- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue pour ce nouvel épisode. Aujourd'hui j'ai le plaisir d'être avec Marie. Bonjour Marie.
- Speaker #1
Bonjour Célie.
- Speaker #0
On va parler d'un sujet qui est quand même assez fort pour la Nouvelle-Calédonie. On va parler de nos petites pierres pour la Calédonie. Est-ce que tu peux te présenter Marie ?
- Speaker #1
Avec plaisir. Donc moi c'est Marie et je suis avec toi aujourd'hui pour te parler de Maison Terra, un projet que j'ai monté avec ma sœur Chloé. On a donc créé l'année dernière la société et puis on devrait réceptionner l'usine, donc l'outil de production en fin d'année 2026. Dans l'idée c'était de pouvoir créer un outil de transformation agroalimentaire basé donc à la fois, qui pourra transformer des fruits et légumes locaux pour faciliter leur accès en fait aux consommateurs. Donc des fruits et légumes qui seront... épluchées, découpées et conditionnées soit en frais, soit en surgelés, et qu'on pourra commercialiser soit à la restauration collective, donc les cantines, ou la restauration commerciale, les restaurants, services de gamelles, ou encore les industriels qui pourront les transformer pour en faire par exemple des sorbets, ou alors les magasins et les surfaces de l'alimentation, on pourra les retrouver directement.
- Speaker #0
D'accord. Comment est venue l'idée de ce gros projet ?
- Speaker #1
Alors, c'est vrai que c'est un projet qui a mis beaucoup de temps à sortir. En fait, on a des profils assez différents avec ma sœur Chloé. Elle est mariée avec un éleveur producteur et ils vivent ensemble avec leurs enfants sur la station familiale à Moindoux. Et donc, elle a été confrontée aux difficultés. de la vie d'un producteur, avec notamment beaucoup de produits qui ne trouvent pas leur débouché, pour différentes raisons. Souvent, il y a une question de prix. Si à ce moment-là, le cours du légume est trop bas, ça va coûter plus cher de le ramasser que de le laisser pourrir dans les champs. Ou alors, il y a des produits qui ne sont pas calibrés pour être sur les étals. Ils ne sont pas de la bonne couleur, ils ne sont pas de la bonne forme. Gros, ils sont jugés moches et donc ils ne sont pas commercialisés. Et puis, il y a toutes les productions qui ne sont même pas plantées parce que de toute façon, il n'y a pas le marché derrière. Donc, on a constaté ça et on s'est dit qu'il y a des productions en Nouvelle-Calédonie qui ne trouvent pas leur débouché. Et l'idée, ça a été de voir comment est-ce qu'on pouvait les transformer. pour pouvoir les proposer aux clients au bon moment, pour qu'ils soient disponibles au moment où le consommateur en avait besoin. Et donc est venue l'idée de faire de la transformation avec des produits qui seront notamment surgelés pour pouvoir les retrouver toute l'année.
- Speaker #0
Ça c'est bien parce que des fois quand on se retrouve avec plus de concombres pendant deux semaines, mais bon c'est aussi les aléas de consommer local on va dire.
- Speaker #1
Exactement. En fait, il y a plusieurs effets à ça. C'est qu'au final, on est capable de produire pas mal de choses et sur une grosse période de l'année. Mais à un moment, la volatilité des prix fait que, quand on est producteur, on ne va pas avoir intérêt à replanter. Mais derrière, on ne va pas en retrouver sur les étals. Donc, c'est un petit peu compliqué. Et nous, on s'est positionnés en essayant de trouver une solution à ça. Donc déjà en proposant de transformer les produits. Et puis surtout en proposant de la contractualisation aux agriculteurs. Et ça, ça leur permet en fait une vraie visibilité. C'est-à-dire que quand ils mettent en terre, ils savent que la production est déjà vendue. D'ailleurs, on a déjà commencé à acheter des productions alors qu'on n'a même pas encore réceptionné notre usine. pour les avoir pour des produits saisonniers, par exemple, pour ne pas les citer, les ignames. On en a déjà acheté plusieurs centaines de kilos. Et ça continue parce qu'au final, il y a des produits qui ont une saisonnalité comme ça, qui vont sortir une fois par an. Et puis après, on ne va plus forcément les retrouver. Il y a des difficultés de stockage, etc. pour les agriculteurs et de commercialisation aussi, parce que les producteurs, au final, ce qu'ils veulent, c'est produire. Et c'est déjà suffisant, j'ai envie de dire. Le métier de transformer et de commercialiser, c'est vraiment un autre métier. J'allais dire. Et faire plusieurs métiers, c'est compliqué, surtout si on veut bien le faire. Et donc, on est arrivé avec cette vision, avec Chloé qui est vraiment dans le monde agricole. Elle est vétérinaire de formation et puis dans le monde agricole calédonien depuis une dizaine d'années. Et moi qui suis dans plutôt le monde entrepreneurial. On a vraiment cette complémentarité entre nos deux profils qui permet d'avoir un métier différent. Il y a les producteurs et même au sein de Maison Terra, on a aussi deux casquettes et une complémentarité.
- Speaker #0
Ça, c'est vraiment bien. Et je trouve que c'est aussi bien, du coup, de pouvoir apporter cette, on va dire, cette sérénité un peu plus aussi aux agriculteurs calédoniens qui, malheureusement, vivent aussi au rythme des, comment on appelle ça, de la météo. Parce que des fois, quand il pleut, combien de fois il y a eu aussi des inondations pour tous les sévères Paris qui sont touchés. Ah, pour Aïe, là, il y en a eu pas mal. Oui, pour Aïe, oui, aussi. Donc, c'est vrai que ça permet aussi d'assurer quand même une rentrée de chiffre d'affaires qui peut être intéressante pour eux.
- Speaker #1
Oui, dans l'idée, en fait, c'est en effet, il y a l'aléa climatique avec parfois trop de pluie et parfois pas assez. Avec des sécheresses, d'ailleurs, qu'ils annoncent pour les prochains mois. Et en fait, dans l'idée, c'est que la plupart des producteurs en Nouvelle-Calédonie sont en capacité de produire plus. Ce qui pose problème, c'est vraiment les débouchés. Et donc aujourd'hui, ce que nous, on leur propose, ce n'est pas du tout de travailler en exclusivité pour nous. C'est en fait de continuer leur activité normale, mais juste on leur propose une débouchée en plus. Donc en effet, ça leur permet de faire un prévisionnel, ce qui en agriculture est très compliqué parce qu'on n'a aucune idée de à quel prix on va vendre, combien on va vendre. Là, aujourd'hui, on essaye de fixer ça à l'avance, un prix, un volume, et eux, de pouvoir faire des projections. au moins sur la partie pour laquelle ils vont travailler avec nous sur Maison Perra.
- Speaker #0
C'est trop bien. Et du coup, une fois que l'idée a été posée, parce qu'en plus c'est très travaillé, vous avez pensé à énormément de détails, je trouve, qui sont très intéressants. Comment vous avez commencé à concrétiser tout ça ? Parce que là, il y a quand même beaucoup de sujets, il y a beaucoup de personnes à contacter.
- Speaker #1
En fait, je pense que ni ma sœur ni moi, on avait dans l'idée que ça deviendrait un aussi gros projet.
- Speaker #0
Parce que là, c'est quand même un gros projet. On peut peut-être rappeler l'investissement.
- Speaker #1
C'est du coup une usine de 1000 m² et un investissement total de 440 millions de francs. Donc, c'est un gros projet, en tout cas à notre échelle. Et au final, au début, ce qu'on avait en tête, c'était de pouvoir valoriser les productions. notamment ce qu'elle voyait sur la station à Moindoux. Et puis, moi, je l'aidais à faire des prévisionnels, etc., des business plans. Et au final, on s'est rendu compte que si on voulait pouvoir toucher des marchés importants en termes de volume avec la restauration collective, les cantines, il fallait avoir un projet qui soit quand même d'une certaine taille pour pouvoir répondre à des exigences sanitaires et pouvoir donc approvisionner les cantines. Et en fait, quand on fournit les cantines, c'est quand même 60 000 repas par jour en Nouvelle-Calédonie. En fait, ça fait un volume tellement important que ça a un effet sur toute la chaîne. On peut avoir un effet prix, en fait, si on a un client comme les cantines scolaires, qui permet de tirer les prix globalement vers le bas. Parce qu'un producteur qui fasse une ligne de production ou deux lignes de production, ça ne va pas lui coûter deux fois plus cher. on peut lui acheter sa production moins chère. Nous, quand on transforme, on a des outils qui peuvent être en place, qui coûtent... Il y a un effet volume, de toute façon, à peu près dans tous les business, c'est pareil. Et donc, l'effet cantine, en fait, permet d'avoir un impact sur tous les clients potentiels. Et donc, c'est comme ça qu'on est arrivé à faire une usine de 1000 m² parce qu'on a visé notamment le marché des cantines scolaires.
- Speaker #0
C'est bien parce que du coup, en creusant un peu plus le projet, du coup, c'est devenu ce qu'il est aujourd'hui.
- Speaker #1
Exactement, et puis on ne pensait pas forcément que ce serait ce type de produit. On n'avait pas d'idée définie, mais au fur et à mesure des études et des informations qu'on a pu avoir, notamment avec la Chambre d'agriculture qui nous a fourni pas mal de données, on s'est rendu compte qu'il y avait une vraie demande, notamment sur les tubercules tropicaux.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc taro, manioc, igname, patates douces. Et c'est des produits qui se surgèlent très bien et qui sont, pour certains, assez saisonniers. Donc l'idée d'en retrouver en surgelé, ça avait tout son sens. Et donc au fur et à mesure, comme ça, des échanges qu'on a pu avoir, le projet s'est affiné et puis on a rencontré des producteurs avec qui on a échangé et qui étaient convaincus par ce système de contractualisation, qui les engage mais qui nous engage aussi. Et donc le projet s'est monté comme ça au fur et à mesure.
- Speaker #0
Il n'y a pas eu de peur particulière avec la conjoncture de se lancer comme ça ?
- Speaker #1
Alors, c'est un peu la question, en fait, de pourquoi on a quand même créé l'entreprise en 2025 et on réceptionne l'outil en 2026. Donc, c'est un contexte économique un peu particulier, on va dire. Et en même temps, c'est ce qui donne aussi du sens au projet. Je pense qu'après... Après les émeutes de 2024, on avait envie de travailler sur des projets qui avaient du sens et valoriser l'agriculture locale en créant de la valeur ajoutée en Nouvelle-Calédonie. Ça a beaucoup de sens pour toutes les deux. Et donc, ça nous a semblé en même temps être un super moment pour lancer ce projet-là. et puis de façon aussi assez modeste, je pense que si chacun met sa petite... de pierre à l'édifice, on pourra relancer l'économie en Nouvelle-Calédonie. En fait, on a beaucoup entendu ces dernières années, à juste titre, qu'on était très résilients en Nouvelle-Calédonie et je crois que c'est vrai. Mais je crois qu'on est aussi devenus assez pessimistes. Aujourd'hui, il faudrait réussir à redevenir un petit peu plus optimistes et peut-être qu'en créant des projets comme le nôtre, et puis si on arrive à donner envie à d'autres personnes de se lancer, on aura fait notre part du boulot aussi.
- Speaker #0
Je te rejoins tout à fait sur ces propos et j'ai l'impression que, tu sais, là, les projets qui sont en développement, en tout cas ceux qui gravitent un peu autour de moi ou de nous, c'est que maintenant, j'ai l'impression qu'ils sont vachement aussi centrés sur les Calédoniens. Et il y a moins, en tout cas, ce regard de « je vais importer une idée d'ailleurs et je vais l'adapter au marché calédonien » . Sûrement beaucoup moins les moyens de voyager qu'avant. On a beaucoup moins les moyens aussi d'investir beaucoup d'argent dans une entreprise qui va être importée et mise, on va dire, adaptée au marché local. On regarde en fait tout simplement devant nous qu'est-ce qu'on a en Nouvelle-Calédonie aujourd'hui pour développer quelque chose d'intéressant. Et là, votre projet rentre complètement dans ça.
- Speaker #1
Mais il y a des super produits en Nouvelle-Calédonie. Et des fois, on l'oublie un peu justement. je trouve qu'il... Les Calédoniens, il n'y aura pas meilleur ambassadeur de la Nouvelle-Calédonie que les Calédoniens. Il faut qu'on redevienne ou qu'on devienne des ambassadeurs pour créer de l'attractivité, attirer des investisseurs, attirer des touristes en Nouvelle-Calédonie. Et en fait, il suffit que... C'est beaucoup de travail. C'est beaucoup de travail, mais il y a des produits qui sont d'une super qualité et qu'on oublie parfois. Ce n'est pas mon domaine, mais la crevette de Nouvelle-Calédonie, elle est exceptionnelle. Le miel de Calédonie, il est aussi d'une qualité qui est mondialement reconnue. Et puis, on a des produits qui sont faits localement et qui sont exportés. Et ça, on n'en parle pas assez. Il y a des squashes aujourd'hui de Nouvelle-Calédonie qui poussent et qui sont vendus sur les marchés asiatiques. Donc, c'est qu'il y a une... véritable qualité des produits parce que finalement, sinon, ils ne seraient pas choisis par ces pays asiatiques qui ont un choix énorme. Et donc, parfois, il faut un peu aussi regarder ce qui va bien. Et on a des produits de super qualité. Toi, dans ton domaine, je pense que tu le vois aussi parce que la Nouvelle-Calédonie, Capital French Tech, c'est incroyable aussi. On a des produits, on a des entrepreneurs, on a un pays qui est magnifique. Je crois qu'il faut que... qu'on leur appelle plus souvent, en fait. Parce que rien que chez nous, il y a déjà de quoi faire.
- Speaker #0
Je suis d'accord avec toi. Moi, ce que je préfère le plus, finalement, c'est notre mentalité d'entrepreneur. Parce que tu vas ailleurs, tu ne retrouves pas ce mélange de cœur, mais de business. Tu vois, tu as quand même ces valeurs derrière qui sont profondes. Et quand tu travailles avec d'autres entreprises qui sont à l'extérieur, tu ne retrouves pas ce petit truc que nous, on a. Et qui fait que les projets, ils ont deux fois plus de valeur, je trouve. Parce que tu as cette mentalité calédonienne qui est forte, en fait.
- Speaker #1
Oui, je suis d'accord avec toi. Ce fameux esprit pionnier dont on parle souvent. En fait, c'est vrai. En Nouvelle-Calédonie, les gens osent entreprendre assez facilement. Alors que c'est quand même assez risqué de se lancer. Mais la plupart des gens ont une envie, un projet. et puis... et puis arrivent à les monter à leur échelle. Oui,
- Speaker #0
et puis je pense que tu sais, là, on parlait de la French Tech, que la Calédonie, c'était la capitale French Tech. Mais du coup, ça nous donne aussi cette opportunité de briller plus facilement, on va dire, dans le sens où si tu déposes ton dossier à la French Tech en France, peu importe la localisation où tu déposes ton dossier, ils ont des dossiers tous les jours ou toutes les semaines. Donc, ton application, il faut vraiment qu'elle se démarque. par rapport à 150 personnes derrière pour qu'elles soient choisies. Ici, comme il n'y a pas des gros projets qui naissent dans la tech, on va dire tous les mois, s'ils en ont un ou deux par mois, c'est déjà très, très bien. Mais du coup, le fait de faciliter le chemin en étant la capitale French Tech, ça donne deux fois plus d'opportunités à ton entreprise de briller parmi toutes les autres entreprises. Parce que là, tu vois, nous, tous les appels à candidature auxquels on répond en ce moment... Ils nous demandent si on est déjà rattaché à une forme d'association. Et direct, quand on dit la French Tech Nouvelle-Calédonie, vous êtes dans une capitale French Tech. Pourtant, on n'a pas fait des pieds et des mains pour y rentrer parce qu'on rentre juste dans une start-up innovante en Nouvelle-Calédonie. Mais l'innovation, elle est calédonienne. Tu as juste besoin d'être innovante à l'échelle de la Calédonie pour être classée start-up innovante.
- Speaker #1
Donc, c'est une vraie opportunité pour les entreprises, pour ceux qui ont envie de se lancer.
- Speaker #0
Donc ça, c'est le gros avantage en Nouvelle-Calédonie, c'est que du coup, on a réussi à importer, quand tu vois la structure de la CCI ou même, je pense, la maison de l'agriculture. C'est comme ça que ça se dit, la chambre de l'agriculture. J'étais en partageant entre la chambre des métiers et la chambre de l'agriculture. Tu vois, tu as quand même des gros moyens dedans et tu as des personnes qui sont réellement impliquées. Donc, je trouve que ça facilite un peu des fois le chemin. Donc là, quelles sont un peu les prochaines étapes de Maison Terra ? On a vu du coup conférence de presse où vous avez posé les premières pierres à la fois.
- Speaker #1
Ça, c'était la première fois où on a communiqué sur Maison Terra. Et donc, c'était la pose de la première pierre qu'on a fait au mois d'avril. C'était d'ailleurs un exercice très chouette. On a eu... Moi, j'ai été assez... de voir le nombre de personnes qui s'étaient déplacées parce que c'était une pause de première pierre et que c'était à la fois un mardi matin, je crois, de mémoire. Et au final, on a eu la représentante de l'État qui était là. On a eu un député, un sénateur, les maires des communes avoisinantes, les représentants du gouvernement, des provinces, du monde agricole. Et donc, moi, il y a eu une prise de conscience ce matin-là. À un moment où il fallait que je fasse mon petit speed, je me suis dit « Waouh, là, il y a du monde qui t'écoute » . C'est que, en fait, je crois que ça montrait que ce projet était attendu aussi, en fait. Quelque part, ça fait longtemps que le monde agricole cherche plus de débouchés. Et puis, il fallait quand même un projet qui soit assez gros pour pouvoir absorber suffisamment de production agricole et avoir un véritable impact. Mais on a vu qu'on était attendus. Donc ça, ça a été une étape importante. Après, on a la construction du bâtiment avec l'équipement à l'intérieur, etc. qui est en train d'être mis en place et qu'on devra récupérer à peu près au mois de novembre. On va avoir une période de tests sur les semaines qui vont venir, notamment pour définir les DLC, les analyses qu'il va falloir faire, etc. Et puis, dans l'idée, c'est d'être vraiment opérationnel pour le début d'année 2027, notamment pour la rentrée scolaire. Et puis donc, en parallèle, on travaille notamment sur tout ce qui est la commercialisation des produits, parce qu'au final, il va falloir que les produits de Maison Terra trouvent leur clientèle aussi. Donc, depuis déjà plusieurs mois, on rencontre beaucoup de monde et on essaye... de partir de ce dont le client a besoin. S'ils ont besoin d'un fruit ou d'un légume qu'on n'avait pas spécialement identifié, sous quel format, quel volume. Et puis nous, on peut aller le sourcer auprès des producteurs, parce qu'encore une fois, les producteurs peuvent faire vraiment beaucoup de choses différentes. Et puis il y a des producteurs différents. On a des producteurs dont c'est le métier et qui vont faire des grosses productions. Mais on a aussi des gens qui sont en tribu et qui, du coup, se regroupent. pour avoir un volume suffisant, notamment sur des productions de fruits. Donc, c'est vraiment des profils qui sont différents. Et donc, on peut aller sourcer différents types de produits en fonction des besoins des clients. Donc là, c'est ce qu'on fait depuis déjà de nombreux mois. C'est surtout ce que moi, je fais dans ma partie à moi. Parce qu'on a défini nos rôles, en fait, justement pour que chacune ait un peu son domaine d'expertise. Donc, Chloé, elle est surtout sur la partie... producteur et production avec une définition des cahiers des charges notamment sur les produits dont on avait besoin et puis moi j'étais sur la partie administrative et commerciale et ça c'est vraiment une partie nouvelle pour moi aussi c'est ce qui est chouette c'est d'apprendre un nouveau métier et la partie commerciale c'était complètement nouveau pour moi et je pense que ce qui m'aide c'est que je crois beaucoup dans le produit donc c'est plus facile d'aller le vendre quand on y croit beaucoup.
- Speaker #0
C'est sûr que ça aide.
- Speaker #1
Oui, heureusement, parce que sinon, ça serait difficile, sachant que c'est pas mon métier.
- Speaker #0
C'est particulier aussi d'aller, tu sais, de te mettre en avant auprès de quelqu'un. Je crois que c'est le plus dur.
- Speaker #1
C'est pas confortable du tout. D'appeler, de... Ouais, ouais, cette partie... Il y a des gens qui aiment beaucoup faire ça et qui sont super bons là-dedans, d'ailleurs. Et moi, par contre, ça, c'est loin de ma zone de confort. Là, c'est un nouveau métier que j'apprends et heureusement que je crois dans le produit parce que sinon, je n'y arriverais pas, clairement.
- Speaker #0
Après, je pense que quand tu sais surtout là, comment ça s'est passé, le montage de votre projet, je pense que c'est tellement... ancré en vous maintenant. C'est quelque chose qui a tellement de valeur pour vous que ça devient fluide. Dès que le rendez-vous est lancé, ça devient plus facile de parler du produit. Ça vient plus naturellement, on peut dire.
- Speaker #1
Ça vient facilement. C'est un peu notre bébé. On travaille dessus depuis un moment. C'est un projet qui a du sens. Ça valorise des productions locales. On les transforme localement. On crée de la valeur ajoutée en Nouvelle-Calédonie. Donc tout ça rend l'exercice plus facile. Mais pour autant, c'est quand même un gros morceau parce que même si c'est un investissement qui est important, de plus de 400 millions, qui est possible d'ailleurs grâce à la défiscalisation. J'avais jamais utilisé ces outils de défiscalisation. Et en fait, c'est quelque chose d'hyper puissant qui permet vraiment à un projet comme Maison Terra d'être viable. Je ne parle même pas d'un projet pour l'instant qui soit rentable. C'est juste que ce soit au moins viable. Parce que sinon, c'est des outils à mettre en place. Donc, c'est des aides qui sont hyper importantes et qui existent en Nouvelle-Calédonie depuis déjà plusieurs années et qui sont hyper importantes pour mettre en place des outils de production. Mais après, au-delà de ça, et c'est ça qui, je pense... va être le plus compliqué, c'est pour ça qu'on travaille déjà dessus, c'est de trouver des débouchés. En fait, on va se retrouver confrontés aux mêmes problèmes que les producteurs de fruits et légumes, qui peuvent produire plus, peuvent produire des fruits et légumes, mais ont du mal à trouver leurs débouchés. Et nous, on va arriver à peu près, on va leur proposer à eux des débouchés pour leurs produits, mais nous, il faut aussi qu'on trouve des débouchés pour nos produits. Et ça, en fait, c'est vraiment un travail de construction de filière. En Nouvelle-Calédonie, aujourd'hui, la filière agriculture, transformation agricole a besoin d'être encore construite pour qu'on parte du producteur, avec même les intrants qui vont être mis sur ces productions, aux producteurs. Après, au transformateur, mais après, il y a la commercialisation et les débouchés pour ce produit-là. Et donc là, là-dessus, il y a des choses qui ont été faites, notamment en Polynésie française, avec des produits locaux dans les cantines scolaires. Ils ont mis une loi depuis 2022, en fait, pour qu'il y ait 50% de produits locaux dans les assiettes des enfants. Et ça, ça fonctionne très bien. Alors au début, ça a été compliqué, évidemment, quand tu mets une réglementation en place. Au début, il faut un peu qu'on arrive à trouver comment fonctionner. Et puis depuis, il y a des débouchés qui sont hyper intéressants. Et il y a plein d'outils de transformation qui se sont créés du coup. Et je pense qu'aujourd'hui, c'est ça dont la Nouvelle-Calédonie a besoin aussi. C'est vraiment de structurer la filière et d'avoir une vision des intrants jusqu'au consommateur.
- Speaker #0
Complètement. Et vous avez aussi du coup un désir d'export au-delà de la Nouvelle-Calédonie. Est-ce que tu peux nous en parler un petit peu plus ?
- Speaker #1
Oui, alors on a construit l'idée de l'outil de production de façon à ce qu'il soit assez évolutif en fait et qu'il puisse évoluer assez rapidement s'il y avait des demandes plus importantes. Donc on a identifié plusieurs marchés qui pourraient être intéressants pour Maison Terra. Déjà, il y a nos voisins du Pacifique qui sont la Polynésie et Wallis et Futuna. Et il y a d'ailleurs des missions économiques qui ont été faites par le gouvernement et auxquelles les différentes chambres ont participé. pour qu'il y ait vraiment un marché commun entre ces différents pays. Et que du coup, au lieu de 250 000, on passe à 500 000 clients potentiels. Donc c'est sûr que ça change complètement le marché. Et puis c'est des pays qui ont des habitudes de consommation qui sont quand même proches des nôtres aussi. Donc dans l'idée, on pourrait exporter vers les pays de la zone et puis vers des pays asiatiques aussi, parce qu'il y a déjà quelques produits calédoniens qui sont exportés, notamment en Japon et Corée du Sud. Donc ils connaissent les produits calédoniens. Il y a le côté français dans le Pacifique qui plaît toujours pour les Asiatiques. Et donc pourquoi pas ? Merci. Je pense assez rapidement, une fois que l'usine sera en production, on essayera de démarcher des produits à l'export. C'est vraiment le modèle économique qui semble idéal. C'est de créer de la valeur ajoutée en Nouvelle-Calédonie pour réussir à l'exporter. Ça serait vraiment l'idéal.
- Speaker #0
Mais oui, c'est vrai que le volume de production est beaucoup plus important. C'est vrai que pour les agriculteurs, ils vont avoir la possibilité de produire davantage. Donc ça va générer un chiffre d'affaires supplémentaire pour eux. Il y a quand même toute une succession de... Du coup, ce ne serait pas le mot conséquence, mais succession de bénéfices pour beaucoup de secteurs calédoniens, enfin, beaucoup d'acteurs autour de l'agriculture en Nouvelle-Calédonie.
- Speaker #1
Oui, il y a un effet boule de neige quand on consomme localement. Et bien, en fait, finalement, c'est toute une filière qui en bénéficie. Oui, c'est ça. Parce que tu as le transformateur, mais tu as aussi le transporteur, le producteur. producteur, celui qui vend les engrais. Et en fait, c'est toute la filière qui bénéficie quand le consommateur choisit d'acheter un produit local. Après, la Nouvelle-Calédonie a quand même un gros avantage par rapport aux voisins de la région. C'est que nous, on a beaucoup de terres agricoles. On en a vraiment beaucoup et elles ne sont pas du tout exploitées à leur maximum, vraiment loin de là. Et donc, on peut avoir une carte à jouer aussi là-dessus. C'est qu'au final, produire plus, ce n'est pas du tout un problème en Nouvelle-Calédonie et ça ne le sera jamais, je pense. Donc, tant qu'il y a des débouchés, il y aura de la production qui peut augmenter. Et puis, en plus, c'est des emplois qui sont créés, mais c'est des emplois en brousse notamment. Nous, on est basé à la fois, mais la plupart des agriculteurs quand même sont en brousse. Ils ne sont pas à Nouméa. Donc, ça fait des populations qui sont fixées un peu partout en Nouvelle-Calédonie. Et ça, je pense qu'il faut vraiment le préserver.
- Speaker #0
Je suis d'accord avec toi. et tout à l'heure tu parlais de quelque chose qui était intéressant la sortie de zone de confort parce que là c'est quand même j'imagine grosse sortie de zone de confort mais du début du projet jusqu'à la fin parce que toi du coup tu disais que tu étais entrepreneuse sur Nouméa pas forcément dans le monde agricole est-ce que tu as eu peur d'arriver dans ce même si ta soeur, tu as confiance en ta soeur mais tu vois est-ce que toi personnellement en tant que mari, comment tu as vécu un petit peu tout ça ?
- Speaker #1
Oui un peu la légitimité du monde agricole Et clairement, je pense encore une fois que notre complémentarité est hyper importante sur cette partie-là. Et c'est pour ça qu'on a chacune nos missions assez définies dans la société. Donc oui, en effet, le monde agricole, je connais plus de choses qu'au début du projet. Mais il me reste encore énormément de choses à apprendre. Et clairement, c'est un monde hyper intéressant. Je ne suis pas sûre de vraiment en faire partie toujours. Je pense qu'il va me falloir encore quelques fois de bourraille avant d'y arriver.
- Speaker #0
Et du coup, la zone de confort, tu disais surtout sur la partie commerciale, mais il y a aussi la mise en avant de votre image. Parce que là, mine de rien, quand vous avez fait la pose de la première pierre, c'était vous qu'on voyait. Comment tu as vécu un petit peu tout ça ?
- Speaker #1
Alors, je l'ai beaucoup préparé. En fait, ça, c'est un peu... peu aussi ma façon de faire, c'est que quand il y a quelque chose qui me stresse un peu, je le travaille beaucoup. Et en fait, justement, cette pause de première pierre qui était notre première étape de communication, en fait, on l'a beaucoup travaillé avec ma sœur Chloé, avec notamment une agence de communication d'influence. Et en fait, c'est incroyable.
- Speaker #0
Tu peux les citer, si tu veux.
- Speaker #1
C'est Chloé de Nomade qui nous a vraiment super bien accompagnées sur cette préparation. Et en fait, C'est impressionnant de voir quand on travaille ces messages. En fait, c'était des semaines de travail pour préparer quels messages on voulait faire passer et comment les faire passer. Et puis, une fois qu'on a fait la présentation et qu'on a fait nos petits speeches au moment de la pause de la première pierre, il y a des journalistes qui sont là. Au final, après, ton message ne t'appartient plus et il part et il est interprété. Et en fait, là, ce qui était super, c'est que c'est vraiment nos messages qui sont ressortis. Mais ça, c'était vraiment nouveau pour moi, cette partie communication. Quand on travaille ces messages, ils sortent comme on a envie. Notre communication, on a vraiment l'impression de l'avoir maîtrisée et pas subie. Et ça, c'est super chouette. Par contre, en effet, il y a eu une partie où il faut un peu plus se mettre en avant. Et c'est assez nouveau. Je ne l'avais jamais fait pour les autres entreprises, les autres sociétés qu'on avait fait. Parce qu'il n'y avait pas forcément ce besoin-là. Mais là, encore une fois, il y a un côté filière à développer, à mettre en avant, un message un peu à porter. Et donc, il faut aller le porter. Donc, il faut se montrer un petit peu plus et travailler sa communication. Mais oui, ça, ce n'est pas inné. C'est vraiment un travail derrière. Mais en même temps, c'est chouette de se dire que finalement... d'apprendre des nouvelles choses. Je crois que c'est vraiment ça qui est intéressant avec le métier d'entrepreneur, c'est de tous les jours apprendre des nouvelles choses. Et là, clairement, j'apprends beaucoup, beaucoup en ce moment avec Maison Terra.
- Speaker #0
J'imagine, parce que là, en plus, comme tu dis, c'est gérer de la communication à la commercialisation, à l'usine qui est en train d'être construite, un nouveau secteur d'activité. Là, c'est hyper polyvalent quand même.
- Speaker #1
Et c'est ça qui est génial. Je trouve que ça doit être hyper nourrissant. C'est hyper nourrissant et c'est hyper intéressant. Et en même temps, je suis contente parce que c'est un projet duquel je suis vraiment très fière. Et je pense que ma sœur, c'est pareil, nous sommes toutes les deux très fiers. Et moi, j'aime bien dire ce que je fais maintenant. J'aime bien parler de mon projet. Et par exemple, je suis vachement contente d'expliquer à mes enfants ce que c'est mon travail et ce que je fais. Et ça, c'est vraiment génial.
- Speaker #0
Je trouve que ça t'aide aussi à sortir de ta zone de confort quand ce que tu fais derrière, ça vient de ton cœur et que ça t'anime profondément. Et ça t'aide justement à parler, à faire un discours pendant une conférence de presse. Ça t'aide à mettre en avant ton projet. Et puis, tu as fait un investissement assez important de plusieurs centaines de millions pour vous, d'où on a un peu moins de millions que vous dans notre projet. Mais du coup, tu te dis, si ce rendez-vous-là tient, qu'à moi, je vais le faire. Je vais aller prendre rendez-vous, je vais déclencher ma chance, finalement, de faire en sorte que cette entreprise fonctionne.
- Speaker #1
Exactement. Et tu as l'enjeu derrière, parce qu'en même temps, les producteurs, on travaille avec eux depuis plusieurs mois, ça fait plus d'un an déjà que le projet est lancé. On a envie que ça réussisse pour nous, mais aussi pour eux, parce qu'on leur a dit que ça allait marcher, qu'on allait trouver des débouchés pour leurs produits. On allait faire en sorte, tous ensemble, que les Calédoniens consomment plus de produits locaux. Donc, on y croit. Et puis, plus on creuse, plus on se dit qu'il y a des intérêts pour tout le monde. Et je vois pour les cantines scolaires, on se dit qu'il y a un vrai intérêt à ce que les enfants consomment plus de produits locaux, même d'un point de vue sanitaire.
- Speaker #0
Mais c'est un désir en plus.
- Speaker #1
Je crois que les parents d'élèves n'attendent que ça. il y a plein de choses qui se sont mises en place ailleurs, en France aussi, en Polynésie. Et puis, on a des vrais enjeux sanitaires en Nouvelle-Calédonie. Je crois qu'aujourd'hui, c'est presque 8 milliards par an qui sont dépensés pour le diabète. Donc peut-être que plus de fruits et légumes à la cantine, ça a du sens, même d'un point de vue sanitaire. Donc une fois qu'on se dit tout ça, j'essaye de persuader les gens, mais moi-même, je suis persuadée. Donc j'ai vraiment envie que ça se fasse et que ça change dans ce sens-là.
- Speaker #0
De toute façon, quand tu as un projet, c'est des projets dits à impact. En fait, ça te donne tellement plus de force d'avancer parce que ce n'est pas toi tout seul et ta famille qui est impactée. Nous, pour notre projet, nous, on est en train de développer une application web qui va aider justement les entrepreneurs à structurer leur communication, mais aussi les PME et les grosses entreprises. Et de savoir en fait que tu vas aider la personne qui va se lancer, que tu vas être son premier employé, on va dire son vrai assistant. assistée par l'IA, etc., tu dis que la personne qui n'a pas forcément confiance en elle, mais qui a envie de lancer son entreprise, qui est à minuit derrière son ordinateur, je serai là pour la soutenir. Je suis là de manière indirecte, mais j'ai quand même développé quelque chose, pensé pour ces personnes-là. Tout de suite, ça a fait beaucoup plus de sens. Et tu te dis, alors oui, là, je doute, parce que tu as le doute quand même, malgré tout le projet, tu as plusieurs millions qui sont engagés, tu as des gens qui t'attendent aussi. Et tu te dis... « En fait, je n'ai pas le droit de lâcher pour ces gens-là. »
- Speaker #1
Exactement. Ce qui est bien, parce que ça te met de la pression, donc ça te pousse à avancer. Parfois, cette pression n'est pas toujours évidente à gérer. À des moments, il y en a beaucoup,
- Speaker #0
on se dit
- Speaker #1
« Allez, souffle un coup, ça va bien se passer. » Mais c'est vrai que ça met une pression qui est positive. Ça te fait avancer, ça te fait trouver des solutions. Parce qu'à chaque nouvelle étape, il y a son nouveau problème. Et il faut trouver des nouvelles solutions tout le temps.
- Speaker #0
Mais c'est vrai que ça donne deux fois plus de valeur. Et comme tu dis, tu as envie d'avancer et de trouver les solutions. Parce que tu te dis, maintenant qu'on a constaté qu'il y avait vraiment ce manque et ce problème, en fait, on est obligé d'aller au bout. Puis après, je pense que c'est notre mentalité d'entrepreneur. Non, mais là, on ne peut pas lâcher. On va au bout.
- Speaker #1
On va aller jusqu'au bout et il vaut mieux que ça fonctionne.
- Speaker #0
Alors, on n'a pas trop le choix, mais on ne se le dit pas vraiment.
- Speaker #1
On se met bien la pression quand même.
- Speaker #0
J'avoue, j'avoue. Et comment, du coup, toi, tu gères cette pression ?
- Speaker #1
Alors, il y a des moments où elle devient un peu trop grosse. Mais justement, j'avais écouté un de tes podcasts où tu avais invité Bertrand Courte, qui parlait notamment de Frigodome. Et il avait expliqué que... les premiers mois, en fait, son entrepôt était resté vide et qu'il avait mis plusieurs mois avant de trouver sa clientèle. Eh bien, ça m'a fait vachement de bien. Je me suis dit, parce que quand on regarde de l'extérieur, on se dit, c'est un super projet, une super idée, ça marche, tout va bien. Et en fait, il y a eu des moments où ça a été hyper compliqué et finalement, ça marche quand même. Donc, en fait... Ça permet de s'enlever un peu de pression et de se dire, écoute, le premier mois, ton carnet de commandes, s'il n'est pas plein, peut-être que ça ne va pas dire que ta boîte, elle va couler. Donc, ça fait du bien. En fait, ce qui fait du bien, c'est le partage d'expérience, de voir ce que les autres ont fait, qui a fonctionné, moins bien fonctionné. Et ça, c'est hyper important.
- Speaker #0
C'est surtout que tu vas avoir des témoignages de success story de personnes qui, par plusieurs concours de circonstances, vont faire que leur entreprise, elle va tout de suite fonctionner. Puis après, tu ne sais pas, il va y avoir, surtout que vous êtes sur de l'agriculture, des températures. Ça se trouve qu'il y aura un petit couac à un moment. Je ne vous le souhaite pas du tout. Mais du coup, se dire que c'est OK et qu'on n'a pas entendu que des success stories, c'est pour ça aussi que j'ai ouvert ce podcast. Parce que j'aimais bien avoir les retours des personnes où ce n'est pas tout beau, tout rose. Parce que la réalité de l'entrepreneuriat, c'est qu'une entreprise, tu as vraiment cette... Cette stabilité au bout de trois ans d'entreprise où là, tu te dis, ça y est, j'ai vraiment mon roulement avec mes clients, ma façon de faire, mais moi, j'ai grandi, j'ai appris. Et c'est seulement au bout de trois ans en général. Donc, de se dire que dès les premiers mois, si ça ne décolle pas comme je l'espère, c'est aussi OK parce que dans la normalité d'un cycle d'entreprise, ce n'est pas au bout d'un mois qu'on a déjà généré énormément de chiffre d'affaires.
- Speaker #1
Et c'est ça qui est important, je pense. de... de s'entourer de gens qui vivent la même chose ou qui ont vécu les mêmes choses. Et ça permet de relativiser. Moi, je fais partie des femmes chefs d'entreprise, qui a un réseau hyper bienveillant où on partage nos expériences. Et c'est hyper intéressant dans ce genre de période. Et puis aussi au MEDEF, à la FINC, parce que du coup, on peut échanger avec des gens qui peuvent partager leur expérience, ce qui va nous servir. Chloé, ma sœur, elle fait pareil. Elle est à la Chambre d'agriculture, elle est chez Repair. Et donc, chacune de notre côté, on essaye de tisser des liens avec des gens qui font plus ou moins les mêmes choses que nous pour justement apprendre de leurs expériences et pouvoir échanger.
- Speaker #0
Et puis, c'est comme ça aussi que tu crées des opportunités, je trouve. Parce que d'une discussion, des tours d'une discussion, et ça aussi, je trouve que ça fait partie de notre cœur calédonien entrepreneur, Nersico. détour d'une conversation, tu peux te dire allez viens on fait ça et tu crées tout de suite une nouvelle filiale de ton entreprise qui va faire quelque chose de génial avec beaucoup de valeur et qui juste en en discutant après comme le MEDEF tu peux très facilement aussi répondre aussi à des besoins de personnes qui sont au MEDEF, donc ça t'aide aussi à consolider ton entreprise ce réseau d'entrepreneurs je trouve pour moi c'est hyper important en fait de
- Speaker #1
pas y aller tout seul en fait. Il y a des réseaux qui existent et en général, c'est très aidant ce partage d'expérience.
- Speaker #0
C'est qu'il y a beaucoup quand même de personnes qui sont... Moi, j'ai fait partie longtemps de ces personnes-là qui étaient sceptiques de rentrer justement dans les associations d'entreprises. Et puis bon, après, par les entreprises que j'ai montées, j'ai plus eu le choix que de créer ce réseau-là, d'essayer de me créer mon petit réseau. Et c'est vrai qu'en fait, finalement, C'est plus la peur et la méconnaissance. C'est l'inconnu qui fait qu'on n'y va pas forcément.
- Speaker #1
Je suis d'accord avec toi. Je pense qu'il y a une question d'âge. Quand on est plus jeune, on se dit notre légitimité. Aller dans ces endroits-là, comment passer un peu le cap ? Ce que je vais dire, ça va intéresser qui ?
- Speaker #0
Est-ce que je ne vais pas raconter de bêtises ? Moi, j'ai commencé, j'étais dans la communication. Et j'arrivais, j'étais spécialisée dans la communication digitale. Donc, tu sais, quand tu es face à plein de grosses agences de communication, tu te dis, quelle bêtise je vais raconter. C'est dur de prendre confiance et ta place. En plus, on parlait de ça toutes les deux. Difficile de prendre sa place quand on ne nous la donne pas.
- Speaker #1
Oui, exactement. C'est des caractères aussi. Il y a des gens qui prennent leur place quoi qu'il arrive. Et d'autres personnes, si on ne leur laisse pas une place, ils ne la prennent pas nécessairement. Mais l'âge aide aussi à ce que... finalement, ce genre de démarche soit plus facile aussi.
- Speaker #0
Et puis, je pense, quand tu as des projets aussi où les valeurs te tiennent à cœur comme les nôtres, notre place, on arrive à se la créer parce que comme c'est des choses qu'on a envie de changer un petit peu, du coup, on se dit non, mais attends, j'ai quand même envie de le dire.
- Speaker #1
On y fera tellement fort qu'il faut qu'on lise.
- Speaker #0
C'est ça, mais c'est exactement ça. En fait, je pense que c'est là où c'est C'est... Ça prend toute la beauté du projet parce que tu te dis en fait, là, c'est plus fort que toi. C'est un projet qui te dépasse, qui te fait sortir de ta zone de confort, qui te fait dire des choses où peut-être que des fois, tu te serais tue. Tu vois, là, c'est plus fort que toi. Je ne sais pas si toi, tu le ressens comme ça, mais moi, pour mon projet, c'est ça. plus fort.
- Speaker #1
J'ai aussi le sentiment d'être embarquée dans un projet qui est plus gros que Maison Terrain. Ce n'est pas que notre usine de transformation et notre petite pierre à l'édifice. C'est au final toute une filière. C'est créer de la valeur ajoutée en Nouvelle-Calédonie. C'est, à notre échelle, vraiment modestement, essayer de relancer aussi l'économie calédonienne. On a envie de faire partie de ça. Je pense que Allô ? Le creux de la vague, si j'ai bien compris comment ça a été passé. Maintenant, il faut vraiment qu'on arrive à relancer cette économie. Et puis, j'ai hyper envie que Maison Terra en fasse partie et que, à sa petite échelle, arrive à y contribuer.
- Speaker #0
J'aurais envie de dire, c'est le mot de la fin. C'est trop beau. Mais est-ce que tu veux rajouter quelque chose pour conclure cet échange ? Est-ce que tu auras un message à adresser aux personnes, même si ce que tu viens de dire, c'était trop beau ?
- Speaker #1
Nous, on a donc ce projet de transformation sur lequel on travaille depuis des mois. Maintenant, ce qu'il nous faut, c'est aussi des débouchés. Si dans tes auditeurs, il y a des gens qui ont envie de nous contacter parce qu'ils sont intéressés par les produits de Maison Terra, qui n'hésitent pas à faire Si on a réussi à convaincre une ou deux personnes qui hésitaient à se lancer dans l'entrepreneuriat et à se lancer dans leur projet, ça serait une vraie réussite pour nous parce que ça fait peur de se lancer, de créer un projet maintenant en Nouvelle-Calédonie. Mais en fait, je crois que si on s'y met tous, on va y arriver. Et il n'y a que les Calédoniens qui réussiront à relancer la machine.
- Speaker #0
Je suis d'accord avec toi. Merci beaucoup, Marie, pour ce partage.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Bon courage pour la suite. Et puis, merci. Oui, c'est vrai que nous deux, on a les mêmes deadlines.
- Speaker #1
On est sur le même timing.
- Speaker #0
Même stress. Mais c'est bien, c'est du bon stress. Merci à vous d'avoir écouté ce nouvel épisode. Et on se retrouve très rapidement pour un nouvel épisode. À bientôt.