Speaker #0Tu es doué de tes mains et tu adores créer ? Tu veux créer un truc à toi dans lequel tu pourras t'épanouir et gagner de l'argent ? Lancer sa marque artisanale, c'est le rêve de beaucoup d'entre nous. Mais une fois qu'on se lance, on est vite perdu et seul face à la montagne de travail qui nous attend. C'est pourquoi j'ai créé ce podcast, l'atelier des créatrices passionnées. Je m'appelle Julie, je suis marketeuse et multi-entrepreneuse passionnée depuis plus de 10 ans. Ici, je te raconte les péripéties de ma marque de bijoux, Jude & Clo. Je te parle sans tabou de mes victoires, mais aussi de mes erreurs et de mes échecs. Je te donne également tous les conseils qui m'ont aidé à évoluer et à faire grandir mon petit business. Alors si toi aussi tu veux transformer ta passion en projet de vie, je t'invite à prendre place à l'atelier. Bonne écoute ! Aujourd'hui, j'ai envie de te parler d'un sujet dont on ne parle pas assez à mon goût, les marchés de créateurs. Parce que... très honnêtement, j'en ai fait beaucoup et j'en ai eu énormément de catastrophiques et j'en ai eu aussi quelques-uns incroyables. Quand ils sont quatains, on se remet toujours en question en se disant « Ah, personne n'aime ce que je fais, mon prix est trop élevé, j'ai dit quelque chose de mal. » Il y a plein de phrases qui tourbillonnent en boucle dans notre tête, mais en vrai, j'ai compris un truc. Le problème, c'est pas ton produit, le problème. Ce n'est pas ton prix non plus et le problème, ce n'est même pas à toi. Le vrai problème, c'est l'organisation du marché en lui-même. Donc aujourd'hui, j'ai envie de te partager mon expérience, mes erreurs et surtout tous les red flags que j'ai appris à repérer pour éviter de perdre ton temps, ton énergie et surtout ton argent. Je vais commencer par te raconter deux expériences, la pire et la meilleure. Le pire marché artisanal que j'ai fait, c'était dans un musée du tram à Liège. Sur papier, ça pouvait être cool, mais en réalité, il n'y avait aucune organisation derrière, aucune communication, aucun visiteur, zéro. Alors, je pense que je n'avais pas payé très cher mon stand. Je ne sais même plus si je l'avais payé en vrai. Je me demande si ce n'était même pas gratuit parce que je pense que c'était organisé par la province de Liège. Mais en fait, ça ne change rien du tout. Parce que si on ne vend rien et qu'on n'a aucun retour client derrière, on a quand même perdu. On a perdu du temps, on a perdu de l'énergie. et de la confiance en soi. Et c'est franchement ultra décourageant. Et à l'inverse, le meilleur marché que j'ai fait, j'ai vécu une expérience complètement différente. C'était le marché en vol d'artiste à Clermont. Et là, c'est clairement un autre monde. C'est un marché qui existe depuis des dizaines d'années. Ça se passe dans un village qui est magnifique et ultra typique. Les habitants ouvrent les portes de leur maison. Et les créateurs exposent dans leur salon, dans leur cuisine, dans leur jardin ou dans leur grange. Bref, c'est incroyable. Et en fait, tu n'as même plus l'impression d'être dans un marché. Tu es dans une expérience. En vrai, l'organisatrice, elle sélectionne elle-même les artisans, des vrais, des pépites. Du coup, les visiteurs viennent en conférence depuis des années. Ils savent que ce n'est pas du tout du bullshit. Il y a tout type de créateurs, sans trop de concurrence entre eux. Et surtout, le nombre de visiteurs est dague. Les gens passent leur dimanche à se balader, à découvrir, à acheter. Et tout le monde passe un super moment. Et là, tu vois vraiment la différence. Ce n'est pas toi qui changes, ce n'est pas ton produit, c'est le marché. Et surtout, c'est la personne qui l'organise. Le vrai problème aujourd'hui, c'est qu'il y a énormément d'organisateurs qui pensent que « Ouais, je vais organiser un marché artisanal, super, ça va marcher, c'est tendance. » Mais en fait, non. Un bon marché de créateur, ce n'est pas juste louer un lieu, faire payer les stands et faire payer les visiteurs. Un bon marché, c'est attirer les bonnes personnes, c'est créer une expérience, c'est penser aux artisans et aux visiteurs. Et surtout, ce n'est pas juste faire ça pour gagner de l'argent. Donc avec le temps et l'expérience, j'ai appris à repérer des signaux très clairs. Et j'avais vraiment envie de les partager avec toi afin que tu évites de perdre ton temps et ton argent. Red flag numéro 1, est-ce que les organisateurs font payer les visiteurs et les exposants ? Si oui, c'est un red flag. On ne peut clairement pas gagner des deux côtés. Et si les organisateurs ne font payer personne, creuse aussi pour savoir qui finance. Exemple, le musée du tram. Car s'il y a zéro budget, il y aura sans doute aussi zéro visiteur, zéro communication. Réflèche numéro 2 la communication avec l'organisateur. Est-ce qu'il répond rapidement ? Est-ce qu'il est clair et précis, rassurant ? Ou est-ce que tu sens qu'il improvise ? Et là, j'ai envie de te dire, fais confiance à ton instinct. Dès que tu commences à poser des questions, tu vas très vite te rendre compte de si tu peux lui faire confiance ou pas. Je vais te donner un exemple. J'ai une amie qui fait des bougies qui m'a récemment raconté qu'on l'avait conviée à un marché artisanal. Et dès qu'elle a commencé à poser un petit peu des questions, Aucune réponse n'était claire. L'organisatrice répondait à moitié et toujours à côté de la plaque. Ce n'est pas du tout professionnel. Donc, red flag. Et pour l'histoire, elle n'a pas été au marché et elle ne le regrette absolument pas. Red flag numéro 3, très important, le plan de communication. Souvent, c'est l'axe à bloc. Beaucoup pensent que c'est aux artisans qui payent leur stand de ramener... toute leur communauté dans leur marché de créateurs. Sauf que j'ai envie de te dire que non. L'organisateur doit aussi avoir un plan de communication. On est en 2026, une présence en ligne et sur les réseaux sociaux, c'est la base. Parce que faire un événement sans communication, c'est un gros red flag. Red flag numéro 4. Est-ce que l'événement a un historique ? Si oui... énorme green flag. Parce que ça veut dire bouche à oreille, habitude, confiance. Et là, ce que je te conseille aussi, c'est de chercher après d'anciens participants et de les contacter pour avoir leur retour honnête sur leur expérience passée. Je vais te donner un exemple, j'ai vu passer il n'y a pas longtemps sur un groupe de créateurs, quelqu'un qui faisait une publication sur un marché de créateurs qui était à sa huitième ou neuvième édition. Et il disait clairement que 90% des participants étaient des nouveaux créateurs et qu'ils se sont tous fait avoir. Donc ça, c'est quand même aussi quelque chose qui est important à tenir en compte. Il ne faut pas hésiter. Cherche un peu l'historique. Regarde sur les réseaux, regarde sur Internet. Cherche après des noms et essaye de contacter ces gens-là pour voir ce qu'ils ont pensé du marché de créateurs. Et ça, franchement, c'est un bon indice pour savoir si tu dois te fier ou pas à l'historique de l'événement. Si l'événement n'a pas d'historique, tu vas devoir creuser pour savoir ce que les organisateurs ont prévu pour se faire connaître et attirer les gens. Red flag numéro 5. Est-ce qu'il y a une vraie structure derrière ? Ça peut être une ASBL, une entreprise, des réseaux sociaux. Si ce n'est qu'une seule personne qui n'a jamais rien organisé de sa vie, un red flag. Parce que faire un événement sans en avoir... jamais organisé dans le passé et sans communication, sincèrement, c'est mort. Alors, s'il y a une structure derrière, il faut savoir si cette structure a déjà une communauté autour d'elle, des gens qui ont confiance en cette structure et qui suivent le projet. Ça, sincèrement, si ça existe, c'est un gros green flag. Red flag numéro 6. La concurrence directe. Il n'y a rien de plus frustrant que d'arriver et de voir qu'il y a... cinq autres stands qui font des snoods ou des lajettes démaquillantes comme ça. Même si ce n'est pas le même style, les gens n'achèteront pas à tout le monde. Donc pose la question afin de savoir si tu seras la seule ou pas dans ton domaine. Et si l'organisateur est flou dans sa réponse, red flag. Red flag numéro 7. Le ratio nourriture versus créateur. Si tu vois qu'il y a plus de stands nourriture que créateur, c'est un gros red flag. Ils veulent clairement créer une beuverie et pas mettre en avant les artisans. Red flag numéro 8, qui est souvent le plus sous-estimé, c'est le lieu. De mon expérience personnelle, tous les marchés de créateurs que j'ai vu fonctionner ont un poids commun. Un lieu qui est beau, insolite ou exceptionnel. Un beau village où les habitants ouvrent leurs portes. Un magnifique château qui met en scène les artisans. Des jardins magnifiques. qui accueille les créateurs et les visiteurs. Ça donne envie aux gens de venir visiter et surtout de venir vivre une expérience. Alors clairement, un hall de sport mal éclairé, une salle de gym d'école ou une salle de village choisie à l'arrache, c'est du red flag. Alors je vais encore te donner ici un exemple récent qui m'est arrivé. J'ai été invitée à un événement et cette fois-ci, j'ai clairement décidé de faire les choses différemment. Sur le mail de base, il n'y avait pas de gros, gros red flag, sauf que si on creuse un peu, déjà j'ai reçu un mail non personnalisé envoyé en masse à des artisans de la région, rien qui donne envie de me sentir particulièrement privilégiée. Un lieu qui n'était pas du tout aspirant. C'était un hall de sport gigantesque, mal assonorisé et mal éclairé. Les exposants et les visiteurs payent. Et il n'y avait clairement pas d'exclusivité dans mon domaine artisanal. C'était aussi assez difficile de trouver les organisateurs en ligne. Donc moi, j'ai posé des questions. J'ai essayé de creuser, de savoir ce qu'il y avait derrière, ce qu'ils avaient prévu. Il me parlait d'un plan de com et de budget média sur Facebook, mais il n'avait aucune présence en ligne de base. Donc, moi étant dans le marketing, ça ne m'inspire absolument pas confiance. Et j'ai clairement du mal à comprendre comment ils vont faire pour générer du trafic incroyable sur cet événement. D'ailleurs, à l'heure où j'enregistre ce podcast, le marché est dans un mois et demi et j'ai toujours rien vu passer sur les réseaux. Et ça, franchement, ce n'est pas très jojo. Donc, tout ça ne m'a pas fait confiance. et donc j'ai dit non. Et ça, ça a été un vrai shift pour moi. Alors, je sais que je te donne l'impression de chercher une licorne à trois têtes, mais de mon point de vue, c'est le cas. Des vrais marchés de créateurs qui marchent, il n'y en a pas beaucoup et il vaut mieux en faire un ou deux qui fonctionnent vraiment plutôt que dix où tu n'as clairement personne et où tu ne fais aucune vente. Alors j'ai aussi envie de te dire que j'ai remarqué depuis plusieurs mois slash années qu'aujourd'hui, il y a d'autres options qui existent. Dans ma région, en tout cas, il y a énormément de pop-up stores collaboratifs qui voient le jour où les créateurs gèrent eux-mêmes la boutique. Sur Liège, il y en a plusieurs comme le Mums Pop-up, Èt Qwè ou les Flâneries. Ce sont vraiment des concepts qui ont vraiment le vent en poupe. et ça permet une présence continue à moindre coût et dans ta région. Ça règle clairement la question de disponibilité pour les acheteurs et ils savent que quand ils viennent dans une boutique comme ça, ils auront forcément de la qualité. Et ça, franchement, je trouve que ça peut vraiment être une super alternative. Je n'ai pas encore testé personnellement ce genre de pop-up store, mais je pense que je vais bientôt essayer. Et si j'essaye, bien sûr, je te tiendrai au courant de comment ça s'est passé. Si tu dois retenir une seule chose de cet épisode, ce n'est pas toi le problème, c'est le marché que tu choisis. Aujourd'hui, tu as le droit d'être exigeante, tu as le droit de poser des questions et tu as aussi le droit de dire non pour t'économiser. Et surtout, tu as le droit de choisir des événements et des organisateurs qui respectent ton travail. Alors pour t'aider, je te prépare vite fait une petite checklist avec toutes les questions à te poser avant de dire oui à un marché. Donc, il y en a neuf. Je te laisse les noter ou alors simplement, tu peux venir écouter l'épisode si, à un moment donné, tu te poses la question de « est-ce que je veux un marché de créateur ou pas ? » 1. Est-ce que l'événement est bien organisé et professionnel ? 2. Est-ce que la communication est claire, fluide et rassurante avec l'organisateur ? 3. Est-ce qu'il y a un vrai plan de communication pour attirer des visiteurs et qu'ils ne comptent pas juste sur toi et ta communauté pour faire venir des gens ? 4. Est-ce que l'événement… a déjà eu lieu ? Est-ce qu'il y a un historique ? Est-ce qu'il y a des retours d'anciens participants ? Est-ce qu'il y a des photos qui témoignent de la qualité de l'événement ? Est-ce qu'il y a aussi des témoignages qui existent ? 5. Est-ce qu'il y a une vraie structure derrière l'événement ? Une SBL, une entreprise, une présence en ligne, etc. 6. Est-ce que tu risques d'avoir trop de concurrence directe ? 7. Est-ce que le lieu donne envie de venir ? Est-ce qu'il est beau, atypique ? est-ce qu'il crée une expérience pour le visiteur et aussi pour les artisans ? 8. Est-ce que le ratio créateur-nourriture est cohérent ? 9. Est-ce que tu te sens en confiance avec l'organisateur après avoir posé toutes tes questions ? Alors, sincèrement, tu n'es pas obligé forcément de dire oui à tout, mais ces questions vont t'aider à prendre du recul et surtout à faire des choix qui sont beaucoup plus stratégiques pour pouvoir t'économiser. J'en ai fini pour aujourd'hui. Si le sujet t'a fait réfléchir, n'hésite pas à venir m'en parler sur les réseaux sociaux. Donc, soit sur mon compte Jude & Clo ou sur le compte latelierdescreatrices.podcast. Et pour les autres, je vous dis à très vite pour un prochain épisode. À l'atelier. Bisous, bisous. Souviens-toi, personne d'autre n'a exactement le même talent que toi. Il est temps de le montrer au monde entier. Si cet épisode t'a inspiré, prends quelques secondes pour laisser 5 étoiles sur ce podcast. Ça m'aide énormément à le faire découvrir à d'autres créatrices comme toi. À bientôt !