- Speaker #0
Hé, bienvenue dans l'éthanol, c'est pour les bagnoles. Ici, c'est un endroit à part, un endroit calme, un endroit simple, loin du bruit, loin de ce qui presse. Ici, le temps ralentit. Tu peux respirer, il n'y a rien à faire, rien à rattraper. Tu peux t'installer, comme si tu avais trouvé un endroit sûr, un endroit où tu peux te poser. Ici, rien ne t'est demandé, tu peux juste être là. présent, tranquille. On prend le temps. Alors, je te souhaite une belle écoute douce. Et bienvenue dans l'Ethanol c'est pour les bagnoles. Aujourd'hui je te retrouve pour un épisode un peu particulier. Pas une histoire choc, pas une leçon, juste un témoignage vrai. Nathalie a accepté, avec la confiance qu'elle m'accorde, de prendre la parole pour raconter son parcours, avec ses mots, avec son vécu. Si tu écoutes cet épisode et que tu te reconnais dans certaines choses, prends ce qui te fait du bien et laisse le reste. Ici, on ne juge pas, on écoute et on avance pas à pas ensemble. Parce qu'ensemble, nous sommes toujours plus forts. Alors sans plus attendre, j'accueille Nathalie qui témoigne et qui a également un ouvrage, « A m'aider Gladys et sa dépendance » de Nathalie Jean. Merci d'être là aujourd'hui. Avant de rentrer dans le sujet, j'aimerais commencer simplement par quelle est la première chose que tu as fait en te levant ce matin ?
- Speaker #1
Je suis allée aux toilettes.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux te présenter avec tes mots et comment tu te définirais aujourd'hui ?
- Speaker #1
Pas évident du tout avec mes mots. Sur ma personnalité, aujourd'hui, je me sens une personne apaisée. Je me sens une personne... qui comprend mieux l'autre, parce que je me suis rendue compte dans mon rétablissement qu'il y avait cette façon d'être où ça coinçait. Alors que j'aime l'autre, humainement j'aime mes semblables, ça c'est indéniable, mais c'est avéré que par rapport à mon parcours, à mon vécu... J'ai appris dans mon rétablissement qu'il fallait que je change ma façon. Alors, pas ma personnalité, parce qu'on a tendance à confondre personnalité et changement de comportement. Je suis toujours moi-même, avec des réglages qui ont été faits parce qu'il y a des choses qui n'allaient pas. Dans les grandes lignes, je ne sais pas si je peux parler de mes outils. qui m'ont permis de sortir de l'addiction, et moi ça a été principalement l'alcool, qui a occupé mon vécu de 19 ans jusqu'à 40 ans. L'élément déclencheur de l'alcoolisme, ça a été une déception amoureuse qui m'a dévastée parce que l'autre, justement, dont je pensais être, qui allait me correspondre, n'était pas du tout cette personne. J'avais commencé à fonder une famille avec elle et puis finalement, il y a eu des choses, et en l'occurrence l'infidélité qui m'a anéantie. Je ne connaissais pas du tout ce travers-là de l'être humain. Et moi qui suis pour le coup fidèle dans beaucoup de choses, loyale, etc., ça m'a anéantie. D'autant plus que c'est une personne avec qui j'ai fait des choses. et qui j'avais commencé à fonder une famille. Voilà, là ça a été l'élément déclencheur, dévastateur de mes premiers verres d'alcool. Mais même avant ça, où j'ai vécu de bons moments quand même avec l'alcool, je savais très vite que je ne consommais pas l'alcool comme tout le monde. Très rapidement, quand j'ai déjà, je n'ai pas commencé avant 19 ans, je précise pourquoi, parce que je n'ai jamais voulu ressembler à mon père qui était alcoolique.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Je m'étais mis ça en avant parce qu'effectivement, ma fratrie a subi aussi l'alcoolisme. On a subi l'alcoolisme de notre père sous différentes formes, puisqu'on n'était pas toujours en même temps, au même endroit que notre père tout le temps. Mais je m'étais dit non, l'alcool, je n'en prendrai pas. Je ne veux pas ressembler à papa.
- Speaker #0
D'accord. Ce qui pose justement la question, c'est au début de l'enfance ou au début de l'adolescence. Quand tu entendais parler d'alcool autour de toi, qu'est-ce que ça représentait justement pour toi, ça ?
- Speaker #1
Finalement, je n'entendais pas parler. Je voyais les gens boire. Il y a le visuel qui était beaucoup plus porteur que l'auditif. D'autant plus que moi, j'étais déjà de nature un petit peu… De par ma timidité, une certaine réserve, même en famille, j'avais cette difficulté-là de communiquer un petit peu. J'étais intimidée par l'autre, même déjà au sein de la famille où il y avait des profils très… qui avaient un certain charisme, et pour le coup ça n'a pas été mon père. Ça a été plus, plutôt ma mère, je dirais. Et le côté féminin, je suis tombée malheureusement dans une famille, enfin malheureusement oui ou non, parce que bon, des fois ça peut avoir des qualités, mais là en l'occurrence, pour mon vécu, j'ai plus vécu dans une famille matriarcale. même qu'il y avait des hommes dans la famille. Pour donner un exemple et que les personnes comprennent ce qu'ils écoutent, je n'ai jamais vu ni mes grands-parents, que ce soit paternel ou maternel, ni mon père taper du poing sur la table. Quand à plusieurs reprises, j'avais des clashs, des montées de sons de la part, donc mère, sœur, majeure, non, c'était toujours elles qui ont plus ou moins… Comment on peut dire ? C'est ce qu'il me reste de mon souvenir enfant, que les femmes dans ma famille, d'abord c'était des femmes de tête, par rapport, pour parler aussi de mes grands-mères, elles étaient pour l'époque relativement intellectuelles, donc ça aussi, ça a un peu joué. Une était employée de la poste, l'autre employée de banque, donc je vous... Si tu as un petit peu le truc, début XXe siècle, c'était relativement sympa. Ça mettait une certaine élévation, une élévation sociale à laquelle ma grand-mère maternelle, je l'ai compris bien plus tard, c'était son point d'honneur. Ça a été quelque chose qui la faisait vivre. C'était son objectif, d'être toujours, d'assurer, d'avoir une ascension sociale. Le côté transgénérationnel, ça a été quelque chose de terrible pour moi. Parce que du coup, pour moi, ça a bouffé pas mal le truc et je n'étais pas du tout dans cet état d'esprit. Alors certes, j'étais prête à avoir quelque chose de confortable, comme notre monde occidental nous le suggère, mais pas au point de vouloir acquérir un capital, un patrimoine. Et surtout, ce qui m'a blessée dans ce parcours, ce qui m'a fait tilt, c'est qu'ado, dans tous les repas familiaux, c'était... du style, alors ils acquérissaient soit un appartement, soit une maison, mais à chaque fois, c'était les discussions familiales tournées, et comment je vais payer ces charges-là, et comment je vais payer ceci, à veuf loi. Ouh là là, je vous garantis que je le vis encore. Et du coup, en réponse à ce système-là, j'en suis devenue hermétique. J'avancerais, mais pas forcément dans du patrimoine, etc. Et c'est ce qui a causé un schisme. en fait, entre ma fratrie, parce que je ne suis pas rentrée du tout dans ce moule-là. D'ailleurs, aujourd'hui, je suis locataire et je le saurais, on a fait une tentative avec mon époux d'une maison, je fais cours avec les histoires thermiques et tout ça, ça n'a pas pu se faire, on était trop juste budgétairement, donc on y a renoncé, et du coup, la location, j'ai dit à mon époux, l'essentiel, c'est d'avoir un toit sur la tête, aujourd'hui, ce n'est pas grave. Du coup, on s'est fait plaisir, on a mis de belles choses dans l'appartement. Souvent, quand je vous parlais des repas familiaux, plus loin que viennent mes souvenirs, je n'en vois pas un seul qui se soit correctement bien terminé. Pour revenir à moi, jeune adulte, quand j'ai eu cette relation avec le père de ma fille, Cet élément déclencheur qui a fait, ça a détruit mon château de cartes, comme ils disent souvent en psychologie. Ça a détruit mon château de cartes, surtout qu'en plus à l'époque, ma mère n'était pas très chaude pour que je sorte avec ce garçon. Donc j'avais fait des pieds des mains, j'avais mis toute la confiance en lui. Je l'avais portée comme sur un piédestal, puisque jusqu'à ma 19e année, les garçons n'ont jamais été attirés vers moi. J'ai eu l'occasion de tomber amoureuse, mais il n'y a jamais rien eu, etc. Et j'ai compris que j'avais une différence physique, c'est que j'ai eu, et c'est ce qui les a freinés. Donc du coup, isolement en plus, c'est que quand j'étais enfant, j'avais une pathologie de l'émail, c'est-à-dire que j'avais mes dents de devant qui étaient toutes effritées. et qui était noire. J'avais des taches noires sur les dents, ce qui tout de suite forcément a rebuté l'autre. Donc ça, de mon âge de côtoyer les autres, on va dire à 3 ans, 3-4 ans, quand j'ai commencé l'école primaire, la crèche je n'ai pas eu, ça a été l'école primaire, jusqu'à mes 19 ans, j'ai souffert parce que j'ai été souffre-douleur. de plusieurs classes, etc., par rapport à cette différence que j'ai compris bien plus tard. Et je n'ai jamais osé non plus leur dire « mais pourquoi vous vous moquez de moi ? » Je n'ai pas eu ce courage-là. J'ai été rejetée pour le coup, j'ai senti beaucoup de rejet, donc du coup je n'ai jamais eu, à part de temps en temps, une ou deux amies par classe, par décennie on va dire, parce que je restais pour l'école primaire tout le temps dans la même. pendant 4-5 ans, après j'en changeais, mais c'était tout. Les autres, voilà, venaient pas vers moi et j'ai compris par rapport à cette différence physique. Donc ça m'a beaucoup attristée quand je me suis rendue compte que, bon, j'avais beau même faire des efforts dans de nouveaux établissements scolaires et tout, le schéma se répétait. Donc à un moment donné, en plus de ma timidité... Plus cet isolement forcé par rapport à cette différence physique qui n'était pas du tout attractive pour l'autre, je me suis naturellement éloignée de l'autre.
- Speaker #0
Et à quel moment tu as compris que l'alcool n'était plus vraiment un soutien, mais plutôt devenu un problème, quelque part ?
- Speaker #1
Alors, elle est venue beaucoup plus tard. Mes premières gouttes d'alcool, ça a été à 19 ans. C'est Steve du père de ma fille. À un moment donné, je ne voulais pas. Et quand je lui ai dit au tout début du témoignage, j'ai dit que je ne voulais pas ressembler à mon père. Donc j'ai dit, hors de question, que je picole. Et un soir, j'ai vu les autres qui commençaient. Je me suis dit, la mauvaise voix du coup, qui m'a dit, mais Nat, tu n'es pas papa. Tu vas pouvoir gérer l'alcool. Et là, j'aurais mieux fait de m'abstenir parce que très vite... Et surtout, mon alcool privilégié, c'était le whisky sec. Et c'était... Alors, c'était même pas le goût. J'en détestais le goût et le goût des alcools en bouche. Et pourtant, je buvais. Eh bien, ça a été le côté euphorique. Ça m'a donné un état... Alors, pas d'ivresse, parce que l'ivresse, normalement, on oublie, on se rappelle plus de rien. Au début, non. C'était vraiment un état euphorique. Je m'en... Merci. Je m'en souviens, un état euphorique qui me permet de planer un petit peu. C'était les premières gouttes d'alcool, d'éthanol dans le sang. Et très vite, ça m'a plu cette sensation, d'autant plus que ça me permettait d'aller vers l'autre plus facilement, puisque j'en oubliais ma timidité. On le sait bien, ça dévie les langues, etc. C'est bien connu pour ça. Et voilà, c'est parti de là. Mais très vite, je me suis rendue compte que je ne buvais pas l'alcool comme tout le monde. Très souvent, même en boîte de nuit, puisque je le voyais bien, quand les autres étaient à un verre, j'en étais déjà à mon troisième. Pour retrouver ce fameux état qui m'a plu dès le début. Alors pendant des années, je l'ai géré, même quand le soir, avec cette histoire de la déception du père. où je me suis autorisée une nouvelle fois, et à tort, de picoler seule le soir. Ça, je n'aurais pas dû me l'autoriser parce qu'au début, j'ai géré. Une fois que ma fille était couchée, etc., je faisais ce qui fallait. Quand je travaillais, je faisais mon travail. Enfin, la journée, elle était plus qu'ordinaire. Je veux dire, je faisais justement pour ne pas qu'on se dise « Ah bah tiens, elle, elle picole. » Surtout pas. Très vite, ça a été un alcool caché. Et donc j'ai fonctionné comme ça pendant des années, avec des espaces, alors souvent, c'était le soir, ouais mais en tant que femme, etc., on entend souvent dire ça. Moi je parle de métabolisme. Ce n'est même pas une histoire de féminin masculin, c'est un métabolisme. Je pense que le fait, alors c'est vrai que l'OMS, l'Organisation Mondiale de la Santé, n'autorise pas à dire que l'alcoolisme est héréditaire. Je ne sais pas s'ils ont depuis trouvé des pistes. Ils sont en train d'étudier quand même les spermatozoïdes et les ovules de ces personnes-là pour savoir si, voilà, parce qu'il y a quand même des maladies qui en dégagent, comme le fétal, je ne sais plus comment ils appellent ça. Enfin bref. Il y a quand même le cerveau qui ne se développe pas de la même façon. Et moi, c'est ce qui s'est produit bébé quand je suis née. Alors, quand je suis née, donc j'explique, je suis née en Afrique. Je suis née au Cameroun, à Yaoundé, parce que mon père était là-bas pour son travail et tout ça. Et quand mes parents, quand je suis née à l'hôpital, les Toubibs, ils ont vu quand même que mon crâne avait quelque chose de particulier. Ils ont vu que j'avais un début de craniosténose. Alors, j'explique ce que c'est la craniosténose. C'est les os frontales du bébé qui veulent se souder très tôt, très vite. Et ça, l'hôpital Yaoundé avait dit à mes parents, nous, on n'est pas assez au point pour surveiller votre enfant comme ça. On vous suggère rapidement, dès que vous le pouvez, de retourner en France. Et au final, j'ai eu beaucoup de chance parce que ce début de craniosténose, alors avec du coup, c'était ma mère puisque mon père continuait à travailler, on est retourné donc en France sur Paris. On a vécu quelques années à Paris avant d'être dans le Sud. Et mes parents, donc ma mère m'accompagnait dans les hôpitaux. On a fait, mes premières années, je vous dis, ça a été que les hôpitaux. Ils regardaient régulièrement, alors ils mesuraient mon tour de tête, le fond de l'œil. Ça, ça s'est fait peut-être pendant mai, peut-être trois, quatre premiers mois qui ont suivi ma naissance. Il fallait surveiller tout ça et j'ai eu beaucoup de chance parce que finalement, ça s'est résorbé seul. Donc, je pense que peut-être le fait de l'alcoolisme de mon père, je ne sais pas s'il y a un rapport de cause à effet, je n'en sais rien. Ça, je n'ai pas approfondi. Tout le monde n'a pas de crânio-sténose, ça n'a rien à voir avec l'alcoolisme, bien évidemment. Et aujourd'hui, j'ai toute ma tête. J'ai du discernement, tout est résorbé. Avec le rétablissement, je suis dans ma 18e année de rétablissement au niveau de l'alcoolisme. Zéro alcool depuis dans ma 18e année. Toujours pareil, avec quoi comme outil ? Au départ, ça a été l'aide médicale. Trois mois de cure en 2008. J'étais sur Marseille à ce moment-là. Et en fait, ce qui a été l'élément déclencheur, ce qui m'a donné le déclic, c'est qu'un jour après une... Un changement radical pour le coup de mon deuxième époux que j'ai découvert. Je ne suis pas tombée dans les bonnes personnes. J'en souris aujourd'hui, mais c'est pour un peu adoucir le truc. Je suis tombée sur un pédophile. Et du coup, c'est là où j'ai recommencé à picoler. J'avais arrêté un petit peu et tout. Avec la Ausha en 2007, quand j'étais dans la Drôme. Finalement, ça a fonctionné. Parce que j'ai donné le change, etc. Mais c'était un peu juge. Et avec cette histoire d'avoir découvert que mon deuxième époux était un pédophile, la rebelote et que je suis séparée de lui, bien évidemment quand je suis revenue sur Marseille où ma famille avait atterri après Paris, là ça a été finalement, j'ai repicolé de plus belle. Et là, comme je dis, et ça c'est très vrai, pour l'avoir vécu, je m'étais arrêtée à une bouteille de whisky le soir. Très rapidement, j'y suis retournée. Ah oui, le cerveau, il s'en rappelle. Il a une excellente mémoire. Donc, du coup, suite à ça, ça, c'était en 2007. Donc, 2008, plus ou moins 2007, 2008, décembre de fin d'année 2007. Je reviens sur l'Arfeil, plus ou moins. Donc, je recontinue ma consommation plus qu'excessive d'alcool. Et à un moment donné, là, en 2008, je commence à avoir un flash qui… Je me vois ramassée par les pompiers dans la rue. Déjà, je me suis dit, non, je n'ai pas du tout envie que ça se passe. Mais je continue quand même de picoler. Et puis un soir, c'était un soir où régulièrement ma mère venait me voir pour m'aider. Mais bon, enfin bref, moi, ce que je n'appréciais pas du tout, c'est qu'elle surveillait mes comptes. Enfin bref, elle était derrière moi et tout ça. Ça, ça me sortait des yeux. Et j'ai dit, il faut que je m'échappe de ce truc-là. On n'est pas du tout, mais enfin, je n'avais pas d'autre solution, puisque de toute façon, j'étais dans la mouise. Donc, quand on est dans la mouise, quelque part, on se tait, et puis on se laisse porter par ce qui est proposé, et on se tait. Et un jour, j'ai su à un moment donné, dans nos conversations familiales, un peu en catimini et tout, j'avais compris que ma soeur m'avait quand même confié qu'elle avait aussi un problème. problème avec l'alcool, mon beau-frère aussi. Et elle m'avait dit, moi j'ai des contacts avec l'hôpital de Sainte-Marguerite, et ça c'était resté quand même dans un coin de ma tête. Et un soir, justement, elle devait revenir ma mère chez moi, je la prends en appât et je lui dis, si c'est possible, prends-moi une chambre, prends-moi une place dans une cure, je suis prête, j'en peux plus. Parce que je savais qu'elle avait des contacts, etc. Donc très rapidement, je parle de ça en 2008, donc ça a quand même plus de 17 ans, c'était plus rapide. Plus facile, il y avait beaucoup moins d'attentes. C'est là où je suis dans la désolation que nos amis qui ont ce problème d'addiction et d'autres qui ont des mois d'attente, c'est affreux. Alors c'est assez curieux parce qu'on dit toujours c'est un mal pour un bien. Ça m'a agacée tellement que ma mère soit toujours derrière mon dos à cette période. Tant que mère aussi, j'ai dit putain, jamais elle va me foutre la paix et tout ça. Et d'un autre côté, ça a été plus ou moins... Un échappatoire socialement correct. J'ai eu cette lueur, cette idée lumineuse, de me dire, Nat, tu vas te réfugier dans un endroit rien que pour toi, et je vais t'aider socialement parlant, ça passera, puisque tu dois te soigner de toute façon, tu sens que l'éthanol, que le corps commence à saturer, et puis il va t'amener dans du glauque, dans ce qu'il ne faut pas. J'ai risque d'être au plus bas encore, donc avant de tout perdre quand même. J'ai eu cette pleure de lucidité ce soir-là. Et ma soeur a été surtout à mon écoute et a pu m'enregistrer. Et je suis rentrée en février 2008 dans cette... Alors j'ai eu une grande chance. C'est à la clinique Montreux-Pont-à-Marseille qui existe toujours et qui soigne pour ça et pour d'autres maladies psy. Moi, la grande chance que j'ai eue, c'est que je me suis retrouvée dans une chambre seule. au rez-de-chaussée, sans barreau ou fenêtre, parce que c'était au rez-de-chaussée, avec une vue imprenable sur le jardin intérieur de la clinique. À ma droite, j'avais en plus le cabinet des infirmières de la clinique, et le réfectoire pas bien loin. Quand je suis rentrée dans cette chambre, alors le paradoxe que j'ai ressenti, j'ai dit Déjà, je me sentais au bon endroit, je savais que j'étais au bon endroit pour du mieux pour moi. Je savais que j'allais trouver mes solutions ici et que j'allais être libérée de cet éthanol. Et en même temps que j'étais enfermée, puisque pour le coup, pendant trois semaines, je ne voyais personne, c'était le programme, c'était le protocole, je me suis sentie libérée. de quelque chose, étonnamment. Mais ça, c'était dans la tête. Je savais que dans cette chambre, j'allais me ressourcer, et je n'ai fait que dormir, parce qu'effectivement, le traitement est très lourd, et c'est très bien d'être encadré, c'est beaucoup mieux. C'est pour ça que quand j'en discute avec quelques amis qui ont ce parcours d'alcool et ses soins, moi, ça a été le Valium. Je pense que c'est toujours plus ou moins un produit phare pour l'alcool. Après, chacun... à ces solutions, mais moi ça m'a été très positif. Et je dis effectivement, le mieux c'est d'être encadré dans un lieu médical. Pourquoi ? Parce qu'il était tellement lourd que je ne faisais rien d'autre pendant les trois premières semaines, je le garantis. Je n'avais jamais eu un traitement aussi lourd de ma vie. C'était, je me réveillais, l'attention, etc., les infirmières faisaient leur travail, j'allais manger au réfectoire, je retournais me coucher. Je levais, je faisais juste ma douche et puis rebelote. Je ne faisais que dormir, Et là, c'est pour ça que je dis, quand je suis rentrée dans cette clinique, je savais que c'était mon salut pour sortir de cette addiction.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça a eu comme conséquence sur ta vie au sens large, au niveau, on va dire, personnel et professionnel aussi ?
- Speaker #1
Au sens large, côté vie personnelle. Aujourd'hui, j'ai coupé les ponts avec ma famille, mais tant que j'avais des liens avec eux, ils me regardaient comme un particulier, alors que ma sœur qui était dans l'alcool, mon frère aussi, il est un peu, mais bon, pour lui, il le gère, elle, elle le gère. C'est leur problème, ça, je ne m'en occupe pas. J'étais plus ou moins le vilain petit canard, et puis ce n'était pas... pas terrible au sein d'une famille qui est quelqu'un qui soit alcoolique. Le mot commençait à rentrer dans la famille, à se dire, parce que moi j'ai fréquenté, après ma sortie de cure, j'ai fréquenté les alcooliques anonymes. Avec le programme, d'ailleurs, ils m'ont été très salutaires aussi, parce que je sortais vraiment au bon endroit pour l'écoute, etc., ce que je ne trouvais pas dans ma vie personnelle. Ma famille, elle était devenue tellement dysfonctionnelle, et je ne pense pas par rapport non plus qu'à l'acoulysm de papa. Bon, ça ne s'est pas arrangé, on va dire, mais il n'y a pas que ça. Voilà, pour faire court, il n'y a pas que ça. Il y avait du dysfonctionnement en matière personnelle, et puis j'ai eu beaucoup dans ma famille aussi… Bon, les générations précédentes, on le sait, c'est de notoriété publique. Enfin, moi, j'étais dans une famille où il y avait beaucoup de non-dits, et surtout, il ne fallait pas parler de médecin ni de psy, sinon on était une cinglée. Voilà. Et ma sœur a su un petit peu ouvrir les portes, parce que les rares fois où elle a osé en parler, et puis qu'elle a dit « moi, je veux un psy » , et puis que je voyais ma mère qui partait en fuite. furie, mais vraiment furie. Ils ne m'étaient pas folle, machin. Ils sont dans le déni, de toute façon. Elle a tenté, elle a dit, elle avait besoin de l'exprimer, etc. Mais du coup, et je leur remercie, c'est que ça m'a permis, à un moment donné ou à un autre, moi, de faire le pas vers un parcours de soins, d'oser et de ne pas avoir honte de faire un parcours de soins. Elle a ouvert les portes quand même en... en disant, quand elle a osé parler qu'elle avait des contacts en milieu hospitalier, on n'en parlait pas, c'était plus ou moins du demi-mot, mais moi tout de suite, j'ai gardé ça. Et franchement, on est comme la vilaine bête. Le paradoxe, parce que moi je dis que j'ai une certaine richesse pour avoir subi l'alcoolisme de mon père et être alcoolique moi-même pour le coup. Cette richesse que j'en ressors, c'est que moi, quand mon père buvait, puisque lui aussi, je ne sais pas si c'est un effet d'imitation, je n'en sais rien, mais ça a été le whisky lui aussi, son truc préféré. Donc il y a peut-être un rapport, enfin peu importe. Je ne comprenais pas, je me suis dit, mais il a tout, papa, enfin il a un beau métier, etc. Après, petit à petit, j'ai compris, par rapport à l'alcoolisme, etc. C'est qu'il y a les émotions, et tout, et tout. Mais c'est surtout, on est une personne qui souffre. On souffre d'une situation. Et c'est une souffrance psychologique. Et ça n'a rien à voir avec le côté matériel, etc.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu as découvert sur toi en arrêtant l'alcool ?
- Speaker #1
Sur moi, que j'étais finalement une belle personne. Même enfant, je me sentais gentille quand même. L'autre me faisait des provocations, des méchancetés, je n'ai jamais riposté là-dessus, parce que d'abord c'était à moi, je trouvais que ce n'était pas… Justement, je me retirais, naturellement j'ai pu me retirer d'une situation néfaste pour moi, enfant, par rapport à un enfant, alors que l'alcool, je ne l'avais pas consommé à ce moment-là, mais déjà je me suis construite par rapport à ça. à savoir me protéger par rapport à une situation qui pour moi ne me convenait pas. Et ça, ça m'est revenu quand j'ai stoppé l'alcool, que j'ai arrêté de m'embarquer dans des environnements toxiques, néfastes, puisque justement quand je picole, puisque c'est moi quand je picolais à outrance, je perdais tout à fait le contrôle de mes pensées, etc. Et j'allais toujours vers ce qui ne me convenait pas. Bien évidemment. Donc, le grand changement a été, à partir du moment où je suis sortie de ce parcours de soins, ça a été d'éviter les environnements qui me sont toxiques. Et personne comprise. Tant qu'on le peut, c'est pour ça que ça a été tardif par rapport à ma famille, parce qu'il y a eu des allers-retours, etc. pour faire court. Finalement, aujourd'hui, j'ai décidé de couper les ponts de façon définitive, pour d'autres choses. que je n'accepte pas certaines attitudes, etc. Parce que ce n'est pas parce qu'on a le statut d'alcoolique qu'il faut être de cette manière-là avec l'autre, avec un autre être humain, quel qu'il soit, etc. Et il y a eu des choses qui ne m'ont pas convenu. Et du coup, je dis adieu à ma famille. Ils le savent. Chacun sa route, chacun son chemin. Et du coup, ça m'a libérée parce que du coup, ça m'a permis de continuer à me ressourcer sur moi-même, de me recentrer, de continuer.
- Speaker #0
d'être à l'écoute vers ce qui me convenait. Je ressens aujourd'hui, j'acquiers un apaisement. J'acquiers aujourd'hui, dans ma 18e année, et après avoir eu le courage de travailler, alors il y a deux points cruciaux, ça c'est les alcooliques anonymes qui le suggèrent dans leur programme, je le fais court, il y a deux points cruciaux à travailler qui nous freinent dans notre vécu. Et ça c'est tout le monde, c'est universel et c'est dans tout pays et dans toute relation, c'est 1. les peurs, 2. l'orgueil. C'est pour ça que je tenais absolument à faire cette interview-là parce que j'ai décrypté beaucoup de choses depuis et j'ose le verbaliser aujourd'hui qu'il y a quelques années, ça fait un paquet d'années que ce programme m'accompagne, je prends que ce que j'ai envie de prendre. Je comprends que ce que je peux comprendre à l'instant T, parce que c'est un programme qui est présent aussi, il y a beaucoup de choses et que nous retrouvons, mais la manière dont a été écrit ce programme, effectivement, pour moi, alcoolique, il m'a convenu. J'ai compris que d'autres textes, beaucoup plus sophistiqués, etc., je ne comprenais rien du tout, donc ce n'était même pas la peine d'y aller. Mais d'une manière globale, quand on va dans… D'ailleurs, je me suis inspirée aussi des quatre accords Toltec. que j'ai pu avoir l'occasion de lire aussi, qui reprennent exactement les mêmes idées, à avoir les mots justes, qui rejoignent finalement ce que disent d'autres programmes. Les quatre accords Toltec, moi j'ai retenu, donc il faut les mots justes. Ce qui a été puissant aussi, c'est de ne rien prendre, les choses dirigées contre soi. Et ça, il a fallu que je fasse de gros, gros, gros efforts là-dessus. Et j'arrive. Et je peux vous garantir, surtout dans la vie professionnelle, c'est « waouh » . Parce que bon, c'est vrai que la vie personnelle, tu la choisis après. Mais après, j'essaye de bannir les suppositions. Ça, c'est la corte tech qu'elle propose. Et toujours faire de son mieux. Voilà. Ça, c'est un programme de base que je comprends, que j'essaye 24 heures à la fois. Ça, c'est les A.A. qui me l'ont appris. De me concentrer sur le moment présent, puisque j'avais remarqué que j'étais tout le temps dans le passé, etc. De ce que je peux dire de cet enseignement, et je continue d'apprendre. Et ça vaut vraiment le coup. Et j'ai lâché prise pour beaucoup de choses. J'ai arrêté de m'illusionner. Ça, c'est en l'occurrence par rapport à la famille. Le premier adieu que j'ai dit, c'était cette année. Alors j'ai dit deux adieux. Un adieu à ma famille, que j'ai verbalisé devant ma fille. Voilà, très théâtralement, mais ça sortait du fond du cœur. Elle a compris que c'était définitif et sans retour possible. Et j'ai été légère après ça. Et d'autres portes se sont ouvertes sur mon chemin. Et j'ai pu changer ma vie professionnelle qui démarre l'année prochaine avec d'autres collègues, de nouveaux collègues, un nouvel environnement et une qualité de vie meilleure. Je vais être dans le Var en janvier 2026. Apaisée, apaisée dans ce que je sois. Bon alors, comme on le sait, quand on a un certain vécu et qu'on fait toujours du travail sur soi-même, j'ai encore du boulot à faire sur moi. Je sais pertinemment que l'herbe n'est jamais plus verte ailleurs, n'est-ce pas ? Mais l'enseignement que j'aurais eu de toutes ces années... que ce soit dans les Bouches-du-Rhône avant, dans les Alpes-Maritimes pendant 10 ans, avec deux lieux différents de travail et tout ça. Voilà, j'ai un certain panel et là aussi une certaine expérience du milieu professionnel qui me permettra, quand tu le dis si bien Axelle, de me protéger. Mais je sais que c'est la médecine traditionnelle, moi, qui m'a permis de m'en sortir avec ce programme qui a été mes solutions. Je précise. D'ailleurs, il y a des choses que je n'adhère pas et que je ne prends pas. Et puis, il y a des choses que je prends. Et puis, petit à petit, voilà. De toute façon, le but du jeu de tout ça, c'est d'être bien. D'être bien sans addiction. Donc là, le tabac, ça fait depuis le 15 décembre que je l'ai stoppé. Je me suis dit, Nat, tu vas continuer dans ton ascension. Puisque tu vas être dans un nouvel environnement, autant te dégager de cette dernière substance toxique. Alors ce qui me rend fière aujourd'hui, c'est de me sentir là où je dois être, que ce soit dans la vie privée que dans la vie professionnelle. Je vais être là où je dois être. Parce que j'ai eu beaucoup de chance dans le changement professionnel. Je n'étais pas la seule non plus à viser ce poste, etc. Si j'ai cette chance d'y être, c'est que ma place est là. Et d'autant plus que je peux le dire, c'est que je le ressens. Je ne me mens pas, je le sens, c'est vrai, je suis... Je ne me fais pas de second rôle, je suis moi. Je suis belle et bien moi, comme là, je suis authentique aussi quand je te partage tout ça, c'est tout ce qu'il y a là-dedans, qui sort de façon spontanée.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu aimerais que les gens retiennent de ton histoire ?
- Speaker #0
De cet enseignement et que ça vaut vraiment le coup de sortir de tous ces trucs-là. D'abord, ça coûte cher. Là, j'avais eu l'opportunité, puisque j'avais fait des rachats de crédit, tout le bazar pour sortir de l'alcoolisme. c'est pas sans... C'est quand même pas sans séquelles. Aujourd'hui, j'ai à nouveau un pouvoir d'achat. J'ai quand même fait le calcul, j'ai quand même laissé 78 000 euros d'alcool pendant toutes ces années. C'est assez vertigineux, le truc. J'ai hérité d'une petite fibrose, pour le côté santé, une petite fibrose, à laquelle je dois faire attention, un petit peu à ce que je mange. Je sais que je fais de l'intolérance au lactose aujourd'hui. Peut-être, probablement du gluten et quelques trucs. La fibrose, donc c'est de type afin, ça veut dire concrètement que mon foie est allumé, le tissu de mon foie est allumé. Donc il y a certains aliments où il faut que je t'y stoppe aujourd'hui, sinon j'ai une douleur atroce. Et ça, ça me freine d'autant plus de ne pas retourner à la picole, parce que je sais pertinemment que les molécules alcool, si même je prenais un verre, j'allais directement à l'hosto, c'est clair. Voilà, donc je fais attention à ce que je mange. Voilà, donc le lactose, je le bannis un max, bien que des fois ça m'est arrivé cet été de manger des glaces un petit peu, mais toujours pareil, c'est un état d'esprit. Faut, comme je l'expliquais, alors il y en a, alors je pense aux nouveaux abstinents. Si vous pensez, on vous dit oui, pas manger. Alors au début, je ne mangeais rien de ce qui était, où il y avait de l'alcool. Vous savez, les crêpes Suzette, les soufflets au Grand Marnier. les moules marinières, le coco au vin, tous ces trucs-là qui sont à base d'alcool. Effectivement, moi, je les bannis pendant un paquet d'années. Aujourd'hui, de temps en temps, je m'autorise à reprendre, mais je suis allergique un petit peu au vinaigre d'ailleurs, pour le coup, le fait d'avoir enlevé ça. Alors, comme je dis toujours, je prends l'exemple de la salade. Quelqu'un qui prend de la salade, alors on dit que la salade, c'est bon pour la santé et tout ça, il y a d'autres façons de faire des sauces vinaigrettes et tout. Mais moi, c'est surtout le vinaigre que j'aime bien, et particulièrement le balsamique, qui est pas mal en goût, pour le coup. Et je me dis, en fait, on se questionne beaucoup sur savoir est-ce qu'on doit tout s'interdire ou pas. Alors au début, je suggère oui, parce que quand c'est au moins le cerveau, tu es clair, tu es clean avec ton cerveau. C'est-à-dire, tu lui dis, il faut lui donner d'autres signaux au cerveau. Il faut lui donner des signaux neufs au cerveau. Parce que si tu, comme on dit, si tu flirtes, La bière sans alcool, le vin sans alcool, il y aura toujours les signaux, mon vin, mon bière, et ça moi je dis nos cinq sens, ils sont toujours en active recherche, tant que tu n'as pas une assise pour pouvoir... Moi je sais que je suis tombée dans la dépendance, alors attention, dépendance, moi j'ai une perte de contrôle, je ne peux plus gérer l'alcool, je sais pertinemment que si je retourne à un verre, ce ne sera pas aujourd'hui que je prendrai la bouteille de whisky. et je sais que dans quelques mois je vais avoir une forte contrariété, un truc comme ça, tout de suite mon cerveau me dit « Nat, prends-toi un verre de whisky, ça va te détendre, etc. » C'est comme utiliser les alcooliques anonymes. J'avais un ami de ce mouvement, en exemple un interrupteur dans le cerveau, le mode on et le mode off. C'est tout à fait ça. Voilà, moi je dis, effectivement, comme tu disais très justement au début aussi, Axelle, il faut avoir l'esprit ouvert sur son parcours de santé. On se connaît, comme je le disais aussi au départ, cas par cas. Il n'y a que nous qui sachions comment on fonctionne finalement, dans notre corps, ce dont on a besoin, ce qui nous fait du bien, ce qui nous réussit, ce qui ne nous réussit pas. Il faut tester, il ne faut pas hésiter. Moi, j'ai pris l'année quand je disais... tout à l'heure la médecine traditionnelle, pourquoi ? Parce que c'est un petit peu dans mon éducation, je sais quand même que la médecine traditionnelle a fait ses preuves. quand même sur certains trucs, mais après il n'y a eu que mon mental. Moi j'ai utilisé le Médoc, le traitement Valium, que six mois. Après je devais reprendre le travail et le temps complet, je me suis dit il ne faut surtout pas que je reste zombie, parce que j'étais encore zombie, j'étais dans le coltard, ça flingue. Et j'ai dit non, pour trouver mon 100% il va falloir que je sois sans rien. Alors effectivement j'ai pris des risques, mais des risques calculés, si je puis dire, j'étais chez moi. Il m'est arrivé d'avoir cette période-là, alors des moments où j'avais des nuits coupées, voire même des nuits blanches, mais c'est passé. J'ai dit je fais confiance en mon mode naturel, je sais que le naturel va revenir au niveau du sommeil, c'est ce qui s'est produit. Et sans médicaments, j'ai pu retrouver, bon alors je précise aussi, je n'ai aucune autre pathologie. Je ne suis ni bipolaire, ni borderline, ni TDAH, je suis normale, j'ai que l'alcoolisme qui a été... une dépendance affective à la base sur laquelle je travaille donc déjà c'est énorme, c'est du boulot et je veux dire j'ai pas d'autres maladies sous-jacentes voilà ni schizo, ni quoi, ni qu'est-ce, ce qui m'a permis quand même de pouvoir rapidement faire ça et parce que c'est vrai que quand on a un traitement pour soulager ses douleurs à l'autre, il vaut mieux quand même les prendre c'est plus sûr et après petit à petit et bien là aujourd'hui c'est que du mental je suis beaucoup avec les personnes qui ont la même problématiques sur les réseaux sociaux. Je partage beaucoup et je conseille vivement qu'il ne faut pas rester seul face à sa maladie. C'est très important et votre environnement qui sont de qualité. Il y a des groupes sur les réseaux sociaux qui parlent de ces addictions diverses et variées. J'en ai été à plusieurs. Ils sont tous autant de qualité les uns que les autres, tous autant dans la bienveillance et après on y trouve son compte ou on y trouve moins son compte. parce que ça aussi, c'est très personnel. C'est comme un psy ou un toulib. Mais surtout, je conseille vivement de ne pas rester seule dans son parcours de soins. Psy, très bien, puisqu'on a besoin d'un milieu médical. Mais surtout, d'avoir des amis privilégiés, même qu'on ne connaît pas. J'en ai de l'autre côté de la planète avec qui je cause ce soutien. Mais c'est tout.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a quelque chose d'important que nous n'avons pas abordé et que tu aimerais partager avec nos auditeurs ?
- Speaker #0
Je dirais surtout de s'écouter, de ne pas rester dans le mal. Quand on a un grand mal-être, quand on souffre, que ce soit physique ou psychique, de ne pas rester dans cet état. Ne pas hésiter à se faire aider, parce que sinon, seul, ça peut perdurer. Et ça serait dommage de passer à côté d'une vie, alors elle ne sera pas forcément celle qu'on espère, non moins. soit la douleur, soit la souffrance, seront moindres que si on restait seul dans son coin et il y a à souffrir. Il faut vraiment avoir le courage d'ouvrir les portes de soins, d'aides, sincèrement, et je vous dis, ça vaut vraiment, vraiment le coup. Et si effectivement, dans ces portes que vous ouvrez derrière et qui ne vous conviennent pas, n'hésitez pas à en changer. On a une grande chance, du moins en France. d'avoir un panel assez large de médecins formés ou pas. Alors, c'est vrai qu'il vaut mieux prendre un médecin qui soit formé sur notre problématique, puisqu'il la comprend mieux et puis c'est mieux ciblé. Voilà, c'est ce que je conseille, de ne pas hésiter, que de rester dans cette souffrance atroce et de perdre de belles années et de se retrouver. Et après, il y a la solitude. Il y a tout un tas de trucs, mais la solitude aussi, j'ai appris à l'être. Alors il y en a qui l'ont dans la durée, mais justement il faut aller vers l'autre, vers des associations, etc. Car il ne faut pas perdre de vue, l'être humain a quand même un instinct premier, c'est l'instinct grégaire. L'instinct grégaire que l'on connaît bien et dont on parle peu, quand on parle du vivre ensemble, c'est l'instinct grégaire. Et on a besoin de l'autre. Et surtout des personnes qui nous correspondent, tant qu'à faire. Voilà, c'est quand même mieux. Voilà ce que je peux suggérer. Et que vous méritez de ne pas souffrir et de sortir de cette douleur et de cette souffrance. Vous avez autant le mérite. Après, ce que j'ai constaté, après, sur de copier-coller, je dirais, par rapport à mon éducation. Au tout début, je n'ai jamais spécialement cherché à être rebelle, sauf que j'ai essayé de défendre le père de ma fille, que j'aurais mieux fait de m'abstenir. Ça fait partie de mon cheminement, de mon parcours. D'oser. C'est vrai que la peur est humaine, mais justement... Elle freine aussi et surtout d'avoir vraiment pleinement confiance en soi. Toutes les réponses, on les a en soi. On a une ressource insoupçonnée de pouvoir qu'on peut se faire du bien plutôt que du mal. Et c'est vrai qu'on a un état d'esprit plutôt autodestructeur dans l'alcoolisme. J'ai découvert à travers la maladie, alors surtout d'essayer de comprendre et d'apprendre. Offrez-vous une belle vie, sincèrement.
- Speaker #1
En tout cas, merci Nathalie pour ce super témoignage. dans l'éthanol c'est pour les bagnoles, que cela apportera plein d'espoir et de motivation pour toutes les personnes qui veulent s'en sortir, parce qu'ensemble, nous sommes toujours plus forts. Merci Nathalie.
- Speaker #0
Réciproquement, merci Axel.
- Speaker #1
Merci pour la confiance aussi. Si toi aussi, tu ressens le besoin de partager ton histoire, qu'elle soit à visage découvert ou de façon anonyme, tu peux m'écrire à l'adresse l'éthanolcplbattaché.com Ici, chaque témoignage est accueilli avec respect. et tu es le bienvenu. À bientôt.
- Speaker #0
À bientôt.