- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans le podcast de Journal d'Endurance. C'est à Florac, à la veille de sa mythique 160 km que nous avons enregistré cette conversation. Et justement, s'il y a bien un rêve que partagent tous les cavaliers d'endurance, c'est celui d'aller un jour au bout d'une 160 km. Mais pour y arriver, les étapes sont nombreuses, d'autant plus lorsqu'on accompagne un cheval depuis le début. C'est donc la question que j'ai posée à trois professionnels. Julia Montagne, Daniel Olivier et Romain Laporte, qui sont à la fois éleveurs, entraîneurs et cavaliers. Comment construire un cheval pour qu'il puisse aller loin, mais aussi et surtout durer ? Cette conversation nous a permis de revenir sur les étapes de la carrière d'un cheval, des bourrages, aux premières grandes échéances, discuter des différents circuits et championnats dédiés aux jeunes chevaux, mais aussi de parler de quelques chevaux d'exception qui ont marqué leur parcours. Parce que lorsqu'on est professionnel, construire un cheval pour qu'il dure implique aussi de composer avec une autre réalité, celle du commerce. Comment prendre le temps de former et de préserver un cheval tout en répondant aux attentes des propriétaires et des acheteurs ? Vous l'avez compris, ces conversations, on les enregistre directement sur les terrains de concours. Donc les conditions d'enregistrement ne sont pas toujours optimales. Cette fois-ci, c'est le vent qui s'est invité à notre conversation, donc parfois certains mots sont mâchés. mais promis, rien qui ne pourra vous empêcher de profiter de cette conversation. Je vous souhaite une bonne écoute. Bonjour messieurs et bonjour madame. On est en plein milieu de la piste de Florac là, donc on est dans le thème, c'est super. Merci de prendre le temps pour cette interview. Je voudrais vous proposer de vous présenter en quelques mots pour commencer. Honneur au doyen.
- Speaker #1
Hola, donc je m'appelle Daniel Olivier. Je monte le cavalier d'endurance depuis assez longtemps quand même. Et on a une écurie maintenant de propriétaires en Bretagne. Avant, on avait un club. On a vendu la partie instruction pour se consacrer la fille et moi au club endurance. Et au tourisme équestre aussi.
- Speaker #0
Donc, ça fait combien de temps à peu près que vous êtes dans l'endurance ?
- Speaker #1
Oh là ! Depuis le tout début des années 80... 85, 86, je pense.
- Speaker #0
Ok, donc bien 40 ans.
- Speaker #1
Je ne me rappelle plus exactement.
- Speaker #0
Ok, super.
- Speaker #2
Bonjour, Romain Laporte. Cavalier d'endurance aussi, depuis maintenant. Je disais tout à l'heure que j'avais fait mon premier Floracan 2001. J'avais attaqué un petit peu avant. à partir de 14 ans. Et maintenant, on est installé avec Sonia en Aveyron, entre Millau et Lequelard, sur le plateau du Larzac, avec une structure d'élevage et des chevaux de compétition.
- Speaker #0
Et vous avez été longtemps entraîneur pour la Royale Cavalry d'Oman.
- Speaker #2
Et on a été, avec Sonia, pendant 10 ans, entraîneur. J'étais entraîneur national du Sultanat d'Oman pendant toutes ces années-là.
- Speaker #0
Ok. Vous aviez jusqu'à combien de chevaux à l'entraînement en même temps ?
- Speaker #2
Pour les Omanais, on ne montait pas sur des gros nombres. Au maximum, je pense qu'on en a eu 24 pour la Royal Cavalry.
- Speaker #0
Ok,
- Speaker #3
super. Bonjour, je suis Julia Montagne. Moi, ça fait beaucoup moins longtemps que je fais de l'endurance. Ça fait moins de 15 ans. Et là, je suis installée en Espagne, à Villaltella, avec Robert Diaz Noguera. Et notre activité, c'est principalement, moi j'entraîne les chevaux pour nous et pour des clients.
- Speaker #0
Parfait. Ok. Le sujet de notre discussion, le fil rouge de tout ce dont on va parler là pendant une petite heure, je pense, ça va être comment est-ce qu'on construit un cheval pour qu'il ait une longue carrière. Ça sera ma question. Pour commencer, j'aurais aimé savoir... comment est-ce que vous, qui êtes aussi un petit peu éleveur, cavalier, entraîneur, vous commencez à réfléchir au fait que ce cheval-là va un jour faire 160. À quel moment est-ce que ça arrive dans votre réflexion ?
- Speaker #3
Alors nous, on est très peu éleveurs, on fait vraiment ça que pour le plaisir, mais au final, c'est notre but de pouvoir amener les chevaux à 160, donc on espère qu'ils puissent tous y arriver. Je pense que dans un premier temps, ça part par la... La construction de la génétique, quoi. Le choix des mariages et ensuite... La période d'élevage, puis tout l'entraînement, mais je suppose que ça démarre par le choix des parents.
- Speaker #1
Alors ce que vient de dire Julia est vrai, c'est forcément, la génétique est importante. Ce n'est pas une loi exacte, ce serait trop facile, mais on doit s'occuper de la génétique. Ensuite, le poulain grandit. Au départ, on n'a qu'un critère. C'est le rythme cardiaque. Un poulain qui a déjà un rythme cardiaque bas, on sait que c'est de bonne augure. Avant, on l'a sélectionné. S'il n'a pas de bonnes allures, on peut penser que ça ne le fera pas. Jusque là, 3-4 ans, c'est à peu près les seuls critères qu'on a.
- Speaker #0
Est-ce que vous vouliez rajouter un truc ?
- Speaker #2
Compléter par rapport à ce qui a été dit jusqu'à présent. Je pense que c'est plus ou moins la vérité, un petit peu l'objectif de tout le monde. Il y a aussi un paramètre dans l'élevage qu'il faut prendre en considération, c'est éviter la blessure. Je pense que ça, c'est très important. Et après, dans la qualité de la génétique, maintenant, on a la chance d'avoir un petit peu de recul sur la discipline. Et c'est vrai que... Je trouve que ce travail d'éleveur est beaucoup plus facile qu'il y a 30 ans de ça, où il n'y avait pas forcément trop de références sur ce qu'était un beau cheval d'advance.
- Speaker #0
Vous arrivez, grâce à la sélection et à votre œil qui du coup maintenant est entraîné, vous arrivez plus rapidement à savoir ou à sélectionner peut-être ?
- Speaker #2
On regarde beaucoup aussi ce qui se fait tout au long de l'année et toutes ces années-là. sur ces lignées génétiques qui fonctionnent depuis maintenant presque le début. Et c'est vrai que pour nous, c'est beaucoup plus facile d'avoir une lecture de cette génétique-là et essayer de mettre depuis au chien à droite et à gauche justement ces lignées-là et de les croiser ensemble pour arriver à faire un cheval de 260 km. Il a la distance phare de la discipline d'endurance éthique.
- Speaker #0
Parce que 160 km, c'est quand même pas une distance qui est accessible à tout cheval pur sang arabe avec une giletine couverte.
- Speaker #3
C'est ce que disait Romain, il y a le paramètre de... Est-ce qu'il est capable d'y arriver par rapport aux blessures ou aux capacités qu'a chaque cheval ? Après, notre travail, justement, c'est d'essayer de tous les amener. Puis il n'y a qu'un cheval pour nous faire mentir aussi. et des fois il y a le... Le jeune cheval à 5 ans qui est tordu, qui ne fait pas de mine, qui est tout tranquille, qui n'avance pas. Et au final, justement, avec son caractère tout calme, il va nous emmener loin parce qu'il ne se sera pas fait mal. Et puis qu'il sera assez courageux pour le faire.
- Speaker #1
Ça peut être un petit peu compliqué parce qu'en endurance, avec la génétique, il y a eu un progrès énorme de fait, c'est sûr. On a des lignées aujourd'hui qui fonctionnent. D'autres, on sait bien qu'il faut les laisser un petit peu de côté. malgré tout ça on entraîne, on se dit tiens celui-là il a tous les critères et avant d'avoir vraiment fait on sait pas on a vu des chevaux qui étaient super bien jusqu'au 120, on a tous connu ça je pense, et puis on se dit tiens on va les amener sur ça puis après on se dit donc ce sera pas un cheval de 160 ce sera un bon cheval de 120 on peut pas biser à 100% avant que vraiment il l'ait fait Merci.
- Speaker #3
Après, il faut tenir compte aussi de nos erreurs à nous aussi. Je suis jeune entraîneur. Et puis, il y a peut-être eu un cas où des fois, je me dis mince. C'est notre travail d'être professionnel et de faire au mieux.
- Speaker #0
Mais je pense que le facteur du Kével est l'entraînement.
- Speaker #1
On a tous fait des erreurs. On a un fois celui qui dit qu'il n'a pas fait le choix.
- Speaker #2
On en fera encore.
- Speaker #1
Et on en fera encore. On se trompera aussi. Il faudra sur des chevaux. Comme disait Julien tout à l'heure, on peut se tromper.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on peut courir un cheval de 4 ans sur 20 km, un cheval de 5 ans jusqu'à 60, 80 pour la finale, et 6 ans, 100 km. Est-ce que vous vous faites justement ces circuits jeunes chevaux ? Et à votre avis, à quoi servent justement ces courses pour les jeunes ? Est-ce que pour vous, le but, c'est de les former, de les montrer aussi, parce que c'est votre travail ? C'est un peu vaste comme sujet.
- Speaker #3
Ben, alors, moi, je suis moins concernée parce que comme je suis en Espagne... Déjà, on ne fait plus le circuit et s'achève à Jeune Choubaud parce que c'est trop loin. On a eu fait quand on avait... J'avais 7 ans, on y aille. Mais c'est vrai que maintenant, on ne fait plus. Et en Espagne, les chevaux de 4 ans n'ont pas le droit de courir. Après, on n'est pas limité à 5 ans, ils ont le droit de faire 4 ans aussi, mais c'est vrai que non. En général, à 6 ans, ils font 80 kilomètres et on verra après.
- Speaker #2
Moi, je sais que personnellement, des chevaux de 4 ans, des gens ne sont pas dégoûts. Ils sont dévoués dans l'hiver des 4 à 5 ans. Et le circuit SHF, c'est une bonne opportunité, je trouve, pour amener ces jeunes chevaux à découvrir la discipline, tout ce qui est environnement, le jour des compétitions. Ça fait partie de leur formation. Moi, je vois plutôt ça comme une formation que comme un critère de sélection pour l'avenir. dans la performance physique parce que jusqu'à 80 km, on peut le faire avec... Même moi, à l'époque, j'ai démarré où je travaillais une camargue et j'ai eu fait la finale à l'USS avec une camargue sous les fesses. Donc, c'est plutôt leur montrer la discipline gentiment pour pas que ça leur soit tapé émotionnellement à la tête quand on attaque les épreuves plus importantes.
- Speaker #1
Je rejoins exactement ce que vient de dire Romain. Ça doit être un circuit de formation pour les jeunes chefs. C'est là qu'ils apprennent leur métier. Mais les faire aller très vite sur ce circuit-là, je suis un peu... Mais le règlement est bien fait. À la base. Il est très bien fait, le règlement des jeunes chefs.
- Speaker #0
Du coup, vous, quand vous emmenez un 4 ans, un 5 ans, pas un 4 ans pour Julien, mais un 5 ans ou un 6 ans sur ces courses de qualification, vous avez moins, en tout cas, ce regard de performance.
- Speaker #2
Moi, de mon expérience, pour inciter Keun, un novice adhaki, un cheval avec qui j'ai été médaillé en individuel au championnat d'Europe à Niten, avec l'équipe de France. C'était un cheval, il a fait les 5 ans, les 6 ans. Et même à l'époque des 7 ans, quand il y avait ce circuit de jeunes chevaux, chanteurs du monde à Compiègne, c'est un cheval qui n'a jamais performé selon les critères de performance pour la SHF. Ou même après, par la suite. C'est un cheval très émotif, avec beaucoup de force. Et ce circuit-là lui a permis de se former pour le haut niveau, après par la suite. Après, son palmarès, ça fait partie des faux qui ont une longévité dans la carrière et qui ont couru plusieurs championnats. Mais si on l'avait pris à 5 ans et qu'on avait voulu le juger sur sa performance, on n'a même pas le regardé.
- Speaker #0
Vous avez des histoires comme ça de chevaux qui étaient plutôt assez moyens, jeunes et qui se sont révélés être des top chevaux ?
- Speaker #2
Il y en a plein.
- Speaker #0
Il y en a plein,
- Speaker #3
je pense.
- Speaker #0
Daniel, vous avez fait ça ?
- Speaker #1
Chez moi, non. Mais je sais que t'as un collègue qui est arrivé un peu la même chose que toi. Je trouve qu'ils sont un peu communs comme ça. Et puis, ils apprennent. Ça fait des super jours. Les chevaux, il nous faut mentir.
- Speaker #3
Oui,
- Speaker #2
oui. Moi, j'ai un exemple sur un cheval. Dans une montre, paramètres, faits critères un peu sur deux. L'Ovisade, c'est Osmos de Cossanel, cheval aussi qui a fait podium à Flora, qui a étonné ma née, une année sur 130 km, qui a gagné des 120 km à Abusessac, 21 km heure. Et ce cheval-là, jusqu'à l'âge de 7 ans, il a dû faire 3,40 pour en rendre 1, 3,40 pour en rendre 2,
- Speaker #1
etc. C'est celui que vous avez ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Ah oui,
- Speaker #2
je pense. Et ce cheval-là, c'est pareil. Je pense qu'il y en a un dans sa logilité qui est aussi encore d'actualité. C'est Caïs. Si on regarde le palmarès de Caïs, au départ, il n'était pas fier. Et maintenant, à partir de 7 ans, ils se sont dit, on ne boit plus.
- Speaker #3
Moi, j'ai l'exemple de la bonne jumeau que j'ai actuellement. Elle a commencé à 7 ans.
- Speaker #0
Tu parles de Chiara ?
- Speaker #3
Chiara. Elle n'était pas très grande, toute tordue. Elle avait la dermite. On a toujours des sensations, mais après, elle a repris qu'à 10 ans. Après,
- Speaker #1
il y a d'autres cas où on ne se trompe pas et qu'on voit tout de suite qu'ils sont bons.
- Speaker #3
Il y en a qui sortent du lot.
- Speaker #1
Oui, qui sortent de l'eau tout de suite. Si je prends le 4 poids de mad, on monte dessus, on se dit, tiens...
- Speaker #3
Il y a un truc.
- Speaker #1
Il y a un truc, quoi. On galope, c'est pareil, on regarde derrière, tiens, les autres sont un peu... Lui, on a tout de suite... Par contre, la première... C'est curieux, quand même. La première 120... Sa première 120, c'est moi qui l'ai fait. Je dis, again, ce cheval-là. Il ne va pas être solide. Il aura une carrière courte, je pense. On ne lui dit pas pourquoi. Parce que déjà, au milieu du parcours, il commençait à chercher les bordures. Donc, quelque part, il était un peu sur des oeufs. Après, il a refait homo au braque. C'était l'année où il y avait eu une course de subtenu. Et on va là-bas, elle arrive pour sprinter et le cheval s'était sur le dur, sur le bitume. Hop, hop, hop, il refait le sprint. Je me suis dit, déjà, on va peut-être changer la serviette. Et puis, je me suis dit, on va lui faire de la thalasso toute sa vie. On va voir.
- Speaker #0
Vous avez la possibilité.
- Speaker #1
J'avais travaillé sur des chevaux de course avant, j'en ai en bord de mer. Il y avait des tendons, des bananes, comme ils appellent ça dans les courses. On en a retapé pas mal. Et je me suis dit, celui-là, il faut qu'on baigne le... le plus possible. En fait, il a passé sa vie dans le... Alors, peut-être aussi. Mais on savait qu'il était beau. On savait qu'il était extraordinaire dès le départ. Voilà. Mais on avait trouvé cette sensibilité-là, et je crois que si on n'avait pas été en bord de mer, il serait pas vrai.
- Speaker #0
Pour revenir aux jeunes chevaux, donc j'imagine que quand vous avez un 4 ans que vous débourez, ou un 50, vous avez déjà cette... notion de longévité, parce qu'un bon cheval d'endurance, c'est un cheval qui va pouvoir enchaîner les courses, enchaîner les saisons. Comment est-ce que vous essayez d'intégrer cette notion de longévité dans votre travail du jeune cheval ?
- Speaker #3
Je pense que ça passe par l'entraînement. Après, ça dépend beaucoup aussi d'où on travaille. On est dans la montagne, donc forcément on fait beaucoup de pas. Après, on court les... Comme on n'a pas justement ce circuit de jeunes chevaux, on... On court les qualifs juste pour faire les qualifs et on ne répète pas les courses. Et on n'est pas non plus très pressé de le faire. Après, je suppose que ça dépend aussi si c'est pour l'un de la maison, il restera en la maison tout le temps. Donc voilà, après, si c'est des chevaux pour le commerce, on est forcément obligé de les mettre à la compétition. Il faut bien qu'ils se démarquent un petit peu des autres, peut-être un peu plus tôt pour pouvoir vivre du commerce.
- Speaker #2
On fait du long élan, pas des grosses charges de travail. Sur un cheval de 5 ans, si on le sort 2 fois par semaine, dans ses débuts, je trouve que c'est très bien. Après, on ne fait jamais plus que 60 km à 5 ans. Et vraiment passer du temps à marcher avec eux, je pense que c'est important pour la construction du foncier, du métabolisme, des articulations. De toute façon, avec la qualité génétique, même pour faire 60 km avec très peu de travail, très peu de mise en souci, ils le font très très bien. D'ailleurs, c'est aussi un fait clair. Ils nous montrent avec beaucoup de fond et peu de spécifiques leur qualité le jour de la course s'ils font 60 ou 80 km à 6 ans sans fatiguer, en étant toujours... en avant, avec des bonnes récupérations, ça démontre aussi une grosse qualité pour la ville.
- Speaker #1
D'abord, ce que je veux dire, c'est qu'on est trois ici et chacun d'entre nous va adapter un peu son travail au terrain qu'il a, c'est évident. Et tout de suite, on essaie de faire en sorte que le cheval travaille dans le bon sens. C'est-à-dire ? mal de son corps qu'il ne se pose pas pour mieux s'asseoir. D'abord, on sait que le cheval est droitier ou gauche. Donc, il va pousser plus avec un postérieur canot. Donc, on essaye déjà d'avoir de la rectitude sur ces jeunes chevaux. Après, les faire marcher. Marcher, pas marcher, n'importe quand. Puis faire des galops, non. Je pense que si on travaille comme ça, Euh... on va muscler son corps et on aura plus de chance après d'être sur une carrière quand même plus longue on va avoir une histoire à l'envers Au-dessus des morts et jamais sur la rame.
- Speaker #0
Mais donc, vous faites quand même un peu de travail de galop chez un jeune chevalot.
- Speaker #1
Oui, un petit peu. Un petit peu, mais toujours du galop lent. On va comprendre. Je ne sais plus qui c'est qui a dit. On comprendra le galop par la lenteur. Alors, je vais vous raconter une petite histoire. Tiens.
- Speaker #0
Super.
- Speaker #1
Quand j'étais jeune, j'ai travaillé dans les courses. Une grosse achantie. C'est le plus gros centre d'entraînement. qu'il y a en France. J'ai un très gros entraîneur qui s'appelait Cunnington Junior. On préparait des chevaux pour des courses rapides, 1000 mètres ligne droite. D'accord ? Il n'y a pas plus vite. On travaillait dans la lente. Il était au carrefour du Loctrie, là-bas, sur la piste des Lyons, l'entraîneur. Et on devait passer avec des poulains, des jeunes chevaux, au tout petit galop. Si vous étiez au-dessus du train, le lendemain, vous allez balayer la cour. C'est clair. Bon. On commençait à agrandir le galop quand le cheval avait mis sa musculature en place. Sans pousser, juste agrandir. C'était ça sa façon de travailler. Il recevait à peu près entre 20 et 25 yearlings par an. Sur 25, il y en avait 22 ou 23 qui étaient dans l'argent, comme on disait à l'époque. Voilà. Eh bien, il travaillait toujours la longitude du galop.
- Speaker #0
Pour aller près des...
- Speaker #1
J'ai toujours pensé à ça. alors que c'était des courses de vitesse. Et que nous, quelquefois, on aurait tendance à dire « Tiens, il faut que je galope vite, il faut que je galope vite. » On est tenté un peu, quelquefois. On peut agrandir son galop quand la musculature est en place. Ça, c'est mon point de vue.
- Speaker #2
Je suis d'accord.
- Speaker #1
Comment ? Je suis d'accord avec toi. Tu es d'accord ? Toi aussi ?
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
Mais donc, ce travail de fond, il est quand même... Intréparable.
- Speaker #2
Puis le plan Sahara, parce que c'est une race de cheval, à 7 ans, j'ai déjà eu des chevaux qui grandissaient l'année des 7 ans. Oui, oui,
- Speaker #1
aussi. Ah oui, oui,
- Speaker #2
ça, j'aime ça.
- Speaker #1
Les chevaux à 7 ans, ils prennent 1200 km. C'est bizarre. Des fois, quand on les arrête, tu les travailles, ces eaux, tu les arrêtes et puis tu en prends, tu tiens la bande. C'est bizarre.
- Speaker #0
Qu'est-ce que vous refuseriez de faire avec un jeune cheval ? Qu'est-ce qui, à votre avis, est vraiment le truc à ne pas faire si on veut justement essayer de le préserver ?
- Speaker #3
Sous la pression, si le cheval n'est pas à nous, justement, de brûler des étapes. Il y a sûrement des chevaux qui sont plus mûrs que d'autres, plus vite, mais il faut s'adapter, je pense, à chaque cheval. Chaque cheval est différent. Et voilà, quand on travaille avec différentes personnes... C'est vraiment super agréable quand on a de l'écoute et qu'il y a des chevaux qui seront prêts justement de faire leur 80 à 6 ans ou même peut-être à 5 ans maintenant. S'il ne fallait pas prêts, qu'on puisse nous écouter. Si au quotidien, on trouve que les chevaux ne sont pas prêts pour le faire. Je ne t'inquiète pas de brûler une étape pour juste, je ne sais pas,
- Speaker #0
le client par exemple. Je pense qu'il faut les écouter.
- Speaker #2
Ça les coûte beaucoup les observer, pas demander des choses qui pourraient être rédhibitoires dans leur construction pour l'avenir. Alors après, c'est toujours pareil, il y a toujours l'exception qui confirme la règle. Je me rappelle très bien avoir gagné une égropolis à 120 km avec un cheval de 6 ans, qui s'appelait Razan de Norvabra. Mais on l'avait récupéré, ce cheval, au printemps du ZES. C'était un... un petit ami raté qui l'avait acheté et le cheval avait déjà à 5 ans fait sa première à 80 et à 6 ans au printemps du Zest il faisait sa deuxième 80 et on était au mois d'avril en tout début de saison et derrière le propriétaire et le raté on m'a dit il faut faire pour le cheval on est allé un peu est-ce qu'il n'y avait pas aussi moins de cours obligatoires le schéma est beaucoup plus simple de voir c'est des gars Et après, qu'est-ce qu'il y a ? Moi, j'avais fait, j'étais vers les Célènes. Et là, je crois que j'avais remonté le 10 000 sur un arbre élevé. Et après, derrière, il a dit que je remonte sur Compiègne. Et là, j'avais dit, pas possible. Le cheval, il est trop ouvert pour ça. Et malgré ça, il est allé. Il me fait de la saison et je fais les sujets. De là, il est parti faire la saison au golf. Je crois qu'il fait troisième ou quatrième sur 140 km. et après on n'a plus entendu parler du choc mais je sais que le propriétaire il s'était tapé à l'entraînement il avait un suros c'est le tendon après il a reçu des craques heureusement après ce qu'il faut savoir il
- Speaker #1
l'avait fait facile il était tellement qualité sans doute je ne connais pas qu'il l'a fait tellement facile qu'il faudrait savoir, on ne saurait jamais, c'est si on l'avait attendu comme tu fais maintenant, ou comme on fait tous à peu près, quelle carrière il aurait eu, on ne sait pas.
- Speaker #2
Et il était assez jeune.
- Speaker #0
Et puis ce qu'il ne faut surtout pas arriver, enfin, ça qui est difficile aussi, c'est essayer de tenter qu'il ne se blesse pas dans toutes les situations, au prix, en transport. Oui, mais justement, on sait, on est... Il faut essayer qu'ils ne se blessent pas,
- Speaker #3
mais on ne peut pas non plus laisser tout en boxe ou dans un petit paddock. Parce qu'encore plus dans notre discipline, je pense qu'on aime tous qu'ils passent un peu leur vie au pré ou au moins les grandes périodes de repos avec des copains. Donc la blessure peut arriver à l'entraînement, peut arriver pendant le repos, ça reste des animaux. Il faut respecter ça aussi.
- Speaker #0
Récemment, il y a une semaine, il y a eu le championnat du monde des 8 ans, qui est un championnat assez... discuté, parce qu'il a pris plusieurs formes. Qu'est-ce que vous pensez, vous, de ce championnat ? Il y a plein de choses à dire, mais on va rester sur cette idée de longévité. À votre avis, est-ce que c'est cohérent dans une idée de longévité de la carrière d'un cheval ? Je pense que c'est difficile.
- Speaker #3
Après, comme il y a maintenant de plus en plus d'étapes à faire pour la qualification, forcément. Par exemple, si on... On a parlé de rallonger les distances. Ça oblige à avoir fait encore une course de plus avant cette compétition. Après, je pense que comme on dit toujours, au final, c'est aussi le format de la course. Peut-être que si on avait un championnat des 8 ans à Flora, ce ne serait pas pareil qu'à Barroca d'Alva. Après, j'ai été et je n'ai pas eu l'impression de voir de catastrophe non plus. des très beaux chevaux qui étaient très bien préparés. Tous les chevaux ne sont pas préparés de la même manière. Après, voilà, on a tous notre avis. Moi, mon cheval, je ne l'amènerai pas à essayer de gagner le championnat du monde des 8 ans parce que je rêve de courir florac. Non, mais c'est vrai. Mon cheval qui est né chez moi à la maison. Après, on est tous conscients aussi qu'il faut en vivre. C'est vrai que maintenant, il y a quand même un peu de commerce par rapport à ces chevaux-là parce que c'est un championnat et les gens veulent y participer. ou espèrent pouvoir y participer. Donc, on essaye des fois de préparer des chevaux à 7 ans, peut-être un petit peu plus, pour qu'ils soient un peu plus prêts pour arriver à cette... Après, moi, je préférais toujours que ce soit des courses un peu plus techniques pour que le cavalier ait plus à réfléchir plutôt que ce soit que de la vitesse. Mais bon, ça, c'est vrai pour toutes les courses aussi, pas que pour ce championnat. Et même sur la saut.
- Speaker #1
Moi, je n'y étais pas. Donc c'est un peu compliqué d'en parler, parce que je n'ai pas eu de trucs. Je crois que ce que j'ai envie de retenir sur un jeune cheval, c'est toujours la vitesse qui tue, pas la distance. Après, il y a les règlements qui vont mieux là-dessus. Mais pour moi, ça, ce sera toujours. D'ailleurs, là, on a des chevaux de 5, 6 ans, 7 ans. qui font de plus en plus de randos, de deux ou trois jours. Ça les habitue à vivre à l'extérieur, on les attache. Et voilà, ça les rend, quelquefois ça fait rire, mais ça les rend plus intelligents, je trouve, et plus patients, sans les abîmer. Les membres et tout ça, on fait du bon.
- Speaker #2
Après, ce que Julia disait, moi je la rejoins tout à fait par rapport à... Au profil, c'est vrai que faire des championnats à 8 ans sur des courses qui permettent justement d'aller à ces vitesses-là, et c'est souvent les mêmes écuries qui arrivent à préparer ces chevaux-là, à aller à ces vitesses-là aussi. Après, je sais que moi, personnellement, même si j'ai un cheval avec le potentiel de pouvoir le faire, pas sûr psychologiquement de pouvoir envoyer ce cheval là à ces vitesses là alors championnat sur un profil comme on va faire demain à Florac ou à pleins d'autres courses avec des dénivelés pourquoi pas mais bon après savoir aussi
- Speaker #0
lesquels sont capables à 8 ans aussi de pouvoir le faire. On en revient au départ où c'est notre fonction de savoir ce cheval-là, il est peut-être un peu plus gros, il sera avec un peu plus de qualité à cet âge-là et peut-être qu'on pourra participer à ces événements-là.
- Speaker #1
Est-ce qu'idéalement, il faudrait que sur les premières grosses courses, enfin grandes distances, il faudrait que le cheval, au moins pour la première fois, fasse la course propre ? Enfin, plutôt lentement, on va dire.
- Speaker #2
En gros, c'est ce qu'on essaie de faire. Là, je crois que j'ai le bain. Il a fait ce mur tranquille. Il a eu la distance. Il a les 160... C'est pas ce qu'il fera. On le revient. C'est pas un souci. Mais il a fait ses 160 kilomètres doucement.
- Speaker #1
Mais au final,
- Speaker #3
ces chevaux-là qui font le championnat du monde des huit ans, c'est sur 120. Et en général, ils ont déjà fait... Ils sont obligés, de toute façon, d'avoir fait une course en couple avec leurs cavaliers. En général, ils font tous une course plus ou moins doucement pour se qualifier avant d'arriver quand même aussi au championnat. C'est un sujet un peu... C'est difficile de donner un avis, de juger, alors que nous, on n'a pas forcément envie de le faire, après de juger si c'est ce qu'il faut faire, si c'est la bonne chose à faire ou pas.
- Speaker #1
Je comprends. Qu'est-ce qui a changé par rapport à quand vous avez commencé ? À entraîner les chevaux ? Qu'est-ce que vous avez ? Alors, je me permets, je vous laisse la parole, parce que moi, ça fait 10 ans, même pas 10 ans que j'entraîne les chevaux. Il y a forcément des choses que tu as changées. On va laisser les cieux répondre.
- Speaker #2
En fait, pas grand-chose. Pas grand-chose. On a toujours essayé de travailler le chevaux dans le bon sens, les jeunes chevaux, les ménagers, leur faire une distance à vitesse réduite. Alors dans la préparation, on faisait aussi les distances lentement, même avant de faire une 120 km à la maison, même 8-9 heures, on s'en fout, 5-6 semaines avant. Et après on met un galop, on peut mettre avec l'autre 2 heures, c'est pas difficile si le terrain est beau. Quand je dis terrain bon, j'ai remis encore sur la place. Dans un terrain où on ne peut pas les abîmer, dès qu'ils ont l'aéropée, tant qu'ils vont dans l'eau. Donc on est en thalasso. Aujourd'hui, on a surtout des meilleurs chevaux, avec la génétique, mais notre façon d'entraîner, je ne pense pas qu'elle est énormément sans eau.
- Speaker #3
Est-ce que je devrais poser une question ? Mais bien sûr ! un changement quand même de règlement assez important que je trouve, c'est que maintenant on doit faire 200 et 220 pour arriver à 160. Est-ce que vous, avec le recul que vous avez, est-ce que vous voyez vraiment une différence ? Est-ce que les chevaux font vraiment mieux 160 parce qu'ils ont fait toutes ces courses avant ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #3
Ou justement, est-ce que moi, j'en ai pas beaucoup et justement j'ai pas l'impression que c'est un intérêt, à part de mettre beaucoup de kilomètres à certains chevaux, il y en a qui sont doués si on les entraîne complètement, je pense qu'ils arrivent sur 160, des chevaux de 160 et c'est l'or.
- Speaker #2
Je pense pas qu'il y ait un gros intérêt, et surtout à continuer de changer de règlement. Voilà ce que... On continue de changer, et quelque chose qui marche, je sais pas ce que t'en penses, au bout d'un moment on est perdu avec ces changements, trop de règlement, tu le vois maintenant, et je vois pas trop l'utilité de ça. Non, enfin après...
- Speaker #3
C'est vrai que de mettre la 100 km au lieu de la 80, ça permettait quand même d'arriver au niveau international. Mais après, de multiplier ces courses pour arriver justement à la distance reine, j'aime beaucoup.
- Speaker #1
Après, est-ce que c'est beaucoup aussi parce que vous avez suffisamment d'expérience et de sensibilité pour bien préparer les chevaux ? Et est-ce que ça ne protège pas les chevaux de... d'entraîneurs qui justement voudraient aller trop vite dans les étapes. Je ne sais pas.
- Speaker #2
Pas pour si, parce qu'ils peuvent aller dans les vitesses sur 100.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Et comme c'est toujours la vitesse qui dure, c'est ce qu'on disait tout à l'heure, je ne sais pas si ça proclèche beaucoup les chevaux.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #3
je pense que les entraîneurs entre guillemets novices auront plutôt tendance à essayer d'aller vite sur des courtes distances, peut-être d'aller sur 160. Là, je suis vraiment...
- Speaker #2
commerciale c'est ce qu'il voudrait faire aller vite sur les titres ça recoupa moi ce qui a changé par rapport à mon installation avec Sounia euh euh
- Speaker #0
On s'est installés tous les deux par le WBC à Saint-Ciné-le-Dent, à une quarantaine de kilomètres de Florac. Et au départ, on faisait beaucoup de débourrage, on prenait un peu tous les jours qui passaient aussi. Donc pas forcément triés sur le volet génétique. Souvent, on avait les plus compliqués, parce qu'on était jeunes et on n'avait pas peur. Maintenant, la qualité des chevaux est différente. Et surtout, moi, je vois maintenant, ayant été compétiteur au niveau, après j'ai eu la casquette de sélectionneur et d'entraîneur d'Oman, donc aussi beaucoup formé des cavaliers à accéder à ce niveau-là. Et maintenant, ce que je vois, c'est qu'il y a moins de jeunes à la limite comme Sonia ou moi qui se sont installés un petit peu de leur... et qui ont fait leur expérience un petit peu toute seule. Maintenant, ça s'est professionnalisé et il y a beaucoup plus de pilotes. C'est-à-dire que c'est vraiment des cavaliers. Ils n'ont pas forcément... Alors, il n'y a rien de péjoratif quand je dis ça, c'est juste un constat. Je trouve qu'il y a beaucoup plus de cavaliers maintenant qui montent sur les shows sans forcément avoir passé beaucoup de temps à les entraîner, à les nourrir, à les voir grandir, à voir tout ça. Et il y a aussi un profil de cavalier maintenant qui fait que... Le poids, c'est important sur la performance. Pour moi, tout va bien à ce niveau-là, mais le gros changement de la discipline aujourd'hui, c'est que maintenant, il y a plus de pilotes que de personnes qui vont des débuts à la fin dans la formation et dans la performance avec le cheval.
- Speaker #1
Et ça, ça pose problème, comment dire, sur... Comment la compétition va se dérouler, du coup ?
- Speaker #0
Je ne dis pas que c'est mieux ou moins bien, je dis juste que c'est différent.
- Speaker #1
Oui. Mais du coup, les attentes des cavaliers qui sont potentiellement que pilotes, elles ne sont pas les mêmes que quelqu'un qui, en effet, a vu le cheval grandir et est juste trop content d'avoir fini 120 km avec un cheval qui a tout fait, c'est peut-être ?
- Speaker #0
Il y a des sacrés pilotes.
- Speaker #1
Il y a des sacrés pilotes.
- Speaker #0
Ils ont la gestion de la course, ils ont la gestion du train, la gestion du rythme, le respect du cheval. Moi, j'en citerai, à l'époque, il y avait Sarah Shaquille, elle s'est chaud au pied levé et elle a gagné Forak, elle était vice-championne du monde d'Alexington, elle a fait toutes les grosses courses sur le circuit français, elle a toujours été sur les places de devant et c'était aussi une stop.
- Speaker #1
En admettant que vous ayez un cheval qui soit... qualificativement prêt pour faire 160 km, est-ce que vous arrivez parfois à faire la différence entre un cheval qui est prêt physiquement à faire 160 km et un autre qui a l'expérience et l'attitude pour faire 160 km ? Parce qu'on parle beaucoup de préparation physique mais j'imagine bien qu'un cheval qui va au bout de tant de kilomètres, c'est qu'il est aussi dans sa tête capable de le faire.
- Speaker #3
Ça, ça rejoint ce que vient de dire Romain, je pense que quand tu entraînes toi-même ton cheval... Je pense que tu es plus à même de juger que si pilote. Après, de faire la différence, ça dépend de l'expérience du cheval et de comment on va l'amener à faire la course aussi.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des chevaux où vous vous dites, ok, lui, physiquement, il serait capable d'aller au bout de 160 km, mais il est trop jeune dans sa tête ou il n'a pas assez d'expérience. Ce n'est pas le moment pour lui de le faire.
- Speaker #3
Ça, c'est le travail de l'entraîneur, je pense. La personne qui entraîne le cheval, justement. De se rendre compte des capacités de chacun, de savoir à quel moment est opportun pour aller sur la distance, ou non.
- Speaker #2
On ne peut pas trop non plus savoir avant de l'avoir fait. C'est ça aussi, ça ressemble à ce que je disais tout à l'heure. C'est pour ça qu'il est important de faire au moins une fois, enfin, à mon sens, de leur faire faire au moins une fois la distance tranquillement. Et là, on se dit, bon, allez, il l'a fait, c'est pas mal.
- Speaker #1
C'est pour l'expérience, quoi.
- Speaker #2
Par expérience.
- Speaker #1
Une bonne expérience. Mais vous pouvez faire 160 kilomètres tranquillement, par exemple, en une journée ? Non,
- Speaker #2
mais une course tranquille.
- Speaker #1
Ah, ok. Ah oui, oui, d'accord, pardon. Là,
- Speaker #2
je parlais d'une course tranquille. Ok. De préférence sur un terrain.
- Speaker #1
C'est plus facile, oui.
- Speaker #2
C'est pour la peine de les abîmer pour rien. Voilà, mais même ça peut faire... On peut faire des courses qu'on gagne, on n'est pas obligé d'aller vite. On sait qu'on ne va pas gagner de toute façon. Mais on est sur un gros terrain. C'est bon de recevoir le gros terrain aussi. Une course comme ça qui est très intéressante pour préparer les chevaux et les mettre sur les distances sans les abîmer.
- Speaker #3
Oui, là vous dites qu'en fait les chevaux ils rebondissent mieux quand ils ont des bonnes expériences.
- Speaker #2
Bien sûr.
- Speaker #3
Donc...
- Speaker #2
S'ils ont souffert, ça c'est important ce que tu dis aussi. Si on les fait souffrir sur une première comme ça, s'ils ont souffert, on peut te revenir.
- Speaker #1
Ok. Est-ce que vous avez l'impression que les courses vont plus vite aujourd'hui ?
- Speaker #2
Formel. C'est pour ça que les costumes de Florac, c'est important. Parce que ça va faire des petites malades. Même si on a des meilleurs chevaux aujourd'hui, attention, ça n'a rien à voir. Mon frère a gagné Florac à 15 à l'heure. C'était formidable à dépasser les 15 à l'heure. Tout le monde croyait que c'était impossible. Et si, après, ça s'est fait. Tu étais jeune, mais tout le monde croyait que c'était impossible. Aujourd'hui, avec la sélection qu'il y a eu, c'est sûr que ça va se couvrir un petit peu plus vite, mais des circuits comme ça sont intéressants parce que ce ne sera pas non plus une vitesse de fou. Alors qu'on plaignent, je ne devrais pas citer, mais on peut aussi faire le fou. On peut faire le fou. On peut abîmer ça par la vitesse.
- Speaker #3
C'est pour ça que Florac, c'est Florac. Ça a toujours Florac pour lui, ça dit.
- Speaker #2
On va pas raser les bosses.
- Speaker #3
Non, on va pas raser les bosses.
- Speaker #1
Romain, vous avez entraîné une jugement qui a performé jusqu'à très tard. Mon pari solaire, c'est Cara Elnedj. Qu'est-ce qui... Enfin, sûrement que vous allez dire la génétique, mais qu'est-ce qui a fait qu'elle a pu gagner des 100 km à 20 ans ?
- Speaker #0
Je pense que c'est le choix. Comme vous disiez, nous, on a eu Cara à 5 ans. On a commencé à faire les... C'est pour la compétition sur le circuit et sa chape, je ne me trompe pas. Et surtout, c'est une jument qui a couru deux, quand elle était en âge de courir des courses avec les Omanais. Elle faisait deux, trois courses de C8 par an, voire deux, avec énormément de repos entre chaque échéance. Je pense que sa qualité est intrinsèque et elle l'a démontré. Et surtout, je pense que le temps de repos après des grosses échéances est très important si on veut les faire jouer. Et je pense que même les chevaux progressent quand ils sont au repos. Après une échéance, ils changent.
- Speaker #1
C'est vrai que souvent quand on reprend un cheval après qu'il a été au repos, même avec ma petite expérience de cavalière, on voit qu'ils ont compris ce qu'on leur a demandé avant. Et il y a une dynamique qui change et c'est chouette de se rendre compte.
- Speaker #3
Surtout quand ils ont vécu des bonnes expériences. Ils ont fait une bonne course, ils partent en vacances, plus on voit bien dans leur corps, ils sont prêts à repartir quand ils ont la tête aussi pour ça.
- Speaker #2
C'est pour ça qu'on aime bien les voir le lendemain. C'est important. Quand on les voit bien le lendemain, on...
- Speaker #1
C'est que le job a bien été fait. OK. Quand on a beaucoup de chevaux à haut niveau, comme vous devez en gérer, comment est-ce qu'on décide... Qu'est-ce qui vous fait dire que celui-là, vous allez pouvoir le pousser un peu dans la performance ? Ou d'autres, il va falloir lui laisser un peu de temps ? Est-ce qu'il y a des petits critères ?
- Speaker #2
Il y a des chevaux tardifs. Donc, essayer de les déceler, pas les bousculer, comme disait Romain tout à l'heure. Il y a un cheval qui était tardif à 6 ans. Peut-être qu'il y a des chevaux à 6 ans, on ne mettrait pas un compact de 2 ans. et qu'après, ça se déclenche. Donc, est-ce qu'on va... On ne va pas tous les déceler, mais il faudrait essayer de... Il faut qu'on soit vigilant, quoi. Qu'on soit attentif, bien les observer. Savoir si ça vaut le coup de continuer. Alors, quelquefois, on s'est planté aussi dans le sens inverse. On a perdu du temps à traîner, qu'il va être des choses qui ne valent pas le coup. Il ne faut pas... Il ne faut pas se tromper.
- Speaker #3
Non, après, l'exemple inverse, le week-end dernier, j'ai amené un cheval. Pour un client qui vit absolument, moi, je me suis dit, le cheval, il n'est pas prêt à faire. Et puis finalement, avec l'expérience, le cheval fait beaucoup mieux aussi. Il faut leur faire peut-être un peu confiance aussi. Des fois, il n'y a pas besoin d'entraîner autant. Je pense qu'on s'y prenne de l'expérience aussi. Les chevaux, ils fonctionnent beaucoup au moral. C'est pas évident de... Moi, je pensais vraiment... Je me suis même un peu fâchée avec le cavalier. Je me suis dit, il est... Il n'est pas prêt à faire ça et puis au final il m'a complètement démontré le compteur. Je fais très bien fini et un bon pilote.
- Speaker #1
Robin, vous avez quand même beaucoup de chevaux en même temps à l'entraînement. Est ce que vous pouvez passer à côté de chevaux qui sont tardifs et qui sont peut être des moyens craques ?
- Speaker #0
Oui, après j'ai un gros piquet de chevaux de haut niveau. C'est vrai que des fois, on arrivait avec les Omani, on avait jusqu'à... 13 ou 14 jours au week-end.
- Speaker #1
Wow !
- Speaker #0
C'est beaucoup d'organisation. Pas forcément. Je préfère maintenant, on monte le fonctionnement. On est plus attentif aussi et on a pu faire des erreurs aussi avec ça. Même si les trois quarts du temps, ça se passait plutôt pas mal. Mais je pense que l'expérience, le ressenti, on peut mettre des mots sur tout. tout et n'importe quoi, mais je pense qu'il y a des choses qui ne s'expliquent pas et qui sont, à mon niveau, difficiles d'exprimer ou d'essayer de faire comprendre avec les mots. Il y a souvent une situation qui va faire qu'on va réagir d'une façon ou d'une autre. À tort ou à raison, mais c'est comme ça.
- Speaker #3
Après, c'est bons chevaux aussi. Des fois, il faut aussi pouvoir les garder. En fonction de si ils nous appartiennent ou pas. Dans ma petite expérience, j'ai eu la chance d'avoir des propriétaires qui voulaient garder les chevaux. Et c'est finalement là qu'on arrive à aller un peu au bout des choses. On sait que c'est difficile de garder les meilleurs. Et c'est avec ces meilleurs chevaux que nous aussi en enfants.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a une autre notion à propos de la longévité qui vous semble ? importante ou pas, sinon je trouve que c'était déjà bien.
- Speaker #4
Parce qu'on a déjà dit beaucoup de choses. On a dit pas mal de choses.
- Speaker #3
C'est ça, la longévité, c'est aussi de pouvoir avoir le temps de le faire. Alors quand c'est nos propres choix, mais des fois, j'appuie sur... Quand on a des personnes qui rêvent aussi un peu avec nous, c'est là où on peut voir. On ne peut peut-être pas le faire si on n'avait pas ces personnes qui nous suivent et qui... Et qui rêvent aussi de ces longues carrières parce qu'ils nous le permettent. Des fois, il y a des moments où on doit arrêter les chevaux parce qu'il y a une blessure. Et au lieu de dire, ah ben non, celle-là, elle ne va plus l'inière. On va juste s'en occuper, patienter un petit peu pour pouvoir rebondir. Et je pense qu'il y a quelques bons chevaux aussi qui ont percé un peu plus tard dans leur carrière. Et peut-être qu'à 11 ans, ils n'étaient pas prêts. Et au final, à 15 ans, ils brillent. Je trouve que c'est important. C'est toujours un travail d'équipe, de toute façon, et c'est important. Il faut avoir des gens qui nous soutiennent aussi dans ces disciples.
- Speaker #1
Parfait. Je vous souhaite un bon Florac, puisque ça va être une sacrée journée demain.
- Speaker #0
Il va être dur.
- Speaker #1
Au pied ou dur partout ?
- Speaker #0
Pour le mental du cheval, du cavalier aussi.
- Speaker #2
Qu'est-ce que tu vois ?
- Speaker #1
On a pris le basket ? Oui. Il va falloir être solide.
- Speaker #2
Très différent.
- Speaker #0
Non, je trouve qu'on retombe sur les travers de Florac à sa création. Ça, je trouve ça... Très louable et très bien. Ça va être très bien. Il va falloir respecter beaucoup de choses. C'est long, c'est un 60 km. Et un petit peu dans l'incertitude du train à mener. Parce qu'on va beaucoup se regarder entre nous, je pense.
- Speaker #1
Ça va être difficile. Il ne faut pas se trouver tout seul non plus, j'imagine.
- Speaker #0
Il va falloir construire plein de choses. Il ne faut pas être lourd. et pour se faire passer le temps.
- Speaker #1
On a de la chance, il y a des bons messages. Et c'est bon. Parfait. Merci beaucoup. Et voilà, vous êtes arrivés à la fin de cet épisode et j'espère qu'il vous aura plu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à laisser un petit commentaire et me dire quel sujet vous aimeriez entendre dans une prochaine table ronde. En attendant, je vous dis à très bientôt dans un prochain épisode de podcast ou sur une course d'endurance.