce que ça t'apporte ?
- Speaker #0
Bien sûr, parce que... Il y a plein de... Aujourd'hui, je me retrouve ici avec toi pour te raconter un peu ma vie, des moments de ma vie. Mais il y a des... Aujourd'hui, il y a même des gens qui vont le découvrir, même qui sont proches de moi. Mais quand tu te fais tatouer, c'est des choses que tu n'arrives pas spécialement à dire. Donc au lieu de le dire, tu le retranscris sur toi. Il y en a beaucoup qui le font aussi comme ça. C'est leur histoire personnelle à eux. Ils ne veulent pas en parler, mais ils se le dessinent sur eux. En gros, ils le racontent à leur manière. Et c'est ça que je préfère. je suis un peu un psy moi aussi c'est à dire que le client il va venir, il va me raconter et il y a des histoires de fou vraiment, et moi je vais dessiner au final il me fait confiance parce que c'est un truc qui reste à vie et retranscrire ça sur lui pour un message ça peut être n'importe quoi, le mec qui veut statuer le prénom de sa meuf, il déconseille ça peut très vite se terminer mais il y a des histoires plus folles que d'autres Et on dit, putain, je veux une confiance à moi.
- Speaker #1
T'as une histoire un peu folle comme ça, quand t'as demandé un tatouage qui t'a marqué, ou tu t'es dit, ah oui, quand même.
- Speaker #0
Folle. Bon, on m'a déjà demandé le prénom de mon copain, ceci, cela. Moi, je l'ai déjà fait avant. Maintenant, aujourd'hui, je te déconseille, en tout cas, de le faire. Si c'est pas ton fils ou quelqu'un vraiment de ta famille, et encore même, ton fils, oui, parce que tu sais que tu l'auras à vie. Mais après, un truc plus fou, c'est que j'ai tatoué une femme. qui était quand il y a eu les attentats à Nice. Elle était sur place. Elle était là 30 secondes avant que le camion passe. Donc, elle est venue et elle voulait se faire un tatouage par rapport à ça, en hommage. C'est-à-dire qu'à 30 secondes près, elle était peut-être plus là. Donc, il y a des histoires très, très émouvantes. Comme quelqu'un, une dame qui avait perdu un enfant. Elle avait accouché, elle a perdu son enfant. et juste... Quand je l'ai tatouée, elle était tellement heureuse qu'elle a pleuré.
- Speaker #1
On va en parler, on va en parler des cajous. Mais entre-temps, tu as eu des pop-up stores, tu m'as dit, notamment à Saint-Michel, à Châtelet. Et après, tu as eu l'ouverture de ta boutique à Aulnay, dans laquelle tu travailles actuellement. Donc, c'était quand le moment où tu t'es dit, ok, là, je vis vraiment de ma passion ?
- Speaker #0
En fait, comme tu as dit, les pop-up stores, j'ai eu... Saint-Michel pendant 15 jours. Et après, à Châtelet, on a eu ça pendant un mois. On a retourné Châtelet. Parce que dans la boutique, tu pouvais venir te faire tatouer, couper les cheveux, customiser ta paire de chaussures. Il n'y avait que des marques émergentes. Quand tu viens de commencer un truc, tu viens de créer ta marque, c'est difficile. Soit tu dois avoir un produit incroyable, soit tu dois connaître du monde. Et aujourd'hui, même si tu connais du monde, les gens ont du mal à te pousser vers le haut. Et du coup, on voulait... aider les nouvelles marques c'est à dire que moi aussi j'avais ma propre marque de vêtements mon associé qui était là avec moi elle avait sa propre marque ça nous permet nous ça nous permettait de mettre en avant les gens qui étaient avec nous et de nous mettre aussi en avant et le but c'était vraiment de chacun ramène son son portefeuille client on va dire ses connaissances et tout le monde se rencontre ici tu vois certes tu es photographe il y avait des photographes qui exposent aussi leurs leurs photos il y avait des vies à des as qui venait Tous les jeudis soirs, on faisait After Work, Open Mic, il y avait un barman. Donc c'était vraiment cool. Et du coup, ça, c'était éphémère. Et à la base, on devait, je voulais faire ça, mais en fixe,
- Speaker #1
tu vois.
- Speaker #0
C'est tombé à l'eau et rien n'arrive au hasard. Il y a eu le Covid. Il y a eu le Covid, je suis devenu papa. Donc avoir une boutique sur Paris, payer un loyer, tu ne peux pas profiter de la boutique, c'était compliqué. Donc rien n'arrive au hasard. Ça ne s'est pas fait. Et en 2023, j'ai eu ma première boutique avec mon associé, qui est plus qu'un associé, c'est un ami et même quelqu'un de ma famille. Et aujourd'hui, on a ouvert ça. Et ça se passe super bien. En tout cas, ça fait deux ans, on est encore là.
- Speaker #1
Du coup, ta boutique, comment elle s'appelle ?
- Speaker #0
Ça s'appelle Los Artenca.
- Speaker #1
Los Artenca. Donc, si vous êtes à Olney, vous voulez passer à Olney, vous faire tatouer à Los Artenca, voilà, n'hésitez pas. Vous serez accueillis par Samad ou Monsieur Cajouk directement.
- Speaker #0
Pour les tatouages et nettoyage de basket, vu qu'on fait tout ça aussi. Ah oui, il y a le nettoyage de basket aussi. Restauration, on nettoie les sacs à main, on fait tout ce qui... Et vu que ça existait que sur Paris, tout ça, on a voulu le mettre en banlieue parce que quand tu es en banlieue... Tu veux faire un truc, tu dois toujours aller sur Paris. C'est vrai. Et avec le Grand Paris, on s'est dit, au lieu que ce soit la banlieue qui va sur Paris, on veut que ce soit soit nous déjà la banlieue. On reste en banlieue et que, pourquoi pas, les Parisiens qui viennent chez nous, tu vois.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Donc, ça fait deux ans et ça se passe super bien.
- Speaker #1
Magnifique.
- Speaker #0
Jusqu'au bout pour l'instant, ça va bien.
- Speaker #1
Je te souhaite que ça dure et même que ça évolue.
- Speaker #0
Oui, c'est sûr. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Et tu m'as dit, ah oui, tu m'as dit une phrase, tu m'as envoyé une phrase. Tu dis « je crois autant en moi que je crois en Dieu » . Qu'est-ce que ça signifie pour toi cette phrase, concrètement, dans ta manière de prendre peut-être des risques, de construire ta vie ?
- Speaker #0
Ça peut peut-être paraître surdimensionné pour certaines personnes, parce que personne n'a la hauteur de Dieu, on va dire, tu vois. Mais ça montre à quel point je crois en Dieu et à quel point je crois en moi. Parce qu'en gros, il n'y a pas plus grand que Dieu, tu vois. Après, tout dépend des croyances de chacun. Mais tellement je crois en moi, en gros, personne ne va m'arrêter. Si j'ai décidé que ça se passera comme ça, ça sera peut-être difficile, mais je vais y arriver. Peu importe la manière, mais je sais que je vais y arriver.
- Speaker #1
Pour toi, c'est ça ta force, ton moteur ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Il faut s'aimer ça même, croire en soi ?
- Speaker #0
Ah oui, si tu ne crois pas en toi. Déjà que les gens que tu connais, ils ont du mal à croire en toi. Si toi, tu ne crois pas en toi, si toi, tu ne t'aimes pas.
- Speaker #1
arrête tout tout de suite ça sert à rien c'est vrai en tout cas moi je crois en moi et jusque là ça me réussit c'est pas toujours facile mais jusque là ça va justement tu me dis c'est pas toujours facile quels ont été les passages les plus difficiles selon toi dans ton parcours pour en arriver là où on tournait est-ce que t'as eu vraiment des passages où tu t'es dit ouais non là je vais tout arrêter ou là c'est compliqué là je le perçois en tout cas comme un échec est-ce que t'as eu des moments vraiment comme ça où t'as eu des remises ? en question assez forte ?
- Speaker #0
J'ai eu un enfant. Aujourd'hui, je ne suis plus avec sa maman. Du coup, ça, c'est un échec. Parce qu'au début, tu veux fonder ta famille, tes enfants, la femme de ta vie, tu penses. Au final, ça s'arrête. Tu te dis, mince, qu'est-ce qu'il y a à clocher ? Mais au final, peut-être qu'on s'est rencontrés juste pour avoir un enfant. Et cet enfant-là, il est incroyable. C'est mon meilleur ami aujourd'hui. Donc, au début, tu peux penser que c'est un échec, mais au final, ce n'est pas un échec. C'était juste une étape. et après cette relation là même moi j'ai j'ai remarqué que j'avais pris vachement en maturité et je le ressens et c'est la première fois de ma vie que je le ressentais tu vois c'est à dire que avec le recul je dis ah ouais en fait tu as évolué bon s'il s'est passé ce qui s'est passé tu vois tu avais pas prévu ça mais c'est la vie voilà et aujourd'hui j'ai un enfant incroyable et qui me qui me donne énormément d'amour je rends vraiment peut-être Je vais déjà les dire peut-être trop, mais non, il n'y a jamais trop de la merde. Mais au moins, il apprend à recevoir de l'amour et lui aussi à en donner. Et c'est des choses que nous, on n'avait pas spécialement quand on était jeunes. Si je te dis, est-ce que ton père petit, il te disait qu'il t'aimait tous les jours ? Je ne pense pas. En tout cas, moi, ça ne m'arrivait pas. Et je pense qu'on est beaucoup comme ça. Et aujourd'hui, mon fils, je lui dis 100 fois par jour. Enfin, peut-être pas 100 fois, mais je lui dis énormément. Je t'aime, je t'aime, je t'aime. Et lui aussi, tu vois. Et je pense que c'est cool. Je pense que c'est bien de lui faire ressentir ça, qu'il a de l'amour à donner et à recevoir, en tout cas à prendre.
- Speaker #1
Une magnifique relation en tant que père, mais aussi une belle relation, je pense, toi, en tant que fils, parce que tu m'as expliqué qu'en 2024, il y a la maladie de ton père qui t'inspire la création des fameux cajous. Déjà, tu vas m'expliquer un peu plus en détail pourquoi les cajous, mais aussi comment, selon toi, la douleur peut-elle devenir une source de création ? et de sens plutôt qu'affreint ?
- Speaker #0
En fait, je dessinais déjà. Je me rappelle, c'était une toute petite figurine et je dessinais des formes. Ça n'avait pas spécialement de nom. Et à force de faire, je trouvais que les formes que j'interprétais sont empliquées de support, ça ressemblait à une noix de cajou. Et avant, quand je disais ça aux gens, « Monsieur Cajou » et tout, je ne comprenais pas trop. Et après, au final, comme tu as dit, en 2024, j'ai mon papa qui est tombé malade. une cirrhose du foie et du coup je me suis intéressé à tous les bienfaits de la note cajou. Il s'avère que ça a des vertus incroyables pour le foie, pour la régénération et tout. Et à partir de... C'est comme si c'était un déclic, tu vois. Quand je vais faire des cajous ou un truc, c'est ma façon, en gros, de remercier mon papa, tu vois, mon père, pour tout ce qu'il a fait quand j'étais petit, tu vois. Parce que c'est un moment difficile. Moi, je suis au travail, on t'appelle, oui, ton père, il est à l'hôpital et tout, tu le retrouves, au final, ton père, tu le revois, il est méconnaissable. Et tu te retrouves à devoir, du coup, t'occuper de ton père, tu lui fais la douche, carrément. Et après... Il y avait la relation où ton papa ne te dit pas spécialement « je t'aime tous les jours comme nous aujourd'hui » . Et cette relation-là, au final, tu te retrouves « c'est moi, je suis là, je vais te faire la douche » . Donc même toi, tu es le père et tu vas te cacher un peu parce que tu te dis « putain, mon père, mon fils, je n'ai pas envie qu'il me voit tout nu » . Peut-être que tu as cette petite honte, en gros, parce que tu es tombé malade. Au final, il n'y a pas de honte. Donc je suis là, je m'occupe de... de toi comme je peux, ce que je peux faire en tout cas. Et c'était vraiment ça, ce truc, les noix de cajou, ça a pris tout son sens en tout cas là. Les bienfaits, et aujourd'hui si je fais des cajous partout, les gens vont voir des cajous un peu, que des formes qui s'en cremellent partout, et non, c'est des remerciements en gros. Et c'est pour ça, le but c'est de voyager avec mes cajous, et il y en a qui vont crier, comme on dit, ouais je pourrais crier sur tous les toits que... Genre je t'aime, ceci, cela, non moi je vais le dessiner partout. Mes remerciements ils vont aller partout. Et le but c'est de, tu comprends de dire ça, mais conquérir le monde on va dire. Là tu vois des cajous, même ça c'est ma façon de remercier mon papa, mon père. Donc voilà, c'est un peu ça l'histoire.
- Speaker #1
T'as déjà conquis pas mal de choses, puisque t'as fait, beaucoup t'ont demandé des cajous, soit des toiles, soit des coréens, peut-être des intérieurs, t'as déjà fait non ? Je ne sais pas si tu as fait des tatouages, mais tu as fait énormément. Et jusqu'à Adidas, Hit Contact, en 2025. Et donc, magnifique, tu as collaboré avec eux, notamment sur des paires.
- Speaker #0
Sur des chaussures, oui, pour de la customisation.
- Speaker #1
Donc, qu'est-ce que tu ressens intérieurement à ce moment-là ?
- Speaker #0
C'est incroyable. Si on m'avait dit, ouais, tu vas travailler avec Adidas, je t'aurais dit, peut-être, je ne sais pas. Aujourd'hui, c'est ma mentalité où je vais dire peut-être, je ne sais pas. Mais avant, si on m'avait dit que j'allais travailler avec une marque comme... Parce qu'on va dire les plus grosses marques pour moi de streetwear, c'était Nike ou Adidas. En tout cas, mes préférées, on va dire, tu vois. Et on contacte une agence et ils me disent qu'il y a une opération à faire pour la sortie de la Superstar. Donc ouais, ok, je suis chaud. Les dates, ok, c'est bon, je suis chaud. Même si je travaillais dans le sud, je suis parti avant, je suis rentré directement, je me suis retrouvé à Adidas Val d'Europe. Et au final, quand tu avais la paire de Superstar, tu achetais une paire de Superstar, et tu avais la customisation offerte. Et du coup, on était plusieurs artistes sur plusieurs tics en France. Moi, j'étais à Val d'Europe pendant trois week-ends. Et du coup, il y avait énormément de monde qui est venu. Ça veut dire que je crois que j'ai fait plus de 130 paires en trois week-ends. Et du coup, 130 paires qui avaient des cajous sur leurs pieds. Du coup, j'ai 130 remerciements qui se baladent. Donc, c'était vraiment incroyable.
- Speaker #1
Félicitations et comment tu le perçois ce moment là ? C'est à dire est-ce que c'est un peu comme une validation, une revanche sur le passé ou juste une nouvelle étape plutôt naturelle ?
- Speaker #0
Je pense que ça s'est fait naturellement parce que c'est pas moi qui ai démarché du coup. On m'a démarché du coup parce qu'on a aimé ce que je produis tu vois. Et est-ce que je peux dire une revanche ? Non parce que... Je ne suis pas là pour régler des comptes ou quoi que ce soit, mais si ça devait se faire, si ça s'est fait, c'est que ça devait se faire.
- Speaker #1
C'est une suite logique. En espérant qu'il y ait toujours des étapes. Bien sûr. Oui, pour le moment,
- Speaker #0
c'est juste une étape.
- Speaker #1
Félicitations. Justement, tu es sur ce podcast pour parler d'Ikigai. Tu m'as dit hier, en fait, c'est quoi l'Ikigai exactement ? Très bien, je vais te la prendre sur le podcast en direct. Donc l'ikigai, pourquoi on parle d'ikigai ? Ça signifie en japonais trouver sa voie. Et ça implique 4 cercles, parce que c'est représenté par des cercles, à valider. Tu vas trouver sa voie selon ce concept, si tu fais quelque chose que tu aimes, quelque chose dans lequel tu es doué, quelque chose pour lequel tu gagnes de l'argent, et quelque chose aussi qui apporte au monde. Si tu as ces 4 étapes-là, tu as ton ikigai, tu as trouvé ta voie. Est-ce que tu penses aujourd'hui avoir trouvé ton ikigai ?
- Speaker #0
Je suis à 3 sur 4, je pense alors.
- Speaker #1
3 sur 4 ? Vas-y, dis-moi.
- Speaker #0
Avec les cajons, je produis.
- Speaker #1
Ce que tu aimes ?
- Speaker #0
J'aime, je le fais. En plus, on me demande par rapport à moi. au tatouage ouais ça toujours été ta passion non ça jamais été ma passion de tatouage ok jamais été passionné à force de le faire oui j'ai pris j'ai aimé plusieurs choses dans la relation avec les clients et tout mais si on me demande où est des cajous je peux en faire tous les jours du matin au soir là je vois vraiment c'est ma passion toi et peut-être parce qu'il ya ce message là derrière qui fait que c'est ça devient ma passion mais ouais j'ai ça donc je fais ce que j'aime après c'était quoi les autres pour lequel tu es doué ouais je pense pour lequel tu gagnes de l'argent Pas assez encore.
- Speaker #1
Pas encore assez. Il y a celui-là à développer.
- Speaker #0
3 ou 3,5.
- Speaker #1
3,5. Et qui apporte au monde. Je pense que ça apporte.
- Speaker #0
Qui apporte au monde, ouais.
- Speaker #1
Je pense qu'en soi, ça apporte. Surtout qu'il y a un message derrière. Ça apporte déjà, ne serait-ce qu'à ton père, à toi-même pour le message. Et l'art, dans tous les cas, va apporter. Parce qu'en fait, on va acheter par rapport aussi à ton histoire. On va en vouloir parce que, voilà. Il y a de l'esthétique. Il y a une histoire. Les gens qui m'ont secoué aussi pour avoir les paires de baskets Adidas. customisé par M. Cajou, c'est que ça t'apporte quelque chose.
- Speaker #0
Bien sûr, c'est une fierté. Franchement.
- Speaker #1
Donc, t'es pas loin de ton Ikigai. Tu pourrais encore évoluer ?
- Speaker #0
Oui, je suis loin.
- Speaker #1
Mais t'es sur ta voie, en tout cas.
- Speaker #0
Je pense que je suis sur la bonne voie. Je sais qu'un jour ou l'autre, j'aurai mon Ikigai, comme tu dis. Mais pour l'instant, je suis pas... Je me rapproche.
- Speaker #1
Magnifique.
- Speaker #0
Je me rapproche, je me rapproche.
- Speaker #1
Quel conseil tu donnerais ? À quelqu'un qui n'ose pas encore vivre de sa passion ?
- Speaker #0
Ose. Ose grave. Regarde, là, on a parlé de Adidas. On va dire que c'était mon plus gros projet, parce que c'est la marque avec qui j'ai travaillé la plus grosse. Mais le plus gros projet que j'ai eu, en gros, ce n'est pas celui-là. J'ai pu collaborer avec, comme je t'ai dit, ma boutique, elle est à Olnay-sous-Bois. Du coup, j'ai pu collaborer avec la ville d'Olnay-sous-Bois et une association. avec des jeunes du coup il y avait un site de recyclage ok qui devait embellir tout leur mur c'est à dire qu'ils avaient des graffitis à faire sur leur mur et tout et du coup moi j'ai été contacté via une personne je me du coup je me suis rendu à la mairie à la mission locale et tout et j'ai été après présenté sur le site avec la société s'appelle nge ok je revends et du coup il y avait une fois sur place Moi, je pensais, ils m'ont expliqué, ils m'ont dit, il y a des murs, il y a des dessins à faire parce que les murs, ils sont bruts. Ils voulaient embellir. Ils voulaient embellir et c'était le plus gros site en France ou en Ile-de-France qu'ils viennent de créer. Du coup, j'avais rendez-vous avec le directeur de cette entreprise et tout. Et je me suis, sur place, j'ai vu qu'il y avait beaucoup de taf. Il y avait 400 mètres carrés en tout. Du coup, ils m'ont expliqué, il y a ça. On avait quoi ? On avait deux mois, je crois, pour le faire.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
400 mètres carrés de graffes. Du coup on a fait le rendez-vous, il n'y avait pas de problème et après je suis monté dans la voiture avec mon ami qui m'a accompagné. Je l'ai regardé, je lui ai dit tu sais que j'ai jamais fait de graffes de ma vie. Il m'a regardé, j'ai dit ouais j'ai jamais fait de graffes. Je lui ai dit mais là il y a 400 m² à faire là. J'ai dit oui je suis obligé de le faire tu vois. Et du coup je me suis retrouvé à être chef de projet, directeur artistique, j'ai dû dessiner, j'ai dû trouver les graffeurs qui devaient bosser avec moi. Parce que 400 m², pour un mec qui n'a jamais fait de graffe, c'est impossible. Déjà, pour un mec qui le fait, je pense que ça prend du temps. Du coup, j'ai monté mon équipe. On était 4 ou 5 graffeurs. Et c'était compliqué parce que tu devais gérer les commandes. C'était tout nouveau pour moi, tu vois. Je me suis vraiment embarqué dans un truc. C'était compliqué, mais c'était incroyable. Parce qu'au final, je bossais dans mon salon de tatouage la journée. Le soir, à 17h, j'allais sur le chantier là-bas. Je travaillais toute la nuit. Le matin, je rentrais, je prenais une douche, je retournais au travail. J'avais une poingesse tombée. Mais j'ai tenu à partir du moment où je te dis ça, OK, ça, OK. C'est-à-dire que si telle date, c'est à faire, ça sera fait. Et en plus, après, il y avait l'inauguration avec le maire de la ville. Donc, je ne pouvais pas louper. Je ne pouvais vraiment pas louper. Tout ça s'est bien passé. Pour ça, il ne faut pas hésiter. Je suis parti dans un truc. Franchement, je ne savais pas. Je ne savais pas du tout quoi faire. Donc, si tu as des projets, si tu as un rêve et tout, va. Moi, tu vas me dire. Et c'est là-haut, j'ai fait des cajous aussi. Le truc, pourquoi j'ai accepté ? Parce que c'est un site de recyclage et tout. Et au final, il y a eu l'aspect aussi où la noix de cajou, comme je t'ai dit, la noix de cajou, ça a des bienfaits pour notre environnement à nous. C'est le foie, tu vois. Et là, le site de recyclage, c'est pour l'environnement aussi. Du coup, ça a fait ce... Ce rapprochement où j'ai dit ok.
- Speaker #1
Ça a du sens. Au début,
- Speaker #0
on m'a proposé. J'ai dit, mais moi, je ne fais pas de graphes. Si je vais, je fais mon style à moi. J'avais des cajous et tout. J'ai dit, c'est toi qui gère, t'inquiète pas. Au final, sur les murs, il y avait du sable à faire pour les compartiments. Il y avait du sable, des graviers et tout. Donc, on a tout mis en place. On a fait nos dessins. Mais du coup, j'ai rajouté, moi, mon motif cajou. C'est-à-dire, sur tous les murs, il y a des cajous. Donc, c'est vraiment ça qui a le plus de sens, le plus gros projet, tu vois. Adidas, c'est bien, mais c'est encore différent.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, est-ce que tu aurais un goal, un but ultime comme ça ?
- Speaker #0
Oui, voyager dans le monde entier.
- Speaker #1
Grâce aux cajous. Oui. Ok.
- Speaker #0
Parce que là, c'est bien, je fais un peu de tout, tu vois, comme je te dis, je fais un peu de couture, j'ai fait des cajous sur plusieurs paires de chaussures, sur des sacs à main ou des trucs. Mais j'ai envie qu'on m'appelle. Oui, je veux faire des cajous là, tu vois. T'as Virgile Abloh qui a travaillé, qui a fait des écritures sur des chaussures. Moi, j'ai envie qu'on appelle Monsieur Cajou parce qu'on veut des cajous, parce qu'on trouve ça incroyable. Après, il y a ceux qui connaissent ou qui vont connaître la raison, tu vois, l'histoire derrière ça. Et il y a ceux qui ne connaissent pas, la plupart ne connaissent pas, et du coup, ils aiment déjà le motif, parce qu'ils trouvent ça incroyable. Et peut-être que, du coup, par rapport à cette histoire, les gens vont encore plus se projeter et encore plus s'aimer. Et mon but, c'est vraiment de voyager avec ça.
- Speaker #1
En tout cas, je n'en doute pas et je crois beaucoup en toi et ton talent, parce que j'adore ton art, ce que tu fais, je te dis sincèrement. Donc, je n'en doute pas, je te dis, tu vas aller loin. Je te le souhaite, plus loin qu'actuellement. Ça, c'est mon petit message personnel.
- Speaker #0
C'est gentil.
- Speaker #1
J'ai une dernière question pour toi, Monsieur Cajou. Monsieur Cajou, Anthony, je vais t'appeler Anthony. Est-ce que j'aimerais que tu repenses au toi, enfant, au petit garçon de 11 ans qui avait fugué de chez sa mère. Qu'est-ce qu'aujourd'hui tu lui dirais et est-ce que tu penses qu'il serait fier de l'homme que tu es devenu ?
- Speaker #0
Oui. Qu'est-ce que je lui dirais ? T'as bien fait. T'as bien fait. Comme je t'ai dit, s'il y a des choses qui arrivent, je ne crois pas au hasard. S'il s'est passé ça, c'est que ça devait se passer. Il s'est passé plein d'autres choses, mais tu as bien fait. En tout cas, la personne que tu es aujourd'hui, c'est par rapport à tout ce que tu as vécu. Merci à mon père, merci à ma grand-mère de m'avoir élevé de cette façon-là. Je les remercie, mais j'ai bien fait. En tout cas, j'ai pris le bon chemin. J'ai pris le RER. Je suis rentré chez mon père. C'était le bon chemin à prendre, en tout cas.
- Speaker #1
Oui, bravo. Bravo pour le parcours. Bravo pour toute cette expérience que tu as su transformer, revivre. Voilà, c'est le message aussi qu'on veut faire passer. C'est que, peu importe les difficultés, si tu sais le transformer en force, tu me diras si... Tu partages cette même vision-là ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais peu importe, ce ne sont jamais des échecs, comme tu as dit. Tu voyais forcément, tu vois vivre des choses comme des échecs, mais en fait, c'est un parcours, c'est une expérience, c'est une étape. Et si tu sais transformer ça en force et mettre ça dans ce qui te fait vibrer et le transformer pour ta part, par exemple, en art, en travail, en passion, échanger ça avec des gens, partager ça au monde, tu ne peux aller que très loin. tu te retrouves à collaborer avec Adidas à peut-être voyager autour du monde à monter ta propre boutique de tatouage c'est sûr surtout qu'au début quand j'ai commencé à tatouer j'étais critiqué il y avait des gens qui me suivent même aujourd'hui sur les réseaux c'est la critique, le jugement quand tu vas te lancer tu vas toujours subir c'est fou ouais mais non il tatoue
- Speaker #0
Il va niquer notre métier, ceci, cela. Aujourd'hui, cette même personne-là, elle me suit sur les réseaux. Moi aussi, je la suis parce que je ne suis pas quelqu'un de rancunier. Si tu as quelque chose à me dire, tu me l'as dit en face et on peut discuter, il n'y a pas de problème. Mais cette personne-là m'avait même demandé de bosser avec elle et tout.
- Speaker #1
Excellent.
- Speaker #0
Non, il y a des gens qui m'ont critiqué.
- Speaker #1
Ça fait partie du jeu. Ça fait partie du jeu, exactement. Ça fait partie du jeu.
- Speaker #0
J'adore la critique. Si tu me critiques, si tu me fais une critique constructive, je vais te remercier même. tu peux me critiquer, tu peux me dire non fais pas ci, fais pas ça parce qu'il y a un message derrière parce qu'il y a un truc,
- Speaker #1
c'est de la bonne volonté si tu me critiques juste pour me critiquer je vais pas le dire là là mais je veux pas tu sais ne pas prendre ça trop à coeur personnellement et tu sais faire le distinguo entre ceux qui veulent te conseiller peut-être parfois maladroitement mais qui vont t'aider peut-être à évoluer ou à analyser ton parcours peut-être que même leurs conseils sont pas forcément bons Merci. faire la part des choses.
- Speaker #0
Mais je prends.
- Speaker #1
Mais on prend. On prend, on écoute, et puis on avise.
- Speaker #0
C'est pas parce que toi, t'as ta façon de penser, que moi j'en ai une autre, que direct on doit rentrer en guerre. On peut ne pas être d'accord.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Le débat, il va partir d'ici, tu vois. Mais c'est pas parce que toi, t'as cette pensée-là, moi la mienne, qu'on doit être en désaccord tous les deux. C'est ta façon de penser, moi c'est la mienne. On est juste différents, mais c'est pas pour autant que je t'aime. Tu peux discuter, il n'y a pas de problème.
- Speaker #1
Exactement. Tout est dit, monsieur Cajou. Au moins que tu aies quelque chose à ajouter aussi, peut-être un message à faire passer.
- Speaker #0
À part tout ce que j'ai dit, si tu as un projet, si tu as un rêve, n'attends pas la validation de tes amis, encore moins de ta famille, parce que ce n'est pas eux qui vont te soutenir en premier. Le plus grand soutien, en tout cas, il vient des gens que tu ne connais pas, des gens qui ne te connaissent pas. Pour quelles raisons ? J'en ai aucune idée. Je pense qu'on est beaucoup à ne pas savoir non plus. Mais si tu as ton idée en tête, n'écoute pas les gens. Pense. Si toi, tu crois en toi, tu as confiance en toi, la seule validation que tu dois avoir, c'est la tienne. Donc voilà.
- Speaker #1
Il y a des choses qui se ressentent et qui nous font vibrer dans le monde. Quand tu as quelque chose en tête, tu sens que ça te fait vibrer, ça te démange, tu n'endors à peine la nuit. Il faut que je fasse ça, il faut que je fasse ça.
- Speaker #0
Je prends des médicaments pour dormir la nuit. Voilà, tu vois. Ma tête, elle en...
- Speaker #1
Parfois, ça peut être des choses même qui te font peur, qui t'effraient. Tu vois, c'est des challenges. Tu vas devoir parler devant du monde. Tu vas devoir présenter ton œuvre devant des gens. Il y en a beaucoup qui ça fait pipi et que ça bloque.
- Speaker #0
Surtout quand on t'entreprend. Tu ne te dis pas, je vais travailler de 9h à 17h. Je sais qu'à la fin, à 17h, j'ai fini ma journée. Ça reprend le lendemain. Non, tu as fini ta journée. Tu dois rentrer. Tu as tout ton perso qui t'attend. Mais en même temps, tu as le pro parce que tu dois préparer tout le reste. Donc, tu n'arrêtes jamais en fait.
- Speaker #1
Tu n'arrêtes jamais.
- Speaker #0
Tu n'arrêtes pas. ça c'est notre life autant que ce soit pour quelque chose qui a un sens pour toi et du coup après quand tu fais un truc qui te plaît c'est de la facilité c'est plus facile tu n'as pas l'impression tu lèves le matin au final je me retrouve avec des gens je les tatoue, j'écoute la musique, je rigole mon métier c'est un rêve tu vois tu rigoles il y a des gens qui sont à l'usine aujourd'hui j'ai cette chance de faire un truc qui me plaît Dieu merci, papa merci, mamie merci en tout cas. C'est mon parcours, c'est grâce à eux. Du coup, je suis bien content. Je suis très reconnaissant en tout cas.
- Speaker #1
Merci en tout cas. Merci d'être confié à ce micro, à tous ceux qui vont nous regarder, qui cherchent peut-être leur Ikigai, qui l'ont peut-être trouvé, mais qui ne sont pas sûrs, qui cherchent à trouver leur voix en tout cas. C'est grâce à ces parcours aspirants qu'on peut être inspiré, nous aussi, et qu'on peut se dire que... C'est possible pour nous tous. Donc merci encore, Monsieur Cajou. Vous pouvez le suivre sur ses réseaux que je vais mettre. Instagram. T'as un site internet ? Pas encore. Mais suivez-le sur Instagram parce qu'il y a plein de choses qui vont arriver. Il y a des collections, des Cajou, des tableaux. Si vous voulez vous faire tatouer, peu importe. Pas le prénom de votre copain ou de votre copine, c'est tout ce qu'on demande. Et voilà. Et puis mon gars, au plaisir en tout cas.
- Speaker #0
Merci, à toi aussi.
- Speaker #1
Merci, merci à Aurora Studio, Aurora Agency, Kevin Lydie à la caméra et à la prochaine.