Speaker #0Pendant 17 ans, l'alcool a fait partie de ma vie. Le plus difficile, ce n'était pas seulement d'arrêter. C'était de savoir vers qui me tourner. Trouver un professionnel de la santé, demander de l'aide et surtout ne plus rester seul. Et ça, ce n'est pas toujours simple. C'est pour cette raison que j'ai créé l'application L'Ethanol c'est pour les bagnoles. Disponible sur Apple Store et Play Store en tapant dans la barre de recherche L'Ethanol CPLB. Une application qui permet aux personnes confrontées à une addiction de trouver des professionnels de la santé, d'échanger et d'avancer pas à pas. Si vous voulez en savoir plus, toutes les informations sont dans la description de cet épisode. Et surtout, souvenez-vous, parce qu'ensemble, nous sommes toujours plus forts. Hey, salut à toi et bienvenue dans l'Ethanol c'est pour les bagnoles, le podcast qui parle d'alcoolémie, de dépendance et surtout d'humain. Je m'appelle Axel, je suis un ancien alcoolique et aujourd'hui je ne touche plus une seule goutte d'alcool. De nature très joviale, toujours dans la bonne humeur, j'ai envie de partager mon parcours ici avec toi. Mon but, c'est de casser les préjugés, de mettre en lumière cette maladie trop souvent passée sous silence. Un vrai fléau dans notre société. Parce que oui, l'alcool peut tout détruire, un couple, une vie, un avenir. Et c'est exactement ça. ce qui s'est passé pour moi. Tu es prêt ? Alors c'est parti, on en parle sans tabou ici et maintenant. Bienvenue dans le 28e épisode qui s'intitule « Une bière, juste une » . Cela dit, le poids sur mes épaules grandit de plus en plus au travail. La pression de la rentabilité et le planning surchargé est de plus en plus présent. Avec les collègues, on a instauré une tradition le temps de midi. Avec l'accord du gérant du site et l'employeur, on gère la vente de pièces usées bonnes pour la ferraille. Avec l'argent récolté, on a acheté une friteuse et de la vente à faire frire, des frites et de la sauce et tout ce qu'on veut. Donc on se faisait des mitraillettes, c'est une baguette de pain coupée en deux avec de la viande frite et des frites. Hop là, de la sauce, en veux-tu en voilà. Tout ce qui est plus tététique, comme accompagnement, on boit une bière. Très rapidement... On passe d'une bière à deux, puis au rhum coca. Avec une heure de temps de midi, on avait largement le temps d'en boire deux. Et s'il en restait, dans la bouteille, on prenait directement un troisième verre pour la digestion. Autant vous dire que ça, à la fin, c'était du rhum pur, quoi. Il n'y avait plus de coca, parce qu'on avait une canette chacun. Voire deux, ouais. Le temps de midi, à l'arrière de l'enceinte du garage. Il y avait un espace de stockage pour les véhicules VHU destinés pour la casse. On enlevait les airbags, bien sûr, du volant et on jouait au stop-car. Même les temps de midi après avoir bu, j'avoue, c'est dangereux. Pas de ceinture de sécurité, bourré, l'adrénaline à l'état pur. On se coursait après pour simplement se foncer dedans comme ça, juste comme ça, pour se défouler. Une fois 13h, on se remet tous au travail. On avança du 2 à l'heure, l'estomac bien rempli de frites, de rhum coca. Tout ce qu'on avait, c'était hâte que la journée finisse. On se disait, tu cherches qui ? Ah bah je cherche 17h20. Bah justement, une fois 17h20, on se rejoint tous dans l'atelier mécanique, autour de deux casiers de bière. Parfois, on allait même au café du village. Dans ma tête, je me dis, je suis pas chaud quand même. Puis je suis fatigué. Et puis, j'ai déjà assez bu. Et encore, j'ai 30 minutes de route quand même, en voiture. Les collègues insistent en me disant « Allez Axel, juste une bière quoi ! » « Ça va pas te tuer, y'a personne qui t'attend non ? » Je réponds « En effet, je ne vois pas Laura ce week-end. » « Bon ok, une bière hein, mais juste une hein ! » « Ouais ouais ouais, une, une, c'est bon, c'est bon. » « Ah ok, ça va, top. » Évidemment, c'était pas qu'une quoi. On prend la route, dix minutes plus tard. Je me retrouve avec une bière en main que je bois tranquille. « Forcément, une deuxième ! » Tourner ne tarde pas à arriver. Je rentre finalement chez moi. Heureusement, il n'y avait personne sur la route en évitant d'avoir un accident. Je vois double. Je ferme un œil pour avoir une meilleure vision. Et merde, j'ai encore une cuite monumentale. Forcément, je n'ai rien mangé. Si ce n'est pas des cacahuètes mangées au café, il n'y a que ça. Je me rends bien compte que je suis rentré dans un cercle infernal de l'ivresse. J'ai du mal à refuser des invitations, car cela me sert de distraction. Je sais pertinemment que j'appréhende le week-end d'ailleurs. La suite dans le prochain épisode qui s'intitule « L'alcool ne criait pas » . Il murmurait. Parfois, une information ou un témoignage peut changer une trajectoire. Dans l'application mobile, l'Ethanol CPLB, tu peux trouver un espace ressources, avec des contenus pour comprendre les addictions et avancer à ton rythme, parce que l'information peut être aussi une forme d'aide. Et surtout, souviens-toi, parce qu'ensemble nous sommes toujours plus forts. Ce que je comprends sur cet épisode, c'est que le poids sur mes épaules grandissait de jour en jour. Au travail, la pression devenait presque insupportable. Et au lieu de souffler, on buvait. Au début, c'était une bière, une pause entre collègues, un moment de partage, d'humour et de complicité. Et puis c'est devenu une habitude. Deux verres, trois verres. Et puis plus rien n'allait, plus rien n'avait de limite. On disait que c'était pour se détendre, pour décompresser. Mais en réalité, c'est juste une façon de tenir, de supporter le quotidien, de masquer la fatigue, la colère, la peur de ne plus être à la hauteur. Et moi, au milieu de tout ça, je me croyais encore maître de mes choix. Je me disais, allez, juste une bière, ok ? Ça va pas me tuer, quoi, une bière. Mais je sais très bien qu'il y avait la deuxième. Je me dis, non, je dirais non. Non. Et puis c'est tout. Mais cette phrase-là, c'est le début de toutes les dérives. Je me souviens de cette soirée, où j'ai repris la route en voyant double. Un oeil fermé pour garder le cap. Le cœur serré entre la honte et la fatigue. Heureusement, personne sur la route. Ce soir-là, j'ai eu de la chance. Mais combien d'autres n'auront pas ? La vérité, c'est que le non se rend pas compte du moment exact où le plaisir devient une dépendance. Ça se glisse doucement, entre deux rires, entre deux tournées, entre deux excuses. Et quand on ouvre enfin les yeux, on réalise que tout... tourne en rond dans la tête, dans un cercle vicieux où l'ivresse devient la seule façon d'exister. La leçon, c'est que dire non, ce n'est pas être faible. C'est au contraire, c'est le plus grand décourage, celui de s'écouter, de poser des limites et de comprendre que les vraies détentes, elles ne se trouvent pas au fond d'un verre. mais dans le simple fait de se sentir vivant, lucide et libre. Merci de m'avoir écouté, merci pour votre fidélité, et surtout n'oubliez pas, ensemble nous sommes tous unis. toujours plus fort. Avant tout, je tiens à te remercier. Oui, te remercier d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si ce qui a été partagé ici t'a parlé, et si tu ressens le besoin d'échanger ou de déposer quelque chose, il existe un groupe Facebook dédié. L'Ethanol, c'est pour les bagnoles. Le groupe. C'est un espace bienveillant pour partager, pour échanger et surtout, ne pas rester seul avec tout ça. Et si tu veux suivre l'actualité du podcast, les coulisses ou les prochaines annonces, tu peux aussi retrouver le projet sur la page Facebook du même nom. Surtout, prends soin de toi et à très bientôt !