Julie DedéeTu es doué de tes mains et tu adores créer ? Tu veux créer un truc à toi dans lequel tu pourras t'épanouir et gagner de l'argent ? Lancer sa marque artisanale, c'est le rêve de beaucoup d'entre nous. Mais une fois qu'on se lance, on est vite perdu et seul face à la montagne de travail qui nous attend. C'est pourquoi j'ai créé ce podcast, l'atelier des créatrices passionnées. Je m'appelle Julie, je suis marketeuse et multi-entrepreneuse passionnée depuis plus de 10 ans. Ici, je te raconte les péripéties de ma marque de bijoux, Jude & Clo. Je te parle sans tabou de mes victoires, mais aussi de mes erreurs et de mes échecs. Je te donne également tous les conseils qui m'ont aidé à évoluer et à faire grandir mon petit business. Alors si toi aussi, tu veux transformer ta passion en projet de vie, je t'invite à prendre place à l'atelier. Bonne écoute ! Aujourd'hui, j'ai envie de te parler d'un sujet qui me tient vraiment à cœur parce que c'est quelque chose que j'ai vécu personnellement, qui m'a beaucoup fait peur. J'ai envie de te parler de la panne de créativité. Est-ce que ça t'est déjà arrivé de te retrouver devant ton matériel, devant tes matières, et de ne plus savoir quoi faire ? D'avoir une cliente qui te demande quelque chose, et de ressentir ça comme une énorme pression, presque une pénitence. De ne plus avoir envie de créer, de ne plus avoir d'idées, ou même de ne plus avoir envie de parler de toi et de ce que... tu fais ? Eh bien, moi, je suis passée par là. Il y a eu un moment dans ma vie où mon atelier est resté rempli de caisses de déménagement pendant des mois. Je n'y touchais pas. Je savais qu'il était là, je savais que je devais y aller, mais j'étais complètement bloquée. Et c'est là que je me suis rendue compte qu'il y avait un vrai problème. Pas juste une fatigue passagère, c'était un vrai blocage. Et en fait, ce qui m'a fait le plus peur, ce n'était pas juste de ne plus avoir d'idées, C'était beaucoup plus profond que ça. J'avais vraiment l'impression d'avoir perdu mon identité. J'avais l'impression d'être devenue complètement banale. Et surtout, j'avais peur d'avoir perdu mon talent. Ce sentiment, il a été clairement intensifié aussi par la perte de mon papa, qui était un gros pilier dans ma vie. Et aussi par le harcèlement que j'ai subi dans mon ancien taf, où je suis sortie comme une loque qui n'avait plus du tout confiance en elle. Et quand je me suis rendue compte du blocage que j'avais, je me suis vraiment demandé, est-ce que j'ai... perdu ma créativité. Et avec le recul aujourd'hui, j'ai envie de te dire quelque chose de très important. Ta créativité n'est jamais morte. Elle a juste besoin d'espace pour exister. Mais avant d'aller plus loin, j'ai envie qu'on prenne un tout petit moment pour se poser une question essentielle. C'est quoi en fait la créativité ? Parce qu'on en parle tout le temps, mais on prend jamais vraiment le temps de définir ce que c'est. Alors pour moi, il y a deux façons de voir les choses. La première... c'est que la créativité, c'est une forme d'expression. C'est ton monde intérieur, ton ressenti, ton âme qui essaye de faire passer un message et qui utilise tes mains pour le faire. Comme si ce que tu ressens à l'intérieur avait besoin de sortir et de prendre forme à l'extérieur de ton corps. Et puis, il y a une autre vision, un peu plus holistique si je peux dire ça, mais que j'aime beaucoup aussi, qui a été notamment inspirée du livre "comme par magie" de Elisabeth Gilbert, qui dit qu'il y a énormément d'idées qui existent déjà autour de nous et qu'on ne voit pas. Et ces idées, elles cherchent simplement un moyen de prendre vie. Et pour qu'elles puissent réellement exister, elles ont besoin de passer par quelqu'un, donc un corps humain, et qu'elles cherchent entre guillemets leurs hôtes. La personne qui, selon elle, pourra le mieux les faire vivre et les faire exister. Soir. ou moi ou quelqu'un d'autre. Et pour ça, il leur faut une personne qui est réceptive et ouverte à les accepter. Donc de nouveau, ça peut être toi, ça peut être moi ou ça peut être ton voisin. En réalité, je ne pense pas qu'il y ait vraiment une seule bonne définition. Je pense que la créativité, c'est un peu tout ça à la fois. Ce dont je suis convaincue, par contre, c'est que tout le monde est créatif. Vraiment, tout le monde peut être créatif. Quand quelqu'un me dit « oui, mais moi je ne suis pas créative » , ben moi j'y crois pas. Je pense juste que la plupart du temps, ce n'est pas un manque de créativité, c'est une peur. Une peur de s'exprimer, une peur de montrer ce qu'on a à l'intérieur de nous. Et parfois, on ne nous a jamais appris à être créatifs et à faire confiance à cette partie de nous. On ne nous a jamais laissé l'espace d'être créatifs. où on n'a jamais pris le temps non plus de découvrir sa créativité. Notre éducation... peut aussi ne jamais avoir laissé la place pour ça. Parce qu'on a trop souvent aussi cette idée que pour être créatif, il faut faire absolument quelque chose d'unique, quelque chose de jamais vu, ou quelque chose de complètement extraordinaire ou loufoque. Alors qu'en réalité, être créatif, c'est juste s'exprimer. Et cette vision-là, ça change tout. Alors maintenant, j'ai envie qu'on parle de cette fameuse panne de créativité. Parce que si tu vis ça aujourd'hui, j'ai envie que tu... comprennent quelque chose. Le problème, ce n'est pas toi, mais ton cerveau. Et j'ai envie de te poser une question. Et si, en fait, ton cerveau faisait juste son travail ? Et si ta créativité n'avait pas disparu, mais qu'elle avait juste été mise en pause ? Quand on est en surcharge mentale, quand on est en fatigue émotionnelle, quand on est en burn-out ou qu'on s'en approche, notre cerveau, il passe en mode survie. Il se concentre sur ses fonctions essentielles. dormir, manger, tenir le coup. Et la créativité, même si elle est essentielle pour nous en tant que créatrices, ce n'est pas une fonction vitale pour survivre. Donc elle passe clairement au second ou au troisième plan. Et là, tu vas peut-être te rendre compte qu'en fait, ton cerveau a décidé de te protéger. Il y a aussi une notion d'espace. Aujourd'hui, on vit dans un monde où notre cerveau est constamment rempli, rempli d'informations, de contenus, de choses à faire, de sollicitations. Et on veut occuper la moindre seconde perdue avec du scroll sur son téléphone. Mais en vrai, la créativité, elle a besoin de vide pour grandir. Elle a vraiment besoin d'espace. J'aime beaucoup voir ça un peu comme une respiration. Il y a une phase où on inspire. Donc, c'est le moment où on nourrit notre esprit, où on observe, où on vit les choses. Et il y a une phase où on expire. Et ça, c'est le moment. où on crée et où on produit quelque chose. Et si on reste bloqué en expiration, à produire, sans jamais vraiment inspirer avant et donc sans jamais mourir, à un moment donné, ça bloque complètement. Il y a aussi la pression qu'on se met sans s'en rendre compte. Le fait que chaque création doit être vendue, rentable, utile, parfaite. Et ça, sincèrement, ça peut être étouffant. Et si tu ajoutes à ça... Le perfectionnisme, ce besoin que tout soit beau, que tout soit bien fait, que tout soit maîtrisé, alors tu obtiens une paralysie totale. Il y a aussi les réseaux sociaux qui jouent un énorme rôle négatif là-dessus. Alors oui, ça peut être inspirant d'aller sur les réseaux, mais quand on y passe beaucoup trop de temps, ça devient l'inverse. On se compare, on s'ennuie. On se dit qu'on ne fera jamais aussi bien que ceux qu'on voit. Et du coup, on n'essaye même plus. Alors, je vais être honnête, moi, je suis passée par toutes ces phases. Je ne dis pas que j'y suis passée par toutes en même temps, mais en tout cas, j'ai déjà connu plusieurs fois ces phases dans ma vie. Et ce que j'ai compris, c'est qu'on ne force pas la créativité. Ça ne sert à rien de se mettre la pression et de se dire « Ah, aujourd'hui, je dois être créative. » Ce n'est pas comme ça que ça marche. Donc moi, je vais un peu t'expliquer ce que moi, j'ai fait. fait pour essayer de me sortir de cette paralysie et pour pouvoir aussi renouer avec ma créativité. Donc la première chose que j'ai dû faire, c'est me reposer. Donc là, je parle vraiment de ma période de burnout où j'étais une loc complète. Prendre le temps, reprendre de l'énergie, reprendre confiance en moi. Et ça, ça se fait pas du jour au lendemain. Ça ne se fait pas en un jour. Ça ne se fait pas avec la corde des doigts. C'est un chemin et c'est son propre chemin. Ensuite, petit à petit, quand je suis vraiment sortie de cette phase d'épuisement profond, je me suis reconnectée à quelque chose de très simple, le vide. Et je suis allée beaucoup marcher. Et au début, je ne cherchais rien. Je voulais juste arrêter de penser, arrêter d'avoir cette anxiété qui tournait dans ma tête. Et la marche me faisait un bien fou. Et puis, petit à petit, en marchant, j'ai commencé à observer les fleurs, les formes, les couleurs, les odeurs, les détails. Parfois, j'allais marcher avec les enfants et ils m'aidaient à redécouvrir l'émerveillement des choses simples de la nature et du pas grand-chose. Un canard sur l'eau, la façon dont les feuilles bougent, les couleurs que les feuilles prennent en automne. Des choses qui sont ultra simples, mais qui sont merveilleuses à la fois. Toutes ces petites choses de la nature qui nous entourent, mais qu'on ne voit plus avec nos yeux d'adulte quand on est dans un... tourbillon, dans un engrenage de « il faut » , de « je dois » , dans cet engrenage un peu de métro-boulot-dodo. Et en vrai, en tant qu'adulte, on est un peu blasé par toutes ces choses parce qu'on les connaît, on sait ce que c'est. Et pour nous, c'est clairement normal de voir une petite coccinelle qui s'est posée sur notre main. Mais pour eux, c'est incroyable. Et en vrai, ça l'est. Et cette fleur jaune qui a des pistils qui sont magnifiques. Et alors parfois aussi, il y a les vers de terre dégueux qui se baladent tout seuls, qui émerveillent toujours mes enfants. Et ça, ça me fait toujours rire. Et donc, en fait, observer tout ça, que ce soit moi ou avec mes enfants, ça a commencé à nourrir quelque chose en moi sans que je m'en rende vraiment compte. Et un petit peu après, je me suis remise à créer. Et quand j'ai retrouvé la force de me remettre à créer, ces images-là, elles étaient encore là. Et elles m'ont redonné confiance en moi et elles m'ont aussi inspirée. Il y a eu un petit déclic dans ma tête. Ensuite, j'ai fait quelque chose qui a vraiment changé beaucoup de choses pour moi et pour ma manière de voir les choses. C'est que j'ai recommencé à créer sans objectif. Pas pour vendre, pas pour réussir, juste pour tester, juste... pour moi, en fait. J'ai essayé plein de choses différentes, sans but précis. J'ai essayé la poterie. Juste, je mets mes mains dans de la terre et je veux risquer en sortir. En mode, j'ai complètement rien à perdre, j'ai tout à gagner. J'ai aussi essayé l'aquarelle avec ma fille. On était là, toutes les deux, à mélanger les couleurs comme deux apprentis chimistes et à faire des formes sur une feuille, à tester, à faire des dégradés. Comme ça, juste pour voir ce que ça donne, juste en se disant « Oh, regarde ! » T'as vu ce que ça donne, c'est trop beau. Et tout ça sans aucune pression. J'ai aussi fait des ateliers pâtisserie avec mes amis. Juste passer un bon moment, apprendre des nouvelles choses en pâtisserie et forcément en créant des choses qui sont assez bonnes à manger. Et ça, ça m'a fait un bien fou. Parce qu'en fait, je ne cherchais plus à être juste la créatrice de bijoux de cheveux de la région. Non, j'étais juste une personne qui crée. Et ça, ça m'a complètement libérée. Donc, si aujourd'hui tu es en panne de créativité, j'ai envie de te proposer quelque chose. Prends un moment pour toi. Respire et imagine. Si tu n'avais rien à prouver et si tu ne devais rien vendre, si personne ne devait voir ce que tu fais, qu'est-ce que tu créerais ? Pas ce qui est rentable, pas ce qui est parfait, juste ce qui te donne envie de créer. Et ensuite, tu te donnes 20-30 minutes, ça peut être une heure aussi, pour créer quelque chose dans cet état d'esprit-là, sans objectif. sans pression, juste pour voir ce qui sort. Et si ça donne rien, ben c'est pas grave. Parce que le but, c'est pas le résultat. Le but, c'est de rouvrir un espace et un vide en toi pour que ta créativité puisse revenir y prendre place. Parce que ta créativité, elle n'est pas morte. Elle attend juste que tu lui redonnes de l'air. Pour terminer, j'aimerais beaucoup que tu te poses cette question et que tu viennes me partager ta réponse si tu en as envie. Pour toi, c'est quoi la créativité ? Et qu'est-ce que tu fais pour l'entretenir ? Et là, j'ai envie de te dire, il n'y a pas qu'une seule bonne réponse et c'est ça qui est beau dans l'histoire. Allez, je te dis à très vite pour le prochain épisode. À l'atelier. Bisous, bisous. Souviens-toi, personne d'autre n'a exactement le même talent que toi. Il est temps de le montrer au monde entier. Si cet épisode t'a inspiré, prends quelques secondes pour laisser 5 étoiles sur ce podcast. Ça m'aide énormément à le faire découvrir à d'autres créatrices comme toi. À bientôt !