Speaker #0Bonjour à tous, je m'appelle Xavier et je vous souhaite la bienvenue sur l'Equinox. Dans ce podcast, je vous proposerai des outils et des pistes de réflexion autour du coaching et du développement personnel. Ce sera des épisodes courts, concrets, que vous pourrez réécouter quand vous en aurez besoin. Et pour ce premier épisode, j'aimerais vous parler de quelque chose qui m'est arrivé ce matin. Je pratique tous les matins un exercice que j'appelle le flow de pensée. C'est un exercice très simple. Je prends un carnet, je mets un minuteur et j'écris sans filtre, sans chercher à être cohérent ni à être intelligent. J'écris tout ce qui me passe par la tête. Et ce matin, alors que j'étais en train d'écrire, voilà ce que j'ai pu lire. Tu es arrogant, tu ne prends pas les choses au sérieux, tu vas échouer, les gens vont se moquer de toi. Pour qui tu te prends ? Qu'est-ce que tu feras quand rien ne marchera ? J'avais aucune envie de penser tout ça, ça venait tout seul, je ne contrôlais rien. Alors, j'ai décidé de continuer à écrire. Pourquoi toutes mes pensées sont négatives ? Pourquoi, quand je laisse mon esprit aux commandes, je ressens de la honte, de la gêne ou de l'humiliation ? Pourquoi tout ce qui parle de moi me rabaisse ? Et là, ça m'est apparu. Ça m'est apparu comme une évidence. Si tout ceci, c'est ce qui arrive quand je laisse mon esprit aux commandes, alors peut-être que je ne devrais pas lui laisser la main. Et c'est de ça dont j'aimerais vous parler aujourd'hui. Cette voix que j'ai vue... ce matin, on l'a tous dans la tête. Elle commente en permanence. Elle analyse sans arrêt. Elle nous compare toujours aux autres et à nous-mêmes. Elle anticipe les pires scénarios. Et le plus souvent, on ne la remet pas en question. On pense que c'est nous. On s'identifie à elle. Si la voix dit « je n'y arriverai jamais » , on ressent du découragement. Si elle nous dit « les autres vont me juger » , on ressent toujours de la honte. Et si elle nous dit « je ne vais pas y arriver » , on n'essaye pas. On ne s'arrête presque jamais pour se demander, est-ce que cette pensée existe réellement ? Est-ce que c'est un fait ? Ou est-ce que c'est simplement une production automatique de mon esprit ? Parce que c'est ça le point central. L'esprit ne s'arrête jamais de produire des pensées. L'esprit produit des pensées comme le cœur bat, comme les poumons respirent, c'est un organe. Le problème, ce n'est pas qu'il pense, il ne s'arrêtera jamais de penser. Le problème... c'est qu'on finit par s'identifier à ce qu'il produit. Et ici, pour moi, il y a quelque chose de très important à comprendre. Le mental, l'esprit, ne produit rien pour nous nuire. Il n'essaye pas de nous saboter. Il fait exactement ce pourquoi il existe. Les pensées automatiques, les réactions émotionnelles, elles existent depuis toujours. Et à une époque, elles étaient garantes de notre survie. Si votre esprit vous disait « Tu ne vaincras jamais ce tigre à dents de sabre » , C'était pas le moment de commencer à analyser la pensée, à créer un débat philosophique ou une distance. C'était une alerte, une stratégie de survie. C'était la différence entre la mort ou la vie. Le problème donc, c'est pas que ces pensées existent. Le problème c'est qu'aujourd'hui, nos vies ont changé. Les menaces du monde ne sont plus physiques, elles ne sont plus mortelles. Elles sont sociales, professionnelles ou symboliques. Mais le mécanisme de notre esprit, lui... est resté le même. Aujourd'hui, il ne fait toujours pas la différence d'intensité entre une situation qui pourrait amener la mort, physique ou sociale, et un mauvais regard, une critique ou un échec potentiel. Il essaye toujours de nous protéger, il fait ce pourquoi il a été conçu, mais les dangers contre lesquels il nous protège aujourd'hui ne menacent plus notre survie. Et si on ne comprend pas le fonctionnement de notre esprit, on finit par croire que chacune de nos pensées est une vérité, alors que ce n'est souvent juste qu'un réflexe ancien dans un monde nouveau. Alors à partir du moment où on se rend compte que notre esprit crée des pensées en permanence, et qu'il ne s'arrêtera jamais, il y a une question qui doit venir tout de suite à l'esprit. Si les pensées sont produites en permanente, et qu'elles sont là pour nous protéger, mais que le monde a changé, est-ce que je suis obligé de croire toutes mes pensées ? Et c'est ici pour moi que... Tout bascule. Alors je vais vous aider à trouver la réponse, c'est non, vous n'êtes pas obligé de les croire. Et l'avantage, c'est que vous n'êtes pas obligé de me croire non plus. Et je vais vous le prouver de façon très simple. Dans une même situation, plusieurs personnes pourront avoir plusieurs pensées différentes. Par exemple, au travail, on vous propose une évolution. Vous pourriez avoir des pensées du style... Je vais pouvoir prouver ma valeur, j'attends cette évolution depuis longtemps, je suis prêt. Et vous ressentiriez de la confiance, de l'engagement, l'envie de bien faire. Ou alors, vous pourriez avoir des pensées du style, je ne suis pas prêt, je n'y arriverai jamais, c'est trop grand pour moi, je ne voulais pas cette évolution. Et vous ressentiriez de la peur, du découragement, la non-envie de bien faire. Alors, quelle est la vérité dans cette situation ? Il n'y en a aucune. La circonstance est la même pour tout le monde. On vous propose une évolution. C'est tout. La seule chose qui change, c'est que vos pensées par rapport à cette situation diffèrent. Et dans un cas, vous entreriez dans cette situation de manière positive, et dans un autre cas, vous mettriez des freins à vous-même. Une fois qu'on s'est rendu compte alors que ce ne sont pas les circonstances qui créent durablement notre mal-être ou notre bien-être, et que ce sont les pensées que nous entretenons à propos de ces circonstances, on se rend compte que si l'on ne se dissocie pas de nos pensées, on vit en réaction permanente. On essaie toujours de changer le monde extérieur, les autres et les résultats. Et pour beaucoup d'entre vous qui, comme moi, ont essayé de le faire, on se rend très vite compte que ça ne marche jamais. On ne peut pas contrôler le monde extérieur. On finit toujours par être malheureux. Alors que finalement, c'est si simple. La source de notre malheur et de notre bonheur est interne. Et ce qu'on devrait changer, c'est la relation que nous entretenons avec nos pensées. Alors attention, je sais ce que vous allez me dire. Et non, ça ne veut pas dire que la douleur n'existe pas. Ça ne veut pas dire que tout est dans la tête, et qu'on peut décider à tout instant de penser ce que l'on a envie de penser, et que donc on n'a pas le droit d'être triste, ou d'être malheureux. Non, ça veut juste dire que notre relation avec nos pensées détermine notre degré de liberté. Vous avez le droit de vouloir ressentir de la tristesse. Ce que je vous propose de faire, c'est de vous rendre compte que vous êtes triste et d'accepter que cette tristesse vient d'une pensée et que vous pouvez décider de travailler sur cette pensée ou de vivre votre tristesse en toute sérénité. Tant que nous sommes la voix dans notre tête, nous vivons au rythme de ces peurs. Alors j'ai quand même une bonne nouvelle. La bonne nouvelle, c'est qu'on peut apprendre à ne plus s'identifier à cette voix dans la tête. Pas en la faisant taire, pas en se battant contre elle, jamais créer de conflit, mais simplement en créant une distance. Et cette distance, elle commence par un exercice simple, un exercice d'observation. Pendant les prochaines 48 heures, je vous propose qu'à chaque fois qu'une pensée apparaît et que vous vous en rendez compte, que dans votre tête vous entendez « je suis nul » , « je vais échouer » ou même des pensées du style « je suis le meilleur » , « rien ne m'arrête » . Dites-vous simplement, j'ai la pensée que je suis nul. En ce moment, je pense que je vais échouer. Mon cerveau pense que je suis le meilleur. Ce tout petit changement crée une distance. Et cette distance change tout. Parce que si vous vous rendez compte que vous avez une pensée, alors ça veut dire que vous n'êtes pas cette pensée, que vous pouvez l'observer. Et si vous pouvez l'observer, vous pouvez choisir quoi en faire. Vous pouvez décider de l'apprendre. ou de la laisser passer. Vous pouvez décider de la nourrir ou de ne pas le faire. Et c'est là le début de votre nouvelle vie. Ce ne sera pas un contrôle violent de l'esprit, ce ne sera pas une guerre. Je ne vous propose pas quelque chose de difficile. Je vous propose simplement une prise de conscience. Alors j'aimerais m'arrêter un instant ici, parce que l'esprit, le cerveau, aime les problèmes. Il a été créé pour résoudre des problèmes. Et c'est très important que vous compreniez Merci. qu'il n'y a pas de conflit intérieur entre vous et votre esprit. Tant que vous serez en lutte pour reprendre le contrôle, tant que vous chercherez des solutions compliquées, des problématiques difficiles, votre esprit gardera le contrôle. La chose que vous pouvez faire ayant le plus d'impact sur votre vie, c'est d'accepter la simplicité. C'est d'accepter d'observer votre pensée sans essayer de changer quoi que ce soit. Vous n'avez pas à changer votre pensée. Dès l'instant où vous l'observez, vous reprenez petit à petit le pouvoir sur votre esprit. Dans les prochains épisodes, on explorera des outils pour mieux observer nos pensées, comprendre ce qu'elles déclenchent et voir comment elles façonnent nos résultats. Entre ce qui se passe et ce que vous en pensez, il existe un espace et c'est là que tout commence. A bientôt sur l'équinoxe.