Speaker #0Hey, salut à toi et bienvenue dans l'Ethanol c'est pour les bagnoles, le podcast qui parle d'alcoolémie, de dépendance et surtout d'humain. Je m'appelle Axel, je suis un ancien alcoolique et aujourd'hui je ne touche plus une seule goutte d'alcool. De nature très joviale, toujours dans la bonne humeur, j'ai envie de partager mon parcours ici avec toi. Mon but, c'est de casser les préjugés, de mettre en lumière cette maladie trop souvent passée sous silence. Un vrai fléau dans notre société. Parce que oui, l'alcool peut tout détruire. Un couple, une vie, un avenir. Et c'est exactement ce qui se passe. qui s'est passé pour moi. Tu es prêt ? Alors c'est parti, on en parle sans tabou ici et maintenant. Bienvenue dans ce vingt-et-nième épisode qui s'intitule « Quand la visio s'éteint, il reste la bière » . Le lendemain matin, en reprenant le travail, le stress revient rapidement. S'organiser correctement, c'est continuer à avoir une rentabilité ainsi que de garder son emploi. C'est ce qui est logique après tout. L'effet boule de neige. Vers 17h45, je quitte le boulot. J'en avais marre. J'étais fatigué et j'étais pressé de rentrer. Sur le chemin du retour, je me suis rappelé que j'avais déjà plus rien. Je m'arrête à la petite supérette du village pour faire le plein. Quelques bières, des chips. Les classiques. Une fois à la maison, je file sous la douche et je me pose enfin dans ma chambre. Je traîne sur Youtube, je regarde un peu de tout et parfois je me documente au hasard. Le tout en sirotant une première chimée bleue. Et puis une deuxième. Tranquille. Posée. C'est devenu un petit apéro perso. Un rituel avant d'aller souper avec mes parents. C'est une habitude bien ancrée maintenant. Ça fait des années que ça fait partie du décor. Depuis quelques semaines, il y a aussi un petit rituel qui s'est installé. C'est appeler Laura en visio. Ah, je ne me cache pas. Je consomme devant elle. Sans détour. On partage ces moments comme une parenthèse, une évasion. Un petit moment suspendu dans la journée, rien qu'à nous. On parle de tout et de rien. On recrée notre cocon, à distance. Un vrai petit bonheur. Tant que la connexion ne ne plante pas non plus. Et franchement, ça fait du bien. Ça m'a vidé la tête. Ça m'a aidé à oublier les tracas du boulot et la pression qui colle à la peau. Et puis, ça permet aussi de prendre des nouvelles d'elle. Même si deux sans-bordes nous séparent. Et parfois, ouais. Je reprends une bière pour la digestion après le repas. Il faut bien trouver un prétexte pour rallonger et prolonger ce moment de décompression. Petite parenthèse d'ailleurs sur notre relation à distance. En quelques mots, on est un peu esclave chacun de notre côté. Elle avec son internat et ses études qui la bloquent à court terme, mais avec l'objectif de se mettre ensemble plus tard définitivement. Et moi, de mon taf et de la solitude. Une solitude que ma chambre connaît par cœur. Même si avec R, donc Régis, on avait une relation d'amitié très très forte depuis plus de 10 ans. On se veillait juste le temps d'un week-end par-ci par-là, avec la distance également. Et puis, depuis un an, nos chemins se sont séparés. On n'avait plus les mêmes objectifs dans la vie, malheureusement. J'avais l'impression d'être tiré vers le bas. Je me suis dit, non, je ne peux pas à ça. Pour moi, je ne peux pas continuer comme ça. C'était un vrai déchirement. mais nécessaire. Quand on s'est quittés, on savait tous les deux qu'on allait se revoir un jour. Ça se voyait dans nos yeux. Il m'a dit cette phrase que j'ai jamais oubliée. Non, je n'y crois pas. C'est pas fini. On se reverra. Bref, tout ça pour te faire comprendre, toi qui m'écoutes, que oui, cette relation amoureuse avec Laura, je m'y accrochais de toutes mes forces. Le désir de la revoir est très très fort. Je me sens coincé de partout. Mais Laura, elle, c'est comme une lumière dans le noir. Pour la première fois dans ma vie, je me sens bien. Aimé pour ce que je suis. Amoureusement parlant. Je referme cette parenthèse. Plus les jours passent, plus Laura est un peu habituée à me voir consommer de l'alcool. Je ne suis jamais bourré devant elle. Juste ce qu'il faut pour décompresser. Enfin, quand je dis devant elle, c'est en vision. Mais parfois, la consommation varie. dérive vers une alcoolisation totale. Avec la distance, on s'est mis d'accord pour se voir un week-end tous les trois semaines environ. en physique. Le reste du temps, je reste chez moi, je joue à la console, je regarde des films en tout genre. Finalement, je ne sors pas. Je fais aussi des petites crises de boulimie. Chocolat, chips, jus d'orange et j'en passe. Et puis les apéros dans ma chambre avant chaque dîner ou souper. Sauf les dimanches midi. Là, je bois avec mes parents. Pas loin de chez nous, il y avait un magasin de bière incroyable. Un vrai paradis. C'est un endroit dédié exclusivement aux bières d'artisans. venu du monde entier. Mon père et moi, on adore découvrir de nouvelles saveurs. Alors on a trouvé un petit jeu. La suite, dans le prochain épisode. Tu vois, ce que cette histoire m'a appris, c'est que l'on peut très facilement confondre un petit réconfort avec une vraie solution. Une bière. après le taf, ça n'a l'air de rien. Et puis, sans qu'on s'en rende compte, depuis le début de mon adolescence, ça devient un réflexe, une habitude, un truc qui se glisse dans le quotidien comme un pansement sur une blessure invisible. Mais l'alcool, ça ne guérit en rien, ça camoufle, ça repousse l'inconfort à demain. Et à force, ce que l'on fuit finit toujours par nous rattraper. Je le sais maintenant, boire pour tenir, c'est pas tenir. c'est s'oublier doucement. La vraie force, elle n'est pas dans le fait de gérer ses consommations, elle est dans le fait d'oser se regarder en face, de se poser les vraies questions, et surtout, d'y répondre avec honnêteté, même quand ça nous fait mal. Moi, ce que je veux, c'est pas juste arrêter de boire, c'est de me retrouver, d'être capable d'aimer l'aura sans brouillard dans la tête. D'être là pour Régis quand on se reverra. Et surtout, d'être là pour moi. Alors ouais, j'attends ce déclic. Peut-être que ce sera lent. Peut-être que ce sera brutal. Mais je l'espère de tout mon cœur. Parce qu'au fond, cette histoire, c'est pas juste la mienne. C'est celle de plein de gens également. Plein de gens ont cru que boire, c'était vivre. Alors qu'en vrai, vivre, c'est pouvoir respirer libre. Aimer clair, rire vrai. Et si tu te reconnais dans ce que je dis, sache un truc, il n'y a rien de honteux à trébucher. Ce qui compte, c'est de vouloir se relever. Et moi, j'essaye, pas à pas. Pour moi, pour elles, pour eux, pour la suite. Merci de m'avoir écouté. La suite dans le prochain épisode qui s'intitule Un petit paradis, une grande dépendance. Avant tout... Je tiens à te remercier, oui, te remercier d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si ce qui a été partagé ici t'a parlé, et si tu ressens le besoin d'échanger ou de déposer quelque chose, il existe un groupe Facebook dédié, l'Ethanol c'est pour les bagnoles. le groupe. C'est un espace bienveillant pour partager, pour échanger et surtout, ne pas rester seul avec tout ça. Et si tu veux suivre l'actualité du podcast, les coulisses ou les prochaines annonces, tu peux aussi retrouver le projet sur la page Facebook du même nom. Surtout, prends soin de toi et à très bientôt.