Speaker #0Salut à toi et bienvenue dans l'Ethanol c'est pour les bagnoles, le podcast qui parle d'alcoolémie, de dépendance et surtout d'humain. Je m'appelle Axel, je suis un ancien alcoolique et aujourd'hui je ne touche plus une seule goutte d'alcool. De nature très joviale, toujours dans la bonne humeur, j'ai envie de partager mon parcours ici avec toi. Mon but, c'est de casser les préjugés, de mettre en lumière cette maladie trop souvent passée sous silence. Un vrai fléau dans notre société. Parce que oui, l'alcool peut tout détruire, un couple, une vie, un avenir. Et c'est exactement ce qui s'est passé pour moi. Tu es prêt ? Alors c'est parti, on en parle sans tabou ici et maintenant. Bienvenue dans ce 22e épisode qui s'intitule Un petit paradis, une grande dépendance. Parlant de chez nous, il y a un grand magasin de bières absolument incroyable. Un vrai petit paradis. C'est un endroit entièrement dédié aux bières artisanales, venu des quatre coins du monde. Rien à voir avec ce que l'on trouve dans les supermarchés. Là-bas, chaque bouteille a une histoire, une origine, une personnalité. Le gérant est un passionné, un vrai spécialiste. Il connaît tout. Les brasseries, les procédés de fabrication, les arômes, parler avec lui, c'est comme plonger dans un univers parallèle, celui de la bière d'auteur. Avec mon père, on adore découvrir de nouvelles saveurs. On s'est même inventé un petit jeu. À tour de rôle, on choisit des bières dans ce magasin sans se dire ce que l'on prend. Pour se surprendre lors de nos apéros du dimanche midi, c'est devenu une tradition. Souvent, je ressors de là avec une vingtaine de bouteilles, bien variées et de diverses quantités. Pour environ 110 euros à l'époque. Ouais, plus ou moins. Ça peut paraître beaucoup. Mais quand on aime, on partage. Mais préféré, laisse tout. J'adore leur côté dense, corsé, parfois chocolaté ou caféiné. Mais ouf, qu'est-ce que ça cogne ! Alors on en déguste une. Et puis deux, pas plus. Bon, quand même. Avec mes parents, bien entendu. On ouvre un paquet de chips et on sort un peu de saucisson et on trinque tranquillement ensemble. Ce sont des moments simples, mais qui comptent. Des petites bulles de plaisir, dans le rythme de nos vies. C'est une belle façon de se reconnecter. Et j'avoue, pour moi, ça me permet aussi de consommer, sans avoir à me cacher. Mais ça dépend des périodes aussi de mon humeur. Il y a des moments où j'ai commencé à boire la chimée bleue avant même le rendez-vous du dimanche midi. Et sans m'en rendre compte, je me suis retrouvé dans une sorte de beuverie hebdomadaire. J'avais hâte d'y aller. Je me dis « Ouais, chouette, c'est dimanche midi, hop, je vais boire. » Je me goinfre donc de chips pour éponger un peu. Et ouf, j'étais quand même bien content que le repas arrive. Car si pour autant qu'il reste de la place aussi. Parce que des bières et des crasses m'avaient déjà bien rempli l'estomac. Comme j'ai l'habitude, je savais cacher mon ivresse. Ou du moins, j'essayais. Je restais cohérent dans les discussions. Je donnais le change. Et une fois le repas terminé, je filais dans ma chambre pour dessouler. Ou parfois, je me réservais une dose d'alcool. Parce que j'avais encore cette sensation de pas assez. Et puis, il y a eu Laura. Depuis que je la connais, je ressens beaucoup moins le besoin de consommer de l'alcool. Du moins, en apparence. Parfois, je n'y pense même plus quand elle est là. C'est là que j'ai compris en réalité, je m'ennuie énormément. Mais comme un fou. J'ai l'impression de stagner, d'être bloqué chez mes parents, alors que personne ne me retient, c'est vrai. Mais au fond, je ne me sens pas prêt. Et en même temps, je réalise à quel point je dépense dans l'alcool. Alors que d'une certaine manière, rester chez mes parents me permet d'économiser. Mais il faut être honnête, oui, j'ai pris conscience que je consomme beaucoup. Malgré ça, je suis incapable de ralentir consciemment, et encore moins d'arrêter totalement. C'est comme si j'étais prisonnier de moi-même, et je dois trouver une solution. L'alcool aussi, ça commence souvent comme un plaisir, comme une évasion, un court instant, un moment de partage, une tradition familiale, amis, un petit rituel du dimanche par exemple. Et puis parfois, sans qu'on s'en rende compte, ça glisse. Ça devient une béquille, une habitude qu'on n'interroge plus, une présence presque normale. Et puis ça finit par peser petit à petit, par occuper une trop grosse place. Je parle ici de mon vécu. Je sais que je ne suis pas le seul. Et si je peux me permettre une chose, c'est ça. Faites attention. L'alcool, ce n'est pas anodin. Même quand on se croit maître de la situation, même quand on croit que ça va, je gère, parce que l'alcoolisme, ce n'est pas toujours spectaculaire. Parfois, c'est souvent sournois, ça s'installe. doucement, à bas bruit. Au stade de mon histoire, je le savais pourtant. J'essayais de prendre conscience de ma propre santé. Un sacré rapport compliqué à l'alcool. Ça. Et oui, j'apprends à regarder les choses en face, dans un coin de ma tête et ce que je peux dire, c'est une chose avec certitude. Rester seul avec ça, c'est lourd. Trop lourd. Mais on a honte. On croit avoir honte. Alors que, bon... Voilà, ce n'est pas le cas, il ne faut pas. Alors si tu te reconnais un peu, beaucoup même, ou juste dans un coin de ce que je te raconte, ne laisse pas grandir ça dans le silence. Parle-en à un ami, à un proche, à un professionnel de la santé. Il n'est jamais trop tôt pour se poser des questions. Et il n'est jamais trop tard pour changer. Et oui, merci de m'avoir écouté. Prenez soin de vous et des autres. On continue d'en parler sans tabou, sans honte, avec bienveillance. Et n'oublie pas, ensemble, nous sommes plus forts. A très bientôt. Merci de m'avoir écouté. La suite dans le prochain épisode qui s'intitule « Pression sociale, l'expression « on repart jamais sur une jambe » » Avant tout, je tiens à te remercier, oui, te remercier d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si ce qui a été partagé ici t'a parlé, et si tu ressens le besoin d'échanger ou de déposer quelque chose, il existe un groupe Facebook dédié, l'Ethanol c'est pour les bagnoles.