Speaker #0Pendant 17 ans, l'alcool a fait partie de ma vie. Le plus difficile, ce n'était pas seulement d'arrêter. C'était de savoir vers qui me tourner. Trouver un professionnel de la santé, demander de l'aide et surtout ne plus rester seul. Et ça, ce n'est pas toujours simple. C'est pour cette raison que j'ai créé l'application L'Ethanol c'est pour les bagnoles. Disponible sur Apple Store et Play Store en tapant dans la barre de recherche L'Ethanol CPLB. Une application qui permet aux personnes confrontées à une addiction de trouver des professionnels de la santé, d'échanger et d'avancer pas à pas. Si vous voulez en savoir plus, toutes les informations sont dans la description de cet épisode. Et surtout, souvenez-vous, parce qu'ensemble, nous sommes toujours plus forts. Hey, salut à toi et bienvenue dans l'Ethanol c'est pour les bagnoles, le podcast qui parle d'alcoolémie, de dépendance et surtout d'humain. Je m'appelle Axel, je suis un ancien alcoolique et aujourd'hui je ne touche plus une seule goutte d'alcool. De nature très joviale, toujours dans la bonne humeur, j'ai envie de partager mon parcours ici avec toi. Mon but, c'est de casser les préjugés, de mettre en lumière cette maladie trop souvent passée sous silence. Un vrai fléau dans notre société. Parce que oui, l'alcool peut tout détruire, un couple, une vie, un avenir. Et c'est exactement ça. ce qui s'est passé pour moi. Tu es prêt ? Alors c'est parti, on en parle sans tabou ici et maintenant. Bienvenue dans le 29e épisode qui s'intitule « L'alcool ne criait pas, il murmurait » . Justement, nous voilà samedi, avec la gueule de bois le matin, compliqué de se lever sachant que je dors peu, 6 heures de sommeil en moyenne. Compliqué, quoi. Je finis par me lever sans avoir de plan d'organisation. Avant de me régaler de tartines de choco et d'un bon bol de lait, je récupère mon bol de Kellogg's qui avait passé la nuit à tremper dans le lait de la veille. Quand je suis rentré, complètement bourré. Allez hop, je ramasse tout, comme pour effacer les conneries et les risques encourus sur la route. Une fois déjeuné, je prie une douche et je me penche sur la question. Que vais-je manger ce midi et soir ? J'organise la journée pour optimiser les trajets en voiture. En n'ayant justement pas trop les moyens, j'essaye un peu de m'organiser. Donc je passe en même temps au parc à conteneurs, jeter les papiers, les cartons et tout le tralala. Une fois que je rentre au magasin, au Colreut d'ailleurs, on est obligé de passer par le rayon des vins et des spiritueux qui se trouvent juste après la barrière de l'entrée, c'est ça le pire. C'est devenu un réflexe. Je réfléchis à ce que j'ai encore à la maison. Par contre, je suis plutôt bière, qui se trouve à trois rayons plus loin. Bref, je remplis mon caddie, de quoi déjeuner, ainsi que de quoi manger pour la semaine. Pain, viande, féculents, et voilà. Je rentre chez moi. Je déballe et je range les courses. Il est 11h30 et j'ai envie de boire une bière. Je me dis heureusement que j'en avais. Et justement, j'ai pris aussi des chips pour me faire un petit apéro. Avec un goût de trop peu, je m'ouvre une deuxième chimèble. Ça y est, j'ai rattrapé la flemme de devoir cuisiner en plus. Aucune envie, donc solution bis, tartine choco, allez hop, avec un bon bol de lait pour calmer la faim. Vers 17h, je me suis motivé en rangeant et nettoyant l'appartement de fond en combre. Là, j'ai trouvé une pêche d'enfer et puis je fais des lessives avec une bière, évidemment, à la main, qui me paraît pour moi inoffensive, une jupilaire pour accompagner la motivation et surtout de la musique. À tue-tête, à fond dans la tête. Après tout cela, je décide de me faire réellement à manger, comme il se doit. Et que ça fait du bien de manger un vrai repas, oui, mais ouf, déjà 20 heures. Je suis un grand amateur de films en tout genre, et donc je me fête un petit... bah voilà, une petite soirée tranquille, j'ouvre un deuxième paquet de chips, avec une chimie évidemment. Ah oui, j'allais oublier, tout au long de la journée je communique avec Laura par message. Une fois par jour, ou du moins dès qu'on a la collation, on s'appelle par Skype. Ouais, il y avait encore Skype. Je suis content d'avoir d'ailleurs de ces nouvelles. Et de la revoir même par visio. Cela me procure du bien. Un bien fou. Une parenthèse dans ma journée. La suite dans le prochain épisode qui s'intitule « Parfois, j'ai comme une voix dans ma tête qui me dit » Certaines histoires résonnent profondément en nous. Dans l'application mobile, l'Ethanol CPLB, tu peux écouter le podcast qui évolue au fil du temps, avec des témoignages de personnes qui ont traversé des parcours similaires. Parce qu'entendre une histoire peut parfois déclencher un déclic. Et surtout, souviens-toi, parce qu'ensemble nous sommes toujours plus forts. Et parfois, c'est ça le plus dangereux. Ce n'est pas forcément les grosses soirées, les cris, les accidents spectaculaires, c'est quand l'alcool commence doucement à accompagner chaque moment du quotidien. Sans même qu'on s'en rende compte. Une bière pour cuisiner, une bière pour se motiver, une bière devant un film, une bière pour combler le vide. Et puis un jour, on réalise que ce n'était plus un plaisir, mais devenu un réflexe. Et le pire dans tout ça, c'est que quand on est dedans, on trouve toujours une bonne raison de se rassurer. « Ah, je gère, je travaille, je fais des courses, je ne suis pas comme les autres. » Mais une dépendance ne ressemble pas toujours à ce que l'on imagine. Elle peut être silencieuse, discrète, presque invisible. Alors si vous vous reconnaissez dans certaines habitudes, certaines excuses ou certains automatismes, ne culpabilisez pas, mais soyez honnête avec vous-même. Et surtout, soyez responsable. Parce qu'au-delà de notre propre santé, il y a aussi les risques que l'on peut faire courir aux autres, notamment sur la route, ou des moments où l'on pense être encore capable de demander de l'aide, de parler et de mettre des mots sur ce que l'on vit. Ce n'est pas une faiblesse, c'est souvent le premier pas vers quelque chose de plus sain. Et croyez-moi, même quand on pense être seul dans cette bataille, il existe toujours... Quelqu'un prêt à tendre la main. N'oubliez jamais une chose, ensemble, nous sommes toujours plus forts. Merci pour votre écoute. Avant tout, je tiens à te remercier. Oui, te remercier d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si ce qui a été partagé ici t'a parlé, et si tu ressens le besoin de nous, d'échanger ou de déposer quelque chose, il existe un groupe Facebook dédié. L'Ethanol, c'est pour les bagnoles, le groupe. C'est un espace bienveillant pour partager, pour échanger et surtout, ne pas rester seul avec tout ça. Et si tu veux suivre l'actualité du podcast, les coulisses ou les prochaines annonces, tu peux aussi retrouver le projet sur la page Facebook du même nom. Surtout, prends soin de toi et à très bientôt.