- Speaker #0
Bonjour à toutes et tous, c'est Céline, kinésithérapeute près de Lille. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinécast de la FEDE, la communauté dynamique et innovante des kinésithérapeutes. Chaque semaine, vous découvrirez les témoignages, les conseils et les astuces de kinés passionnés et engagés sur des sujets qui vous interpellent dans votre pratique, et aussi sur l'actualité. Ensemble et avec la FEDE, bougeons les lignes de la kinésithérapie. Bonne écoute !
- Speaker #1
La Médicale accompagne près d'un masseur kinésithérapeute sur trois en France, assurant donc des assurances adaptées aux besoins des masseurs kinésithérapeutes,
- Speaker #0
tant professionnels que privés. La Médicale assure les professionnels de santé.
- Speaker #1
Bonjour à toutes, bonjour à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinecast. Aujourd'hui,
- Speaker #0
j'ai le plaisir de recevoir le professeur Hubert Blin. Bonjour Beau. Bonjour à vous. Comment allez-vous ?
- Speaker #1
Ça va très bien, merci pour votre invitation.
- Speaker #0
C'est moi qui vous remercie d'avoir accepté. Alors tout d'abord, est-ce que vous pourriez vous présenter ?
- Speaker #1
Oui, je suis le responsable du pôle de géontologie du CHU de Montpellier.
- Speaker #0
Alors, vous avez participé au plan de prévention de chutes. Est-ce que vous pouvez nous expliquer un petit peu comment ce dispositif s'est mis en place ?
- Speaker #1
Alors, il a été lancé en 2022 par le ministère de la Santé. Son objectif, c'est de réduire de 20% les chutes avec handicap et les décès. Donc c'est quelque chose de très ambitieux parce que c'est le seul plan national à ma connaissance. Et donc on est très regardé à l'extérieur. Le plan a défini cinq axes, mais il n'a pas de financement. Ça c'est déjà un premier point de difficulté. Et en disant qu'il faut faciliter l'accès à un certain nombre de choses, à la téléassistance, à l'activité physique, etc. mais pas de financement à la clé. D'où le fait que c'est un déploiement plutôt par région, avec des initiatives qui sont regardées, et puis les meilleures initiatives probablement permettront au plan d'exister et seront déployées au niveau national. D'où le fait qu'Occitanie étant une des régions pilotes, et Montpellier étant une des deux régions pilotes d'Occitanie, donc on a monté un projet pour essayer d'avancer dans le cadre de ce plan.
- Speaker #0
Au niveau chiffres, nous en sommes à combien de chutes en moyenne ? Identifiez par an.
- Speaker #1
En fait, les chutes, c'est compliqué de savoir exactement. On considère à peu près 2 millions. Par contre, ce qu'on sait à peu près, c'est 140 000 hospitalisations tous les ans. C'est plus de 10 000 décès. En gros, c'est trois fois les accidents de la route. C'est la première cause d'accident. Voilà, de blessures chez les personnes âgées. Donc c'est un réel problème en termes de complications. Donc évidemment, c'est 50 000 fractures de hanches, chez la femme c'est 16 000 chez l'homme. On sait qu'il y a à peu près 15 % de décès à 12 mois et 50 % de perte d'autonomie. Donc on voit, ce qui est connu, c'est la fracture de hanche. Mais après, il y a tout ce qui est beaucoup moins connu, qui est en particulier la peur de tomber. La réduction d'activité une fois qu'on est tombé, qu'on est resté au sol pendant un moment. Donc c'est sûr que souvent la chute c'est le début d'un changement dans le parcours de vie des personnes. Souvent c'est à partir d'une première chute que les gens ont commencé à faire attention et donc à moins sortir, etc. Donc la chute en elle-même est finalement une inductrice de perte d'autonomie.
- Speaker #0
On parle souvent d'ailleurs de syndrome de post-chute.
- Speaker #1
Alors... Oui, ce terme est un peu compliqué à comprendre. Pour les kinésithérapeutes, le syndrome post-chute est quelque chose de très particulier. Souvent, on a du mal à faire la différence avec ce qu'on appelle aussi la régression psychomotrice. C'est le fait qu'après une chute, on n'a plus ce sens de la verticalité qui fait qu'on va avoir tendance à avoir une rétropulsion, à avoir ce qu'on appelle le syndrome de la planche à voile, vous connaissez mieux que moi. Ce sont des patients qui vont très vite avoir une peur phobique de tenir debout, qui vont être en rétropulsion, et qui est vraiment, on en parlait tout à l'heure avec un de vos collègues, qui est l'une des urgences kinésithérapiques. C'est-à-dire que ces patients, après une chute, qui vont avoir une peur de tomber, il va falloir vraiment les réantérioriser, mettre en phase 2 des appuis, parfois eux-mêmes qui se verticalisent, mettre éventuellement des cales sous les pieds, et... de manière à clairement les remettre en avant pour leur redonner confiance, à se remettre quelque chose qui est assez évident, qui est de mettre la tête au-dessus du vide pour se lever. Ça nous paraît tellement évident, après une chute, on peut perdre ça. Donc ça, c'est la forme la plus grave, on va dire, des syndromes post-chute. Il faut aller jusqu'à l'astasie abasie, où les gens ne veulent plus du tout se mettre debout. Et puis à côté de ça, on a plusieurs formes qui sont en allant de la peur de tomber, de la réduction d'activité au syndrome dépressif. Il y a des gens qui prennent conscience de leur vulnérabilité et se disent « Oh là là, je ne me sentais pas vieux avant, et là, après cette chute, je prends... » Je me suis, que l'hôte dise même, je me suis rapproché du sol. C'est un peu comme si j'avais mis un premier pied dans la terre ou dans la tombe, parce que clairement, je prends conscience de ma vulnérabilité. Donc, la chute, ça a des connotations qui sont certes blessures, mais aussi très psychologiques. On le sait, quand on fait une chute à ski ou en vélo, on a du mal de remonter sur des skis à vélo. Et là, quand on a fait une chute chez soi, on a vraiment très peur. Donc il faut... C'est pour ça qu'il faut vraiment un travail pluridisciplinaire, certes médical, parce qu'il faudra trouver les causes curables, etc. Mais il y a la reprise de confiance. Évidemment, vous jouez un rôle très important. L'activité physique joue un rôle très important, mais les psychologues aussi vont jouer un rôle important. Les psychomotriciens vont pouvoir jouer un rôle. Et puis, il y a tous les acteurs du monde social qui peuvent tenir le bras aux personnes âgées pour qu'elles aillent de nouveau refaire les courses, etc. Donc, c'est vraiment... une prise en charge qui est globale.
- Speaker #0
Donc ce plan anti-chute, il est aussi bien sur la médecine de ville que la médecine hospitalière ?
- Speaker #1
Alors en fait, ils visent déjà à prévenir des chutes graves. Donc c'est sûr que les personnes qui sont finalement les plus ciblées, ça va être les résidents d'EHPAD évidemment, et puis ça va être les personnes qui sont à haut risque de chute. Les personnes à risque de chute sont des personnes qui ont fait déjà plusieurs chutes dans la dernière année. Ce sont des personnes qui vont s'être blessées après une chute. Ce sont des personnes qui ont eu du mal ou une incapacité à se relever du sol. Ce sont des personnes qui font des chutes sans aucune explication. J'étais debout, je suis au sol, je ne sais pas trop ce qui s'est passé. Ce qui évoque des pertes de connaissances, etc. Et puis après, ce sont des personnes qui sont en train d'aller vers de la dépendance. Et en gros, des gens fragiles qui ont peur de tomber, qui sont instables. Donc clairement, si on arrive déjà à dépister ces personnes qui sont à haut risque de chute et les intégrer dans une filière gériatrique, dans lesquelles il y aura beaucoup d'éléments. Il y aura vous, il y aura éventuellement les enseignants en activité physique adaptée, si le risque est un tout petit peu plus bas. S'il y a besoin de faire du travail moins individuel, mais peut-être en groupe pour rejouer sur le contexte social, faire des interactions avec les autres, travailler les doubles tâches, etc. Il va y avoir les podologues, il va y avoir les travailleurs sociaux, les ergothérapeutes pour l'adaptation. Donc chez ces personnes à haut risque de chute, l'objectif c'est vraiment de faire une prise en charge de tous les facteurs réversibles. Donc ça veut dire qu'il faut une évaluation géontologique standardisée, il faut qu'on la fasse. médecins, kinés, ergos, de manière à ce que diététicienne, si jamais il y a une perte de poids. Donc, l'objectif, c'est vraiment d'allier toutes les compétences pour des personnes qui, si on ne trouve pas la solution, vont aller vers de la dépendance.
- Speaker #0
Donc là, je pense tout à fait au sein des EHPAD, du métier de kiné-coordonnateur, qui serait très à même justement d'identifier, d'évaluer justement des patients à risque.
- Speaker #1
Oui, alors, effectivement, Merci. On a fait une enquête avec l'équipe toulousaine, avec Yves Roland et Hélène Villard en particulier. On interroge les EHPAD. On se rend compte par exemple que le risque de chute n'est pas toujours évalué, voire peu évalué à l'entrée. Or, on sait que c'est souvent le moment où il va y avoir le plus de chutes, parce qu'on change d'environnement, on est un petit peu confus, on ne dort pas bien, on ne connaît pas les lieux et donc on va se tromper, aller vers les escaliers, etc. Donc il faudrait effectivement évaluer le risque de chute et en particulier vous jouez un rôle donc important et effectivement des kinés coordonnateurs peuvent jouer un rôle très important dès l'entrée. Comprendre ce qui se passait à la maison etc. pour essayer de comprendre en quoi il va falloir mettre en place un certain nombre de choses de manière à ce que la personne ne tombe pas. Ensuite il y a la réévaluation, vous allez pouvoir jouer aussi un rôle très important. un rôle effectivement de coordination un rôle transversal avec les autres équipes soignantes puisque avec les équipes soignantes puisque vous avez vraiment un oeil qui est hyper professionnel sur sur l'équilibré sur les aides techniques sur quels sont les mouvements à risque durant l'activité, mais aussi optimiser finalement ce que vous faites par le biais de la rééducation auprès des soignants dans le cadre des activités qui sont faites par les soignants. Donc d'ailleurs, en gros, c'est vrai que de faire par exemple... des toilettes ou des levées à deux avec un kiné, par exemple, ça va montrer à l'aide soignante ou à l'infirmière comment faire pour optimiser, pas faire à la place, mais faire avec, optimiser ce qu'est capable de faire la personne pendant la séance de kiné et ensuite, finalement, que ça soit implémenté dans des activités de la vie quotidienne. Donc, vous jouez un rôle très important en termes d'accompagnement des équipes soignantes, en termes de formation des équipes soignantes. Et puis après, il y a effectivement le rôle de master kinésithérapeute dans la prévention de toutes les douleurs, tout ce qui est pathologie musculo-squelettique, puisque le monde des EHPAD, c'est un monde qui est difficile, très solistant sur le plan physique, et effectivement, on joue un rôle très important. Et puis après, on peut tout à fait imaginer que le kiné, ou en lien avec éventuellement, n'enseignera pas ou autre. puissent en plus peut-être même faire des séances de kinésithérapie pour les équipes soignantes parce que tout ça c'est très important pour souder les équipes, je pense qu'on est tous dans la même barque autour des résidents donc effectivement vous pouvez jouer vraiment donc par le biais de ces kinés coordonnateurs un rôle de ciment au niveau des équipes donc des EHPAD.
- Speaker #0
Il y a eu par exemple des initiatives, je le sais. auprès du mouvement du relevé de sol, d'utiliser les capacités du résident, de la personne à domicile aussi, pour aider les soignants.
- Speaker #1
Oui, en fait, toutes les activités du quotidien peuvent être utilisées comme source de rééducation et de plaisir à faire. Ça veut dire qu'il y a du lien aussi probablement à faire avec les animatrices, etc. Donc ça veut dire que moi, à mon sens, Effectivement, il y a... Il y a effectivement d'être capable de se relever seul fait qu'on a beaucoup moins peur de tomber. Et effectivement, le fait d'apprendre à des personnes comment faire. Et donc, il y a des vidéos en particulier que j'incite souvent mes patients à regarder, vidéos canadiennes sur comment est-ce qu'on fait pour se relever, etc. De manière à ne pas tirer sur la personne, mais effectivement, l'inciter à faire les différentes démarches, se retourner. faire la position du chevalier servant, etc. De manière à ce que la personne soit en capacité de se relever seule. Et surtout, on fait ces rendre-service à la personne, de se rendre compte qu'elle est capable de se remettre debout. Et en même temps, vous vous faites pas mal au dos pendant ce temps-là. Donc, il y a probablement tout ça qui est... Voilà, vous allez pouvoir jouer un rôle majeur.
- Speaker #0
Donc, il y a ce volet. Alors, on parle de patients qui ont déjà chuté, mais il y a aussi un volet de prévention, justement.
- Speaker #1
Donc la prévention, finalement, le plan, en fait, il a été lancé en même temps que les recommandations mondiales. Et donc, en fait, il est un peu déconnecté, mais on peut tout à fait le reconnecter de manière à ce qu'on ait un plan qui soit finalement, qui était finalement un plan qui était lancé par des, on va dire, par des professionnels du quotidien. mais pas obligatoirement basé sur les preuves. Et c'est bien parce qu'on a des recommandations qui, elles, sont basées sur les preuves. Donc finalement, on n'a pas obligatoirement besoin de preuves pour tout, mais d'un autre côté, c'est mieux de se baser quand même sur des données de preuves. Et donc, l'algorithme des recommandations mondiales, c'est de se dire, il faut de façon large interroger les personnes sur les chutes sur les dernières années, enfin, oui, sur la dernière année. en particulier mieux apprendre ce qu'est une chute. Une chute, c'est l'incapacité finalement d'être amené à un niveau inférieur à l'endroit où je suis, de façon inopinée, donc involontaire. C'est-à-dire que si je suis bousculé et que je tombe sur mon fauteuil, là, c'est déjà une chute. Donc il faut inclure dans ces chutes les presque-chutes, c'est-à-dire en gros, heureusement j'ai eu de la chance, sinon je tombais. Donc quand on interroge déjà les personnes sur les antécédents de chute et les presque chute, on va en avoir à peu près 30%. C'est énorme. Et or, on sait que c'est le premier facteur de risque de chute dans l'année. Donc clairement, même si vous, vous allez pouvoir jouer un rôle majeur dans ce repérage aussi de ces personnes. Donc il faut qu'on interroge mieux les gens sur les chutes déjà. Donc là, souvent on a l'impression... d'être en prévention primaire, mais il y a déjà eu une presque chute. Et donc, il faut arriver à la... Donc, il faut intégrer dans, finalement, l'interrogatoire de tous les professionnels, les médecins, mais pas que, cette notion de « êtes-vous tombé ou avez fait une presque chute dans les derniers mois, dans la dernière année ? » Donc, ça, c'est la première question. Puis après, effectivement, quand on s'est blessé, quand on n'a pas réussi à se relever, quand on a fait deux chutes, quand on est dans un contexte de fragilité, là, on est au risque et là, probablement... il faut être intégré dans une filière plutôt gériatrique, c'est le médecin traitant qui le décide, et c'est là où on va pouvoir évaluer et probablement faire du travail quand même assez individuel avec ces personnes, parce que l'objectif là c'est de prévenir des chutes à court terme, et en particulier des chutes avec hospitalisation, blessures et fractures et décès. Donc ça c'est vraiment le plan. Mais le plan il vise aussi à dépister des gens qui sont à risque modéré de chute. Et pour les trouver, Il faut poser deux autres questions, c'est avez-vous peur de tomber ? Et vous sentez-vous instable en vous mettant debout, en se mettant debout ou en marchant ? Avec ces deux questions-là, même si on n'a pas fait de chute encore, on est à risque de chute. Évidemment, ce d'autant qu'on est fragile, c'est-à-dire qu'on a commencé à perdre du poids, on est fatigué que ça, c'est-à-dire qu'il y a des pathologies de sous-jacent. Et le plan, et c'est là que vous pouvez jouer un rôle important, Il dit chez les gens qui n'ont pas fait de chute grave pour l'instant, mais qui ont peur de tomber, qui se sentent instables, l'objectif c'est de mesurer le time-up-and-go test, est-ce qu'il est supérieur à 15 secondes ou pas, et la vitesse de marche, est-ce qu'elle est inférieure à 0,8 mètres par seconde. Est-ce que je mets plus de 5 secondes à faire 4 mètres, ou est-ce que je mets plus de 15 secondes à faire le time-up-and-go. Et c'est vrai que... Vous, vous jouez un rôle aussi important dans l'apprentissage de ce que c'est qu'un time-up and go test, comment on mesure une vitesse de marche, etc. Parce que si on veut finalement organiser ça à large échelle, eh bien, à ce moment-là, il va falloir que les gens aient une petite idée de qu'est-ce que c'est qu'une marche lente, qu'est-ce que c'est qu'on va dire des difficultés de mobilisation. Donc là aussi, vous jouez un rôle important. Et puis enfin, on se rend compte que la plupart du temps quand même... tout ne peut pas reposer sur des professionnels. Donc il va falloir aussi que les patients et les aidants intègrent que le risque de chute, c'est vraiment l'un des plus grands risques de perte d'autonomie. Donc ça veut dire que très tôt, il va falloir qu'on dépiste les gens qui sont en train de ralentir leur marche, qu'on commence à modifier leurs activités de la vie de tous les jours parce qu'il y a une appréhension à la marche. Donc c'est pour ça que cette notion de peur de tomber, de sensation d'instabilité, il faut que les gens arrivent à l'évaluer. C'est pour ça qu'on a lancé une application qui s'appelle AppChute. Et donc on va pouvoir finalement demander aux personnes âgées elles-mêmes, en visant un QR code ou en téléchargeant l'application, avec un aidant éventuellement de remplir un certain nombre de questions qui sont celles de l'algorithme des recommandations mondiales. Est-ce que vous avez peur de tomber de 0 à 10 ? Et on a défini des seuils pour dire oui, j'ai peur de tomber. Est-ce que je me sens instable de 0 à 10 ? Et donc, on sent bien que des gens qui sont à 4, 5, qui ne savent pas si c'est 8, c'est non. Là, ça permet de quantifier les choses. On va leur demander s'ils ont fait une chute, s'il y a eu une blessure, s'ils ont eu du mal à se relever. On va pouvoir les intuiter, la vitesse de marche, en leur demandant est-ce qu'ils marchent... normalement ou moins vite que les gens de leur âge. On va leur demander aussi s'ils ont du mal à se relever d'une chaise, de 0 à 10. Et à partir de ces différents éléments, avec les autres éléments de la fragilité, est-ce que vous perdez du poids, est-ce que vous êtes fatigué de 0 à 10, est-ce que vous avez réduit vos activités, on arrive au même résultat, en gros, qu'un professionnel, pour définir le niveau de risque faible, modéré ou élevé. L'idée, ce n'est pas que l'application remplace les professionnels, mais disent, vous avez probablement un risque modéré ou élevé, allez voir un professionnel. Allez voir un kinésithérapeute, allez en parler à votre médecin, etc. De manière à ce que ce soit le professionnel qui confirme le risque. Donc peut-être que vous allez vous retrouver, vous, à utiliser, à évaluer le risque de chute chez les patients qui viennent pour autre chose, une douleur ou n'importe quelle autre indication. mais aussi peut-être être... approchés par des patients en disant j'ai rempli l'abchute, j'en ai discuté avec mon médecin qui n'a pas trop le temps, mais il m'envoie chez vous pour évaluer si effectivement je suis à risque ou pas, etc. Donc il est hautement probable que cette abchute ait un objectif finalement de screening, et puis ensuite surtout d'aider une fois que les gens auront souhaité s'inscrire sur l'application, en disant moi dans cette zone géographique je veux bien voir des... des patients âgés qui sont à risque de chute, que l'application, si vous rentrez votre code postal, vous dise « Là, dans cette zone, il y a des kinésithérapeutes qui sont vraiment particulièrement spécialisés dans ce domaine de la prévention des chutes. » Et il me semble que ce domaine, il faut vraiment que vous vous en pariez. Parce que les enseignants en activité physique adaptée se sont déjà emparés, c'est complètement complémentaire. Vous pouvez... apporter vraiment une compétence très spécifique et complémentaire des enseignants NAPA. Et je pense qu'on a, nous, en tout cas pas assez de kinésithérapeutes qui sont intéressés par la prévention des chutes. Or, évidemment, la démographie fait qu'on va avoir de plus en plus de besoins. Et donc, je pense que c'est quand même un sujet qui est très intéressant. Et d'un autre côté, ça veut dire qu'il va falloir vous former de manière à... à comprendre que ce n'est pas que de la kinésithérapie, la prévention des chutes. Il y a probablement, si la personne, je lui donne des consignes et qu'elle ne s'en rappelle pas, peut-être des troubles cognitifs qu'il va falloir évaluer. Si la personne, je me rends compte qu'elle ne voit pas très bien, peut-être qu'il faut l'envoyer chez son médecin pour aller voir l'ophtalmo. Si je me rends compte que le chaussage n'est pas adapté, peut-être qu'il faut que je... Donc, il y a probablement beaucoup d'éducation thérapeutique et je pense que les kinésithérapeutes peuvent tout à fait faire ça, vraiment s'impliquer très fortement. dans ce monde de la prévention des chutes. Je pense que ça peut être très intéressant pour vous, aussi parce que ça vous permet de travailler vraiment en filière avec des médecins, avec des ergothérapeutes, avec des enseignants à pas. Il y aura probablement des allers-retours. Vous allez peut-être améliorer fortement l'état clinique du patient qui va lui permettre d'aller faire de l'APA. Et puis l'enseignant à pas, au bout d'un moment, va se rendre compte que le patient est de nouveau moins bien et qu'on arrive plus vite. il n'arrive plus à l'améliorer, il faudra probablement le remettre peut-être dans un bilan clinique pour vérifier qu'il n'y ait pas autre chose, et puis de la kinésithérapie. Donc clairement, l'objectif, c'est qu'on arrive à travailler tous ces métiers très complémentaires. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'un médecin tout seul n'y arrivera pas, un kinésithérapeute tout seul n'y arrivera pas, etc. Donc c'est vraiment par l'alliance de nos compétences qu'on va pouvoir arriver à faire ça. C'est vrai que ce groupe, cet intergroupe qu'on a créé avec Gilles Bérut l'année dernière vise à ça aussi. à essayer de créer du lien entre les différentes disciplines, etc. Et c'est vrai que ce n'est pas nous qui le faisons, on ne voit pas trop d'autres spécialités pouvoir le faire, parce que nous, la génétrie, on est une discipline déjà transversale. Et nous, on travaille sur l'interdisciplinarité, la journée de prévention des chutes, qu'on aimerait être nationale, puisque ça devient une grande cause nationale, et aussi... Le moment, en tout cas, c'est ce que nous, on fait à Montpellier, à faire travailler les écoles, les instituts ensemble, de manière à ce que les étudiants des instituts de formation, ma soeur kinésithérapeute, puissent travailler avec des écoles d'ergothérapie, l'UFR STAPS, éventuellement les écoles de psychomotricité, de manière à ce qu'on commence à faire travailler tout le monde avec des médecins, des infirmières, des podologues, des diététiciennes, etc. de manière à ce que chacun sache... finalement ne se connaissent quel va être l'apport d'un autre métier et savoir surtout quand nous on est à la limite de ce qu'on peut faire de manière à ce qu'on connaisse bien et nos limites et en même temps qu'on connaisse bien les compétences des autres de manière à ce qu'on puisse les réunir sur des situations qui sont complexes et en même temps majeures puisqu'on a vu tout à l'heure euh... Après, prévenir une chute, c'est peut-être faire que la personne va continuer à faire beaucoup de Noël avec sa famille, etc. Et après une chute, faire que ça va éviter une perte d'autonomie, puis une institutionnalisation. Donc clairement, on peut changer radicalement la trajectoire des patients si on arrive suffisamment tôt, groupés, avec des compétences qui sont très complémentaires. Donc je pense vraiment qu'il y a... Il faut vraiment que les masseurs kinésitaires se disent que c'est une vraie opportunité pour nous, ce plan.
- Speaker #0
Justement, pour ceux qui nous écoutent, pour les kinés qui regardent cet épisode, auprès de qui ils pourraient s'adresser justement ?
- Speaker #1
Il y a plusieurs façons de faire. Déjà, si vous voulez venir dans l'intergroupe et participer aux discussions, l'idée, c'est de faire des revues de littérature, de publier des... des choses, discuter entre nous de ce qui marche, ce qui ne marche pas, est-ce que cette application, on va pouvoir la diffuser, est-ce qu'elle va être utile, etc. Et donc, on peut faire de la recherche clinique, on peut produire un tas de documents de manière à ce que ça soit utile, finalement, en termes de formation. On en parlait tout à l'heure. le kinéco-ordinateur qui peut former les équipes autour de lui, autour d'elle. Donc, peut-être participer à cet intergroupe SFGV. Je pense qu'il faut que vous, finalement, vous... Voilà, il y ait vraiment, on va dire, un sous-groupe qui est vraiment dédié à la prévention des chutes. Je pense que ça, c'est très important. Mais de la même manière que nous, gériatres, on a des domaines de sur-spécialité. Je pense que la prévention des chutes peut être... tout à fait quelque chose. Il y a la kinésithérapie vestibulaire, etc. Mais je pense que travailler sur l'instabilité posturale, c'est vraiment quelque chose d'important. Travailler sur la peur de tomber, etc. D'ailleurs, ça permet de faire du lien avec les psychologues, etc. Donc, SFGG, ça peut être une première solution. Je pense que la deuxième solution, c'est aussi de se rapprocher des universitaires de gériatrie, etc. qui sont les plus proches pour les inciter à monter des consultations de prévention des chutes, des hôpitaux de jour très spécifiquement prévention des chutes. Et puis après, je pense qu'il faut... Les CPTS peuvent aussi être un excellent moyen de créer du réseau local entre des médecins, des kinés, des podologues, des ergothérapeutes, etc. Donc nous, on travaille à tous ces étages-là. On travaille sur... Je me rapproche de l'école... de l'IFMK local et je vois comment est-ce qu'on peut se former, etc. Nous, on a créé aussi avec l'UFR STAPS des diplômes universitaires. On réunit tous les gens qui travaillent sur la prévention des chutes. Vous pouvez trouver à Montpellier un diplôme universitaire qui est animé par Pierre-Louis Bernard à l'UFR STAPS. Et on réunit des ergots, des STAPS, des... kinés, etc., autour de la prévention des chutes de manière à faire que tout le monde ait le même niveau de connaissance, de manière à des médecins qui viennent parler de leur monde médical, de leur vision de la chute, mais à côté de ça, le rôle des kinés, le rôle des ergots, le rôle des podologues, etc. Donc là, vous pouvez aussi vous former, essayer de regarder avec vos instituts de formation de proximité. Je voulais dire, je pense que les gériatres aussi peuvent Il faut les stimuler de manière à ce que vous créez des réseaux locaux. Voilà, exactement. Et puis après, je pense que les CPTS, nous, on pense que la prévention des chutes, ça peut être un vrai bon sujet pour expliquer à quoi sert une CPTS. C'est-à-dire qu'en gros, autour de cette thématique prévention des chutes, et donc à Montpellier avec la CPTS Sud et Ouest de Montpellier, on travaille avec eux parce que... Clairement, autour de cette prévention des chutes qui cause aux gens, on n'est pas en train de parler de trucs qui sont un peu déconnectés de la réalité. Je pense qu'on a tous une grand-mère, une mère, etc., ou une amie, ou la maman d'une amie qui a fait une chute, qui s'est cassé quelque chose, et on voit la gravité de ces chutes. 30% des admissions au service d'accueil d'urgence des personnes âgées, c'est pour chute. clairement On connaît tous des gens qui ont finalement perdu beaucoup d'autonomie en chuteur. Donc ça veut dire que, clairement, c'est quelque chose qui interpelle quand on fait les conférences grand public pour les personnes âgées. Est-ce que vous voulez prévenir des chutes ? Les gens ont bien compris que c'est ce qui les menace. Donc c'est quelque chose qui n'est pas hors sol. Et en plus, c'est un sujet qui réunit tout le monde. Les pharmaciens. Parce que globalement, ils délivrent des psychotropes et ils peuvent tout à fait utiliser une application pour évaluer le risque de chute et donner des flyers de formation sur qu'est-ce qu'il faut faire en cas de risque fait, modéré ou élevé selon les recommandations mondiales. Vous, les enseignants impas, les ergots, tous les acteurs du domicile jouent un rôle très important et ils ont bien vu que la personne a du mal et se tient de plus en plus au meuble. Mais bon, quand intervenir ? C'est là où effectivement, le fait d'avoir des recommandations et de pouvoir suivre les personnes, en particulier, c'est là où on va voir qu'elles étaient relativement stables, et puis que la vitesse de marche baisse, que la peur de tomber augmente, etc. Et donc, c'est vrai que je pense qu'au sein des CPTS, ça peut être vraiment un bon sujet à travailler, de manière à ce que les kinésistes, et vous, vous pouvez être vraiment moteur là-dessus. Il y a plein d'équipes en particulier qui sont vraiment très... dont le leader de prévention des chutes, c'est un masseur kinésithérapeute. Aux États-Unis, beaucoup de recommandations. Moi, je travaille sur le plan international. C'est presque plus des kinés universitaires. pays qui sont vraiment en charge de la stratégie de prévention des chutes au niveau des pays. Donc, clairement, je pense qu'il y a un vrai sujet pour vous. Voilà, il faut absolument que vous investissiez dans ce domaine.
- Speaker #0
Un grand merci.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
Est-ce que vous auriez un dernier message, même si cet échange a été déjà très riche ?
- Speaker #1
Non, je pense que n'hésitez pas, si vous avez des idées, si vous voulez créer du lien. Donc, peut-être Je vous... Vous pourrez peut-être laisser mes coordonnées, mails, etc. Et puis je vous donnerai d'autres adresses mail, de manière à ce que les personnes qui veulent recevoir des documents, etc., l'Associé française va être à disposition pour ça. Donc toutes les personnes qui veulent venir, et puis j'espère donc, même localement, je pense que les kinésithérapeutes peuvent tout à fait participer à la création d'une journée prévention des chutes. Il n'y a aucune raison. pour aller rencontrer les autres et créer cette dynamique pour que, je ne sais pas, l'année prochaine, dans deux ans, dans trois ans, on ait au même titre qu'on a la journée osteoporose ou Alzheimer, on ait une journée de prévention des chutes. C'est un tel problème et il y a tellement de solutions à apporter que je pense que vous pouvez vraiment être moteur. Merci beaucoup. À l'extrême-média. À bientôt. À bientôt. Au revoir. Au revoir.
- Speaker #0
Merci de nous avoir écoutés. On espère que cet épisode vous a plu. Si c'est le cas, je vous invite à laisser un avis sur votre plateforme d'écoute préférée et à partager l'épisode autour de vous. N'hésitez pas également à nous dire quels sujets vous aimeriez que l'on aborde dans les prochains épisodes et quels invités vous souhaiteriez écouter. Pour ça, dites-le nous en commentaire. N'oubliez pas de nous suivre sur les réseaux sociaux et de visiter le site web de la FFMKR pour rester informé des dernières actualités et des événements à venir. Votre soutien et votre engagement sont essentiels pour faire avancer notre profession.
- Speaker #1
La médicale, un réseau expert d'agents généraux, vous accompagnez les kinés dans leurs besoins professionnels et privés.