- Speaker #0
podcast.fr l'interview de podcast.fr bonjour c'est claire de podcast.fr chaque semaine je décortique les secrets des podcasts qui marchent aujourd'hui la petite voix avec herveline denis Bonjour Hervéline. Bonjour Claire,
- Speaker #1
enchantée.
- Speaker #0
Alors vous êtes la voix, derrière la petite voix, le podcast qui donne la parole à celles et ceux qui osent écouter leur intuition et changer de vie. C'est un podcast que vous avez lancé en 2019 et qui explore des moments où la vie bascule, qu'il s'agisse d'un changement de vie professionnel, d'une décision sur le plan amoureux ou encore d'un problème de santé qui demande de prendre un nouveau chemin. Dans ce podcast, vous explorez comment l'écoute de notre petite voix intérieure peut nous amener à être davantage alignés avec nous-mêmes. C'est un podcast qui a 7 ans et dans lequel, au départ, vous interviewez principalement des thérapeutes. Et puis, à partir de 2025, vous avez élargi un public plus généraliste. Alors, première question, qu'est-ce qui vous a amené à créer ce podcast ? Dans quel contexte est-ce que vous étiez ?
- Speaker #1
Eh bien, j'ai créé ce podcast parce que j'étais dans un moment de vie où je n'ai pas eu d'autre choix que d'écouter justement cette fameuse petite voix. J'ai eu un cancer du sein en 2018, c'était l'année de mes 40 ans, donc une belle crise de la quarantaine. Et en fait, pendant la maladie et les traitements, on va dire que ça s'est étalé sur une année. Il s'est passé deux phénomènes qui ont créé ce podcast. c'est que d'un côté, ayant beaucoup de... de temps pour moi, ayant conscience de l'importance de maintenir une certaine activité physique, j'ai commencé à beaucoup marcher vers chez moi. J'habite dans le Beaujolais, donc j'avais de quoi m'amuser. Et en fait, quand je marchais, j'ai commencé à écouter des podcasts. Et c'est vraiment à ce moment-là que j'ai découvert ce format-là. Moi qui ai grandi avec la radio allumée dans la cuisine toute la journée, et ensuite avec Docky D. Fool, j'avais une appétence particulière pour l'audio. Et en fait, de découvrir ce format-là, notamment à travers la poudre qui m'a beaucoup accompagnée de Lorraine Bastide à l'époque, ça a été pour moi une découverte. J'adorais cette intimité-là, ce format long. Et ça a beaucoup accompagné et mes balades dans les vignes, et toutes les réflexions qui accompagnaient ce que j'étais en train de traverser. Et puis en parallèle, toujours dans le cadre des traitements du cancer du sein, j'ai eu besoin de m'entourer. de thérapeutes, évidemment toute la médecine classique, mais aussi des thérapeutes aux approches plus ou moins alternatives. Et auprès d'eux, j'ai trouvé beaucoup de réconfort, de sens. Et comme je suis de nature très curieuse, j'aimais leur demander comment ils étaient devenus thérapeutes. Ça m'intriguait en fait de comprendre quels avaient été les parcours. Et à chaque fois, je découvrais des histoires très belles et rarement très linéaires. Du coup, je me disais, c'est tellement dommage de garder ça pour moi. Et tout ça, en fait, et la découverte du monde du podcast, et ma curiosité pour les parcours des thérapeutes, tout ça s'est mixé en matin. C'est très storytelling, mais ça s'est vraiment passé comme ça. Je méditais avant de partir en séance de chimio, avec mon chat à côté de moi. Et puis, en fait, pendant la méditation, je me dis, en fait, il faut que je crée un podcast avec des thérapeutes. Ce que j'ai trouvé... Vraiment absolument ridicule sur le moment, puisque je ne m'en sentais pas la légitimité ni rien. Et puis quand même, il y a quelques avantages à être malade, c'est qu'on s'autorise certainement plus de choses. Et en l'occurrence, là je me suis autorisée à me dire « En fait, je n'y connais rien, mais je vais me lancer. » Et ce sera aussi d'ailleurs un super tremplin pour sortir de la maladie. Et c'est exactement ce qui s'est passé.
- Speaker #0
Du coup, quand vous lancez ce podcast, vous le lancez avec cette thématique de la petite voix, de l'écoute intérieure. Pourquoi est-ce que vous avez choisi cet angle-là en particulier ? Est-ce que vous vous êtes rendu compte que finalement, la plupart des gens qui étaient devenus thérapeutes l'étaient devenu parce qu'ils avaient écouté cette forme d'intuition ?
- Speaker #1
C'est une bonne question, mais en fait, je crois que je me la suis peu posée sur le moment. Parce qu'en fait, tout d'un coup, quand l'idée du podcast m'est venue, ça me semblait assez évident d'aller sur ces parcours de vie. Et d'illustrer, parce que j'étais moi-même dans cette, je vivais pleinement cette fameuse crise de la quarantaine, et j'étais en train de comprendre que très souvent dans nos premières années de vie, vingtaines, trentaines, on va cocher des cases que la société attend de nous, et c'est ok, c'est très bien de créer un couple, de faire famille, de trouver un job, d'acheter une maison, d'avoir un chat, un chien. Et puis en fait, il y a un moment où on se dit, ok, j'ai coché les cases et j'ai fait plaisir à tout le monde. Mais est-ce qu'à moi, je me suis fait vraiment plaisir ? Et qu'est-ce que profondément j'ai envie ou pas de faire ? Et je me rendais compte en parlant avec ces thérapeutes qu'eux aussi avaient vécu ce moment-là, ce switch dans la vie où on se dit « Ok, je vais faire ce que je veux. » J'ai répondu à des attentes, mais les miennes ont-elles été entendues et écoutées ?
- Speaker #0
Vous disiez que le lancement de ce podcast vous a aidé dans la guérison. Est-ce que vous pouvez développer un petit peu en quoi ?
- Speaker #1
Quand on est malade et dans les traitements, on est quand même très pris, même d'un point de vue purement logistique. On passe beaucoup de temps à l'hôpital, dans les examens, etc. Et tout d'un coup, d'avoir un autre sujet que juste la maladie. Ça me permettait d'avoir une bouffée d'air et de préparer la vie d'après. Parce qu'en fait, oui, on est malade, mais il y a un moment où les traitements s'arrêtent. Et d'ailleurs, on dit souvent que c'est une période très complexe pour les malades parce qu'il y a comme une espèce de grand vide. La petite voix m'a donné la possibilité de remplir ce vide avant même qu'il arrive. Et donc, ça a très vite pris beaucoup de place dans ma vie. parce que je pense que ça m'a tellement parlé, ça m'a animée. Je pense que ça venait toucher à un truc profond chez moi et donc ça a pris tout de suite une place importante.
- Speaker #0
Donc, quand vous lancez ce podcast, vous devez découvrir, apprivoiser la partie technique aussi, qui n'est pas simple. Faire des interviews aussi, ce qui n'était pas votre cœur de métier jusqu'alors. Comment ça se passe cette phase de lancement et d'apprivoissement ?
- Speaker #1
C'est intense. En fait, effectivement, ce n'était pas mon métier, mais quand même, je viens du marketing et de la communication. Donc, il y a une certaine fibre qui était présente. Et donc, sur la manière de mener les interviews, je me suis peu posée de questions. Je me suis dit, en fait, je le fais avec ma curiosité. En fait, ça a été ça qui a été mon... Ma boussole, en fait, ça a été ma curiosité. Donc, j'ai un peu structuré les entretiens, mais j'ai aussi beaucoup laissé, puis aujourd'hui encore, la place à la rencontre, en fait, à la magie de la rencontre. En revanche, l'aspect technique, là, ça a été une vraie galère, quoi, parce qu'effectivement, un, c'est pas mon truc, et deux, j'ai du mal à m'y intéresser. Mais en même temps, j'ai assez vite compris qu'on ne pouvait pas s'en affranchir et que un bon entretien avec un son de mauvaise qualité ça dégradait tout l'intérêt de ce qu'on avait à raconter en fait donc bon an mal an mais comme je pense beaucoup de podcasteurs j'ai passé des nuits à monter des épisodes et à les remonter parce que ça n'allait pas j'ai planté des interviews le meilleur exemple c'est que j'ai un invité avec qui on a dû enregistrer trois fois parce que les deux premières fois j'ai perdu, la première leçon était vraiment trop mauvais. Et la deuxième, j'ai perdu l'interview qui était à distance. Donc là, c'était la honte suprême. Mais il a été sympa, Guillaume, il a joué le jeu. Mais voilà, j'imagine que ça fait partie des affres...
- Speaker #0
C'est classique, au début. Au début, ça fait vraiment partie, effectivement, du parcours d'un podcasteur. Et puis, des erreurs aussi qu'on entend souvent. J'ai oublié d'appuyer sur le bouton qui m'est arrivé aussi. Donc, on fait l'enregistrement, puis on se rend compte qu'on n'a pas appuyé sur enregistrer. Voilà, qu'on a mal continué. Il y a plein d'erreurs aussi, effectivement, qui font partie de l'apprentissage, mais qui, effectivement, nous montrent que le son, c'est un élément crucial du podcast et que c'est le premier élément, en fait. Si on a un son qui est mauvais, pour vraiment que le contenu soit absolument excellent, pour que les gens restent.
- Speaker #1
Oui, donc c'est pour ça, même encore aujourd'hui, Bon, je n'aime toujours pas la technique, mais malheureusement, je me dis en fait, c'est la première chose à faire quand on arrive en interview et qu'on rencontre l'invité. C'est de caler cet aspect-là et c'est ce que je leur dis. On fait ça et comme ça, après, on est tranquille. Mais c'est important d'avoir calé ça une bonne fois pour toutes pour ensuite se concentrer à ce qu'on a envie de se raconter. Parce que je ne pense pas que beaucoup de podcasteurs soient devenus podcasteurs parce que la technique les intéressait. En fait, ce qui nous anime, c'est ce qu'on a à raconter et à partager.
- Speaker #0
Tout à fait. Donc, ce podcast, il a maintenant sept ans, je le disais en introduction. Comment est-ce qu'il a évolué ? Et notamment, comment est-ce qu'on les écoute ? Ont évolué entre la première année, les premières interviews et puis maintenant ?
- Speaker #1
Comment ça a évolué ? Déjà, vraiment, et pourtant, quand je l'ai lancé, j'y ai mis beaucoup de cœur et de temps et d'énergie, mais je... Je ne savais pas du tout où j'allais aller. Je ne pense pas que j'imaginais que sept ans plus tard, je puisse répondre à une interview pour parler de mon expérience avec la petite voix. Déjà, moi, je l'ai lancé à une époque où on était... En janvier 2019, le format podcast était encore moins connu qu'aujourd'hui. Je pense qu'il y a encore beaucoup de boulot à faire encore aujourd'hui en France en 2026, mais du coup, en 2019, on partait de très très loin. Mais en fait, comment ça s'est construit ? Petit à petit, parce qu'en fait, on le sait, et là pour le coup, je prends ma casquette de marketeuse, mais une fois qu'on a fait un épisode qui est enregistré, on n'a fait que 50% du boulot. Et derrière, il y a tout un travail à faire sur les réseaux sociaux, sur les newsletters, enfin tout un travail de promotion qui est indispensable si on veut petit à petit accéder à une certaine audience.
- Speaker #0
Ce que vous avez fait, donc vous avez commencé à communiquer sur les réseaux sociaux, à monter votre newsletter, ça c'est quelque chose que vous avez fait dès le début ou qui a pris un petit peu de temps quand même ?
- Speaker #1
Non, ça je l'ai fait dès le début. En fait, là pour le coup, j'étais un peu sur mon terrain, sur un terrain familier. Donc, ça me semblait assez évident d'être sur les réseaux sociaux. Et la newsletter, je pense qu'elle est venue assez rapidement aussi. Ça m'a semblé assez évident d'avoir ces deux outils-là que j'entretiens toujours aujourd'hui. Avec le temps, ce qui est apparu, c'est qu'en fait, c'est vraiment Instagram l'endroit où j'ai le plus d'audience et où il se passe le plus de choses. Mais je pense que ce n'est pas seulement vrai pour la petite voix. C'est vraiment un truc de podcasteur. Je ne sais pas pourquoi sur Facebook, il y a quelque chose qui prend moins bien. C'est peut-être juste une histoire de profil, d'audience. Mais oui, mon terrain de jeu aujourd'hui en réseaux sociaux, c'est plutôt Instagram. Je crois que j'ai 17 000 personnes qui m'y suivent. Et puis j'ai une newsletter et ça, j'adore ce format-là parce qu'il est encore plus intime. Je fais une newsletter une fois par mois et c'est vraiment... Je veux que ce soit quelque chose qui reste assez personnel, tout en faisant attention à quand même préserver un peu ma vie à moi. Mais c'est des partages, oui, plus intimes. Je m'autorise plus de choses sur ma newsletter que sur les réseaux sociaux.
- Speaker #0
Ok. Moi, effectivement, c'est un format qui se développe de plus en plus dans la newsletter, qui était déjà présent, mais qu'on... On voit revenir beaucoup, effectivement, comme une forme de, voilà, peut-être de contre-coup, ou en tout cas de réaction à des formats très immédiats, très courts comme Instagram, qui sont nécessaires, mais qui laissent peut-être moins la place à de la nuance, à des contenus plus longs. Et donc, effectivement, on voit aussi beaucoup de newsletters se développer, notamment sur Substack. C'était déjà présent aux Etats-Unis, puis là, ça arrive beaucoup en France. À quel rythme vous avez publié dès le début ? Et est-ce que vous avez réussi à maintenir ce rythme de publication ?
- Speaker #1
Je crois que dès le départ, je suis partie sur un épisode par semaine. Rétrospectivement, je me dis vraiment, j'étais naïve et un peu, heureusement, un peu aveuglée par mon enthousiasme. Mais finalement, j'ai réussi, bon an, mal an, sur les sept années passées, à tenir à peu près ce rythme-là. Je ne pense pas qu'il y ait eu beaucoup de périodes de creux, sauf évidemment les étés avec les replays, etc. Mais sinon, j'ai réussi à maintenir ce rythme-là. Ce que j'ai mis en place depuis plusieurs années maintenant, c'est qu'en fait, quand maintenant j'ai un invité, je fais deux interviews avec lui ou avec elle. Très souvent, on va avoir un long épisode sur son parcours et puis un deuxième qui est un peu plus tourné sur des conseils de bien-être, de développement personnel, suivant le profil de l'invité. Et donc ça, ça me permet de gagner quand même beaucoup en termes de charge de travail.
- Speaker #0
C'est quand même effectivement un rythme qui est soutenu, un épisode par semaine avec tout le travail de montage, de communication, etc. Vous avez donc, après cette guérison du cancer, repris votre activité de marketeuse. Comment est-ce que vous arrivez à combiner un peu les deux casquettes ? Est-ce que ça se fait facilement ?
- Speaker #1
En fait, ça se fait facilement parce que je travaille à mon compte, donc je suis assez libre dans ma manière de fonctionner. Ma priorité, même si j'adore la petite voix... Ça va quand même être de rendre ce que j'ai à rendre à mes clients. Mais en revanche, c'est vrai que je ne fais pas faux bon à la petite voix. Donc, les épisodes, je les produis chaque semaine. Alors, je précise parce que c'est hyper important, je ne fais plus le montage depuis longtemps. Là, je travaille avec une monteuse que plein de podcasteurs français connaissent, Alice Criff, qui est géniale. et qui me soulagent beaucoup. Je crois que je gagne au moins 4 ou 5 heures par épisode avec elles. Mais oui, quitte à travailler le soir et le week-end, mais pour moi, c'est important. Je pense que la régularité, la constance, l'endurance, c'est un des sujets les plus compliqués quand on a un podcast, mais ils sont aussi vraiment importants.
- Speaker #0
C'est sûr, c'est évident. Comment est-ce que ces écoutes ont évolué ? Est-ce qu'il y a eu une progression un petit peu linéaire pour arriver à la notoriété que vous avez sur ce créneau-là, on va dire ce sujet-là de l'intuition ? Est-ce qu'il y a eu des pics à un moment donné d'audience, des épisodes qui ont fait basculer un peu les choses ? Comment est-ce que ça a progressé ? Je crois que c'est parti relativement vite. C'est monté assez haut.
- Speaker #1
Je crois que c'était en 2022 où nos amis d'Apple Podcast ont changé certaines manières de calculer les écoutes. Et là, tout d'un coup, on s'est tous retrouvés avec un gros creux. Mais aujourd'hui, non, en fait, maintenant, je crois que c'est à peu près stabilisé, je dirais autour de 25 000 écoutes par mois, plus ou moins. Ça dépend évidemment des épisodes. Je sais que mes auditeurs, mais ça, ça vient certainement du passé avec les thérapeutes, adorent les sujets un peu ésotériques. Et ça me va bien, ça m'intéresse aussi. Mais ésotérique, bien traité avec des gens qui en parlent de manière assez ancrée, les pieds sur terre. J'ai parfois des personnalités un peu plus connues aussi qui viennent. Ça, c'est toujours un peu à double tranchant. Évidemment, on sait qu'avoir des personnalités, ça permet de faire rayonner plus le podcast. Mais ce sont aussi des gens qui sont très rodés à l'exercice de l'interview. Moi, j'adore la fraîcheur des personnes qui n'ont jamais fait d'interview. Il se passe vraiment souvent des choses assez belles. Là où, quand quelqu'un a déjà répondu 15 fois aux mêmes questions, il va se passer un peu moins de choses. Ce n'est pas toujours vrai. L'année dernière, j'ai eu la chance d'interviewer l'humoriste belge Véronique Gallo. Elle a été hyper généreuse et ça a été un vrai chouette moment.
- Speaker #0
Justement, qu'est-ce que vous, vous avez appris sur la petite voix, sur cette intuition ? Comment est-ce qu'on peut la définir ? C'est peut-être pas forcément évident d'avoir une définition rationnelle de ce qu'est l'intuition. Mais comment est-ce que vous, vous la définiriez ? Qu'est-ce que vous avez appris sur elle, comme ça, un peu en vrac, ce qui vous vient aujourd'hui ?
- Speaker #1
Déjà, j'ai appris que cette petite voix, c'est vraiment celle qui nous souffle, ce qui est tout à fait juste et OK pour nous. Ça ne veut pas dire... que c'est confortable. Et d'ailleurs, souvent, elle n'est pas là pour être douce et tendre avec nous. En fait, notre petite voix, c'est comme une meilleure amie. Une meilleure amie, elle est toujours là et bienveillante et prête à vous écouter, à vous accompagner, à vous guider. Mais ce n'est pas toujours elle qui va vous brosser dans le sens du poil et vous dire, « Ah ben oui, tu as raison, c'est super ce que tu fais. » Si ce n'est pas OK, elle vous le dit. Et puis, si vous ne voulez pas de l'entendre, elle va vous le dire. redire et vous le re-redire. Donc, écouter sa petite voix, c'est essayer d'être le plus aligné possible avec qui l'on est vraiment, avec ses profondes aspirations, peut-être en faisant fi autant que faire se peut de tous les conditionnements qu'on a reçus, mais enfin là, ça demande des années de thérapie et d'enlever des couches et des couches et des couches de plein de choses, mais je ne sais pas si à la fin on y arrive complètement, mais en tout cas, évidemment, plus on fait ce travail un peu sur soi, des couches de soi et plus on se sent quand même bien dans notre vie. Et encore une fois, ça ne veut pas dire que ce soit agréable ni confortable, mais quand même ça amène à une forme d'apaisement qui n'a pas de prix et qui mérite certains sacrifices et certaines décisions difficiles parfois.
- Speaker #0
Comment est-ce qu'on arrive à l'entendre et parfois aussi peut-être à faire fi des peurs qu'on peut avoir ? Parce que ce n'est pas évident de distinguer, est-ce que c'est mon intuition ? Est-ce qu'il y a des peurs qui arrivent ? Est-ce que c'est mon mental ? Est-ce que c'est des projections ?
- Speaker #1
Alors ça, c'est une super bonne question parce que malheureusement, notre petite voix par essence, elle est petite. Là où notre mental, lui, il a une très très grosse voix et il va être toujours super doué pour arriver avec toutes les peurs. Lui, il ne veut pas changer en fait. Il veut juste maintenir ce qu'il est, même si c'est un peu bancal, même si ce n'est pas hyper confort. Et comment on fait ? Alors là, je parle vraiment, dans mon cas, moi, de tendre mon micro à toutes ces personnes-là. C'est quand même un formidable miroir et c'est là où j'adore les récits intimes. Et je ne parle pas que de La Petite Voix, je parle de tous les podcasts qui me nourrissent autrement. C'est qu'il y a toujours quelque chose d'assez universel dans l'intime et qu'il y a toujours quelque chose dans l'histoire de la personne en face de nous qui va venir toucher quelque chose. qui va venir ouvrir quelque chose. Et je trouve que de regarder des gens sur leur chemin, sur comment ils ont cheminé, comment ils ont avancé, ça peut donner confiance. Parce qu'on peut se dire que, je ne sais pas, telle décision, elle est affreuse à prendre et je ne veux pas y aller, même si je sens que c'est ce qui m'appelle. Mais c'est dire que d'autres ont fait ce chemin-là avant et que ça a été OK. Pas sentir de violence, mais OK. Bon, on peut du coup reconsidérer la question un peu plus sereinement.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai qu'il y a une pléthore d'interviews sur votre podcast à ce sujet-là, avec des trajectoires à chaque fois différentes, des voies différentes. Est-ce que vous, il y a une interview qui vous a particulièrement marquée ?
- Speaker #1
Alors, franchement, j'en ai beaucoup. Moi, j'ai l'impression qu'à chaque fois, à chaque interview, je ressors avec un petit peu de la personne que j'ai... interviewé et ça va venir me me popper là dans ma vie quotidienne à moi où je me dis ah tu te rappelles, oui ok, il avait dit ça tiens, ça peut être intéressant de me le rappeler là tout de suite maintenant donc en fait quand vous me demandez ça, ce qui me vient c'est que là j'ai fait une interview en Suisse la semaine dernière je crois, et là en l'occurrence c'était l'histoire d'une femme qui a été mannequin quand elle n'avait que 15 ans, qui est devenue addict à la coke et tout ça. Donc, ce n'est pas du tout mon histoire. Et pourtant, je ne sais pas, ça m'a beaucoup touchée. Et alors ça, c'est un truc que je m'autorise de plus en plus en interview. Dans ce moment-là, on est dans cette écoute hyperactive de notre invité. C'est que, en fait, j'accepte d'être touchée. Et s'il y a des larmes qui me viennent, en fait, le but n'est pas de prendre la place de l'invité. et d'être à chaud de l'âme, c'est pas ça, mais accepter d'être touchée, je me rends compte qu'en plus, ça touche l'invité dans le sens où ça va l'encourager à partager plus fort, quoi. Et ça, moi, voilà, c'est pour ça que je fais la petite voix. C'est pour ces moments-là.
- Speaker #0
C'est effectivement l'émotion, elle se sent à travers le micro, à travers la voix. C'est un des avantages aussi du podcast d'avoir que la voix, même si on a de plus en plus la vidéo et qu'on peut avoir une deuxième... Deuxième source d'information, mais effectivement, la voix, elle est quand même très indicative de ce qu'on peut ressentir et elle fait passer beaucoup de choses. Une avant-dernière question que je voulais vous poser, c'est au sujet de la monétisation. Le podcast, est-ce qu'il est monétisé à l'heure actuelle et qu'est-ce qui vous a amené à faire ce choix de le monétiser ou de justement ne pas le monétiser avec une audience qui est très qualifiée sur ce sujet ?
- Speaker #1
Alors, il est un peu monétisé parfois à travers du host read. Là, par exemple, j'ai travaillé comme beaucoup d'autres podcasts avec BetterHelp au printemps. Donc voilà, c'est des annonces en début d'épisode. Après, je ne m'attendais pas à ça quand j'ai lancé le podcast. Et puis, sept ans plus tard, je me le confirme, ce n'est pas une source de revenus active. C'est le moins qu'on puisse dire. On ne fait pas un podcast parce qu'on veut devenir riche ou juste gagner un peu d'argent. Donc, ce n'est pas ma première source de motivation. Après, je propose parfois des choses aussi à mon audience, en plus de chercher parfois des annonceurs. Mais il y a effectivement une médium avec laquelle je co-organise des conférences. C'est elle qui fait le job, elle qui analyse des messages, etc. Mais j'anime les conférences. Donc ça, j'en parle parfois sur la petite voix. où j'ai lancé l'année dernière une offre de podcast privé, je crois beaucoup en ce format-là. Et ça, vraiment, j'ai plaisir à le faire. Je pense que je n'en parle pas assez sur la petite voix, mais le principe, c'est de mener des interviews comme je le fais avec mes invités. Sauf que là, on reste dans un cadre privé, intime, et je vais aller interviewer des personnes d'un certain âge qui vont déposer un moment de leur vie. Je vais aller interviewer un couple qui attend son premier enfant et qui veut déposer un peu une forme de témoignage avant l'arrivée de ce bébé. Bon, il y a mille façons de l'aborder. C'est un peu une forme de biographie moderne. Je retrouve les mêmes émotions qu'en interview publique. Voilà, c'est une autre façon, c'est un autre moyen de monétiser effectivement la petite voix.
- Speaker #0
C'est une super idée, cette idée de podcast effectivement privé comme un témoignage, quelque chose qui reste, une empreinte. Je l'ai encore assez peu entendue parmi les podcasteurs et podcasteuses que j'ai interviewées. C'est un super format aussi.
- Speaker #1
Spontanément, vous parlez d'une empreinte et en fait, c'est effectivement comme ça que ça s'appelle.
- Speaker #0
Voilà. Pour finir, quels sont les liens que vous entretenez avec votre communauté ?
- Speaker #1
Ils sont quotidiens déjà, à travers notamment Instagram. C'est vraiment l'endroit où on se... parle le plus. Et puis, comme ça fait quand même quelques années et que j'ai des personnes qui sont là quasiment depuis le début, certaines sont devenues... Je dis certaines parce que je m'adresse quand même principalement à des femmes, non pas que je ne veuille pas m'adresser aux hommes, mais il semblerait que ces sujets-là les touchent peut-être un peu moins. Mais certaines sont même devenues des copines avec qui on a pu passer des week-ends, etc., parce que... Parce qu'en fait, ces sujets-là, qui sont quand même des sujets un peu profonds, etc., ça nous réunit assez rapidement. Ça crée déjà un lien assez intime. Donc oui, j'ai une certaine partie avec qui on échange par WhatsApp, avec qui on peut se voir. Là, en Suisse, pareil, j'ai vu une des auditrices avec qui on se parle régulièrement. Donc, j'aime bien ces moments-là parce qu'en fait, quand on balance comme ça nos épisodes, Ce n'est pas très concret, en fait. Alors, on a des chiffres et des statistiques, mais voir des gens en vrai, ça a quand même une autre saveur.
- Speaker #0
Oui, c'est certain. C'est sûr. Merci beaucoup, en tout cas, pour cette interview. Je rappelle qu'on peut écouter La Petite Voix sur toutes les applications de podcast et puis évidemment sur notre application de podcast, podcast.fr, qui est disponible gratuitement sur Android et sur iPhone. Merci beaucoup, Hervéline. Merci beaucoup, Claire.