- Speaker #0
Bonjour à toutes et tous, c'est Céline, kinésithérapeute près de Lille. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinécast de la FEDE, la communauté dynamique et innovante des kinésithérapeutes. Chaque semaine, vous découvrirez les témoignages, les conseils et les astuces de kinés passionnés et engagés sur des sujets qui vous interpellent dans votre pratique, et aussi sur l'actualité. Ensemble et avec la FEDE, bougeons les lignes de la kinésithérapie. Bonne écoute ! La Médicale accompagne près d'un masseur kinésithérapeute sur trois en France. Assurant donc des assurances adaptées aux besoins des masseurs kinésithérapeutes, tant professionnels que privés. La Médicale assure les professionnels de santé. Bonjour à toutes, bonjour à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinecast. En octobre dernier, nous avions consacré un épisode au projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026 pour vous expliquer concrètement... Pourquoi ce texte faisait peser une menace directe sur l'exercice de la profession ? Depuis, de nombreux débats ont eu lieu et finalement le texte a été adopté en nouvelle lecture à l'Assemblée nationale en décembre dernier, avec des modifications votées par les députés. Aujourd'hui dans Kinecast, on vous propose de revenir sur la loi de financement de la sécurité sociale, en vous expliquant ce qui a été adopté, ce qui a évolué et comment cela implique directement les kinésithérapeutes. Pour en parler, j'ai le plaisir de recevoir Vincent Dael, délégué général de la FFMKR. Bonjour Vincent.
- Speaker #1
Bonjour Céline.
- Speaker #0
Comment vas-tu en ce début d'année ?
- Speaker #1
Ça va très bien et toi ?
- Speaker #0
Très bien, merci. Alors Vincent, on a vécu une année 2025 assez difficile pour les kinésithérapeutes, avec ce manque de reconnaissance récurrent, le gel de revalorisation. Quel est ton avis par rapport justement à... à la vision un peu qu'ont les kinésithérapeutes sur ces textes budgétaires, par exemple ?
- Speaker #1
C'est vrai que c'était une année vraiment compliquée, mais vraiment sur tous les aspects qui ont trait à la profession, et sur tous les aspects assurance maladie, etc., parlement, il n'y avait aucun endroit qui était vraiment stable dans cette année, aucun moment qui était vraiment stable. Il y a déjà eu un moment de crise pour la profession. avec la suspension des revalorisations qui a eu lieu en juin, les revalos qui devaient arriver en juillet. Donc il y a eu cette suspension qui a mené à des grèves, des mobilisations, etc. qu'on a conduit avec la FFMKR. Ensuite, il y a eu le moment d'examen du PLFSS au Parlement à partir de l'automne, qui était un moment très compliqué parce qu'il y a une situation budgétaire qui est quand même très défavorable pour l'assurance maladie. déjà et en plus d'un contexte politique qui fait qu'il n'y a pas de majorité au Parlement donc les discussions budgétaires étaient nécessairement très tendues et c'est assez difficile d'y voir clair dans ces périodes-là parce qu'on ne sait pas exactement ce qu'il va y avoir dans le texte à la fin et on ne sait même pas s'il va y avoir un texte à la fin. Le gouvernement Barnier était tombé sur un projet de financement de la Sécu donc on s'attendait au début à ce que on vive le même genre d'instabilité puisqu'il n'y a pas de majorité très claire à l'Assemblée. on... on était assez pessimiste sur le devenir de ce texte-là. Donc tout le contexte était vraiment très compliqué. Et en fait, c'est un petit peu la première année qu'on sent une prise aussi directe entre ce qui se passe au Parlement avec le projet de financement de la Sécurité sociale et ce qui se passe concrètement pour les revalorisations des kinés. C'est-à-dire qu'autant pendant des années avant, on suivait de très près le PLFSS, mais on considérait que... les revalorisations c'était de l'ordre du conventionnel que c'était signé et qu'à partir du moment où c'était signé notre calendrier en tout cas il était à peu près bon et en fait on est arrivé dans une période où la situation de la science maladie est telle que il peut y avoir des dérapages budgétaires en cours d'année qui font que nos suspensions peuvent être suspendues et c'est quelque chose d'assez nouveau qui ne s'était pas produit depuis très longtemps donc c'est vrai que pour la première fois on sent vraiment une prise directe entre Euh... Les réalités de la profession, vraiment les réalités concrètes de revalorisation et les débats qui ont lieu à l'Assemblée nationale et au Sénat sur l'assurance maladie. Et ça, c'est quelque chose d'assez nouveau et on sent bien que d'un côté, les kinés sont plus intéressés qu'avant par les débats sur le financement de la sécurité sociale parce qu'ils sentent qu'il y a une prise vraiment concrète et qu'il y a quelque part une menace pour eux aussi en fonction de... Comment évoluent les débats ? On l'a vu avec la profession de médecin, et je pense qu'on y reviendra, mais eux aussi ont pris conscience de cela, particulièrement cette année. Et dans l'autre sens, les parlementaires ont aussi pris conscience que les débats, ce qu'ils votaient, ce qu'il y avait dans le texte, avaient aussi une prise directe avec le quotidien des professionnels de santé libéraux. Et honnêtement, on n'a jamais... autant entendu parler des kinésithérapeutes libéraux au Parlement que cette année pendant le projet de loi de financement de la Sécu. Il y a Thomas Pratt qui a fait une vidéo récemment où il revient un petit peu sur le PLFSS et il reprend plusieurs interventions de vidéos de députés et de sénateurs qui parlent vraiment souvent, régulièrement, des kinésithérapeutes de ce qui s'est passé au niveau des revalorisations, de pourquoi ce n'est pas acceptable de voter un objectif de dépense d'assurance maladie qui ne soit pas... tenable parce que derrière ça a des répercussions sur les procédures de terrain dont les kinés et l'exemple des kinés a été régulièrement cité. Donc cette année il y a vraiment eu un lien direct entre, plus direct que d'habitude en tout cas, entre le ressenti des kinés et ce qui se passe au Parlement et les grandes discussions budgétaires on va dire.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a justement fait prendre conscience aux députés justement des difficultés des kinésithérapeutes ?
- Speaker #1
Je pense que c'est vraiment la... C'est vraiment la mobilisation de cet été et de cet automne. C'est le fait qu'on organise des manifestations de kinésithérapeutes à Paris et dans d'autres villes en France, le fait que les kinésithérapeutes et individuellement, en tout cas beaucoup d'entre eux, ont pris l'initiative de contacter leurs députés, leurs sénateurs pour leur faire part de leur quotidien. Le fait qu'il y ait un suivi aussi dans la presse et autres de la mobilisation, le fait qu'il y ait une prise de conscience que les kinésithérapeutes, en fait, ils ne vont pas si bien que ça. Il y a un peu toujours cette image, je pense, dans l'idée que se font les gens de manière générale et peut-être aussi un peu les politiques, que c'est une profession qui va bien, dont on n'a pas forcément besoin de se soucier parce que c'est une profession qui ne fait pas beaucoup parler d'elle, etc. Et là, il y a eu vraiment, je pense, une prise de conscience chez pas mal de parlementaires, et qui vient notamment du terrain et des gens qui rencontrent localement, que c'est une profession qui a perdu quasiment 20% de pouvoir d'achat en 10 ans, que c'est une profession qui vit beaucoup moins bien qu'avant, qui est obligée de changer ses pratiques par rapport à cette réalité-là, que par ailleurs, c'est une profession qui devient de plus en plus indispensable par rapport au vieillissement, et ça, tous les politiques le voient bien, que la population vieillit, qu'il y a besoin de soins de rééducation. Donc... Il y a une conjonction de choses qui fait que, malgré le fait que ça a été une année très difficile pour les kinésithérapeutes liée à cette suspension des revalorisations et que ça a amené à beaucoup de défiance, et c'est normal, et beaucoup de colère et d'incompréhension, d'un côté, ça a aussi apporté, si on peut y voir un aspect positif, ça a aussi apporté, je pense, une prise de conscience sur le rôle des kinés. En tout cas, si on cherche le positif dans cette année, il y a quand même ça. Et puis... Bon, cette mobilisation et cette prise de conscience, elle a aussi conduit à la signature de l'avenant 8 il y a quelques semaines, qui permet de sécuriser les revalorisations qui étaient prévues pour juillet prochain et qui sont avancées en mai. Donc c'était une année assez intense. Et donc il y avait dans tout ça effectivement le PLFSS qui maintenant a été voté, qui est devenu la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.
- Speaker #0
Donc revenons justement à la loi de financement de la Sécurité sociale 2026. Alors quelles sont les mesures justement qui vont impacter directement les kinésithérapeutes ?
- Speaker #1
Alors peut-être avant d'aller directement sur le concret pour les kinés, je pense que c'est important de donner quelques ordres de grandeur en termes de chiffres, de dépenses, etc. Si on prend la branche maladie, donc vraiment les dépenses d'assurance maladie, La branche maladie, c'est... 271 milliards d'euros de dépenses qui sont prévues en 2026. Et si on regarde par rapport aux autres années, en 2022, c'était 242 milliards d'euros. Donc en quelques années, on a quand même pris 30 milliards. Et si on regarde un peu plus longtemps en arrière, donc il y a 20 ans, en 2005, la branche maladie, c'était 150 milliards d'euros de dépenses. Donc on est passé de 150 milliards d'euros de dépenses en 2005 à 271 milliards de prévues en 2026. Donc c'est assez important. Et on a un déficit de la branche maladie pour 2026 qui est prévu à 14 milliards d'euros. Pour donner un ordre de grandeur, le budget du ministère de la Justice, donc tous les salaires des juges, tout le fonctionnement des tribunaux, toute l'administration pénitentiaire, c'est 13 milliards d'euros. Donc le déficit de la branche maladie, c'est plus que le budget d'un assez gros ministère, quand même, comme celui de la Justice. Donc ça donne un peu une ordre d'idée. Et pour l'ensemble des branches, donc toute la sécurité sociale, c'est 684 milliards d'euros de dépenses en 2026 et 19 milliards d'euros de déficit. Donc c'est quand même beaucoup. Alors, Par rapport au budget de l'État, c'est un déficit qui est beaucoup moins fort, puisque le budget de l'État, c'est 130 milliards de déficit. C'est 5% du PIB, donc c'est assez énorme. Il faut aussi voir que ce déficit de la branche maladie a un impact aussi sur les finances de l'État, puisqu'on vote effectivement la loi de financement de la Sécu d'un côté et la loi de finance de l'État de l'autre. D'ailleurs, elle n'est pas encore adoptée définitivement, la loi de finance, pour 2026.
- Speaker #0
Qu'on enregistre ? l'épisode. Oui, voilà,
- Speaker #1
peut-être qu'à la diffusion, ça se... Voilà, mais en tout cas, il est en train d'être adopté par 49.3, mais il retourne au Sénat, là, etc. Donc, il y a encore quelques jours, mais le budget de l'État, c'est 130 milliards de déficit, donc, et pour compenser le déficit de l'assurance maladie, l'État est obligé d'accroître encore son déficit. C'est-à-dire que là, on est passé à 30% de la TVA, 30% du total des recettes de la TVA qui sont affectées à la sécurité sociale, ce qui est quand même beaucoup. Et cette année, ils ont pris encore 3,5 milliards d'euros sur les recettes de la TVA pour l'affecter à la sécurité sociale. Et ça, ça ne permet pas totalement de combler le déficit de la sécu, qui est quand même de 19 milliards, mais en plus, ça aggrave le déficit de l'État, qui est de 130 milliards. La situation, elle est celle-là, et je pense que c'est important de le rappeler. Et plus spécifiquement, sur l'objectif de dépense d'assurance maladie, c'est un petit peu le grand indicateur que se fixent les pouvoirs publics, c'est l'idée d'un objectif à respecter, à ne pas dépasser, même si ces dernières années, il a été systématiquement dépassé, ou presque. En 2025, il n'a pas été dépassé parce qu'il y a eu la suspension d'Hervalot, etc. Donc, ils ont réussi à le contenir avec ce genre de mesures d'urgence, mais sinon, il aurait été dépassé.
- Speaker #0
À notre détriment, entre autres.
- Speaker #1
L'ONDAM en 2026 est censé augmenter de 3,2%, ce qui représente l'ensemble des dépenses prévues d'assurance maladie pour 2026, c'est 274 milliards d'euros. Et il va augmenter de 3,2% par rapport à 2025. Initialement, le gouvernement prévoyait que l'ONDAM augmente de 1,7% par rapport à 2025. Donc finalement, on passe d'une augmentation en 2026 de 1,7% à... 3,2. Donc on pourrait se dire que c'est quand même une belle augmentation. En fait, quand on regarde dans le détail, c'est un petit peu plus compliqué que ça. Par exemple, le sous-ondamne soins de ville, donc là c'est un peu technique, mais il y a l'ondamne générale qui est avec, en gros, les soins de ville et les hôpitaux et les EHPAD, etc. Et dans cet ondamne général, on divise par sous-objectifs, et le sous-objectif soins de ville qui nous concerne, puisque les kinés libéraux, comme les médecins libéraux, etc., comme les pharmaciens, on est dans le sous-ondamne soins de ville. Donc le sous-objectif soins de ville, c'est 117,5 milliards d'euros prévus en 2026. Donc ça, c'est l'objectif. Il faudrait ne pas dépasser ces 117,5 milliards d'euros. Et initialement, le gouvernement prévoyait que cet objectif serait de 115 milliards. Donc en fait, on a 2,6 milliards d'euros d'augmentation de cet objectif qui a été voté par le Parlement en cours d'euro. Donc on pourrait se dire, par rapport à ce qui était prévu initialement en octobre, finalement, ce qui a été voté en décembre, c'est mieux. C'est 2,6 milliards d'euros en plus. Donc, on a plus de marge de manœuvre et moins de risques sur nos revalorisations, etc. Et en fait, quand on regarde dans le détail, c'est plus compliqué. Donc, 2,6 milliards d'euros de marge en plus. Mais en fait, quand on analyse un petit peu ça, on se rend compte que ça englobe 2,3 milliards d'euros qui étaient censés être les économies liées à l'augmentation des franchises. Les franchises et les participations forfaitaires. Finalement, le gouvernement a dit on n'augmentera ni les franchises ni les participations forfaitaires. Donc le gouvernement s'est assis sur 2,3 milliards d'euros d'économie. Ce qui implique que l'objectif soins de ville augmente à un peu plus de 2,3 milliards d'euros, donc 2,6 en anglo-banc d'autres mesures. En fait, la situation reste très tendue. Ce qu'il faut retenir, c'est que l'objectif de dépense des soins de ville, donc des professionnels libéraux, a augmenté. qui a été voté par... Le Parlement est en augmentation par rapport à ce qui a été prévu par le gouvernement. Mais en fait, c'est un peu en trompe-l'œil. C'est pour masquer le fait que le gouvernement ait abandonné certaines mesures d'économie. Ce n'est pas de l'argent en plus pour conforter les procédés libéraux. Donc la situation, elle reste très tendue, même si les chiffres laissent paraître que ça l'est quand même moins que ce qui était prévu en septembre-octobre. Ça reste très tendu pour 2026.
- Speaker #0
D'où l'importance que l'avenant 8 ait été signé. en fin 2025.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Tout ça pour dire que l'objectif de dépenses d'assurance maladie reste quand même assez critique. Il risque d'être dépassé en cours d'année 2026, comme l'année dernière. Et pour rappeler comment fonctionne le mécanisme du comité d'alerte, il y a un comité d'alerte qui se réunit plusieurs fois par an, et il se réunit en juin chaque année, notamment pour faire le point sur les dépenses d'assurance maladie de l'année en cours. Quand ce comité d'alerte se rend compte que l'objectif de dépense n'est pas respecté et qu'il est largement dépassé par rapport à ce qui était prévu, automatiquement, les revalorisations sont suspendues. Et c'est ce qui s'est passé en 2025. Et même si l'objectif de dépense d'assurance maladie pour les soins de ville a été revu à la hausse, il reste fragile parce que c'est ce que je viens d'expliquer. En fait, cette hausse de l'objectif n'est liée quasiment qu'au fait que le gouvernement ait abandonné l'idée d'augmenter les franchises. l'augmentation des franchises et des participations forfaitaires. Donc il reste une fragilité sur l'ondam et il peut être toujours dépassé en cours d'année. C'est pour ça qu'on a signé l'avenant 8 qui permet d'avancer les revalorisations prévues en juillet, au mois de mai, donc avant que le comité d'alerte se réunisse, ce qui normalement devrait permettre de les sécuriser. Maintenant, il y a toujours effectivement un risque, c'est-à-dire que le comité d'alerte peut tout à fait se réunir avant, etc. Il y a toujours le risque qui existe, mais en tout cas, on a fait le maximum pour essayer de sécuriser et de ne pas revivre ce qu'on a vécu en 2025. Du coup, je n'ai pas répondu à la question sur le concret du texte.
- Speaker #0
Voilà, qui impacte les kinés. C'était important que tu nous rappelles tous ces chiffres, en effet.
- Speaker #1
Oui, voilà. Même si c'est un peu complexe et c'est dur à l'oral comme ça, au moins d'avoir des ordres de grandeur, je pense que ça peut être intéressant. Il y a des nouveautés qui ont été votées dans les lois de financement de la Sécurité sociale et qui vont toucher les kinésithérapeutes directement. Parmi ces mesures, il y a la création d'un congé supplémentaire de naissance. Donc ça c'est pour les salariés, mais on a obtenu que les libéraux soient également inclus dans cette mesure avec des indemnités supplémentaires de naissance. Donc c'est tout simplement quand il y a la naissance d'un enfant dans la famille et que dans cette famille il y a un des parents est professionnel de santé libérale, donc indice thérapeute, il y aura des indemnités supplémentaires de naissance. pour accompagner la parentalité et mieux accompagner la parentalité des libéraux, ce qui est un gros sujet, ce dont on parle depuis longtemps à la FFMKR. Et donc ça, ça a été voté dans le rat de financement de la Sécu. Ça ne va pas être mis en application tout de suite, puisqu'il faut qu'il y ait des textes d'application, il faut savoir qui paye quoi exactement, de quoi va s'occuper la Carpimco là-dedans, de quoi va s'occuper la CAF, etc. Donc il y a encore des ajustements à prévoir. Mais je pense qu'on peut attendre raisonnablement que ce soit vraiment mis en place à la fin de l'année 2026 ou en 2027. Mais en tout cas, sur le principe, c'est acté et c'est une bonne nouvelle. Donc ça, c'est quand même une avancée en plus. Ce qu'on a également obtenu, c'est quelque chose pour les kinés qui exercent en établissement SMR. Parce qu'en fait, ceux qui exercent en SMR le savent bien, mais il y a une réforme du financement de ces établissements. Avant, quand un kinesthérapeute allait travailler dans un établissement SMR à titre libéral, il voyait des patients et il facturait directement à l'assurance maladie ses séances.
- Speaker #0
Comme au cabinet ?
- Speaker #1
Exactement, comme au cabinet et comme dans les EHPAD qui ne sont pas en dotation globale. Alors, en fait, ils peuvent toujours le faire. C'est toujours possible de facturer directement à l'assurance maladie. Mais depuis quelque temps, les budgets des établissements SMR sont réduits à chaque fois que le kinesthérapeute envoie sa feuille de soin à l'assurance maladie. L'assurance maladie voit que le kinesthérapeute a induit 30 euros de dépenses pour tel patient d'établissement ASMR, donc l'assurance maladie va retirer 30 euros au budget d'établissement ASMR, puisque le budget d'établissement ASMR est censé couvrir les dépenses des kinesthérapeutes. Et ça, ce mécanisme-là devait disparaître en 2026, et c'était une grande menace sur l'activité des kinesthérapeutes en ASMR, puisqu'en fait c'est un peu S'il n'y avait plus ce mécanisme de coefficient honoraire, l'établissement serait passé de leur collaboration avec les kiné-stérapeutes puisqu'ils auraient été directement prélevés des tarifs de kiné-stérapeutes sans que les kinés puissent facturer derrière à l'assurance maladie. Enfin, ça aurait été quelque chose d'assez compliqué. Mais on a réussi à sauvegarder ce principe selon lequel les kinéstarpeutes libéraux peuvent toujours intervenir dans l'établissement SMR et facturer à l'assurance maladie. Alors ça n'enlève pas toutes les problématiques qu'il y a dans l'établissement SMR. On sait qu'il y a beaucoup d'établissements dans lesquels il y a des tensions, qu'il y a des kinés qui sont invités de plus en plus à pointer leurs horaires, à davantage faire état de l'activité qu'ils font, etc. Que dans certains établissements, il y a des tensions, ça on le sait bien. Mais en tout cas, cette mesure-là, qui est un peu une mesure d'urgence, qui est de sauvegarder le fait que les kinés libéraux puissent intervenir en SMR, On l'a aussi obtenu dans cette loi de financement de la Sécu. Autre mesure, il y a une mesure sur la vaccination des libéraux. En fait, normalement, dans la loi, il y avait déjà des obligations de vaccination, mais ça n'a jamais vraiment été appliqué. Et là, dans la loi de financement de la Sécu, les parlementaires ont adopté le principe selon lequel les professionnels de santé libéraux doivent se faire vacciner contre la grippe chaque année. Mais ça reste, en fait, c'est conditionné à ce que va dire la Haute Autorité de Santé. C'est-à-dire que ça va concerner que les professionnels de santé, dont la Haute Autorité de Santé considère que c'est important qu'ils se fassent vacciner parce qu'ils exercent dans tel et tel établissement où les personnes sont fragiles, parce qu'ils voient telle ou telle catégorie de patients, etc. Donc pour l'instant, on ne sait pas si ce sera appliqué aux kinésithérapeutes, dans quelle manière, dans quel délai, etc. Mais en tout cas, sur le principe... Le Parlement a voté le fait que les professionnels de santé libéraux doivent se faire vacciner contre la grippe. Maintenant, les détails de quelle profession libérale, dans quelles conditions, etc., ça, ça va venir plus tard. Pour l'instant, on ne sait pas. Voilà pour les nouveautés. Mais au-delà des nouveautés, ce qui est à la fois intéressant et un peu triste, c'est qu'on s'est surtout battu pour éviter qu'il y ait certaines mesures qui soient dans le... qu'il soit dans le PLFSS, parce qu'il y avait des choses qui menaçaient vraiment l'exercice des kinés, on a réussi à obtenir qu'il n'y soit pas. Donc ça, c'est plutôt bien. On peut peut-être revenir dessus d'ailleurs.
- Speaker #0
Justement, j'allais te poser la question. Donc voilà, de par la mobilisation des kinés en 2025 et le travail de la FFMKR, quelles mesures justement ont pu être infléchies dans cette loi de financement ?
- Speaker #1
Alors, il y a pas mal de mesures qui étaient prévues dans le texte initialement et qui ont été retirées ou supprimées au fur et à mesure. Une de ces mesures, c'était la volonté du gouvernement d'augmenter la surcotisation sur les revenus non conventionnés. Alors qu'est-ce que c'est ? C'est cette contribution à 3,25% qui concerne tous les revenus qui ne sont pas conventionnés, c'est-à-dire les revenus qui sont en nomenclature, les revenus tirés de rétribution d'assistants et de collaborateurs, et pour les médecins, les dépassements d'honoraires. En fait, le gouvernement voulait augmenter cette contribution, donc plus à 3,25%, mais à un taux fixé par décret qu'ils n'ont pas communiqué, mais on pouvait imaginer que ça allait être 8-9%, enfin que ça allait au moins doubler. Et en fait, c'était une mesure pour lutter contre les dépassements d'honoraires des médecins, en disant, bon, on va taxer les dépassements d'honoraires des médecins davantage. Sauf que ce qu'ils n'avaient pas vu, ou en tout cas pas tout de suite, c'est que ça allait concerner aussi les revenus non conventionnés des kinés. qui ne font pas de dépassement d'honoraires. Donc typiquement, augmentation des contributions sur les revenus en armaclature et surtout augmentation de ce que les kinés titulaires perçoivent de la part de leurs assistants et collaborateurs. Et donc là, il y avait un effet de bord sur les kinés qui n'avaient pas été vus. Donc on a alerté là-dessus à la fois le gouvernement et le Parlement. Et finalement, c'est une mesure qui a été abandonnée. Donc il n'y a plus de surcotisation sur les revenus non conventionnés que prévu dans le texte et ça, c'est une bonne nouvelle. Une autre mesure qui a été abandonnée, c'est... la mesure de paiement des franchises, ce qu'ils appellent paiement des franchises au comptoir. C'est l'idée de dire quand un patient vient voir un professionnel de santé et qu'il doit régler une part de franchise soit sur les médicaments en officine soit sur sa consultation d'un professionnel de santé, il paye directement cet argent-là au professionnel de santé plutôt que ce soit déduit ensuite de ses factures. de ces feuilles de soins d'assurance maladie. Donc en fait, c'était transformer les professionnels de santé en collecteurs des impôts quelque part à la place de l'URSSAF. Et ça, c'était quelque chose qu'on ne voulait absolument pas. Ça aurait rajouté une grande complexité et c'était juste pas tenable pour les professionnels de devoir gérer ça. Et on a aussi obtenu, mais en se battant aussi aux côtés des pharmaciens, etc., pour que ce soit abandonné. Et effectivement, ça, ce n'est plus dans le texte. Donc ça, c'est aussi une bonne nouvelle. Il y avait une autre mesure qui... Ce qui, juridiquement, pouvait, sur le papier, concerner les kinés, mais on n'était pas extrêmement inquiets que ça nous concerne directement, mais on a quand même alerté dessus, c'est les baisses unilatérales de tarifs. C'est ce qui a beaucoup fait réagir les médecins. C'était la volonté, en fait, du gouvernement de permettre à l'assurance maladie de baisser unilatéralement certains tarifs quand certains tarifs paraissaient... disproportionnés par rapport à d'autres tarifs, etc. Donc en fait, ça ne concernait pas vraiment les tarifs de kiné, puisqu'il n'y a aucun tarif de kiné qui paraît disproportionné par rapport à un autre tarif de kiné. Donc c'était clairement ciblé sur certaines spécialités médicales, notamment la radiologie, etc. Donc pas vraiment les kinés, mais quand même sur le papier, c'était rédigé de telle manière à ce qu'en fait, ça pouvait aussi s'appliquer potentiellement aux kinésithérapeutes à un moment. Donc on a alerté là-dessus. Les médecins ont mis beaucoup la pression aussi sur ce sujet. Et cette mesure-là a été aussi supprimée du projet de financement de la Sécu. Et enfin, dernière mesure qui a été votée par les députés, par les sénateurs, a été adoptée dans la loi, mais qui a été ensuite censurée par le Conseil constitutionnel, c'est la possibilité pour l'assurance maladie de sanctionner financièrement les procédures de santé libéraux qui n'utilisent pas assez le DMP, qui ne recourent pas assez au DMP de leurs patients pour... intégrer le bilan, intégrer certains documents, etc. Il y avait des sanctions qui étaient prévues dans le PLFSS. De toute façon, c'est une obligation depuis des années. Normalement, tous les procédures de santé libéraux sont obligés d'alimenter le DMP avec les différents documents cliniques, etc. Mais il n'y a pas de sanctions encore. Donc en fait, c'est une obligation sans sanctions. Et là, ils voulaient intégrer des sanctions. Et le Conseil constitutionnel a dit que ça n'avait rien à faire dans un projet de financement de la Sécu parce que c'était... le lien était trop indirect avec les finances de la sécurité sociale. Donc ça a été censuré par le Conseil constitutionnel. Donc il n'y a pas encore de sanctions concernant l'alimentation du DMP par les professionnels de santé libéraux, mais il faut s'attendre à ce que ça revienne l'année prochaine ou dans un autre texte de loi, etc. À mon avis, c'est une question de temps, mais en tout cas, ce n'est pas pour tout de suite.
- Speaker #0
Alors, à l'inverse, malgré la mobilisation, le travail de la FED, quelles mesures on n'a pas réussi à infléchir et qui risquent de nous impacter ?
- Speaker #1
En fait, je pense qu'on a évité le pire dans ce que je viens un petit peu de lister, c'est-à-dire la surcotisation sur les revenus non conventionnés, les baisses unilatérales de tarifs, les sanctions sur le DMP, les franchises au comptoir, c'est quand même des choses qui étaient... qui était majeur pour nous. Maintenant, ce qu'on n'a pas réussi à obtenir, c'est plutôt... On n'a pas réussi à pousser certaines mesures qui nous semblent très importantes pour la profession. On n'a pas réussi à pousser le fait que les kinés soient inclus dans les rendez-vous de prévention. On n'a pas réussi à pousser davantage d'accès direct, etc. Enfin, toutes ces mesures-là, un petit peu de santé publique qu'on propose chaque année, ne figurent pas dans le texte. Et en fait, il y a une raison principale à ça, c'est que les parlementaires, donc les députés et les sénateurs, ils n'ont pas le droit, constitutionnellement, ils n'ont pas le droit de voter des amendements qui aggravent les dépenses publiques. Donc à partir de là, les possibilités sont très limitées. Je vais prendre un exemple un peu concret, mais cette année, on a particulièrement défendu, et on s'est mobilisé auprès des députés et des sénateurs pour que l'expérimentation de dépistage de la scoliose à l'école... elle soit pérennisée. Parce qu'il y a pour l'instant une expérimentation qui est prévue dans l'avenant 7, qui est mise en place dans certains départements avec les CEPAM, etc. Et qui marche très bien, les résultats sont très probants, etc. Mais cette expérimentation est menacée parce que le ministère de l'Éducation nationale souhaite que cette expérimentation s'arrête pour différentes raisons. Et donc nous, ça nous inquiète vraiment parce qu'on trouve que c'est... un bon exemple de santé publique, un bon exemple de prévention que peuvent faire les kinés. Donc on a poussé auprès des parlementaires, des députés, des sénateurs, pour qu'il y ait un amendement qui soit adopté, pour que cette expérimentation, elle figure dans la loi, donc qu'elle soit vraiment sacralisée, qu'elle soit solide et qu'elle puisse durer au fil des ans. Ça a été voté en commission des affaires sociales à l'Assemblée. Mais ensuite, quand les services de l'Assemblée se sont penchés sur cet amendement, Ils ont dit que finalement, c'était un amendement qui n'était pas recevable parce qu'il allait créer des dépenses supplémentaires pour l'assurance maladie, alors que c'est une expérimentation déjà en cours, etc. Mais en tout cas, voilà. Donc ça, c'est typiquement, on se heurte toujours à ce genre de règles budgétaires. En fait, le pouvoir des députés et des sénateurs, en fait, il est très limité. Donc, on leur propose des avancées, on leur propose des choses et souvent, ils les défendent. Souvent, ils défendent les... les sujets comportent parce qu'ils ont clairement un intérêt à la fois pour la profession et à la fois pour la santé publique. Mais derrière, ils sont bloqués par des règles constitutionnelles qui limitent beaucoup le pouvoir des parlementaires en matière budgétaire. Donc ça, c'est un peu le côté un peu frustrant. C'est qu'on arrive à alerter sur des choses qui sont négatives en disant ça, il faut supprimer ou ça, il faut aménager, etc. Mais on n'arrive pas à faire passer, en tout cas par voie parlementaire, certaines mesures importantes de santé publique. Et c'est pour ça qu'en fait... Le plus important, c'est le travail qu'on fait avec le gouvernement, parce que le gouvernement, lui, n'a pas ces limites-là. Il peut créer des dépenses autant qu'il veut et on le voit bien. Et donc, c'est pour ça que ça reste vraiment notre angle d'attaque principal. C'est le gouvernement d'un côté et l'assurance maladie de l'autre par la voie conventionnelle. Les parlementaires, c'est extrêmement important de les solliciter, de les alerter, etc.
- Speaker #0
Mais c'est vrai qu'ils ont un pouvoir d'action quand il s'agit de pousser des actions qui peuvent coûter de l'argent, parce que c'est des actions de santé publique, même si c'est des actions qui coûtent de l'argent à l'instant T, mais qui l'année d'après en rapportent quelque part entre guillemets, parce que c'est de la prévention. Et donc, d'un point de vue purement budgétaire, ça coûte quand même de l'argent l'année prochaine. Et donc, ça, les parlementaires ne peuvent pas le faire. Donc, c'est ce côté frustrant là, cette année aussi, mais comme les années précédentes.
- Speaker #1
Ils ont l'obligation d'une vision à court terme, en fait.
- Speaker #0
Voilà, c'est tout le problème de ce... de cet exercice budgétaire de loi de financement de la Sécu, c'est qu'on se pose la question de qu'est-ce qui se passe l'année prochaine. On est en octobre, on se demande pour l'année qui commence dans trois mois, quelles vont être les finances, mais on ne se pose pas la question de dans cinq, dix ans, à quoi va ressembler notre système de santé. Ça, c'est sûr.
- Speaker #1
D'où l'idée d'une évolution pluriannuelle aussi.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. C'est ce que l'AFMKR porte auprès de pas mal d'autres acteurs du secteur de la santé. La mutualité française, les fédérations hospitalières, tout le monde est assez d'accord pour l'idée de dire qu'on ne peut pas naviguer un peu à vue, comme ça, d'une année à l'autre, avec des coups de rabot budgétaires, etc. Donc l'idée, c'est vraiment de pouvoir avoir une vision à 10 ans. Mais une fois qu'on a une vision à 10 ans, on se rend compte aussi qu'il faut faire des choix difficiles, parce que dans 10 ans, j'imagine que le déficit de l'assurance maladie, il sera... encore plus dingue parce que les gens vont encore vieillir, être davantage atteints de maladies chroniques. Ce n'est pas parce qu'on voit loin que ça nous empêche de faire des décisions difficiles, mais en tout cas, ça permet de s'y préparer.
- Speaker #1
Tu parlais tout à l'heure des médecins qui se sont mobilisés fin 2025. Ils ont manifesté aussi en janvier 2026 et ils ont obtenu aussi des avancées significatives. Qu'est-ce que ça dit justement sur... Les possibles leviers d'action, justement, auprès de nos institutions, et est-ce que, voilà, au niveau de la kinésithérapie, on pourrait s'en inspirer aussi ? Et comment ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Ça dit pas mal de choses. Déjà, ça dit que la mobilisation, ça marche quand elle est bien suivie. Les médecins, ils se sont vraiment mobilisés assez largement pendant assez longtemps. Il y a eu des manifestations qui étaient quand même assez grosses. il y a eu aussi des... Des actions qui étaient très médiatiques et qui ont été très bien reliées dans la presse parce que la profession de médecin, quand elle se mobilise, ça se voit un petit peu directement. Et d'ailleurs, c'est aussi ça, c'est quelque chose qui n'appartient quasiment qu'aux médecins. C'est que quand les médecins se mettent en grève, ça se ressent tout de suite. Il y a un rapport de force extrêmement important qui se met en place tout de suite et on l'a vu. Quand les médecins se mettent en grève en même temps qu'il y a des épidémies de grippe, etc. et que les hôpitaux sont déjà surchargés, on voit qu'il y a plus de patients sur des brancards aux urgences, etc. que ça devient plus difficile pour l'hôpital public. Et donc forcément, il y a un levier de pression que les médecins ont de leur côté, qui est très fort et qui est un petit peu moins fort du côté des kinésithérapeutes. Ça, c'est sûr.
- Speaker #1
Aussi le cas avec les officines et pharmacies.
- Speaker #0
Oui, oui, bien sûr. Oui, tout à fait. Les officines qui ferment, c'est effectivement... Au niveau de l'accès aux soins et au niveau d'accès aux soins urgents, d'accès aux médicaments, etc., ça a un impact immédiat. Donc là encore, il y a un rapport de force, évidemment, qui est important. Ce qui est un petit peu moins important chez les kinés, mais plutôt que nous décourager, ça devrait plutôt nous inciter à être plus visibles au niveau local, trouver au niveau local des relais d'action un peu différents, d'interpellations différentes. Et surtout, compenser par la largeur de la mobilisation, le fait qu'on ait un petit peu moins de... de rapports de force que les médecins quand on se met en grève. Mais je pense que ça veut dire ça aussi. Maintenant, les médecins se sont mobilisés. Et le plus dur de la mobilisation des médecins était quand, finalement, il y a beaucoup de mesures négatives pour les procédures de santé libéraux étaient déjà supprimées du texte. Donc voilà, je pense que ça peut au moins nous apprendre ça.
- Speaker #1
Alors le texte, la loi de financement a été adoptée. Quels sont les leviers d'action qui sont encore mobilisables en 2026 ?
- Speaker #0
En 2026, on ne va pas avoir une année qui va être non plus excellente, ça c'est sûr. Déjà, je pense que ce qu'on peut faire collectivement, déjà nous en tant que FMKR et tous les cadres syndicaux, c'est apporter une information qui est toujours de qualité, qui est toujours sûre et vérifiée. Aucun d'entre eux ne peut leur expliquer quels sont les enjeux, etc. Je pense que c'est un petit peu la base. C'est à partir du moment où on est bien informé, qu'on comprend les enjeux, on est aussi plus apte à en parler autour de soi, à se mobiliser, etc. Si jamais il y a des coups durs. Je pense que c'est surtout ça. Maintenant, on a signé un avenant 8 récemment qui devrait sécuriser les revalorisations de juillet. Je pense que le principal... L'important, ça va être, au-delà de l'urgence des mobilisations qu'on a connues ces derniers mois, c'est de réfléchir un petit peu sur moyen-long terme, quel doit être l'avenir de la kinésithérapie, c'est-à-dire comment on réinvente un petit peu le système. On se rend bien compte que l'assurance maladie, elle ne peut plus à elle seule assurer les besoins de revalorisation des kinés, c'est-à-dire même tout simplement compenser l'inflation, l'assurance maladie toute seule n'y arrive plus. Donc comment on tire les conclusions par rapport à ça ? comment on réinvente un système avec... La qualité de la pertinence, comment on se mobilise aussi pour demander des avancées qui sont loin d'être évidentes pour les politiques, mais comment on se mobilise et comment on met en avant le fait que des compléments d'honoraires, c'est quelque chose qui est indispensable pour la profession, comment on met en avant le fait qu'il faut davantage s'inscrire dans une logique de prévention, etc. Et tout ça, ça passe, je pense, que le meilleur levier, à mon avis, le meilleur levier, c'est de s'engager dans son syndicat départemental. Pour plusieurs raisons. Déjà parce que c'est le meilleur lieu pour discuter et réfléchir de ces sujets-là. C'est-à-dire qu'est-ce qu'on observe sur le terrain, comment échanger avec les confrères, les consœurs par rapport à ça, quelles idées on peut avoir pour la kinesthérapie demain. Ça me paraît important. Deuxièmement, ça organise aussi la solidarité. Et des fois, quand la période politique est un peu morose et qu'en plus on a l'impression que la kinesthérapie n'est pas assez écoutée, le fait d'organiser la solidarité autour de soi, c'est quand même quelque chose de... C'est quand même quelque chose d'important. Et puis surtout, c'est aussi le meilleur échelon pour agir demain. S'il y a besoin de refaire des mobilisations ou de se faire entendre, etc., un syndicat départemental, c'est extrêmement puissant et extrêmement efficace. On l'a vu cet été et en septembre. Donc je pense que l'urgence, c'est ça, c'est vraiment de se structurer au sein du syndicat, je pense.
- Speaker #1
Eh bien, merci beaucoup Vincent. Merci pour tous ces éclairages à propos de cette loi de financement. Je présume que vous êtes déjà en préparation pour celle de
- Speaker #0
2027. Pour le coup, on a eu un rendez-vous hier avec le cabinet de la ministre Stéphanie Rist où on a effectivement déjà évoqué quelques sujets pour le prochain PLFSS et notamment le sujet du dépistage de la scoliose à l'école. Qu'on ne lâche pas, bien sûr, mais également d'autres sujets. Il y a toujours des sujets, de toute façon, en ce moment. Il y a la belle néothérapie, etc. Donc, on ne s'ennuie pas. Mais oui, on prépare déjà. En tout cas, merci pour l'invitation et j'espère avoir été clair.
- Speaker #1
Oui, très, très. Et puis voilà, en tant que, tu disais, localement, on continuera aussi à se mobiliser dans nos départements et puis auprès des confrères et des consœurs. Merci, Vincent.
- Speaker #0
Mais de rien.
- Speaker #1
Au revoir.
- Speaker #0
À bientôt.
- Speaker #1
Merci de nous avoir écoutés. On espère que cet épisode vous a plu. Si c'est le cas... je vous invite à laisser un avis sur votre plateforme d'écoute préférée et à partager l'épisode autour de vous. N'hésitez pas également à nous dire quels sujets vous aimeriez que l'on aborde dans les prochains épisodes et quels invités vous souhaiteriez écouter. Pour ça, dites-le nous en commentaire. N'oubliez pas de nous suivre sur les réseaux sociaux et de visiter le site web de la FFMKR pour rester informé des dernières actualités et des événements à venir. Votre soutien et votre engagement sont essentielles pour faire avancer notre profession.
- Speaker #0
La médicale, un réseau expert d'agents généraux, pourra accompagner les kinés dans leurs besoins professionnels et privés.