- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Dune Corp, le podcast qui vous accompagne dans votre réflexion professionnelle et vous aide à construire une carrière qui vous ressemble. Je suis Florence Verdier, coach spécialisé en évolution et transition professionnelle. Dans chaque épisode, je partage avec vous des outils, des réflexions et des histoires inspirantes pour vous aider à clarifier vos aspirations. et pour passer à l'action. Que vous soyez en quête d'idées, de motivation ou d'un nouveau départ, ce podcast est là pour vous accompagner, pour vous guider. Et si vous l'appréciez, pensez à lui donner un avis 5 étoiles et à laisser un joli commentaire sur votre plateforme d'écoute préférée. C'est la meilleure façon de soutenir DUNCO et de permettre à d'autres de les découvrir. Je vous laisse maintenant avec l'épisode du jour et je vous souhaite une très belle écoute. Bonjour à tous et à toutes et bienvenue dans le nouvel épisode de Junko. Alors aujourd'hui j'ai le plaisir de recevoir Elena Maniru Eskwe. Ravi de t'accueillir Elena, un grand merci d'avoir accepté de passer sur le podcast.
- Speaker #1
Merci à toi pour l'invitation Florence, je suis ravie.
- Speaker #0
Alors est-ce que tu peux déjà te présenter pour que les gens puissent faire ta connaissance ?
- Speaker #1
Ok, donc moi je suis dirigeante de M580, ça fait 7 ans. tant pratiquement qu'elle est anthroposexiste. Et avant ça, j'étais DRH pendant 17 ans. Et sinon, je suis maman de deux enfants. J'habite à Rennes. Je suis mariée en Breton depuis 24 ans déjà. Voilà. Et d'origine espagnole, je précise pour l'accent.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Mais ça fait déjà 26 ans que je suis en France.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Plus de la moitié de ma vie.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous dire, M180, c'est quoi comme entreprise ?
- Speaker #1
Alors nous sommes une entreprise experte en prévention santé au travail et qualité de vie et conditions de travail. Donc on accompagne les structures dans toutes les marges de prévention santé, physique et mentale, du diagnostic au plan d'action, on anime des formations, des ateliers, voilà.
- Speaker #0
Alors ce qui va nous intéresser aujourd'hui c'est spécifiquement la santé mentale au travail, c'est ce sujet que l'on vous propose d'explorer pour pouvoir vous donner... des clés, savoir aussi un peu de quoi on parle. Donc, on va parler un petit peu de tout ça. Mais déjà, on va faire connaissance avec toi un peu plus. Toi, Héléna, quand tu étais petite, c'était quoi ta représentation du travail ? Tu vois, dans ton imaginaire, de ce qu'elle est ta vie au travail en tant qu'adulte. Comment tu imaginais ça quand tu étais petite ?
- Speaker #1
Alors, je me voyais déjà plutôt entourée d'un sans bureau. Je ne voyais pas travailler ailleurs, je ne sais pas pourquoi. Et bon, c'était une représentation quand même assez floue. Je n'ai pas su tout de suite ce que j'allais faire. Mais je savais que j'allais être entourée des gens.
- Speaker #0
En collectif ?
- Speaker #1
En collectif.
- Speaker #0
Donc tu as grandi en Espagne ? Oui. C'est quoi les représentations du travail en Espagne par rapport à la France ? Il y a des différences, des similitudes ?
- Speaker #1
La représentation du travail à l'époque, en tout cas les valeurs qu'on m'a inculquées, c'était que le travail était important. Un peu la même valeur qu'en Bretagne. En Bretagne, on est assez bisognueux. Je me retrouve bien d'ailleurs. Moi, je viens du nord de l'Espagne, à côté du Pays Basque et de Navarre, et on a des valeurs très proches. Donc la valeur travail, c'est important, la famille aussi. Comment te préciser comment on voyait le travail ? Si, comme quelque chose de nécessaire, déjà. Et puis, on est aussi, en tout cas en Espagne, on est très proches de nos amis et de notre famille. Donc il y a toujours un équilibre. Il y a toujours le temps pour sortir le soir, le week-end, voilà. Donc le travail, c'est important, mais pas que.
- Speaker #0
D'accord, donc un certain équilibre quand même entre valeur travail et valeur famille, amie, etc.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Alors, c'était quoi les étapes de ton parcours professionnel ? Comment toi, comment c'est ta vie professionnelle ?
- Speaker #1
Alors, ma vie professionnelle, j'ai démarré après des études en Bac plus 4, que j'ai fait en RHMU justement la dernière année en Bretagne.
- Speaker #0
Ah, ok.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça qui m'a fait arriver. J'ai fait un master en administration et direction d'entreprise. J'ai tout de suite démarré à travailler. J'étais à l'époque assistante de direction. J'ai démarré comme ça et très vite, je me suis orientée vers les ressources humaines. J'ai fait un master de RH à l'IGR ARN en formation continue. Ensuite, il s'est suivi très vite une carrière que dans les ressources humaines, comme responsable RH et puis ensuite DRH dans trois structures. Donc de la PME, familiale et internationale, jusqu'au grand groupe. Et ensuite j'ai travaillé six ans dans une entreprise dans les nouvelles technologies.
- Speaker #0
Donc ça a duré combien de temps cette carrière dans les RH ?
- Speaker #1
Dans les RH,
- Speaker #0
17 ans. Et qu'est-ce que tu en retiens de toutes ces années ?
- Speaker #1
J'en retiens beaucoup de choses positives parce que c'est ce qui m'a fondée. Je trouve la fonction ressources humaines très riche. On est au cœur du réacteur, on est une fonction qui doit être telle que je l'ai vécue. Plutôt dans l'innovation, plutôt dans l'apport des solutions et au management et à la direction et aussi être très proche du terrain. Donc, j'ai trouvé que c'était une fonction très riche, très demandeuse, Océan Énergie. Voilà, c'est une fonction qui épuise aussi pas mal, il faut le dire. En tout cas, j'en retiens beaucoup de positifs, beaucoup de belles rencontres. Et aussi peut-être le fait de se dire qu'on peut faire des ressources humaines de façon très différente en fonction de la culture d'entreprise.
- Speaker #0
Et donc au bout de 17 ans, qu'est-ce qui se passe pour toi ?
- Speaker #1
Alors, au bout de 17 ans, déjà tout ça, ça s'est construit. Moi, j'étais en parallèle très engagée dans une association des femmes, des femmes entrepreneurs. Je côtoyais au quotidien en tant que bénévole, je côtoyais au quotidien des femmes qui entreprenaient. Et mon entourage me disait régulièrement que j'avais un profil entrepreneur. En tout cas, j'aimais bien... Même en entreprise, en tant qu'ERH, lancer des projets, un peu ce qu'on appelle l'entrepreneuriat. J'ai quand même fait pas mal de petits projets comme ça en entreprise. D'ailleurs, j'ai élargi mes fonctions à la fin de ma fonction d'EDRH. Les trois dernières années, j'avais aussi un rôle d'accompagnement de l'équipe Customer Success, donc c'était très riche. Et donc du coup, j'avais cette appétence-là à lancer des nouveaux projets.
- Speaker #0
Et toi, ça te faisait quoi quand ton entourage professionnel mettait en avant ton leadership, disait « Tiens, il y a des indicateurs que tu ferais une bonne entrepreneur. » Tu disais quoi du tout, n'importe quoi ? Ou alors ça commençait à allumer quelque chose chez toi ?
- Speaker #1
Non, parce que je ne me suis jamais dit que j'allais entreprendre. Donc j'ai trouvé ça d'accord, ok. Mais je m'envoyais toujours bien un numéro 2. Moi, j'ai toujours été assez à l'aise dans les... dans l'accompagnement du dirigeant, dans ses... Pas forcément des leaders, d'ailleurs.
- Speaker #0
Et donc, qu'est-ce qui s'est passé pour que tu te places ?
- Speaker #1
Ce qui s'est passé, c'est que j'ai eu une opportunité, d'une contrainte, une opportunité. J'ai eu l'opportunité, à un moment donné, j'ai réjoint une entreprise qui a été liquidée. C'était une expérience très courte. J'ai quitté une boîte des cœurs, pour moi, j'ai affectionné beaucoup pour une entreprise qui était très prometteuse, mais qui n'a pas marché. Pour X raisons, c'est dommage, parce que les projets étaient chouettes. Et du coup, cette expérience très courte, ça a duré un an. Il y avait une quarantaine de salariés, c'était une petite entreprise, mais ça n'a pas duré. Et du coup, je me suis retrouvée du jour au lendemain liquidée, comme on dit, liquidation judiciaire. Et là, je me suis dit, OK, moi, je ne me relance pas dans les RH comme ça. C'est-à-dire, je sais les moments. Moi, ça fait déjà, ça fait presque 20 ans que j'ai travaillé non-stop. Moi, j'ai toujours enchaîné les postes, les uns après les autres. Je me suis dit que c'est peut-être le moment de me poser, d'ouvrir tous les possibles pour ne pas regretter. Comme par hasard, c'était à l'aube de la quarantaine. Et du coup, j'ai profité pour des conditions qui étaient proposées à ce moment-là pour les personnes qui partaient en équation judiciaire, donc plutôt très convenable, pour prendre une année de réflexion. Et donc, j'ai fait un benchmark, j'ai creusé une idée que j'avais au fond de moi depuis des années. autour de la prévention de santé, de la valorisation de certains métiers par la prévention de santé au travail. Et petit par petit, j'ai fait des rencontres aussi. Et en fait, un an après, très vite, j'ai lancé ma boîte.
- Speaker #0
Et ça m'intéresse, c'est ce que tu dis, que tu l'avais au fond de toi. Imaginons, si cette boîte-là n'avait pas été liquidée, tu te serais...
- Speaker #1
Je ne crois pas.
- Speaker #0
Tu ne crois pas. C'est la vie qui t'a envoyé un petit taquet, qui t'a permis un petit coup de pouce à l'univers.
- Speaker #1
Voilà. Et je pense que c'est un tour, ça. Pour des JPSC, ça s'est nourri. C'est-à-dire, comme j'avais déjà côtoyé des femmes qui s'étaient lancées, et souvent, les personnes qui font une transition professionnelle, ça se fait soit après un moment de rupture, c'est rarement volontaire, comment dire, si c'est volontaire, mais c'est rarement... Il y a certains qui s'y lancent aussi de premier coup, mais en tout cas, celle beaucoup que je côtoyais s'est lancée après déjà un parcours.
- Speaker #0
Comme tu dis, une contrainte, une opportunité. C'est ça.
- Speaker #1
Et du coup, j'avais déjà vu ça. Et je m'étais dit, franchement, oui, tu peux enchaîner sur un poste d'ERH, mais profite. Voilà.
- Speaker #0
D'aller voir ce qu'il y a qui sommeille depuis quelques temps.
- Speaker #1
Tout à l'heure, j'ai déjà trois mois pour faire tout ce que tu n'as jamais le temps de faire.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà. Et alors,
- Speaker #0
c'était genre quoi ?
- Speaker #1
Je suis partie faire un trek à Madère, toute seule. Tout seul ? Pour aller au sommet. Voilà. Autant te dire qu'il a plu comme jamais. Donc, c'est devenu quelque chose de très technique comme trek, mais super expérience. Je suis partie ensuite en vacances, 15 jours avec mes filles. Et mon mari, après, j'ai fait plein de choses. J'ai fait ce que je voulais.
- Speaker #0
Tu avais ta liste un peu de choses à faire. Tu t'avais envie, quoi. Tu t'es laissée aller vers tes envies.
- Speaker #1
C'est ça. Voilà, beaucoup d'ouverture. Et un autre temps, la paix aussi. Sans trop d'objectifs non plus. Oui. C'était la première fois où je me disais, allez, tranquille.
- Speaker #0
On se calme.
- Speaker #1
On se calme, détends-toi. Et puis, j'avais l'assaut quand même au parallèle, qui me demandait beaucoup. Comme j'étais dispo en plus, il me demandait du temps.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et quand on n'a rien, quand on n'a plus rien, et qu'on est sollicité, c'est facile de dire oui. Donc je me suis quand même beaucoup investie à ce moment-là dans l'association. Plus, moi, je me disais, on reste un peu de temps, germe décidé, ouvre.
- Speaker #0
Ouvre, rencontre, tu disais. Tu es allée à la rencontre des gens. On a pris le temps de rencontrer les gens. C'est vrai que c'est vraiment ce qu'on a tendance à moins faire. Et tu vois, c'est marrant pour cette rentrée. Moi, je me suis dit, au moins une fois tous les 15 jours, un déj. Dali, l'identifite, c'est des gens que je ne connais pas, mais que j'ai envie de rencontrer.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu vois ? Moi,
- Speaker #1
c'est très important. je te conseille de continuer et même d'aller payer en bus et charger moi ça me vient j'ai travaillé chez Canal+, et j'avais une DRH qui nous disait toujours rencontrer des gens et y ait toujours un candidat d'avance donc dans mon agenda, j'avais toujours des rendez-vous planifiés avec des gens de profil dont j'avais pas forcément besoin du coup j'ai pris l'habitude à chaque fois que j'ai une sollicitation des gens de Paris qui viennent à Rennes souvent, ils disent ça, on connait pas, est-ce qu'on peut se rencontrer Je dis toujours oui. Et du coup, souvent dans mon agenda, j'ai des rendez-vous, mais je peux avoir 4-5 par mois.
- Speaker #0
Mais qu'on soit salarié ou indépendant. Je pense que, comme tu disais, là, toi, c'était pendant tes années Canal+. Et du coup,
- Speaker #1
je m'en gardais ça. Aujourd'hui, je suis dirigeante, j'ai des salariés, j'ai une structure. Je continue à rencontrer des gens qui me sollicitent. Mais ce n'est pas forcément... pour alimenter mon visiteur.
- Speaker #0
Il n'y a pas de besoin sur le moment, mais c'est de laisser surprendre aussi. La rencontre,
- Speaker #1
tout à fait. Et puis moi, ça me nourrit. Alors je profite pour le faire à l'heure du déjeuner. Donc je me fais des déjeuners réseaux comme ça.
- Speaker #0
Donc chez vous, faites votre petite liste de personnes que vous avez envie de rencontrer. Puis vous avez vu, Hélène a dit toujours oui.
- Speaker #1
Oui, c'est rare que je lise. Vraiment très rare.
- Speaker #0
Ok, et puis on vous passera un bon moment en plus avec Hélène, garantie. Eh bien super, donc on comprend un peu comment est né M180. Donc ça a commencé il y a 7 ans, tu disais ? C'est ça. Ouais, ok. Tu commences toute seule ?
- Speaker #1
Alors je commence tout de suite avec un salarié.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Parce que dans les rencontres, c'est fou, j'ai rencontré un jeune homme qui s'était lui lancé, qui avait un profil STATS à part, c'est-à-dire activité physique adaptée santé. Et donc il accompagnait les gens et les malades chroniques à aller mieux par l'activité physique. Et c'est un volet que je voulais déployer dans l'accompagnement de la prévention de santé au travail. Et donc, je le rencontre et un déjeuner yao. Est-ce que tu connais l'association yao ?
- Speaker #0
Oui, yao, on peut t'expliquer quand même ce que c'est. C'est une super association.
- Speaker #1
C'est une super association renaise. Et renaise, non, bretonne, qui sollicite des marins et des parraines qui s'engagent à rencontrer des futurs ou des jeunes entrepreneurs. Je crois que c'est moins de 30 ans. Il faut avoir moins de 30 ans pour échanger sur leurs problématiques. Et donc moi, c'est à l'époque une marraine qui m'a sollicité pour rencontrer ce jeune homme, pour déjeuner avec lui. J'ai dit oui, évidemment,
- Speaker #0
comme d'habitude.
- Speaker #1
Et là, je me retrouve face à un jeune de 25 ans. Et quand on se présente, moi, je lui explique un peu ce que j'avais en tête. Et là, il me dit, Elena, je vais travailler avec toi. Et moi, non, mais il n'y a rien de fait. Et il me dit, si, si, mais dès que tu lances les sirètes, moi, je vais travailler avec toi. Et à l'époque, ce que je lui ai dit, c'est, moi, je vais valoriser le métier à forte utilité sociale. Alors, on est en 2018. avant les Covid et tout ça. Donc c'est le métier du nettoyage, d'appropriété, du service à la personne. J'ai dit, moi c'est ces femmes-là que je veux valoriser et c'est par la prévention santé au travail. Il m'a dit, bingo, ça me plaît, ça me parle. Et en fait, c'est comme ça que quand j'ai lancé mon SIRET, l'entreprise, j'ai tout de suite récruté Théo. Donc j'ai démarré comme ça.
- Speaker #0
Quelle belle histoire. C'est chouette les rencontres comme ça, qui n'étaient pas prévues et qui se transforment. Ok, donc vous commencez tous les deux l'aventure ? Ok, comment tu développes L180 ? C'est quoi du coup de base le credo, tes premiers clients ?
- Speaker #1
Ok, donc à la base, on avait une seule formation sur la prévention santé physique, justement la prévention des troubles musculoskeletiques. Et on était, toi et moi, à fond dans le développement de cette formation auprès d'un secteur cible. Donc on a choisi, à l'époque au lancement, de se concentrer sur... deux secteurs, propreté, service à la personne. On a vite élargi à l'agroalimentaire. Voilà, et donc pendant les deux premières années, presque trois ans, on vendait un seul module de formation auprès de ces secteurs-là. Donc on était très focus. Et ce qui nous a permis d'être vite repérés sur ces marchés-là, parce que bien sûr on proposait cette formation-là, mais du coup de façon plutôt innovante. Dans notre approche, notre pédagogie, les outils utilisés pour apprendre, la durée de la formation, tout était dit.
- Speaker #0
Il y a un rapport avec M180 d'ailleurs, M180, oui c'est ça ?
- Speaker #1
M180 veut dire méthode 180 minutes. Où on favorise l'intelligence collective, on utilise des outils de facilitation, de collaboration, de coopération, parce qu'on est persuadé qu'un peu de temps, si on captive les gens, si on arrive à aller s'engager, à leur apporter les choses, si on génère des déclics chez eux, il y aura des changements. Et après, on est convaincus aussi que l'éducation, c'est la répétition. Donc, ce n'est pas juste une fois, OK, j'ai compris, effectivement, je me souviens qu'il faut boire de l'eau, mais OK, comment j'ancre cette nouvelle routine dans ma vie ? Et donc, on a construit un module qui s'incrée sur un mois, avec beaucoup de répétitions, beaucoup de liens, avec du présentiel, du digital, des textos, plein de choses, et qui était hyper... qui est hyper efficace. Parce qu'on mesure aussi. Si une autre spécificité, c'est la mesure de la qualité de l'électricité. Ok,
- Speaker #0
nous avons un indicateur avec...
- Speaker #1
Donc on a démarré comme ça, avec un module. Et aujourd'hui, on est 3 salariés et 17 indépendants. On a développé la partie santé mentale également. On a fait aussi la prévention de la sédentarité. On n'est plus qu'un organisme de formation. On a développé aussi la partie conseil. toujours avec une approche très terrain, stratégique et opérationnelle pour accompagner tous types de structures d'ailleurs parce qu'on travaille avec la fonction publique, les privés, les associations sur ces démarches de prévention santé.
- Speaker #0
Top. Alors si on en vient maintenant plus spécifiquement à la santé mentale, de quoi on parle quand on parle de santé mentale au travail ?
- Speaker #1
Alors déjà, est-ce que je constate... c'est que quand on dit santé mentale aux entreprises, on me renvoie tout de suite, mais c'est un sujet complexe. On ne sait pas comment les traiter. Il faut, voilà, on ne sait pas faire. Et moi, ce que je leur dis, c'est que c'est très simple, c'est comme la santé physique, c'est la santé tout court. Donc, il y a forcément de cet aspect individuel, mais sur la santé mentale, il y a aussi un aspect collectif qui influence la santé mentale. Donc la santé mentale c'est quoi ? C'est un équilibre entre les aléas de la vie et notre capacité à y faire face. Quand on parle santé mentale en entreprise, on fait tout de suite les liens avec les risques psychosociaux. Alors c'est quoi les risques psychosociaux ? C'est tout risque qui va impacter la santé physique ou mentale du salarié. Et donc on parle souvent du stress, des violences internes, violences externes, c'est-à-dire le harcèlement. tout ce qui fait dans les conditions de travail, l'organisation, le management, tout ce qui fait qu'on est impacté, positif ou négativement, parce qu'il y a aussi une bonne santé mentale, n'est-ce pas ? Les ressources pour être en bonne santé mentale. Donc tout ce qui va faire qu'on impacte la santé mentale et physique du salarié. Parce qu'en fait, tout ça, ça communique. Donc les risques psychosociaux à l'entreprise, aujourd'hui en France, ça nous coûte, nous tous, 3 milliards d'euros. C'est un risque réglementé, c'est-à-dire qu'il y a des articles qui obligent à faire de la prévention de ces risques-là et qui ont une obligation de moyens et de résultats pour les entrepreneurs afin de prévenir ces risques. Ça concerne tout le monde et tout le monde est concerné par la prévention, que ce soit à titre individuel. On doit tous être acteurs de cette prévention-là. Il n'y a pas uniquement l'entreprise qui doit mettre en place des choses. Chacun est aussi acteur. à son nom propre et au nom de ses collègues. Et ça, parfois, on l'oublie. Moi, ce que je dis souvent en cette entreprise, c'est qu'en fait, c'est un sujet beaucoup plus simple. Beaucoup plus simple. Qu'est-ce qu'on croit ? C'est beaucoup de bon sens, mais comme on manque cruellement d'éducation sur c'est quoi la santé mentale, comment on en prend soin, qu'est-ce qui est favorable et défavorable à une bonne santé mentale, on s'est fait tout un foin. J'ai lu aussi aux entrepreneurs, au DRH, qu'on ne sait pas de devenir des professionnels de la santé mentale, comme on ne devient pas non plus chirurgien, ou quand on fait la prévention santé physique. Pareil pour la prévention santé mentale. On doit juste comprendre de quoi il s'agit et c'est simple.
- Speaker #0
Comme tu dis, c'est une question d'éducation. Justement, qu'est-ce qui fait que tu vois que c'est encore... Tu vois, j'avais envie de dire mal vu, que c'est un sujet complexe, à la limite...
- Speaker #1
Tabou.
- Speaker #0
Tabou, on n'a presque pas envie de... Voilà, alors que pourtant la santé physique, on en parle plus facilement. Qu'est-ce qui fait que la santé mentale, tu penses que l'entreprise soit encore si complexe à aborder pour les entreprises ?
- Speaker #1
Alors, l'entreprise, c'est un reflet de la société. On parle d'entreprise, mais en réalité dans la société c'est pareil. La prévention de santé physique, on en parle de plus en plus, mais parce qu'on se rend compte qu'il y a des mots, qui coûtent cher et qui font des dégâts. Donc à la santé mentale, maintenant on ne se rend compte qu'aussi. Qu'est-ce qui fait, pour répondre à ta question, qu'aujourd'hui on parle de plus en plus de santé mentale ? On a toujours, évidemment, eu une santé mentale. Toujours. Sauf que l'évolution de l'approche de la santé mentale a beaucoup évolué. Et notamment depuis les années 60-70, avec l'arrivée des neurosciences, enfin d'une autre approche de cette santé mentale. Alors si je schématise, je vais faire des raccourcis juste pour qu'elle soit très courte. Il y a longtemps, la santé mentale, la psychologie étaient plutôt approchées, un peu comme les philosophes, avec une psychologie fraudienne, lacanienne, et on testait des choses. Dans les années, les siècles derniers, on a décidé d'approcher notamment aux États-Unis, au Canada, ils ont décidé d'approcher la santé mentale avec une évaluation en même titre que la santé physique, c'est-à-dire des questionnaires. Et donc à partir du moment où on a commencé à approcher la santé mentale de cette manière-là, on a pu catégoriser, on a pu du coup mettre en place, enfin mieux appréhender les maladies, et donc mieux les nommer, mieux les diagnostiquer, et trouver des solutions aussi. qui ne nécessitent pas non plus des thérapies extrêmement longues. En gros, avoir des thérapies aussi de prévention. Donc, disons que l'approche de la santé mentale a beaucoup évolué et doit encore beaucoup évoluer. Et puis, l'autre chose aussi, nous, on est en France, donc on voit la santé mentale, la santé physique avec un miroir occidental, c'est-à-dire une approche occidentale. Mais quand on parle de prévention santé ou de santé en Asie, ils n'ont pas du tout la même approche. Est-ce que tu as une idée de comment on approche la santé en Asie ?
- Speaker #0
En Asie, non, je n'ai pas trop de notion de comment ils l'approchent. Après, j'imagine que... Là, tu vois, c'est à chaud comme ça. J'aurais envie de dire que c'est un peu plus dans leur priorité. Peut-être même dans l'éducation des enfants. Est-ce que tu vois, j'imagine bien que ce soit dans le cursus scolaire de prendre soin de sa santé mentale très jeune, quoi.
- Speaker #1
Oui, en fait, ils prennent soin de leur santé tout court. C'est une approche beaucoup plus holistique de la santé. Et donc, dans cette approche holistique, il y a beaucoup de prévention, tout à fait. Et depuis l'enfance... Donc, tu vois, c'est une autre approche, une autre façon de voir le corps et l'esprit, la santé. Donc, nous, on a notre approche à nous, qui est qu'on coupe la tête et le corps, déjà. Tandis que ça va des pères, ça communique beaucoup, beaucoup. Donc, voilà, on a du chemin à faire pour parler prévention santé. Et on est quand même dans une démarche très orientée curative, par la force de choses.
- Speaker #0
Ok, donc l'axe encore d'amélioration d'ouverture, ça serait encore plus dans la prévention.
- Speaker #1
C'est ça, qui coûte beaucoup moins cher, mais qui, comme touche la culture, c'est long.
- Speaker #0
C'est plus long, il faut déconstruire et reconstruire. C'est super intéressant, tu disais qu'il y avait une responsabilité aussi individuelle. Là, pour ceux qui nous écoutent, toi, quelles recommandations tu pourrais leur faire en tant qu'experte de la santé mentale au travail sur comment prendre soin de leur propre santé mentale justement au travail ? Quels conseils tu pourrais leur donner pour atteindre, tu en parles beaucoup, d'équilibre, etc. et puis d'être acteur de sa santé mentale ?
- Speaker #1
Alors, la première chose, je pense que j'avais un peu enfoncé les portes ouvertes. C'est souvent ça l'éducation. Mais la première chose, c'est déjà de bien se connaître. C'est-à-dire que... Savoir, connaître soi-même quels sont les indicateurs qui vont nous dire « Ah, t'as l'année rouge ! » C'est quoi être l'année rouge ? Au niveau santé mentale, par exemple, on va commencer à moins bien dormir, à être plus irritable, à avoir des problèmes de concentration, à faire des journées à rallonge, par exemple, pour faire les mêmes tâches qu'on faisait avant à moins de temps. Enfin, un tas d'indicateurs. Chacun a les siens.
- Speaker #0
Ok, donc c'est déjà de connaître ses propres indicateurs.
- Speaker #1
C'est ça. En fait, imagine, moi je te dis, est-ce que tu connais les signaux qui t'indiquent que tu commences à avoir un rhume ? Oui.
- Speaker #0
Voilà,
- Speaker #1
tout le monde sait.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Voilà. Est-ce que tu connais les indicateurs qui te disent que tu commences à être dans le rouge au niveau santé mentale ? Oui,
- Speaker #0
j'ai trop d'énergie.
- Speaker #1
Hein ?
- Speaker #0
Je mets trop, tu vois. C'est too much. J'ai trop, il y a trop de, voilà, c'est que là, il y a quelque chose qui est déséquilibré, tu vois.
- Speaker #1
et quand tu dis je mets trop d'énergie qu'est-ce qui te fait te rendre compte que tu mets trop d'énergie c'est les autres qui te disent dis donc Florence t'envoies du feu en ce moment ou non c'est quoi non moi c'est très interne c'est très intérieur et du coup il y a des choses que je veux faire plus vite des
- Speaker #0
décisions que je prendrais trop vite et généralement c'est j'ai obligé de prendre sur moi mon courage à deux mains pour me dire mais comment ça va en fait tu vois Voilà. Mais généralement maintenant, avec l'habitude, je ne cache pas, je sens en fait le feu arriver. Et je me dis, ouf, là, ça c'est... Donc du coup, j'arrive très vite à réguler. Parce que comme tu dis, maintenant, avec l'habitude, je connais mes indicateurs. Et là où il y en a, ça peut être de moins bien dormir ou d'avoir une fatigue chronique. Moi, c'est plutôt de mettre beaucoup trop d'énergie là où ça ne mériterait pas forcément de l'être. Oui,
- Speaker #1
très bien. Et du coup... comme tu connais tes indicateurs, tu as développé aussi, j'imagine, des ressources quand tu sens que tu es dans le rouge, des choses que tu mets en place peut-être.
- Speaker #0
C'est de me calmer, de ralentir.
- Speaker #1
Concrètement, c'est partir plus tôt du travail ?
- Speaker #0
C'est de ralentir et de mettre un plat et de prendre de la hauteur. Généralement, c'est ce rééquilibre. Une sorte de priorisation qui me permet peut-être aussi de me disperser dans cette énergie. Pour moi, diluer.
- Speaker #1
Est-ce que tu as des techniques pour justement prendre cette hauteur-là, ce recul-là ? Tu fais quoi ?
- Speaker #0
Oui, je fais le point sur mes activités.
- Speaker #1
D'accord. Et est-ce que tu as d'autres choses ?
- Speaker #0
En dehors du travail, quoi. Oui,
- Speaker #1
ben oui.
- Speaker #0
Voilà, ça va être en dehors du travail. Et puis, ça va être... Tu vois, là, j'ai eu un premier semestre qui était génial, mais extrêmement chargé. Je sais que pour une courte durée, c'est OK. Je sais pertinemment, et pour moi, on puisse le voir en tant que coach avec mes clientes, etc., que ce n'est pas tenable et que pour un objectif donné, c'est OK et daté, c'est OK. Mais là, sur le son gros semestre, tu vois, j'ai décidé que le jeudi midi, j'allais faire un cours de sport. Donc là, j'ai déjà trouvé un cours de sport pour le jeudi midi. Je me dis tiens, ça peut être sympa. Bon alors ça, c'est des... Attention, les trucs de rentrée. Bon, ça passe forcément. Je me dis, ah, je viendrais bien en vélo électrique. Bon, on verra au mois de décembre, tu vois, pour être un peu plus dehors. Parce que je sens aussi que j'étais peut-être un peu trop à l'intérieur et que moi, j'ai besoin de bouger. J'ai été un peu trop sédentaire par rapport à mes propres besoins. Donc, il faut que je trouve une solution pour bouger plus. Et c'est ça aussi qui va... canaliser mon énergie. Donc voilà, ça va être des choses comme ça.
- Speaker #1
Et voilà, tu es en train de donner des solutions. Pour un bon équilibre psychique, c'est l'activité physique, entre autres. Et donc ça peut passer par l'activité physique, après on peut avoir aussi l'activité sociale, qui est un autre pilier extrêmement important pour avoir une bonne santé. Donc en fait, chacun va trouver son truc. Certains, c'est comme toi, je vais faire du vélo, je vais faire une activité sportive, ou je vais respirer, apprendre à respirer, faire de la souffle, ou je vais aller faire des livres. me poser. Donc en fait, plus c'est varié, et plus on connaît ce qui nous nourrit, plus on a la possibilité d'intégrer ces rituels à notre quotidien et de faire en sorte qu'on n'arrive pas au point rouge. Et ce point rouge, de toute façon, il va arriver parce que la vie n'est pas linéaire. Mais sauf que quand il arrive, déjà on le détecte plus vite et on a développé encore plus de ressources.
- Speaker #0
Donc vraiment connaître ses indicateurs, connaître ses ressources. Et des rituels que ce soit intégré dans notre vie.
- Speaker #1
Et des rituels courts. Tu t'as dit, les jeudis midi, je vais aller faire du sport. Il va mettre les dans l'agenda.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et ça, c'est non négociable. Tout à fait. Et puis, une fois qu'on sait qu'on est bien, qu'on connaît ses ressources, ses indicateurs, il ne faut pas hésiter à demander de l'aide. Ça ne va pas.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
C'est comme la santé physique. Le rhume, ok, je sais le gérer avec mes lavages des narines et mon citron miel. Mais si vraiment ça ne va pas, je vais voir le médecin. Et voilà, c'est pareil. Et là, pareil, comment on se rend compte que ça ne va pas et que j'ai besoin d'aller voir le médecin ? Soit on se rend compte soi-même parce qu'on a développé déjà cette capacité à s'auto-regarder, soit on écoute ce que les autres nous renvoient. Je ne sais pas si vous savez des proches, mais ils peuvent, par moments, vous dire, souvent dans la famille, c'est plus facile, tu as l'air crevé, tu n'arrêtes pas de râler, ou vous-même, vous vous réveillez fatigué. malgré une bonne nuit, donc tout ça peut peut-être s'accumuler avec d'autres choses, c'est souvent multifactoriel, d'une autre manière, pour vous dire, là peut-être qu'il faut que j'aie demandé l'aide.
- Speaker #0
C'est une période où je n'arrive pas à lever la tête, je n'arrive plus à me ressourcer, où je ne me reconnais plus. Donc allez voir le médecin, ils ont tout ce que vous ressentez. Et du coup, ils pourraient peut-être vous donner des solutions qui peuvent passer par... Les solutions sont multiples.
- Speaker #1
Ok, donc voilà, savoir aussi ses limites et savoir se faire accompagner, se faire aider quand c'est nécessaire. Là, tu parlais de culture tout à l'heure, et effectivement, il y a moins cette culture. Ça vient. avec en plus, il y a la mise en place de dispositifs, mon psy, etc., de choses qui, voilà, pour faire, on crée ça, voilà. Mais c'est moins dans la culture aussi d'aller se faire aider sur la santé mentale, pareil, on parlait de tabou, ça reste encore un peu...
- Speaker #0
Et effectivement, il y a les psychologues qui peuvent aider, mais il y a un tas de professionnels qui peuvent aider en plus ou en parallèle du psychologue. Quelque chose qui fait beaucoup de bien à la tête aussi, c'est le corps. On peut parfois aller voir les kinés. et ensuite parler avec des gens avec qui on se sent bien et exprimer son état d'esprit le combo ça, ça fait un bien fou c'est intéressant ce que tu dis le corps peut faire beaucoup de bien la tête et c'est souvent autant la santé mentale c'est multifactoriel autant, en ce moment la santé mentale c'est pluridisciplinaire on pense tout de suite à aller voir les psychiatres, les médecins On va avoir besoin d'aller voir peut-être un psychiatre ou un psychologue si vraiment le mal-être s'installe ou si c'est quelque chose qui nous dépasse totalement et on a besoin d'un professionnel. Et donc ça, le médecin généraliste saura nous dire. Enfin, il est censé savoir nous dire. Mais il y a d'autres professionnels qui peuvent nous aider. Il y a les psychothérapeutes.
- Speaker #1
La sophrologie.
- Speaker #0
Il y a des psychothérapeutes. Il y a un panoplie de poules un peu plus large. Après, sur tous ces professionnels, il n'y a pas une reconnaissance non plus, c'est pas un diplôme comme psychologue ou c'est pas des études comme un médecin, un psychiatre. Donc en fait, là, je vous conseille de faire appel à vos références proches. Je vais aller voir un sophrologue, mais on me l'a recommandé. Je vais aller voir un réflexologue, mais on me l'a recommandé. Je trouve que la recommandation, c'est très important. Et ça, c'est comme tout aussi. On cherche la personne qui va nous convenir, comme les kinés, les stéos. Et bien, pareil, sur la partie santé mentale, on doit trouver les bonnes minomes.
- Speaker #1
Il y a une question que je voulais te poser, Elena. Tu vois, moi, dans les clients que j'ai en coaching, c'est des femmes qui sont vraiment très engagées dans leur travail, très investies. Ce que je voulais te demander, tu vois, c'est comment on peut construire une carrière ambitieuse sans s'abîmer, en fait, tu vois, sans, du coup, en préservant sa santé mentale. tout en étant très investie, très engagée ? Parce qu'il y a des femmes qui sont comme ça, qui sont 100% engagées forcément dans ce qu'elles font, ou des hommes. Comment on peut le faire sans s'abîmer, sans se cramer ?
- Speaker #0
Exactement comme ce qu'on a dit. C'est-à-dire qu'on peut très s'engager dans son travail, mais on se met des limites de temps, par exemple. Des limites de rapport à l'autre. On s'écoute. Parce qu'on s'entend très engagée. Oui, mais il faut faire les choses à 100%, pas à 200%. Et si on les fait à 200% à un moment donné, c'est que temporaire. Et puis après, nous deux, on est habitués à travailler, en tout cas à côtoyer pas mal d'autres femmes entrepreneurs, indépendantes et autres. On sait aussi quels sont les freins ou les syndromes qui nous guettent. Les syndromes de la bonne élève, les syndromes de l'imposteur, tous ces domaines-là qui font qu'on va faire encore plus que ce qui est prévu. On va aller plus loin que ce qui est prévu. Tout ça aussi, casser ces croyances-là, c'est important. Moi, en tout cas, ce que j'ai essayé de faire, c'est quand je me suis lancée dans mon activité, je me suis dit, de toute façon, sur la qualité du travail, je vais être alignée. Quand je veux parler aux dirigeants, aux DRH du sujet, je veux qu'ils sentent et je veux surtout parler de mon vécu, de comment j'ai fait. Je vais leur suggérer des choses, quand je parle d'un... quelque chose, je me l'applique.
- Speaker #1
Il faut que tu incarnes ce que tu représentes. Tout à fait.
- Speaker #0
Donc, en ces temps, j'ai testé un tas de rituels.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Jusqu'à trouver mes rituels.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Voilà. Je me suis fait accompagner. Donc, j'ai fait beaucoup d'appel. De plus en plus des sports. Moi, j'aime beaucoup les sports.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc là, j'ai intégré, j'ai trois heures par semaine des sports, deux sports différents en plus, voilà, qui s'intégrent dans mon agenda. Donc, deux heures par semaine, un lundi, mais voilà. C'est dans mon agenda et c'est non négociable. Ensuite, je mis en place des rituels de méditation, des cohérences cardiaques. L'équipe aussi, on a mis des rituels pour les uns et les autres, des pauses déjà. Et puis, on fait attention aux objectifs. Je ne sais pas comment on peut dire, dans la culture. On essaie d'incarner ce qu'on dit. Moi, pendant un an, je me suis fait accompagner par un préparateur mental pour apprendre un tas de techniques, des visualisations et autres, pour découvrir des choses qui existent à mes stations, au plein de conscience, l'autocompassion, enfin plein de techniques pour pouvoir en parler facilement et découvrir ce qui m'aidait, moi.
- Speaker #1
Donc, vraiment tester, se mettre en place des rituels, que ce soit aussi important que des temps... Travail, en fait, parce qu'en plus, ça va venir optimiser ces temps de travail-là.
- Speaker #0
On sait très bien qu'on sera plus productives.
- Speaker #1
Et j'ai bien aimé, ok, engager à 100%, mais pas à 200%.
- Speaker #0
À 200%, c'est que temporairement, on a tous des moments d'erreur. Comme tu disais, les six mois, c'est beaucoup. En fait, c'est une course de fond qu'on fait. On est plus sur une course de fond que des sprints.
- Speaker #1
Mais tu vois que les six mois, je les ai tenus. parce que le jeudi à 18h45, quoi qu'il arrive, j'étais à la danse. Et j'ai tenu beaucoup plus mes rituels. Voilà, le temps en famille, le temps de ressourcement, etc. Je les ai beaucoup plus tenus en me disant « Là, Florent Gardière, c'est rythme soutenu. » Enfin, voilà, je le savais. Mais du coup, je me suis dit « Il faut mettre des choses en place à côté pour tenir. » Et là, c'est tout un entraînement. Enfin, voilà, pour du coup aussi me dire « Cette palais de l'Ale est finie. » Donc là, j'en aborde une autre. Donc, il faut que la pente descende et que j'accepte le retour un peu plus au temps long, le retour avec joie. Mais du coup, comment maintenant je m'adapte à ce nouveau rythme ? À quoi il va servir ? Comment je vais potentialiser ça aussi ? C'est intéressant.
- Speaker #0
Quand je t'entends parler, j'entends beaucoup l'énergie. Comment je canalise mon énergie ? Comment j'utilise mon énergie ? Et ça, c'est important aussi de bien connaître ce qui nourrit, comment on la canalise. Il y a beaucoup de femmes entrepreneurs qui sont dans des métiers où on donne beaucoup et les exigences émotionnelles sont fortes. Ça prend beaucoup d'énergie. Moi, je leur conseille à chaque fois, mais c'est tous les jours, c'est tous les jours un temps pour toi où tu fais du bien, où tu dis, OK, je reprends. Et c'est ta danse les jeudis soirs, c'est exactement ça. Et c'est ça qui te permet de réguler ton énergie et d'être sur des périodes longues au taquet et pas nuit. Et t'es pas un burn-out.
- Speaker #1
Et non, pas du tout. Pas du tout. Mais tu sais que j'étais fière de moi, du coup. C'est une certaine fierté, parce que c'est pas simple et c'est chouette. De pouvoir le vivre comme ça, c'est plus agréable aussi. Je suis pas, tu vois, quelqu'un qui aime être dans la souffrance, on y va, on se fait mal, pas du tout.
- Speaker #0
C'est important ce que tu dis, parce qu'on se rend pas compte quand on discute, mais je veux surtout pas qu'il y ait un message coupabilisant qui passe aux personnes qui n'ont pas les sports trois jours par semaine. Non. En fait, il faut savoir que dans mon deal entre moi-même et moi-même, je me suis dit, ok, j'ai cet espoir-là parce que ça me fait du bien, mais alors si je ne le sens pas ce jour, parce que je suis fatiguée, parce que justement, mon niveau d'énergie est bas, je n'y vais pas.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Je n'y vais pas et c'est au père. Il ne faut pas que ça devienne une injection de plus, une performance de plus.
- Speaker #0
Il faut que je fasse ça, il faut que je fasse du bien le matin. Il faut que je médite. Ah, je n'ai pas respiré le jour, on arrête. Non, c'est… On s'écoute. Et on se fout la paix aussi.
- Speaker #1
On se fout la paix.
- Speaker #0
Il a fallu m'apprendre à ne rien faire. Et mon cerveau a adoré quand il a appris. Quand il teste deux fois. J'ai encore du mal à lâcher prise. Mais c'est un exercice pour moi de ne rien faire. Et c'est tellement important.
- Speaker #1
C'est quoi pour toi aujourd'hui les situations professionnelles qui sont le plus à risque en termes de santé mentale ? Est-ce qu'il y a des... Est-ce qu'il y a des situations, des profils, des secteurs qui sont plus à risque ?
- Speaker #0
On est tous concernés par les risques psychosociaux. Les situations à risque, c'est quand tous les facteurs golaques, il y en a six, ils sont tous dans le rouge. C'est-à-dire quand on est dans un conflit de valeurs, qu'il y a des fortes exigences émotionnelles, que le rythme et l'intensité sont très fortes et que ça ne baisse pas. Quand on a une insécurité aussi économique, imaginons au plan social où on ne voit pas de visibilité, on n'est pas au courant de la bonne marche de l'entreprise, quand il y a un management qui ne nous convient pas, il me manque un. Mais en tout cas, quand tous les facteurs comme ça, c'est-à-dire que c'est dans les rouges, alors là, il faut se poser de bonnes questions. Donc ça, ce sont des situations à risque. Et puis ça, comme tout, les situations, les conditions de travail, finalement dépend de chacun, c'est-à-dire comment chacun perçoit ses conditions de travail. Est-ce que c'est clair ce que je dis ? Par exemple, on peut vivre les mêmes conditions, on peut avoir les mêmes conditions et pas les vivre de la même manière. Parce que notre moment de vie n'est pas le même, parce que notre âge peut-être n'est pas le même, voilà.
- Speaker #1
Situation personnelle.
- Speaker #0
Tout à fait. Et c'est ça qui fait que certains disent, ah, mais... Avant j'y arrivais, là j'y arrive plus, mais un tel il s'est plaint et moi non. C'est pour ça qu'il faut s'écouter, parce qu'au bout d'un moment, bah oui, sinon on n'est plus aligné, sinon on fait mal. Voilà, il faut prendre soin de soi.
- Speaker #1
Ok, écoute, on a fait le tour, je pense, des recommandations. Vous l'avez entendu, de toute façon, la clé, c'est de s'écouter, c'est bien de se connaître, ces indicateurs, ces ressources, diversifier aussi, parfois même l'effort de rien faire. En tout cas, peut-être explorer aussi différentes... On l'a dit, il y a quand même plein de propositions maintenant, du coup extérieures, vous en avez plein dans vos ressources internes, mais il y a aussi plein de ressources, donc d'être curieux, d'aller voir aussi... ce qui se passe, parce que c'est vrai qu'il y a plein de dispositifs, il y a plein de choses qui sont mises en place maintenant. Donc, de ne pas hésiter à aller voir tout ce qui se passe, et puis à prendre soin de soi, comme on prend la santé mentale. Il n'y a pas de santé sans santé mentale.
- Speaker #0
Et ça, moi, j'ai dit souvent, en parler, c'est déjà agir.
- Speaker #1
Déjà, d'en parler, ouais, ça rentre dans la culture, c'est déjà, voilà, et c'est ce que contribue M180 tous les jours. Un grand bravo pour tout ça. J'imagine que pour toi, ça a beaucoup de sens, beaucoup de...
- Speaker #0
comme tu dis c'est une joie ça donne du sens au quotidien moi je m'éclate, c'est génial
- Speaker #1
Où est-ce qu'on peut retrouver les activités de M140 ? Comment on peut aller découvrir un peu plus ce que tu fais, ce que fait l'entreprise ?
- Speaker #0
Alors soit sur notre site web www.m180.fr soit sur LinkedIn aussi M180 soit sur mon link Dynamo 1 on peut facilement nous trouver Je mettrai tous les liens
- Speaker #1
dans les commentaires de ce podcast. Un grand merci, Hélène.
- Speaker #0
Un grand merci à toi.
- Speaker #1
À bientôt.
- Speaker #0
À bientôt.
- Speaker #1
Merci d'avoir pris le temps d'écouter cet épisode de Junipo. J'espère qu'il vous aura apporté des pistes pour avancer dans vos réflexions et dans vos projets professionnels. Pour en savoir plus sur mes accompagnements ou me poser vos questions, rendez-vous sur mon site internet où vous trouverez tous mes contacts ou sur mon compte Instagram. Les liens se trouvent dans le descriptif de l'épisode. Et n'oubliez pas, chaque petit pas compte. Oser explorer, questionner et agir, c'est déjà avancer sur le chemin d'une carrière alignée avec vous-même. Prenez soin de vous et de vos projets professionnels et rendez-vous très bientôt pour un nouvel épisode de TuneCo.