Speaker #0J'ai une question. Si je vous demande, en trois mots, de décrire le monde dans lequel vous vivez, lesquels donneriez-vous ? Bienvenue dans un nouvel épisode de COPS Keep Our Planet Safe, le podcast qui reconnecte. Aujourd'hui, vous ne rêvez pas. Oui, je suis seule, seule face à toi, face à vous. D'ailleurs, je ne sais pas encore si je vais utiliser le tutoiement ou le vouvoiement. Dans ces solos, j'approfondis un sujet abordé dans un des épisodes précédents avec un ou une invitée. Ou alors je vais carrément discuter avec vous d'un sujet qui me tient à cœur et qui évidemment gravite autour de la philo, l'art, l'écologie, du def perso. Bref, c'est parti ! J'aimerais aujourd'hui vous parler d'un sujet qui me tient depuis des années et que j'avais appelé à l'époque, intuitivement, la culture de l'émerveillement. Pour vous mettre un petit peu dans le contexte et introduire ce sujet dignement, je vais vous raconter une petite histoire. C'était un mardi, un mardi un peu banal, tu sais, de ceux qu'on traverse un peu en pilote automatique. Et là, je sors du tram. J'avais la tête pleine de choses à faire, de pensées qui courent plus vite que mes jambes. Enfin, ouais, infernal, tu connais ça. Autour de moi, que des gens pressés. Les épaules levées, les regards fixes, comme si chacun transportait son petit monde en crise. Et puis, attention, vient le plot twist. Le feu du passage piéton passe au rouge. Il pleut des cordes, ça m'énerve. Sauf que cet arrêt me force à lever la tête. Et là, je le vois, juste au-dessus de moi, sur le fil électrique du tram, une minuscule mes anges bleus. Rien d'extraordinaire, en théorie, tu vas me dire, juste un oiseau. Mais pendant quelques secondes, elle me regarde, mais pas un regard d'oiseau, un regard présent. Comme si elle me disait, mais tu cours et tu t'énerves vraiment pour quelque chose qui en vaut la peine là ? Et dans ce minuscule arrêt sur image, tout a ralenti. La pluie est devenue sur le trottoir un son presque méditatif. Il faisait même plus si froid. Le soleil était coincé entre deux immeubles et dépose une ligne dorée pile sur la moitié de mon visage. Ça a duré 5 secondes. 5 secondes d'une beauté tellement simple qu'elle aurait franchement pu passer inaperçue. Sauf que là, elle m'a pas échappée. Parce que justement, j'ai un truc depuis toujours. Je regarde le monde au travers des yeux d'un enfant. Pas par naïveté, mais par survie. Alors quand la maison s'envole, le mouvement de la rue reprend un rythme tout à fait normal, je me refonds dans la foule. Mais quelque chose a profondément changé en moi. Rien de spectaculaire, juste une toute petite lumière, un micro-souffle intérieur qui vient te dire « En fait, le monde n'a pas fini de te surprendre. » Et c'est exactement ça que j'aimerais partager aujourd'hui avec vous. C'est cette manière d'être touchée par l'infime, de s'émerveiller même quand tout semble instable, tantôt franchement bancal, et parfois même un peu sombre. Voilà, ça c'était... La petite parenthèse sur moi, et maintenant sur le plan philosophique, parce que oui, il y a un vrai fondement à cette culture de l'émerveillement. Donc j'ai fait quelques petites recherches, des lectures, écouté des podcasts, et d'ailleurs je vous mettrai toutes les références en description. Savez-vous quel est un des principes fondamentaux et fondateurs de la philosophie ? Voilà, je vous laisse quelques secondes pour réfléchir. Spoiler, c'est l'étonnement. En fait, l'étonnement, si on reprend son étymologie, on retrouve en latin « atonare » , le tonnerre, et donc « frappé par la foudre » . L'étonnement, c'est exactement ça. C'est l'état qu'on ressent après une expérience complètement bouleversante qui va s'accompagner par un choc. Pour Platon, parce que oui, on va parler de Platon, s'étonner, ressentir de la surprise dans le positif comme dans le négatif, et ici évidemment il n'y a aucun jugement de valeur entre le bien et le mal. Donc ressentir ça devant quelque chose serait à la base de la philosophie et ce dans la mesure où la philosophie c'est du grec « philos » aimer, le préfixe, comme un cinéphile qui aime le cinéma, sauf que dans « philosophie » « phile » c'est le préfixe. Et puis « sophia » la sagesse, donc l'amour de la sagesse, l'amour de la connaissance approfondie des choses et du monde. En fait, plus concrètement, la philosophie, selon le dictionnaire, c'est l'ensemble des questions que l'humain peut se poser sur lui-même. et l'examen des réponses qu'il va y apporter. Revenons donc à l'étonnement. Dans l'étonnement, on va retrouver l'émerveillement. L'émerveillement, c'est un peu cette capacité à éprouver une vive admiration. Mais pourquoi, et ça c'est la grande question, Platon va placer l'étonnement et l'émerveillement à la base de la philo ? Bon, vous avez 4 heures. En fait, c'est parce qu'il permet de pénétrer dans le territoire du réel avant même de commencer à réfléchir. En d'autres termes, on va d'abord chercher une présence au monde, un regard ouvert, avant de commencer à se poser des questions sur le monde et sur soi. En fait, l'idée, c'est un peu de s'ouvrir émotionnellement, de muscler nos sens, de réveiller notre psyché, notre âme, pour pouvoir être un peu open aux questions sur nos conditions d'être, d'agir, notre développement perso, etc. Ok, j'espère que tu me suis. Mais maintenant, la grande question, c'est comment ? Comment on s'émerveille au quotidien ? Comment on parvient à transformer les petits riens en grande sagesse, comme dirait Elios Koutso ? Et je sais que de nos jours, on a beaucoup de mal à muscler cette aptitude à l'émerveillement, ce regard-là. Et je ne parle pas qu'un regard au sens propre, je parle aussi d'une présence au monde, une manière d'être qui, elle, commence évidemment par un regard, une toute petite attention, une intention. énormément de mécanismes extérieurs qui vont générer de l'anxiété, de la colère, de la frustration. Si vous voulez, on vit en fait dans un immense complexe qui va engendrer fondamentalement beaucoup de stress et des déséquilibres extrêmes. Il y a d'ailleurs un psychopédagogue que j'adore qui s'appelle Bruno Humbeck dans différents ouvrages et podcasts, etc. Il dit « Tout ce qu'on nourrit grossit » . Bon, jusque-là, c'est pas révolutionnaire comme phrase, mais quand on s'imprègne de ces mots, ça a beaucoup de sens. J'aimerais revenir sur cette phrase parce qu'elle est vraiment une clé pour avancer plus sereinement. Tout ce qu'on nourrit grossit. Quand je suis littéralement traversée par des pensées intrusives, négatives, et que littéralement rien ne se passe pour que je sorte ces pensées de ma tête, je reste chez moi, je scrolle sur mon téléphone, je suis enfermée, alors ça m'arrive de rentrer dans cette boucle de rétroaction positive, de l'introspection clairement abusive, donc je nourris ces pensées négatives qui finalement prennent encore plus de place. et ça tombe sous le sens. C'est exactement pareil dans le positif, mais c'est bien plus favorable. Nourrir le positif par l'attention. Faire attention aux toutes petites choses du quotidien, les choses qui vont et qui de fait participent à un mieux-être. Même si tu passes une mauvaise journée, et honnêtement je suis la première à ressentir du stress, de l'anxiété, etc. Mais cette intention et attention aux belles petites choses, les grandes aussi d'ailleurs, est toujours présente et est pour moi une vraie bouée. de survie. Il y a d'ailleurs un auteur que j'adore qui s'appelle Christopher Laquais dans son livre Les silences de la joie qui dit, on se croit toujours plus pauvre que ce qu'on est vraiment. Et moi je dirais, pauvre comme malheureux. On se croit toujours plus malheureux que ce qu'on est vraiment. Or, je sais que dans ta vie, tu as des petites joies que tu ne perçois peut-être pas toujours et je t'ai fait une petite liste, tu me diras d'ailleurs ah oui c'est vrai, c'est beau et c'est un éphémère qui peut me rendre heureux au quotidien. ok c'est une histoire non exhaustive, mais il y a par exemple un réveil dans des draps bien chauds, la pluie qui bat sur la fenêtre alors que t'es toujours dans ton lit, peut-être que tu te réveilles près de toi avec quelqu'un que t'aimes, ou un animal de compagnie par exemple, l'odeur du café, faire une bouchée parfaite pendant un repas, le vent sur la peau même quand il est froid qui te rappelle, hé ho, t'es vivante. Une phrase dans un livre à laquelle tu t'es identifié, quelqu'un qui te sourit au passage piéton, les arbres depuis ton bureau, atteindre un état de concentration ultime. Le flow d'ailleurs, j'en ai fait une vidéo. Un petit message qui fait plaisir, un oiseau sur une branche, un morceau, une musique. Voilà, et la liste est clairement non exhaustive. Et je sais que le monde va vite, je sais que nos modes de vie ne permettent pas toujours de tourner son regard vers les petits bonheurs ou les petites beautés du monde. Et quand on se sent vraiment en inconfort, quand on connaît un vrai déséquilibre dans nos vies, ou même, et carrément dans l'extrême, quand nos besoins primaires d'humains, comme la sécurité, ne sont pas respectés, je suis d'accord, c'est presque impossible. de se laisser émerger par un sentiment d'émerveillement. Par contre, puisque le changement vient d'abord de soi, je vous invite et je t'invite à essayer de voir ces petits détails ou ces grandes choses positives qui, chaque jour, au quotidien, vont te permettre de muscler ta propension à exprimer de la joie, à cultiver de fait l'émerveillement. Voilà. Merci d'avoir écouté cet épisode. J'espère qu'il vous aura plu, j'espère qu'il t'aura plu. Faudra que je sache si j'utilise le toit ou le mou. Mais en tout cas... J'espère qu'il aura suscité quelque chose de positif en toi. N'hésite pas à le partager autour de toi, à laisser ton avis en commentaire, et surtout, et surtout s'il te plaît, avoir un impact positif sur Terre aujourd'hui. Je te dis à très vite dans un nouvel épisode.