- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans l'état d'esprit. A travers chaque rencontre avec mon invité, nous explorons le pouvoir de la parole. Une parole qui éclaire, qui engage et qui parfois répare. Comment raconter l'actualité autrement dans un monde où nous sommes déjà saturés d'informations ? Dans ce nouvel épisode de l'État d'esprit, je reçois Marc Bourreau. Tous les matins à 7h45, au cœur de la matinale de David Abilker sur Radio Classique, vous proposer un rendez-vous singulier, le journal imprévisible.
- Speaker #1
Radio Classique, le journal imprévisible. Avec Marc Bourreau,
- Speaker #0
bonjour Marc. Bonjour David, bonjour à tous.
- Speaker #2
Eh oui, bien loin de la fascination de Tocqueville, le rêve américain moderne, David, c'est une mythologie qui s'est construite en France il y a 80 ans, lorsque les troupes américaines défilaient dans un large sourire pendant la Libération.
- Speaker #0
Alors avec vous, nous allons parler de la radio, de l'importance de l'écoute, de la force des archives et de la musique, mais aussi d'une question essentielle, comment capter encore la tension quand on peut tout le monde parle en même temps. Bonjour Marc Bourreau.
- Speaker #2
Bonjour Olivier.
- Speaker #0
Bienvenue dans l'état d'esprit. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore le journal imprévisible sur Radio Classique, comment vous le définiriez, on va dire en quelques mots ou quelques phrases ?
- Speaker #2
Ce n'est pas simple, c'est quasiment la chose la plus difficile qu'on puisse me demander parce que généralement je parle d'une chronique décalée avec l'actualité et en fait en y réfléchissant au fur et à mesure, vu qu'on fait de la radio, je fais du son. C'est finalement une bande-son en lien avec l'actualité. Comment on peut mettre une actualité dans un tout sonore, un patchwork sonore ?
- Speaker #0
Je suis un fidèle auditeur à la fois de la matinale de Radio Classique et de votre journal. Comment vous choisissez justement ces archives ? Parce que vous venez de le lire, il y a à la fois des témoignages, il y a à la fois des ambiances, des témoignages, des extraits aussi.
- Speaker #2
Déjà, il faut choisir le sujet. Généralement, ça peut arriver que l'archive décide... Subitement du sujet. C'est quand un son, une archive fait un écho, fait écho avec aujourd'hui, une situation aujourd'hui, une déclaration par exemple, ou qu'est-ce qu'il y a eu, j'avais fait des masculinistes, voilà, c'était une très bonne idée de David Abicaire qui m'avait dit il faut faire quelque chose sur les mâles alpha, c'est quelque chose qui parle à tout le monde je pense, quelles que soient les générations, donc quand on va aller piocher dans les archives, forcément, on va trouver quelque chose qui nous parle un peu de la situation aujourd'hui.
- Speaker #0
Et du coup, ça demande d'être extrêmement réactif, parce que paradoxalement, il faut être réactif à l'actualité, et en même temps, il faut rechercher toutes ces archives.
- Speaker #2
Tout est dans la difficulté première, c'est quand même déjà de trouver le sujet et de suivre l'actualité. Moi, je fais de la veille intense, intensive de l'actualité. Les journaux, je fais plus que prêter une oreille sur ce qui se passe dans l'actualité, c'est-à-dire que je vais vraiment lire les journaux. consulter les dépêches AFP et c'est dans le détail qu'on arrive finalement dans un aspect d'un fait d'actualité qu'on arrive à dégager un angle il y a une chose que j'ai pas réussi à faire mais que je pense qu'aurait vraiment valu le coup c'est un sujet sur les lunettes de soleil avec Emmanuel Macron, ça paraît complètement anecdotique mais ça nous dit beaucoup de choses la lunette de soleil au final parce que on peut l'utiliser, c'est à la fois cinématographique c'est à la fois de la mode ça peut dire beaucoup de choses donc voilà c'est vraiment suivre l'actualité et s'intéresser vers la curiosité pour les petits détails aussi ça c'est quand même assez essentiel je trouve
- Speaker #0
Alors vous êtes journaliste radio depuis de nombreuses années qu'est-ce qui continue j'ai envie de dire de vous émerveiller dans ce média où tout passe uniquement par la voix et le son
- Speaker #2
Bah en fait tous les jours j'apprends des choses c'est quand même formidable quoi parce que bon j'ai l'air peut-être très connaisseur quand je fais ma chronique, mais enfin je pars de zéro la veille quand même. Donc voilà, moi ça me s'est tiré une bobine et puis aller voir jusqu'où ça peut m'emmener. Donc j'apprends plein de choses sur ce chemin-là. Donc c'est le fait de me lever le matin en me disant, ou de passer la journée en me disant, je vais apprendre quelque chose, donc ça, ça me stimule beaucoup. Et de la même manière, ça, ça peut être l'aspect culturel, mais de la même manière pour l'actualité, moi c'est quelque chose de toute façon qui m'intéressait. Et j'ai présenté les journaux d'ailleurs très longtemps avant de passer à ça. Donc j'ai toujours ce tropisme un peu pour l'actualité.
- Speaker #0
Vous présentez le journal imprévisible, vous présentez aussi de temps en temps les matinales. Le direct, c'est quoi ? C'est un stimulant ? C'est stressant ? Ou les deux ?
- Speaker #2
C'est stressant, oui, peut-être au départ. Mais c'est comme tout, il y a du stress qui peut être bénéfique pour le coup. Même du trac, pourquoi pas ? C'est même... plutôt bon signe parce que ça veut dire qu'on va être concentré sur ce qu'on va faire mais oui le direct c'est quand même formidable et le fait de le faire le matin je trouve que c'est la quintessence du direct parce que moi ça fait 10 ans quasiment que je fais le matin donc je me lève à 3h moins 10 à une autre époque c'était 2h30 du matin mais on a l'impression d'aller au marché finalement d'aller servir les produits frais et c'est quand même incroyable comme comme séquence et de le faire en direct, c'est-à-dire d'imaginer en plus les gens le matin se lever, ça c'est quelque chose qu'il faut prendre en compte aussi, et aller leur parler, les accompagner, c'est quand même quelque chose d'assez formidable.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez l'impression de raconter l'actualité ou de faire un travail d'information classique ?
- Speaker #2
De toute façon, on est obligé de la raconter, que ce soit dans la presse écrite ou la télévision ou la radio. Alors ça peut être plus ou moins scénarisé, mais globalement, on donne corps à une actualité qui semble figée au premier abord, mais on la fait vivre cette actualité, donc on est forcément obligé de raconter.
- Speaker #0
On a beaucoup d'informations. On parle beaucoup d'infobésité notamment, comment vous arrivez encore à surprendre l'auditeur en faisant justement ces choix-là qui ne sont pas simples, alors qu'ils sont des choix de journalistes, mais comment on arrive encore à surprendre ?
- Speaker #2
C'est pas mal le journal imprévisible pour ça, parce que j'aime bien faire des contre-pieds ou d'aller toquer sur des choses auxquelles on n'avait pas pensé. Et il y a plein de manières de surprendre. Ça peut être... Moi, je sais que j'étais très content, j'avais fait un sujet sur les résidences secondaires, et très content de m'apercevoir que dans Les Bronzés font du ski, qui est un film que tout le monde connaît finalement, et bien en fait, ça parle aussi des résidences secondaires, et ça parle très bien des résidences secondaires telles qu'elles étaient dans les années 70. Je crois que c'est un logement partagé, enfin voilà, c'est peut-être un détail, et puis peut-être que je vais trop loin. Le top du top, c'est de réussir à surprendre sur quelque chose que tout le monde connaît. Une facette que personne n'avait vue sur cet extrait ultra connu.
- Speaker #0
Alors il y a plus d'un million d'auditeurs de la matinale de Radio Classique, ce qui est quand même énorme. Quand on sait ce chiffre, on est impressionné ou finalement on n'y pense pas ?
- Speaker #2
On n'y pense pas. Et c'est d'ailleurs, il y a deux semaines, on avait eu des stagiaires de 3e qui étaient dans le studio. Je peux vous dire que c'était beaucoup plus stressant de parler devant deux personnes qui vous regardent en jetant un oeil sur votre papier que de parler à... 400 000 ou 1 million d'auditeurs, ça dépend des jours, mais en tout cas, c'est plus un accompagnement, un partage, donc il n'y a pas de problème. Tout devrait bien se passer, a priori, si les gens viennent vous écouter.
- Speaker #0
Alors, quand on fait de la radio ou on voit du podcast, est-ce que le silence fait partie du langage de la radio ? Est-ce que le silence en radio veut dire quelque chose ?
- Speaker #2
Le silence, oui. Alors après, sachez qu'en radio, au bout de 5 secondes de silence, il y a une bande de secours qui se lance, donc il ne faut pas non plus insister trop sur le silence. Mais évidemment, le silence et les respirations, mais c'est valable même en dehors de la radio, sur une prise de parole, au théâtre, au cinéma. Quand il y a du silence, on attire beaucoup plus l'attention et il y a quelque chose de plus humain aussi, je trouve. J'ai monté des interviews, des anciennes interviews. Et en fait, c'est vrai qu'au départ, moi quand j'ai débuté, les timings sont très serrés, donc on a tendance à enlever ces respirations, à enlever ces silences qui peuvent en dire beaucoup sur des hésitations par exemple. Et plus ça va, plus j'ai respiré les sons parce qu'en fait c'est peut-être beaucoup plus authentique et on peut apprendre des choses en plus, rien qu'en laissant des silences, c'est assez saisissant.
- Speaker #0
Alors vous faites donc le journal imprévisible, je le disais, vous animez aussi les matinales, donc vous faites des interviews par définition. Pour vous, une interview réussie, c'est quoi exactement ?
- Speaker #2
Une interview réussie, c'est quand on a réussi à tirer quelque chose qu'on ne savait pas, pour moi ou pour l'auditeur. Après, une interview réussie, c'est quand ça marche bien. Ce n'est pas évident de rencontrer quelqu'un dont on ne connaît pas. Il peut arriver, il ne peut pas forcément être en forme, il peut être de mauvaise humeur, il peut être très content, il peut considérer que cette interview, c'est... une parmi tant d'autres et donc la déconsidérer. C'est au moment où il y a cette fois-ci une connexion qui se fait. Quand il y a de l'humain là-dedans, c'est là où je pense que c'est réussi.
- Speaker #0
Les réseaux sociaux imposent beaucoup maintenant des réactions à chaud, des phrases courtes. Est-ce que le métier de journaliste n'a pas évolué et prend parfois le risque, quelque part, de sacrifier la nuance, les silences, au profit de la vitesse, de l'immédiateté et de la... Punchline, comment on dit ?
- Speaker #2
Sur le premier point, sur la rapidité, c'est ça ce que je voulais dire. L'aspect très court, ce sont des contraintes de temps qui sont valables, comme dans un journal qui n'aurait pas trop d'espace pour un article. Il faut aller à l'essentiel. Après, il y a cette partie-là, mais il n'y a pas que ça, je pense, dans la radio et dans l'information. On a des journaux, par exemple, à Radio Classique, et moi j'ai pu en faire l'expérience en les présentant. On peut prendre le temps, on ne peut pas prendre le temps sur tout, mais il y a des choses qui méritent de prendre le temps. Et pour revenir au silence et aux respirations, un témoignage fort, évidemment que vous allez le laisser vivre aussi. Je pense qu'il peut y avoir les deux. C'est de la radio, mais les réseaux sociaux aussi. Instagram, on est sur des formats courts. TikTok, c'est à peu près le même schéma. Moi, ça peut me servir pour ma chronique, par exemple, mais en le contextualisant, c'est peut-être moins évident. Quand c'est décontextualisé, c'est toujours la même chose.
- Speaker #0
Vous travaillez, comme on l'a dit, avec des archives sonores qui sont parfois croustillantes et très agréables à écouter. Est-ce qu'il y a une voix ou des extraits qui vous ont marqué ? ou qui vous disent, tiens, en l'écoutant, celle-là, c'est parfait pour me permettre de replonger dans une époque ?
- Speaker #2
Dernièrement, j'ai retrouvé le témoignage du premier vacciné par Pasteur. Je ne sais pas si vous l'aviez entendu, mais c'est quand même incroyable d'entendre ce personnage. Alors, je ne sais plus quel âge il avait, c'était dans les années 50 ou 40-50 qu'ils ont enregistré ce témoignage. C'est les accents et même... J'ai eu Dreyfus aussi, le son de Dreyfus à sa sortie du tribunal quand il a été innocenté. Vous parliez d'accents, oui. On se replonge dans une époque parce que les gens parlaient aussi complètement différemment. Et ça on le voit aussi dans les années 70, 60, 70. Et peut-être que nous on a un accent, de toute façon on a tous un accent sans s'en rendre compte.
- Speaker #0
Quand vous écoutez quelqu'un parler lors d'une interview, ou pas que forcément d'ailleurs, mais qu'est-ce qui vous touche le plus ? A la fois la qualité du discours, le fond, ou plutôt la forme, la sincérité qui se cache peut-être derrière tous les mots qu'il emploie, ou qu'il emploie ?
- Speaker #2
Oh ben il y a le fond surtout. Après, qu'il parle vite ou qu'il parle lentement, chacun a sa personnalité. Et au contraire, c'est ce qui fait la différence, la multitude, la richesse de tout ce qu'on peut entendre. Mais non, il y a le fond. Et encore une fois, ça rejoint ce qu'on disait sur le raconter l'information. Quand quelqu'un raconte bien, c'est la même chose, que ce soit en radio ou ailleurs. Quand quelqu'un raconte bien, on entend l'oreille et puis c'est passionnant.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans le média radio ?
- Speaker #2
C'est le son. On a longtemps parlé du silence, on a longtemps parlé des respirations, moi je trouve ça formidable. J'ai un plaisir aussi à passer des extraits de films parce que le grain, la manière de parler, les dialogues, même l'ambiance générale, on peut entendre des oiseaux chanter par exemple derrière ou entendre une vieille voiture derrière. ça déjà, on peut se permettre de fermer les yeux et puis d'imaginer des choses. Moi je sais aussi que j'utilise beaucoup de bruitage maintenant. Plus ça va, plus j'utilise du bruitage. Et donc je trouve que ça contextualise aussi beaucoup. Même de la musique, un accompagnement, un instrumental, permet aussi de créer une sorte de cocon. Moi je construis beaucoup mes chroniques comme ça, sous forme de cocon, de bloc. C'est peut-être pas forcément valorisant, mais en tout cas de plonger dans une ambiance sur un récit différent, comme des paragraphes dans un journal, mais en bélie, on va dire.
- Speaker #0
Justement, le fait d'être sur Radio Classique, ça impose aussi peut-être, ou le verbe imposer est dans le bon sens du terme, d'y avoir une approche un peu plus culturelle, un peu plus de musique, un peu plus de cinéma, un peu plus d'art ?
- Speaker #2
Oui, bien sûr. Et puis l'auditoire est plus défini peut-être que sur une radio ultra généraliste. Il y a des références évidemment sur lesquelles le public sera très exigeant. Je sais que je suis attendu au tournant, il ne faut pas que je raconte n'importe quoi sur la musique classique, mais sur plein de domaines par ailleurs. Non, c'est un auditoire exigeant, donc il faut faire un travail... très sérieux. Après, moi, ce que j'aime bien, c'est au-delà de... Par exemple, on a beaucoup d'avocats, de chefs d'entreprise qui nous écoutent. Mais ces personnes-là qui ont un travail très sérieux, très prenant, peuvent être contentes aussi d'entendre des choses qui leur parlent en dehors. Et c'est pour ça que je ne vais pas hésiter non plus à passer du Christophe ou du William Scheller parce que c'est... ça leur parle aussi, et puis ça permet de s'évader aussi, cette chronique-là.
- Speaker #0
Justement, vous le disiez tout à l'heure, quand vous parlez à la radio, vous ne voyez pas forcément l'auditeur. Est-ce qu'il y a quand même des contacts, des auditeurs qui vous écrivent, qui interagissent avec vous pour vous féliciter, ou au contraire, pour vous reprocher des choses ?
- Speaker #2
Ça peut arriver qu'on me reproche des choses aussi, bien sûr, et puis j'essaie de répondre au maximum, et c'est tout à fait justifié, personne n'est parfait. Mais sur les retours que j'ai, je me rends compte que c'est une chronique qui a un aspect sentimental, mais ça touche aussi les gens dans ce qu'ils sont. Et généralement les réactions que j'ai, je ne sais plus quel sujet j'avais fait, qui parlait d'une capitale, ou alors j'ai dû parler du Canada, et ça a réveillé tout l'auditoire du Canada de Radio Classique. C'est quand même très sympa de pouvoir faire ce clin d'œil à des gens qui nous écoutent à des milliers de kilomètres. Sur l'accent aussi, par exemple, j'ai eu beaucoup de réactions, parce que j'ai fait un journal imprévisible sur l'accent. Et tout le monde est concerné de toute manière, et puis on en parle aussi de manière tellement péjorative que moi j'ai essayé de ne pas le faire justement, et de montrer que de toute façon on a tous un accent, et puis c'est quand même rempli de préjugés aussi de ce qu'on en fait, tes accents. Et ça, c'est des sujets qui touchent beaucoup les gens, je pense.
- Speaker #0
Ce podcast s'appelle l'état d'esprit, qu'est-ce qu'au quotidien, quel état d'esprit vous anime quand on se réveille à 3h du matin ?
- Speaker #2
Comme je vous disais, c'est-à-dire d'aller préparer mon présentoir pour ouvrir mon stand au marché de Radio Classique, de l'actualité, en présentant des produits frais de préférence, et puis c'est vraiment ça, moi je sais que le matin c'est un horaire qui me correspond bien. Après, on le paye le reste de la journée. C'est-à-dire qu'on n'est pas spécialement en forme le reste de la journée. Et si on arrive à dormir le soir, c'est bien. Mais en tout cas, oui, c'est vraiment le direct. C'est un moteur extraordinaire.
- Speaker #0
Merci, Marc Bourreau.
- Speaker #2
Je vous en prie.
- Speaker #0
Pour cet échange. Et je ne peux que vous conseiller d'écouter à la fois votre journal imprévisible et la matinale de Radio Classique. Merci beaucoup, en tout cas.
- Speaker #2
Merci, Olivier.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté l'état d'esprit. Retrouvez prochainement une nouvelle rencontre autour d'une parole qui est claire, qui engage ou qui répare. En attendant, réécoutez sur les bonnes plateformes de podcast d'autres épisodes de l'état d'esprit.