- Speaker #0
Bonjour, aujourd'hui j'ai le plaisir d'accueillir une personnalité inclassable, Jean Lassalle. C'est à la fois l'ancien maire, l'ancien député, le candidat à la présidentielle, mais aussi le marcheur infatigable qui a traversé la France pour aller à la rencontre des habitants. L'homme de terrain, des coups d'éclat qui a marqué la vie politique par sa liberté de ton. Et désormais, il se dévoile sous une nouvelle facette, celle d'un artiste. Bonjour Jean Lassalle.
- Speaker #1
Bonjour, bonjour.
- Speaker #0
Alors Jean, vous avez vécu mille vies. Pourquoi avoir choisi aujourd'hui de monter sur scène et de vous livrer un petit peu différemment ?
- Speaker #1
C'est le nouveau moment de ma vie qui s'est présenté à moi. Je ne l'avais absolument pas du tout envisagé. C'est un couple de producteurs, Philippe et Magda, qui ont notamment produit l'immense spectacle de la comédie musicale des Misérables aux Etats-Unis. qui sont venus me voir il y a trois ans, quand j'ai cessé d'être député. Je les ai écoutés attentivement pendant deux jours, ils avaient loué un gîte pas loin pour se donner le temps de parler. Et puis, le dernier jour, ils sont partis, ils étaient partis, j'ai téléphoné, j'ai dit non, non, non, je ne peux pas. Je ressentais pour la première fois une totale inutilité à ma vie. C'est quand même terrible ça. Je les ai rappelés sur les conseils pressants de mes enfants, qui étaient absolument favorables, de ma femme aussi, et même de mon frère, Julien Leverger, qui m'a dit « je ne comprends pas que tu ne donnes pas suite à cette affaire, ça te va très bien » . Je leur ai raconté une bonne trentaine d'anecdotes. On m'a dit « c'est génial, on va faire un spectacle sur un one-man show » . Ça avait déjà été dans l'air, puisque je l'avais déjà annoncé.
- Speaker #0
Qu'est-ce que vous avez ressenti avant de rentrer et pendant le spectacle ? Parce que ce n'est pas tout à fait pareil, votre métier d'avant, si je puis dire, et faire un spectacle. Qu'est-ce que vous avez ressenti avant, pendant et après ?
- Speaker #1
Je me suis toujours fait une telle idée de l'engagement public, celui qui vient de la confiance du peuple. que vraiment j'avais du mal à avoir un brin de sollicitude pour moi de cette histoire. Et j'étais à me demander nuit et jour si j'avais le droit de faire ça. Et bien pendant, il y a quand même la rencontre avec tous ces hommes, ces femmes, ces homo sapiens. qui sont venus à ma rencontre avec... Je l'ai senti, beaucoup de sympathie, mais tu le sens de suite. Tu sens si on veut t'arracher les yeux, ou tu sens si... De ce côté-là, j'ai acquis assez de métier pour savoir. Mais non, j'ai senti une immense chaleur humaine. Pendant, je l'ai plutôt senti bien, d'autant que j'ai retrouvé des sensations qui me permettaient d'enquiller les anecdotes et... et de ne pas trop bouger du timing, parce que moi le timing c'est autre chose. Après, je n'en revenais pas. Les témoignages des plus jeunes, mais bon, les jeunes, ça fait un moment que je sentais que ça marchait. Par exemple, les jeunes, on va faire une liste au municipal, parce que vous nous avez boostés. On a envie de reprendre notre avenir, mais alors là, chut ! Je lui disais, vous êtes sûr ? Oui, oui, oui, vous êtes sûr que je suis pour quelque chose ? Ah oui, oui, ça a toujours été le sens de ma vie, la transmission, faire passionnément ce que je pressentais devoir faire, et le faire de telle manière que ça donne aussi envie à l'autre de le faire et d'apprendre. Parce que moi, dans le fond, j'avais eu cette immense chance d'être dans un milieu, à l'époque, où on apprenait. Il y avait un savoir vivre, un savoir faire, un savoir être. et quand même des règles quelque part.
- Speaker #0
Justement, vous êtes né ici, on est à Lourdios-Hichère, dans ce très joli village. Vous êtes né dans une famille de bergers. Qu'est-ce que cette enfance dans les Pyrénées, ici à Lourdios, vous a apporté et finalement vous a aidé à vous construire ?
- Speaker #1
Ça a été les bases essentielles. Une famille très aimante. Papa surjouait un peu sa gaieté pour encourager. Il chantait pratiquement tout le temps, et de belles chansons. Lorsqu'il rencontrait ses frères ou beaux-frères, c'était exceptionnel. Maman, c'était pareil. J'ai appris aussi la valeur du débat. Et là, je prenais un plaisir fou. à entendre leur discussion apaisée. Et puis c'était le temps où on commençait à chanter vers la fin de soirée.
- Speaker #0
J'ai lu quelque part que vous étiez timide. Alors on a du mal à le croire. Comment ce garçon, ce jeune garçon réservé, est-il devenu quelqu'un qui paraît peut-être un peu moins timide quand même maintenant ?
- Speaker #1
J'avais six ans, je ne parlais pas un très autre mot de français. Et je ne le comprenais pas davantage. Mais je n'avais pas passé non plus... Ma prime enfance, dans le centre-ville, là qui était plus fourni qu'aujourd'hui, mais là où il y avait beaucoup de gamins de mon âge qui avaient l'habitude de jouer ensemble. Je souffrais du ventre quand je me rendais à l'école, je ne pouvais même pas marcher. Trop de pression, trop de trac, etc. Et ça allait mieux quand je rentrais à la maison, là j'étais vraiment heureux. Il m'a fallu longtemps pour... me guérir de ça. En fait, j'en ai vraiment guéri lorsque j'ai quitté les écoles d'ici et le collège même. J'ai été nommé dans une nouvelle affectation au lycée agricole de Pau-Montardon, à 100 km d'ici. La personne ne me connaissait. Donc, j'ai eu l'impression de naître enfin, définitivement.
- Speaker #0
Vous avez été un des plus jeunes maires de France à l'âge de 21 ans ici, à l'ordre d'aussi cher. Qu'est-ce qui vous a donné cette volonté de vous engager pour la vie publique et ce courage quelque part ? Parce que quand on a 21 ans, ce n'est pas évident de se lancer comme maire.
- Speaker #1
Deux ou trois éléments très simples et à tout jamais marqué dans ma vie. Le premier, c'est que j'ai six ans et je trouvais que le maire de l'époque... Je ne le disais pas parce que je ne le disais rien à personne, mais qu'il était bienveillant. Il me considérait comme un être à part entière. Il me parlait presque comme si j'étais un peu plus vieux que mon âge. Il me parlait toujours comme si j'étais quelqu'un de normal avec qui on parle. Il m'a donné très envie d'être mère. Un peu plus tard, il y a eu l'inauguration de l'église, j'avais 10 ans, et le député de l'époque, qui s'appelait Guy Évrard, pour ne rien cacher, qui était un orateur hors du commun, est arrivé. Il s'était posé à l'aéroport de Pau, son chauffeur avait été le chercher, et il était très heureux de se retrouver parmi nous. J'ai eu furieusement envie de devenir député ce jour-là, j'avais 10 ans. A la fin de l'année, il y avait... les présidentielles. Papa était pour De Gaulle et De Gaulle voulait redresser le pays. Alors j'ai eu très envie de devenir président de la République. Je voulais montrer aussi que j'étais un peu comme les autres. Et peut-être que je serais encore mieux qu'eux.
- Speaker #0
Quel souvenir vous gardez de vos débuts d'élus ?
- Speaker #1
Je me souviens surtout de la campagne. Alors là, c'est un souvenir de passion irrésistible. Je voulais à tout prix gagner. Donc je réunissais mes troupes presque tous les soirs parce que j'avais peur qu'elles passent à la concurrence. Et je leur expliquais deux choses. La première, c'est que si on était élu, la première chose qu'on ferait, c'est le cimetière. Parce que chaque fois qu'on enterrait quelqu'un, il fallait en couper quatre ou cinq autres. Et ça mettait une ambiance délétère dans le village. Et le soir de l'élection, j'ai passé une très mauvaise nuit. Je me suis dit, mais c'est pas possible ce que t'as fait. Le maire sortant m'avait remis l'écharpe tricolore, la clé, le seau de la mairie, et puis on a fait la fête. Je me suis dit, mais t'es fou ! Mais ça a été le cas d'ailleurs, je l'ai constaté, pour toutes mes élections du CCDNAU, les premières. Première élection du conseiller général. Est-ce que je vais être capable ? J'ai 24 ans. Ensuite, député. J'ai eu le temps de mourir un peu, mais enfin, est-ce que je serai capable ? Mais par contre, ce n'était pas le cas après. pour les autres, parce qu'il y en avait tellement qui voulaient me piquer à la place que je n'étais pas mécontent de les battre.
- Speaker #0
Vous avez marqué votre carrière d'élu par des... On va dire des actions fortes, grève de la faim, une marche à la rencontre des Français, parfois des coups de gueule à l'Assemblée. D'où vient cette force ou cette capacité à aller jusqu'au bout finalement de vos convictions, quitte notamment au moment de la grève de la faim, à mettre votre vie en danger ?
- Speaker #1
D'une certaine idée de la responsabilité qu'on m'avait confiée, qui à mes yeux était, bon ça crée le trame, c'est peut-être un peu fort, mais je ne la voyais pas comme ça. Le suffrage universel m'avait choisi. Je ne pouvais pas décevoir. Et puis derrière, il y avait quand même ma famille. Il y avait mon père, qui est toujours resté un résistant dans l'âme, qui ne supportait pas l'injustice et qui ne supportait pas le déclassement. Et moi, ça, ça a été une idée très forte, toujours. Je ne supportais pas que certains puissent être traités différemment que d'autres. Et on avait dit à un moment donné que j'étais la voix des sans-voix. C'est même pas moi qui avais trouvé ça. C'est cette volonté d'être un bouton de panurge qu'on me menait à sa guise. J'ai fait une très forte idée de suffrage universel, du peuple, du choix des peuples à s'autodéterminer, à décider de leur destin. Et quand ça n'allait pas dans ce sens-là... Je ne pouvais pas faire autrement. En tout cas, il y a une chose qui est certaine, je n'ai jamais voté le contraire de ce que je pensais. Ça, c'est sûr.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a eu des moments où vous avez douté, eu peur, songé à renoncer finalement à tous ces engagements ?
- Speaker #1
Ah non, pas du tout, non. Plus ça allait, et plus j'avais envie d'aller un peu plus loin, parce qu'il me semblait que... quand je commençais à faire le tour de mes nouvelles responsabilités, que ce n'était pas le bon niveau pour changer. C'est pour ça que j'ai été deux fois candidat à l'élection présidentielle, comme je l'avais pressenti en étant tout jeune. Bon, ça n'a pas marché, mais ça ne pouvait pas marcher non plus. Mais c'est ça, oui, je voulais, à l'intérieur de ce pays, on puisse échanger passionnément, parce que nous sommes un peuple de passionnés. Nous sommes certainement... un des peuples qui aime le plus la politique. Et je voyais qu'on commençait à la détester. Parce que, bien des fois, nous avions une attitude détestable. Et enfin, je me suis toujours fait une très haute idée de mon pays. Et du fait de le servir. Donc non, je n'ai jamais eu envie de renoncer, au contraire.
- Speaker #0
A votre avis, quelle est votre plus grande victoire politique ? Et votre plus grande, alors pas défaite, mais désillusion ? ou déception.
- Speaker #1
Les victoires sont démenteuses d'une certaine manière parce que tu te laisses prendre par leur charme. Tu te dis tellement bon et tu ne fais pas gaffe que les victoires d'aujourd'hui peuvent préparer les terribles déroutes de demain. Par contre, ce que j'ai découvert très tard, c'est-à-dire très longtemps après avoir connu les victoires. Victoire et tout ce que vous venez de rappeler. C'est le sentiment d'inutilité dont je parlais au début et que je n'avais jamais connu depuis, disons, l'âge de 15 ou 16 ans.
- Speaker #0
Vous avez été parfois, on a un peu l'impression d'être incompris, d'être aussi un électron libre. Comment vous avez vécu cette image que vous aviez, l'impression qu'on reprenait de vous ? Est-ce que vous la compreniez ou est-ce que vous ne vous retrouviez pas dans tout ce qu'on disait de vous ?
- Speaker #1
Non, je ne me retrouvais pas dans tout ce qu'on disait de moi et j'avais même le sentiment que c'était parfaitement faux. Il y a eu l'accent, mais j'ai fait des décennies sans que personne ne me parle de mon accent. Qu'est-ce qu'on aurait dit puisque j'étais à table l'autre soir de l'accent de Duclos, qui a été quand même candidat à la présidence de la République, si mes souvenirs sont bons. qui était premier secrétaire du Parti communiste avant Marché, qui avait l'accès à couper au couteau. Qu'est-ce qu'on aurait dit de Pascua sur notre registre ? Et qu'est-ce qu'on dirait encore de certains orateurs venus des îles ? Après, on a dit, on ne comprend rien à ce qu'il dit. Ça, ça m'a touché. Et je me suis dit que ce n'était pas totalement faux. Il est vrai, quand je mettais un peu moins de passion, Ou quand je mets un peu moins de passion, un peu moins de régularité, ma voix tendance à ronronner. Alors, cette espèce de ronronnement, cette voix basse, en plus de l'accent, bon, ça, je l'ai admis, je l'ai compris. Par contre, on a voulu accréditer l'idée que j'étais un clown, alors que je respecte tellement les clones, il faut tellement de talent pour être un clown. Et j'avais encore plus le sentiment que c'était un faux procès.
- Speaker #0
Et justement, à ce moment-là, comment vous faites pour vous... Pour vous protéger à titre personnel, mais aussi, est-ce que ça a eu un impact sur votre famille ? Vous parlez de votre épouse, vous parlez de vos enfants, est-ce que ça a eu un impact sur eux ?
- Speaker #1
Oh oui, oui. Ma femme a souffert, et mes fils aussi. Mais qu'est-ce que vous voulez, on ne fait pas d'emblée, on s'en casse les deux, et c'était ce que je leur disais. Et je disais, bon, mais je vais aussi très loin, moi, parfois, dans ma critique. ma manière de dire non. Donc après tout, peut-être que c'est normal que je le fasse observer, mais c'était injuste quand même. Il y a eu des fois où c'était très injuste, trop injuste.
- Speaker #0
Vous avez rencontré dans votre vie de nombreuses personnalités. Est-ce qu'il y en a certaines qui vous ont marquées positivement ou négativement ?
- Speaker #1
Moi je n'ai pas rencontré De Gaulle parce que je n'étais pas à l'âge de pouvoir le rencontrer. Mais quand j'écoute encore ce qu'il disait, ces conférences de presse, que je l'ai fait d'ailleurs écouter à mes fils, eux-mêmes me disent que c'est incroyable l'extraordinaire lucidité et précision de langage. Parce que les deux n'ont pas souvent ensemble, de cet homme, son courage et qu'en fait, ce qu'il faisait, il le disait. Il a dit un jour, à foutre les Américains dehors et les Amis dehors. Enfin, le verre, quand même. Il est sorti de l'automne. Lui, dans mon mini-panthéon intérieur, il est hors nord. Ensuite, assez étonnamment, j'avais été étonné par celui qu'il avait tant combattu. C'est Mitterrand. Mitterrand avait eu l'obligation de me sauver deux fois. Peut-être trois. Deux fois, je m'en souviens très bien. Et il m'avait marqué dans le fond parce que quand on discutait, il me parlait avec simplicité. J'avais aimé Bayrou du début. Et on a d'ailleurs été François Bayrou. On a été élu conseiller général le même jour. Bon, il avait pris un peu d'avance sur la politique nationale parce que moi j'avais beaucoup de mal à m'engager. Je n'aimais aucun des partis. Je trouvais que leur père ne ressemblait pas du tout au gaullisme. Le PS ne me convenait guère. J'avais trouvé le centrisme mou. Heureusement, les extrêmes n'étaient pas au niveau où ils sont aujourd'hui. J'ai eu du mal. Et puis finalement, j'ai suivi Bayrou, qui au départ m'a étonné. Après, nous nous sommes séparés il y a déjà très longtemps. Parce que je trouvais que ce qu'on se disait ne ressemblait plus à la réalité.
- Speaker #0
Justement, quel est le regard que vous avez sur la vie politique actuelle ?
- Speaker #1
C'est le résultat d'une longue agonie et que nous avons abandonné nos idées. Non débat passionné pour sombrer dans, comment je devrais dire... Merci. Parfois la vulgarité est très souvent le superflu. Alors que notre pays aime tant le débat à l'idée. Le débat où on se ferait tendre le cou pour défendre son point de vue. Et tout ça, petit à petit, ça s'est défiloché dans la classe politique. Et puis ça s'est déflanché très fort au niveau du peuple souverain qui votait. Ce qui fait que maintenant, on ne sait plus comment on vote, on ne sait plus qu'est-ce que c'est, ça se traduit. par un retour aux républiques antérieures, avec pourtant une république qui avait été taillée sur mesure pour avoir une stabilité, aussi bien au niveau de l'exécutif pour le président que sur le plan législatif. Et tout ça est remis en cause.
- Speaker #0
Alors avec Jean dans la salle, mes anecdotes d'une vie, vous racontez avec humour et émotion vos souvenirs. Vous avez parlé tout à l'heure de transmission. Est-ce que finalement cette... cet exercice ou en tout cas ce spectacle au théâtre est un moyen pour vous de transmettre ?
- Speaker #1
Il est trop tôt pour moi, très sincèrement, vu les dernières semaines que je viens de vivre, pour y répondre très sincèrement. Je sais la magie dont peuvent être porteurs des hommes et des femmes, habitées par le talent. qui montent sur les planches. Des exemples sont au foison. Je suis tellement admiré d'Ipiaf. Je vais admirer quelqu'un dont j'ai, d'une certaine manière, partagé les mêmes impressions, même si moi, je n'ai pas écrit. Il était une fois à mon guide, Nathalie. Et on s'est rendu compte Lorsque j'ai fait sa connaissance à l'Olympia, il y a si longtemps déjà, qu'on avait été à Russie et à Moscou à la même époque. Mais il y avait une différence considérable entre nous. Et c'est là que je dis que c'est aussi très difficile d'arriver à l'émotion, ce niveau d'émotion, quand on est sur les planches, c'est l'émotion qu'il dégage quand il l'interprète, lui qui est parti il y a si longtemps déjà.
- Speaker #0
Parmi toutes les anecdotes que vous racontez dans ce spectacle, laquelle peut révéler le mieux l'homme que vous êtes ?
- Speaker #1
Je suis un des tout premiers à me rendre dans ce qu'on a appelé l'ex-Youroslavie, à rencontrer le maréchal Tito par l'intermédiaire de sa petite-fille, qui est venue à Pau. Grâce à ce voyage, j'ai notamment rencontré... Le Marshal Tito, mais j'ai fait la connaissance de quelqu'un qui allait s'illustrer un peu plus tard, et qui était le commandant Massoud, qui était lui aussi de passage à Yougoslavie à cette époque-là. Et on s'est rencontrés dans la même discothèque à 3h du matin, qui est devenu un grand ami. Comme l'était devenu, mais pas dans les mêmes circonstances, le premier président. Indien, c'était Evo Morales, mais j'avais rencontré et beaucoup fréquenté Chavez au Venezuela. Et j'ai eu la chance de rencontrer Nelson Mandela. J'ai croisé Bill Clinton, j'ai trouvé d'ailleurs ce type extrêmement sympa. Je crois que d'ailleurs ma femme y était quand je l'ai rencontré, parce qu'on avait été distingués par Crans-Montana au même moment. Moi, après ma guerre de la faim... Bon, on peut comprendre que Nelson Mandela le fut. Et après tout, Clinton, on peut en passer ce qu'on veut, mais quand même, il avait marqué. Donc voilà, c'est des effets étonnants. Vous me demandiez, bien sûr j'en ai d'autres, mais cela me vient intimidatoire à l'esprit.
- Speaker #0
Ce podcast s'appelle « L'état d'esprit » , justement. Quel est l'état d'esprit qui vous a animé, qui vous anime toujours ? dans votre vie professionnelle, on va dire, et vie personnelle.
- Speaker #1
Très longtemps, une forme, une joie intérieure, une jubilation intérieure. J'étais joyeux intérieurement, et ce sentiment que rien ne pouvait m'arriver. J'ai eu la chance de connaître des choses que je n'aurais pas imaginé connaître, et que je n'aurais pas connues si j'avais dit non. Aussi en me disant, j'ai vu beaucoup de mes copains qui pouvaient, mais ils s'arrêtaient. Tu sais, il y avait un saut à franchir d'un mètre et demi à certains moments, et puis il y avait un vide immense. Il fallait faire le saut. Et j'ai été frappé de voir le nombre de copains qui étaient plus doués que moi, sportivement, intellectuellement, etc., et qui ne le faisaient pas.
- Speaker #0
Tu sais quoi, c'est de la volonté, c'est une envie aussi d'être un peu... de liberté aussi.
- Speaker #1
Ah ben la liberté absolue, oui. Ah oui, oui. Je ne supportais pas d'avoir, comme disait le vieux dicton Béarné, ni seigneur ni maître. Mais ce n'était pas seigneur au sens du ciel, mais de seigneur tout court. Voilà. J'estimais que je devais du respect aux autres, mais ils me devaient aussi le même. Et que j'avais le droit d'entreprendre ce que je pensais. Alors ça, ça a été pour moi le... L'essence, ça a été le carburant de toute ma vie.
- Speaker #0
Qu'est-ce que vous aimeriez qu'on dise de vous ?
- Speaker #1
Il a été un homme. Il a été un fils. Tu seras un homme, mon fils. J'ai beaucoup aimé ce poète. J'ai essayé de ressembler à ce que je rêvais d'être.
- Speaker #0
Merci Jean Rassel.
- Speaker #1
Merci à vous. C'est une bonne question.