- Speaker #0
Bonjour, c'est Claire de Podcast.fr. Chaque semaine, je décortique les secrets des podcasts qui marchent. Aujourd'hui, Finta avec Lola Cross. Bonjour Lola. Bonjour Claire. Finta, c'est le podcast régional de L'Aveyron qui donne la parole à celles et ceux qui incarnent la ruralité et la diversité locale. Dans ce podcast, vous partez à la rencontre des habitants de L'Aveyron pour raconter le territoire dans sa pluralité. Vous êtes journaliste de formation et vous travaillez depuis de nombreuses années en tant que pigiste, notamment dans la presse locale. Vous avez créé Finta en 2020, un podcast qui entame aujourd'hui sa septième saison. Avec plus de 150 000 écoutes en cumulé, qu'est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans ce podcast ?
- Speaker #1
Finita est née pendant le confinement, pendant les années Covid, vraiment. C'était le moment pour moi où je me lançais à la pige, donc comme indépendante. Et j'ai eu ce coup d'arrêt un peu technique dans mon lancement en tant qu'indépendante. Et donc, c'est à ce moment-là que je me suis dit, comment on fait pour continuer à informer ? Moi, pour traiter toute la matière que j'avais recueillie depuis des années, pour donner à entendre tous ces témoignages que, soit que j'avais déjà rencontrés dans le cadre de reportages, soit que j'avais envie d'aller les rencontrer. Et donc, c'est à ce moment-là que l'idée du podcast est venue. C'est un format qui est facile à lancer, le podcast, sans offense envers personne, mais qui peut se bricoler un peu au départ et puis monter ensuite en compétences, en qualités. Donc ça a été ça le début de Finta, et puis aussi cette volonté de varier un peu l'offre radio, l'offre radio mainstream, dans le sens où à la radio il y a des grilles extrêmement précises, c'est minuté à la seconde de près, alors que le podcast ouvre d'énormes plages de liberté. Et puis il y avait aussi cette volonté de faire entendre du local, y compris des accents, y compris des petites particularités territoriales qu'on... temps à invisibiliser au niveau national parce que les grilles radio et la majorité des médias sont assez parisianocentrés. Donc il y avait cette volonté de venir un peu challenger pour moi l'offre média existante en essayant le podcast.
- Speaker #0
Vous avez travaillé, vous travaillez toujours pour la presse locale et vous avez quand même cette impression que ces voix locales, ces accents, ces particularités avaient du mal à trouver leur place dans des médias classiques ?
- Speaker #1
Oui, alors... Pour le coup, la presse locale fait ce travail-là au quotidien, mais dans la contrainte de journaux quotidiens, avec des pages restreintes, avec tellement de contraintes au quotidien qui font que moi, je ne trouvais pas, dans ma pratique du journalisme en tout cas, des espaces assez longs pour aller chercher, du recueil de témoignages en longueur, avec de la nuance, avec de la complexité, et le podcast me permettait ça. J'ai vraiment eu ce déclic un jour en partant d'un reportage chez un agriculteur. Voilà, il y a deux heures de reportage qui se passent très bien et à la fin, ce monsieur me dit « qu'est-ce qu'il me dit maintenant que je dois vous faire confiance et que vous n'allez pas manipuler mes propos ? » C'est une réflexion à laquelle on est habitué en tant que journaliste. On sait que des élus, des hommes et femmes politiques ont tendance à jouer avec nous. Il y a un enjeu de pouvoir comme ça à venir nous challenger. Mais que ça vienne d'un agriculteur avec qui j'avais passé deux heures, que j'avais écouté, j'avais pris toutes les notes. Je me suis dit, cette défiance, elle prenait trop de place. Moi, en tout cas, je me dis, il va falloir essayer quelque chose d'autre. Et donc, je me disais, comment on fait pour donner à entendre ? Parce que ce gars-là, j'avais envie de le donner à entendre en longueur, dans sa voix, avec toutes les nuances qu'il met lui-même dans sa voix et pas avoir à retravailler cette matière-là à l'écrit. Et voilà, de prendre ce temps. En fait, le podcast, c'est un peu un ovni en termes de format puisqu'on est libre en termes de ton, de... Est-ce que c'est de l'interview, du reportage, peu importe. En termes de durée, ça ouvrait tous les possibles. Et de passer par la voix aussi. Il se passe beaucoup de choses dans la voix. Et que moi, j'avais parfois l'impression de trahir au moment de réécrire. Parce que je le vois quand je monte les podcasts, il y a plein de phrases qui n'ont pas de fin quand on est à l'oral. Alors qu'à l'écrit, il fallait que je finisse les phrases. Et donc, c'est parfois en finissant les phrases de mes interlocuteurs qu'il peut y avoir une forme de trahison. Ou en tout cas, qu'on s'éloigne peut-être du vocabulaire qui avait été utilisé. et qu'on donne ce sentiment de trahir. Alors qu'à l'oral, il y a les hésitations qui passent dans l'émotion, dans les silences. C'est moins hystérique, en fait, dans l'écoute du propos, j'ai l'impression.
- Speaker #0
Il y a quelque chose de moins formaté qui donne effectivement plus de place et qui permet de retranscrire plus exactement qui est la personne et ce qu'elle a envie de dire.
- Speaker #1
C'est aussi qu'on laisse la place à l'invité, il le ressent. Il sait qu'on s'installe pour 45 minutes, une heure d'interview. Il sait qu'il va pouvoir dérouler. On n'est pas en arrivant avec notre calepin, en courant, à essayer de tirer trois phrases et repartir. Donc en fait, le fait d'installer cette conversation, je trouve qu'il en sort aussi beaucoup de la part des invités.
- Speaker #0
Quand vous vous lancez dans ce podcast, on est en 2020, comment se passent les débuts du podcast ? Je suppose que vous allez aussi quand même rapidement vous heurter à la crise du Covid-19, avec tout ce que ça peut impliquer aussi en termes de restrictions de mouvements. C'est quoi le finta de sa première année ?
- Speaker #1
C'est rigolo parce que pour le coup, les tout premiers épisodes, je les enregistre fin 2020, donc on a déjà passé les confinements, mais je pars avec un petit zoom. H1, donc vraiment le premier enregistreur de base qui ne me permet pas d'avoir un micro pour mon invité, un micro pour moi. Je posais le zoom un peu entre nous deux. Et par contre, comme on retombait dans des phases de confinement, on était dans le vaccin obligatoire et compagnie, je me suis très vite équipée par contre de micro et j'ai acheté 5 mètres de câble XLR pour pouvoir m'éloigner de mes invités. En plus, j'étais à un moment où je commençais une collection sur les femmes pionnières et j'avais beaucoup de dames âgées à aller interviewer. Je me suis dit, il me faut des kilomètres de câbles, sinon elles n'accepteront pas l'exercice. Donc, j'ai un peu changé l'installation technique vraiment dans les tout premiers épisodes, en voyant la limite de mon bricolage. Par contre, j'ai toujours fait de l'interview en présentiel. Je m'invite chez mes invités. Je n'ai jamais fait d'enregistrement à distance, en fait. Donc, je suis passée un peu entre les gouttes du Covid pour ça quand même.
- Speaker #0
Comment c'est reçu ça par les gens, le fait que vous veniez chez eux justement, ce qui peut permettre une forme d'intimité, mais qui peut également être intimidant ?
- Speaker #1
Ça a plutôt tendance à les rassurer de ce qu'ils me disent. Moi, ce qui est important pour moi, c'est que le fait qu'ils choisissent un lieu, je le leur dis à chaque fois, ça a deux enjeux pour moi. C'est à la fois qu'ils se sentent bien dans un endroit qu'ils connaissent. Ils n'ont pas à venir dans un studio un peu aseptisé, ils n'ont pas à se déplacer, à réfléchir à une logistique. Donc ils me donnent un moment sur lequel ils sont disponibles et ils sont dans un environnement qui leur plaît. Et puis l'autre enjeu, c'est que le lieu nous sert d'introduction à la conversation. On part toujours de ce lieu pour poser le décor, déjà pour dire où est-ce qu'on se trouve sur le territoire avéronné, comme si on épinglait un peu le lieu en disant « là on est dans tel village » . Et puis souvent les questions qui suivent, c'est que représente ce lieu dans le parcours de l'invité ? Pourquoi c'est ici qu'on se retrouve aujourd'hui ? Et ça lance la conversation et j'y suis assez attachée parce que ça relie moi ma ligne éditoriale, le fait de territorialiser, d'ancrer sur un territoire. Et après, il y a quand même cette question de l'intimité, c'est vrai, mais je leur laisse le choix. Il y en a certains qui me reçoivent dans leur bureau ou dans... Une pièce qui n'est pas la plus intime de leur maison, pas celle où ils se retrouvent en famille, par exemple. Ça peut être un bureau, ça peut être un grenier pour certains. Ils ne me laissent voir que ce qu'ils veulent bien. Je suis de plus en plus accompagnée par un photographe. Il y a l'image maintenant qui se rajoute un peu à la réflexion pour les invités. Mais là encore, le photographe est dans la même veine que moi. Selon les invités, il y a des décors plus ou moins surprenants. Donc oui, ça rentre dans les images, mais c'est très clair avec les invités. On leur dit, voilà, est-ce qu'il y a des objets autour que vous ne voulez pas voir apparaître ? Est-ce qu'il y a des photos qu'on pourrait peut-être un peu décaler ? Ça, c'est une discussion qu'on a avec eux. Mais je trouve que le gros du travail, il se fait en amont du rendez-vous, en fait. C'est une confiance qu'ils acceptent de me faire. Et à moi de les rassurer et de leur poser aussi les enjeux, parce que... Un invité qui accepte de répondre au podcast, bon, il a en tête que ça va être vaguement une interview radio, mais il ne se rend pas compte que pour promouvoir le podcast, ça veut dire qu'on va utiliser cette image-là sur des réseaux sociaux, son nom va être référencé, alors que potentiellement, il ne l'a jamais été sur Google. Il y a tout ça qui remonte, et puis la transcription des interviews sonores, maintenant en écrit, fait qu'il y a des noms de lieux, il y a des noms de personnes qui vont être associées à eux. Et en fait, tous ces enjeux de... de référencement et de traces numériques, je trouve que c'est à nous de les avoir aussi. Et donc, ça rejoint la question de l'intimité, de bien expliquer à l'invité ce que ça veut dire.
- Speaker #0
Et ce que ça implique aussi, effectivement.
- Speaker #1
Oui. Ou en tout cas, alors ça ne m'est jamais arrivé, mais de prendre un pseudo si jamais ça pouvait protéger la personne ou de ne pas faire figurer le nom de famille, par exemple. Ça, ça peut être des options.
- Speaker #0
Comment est-ce que vous choisissez vos invités et vos sujets, notamment au début ? Je ne sais pas s'il y a eu une évolution de la ligne édito entre le début du podcast et maintenant, mais comment ça se fait au début, cette recherche d'invité et ce choix de sujet ?
- Speaker #1
Alors moi, c'est un peu la somme de toute ma veille, puisque comme je travaille sur le territoire pour la presse, je suis en veille permanente sur tous les sujets. Donc c'est le fruit de 12 ans de travail pour moi que d'identifier un peu des personnalités, comme ça. Après, je veille à... À plusieurs choses. Déjà, être équilibré en termes de diversité de profils, donc avoir autant d'hommes que de femmes, des jeunes, des vieux, qu'ils soient à peu près également répartis sur le territoire aussi, ne pas être focalisés que sur Rodèze ou Moi, je vis. Donc, il y a cette volonté-là que dans une saison, on puisse naviguer dans tous ces profils-là, qu'on navigue aussi dans les thématiques, qu'on n'ait pas que de l'agriculture ou que de l'économie ou que de la culture, mais varier les thématiques aussi. Donc ça, moi, c'est mon équilibre à moi pour essayer d'avoir une diversité sur la saison. Et après, il y a quand même un autre enjeu, c'est de trouver des invités qui ont envie de parler. Ce n'est pas toujours le cas. Qui ont quelque chose à dire. Ce n'est pas toujours le cas. Et qu'ils sachent le dire. Alors ça, c'est un peu plus subjectif et j'ai l'impression d'être un peu une directrice de casting dans ces cas-là. Mais de jauger... Pas forcément ceux qui sont à l'aise et qui ont fait ça toute leur vie parce que ce n'est pas franchement les bons clients. Mais en tout cas, de sentir que la personne va arriver à dérouler sa pensée, qu'elle ne soit pas complètement paralysée par une timidité. Ou alors, moi, je me fais confiance en me disant, bon, là, il y a du stress, mais je pense qu'au bout de cinq minutes, on va oublier les micros et ça va se lancer. Mais je trouve qu'il faut quand même sentir une fibre. Là, je me questionne. Par exemple, j'ai des profils que je rêve d'avoir, mais qui ont des accents euh qui sont franchement difficile à comprendre, des accents ou une manière d'élocution. Et je me dis que ça peut être plus douloureux qu'autre chose pour les auditeurs. Et comme moi, je n'ai pas l'appui de la vidéo que je pourrais sous-titrer, ne passer que par de l'oral, si l'oral est haché et pénible à écouter, ça me limite. Donc en fait, c'est un peu...
- Speaker #0
Oui, c'est une jauge.
- Speaker #1
Oui, d'avoir le fond de la forme.
- Speaker #0
En termes d'audience, comment ça se passe les premiers mois ? Est-ce que le podcast va doucement commencer à se faire connaître ? Est-ce que vous voyez des pics en fonction des invités, si l'invité va relayer sur les réseaux sociaux en termes de communication ? Comment est-ce que le podcast va se déployer au fur et à mesure des mois sur cette première année, ces deux premières années ?
- Speaker #1
Avant de lancer le premier épisode, quand j'ai commencé à vraiment à teaser, à lancer la bande d'annonces pour installer le projet, j'ai Très vite eu un sentiment de soutien et d'attente d'auditeurs. L'audience est montée très vite au début, comme ça on sentait cette attente-là. Pour les premiers invités, j'avais fait le choix de ne pas avoir des personnalités hyper connues. Donc je demandais à l'auditeur vraiment de me faire confiance et de rentrer dans la ligne éditoriale de Finta en me faisant confiance, sans avoir des têtes d'affiche. Ça c'était un peu une stratégie pour installer ma ligne éditoriale. Les écoutes ont été tout de suite... au rendez-vous, alors pas dans les proportions qu'elles ont atteintes ensuite, mais en tout cas, il y a eu un bon démarrage. En tout cas, moi, au moment où j'installe Ausha, le podcast, il n'y en a pas un avéron. Le format n'a pas été expérimenté à cette échelle-là, donc j'ai conscience, et puis on sait que le podcast, ça reste encore un format prisé chez les jeunes urbains CSP+. On est à peu près jeunes de moins en moins, mais quand même très urbains. Donc là, de l'installer en ruralité, ça nécessitait pour moi aussi une grosse pédagogie. Et j'ai passé beaucoup de temps, en fait, dans les premiers mois, à expliquer ce qu'est le podcast, comment on l'écoute, c'est quoi le chemin pour trouver un épisode, et puis aussi installer la newsletter pour permettre de toucher des gens qui n'ont pas les applis de podcast, mais qui pouvaient être informés par mail de la sortie d'un nouvel épisode. Donc j'ai vraiment déployé ça de manière assez laborieuse au départ. Et après, par contre, ce qui a été... Ce qui m'a fait vraiment des pics d'audience, oui, c'est des personnalités. Dès que j'avais un invité vraiment identifié, connu, là, il y a beaucoup de relais. Les épisodes sont vite partagés, on sent l'engouement tout de suite. Mais bon, moi, je fais vraiment attention à ne pas avoir que des personnalités, justement, où j'alterne, je passe d'une personnalité à vraiment quelqu'un de très méconnu. Je veux être fidèle à cette ligne éditoriale-là, je ne veux pas avoir que ce qui brille loin de là. Et après, j'ai quand même eu la chance d'avoir une grosse couverture médiatique au lancement du podcast, parce que Finta faisait partie des premiers podcasts de territoire et identifiés comme tels. J'ai eu une émission sur France Inter qui m'a tout de suite fait un pic d'audience. J'ai échappé Belle aussi qui était venue tourner avec moi dans le cadre d'une émission sur l'Aveyron qui m'avait suivi un reportage. Donc ces deux gros moments-là, pour moi, ça a été des pics d'audience. À la fois qu'ils me donnaient la reconnaissance, moi, de mes pères journalistes au niveau national, mais qui ont permis aussi de dire aux Aveyronais, « Ah, mais c'est pas juste un petit bricolage dans sa chambre. C'est quoi ce truc qu'elle a lancé ? » Et donc, il y a eu une curiosité qui est née quand même de cette couverture médiatique-là.
- Speaker #0
Cette couverture médiatique qui s'est faite naturellement, ou bien est-ce que c'est des communiqués de presse que vous avez faits ? Parce que ce n'est pas forcément évident de réussir à faire parler du podcast aussi. Même si le podcast est lancé, il aurait pu passer inaperçu et ça n'a pas été le cas. Donc, qu'est-ce qui, selon vous, fait que le podcast a pu toucher les journalistes rapidement ?
- Speaker #1
Pour le coup, je sais que France Inter, c'est des messages de mes auditeurs. c'est mes auditeurs qui ont recommandé Finta à France Inter donc ça je l'ai appris après coup et Chapébel il venait travailler sur le Larzac, donc le sud du département et je venais de sortir un hors-série documentaire sur l'histoire de la lutte du Larzac, donc ils ont vu mon référencement à ce moment-là donc moi j'ai pas fait la démarche d'envoyer du communiqué de presse j'ai pas du tout eu cette stratégie de relation presse que j'ai essayé de déployer après Sur certains épisodes où j'envoyais un communiqué de presse, mais là, plutôt à une échelle locale, aux journalistes locaux, pour dire, voilà, un nouvel épisode, quand j'ai des personnalités qui se font rares dans les médias, je tentais comme ça une petite approche. Mais les deux grosses couvertures médiatiques que je citais, c'est un heureux hasard, quoi, pour moi. Enfin, en tout cas, c'était au bon endroit au bon moment, quoi.
- Speaker #0
Et justement, quelle stratégie de communication est-ce que vous adoptez au début ? Est-ce que c'est quelque chose qui est assez construit dès le début ? Ou est-ce que ça va se mettre en place ? Il y a une identité quand même visuelle qui est très forte, qu'on reconnaît facilement. Comment est-ce que ça, ça se met en place ?
- Speaker #1
J'y suis allée quand même avec vraiment l'envie de faire quelque chose de propre tout de suite. En fait, je voulais surtout que Finta soit identifiée comme un média et pas comme... le podcast de Lola qui s'amuse dans sa chambre. J'avais vraiment envie de le poser comme un média local expérimental, certes, mais ça a été très important pour moi tout de suite d'avoir une vision globale. Et donc, la communication en faisait partie. Après, quand je regarde la com du début, je ne sais pas si je referai la même aujourd'hui. Il y a plein de défauts, mais j'arrive quand même à voir dans tous les postes du début. Ma volonté d'installer d'abord la ligne éditoriale, d'expliquer ce que c'est d'être journaliste, de montrer que c'est un podcast d'une journaliste et que ce n'est pas un blog personnel. J'ai tout de suite eu besoin de poser ça. Et là, je vois que j'avais quand même une stratégie bien construite. Après, en termes de communication, honnêtement, c'est ce qui est le plus douloureux pour moi aujourd'hui, cette partie-là. Parce que je trouve que c'est épuisant. d'être sur tous les réseaux sociaux à la fois. C'est épuisant de devoir déployer des efforts incroyables pour mettre en image de la matière sonore, alors que c'est une vraie volonté de ma part de travailler le son, mais je suis obligée de passer par l'image pour la promouvoir. Et ça, je trouve que ça me demande un effort pas possible. Ça nous fait surfer entre deux mondes aussi, celui du journalisme, de la communication et de l'influence presque, où moi j'ai... Tout de suite voulu incarner le podcast quand même en disant voilà qui je suis, c'est moi qui suis derrière le micro et expliquer ma démarche en l'incarnant. Mais le biais aussi c'est de devenir un peu influenceuse là et de devoir faire des vidéos face caméra tous les matins pour plaire aux algorithmes de Facebook et Instagram. Donc là honnêtement c'est la partie qui est un peu douloureuse pour moi que j'hésite à sous-traiter. Et à la fois, je suis prise à mon propre piège parce que c'est tellement moi ce projet que j'ai du mal à le déléguer.
- Speaker #0
Vous avez choisi d'utiliser la photo de plus en plus comme support. Il me semble qu'il y a aussi de la vidéo qui est introduite. Comment est-ce que justement vous jonglez entre ces différents supports, tout en gardant quand même l'audio en matière première et sans vous épuiser ?
- Speaker #1
Alors la photo, ça a été vraiment... Plus qu'une expérimentation au départ avec un photographe de Rodez avec qui maintenant je collabore très régulièrement. Mais lui, il avait envie d'un projet photo, un projet de mémoire un peu. Moi, ça correspondait à une collection de podcasts que je lançais avec les femmes pionnières. Et donc, on s'est essayé comme ça tous les deux à croiser nos regards. Donc moi, je mène les interviews et lui, il tourne autour de nous pour poser vraiment un regard photographique sur le moment qui se déroule, capter des émotions, des gestes, tout ce que... tout ce que le micro ne fait pas. Et puis petit à petit, en fait, c'était assez beau. Je trouve, une fois que l'épisode est sorti, que je l'ai promu en tant qu'épisode podcast, d'arriver une semaine après avec les coulisses photos de l'enregistrement, ça rajoutait une dimension qui était assez belle et qui permettait quand même à l'auditeur d'avoir quelques repères sur le contexte de l'interview. En revanche, je me refuse à la vidéo. Alors, mon photographe est aussi vidéaste. ils me glissent l'idée régulièrement. J'ai aussi quand même beaucoup d'auditeurs qui me disent « Ah, ce serait bien la vidéo, pourquoi tu ne fais pas ? » Ben, je n'ai pas envie. Alors là, c'est très égoïste, mais déjà pour une question très pratique, c'est que je trouve que ça change le rapport à l'invité. Si je commence à mettre, même si c'est des caméras fixes, qu'il n'y ait que deux trépieds derrière moi pour filmer la personne, je trouve que ça change le rapport, ça rajoute un stress. que mes petits micros, ils se font oublier assez rapidement. Mais déjà, d'envoyer le signal à l'invité qu'on n'est pas là à le scruter en permanence, je trouve que ça libère d'autant plus la parole. Après, il y a une dimension logistique aussi, c'est qu'en termes de montage, c'est quand même un autre travail de stockage, de faire coïncider le montage images et sons. Moi, ça me rajoute un travail que je trouve vraiment monstrueux. Et donc, je le justifie encore en disant que c'est la voix. Je veux que l'auditeur se concentre sur la voix. Ce n'est peut-être pas un format qui plaît à tout le monde, parce que 45 minutes, que d'audio, tout le monde n'a pas envie de ça, n'est pas prêt à ça, n'a pas le temps nécessaire pour. OK, mais ceux qui l'ont, j'ai envie qu'ils aient ce moment-là et de ne pas... Je trouve que la vidéo, dans mon cas, n'apporte pas grand-chose, pas un autre regard en tout cas. En revanche, je fais des tests parce que là encore, Instagram veut de la vidéo. Donc j'essaie des petites choses. Alors soit quand le photographe est là, je lui dis en début d'interview, il y a peut-être une réponse que je vais te demander de filmer. Quand je sens que ça peut être un moment sympa du podcast, je lui fais un signe et il n'enregistre que cette réponse-là qui me permettra, moi, de promouvoir l'épisode ensuite. Et on prévient l'invité qu'on capte ce moment-là. C'est souvent en fin d'interview en plus, donc l'invité il est à l'aise, il comprend, il n'y a pas de soucis. Et là maintenant j'expérimente, c'est pas encore sorti, mais c'est une idée qui m'est venue, je ne sais pas trop comment. C'est en fin d'interview, en fait je propose à l'invité dans ma voix de résumer ce que j'ai compris de tout ce qu'on s'est dit. Donc à chaud je lui dis, bon là je vais essayer de... de résumer la philosophie de vie, d'entreprendre qui a été la tienne aujourd'hui. Et là, je demande au vidéaste de me filmer, moi, de dos. Donc, on m'entend faire le résumé de l'interview, mais on voit que l'expression faciale de l'invité.
- Speaker #0
Ah, super.
- Speaker #1
Et je tente ça en teasing. Mais bon, je n'ai pas encore les résultats puisque ce n'est pas sorti. Mais en fait, j'ai envie d'utiliser la vidéo comme quelque chose de complémentaire, mais qui ne vienne pas remplacer l'interview.
- Speaker #0
Oui, effectivement, c'est intéressant de développer des petits formats, justement, en plus, qui apportent quelque chose et qui ne dénaturent pas non plus ce format sonore qui permet de préserver la parole aussi. C'est vrai qu'il y a de plus en plus de podcasteurs qui se mettent à la vidéo, mais avec les contraintes que vous avez soulignées, qui sont quand même des contraintes énormes, quoi. Donc, en termes de temps, en termes d'argent, en termes de confidentialité aussi. Oui,
- Speaker #1
complètement. C'est autre chose. Ça rajoute une dimension, vraiment. Et puis on le voit quand même, il y a beaucoup de podcasts qui sont regardés en vidéo, mais pour lesquels l'auditeur regarde les 30 premières secondes et puis va continuer son ménage et la vidéo tourne toute seule. Il n'y a pas une plus-value ?
- Speaker #0
Sur le rythme de publication, aujourd'hui vous publiez un épisode toutes les trois semaines. Est-ce que c'est quelque chose que vous avez adopté dès le début ou qui a évolué aussi au fil du temps ?
- Speaker #1
Alors j'ai un peu espacé. Au début, j'étais à un épisode tous les 15 jours. Et c'était devenu vraiment une machine un peu infernale parce que ça veut dire que j'ai 15 jours pour promouvoir l'épisode. Mais en fait, ça passe très, très vite. On passe tout de suite au suivant. Et en fait, on voit que l'audience est captée par le dernier épisode. Et donc, ça a invisibilisé un peu ceux qui n'avaient pas eu le temps de vivre avant. Donc, j'y ai se passé à trois semaines. Par contre, ça, dans la construction du podcast, ça a été très clair pour moi d'entrée. Il fallait une régularité. Je ne voulais pas... rogner sur deux choses, la régularité et la durée moyenne d'un épisode. Je veux pas avoir un épisode qui fait une heure et demie et le suivant 20 minutes. Je veux que l'auditeur il ait en tête que un samedi sur trois, au petit matin il y a un nouvel épisode de Fintech, ça dure 45 minutes en moyenne et donc il sait déjà que Il va venir chercher l'épisode quand il a ses 45 minutes à investir, ou qu'il pourra le couper en deux fois, mais que ce ne soit pas du simple au double, ça c'était évident pour moi, parce que je suis peut-être un peu encore formatée radio justement, mais j'aime bien avoir en tête un format, c'est comme un film, bon voilà, on part sur deux heures, on l'a en tête. Une chronique radio, c'est deux minutes, on l'a en tête. Et donc je voulais installer moi ce format-là de 45 minutes, et après la régularité c'était aussi très important, parce que c'est un rendez-vous, c'est une promesse en fait. pour moi, pour l'auditeur. Si je ne pouvais pas lui promettre ça, ça veut dire que je sors trois épisodes d'un coup et après, c'est les disettes pendant trois mois. Il ne sait plus trop où aller, il ne revient pas. Il aura trouvé plein d'autres podcasts à écouter entre-temps. Et puis, encore là, les algorithmes qui font que la régularité, elle est plutôt appréciée par les algorithmes des réseaux sociaux et des plateformes d'écoute. Donc, pour rester un peu en vie, il fallait imposer ce rythme-là. Et ça, j'y tiens encore beaucoup. C'est exigeant, mais c'est un contrat pour moi avec l'auditeur.
- Speaker #0
Comment est-ce que les écoutes, elles ont évolué ? Donc, on parlait des écoutes au début du podcast. Là, le podcast entame sa septième saison. Quelle évolution vous voyez sur les écoutes du podcast et aussi sur le lien avec la communauté, votre communauté qui s'est formée ?
- Speaker #1
L'audience, elle est vraiment montée sur les quatre premières années. Là, je trouve qu'on plafonne un peu. Je n'ai pas forcément la réponse du pourquoi. Pourquoi ? J'ai l'impression d'avoir atteint peut-être un plafond, pour l'instant, de vert de ceux qui ont envie d'écouter du podcast de territoire qui concerne l'Aveyron, parce que ça fait quand même un entonnoir un peu restreint. En Aveyron, on est 280 000 habitants. Donc, il y a toute une diaspora qui s'intéresse encore à ses racines et qui est une cible pour moi. Mais j'ai quand même conscience d'être dans une niche thématique. en podcast, en podcast long. Donc, je pense que je touche un peu au maximum des personnes que je pouvais atteindre. Donc là, maintenant, j'en suis à essayer de trouver des stratégies pour comment on fait rentrer de nouvelles personnes dans la danse, comment les auditeurs historiques, ceux qui ont pris bout, alors qu'ils n'y auraient pas cru, comment eux peuvent devenir des ambassadeurs. Là, c'est ça qu'il me faut arriver à travailler plus. Et ce n'est pas forcément évident parce que je dis souvent que je suis en concurrence avec Netflix, avec Amazon, avec la télé, toutes les sollicitations. On est tous sur le marché de l'attention et nos journées font encore 24 heures. Donc un auditeur, s'il choisit Finta, il ne choisit pas Netflix ce jour-là et vice-versa. Et il y a tellement de sollicitations et puis on est aussi dans un moment peut-être où on en a marre d'être sur sollicité. coupe pas mal, on essaie d'avoir des régimes un peu plus digestes en termes d'informations et de sollicitations, parce qu'il y a une tentation qui aurait pu être celle de produire toujours plus, ou de découper les épisodes en trois parties pour faire plus d'audience et avoir toujours un nouveau flux à proposer comme ça aux auditeurs pour exister et surnager. Mais moi, je n'ai pas envie de rajouter du bruit au bruit pour autant, donc je me suis aussi faite à l'idée que Je n'avais pas besoin de toucher 10 000 personnes par mois, tant que je reste sur une ligne qui est rigoureuse, tant que les auditeurs trouvent leur compte. Je sais que je ne serai pas un média de masse demain, et j'ai fait la paix avec ça.
- Speaker #0
Je pense encore qu'il y a quelques auditeurs à aller chercher, des gens qui n'ont pas entendu parler du podcast alors que ça leur plairait. Donc, c'est cela vraiment que j'ai envie d'aller chercher. Et pour ça, je fais un peu d'événementiel. Je vais sur des salons. Là, par exemple, j'ai un salon en Aveyron bientôt, un salon du Fabriqué en Aveyron. Donc, je vais être entre un saucisson et un artiste peintre. Mais aussi pour dire que ça fait partie du territoire. Les médias doivent faire partie aussi de cette offre territoriale. J'expérimente des petites choses pour tenter d'aller chercher les auditeurs, mais j'ai ce sentiment d'aller les chercher un par un, depuis le début.
- Speaker #1
J'avais aussi envie d'aborder la question du business model, enfin en tout cas du modèle économique peut-être, de la rentabilité, enfin de la visibilité économique du projet. Je sais que de temps en temps, vous mettez du host-read, donc des annonces pour présenter un partenaire sur vos épisodes. Et puis, il y a aussi une communauté Tipeee. Comment est-ce que ça s'est mis en place, ça, progressivement ?
- Speaker #0
Je me permets juste une petite parenthèse avant de parler du business model, Claire, pour rajouter aussi le problème de la découvrabilité des nouveaux podcasts, pour aller chercher des nouvelles cibles avec des plateformes qui ne sont pas franchement bien foutues ni intuitives pour aller chercher du podcast en dehors des replays radio qui sont ceux qui font le plus d'audience. Mais bon, pour le business model, alors, gros sujet de schizophrénie chez moi parce que quand on est journaliste, on n'aime pas parler business. On est des très mauvais commerciaux, on a l'impression que tout le monde cherche à nous acheter pour nous faire, pour nous embobiner. Donc j'ai travaillé longtemps sur cette question-là. Au début, pour moi, c'était très clair que je ne voulais pas que les podcasts soient payants. Je me suis dit, j'arrive sur un nouveau format, si je commence à mettre une barrière de péage, je suis sûre que tout le monde fait demi-tour. Donc vraiment, c'était très clair pour moi que la monétisation ne pouvait pas se faire à l'épisode pour l'auditeur. Et là j'ai une petite dissonance cognitive parce que la gratuité de l'information est ce qui tue le journalisme aujourd'hui. Donc vraiment ça me fait mal de le dire mais bon ça fait partie en tout cas de la réflexion qui était la mienne. Donc au début je me dis j'y vais en gratuit, j'investis quelques économies et je vois où ça va. Dans tous les cas le podcast me servira de vitrine à la pige. Donc si je gagne rien sur le podcast j'essaierai de vendre quelques articles qui en sont tirés et je gagnerai ma croûte un peu comme ça. Mais dans les six premiers mois, j'ai eu une bourse du ministère de la Culture et de la SCAM, le gestionnaire de droits d'auteur à la SCAM, qui ont souhaité soutenir Finta, et donc ça m'a permis d'avoir un petit pécule comme ça pour financer la deuxième saison. Donc ça, ça a été quand même vraiment bienvenu. À côté de ça, je faisais de l'éducation aux médias, j'essayais de faire plein d'actions qui me permettaient de faire rentrer trois sous que j'aurais injectés tout de suite dans Finta. Parce qu'en soi, je n'ai pas beaucoup de frais dans Finta, à g un ingénieur du son quand même sur chaque épisode qui me mixe les épisodes. J'ai un peu de budget matériel à renouveler de temps en temps, un peu de communication et dès que je peux, le photographe aussi le payait pour m'accompagner. Mais vraiment, et l'hébergement sur Ausha. Mais c'est que ça, mes frais du podcast, donc c'est pas énorme. Mais par contre, c'est comment moi je valorise mon temps de travail. Montant de déplacement, de montage, de communication, c'est plus ça qui est difficile à quantifier. Et donc, il m'a fallu quatre ans, mais j'ai réussi à lancer une cagnotte pour les auditeurs. Là, pareil, ça s'est accompagné vraiment d'un gros travail de pédagogie avec beaucoup de vidéos, justement, où j'expliquais aux auditeurs qu'un contenu gratuit n'est pas souhaitable, dans le sens où si on se précarise en tant que producteur d'informations, In fine, c'est l'information qui empatie aussi. Donc, comment on trouve un juste milieu ? Donc ça, c'est vraiment de l'éducation aux médias assez classique, mais que j'ai dû un peu marteler pour dire aux auditeurs, si vous avez envie de soutenir Finta, que vous appréciez ce que je produis et que vous en avez les moyens, vous avez cette cagnotte qui vous permet de participer. Ça laisse le contenu accessible gratuitement à tous, mais juste si vous avez envie à partir, enfin, j'ai des auditeurs qui donnent 10 euros par an. J'en ai d'autres qui donnent 1 euro par mois. Ça peut être des dons ponctuels ou récurrents, mais chacun y va avec 1 euro. Et j'explique d'ailleurs souvent que si chaque auditeur donne 1 euro par mois, je finance ce Finita dès aujourd'hui sans autre revenu. C'est aussi de faire comprendre aux auditeurs que 1 euro, OK, c'est pénible de faire une carte bleue pour ça. Mais ce n'est quand même pas grand-chose si on consomme ce contenu-là tous les mois. Mais on est face à des auditeurs qui ont déjà leur abonnement pour la télé avec 90 000 chaînes, Deezer, Spotify. Bon voilà, j'ai aussi conscience de tout ça. Donc la cagnotte, ça fait à peu près deux ans maintenant. Je ne l'alimente pas autant que je devrais. Il faudrait que je fasse beaucoup plus de com dessus. Mais en tout cas, là, en l'état, elle me permet de payer mes frais fixes. Donc je ne valorise toujours pas mon travail, mais ça me maintient à flot. Et par contre, j'ai aussi lancé en parallèle ce que vous disiez, Claire, le host read, donc d'intégrer des capsules de pub en intro du podcast. Donc là, moi, je vais chercher des entreprises avéronaises qui ont envie de promouvoir leur offre en touchant ma cible, qui est une cible, certes de niche, mais extrêmement qualifiée, intéressée par l'Aveyron, avec des valeurs liées au travail, liées à la fidélité, fin bon. Je ne sais pas si vous connaissez la Véran, mais il y a quand même une identité de territoire qui est forte. Et donc, j'allais chercher les entreprises sur ce prisme-là. Et donc, je leur propose une capsule de pub de 30 secondes qui est enregistrée dans ma voix. Et j'explique à l'auditeur, à la fin de chaque capsule, que c'est un format de publicité qui me permet de financer le podcast. Donc voilà, j'essaie d'être en transparence avec tout le monde pour que ce soit clair. Et à la fois, quand je vends une pub, C'est clairement là que j'arrive à valoriser mon travail à moi, puisque le reste est payé par la cagnotte auditeur. Donc, il faut que j'arrive à développer encore un peu cette publicité-là, sachant que j'ai voulu, moi, faire de la publicité par moi-même. Je n'ai pas accepté une pub automatique que proposent les hébergeurs où j'aurais juste à cocher une case pour dire que je suis intéressée, pour que les pubs le clairent. Peugeot et Carrefour arrivent sur Finta. Donc, j'ai la main sur toute ma régie pub, en fait.
- Speaker #1
Et donc, c'est vous qui allez chercher les entreprises une à une. Est-ce que vous en avez aussi quelques-unes qui vous contactent ?
- Speaker #0
Très souvent, c'est moi qui vais les chercher. Après, j'aime bien faire un peu du coups humains. J'ai en tête toujours le même. Mais je crois que c'est la première pub que j'ai vendue. Pour le coup, j'ai enregistré avec le président du club de foot de Rodez, qui est un gars avec les cheveux hyper gominés en arrière. Enfin, c'est vraiment... On le reconnaît et Dans le champ de vision pendant l'enregistrement, j'avais un coiffeur très connu de Rodez qui est sponsor du club de foot. Et donc, c'est à lui que j'ai proposé de faire cette pub et avec un clin d'œil, un rigolant, en disant que la coupe de l'invité... Bon, bref, il y avait un petit tri humoristique, juste ce qu'il faut. Mais en tout cas, j'ai été chercher cet annonceur en lui disant, je suis en train de monter cet épisode, j'ai pensé à toi pour la pub, est-ce que ça pourrait t'intéresser ? Donc, il a accepté. Et en fait, beaucoup d'annonceurs l'acceptent. encore plus en soutien à Finta que pour vraiment la pub qu'ils ont envie de faire à leur entreprise. Mais il y a cette volonté quand même de soutenir la média locale. Donc souvent, je vais les chercher un par un comme ça quand je pense à eux ou quand il y a une saisonnalité, je ne sais pas, une offre hivernale, je vais la chercher pour l'hiver ou là, quand c'est la rentrée, je vais plutôt chercher des entreprises qui ont besoin de s'adresser à une clientèle de rentrée. Mais c'est arrivé qu'on vienne vers moi aussi, notamment pour annoncer des événements, des associations qui ont un peu les moyens plus que d'autres, qui viennent me prendre une pub. Ouais, j'ai eu ça. Mais là encore, il faudrait que je mette beaucoup plus d'énergie de ce côté-là. Mais c'est un peu schizophrène, parce que j'ai cette casquette journaliste, en fait, d'expliquer aux gens, là, c'est une pub que je viens vous vendre, c'est pas un épisode de Finta. Et on voit qu'à trop jouer avec cette frontière entre la pub et le journalisme, vraiment les référentiels ont complètement explosé. Et moi encore, on me demande tous les jours combien ça coûte d'avoir son épisode d'Infinta. Et je dis mais il n'y a personne qui paye les invités, je les choisis moi. C'est mon gage de qualité journalistique de dire si je les invite, c'est pour ce qu'ils ont à dire et pas parce que j'ai été payée pour le faire. Et c'est pour ça que cette partie commerciale-là, elle me met vraiment dans une situation qui est inconfortable. Donc là, je réfléchis, elle aussi, à pouvoir la sous-traiter un petit peu. Mais ça demanderait une grosse structuration. Mais je suis en train de le travailler pour le coup.
- Speaker #1
Ok, super.
- Speaker #0
Et à la fois, là encore, je suis la meilleure commerciale de mon projet. Donc souvent, il y a des entreprises aussi qui me disent « Mais nous, si on l'achète, c'est parce que c'est toi qui es venue nous démarcher. Si tu nous envoies... » Le stagiaire, on ne le prendra peut-être pas. Donc, c'est vraiment les limites des projets hyper personnifiés comme ça.
- Speaker #1
C'est à la fois un avantage, une force, et puis aussi une limitation, effectivement, quand on cherche à déléguer un petit peu. Une dernière question que j'avais envie de vous poser, c'est qu'est-ce que ce podcast vous a appris sur le territoire, sur les gens ? C'est une question assez large, mais quelle empreinte, quel parfum vous avez de ce média-là ou de la septième saison ?
- Speaker #0
Je ne sais pas si je vais y répondre très précisément, m Moi, je suis hyper touchée de l'aventure que ça représente, qui était une aventure personnelle. Et là, de voir arriver 150 000 auditeurs, plus des invités qui se prennent au jeu, de voir cette mayonnaise prendre, de voir que c'est aussi une archive du territoire que je suis en train de constituer. Ces témoignages existent, ils sont enregistrés, ils sont là. Donc, je trouve que ça, c'est très beau. Mais surtout, moi, je suis très touchée des retours des auditeurs qui apprennent des choses sur leurs voisins, concrètement. Et en fait, de se rendre compte qu'on est capable de s'écouter. Et quand on s'écoute en longueur, on est même capable de se comprendre. Et c'est souvent quelque chose qui revient sur la réalité. On dit souvent qu'on a besoin d'être différent, en réalité, en tout cas partout. Mais on a besoin de ceux qui sont différents de nous pour que ça fonctionne. On a besoin d'être complémentaires. On ne peut pas se permettre de ne vivre qu'avec des gens qui nous ressemblent, parce qu'on n'est pas assez nombreux pour ça. Ça, on est habitués à le vivre dans notre chair, tous. On n'est pas d'accord avec les opinions politiques de l'entraîneur de foot de notre gosse, ni du voisin, mais bon, quand il faut filer un coup de main, on est tous là. Et en fait, je trouve que c'est le meilleur contre-pied qu'on peut opposer justement à la défiance médiatique et à des discours médiatiques qui ont tendance à nous étiqueter et à nous mettre chacun dans un coup. couloirs, avec des algorithmes qui nous enferment aussi dans nos couloirs, je trouve que l'échelle locale, y compris pour le podcast et pour Finta, permet de décloisonner un peu et de faire du commun.
- Speaker #1
Une super belle réponse. Merci beaucoup. Merci beaucoup pour ça. Et donc, je rappelle qu'on peut écouter Finta partout, sur toutes les applications de podcast, pour sa septième rentrée, et puis évidemment sur notre application et notre site internet podcast.fr. Merci beaucoup Lola.
- Speaker #0
Merci Claire.