- Speaker #0
Aujourd'hui, direction La Baule, nous rencontrons Yannick Urien, créateur et directeur de radio.
- Speaker #1
L'invité du mardi, Jean-Christophe Rieu. Chaque semaine, nous partons à la rencontre d'une personnalité qui nous raconte son parcours, ce qu'elle aime, ce qu'elle vit. Témoignages, partages, rires, émotions. Voici l'invité du mardi.
- Speaker #0
Yannick Urien, bonjour.
- Speaker #2
Bonjour Jean-Christophe.
- Speaker #0
Merci d'avoir accepté notre invitation, l'invité du mardi. Aujourd'hui, invité un petit peu exceptionnel parce qu'il y a un parcours qui est atypique, un parcours qui est hors du commun. Tout le monde n'est pas directeur de radio. On va se tutoyer parce qu'on se tutoie dans la vie, ça sera beaucoup plus simple. Très bien alors. Homme de radio, homme de lettres, homme de passion. On va parler de toi, de ton parcours. On va bien sûr parler de Care News. Merci de nous recevoir ici. Dans ta radio, on peut dire ça comme ça, ta radio qui est à la balle, qui est mise sur le département de Loire-Atlantique, on va bien sûr évoquer Care News, la création de la radio, comment est-ce qu'on crée une radio, comment est-ce qu'on fait vivre une radio ensuite au quotidien. Mais avant de parler de Care News, il faut remonter un petit peu en arrière. Qui est Yannick Urien ? Comment tu définirais ton passé ? Ton enfance, ton adolescence, quels étaient tes désirs, tes joies, tes projets, qu'est-ce que tu aimais dans la vie Yannick ?
- Speaker #2
Alors, je ne sais pas. Je crois que c'est la chose la plus complexe qui soit, c'est de ne pas savoir, parce qu'en réalité les chemins sont parfois tracés. On est dans une famille de bourgeoisie de province, on est fils de médecin, fils de notaire, on fait du droit. Donc le chemin est tracé, on sait d'où l'on vient et où l'on va presque naturellement. Moi je ne sais pas, je ne sais toujours pas. Tout simplement parce que je suis né au... au Maroc, à Casablanca. J'y ai vécu pendant 15 ans, les 15 premières années de ma vie. Et la radio a été ma passion, peut-être parce que c'était mon premier contact avec... C'était le seul contact que l'on avait. On avait le livre, la radio. Quand on vit au Maroc, on a la plage, l'école, le livre et la radio. Et j'écoutais Radio Maroc. Il y avait une seule chaîne de radio alors qu'en France à l'époque il y avait déjà 4-5 chaînes de radio et donc ma seule évasion à l'époque c'était d'écouter Radio Maroc en français. Ce qui m'a donné cette passion, l'envie de faire de la radio et cette attirance pour ce média, pour le son, pour la magie que cela procure parce qu'on ne voit pas les coulisses, on imagine plein de choses. j'imaginais que tout était très complexe quand on écoute une radio quelqu'un qui parle c'est magique on se dit le nombre de câbles de studios qu'il doit y avoir un jour il y avait Claude François qui passait à Casablanca Radio Maroc était allé pour l'interviewer il avait fait quelque chose je devais avoir 9 ans et j'ai vu que c'était finalement très très simple il y avait un carpenter podium avec un micro et j'ai trouvé que ce média m'a toujours attiré. Donc après en France, je suis arrivé en France je devais avoir 15-16 ans j'étais un cancre Ça est tombé avec 1981 et les premières radios libres. Déjà en 1980, à Paris, j'ai commencé à m'intéresser à la radio. Il y avait des radios pirates qui se créaient, dont la plus connue des radios pirates qui s'appelait Radio Ivre. J'ai appelé, j'ai fait du... j'ai travaillé... enfin quand on dit j'ai travaillé, c'était du bénévolat le mercredi et le week-end. Donc j'ai vu comment on installe une radio pirate. elles étaient saisies, c'est-à-dire qu'il fallait... déménager pratiquement chaque soir d'appartement en appartement, avoir un militant qui appelle la radio qui dit j'ai une chambre de bonne à vous prêter. On est arrivé avec le matériel vers 17h ou 18h. On a installé l'antenne au-dessus du toit sur la chambre de bonne, de préférence dans des quartiers bien placés, à savoir la butte Montmartre. Plus on est hauteur,
- Speaker #0
plus l'émetteur. On va envoyer les ondes le plus loin possible.
- Speaker #2
On va envoyer les ondes le plus loin possible. Donc j'ai appris ce qu'était un dipôle, c'est une antenne, un coax, relié à un émetteur. On branche ça sur une table de mixage et... Des platines, ça se fait en une demi-heure. On fait une radio pirate en une demi-heure. Et on commençait à mettre les premiers disques vers 19h, 19h30. Et à 20h, c'était magique parce que le téléphone n'arrêtait pas de sonner. C'était déjà le seul contact avec l'extérieur dans les années 80. Pour quelqu'un qui voulait une parole beaucoup plus libre. Et j'ai découvert cette magie de la radio. Donc il y avait ensuite, on pouvait... émettent, il y a le brouillage qui arrivait parfois vers 23h ou vers minuit et puis la radio devait déménager parce que il y avait le repérage et les CRS pouvaient arriver le lendemain matin pour saisir donc c'était un peu le jeu du chat et de la souris, donc j'ai connu cette époque, ça c'est fantastique et puis 80 est arrivé avec ce qu'on pensait être la libéralisation des radios des radios. Et là, il y a eu Radio Ivre. Ensuite, j'ai voulu aller dans une autre radio qui venait de se créer. C'était Radio Solidarité, qui a été à un moment la troisième radio sur Paris.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
C'était la troisième radio sur Paris, c'était la radio de Jacques Chirac, pour tout dire, à l'époque. J'ai voulu monter ma propre radio déjà sur Paris, j'avais 17 ans, avec un voisin. Ça s'appelait Radio Voltage. J'avais trouvé le nom Radio Voltage. Elle existe encore ? Oui, c'est la Radio Voltage qui existe. Oui, c'est le Voltage.
- Speaker #0
Je ne savais pas qu'on était à l'origine.
- Speaker #2
Et j'avais trouvé le nom Voltage simplement parce qu'il y avait énergie qui venait de se créer. Donc j'écoutais énergie et je me suis dit qu'est-ce qui donne de l'énergie ? C'est le Voltage. J'ai trouvé que ça a été très simple. Donc, avec mon voisin, on a lancé Radio Voltage. En même temps, j'étais à Radio Solidarité. Lui, il a fait son propre chemin avec Voltage ensuite. Moi, je suis resté à Radio Solidarité. Ça m'a permis vraiment de me cultiver, de connaître beaucoup de monde, de côtoyer des politiques, des artistes. des intellectuels de l'époque, parce que Radio Solidarité c'était un événement sur Paris. C'était la radio où chaque soir il y avait des personnalités qui se succédaient, comme des anciens ministres de Valéry Giscard d'Estaing, comme des académiciens, Michel Droit, il y avait Jean Dormeson qui venait tous les 15 jours. C'était la radio événement sur Paris.
- Speaker #0
C'était une radio autorisée ?
- Speaker #2
Alors justement, il y avait la zone de flou jusqu'en 1986. Il y a eu une première salve d'autorisation en 1983-84 où justement la haute autorité de Michel Cotta, c'était la première institution, l'équivalent de l'ARCOM de l'époque, comme il y avait beaucoup trop de radios, ils avaient décidé de regrouper les radios par deux ou trois sur une fréquence. Et Radio Solidarité devait être regroupée avec deux autres radios et c'était ainsi de suite pour beaucoup de radios. Mais les radios résistaient à l'époque. Donc la radio était autorisée dans le regroupement mais elle ne pratiquait pas le regroupement, les autres radios ne se regroupaient pas non plus. Elles étaient déjà dans l'illégalité en ne se regroupant pas. D'où le fait qu'il y ait eu beaucoup de saisies en 1983-84. Ça a continué. Il y a eu quand même des saisies de radio comme Carbon 14, comme d'autres. Donc c'était toujours une zone de flou. Exactement. Donc l'aventure Radio Solidarité.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui t'attirait dans la radio ? Est-ce que c'était la technique et c'était le fait de parler aux gens, d'être connu, parce qu'on était connu beaucoup plus rapidement que maintenant en radio ? Le fait de côtoyer hors radio beaucoup de monde qui t'en parle, surtout qu'on est à Paris, je le rappelle, à l'époque, c'était un petit peu l'alchimie de tout ça ?
- Speaker #2
C'était vraiment la passion de la radio, pas tant parce que je me souviens que je dormais à la radio, je m'étais mis un lit de camp la semaine parce qu'en réalité on n'avait pas les ordinateurs et l'automation, les processus d'automation comme on a maintenant. C'était des bandes sur des REVOX, c'est-à-dire des bandes qui faisaient des programmes de EUI. Donc parfois, il fallait se lever à 3h du matin pour changer la bande, ça ne se mettait pas... Il y avait 2h de musique, donc il m'arrivait parfois le soir de dormir. Il arrivait au petit matin à 6h pour l'ouverture de l'antenne. Je me souviens, après, le côté showbiz était juste une petite récompense. Le fait d'être invité partout, le fait d'être connu. Mais c'était pas le but, le but. Le but c'était vraiment la passion de la radio, purement. Après, évidemment, la radio était dans le 15e arrondissement, j'allais dans le 16e arrondissement, pas très loin. Dès que je parlais au vidéoclub pour louer une cassette à l'époque, le gars dit je vous écoute à la radio, etc. La radio, c'était vraiment la radio événement. dans les arrondissements comme dans le 16e arrondissement, dans le 7e arrondissement, qui étaient des arrondissements plutôt chiraciens, de droite à l'époque. Ça m'a permis aussi de rencontrer beaucoup de monde. C'était une radio qui fonctionnait avec beaucoup de militantisme. Donc j'étais invité par les familles, des grandes familles, voilà, de ces arrondissements, dans les rallies à l'époque, voilà, c'était... Ça me permettait d'aller partout, mais ce n'était pas le but. Moi, c'est la radio qui me passionne. Comme j'ai découvert la presse, et la presse me passionne.
- Speaker #0
C'était un peu un mix des deux, c'est-à-dire la passion de la radio plus le fait de te créer un carnet d'adresses assez rapidement.
- Speaker #2
Ce n'était pas l'objectif, mais c'est arrivé naturellement.
- Speaker #0
C'est devenu.
- Speaker #2
C'est arrivé naturellement.
- Speaker #0
Radio Solidarité, ça s'est poursuivi après ?
- Speaker #2
Non. Je ne vais pas rentrer dans l'histoire de la radio, mais Radio Solidarité, il y a eu un certain moment un clash politique avec Jacques Chirac, avec... la radio était à l'époque ouverte à ce qu'on appelait, c'était une radio politique ouverte un peu à toutes les droites, où il y avait Jean-Marie Le Pen, Jacques Chirac, Valéry Giscard d'Estaing qui venait, Raymond Barre, Simone Veil, personne ne faisait attention à ces différences. Et puis à un moment, au bout de quelques années, avant 1986, quand Jacques Chirac devienne Premier ministre, il y a eu une montée très forte du Front National et de Jean-Marie Le Pen à l'époque. Je me souviens avoir assisté à une conversation à l'hôtel de ville où Jacques Chirac était furieux avec Denis Bonnois en disant que c'est la faute à Radio Solidarité si le Front National est monté très très fort parce qu'on a regardé tous les arrondissements périphériques. DREU, Radio Solidarité, était reçu à DREU parce qu'il y avait un émetteur de 10 kW. On allait très très loin. Ça veut dire que c'est une puissance de plus de 150 km. Je ne veux plus, Jacques Chirac avait dit, je ne veux plus que l'extrême droite arrive sur Radio Solidarité et son temps de parole. Il y a eu un clash, mais vraiment un clash, entre la patronne Radio Solidarité, qui a suivi Jacques Chirac, et exclut tout ce qui était... catégorisée à l'extrême droite, avec ce sort de cordon sanitaire. Il s'avère que Radio Sanité ne vivait que de cotisations, de dons. Il y avait trois appartements sur le front de Seine, il y avait beaucoup de moyens. Un émetteur de 10 kW qui avait été payé par Michel Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, le frère du Leclerc que l'on connaît. C'était son frère, celui qui avait fait l'entreprise de pompes funèbres. J'étais là, il avait acheté un Rodé Schwartz, il a été cherché à Euberlin, il s'était fait venir. Et Radio Solidarité avait beaucoup d'audience et beaucoup de dons, mais ça venait de gens plutôt d'extrême droite, les plus militants. Donc Radio Solidarité, en se mettant du côté Chirac, a perdu toute son audience et ses dons. Ça s'est effondré en devenant une radio plus consensuelle. Du coup est née la scission Radio Courtoisie qui a été créée à l'issue. D'accord. C'est un peu l'histoire de Radio Courtoisie.
- Speaker #0
Et qui existe toujours.
- Speaker #2
Et qui existe encore.
- Speaker #0
Radio Courtoisie, tu en as fait partie d'ailleurs.
- Speaker #2
Oui, oui,
- Speaker #0
pendant longtemps tu as été éditorialiste, tu avais une émission, comment ça s'est passé ?
- Speaker #2
J'avais une émission, oui, parce qu'en fait, il y avait deux fondateurs, il y avait trois, Jean Ferré, Serge Debekech, et il y avait Michel Droit, il y avait Rob... En fait, quand ils ont été exclus de Radio Solidarité, c'est moi qui les ai exclus un jour, Bernadette, suite à la réunion avec Jacques Chirac, m'avait dit, quand ils viendront faire leur émission, tu les vires, tu les laisses pas rentrer. On sonne à la porte et je vois Jean Ferré qui arrive avec Robert Ersand, Michel Droit. Il y avait Michel Poniatowski aussi qui était là, qui était ancien ministre de l'Intérieur de Valéry Giscard d'Estaing. Et je lui ai dit, je suis désolé, j'ai reçu l'ordre de ne pas vous laisser rentrer. Il le savait qu'il ne rentrait pas. Jean Ferré a eu un sourire narcois. Il s'est tourné vers Robert Arsene, qui était le plus puissant passant de presse à l'époque. Robert Arsene, c'était le propriétaire du Figaro. C'était... Enfin, c'était... Comme si Vincent Bolloré sonne à la porte, il dit j'ai reçu l'interdiction de vous laisser rentrer. C'était de ce niveau là, Robert Arsene. Donc ils sont partis, ainsi, comme il savait qu'il allait se faire virer, il voulait en avoir la preuve et avoir ses témoins de premier plan pour organiser la scission. Puis quelques années plus tard, je l'ai eu au téléphone parce que j'étais journaliste média, il me dit si vous voulez refaire de la radio, il me dit je sais bien que vous n'y êtes pour rien et que vous aviez 18 ans à l'époque. J'ai fait que faire. Je voulais venir faire une émission. Donc il m'a donné mon libre journal. Voilà, c'est tout. Ça s'est passé de cette façon.
- Speaker #0
Yannick Urien est notre invité du mardi. Homme passionné de radio. Directeur de Car News. Radio qui émet bien sûr à la boule en Loire-Atlantique. Avec lui, nous parlons de sa passion bien sûr pour la radio. On va continuer un petit peu le parcours. Pendant ce temps-là, on était à Radio Solidarité, Radio Courtoisie. Tu fréquentes bien sûr le monde de la presse. Et va y avoir une étape importante, RMC ?
- Speaker #2
Non.
- Speaker #0
Pas forcément ?
- Speaker #2
Ah non ! Euh... Alors... Tout simplement, avant, je faisais de la presse, après. En fait, ce qui s'est passé, c'est que j'ai eu toute cette période, j'étais ensuite à Radio Chaud, une radio parisienne, et puis est arrivé, j'ai repoussé, repoussé le plus longtemps possible, le service militaire. Il fallait bien que j'aille au service, que je le fasse. Un an de service militaire, j'en parle, ça a été vraiment une coupure, une cassure, c'est-à-dire au moment où les grilles s'étaient refaites, c'était 1989-90.
- Speaker #0
Là, la radio s'était déjà professionnalisée. Elle commençait,
- Speaker #2
c'était l'année de la professionnalisation. Et quand tu pars un an hors de tout, tu reviens un an plus tard, on ne te connaît plus, tout est terminé, les grilles se sont déjà faites. Là, la radio avait changé, avait basculé dans un autre univers. Donc là, je n'ai plus eu de place, je n'ai plus trouvé ma place. Donc je continue à Radio Courtoisie comme ça, parce que là c'était une activité qui n'était pas une vraie activité, la radio professionnelle. Donc j'ai fait de la presse écrite. J'ai travaillé pour Le Figaro, je travaillais pour Valeurs Actuelles, je travaillais pour Le Quotidien de Paris. J'ai fait beaucoup beaucoup de presse écrite. J'étais devenu finalement journaliste de presse écrite. J'ai fait des médias. Et puis, RMC, j'ai fait très peu en fait. Simplement, à un moment, je suis parti à Bagdad, j'ai fait beaucoup de reportages à Bagdad, entre la première et la deuxième guerre, et donc juste avant la deuxième guerre. Et puis je m'entendais bien avec Jean-Jacques Bourdin, avec Alain Veil, qui venait de reprendre RMC. Et j'avais envie de refaire de la radio. Et je déjeune avec Alain Veil. Elle me dit écoute, il n'y a pas de problème, toutes mes grilles sont faites, mais ce que je te propose c'est que tu vas faire tous les remplacements. Et puis il me dit à la fin du déjeuner, tu sais que les remplacements tu vas bosser chaque jour, parce qu'en réalité si on compte entre les congés payés, les vacances quand les GG ne sont pas là, sont en vacances, toi qui les remplaces et après un bourdin etc. Et puis c'est quelqu'un que j'aime beaucoup en plus. À la veille, c'est vraiment un très grand professionnel. Je l'avais connu avec beaucoup à Énergie, etc. Je suis rentré, c'était un mois de mai de canicule. Il faisait très chaud, on avait déjeuné à Paris, à la Porte d'Auteuil. 2003. Exactement. Oui, exactement.
- Speaker #0
La canicule de Paris, c'est 2003.
- Speaker #2
Voilà, c'était en 2003. Je sortais, on transpirait tous. J'ai pris la route jusqu'à La Baule, je suis arrivé chez moi à La Baule. À 19h, je nageais dans l'océan, l'eau était bonne et tout, j'étais tranquille. Et je me suis dit, tu vas être obligé de continuer un appart à Paris pour gagner de temps. Ça va tout bouffer entre loyer, voyage. En plus, tu vas être viré au bout de deux ans ou de trois ans parce qu'il y a toujours un truc qui n'ira pas. C'est comme ça. Alors que là t'es bien au soleil, vaut mieux un petit chez soi qu'un grand chez les autres, donc tu vas créer ta radio.
- Speaker #0
Waouh !
- Speaker #2
Je me suis dit je vais créer ma radio voilà.
- Speaker #0
Sachant que pour nos auditeurs on ne crée pas une radio comme ça, encore plus dans les années... Les 2000, ça passe par appel à candidature à l'époque du CSA, une sélection des dossiers qui est très difficile. Après RMC. Et puis après il y a un gros risque.
- Speaker #2
Voilà. Alors juste quand il avait repris RMC pour revenir, comme j'allais beaucoup à Bagdad, je faisais des reportages, j'ai appelé Jean-Jacques Bourdin et je lui dis est-ce que tu veux prendre un correspondant à Bagdad ? Il me dit bah oui, on va faire des choses dans la matinale. Ce qui m'a permis de pouvoir... Justifier une présence là-bas, de vendre des reportages, d'avoir de la radio, de la télé. Quand on est à l'étranger, pour me justifier là-bas, il fallait que je sois un journaliste important. Pour pouvoir avoir accès à des bonnes infos, au plus haut gradé, dans la ville, avoir une sorte de visa de journaliste. Il faut montrer qu'on est important. Les médias parisiens, il faut leur montrer qu'on a des bons contacts là-bas pour qu'ils t'accréditent. En fait, c'est un vaste communicant. Donc plus je cumulais de médias sur ma carte de visite, plus j'étais important à leurs yeux. Et plus j'étais important, plus j'avais accès à des bonnes infos, plus les vrais grands médias me faisaient confiance. C'est un vaste communicant en fait. C'est ça. Donc parfois on prend les trucs même si... On ne calcule pas trop, on multiplie les cartes de visite.
- Speaker #0
Mais on te propose de remplacer Jean-Jacques Bourdin sur l'antenne d'RMC, quasiment d'être ton joker, et tu te dis, l'océan m'attire, la boule j'aime bien, et je vais créer ma propre radio. Mais comment ça naît dans ton esprit ça ? C'est vraiment cette envie de rester ici ?
- Speaker #2
On ne m'a jamais proposé de remplacer Jean-Jacques Bourdin. Quand il partait en vacances, attention il faut rester.
- Speaker #0
Ça aurait pu arriver. Ça aurait pu arriver. Mais tu te dis non non je veux créer ma radio.
- Speaker #2
J'ai toujours voulu créer ma... Mais c'était facile dans les années 87, je voulais créer ma radio qui s'appelait... J'avais déposé un dossier à la CNCL, Entreprise FM.
- Speaker #0
Mais c'était plus simple. Mais dans les années 2000 c'est quasiment impossible. Et de toute façon si il y a une fréquence de libre, elle sera attribuée de facto à des... Gros groupe, on le sait.
- Speaker #2
Alors j'ai travaillé pour des grands groupes, je sais comment fonctionnent les grands groupes de radio. Ils font du lobbying. J'ai fait du lobbying et je me suis organisé comme un grand groupe. Incroyable. Voilà.
- Speaker #0
Auprès du CSA ?
- Speaker #2
Oui, c'était Dominique Baudis à l'époque, le président du CSA. Mais je connaissais un peu Dominique Baudis. Donc en fait, quand tu montes ton dossier pour Carnews, tu sais que ça va être accepté ? Non, personne ne le sait. Alors là, c'est un casino. C'est un casino, tu mets la pièce et tu te bats pour que le jackpot tombe. On est en quelle année ? 2004, 2005.
- Speaker #0
La radio a été créée en 2007. Tu demandes des appuis politiques locaux peut-être ? Culturels, locaux ? Non ?
- Speaker #2
Le local n'a pas une grande importance.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
Le local n'a pas une grande importance.
- Speaker #0
C'est le lobbying à Paris.
- Speaker #2
Oui, c'est le lobbying à Paris.
- Speaker #0
Incroyable.
- Speaker #2
Ça s'appelle du lobbying. Mais c'est ce que tout le monde fait, c'est ce que les grands groupes font.
- Speaker #0
Tu candidates pour obtenir une fréquence FM ici à la boule, tu sais qu'il y a des concurrents.
- Speaker #2
On était 130. De Radio Classique, RTL2, qui n'a pas eu, Rire et Chansons, on n'a pas de fréquence. Tout le monde. On était 130. Mais tu y crois et tu te dis j'ai mes chances. Oui, parce que j'étais un bon lobbyiste à l'époque. Il y a des temps, on est des bons lobbyistes et on l'est beaucoup moins bon quand le carnet d'adresses tombe. Mais il s'avère que c'était encore les dernières années de ma vie où j'avais encore pas mal de téléphones portables, de gens très importants, on appuyait aux dossiers, on se bat, voilà. Et on sait faire un bon dossier.
- Speaker #0
On sait faire un bon dossier, on sait faire...
- Speaker #2
On sait aussi faire un bon dossier parce que je sais ce qu'il fallait faire pour... attirer les personnalités qui sont en charge de la sélection du dossier, notamment à Arène. Quel type de radio était recherché, était attendu ? Le local a toujours quand même, pas les personnalités locales en influence, mais le fait de faire quelque chose de local, c'est quelque chose qui est bien vu.
- Speaker #0
Mais tu sais faire un bon dossier Yannick, mais tu sais que face à toi, RTL2 ou Réry Chanson vont également faire des bons dossiers, vont également faire de lobbying. Qu'est-ce qui se passe dans ta tête ? Qu'on tombe le délibéré de l'attribution de fréquence et c'est Care News qui a la fréquence. Qu'est-ce qui se passe dans ta tête ? Est-ce que tu te souviens de ce moment-là ?
- Speaker #2
Oui, j'avais lancé un journal à vannes qui s'appelait Care News. Ouais, j'avais lancé un journal à vannes qui s'appelle Care News. C'était un peu difficile au bout du troisième ou du quatrième numéro. Et j'étais sur la route entre Vannes et La Baule, et on me téléphone, on me dit que c'est bon, que c'est moi, qu'il y a l'autorisation des maîtres. Il y a eu le délibéré que ce sera officiel dans les jours qui viennent. D'abord il y a un yahou, voilà, c'est fantastique, mais il me dit, et bien maintenant j'arrête Vannes, je ne vais pas avoir le temps de le faire, et on se consacre à fond sur la radio. Et puis c'est tout. Et puis après, c'était le début du grand challenge. Le matériel, les studios, les équipements.
- Speaker #0
T'étais quasiment prêt, en fait, quand ça a démarré.
- Speaker #2
Non, parce que déjà, pour avoir son autorisation d'émettre au CSA, faut montrer tous les devis, avoir déjà contacté TDF pour la diffusion, avoir son plan. Donc tout le monde était prêt
- Speaker #0
De toute façon tu n'as que quelques mois pour Démarrer la diffusion sans quoi la fréquence est remise en jeu. On démarre Carnews, tu fais ta grille des programmes. Raconte-nous le lancement de Carnews. Tu veux faire quoi ? Quelle est l'idée déjà de ta radio ?
- Speaker #2
L'idée était un peu... Au début j'avais demandé une fréquence pour Carnews sur Vannes, sur Nantes, sur la Presqu'île. Je voulais faire une sorte de radio généraliste bretonne, du Sud-Bretagne. Une sorte de... ce qui était un peu Sud Radio dans le Sud, RMC, un petit RMC, un peu local, une vraie radio d'info avec, je me suis dit, en phase de lancement, après la phase de lancement, on va recruter 10 journalistes, ils seront partout, des correspondants, une radio plus... J'ai toujours eu cette culture, moi, franchement, avec RMC, les radios, j'ai toujours aimé la radio pour de la parole. Puis après, on n'a eu qu'une fréquence. On a vu que c'était beaucoup plus difficile que prévu. Le lancement, on avait recruté un animateur pour le matin, un technicien, un autre animateur, puis un journaliste. On avait déjà commencé, déjà très très fort pour une radio. Et d'ailleurs, le premier journaliste que j'ai recruté, il s'appelle Anthony Bisson, il est là. Il est toujours là, dans le bureau, d'un côté. Il a 20 ans d'ancienneté maintenant. Il était là.
- Speaker #0
Et oui, déjà 20 ans.
- Speaker #2
Plus de 20 ans. Donc on a commencé un peu, et puis après il y a eu la réalité économique. C'est ce que j'allais te dire. C'est arrivé, donc il a fallu se séparer, dégraisser.
- Speaker #0
On ne peut pas monter une radio dans les années 2000 comme tu avais monté Radio Solidarité.
- Speaker #2
Impossible. Puis Radio Solidarité fonctionnait aussi avec du bénévolat. C'était aussi une radio militante. Moi, j'étais payé à Radio Solidarité. Il y avait le cœur de la radio qui était payé. Mais le reste, c'était beaucoup de bénévolat. Il y avait une trentaine de personnes ou quarantaine.
- Speaker #0
Et pas du tout sur Care News qui est une radio commerciale. Justement, ce qui fait vivre une radio, c'est la publicité et la publicité locale. Comment ça s'est passé au début ? Simple ?
- Speaker #2
Non. Beaucoup plus compliqué que je ne l'imaginais. Pour être honnête, c'est un média qui est plus difficile à commercialiser que la presse écrite. C'est un média assez paradoxal parce que quand on a des clients, ils sont très contents. Ils reviennent. Ils sont très très contents. On les fidélise. Mais avoir le convaincre de passer la porte, alors là, c'est très compliqué. Donc avec le temps, voilà, c'est un média long. C'est un média très très long. C'est pas un média où les gens vont par coup de cœur et tout. Mais une fois qu'on les a, ils sont très contents, ils ont des retours. Puis il y a eu chez beaucoup de commerçants à l'époque une méfiance en province à l'égard du média radio, qui n'est pas quelque chose qui se garde. La presse, ils gardent. Un exemplaire du journal avec leur publicité. La radio ça part dans le vide, ils ne le conservent pas. Puis après on a eu une période un peu plus difficile avec les réseaux sociaux, une mode. Ils allaient tous vers les réseaux sociaux, je ne sais pas pourquoi. On leur a dit que c'était bien.
- Speaker #0
Tu parles des annonceurs.
- Speaker #2
Voilà. J'ai compris que ça ne leur apportait pas grand chose, ça leur a coûté quand même un peu de sous. Et là, je ne sais pas, ils reviennent. Il y a vraiment un flux beaucoup plus important. Je pense qu'on va revenir à des médias de toute façon...
- Speaker #0
Traditionnels. Oui. Du Créquer News, il y a un... moins de 20 ans. Publicité locale, bien sûr, pour faire vivre la radio. La radio qui vit plutôt bien, qui a une bonne notoriété sur la zone d'émission. Il y a deux ans, tu franchis un cap en entendant de la publicité nationale sur Car News.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Pourquoi ? Tu te dis avant, moi je veux peu de publicité et que mes annonceurs bolouent. Et puis là, on entend toutes les publicités nationales, il y a deux ans. Un choix délibéré de ta part.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Pour quelle raison, Yannick ?
- Speaker #2
Parce que pendant 15 ans, on s'est battu radio 100% local, annonceurs locaux, programmes locaux. Mais pour cette promesse, elle doit être dans les deux camps. Et quand je veux voir, on a des annonceurs locaux. Pour moi, je considérais que c'était bien d'être dans des tunnels d'écran avec que des locaux. On joue le jeu local, tous. Et j'ai des annonceurs qui nous disent à mon commercial on préfère aller sur telle autre radio parce qu'elle est plus sérieuse, elle a des pubs nationales. Ah bon d'accord. Non mais voilà.
- Speaker #0
Oui mais c'est ça, oui. Mais ça rassure, mais ça rassure.
- Speaker #2
Voilà en fait ça rassurait d'avoir Carglass et puis Darty. Donc ils se sont dit la radio elle est beaucoup plus sérieuse. Mais si on va prendre de la pub nationale et puis c'est tout. Donc on est rentré en régie, comme tout le monde. Ce qui permet de pérenniser un petit peu. On va être honnête, c'est aussi un matelade de chiffre d'affaires en basse saison, parce qu'on est quand même beaucoup soumis à la saisonnalité. Vendre de la pub, dites en basse saison, c'est compliqué. En revanche, l'été, oui. Quand les gens sont là, oui, la population multiplie par 4, 5. Donc là, oui, ça se passe. Mais une radio, c'est quand même une petite industrie.
- Speaker #0
Et ça permet de pérenniser un petit peu, un, les emplois et deux,
- Speaker #2
le fonctionnement de la radio.
- Speaker #0
Yannick Urien, directeur de radio, homme de lobby également, j'aimerais en parler un petit peu différemment maintenant. A chaque fois que je viens à Care News, je croise des stars. On a parlé de la publicité sur l'antenne, on va maintenant parler des personnalités qui viennent à l'antenne de Care News. Mais quasiment chaque semaine, tu reçois des personnalités très connues.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
C'est grâce à ton carnet d'adresse, c'est ce fameux lobbying dont vous nous parlez avant,
- Speaker #2
qui te permet de faire venir des gens à Carnews ? Euh... Non. Non, à la fin, il faut être humble, je crois, il faut voir les choses en vrai. C'est parce qu'on en a reçu qu'on continue d'en recevoir. Et parce qu'on s'entend... Non, voilà ! Il faut amorcer la pompe. La pompe, elle s'amorce par le carnet d'adresse, certes. Mais après, quand tu vas voir des gens que tu ne connais pas ou des gens ou des attachés de presse, des gens très connus qui voient qu'il y a eu un tel, un tel. Là, on me recontacte. On me dit est-ce que vous voulez pas voir un tel que je ne connais pas ? Donc, les choses se font après naturellement. Mais voilà, parce que les interviews, les gens se sentent bien. J'ai eu des gens qui n'étaient pas dans mon carrière d'adresse que je ne connaissais pas et que j'ai connu comme ça grâce à... La radio, qui je m'entends bien comme Fabrice Lequigny, qui me répond à chaque fois et qui ravit. J'en ai plein d'autres. J'avais un carnet d'adresses plus politique, beaucoup plus économique, peut-être il y a une vingtaine d'années ou une trentaine d'années. Mais après, on ne va pas se mentir, quand on quitte Paris, loin des yeux, loin du cœur. Donc le carnet d'adresses, c'est comme... Un tuyau qui coule, et puis là, c'est dans les dernières gouttes, au bout de 20-30 ans, où les gens que tu tutoyais, qui étaient ministres sous Jacques Chirac ou sous Nicolas Sarkozy, ne le sont plus maintenant. Donc eux-mêmes ont leur carnet d'adresses qui dépérit. Donc ça sent loin de Paris, c'est difficile quand même à entretenir. Et puis il faut être honnête sur les bases de ce métier. Oui,
- Speaker #0
et puis tu es dans une région qui... culturellement attractives. Il se passe des choses à la boule, tous les jours. Et ça, ça aide. Dans les années 70, les Buggles chantaient « Video killed the radio stars » . La vidéo a tué la radio. Est-ce qu'on peut dire pareil avec les réseaux sociaux actuellement ?
- Speaker #2
Si les réseaux ont tué la radio ? Oui,
- Speaker #0
ils sont en train de tuer la radio. On voit que le média radio baisse progressivement, d'année en année. Je parle des radios nationales. Baisse progressivement. Est-ce que c'est au profit des réseaux sociaux ? Je pense que la radio va vous retrouver son regain d'antan.
- Speaker #2
Qu'entends-tu par radio ? Est-ce que tu parles du moyen technique ou le fait de parler derrière un micro ? Parce qu'en réalité, parler derrière un micro et si on a des choses à dire sur du direct, ça restera toujours de la radio. Que ça soit transmis via un procédé qui s'appelle le web ou via les ondes, ça restera toujours de la radio. Donc, non. Maintenant, si tu... Ta question porte sur le média en lui-même, avoir le studio tel qu'on l'a conçu avec de la diffusion à FM ou en DAB. En fait, je ne sais pas, pour être très honnête. Je ne sais pas parce que moi, je continue d'y croire. Peut-être que ma génération est celle de cet ancien temps. Mais je crois que la radio, pour la musique, ça va être beaucoup plus difficile, même si c'est encore ce qu'il y a de plus recherché. Moi je crois vraiment à un type de radio que je ne fais pas, parce que c'est compliqué à faire, parce qu'il faut du temps. Mais ceux qui ont compris, c'est des BFM, des... C'est du talk. C'est du talk, voilà. Et la radio, contrairement à la télé, en province, la télé ça coûte quand même cher. Faut quand même avoir 2-3 personnes, un quart, etc. La radio, quelqu'un avec son téléphone n'importe où te dit je me trouve sur le boulevard machin, une voiture vient d'avoir un... un accident, les pompiers sont là, on peut en parler. Je pense que, alors, si ta question porte sur l'audio, l'audio va toujours rester.
- Speaker #0
C'est un mix des deux, en fait.
- Speaker #2
Et moyen de diffusion, je ne sais pas. Parce qu'en réalité, l'audio, on arrive à la limite. Quand je vois les grandes chaînes YouTube comme Tinterview, des gens qui font des interviews, en fait, ils font tous de la radio filmée. S'ils font de la radio filmée, et moi je m'aperçois quand j'écoute de la radio filmée sur Youtube où il y a des interviews souvent très très intéressantes qui durent une heure, une heure et demie, c'est en faisant autre chose et tu laisses en fond comme un poste de radio. Donc c'est pas générationnel, ça veut dire qu'en réalité que j'ai 20 ans, 30 ans, 40 ans ou 60 ans, si j'écoute quelqu'un faire un talk, un débat pendant une heure, une heure et demie et que ça me passionne, Je suis des vidéos de Marc Toiti qui fait son speech en radio filmée, même s'il est avec un tableau, parfois il présente quelques graphiques. Je le fais quand je fais autre chose. Je peux mettre des écouteurs, je peux jardiner, je peux faire du bricolage chez moi. Je l'écoute comme si c'était de la radio. Donc le média reste.
- Speaker #0
Comment vois-tu l'avenir à court terme de Carnews, à court ou à moyen terme ?
- Speaker #2
Je ne sais pas.
- Speaker #0
Dans le prolongement ou dans l'innovation ?
- Speaker #2
Je ne sais pas parce qu'en réalité, on est tous soumis à des contraintes techniques, à des contraintes économiques et financières et l'honnêteté conduit à dire que le rêve n'est pas la réalité. Si tu me disais comment vois-tu avec... Oui bon ok, il y a des contraintes financières. Faire ce que je voudrais faire, ce serait d'avoir peut-être de meilleurs studios, plus de diffusion, plus de personnel, faire une radio axée sur la vie, vraiment jouer le direct, être plus proche des gens. Oui, c'est le rêve. Puis après, à la fin du mois, il y a des réalités économiques. En France, actuellement, on est obligé de se battre pour faire survivre nos boîtes. C'est-à-dire que le combat des entrepreneurs, je parle de nombreux secteurs. acteurs d'activité, et aujourd'hui le combat des entrepreneurs en France, il est de survivre. Et chaque mois de gagner ou trimestre de gagner dans ta survie, donc tu n'as pas progressé, tu n'as rien créé de nouveau, tu es resté en mode survie, contrairement à d'autres pays du monde ou les entrepreneurs. En réalité, on va prendre l'image de quelqu'un qui est sur une route, qui part sur un chemin de campagne. Il se fixe le point A pour aller vers le point B. Donc, il est avec son sac à dos et son couteau et il avance. Chaque jour, il fait quelques dizaines de kilomètres supplémentaires. C'est ça la vie d'une entreprise progressée. Ce qu'ont connu les grands créateurs d'entreprises comme les Bouygues, comme les Dassault, comme le Stade Blanchet, etc. Mais aujourd'hui, pour des petits entrepreneurs en France, tu pars du point A et à un moment, tu es bloqué 3 kilomètres plus loin. T'es bloqué sur une route, sur un chemin, sur une clairière, parce que t'as eu le Covid, parce que t'as eu l'Ukraine, l'augmentation de l'électricité, puis après l'Iran, puis ceci, puis cela, puis les charges. Donc tu restes, tu fais un feu de camp et tu n'avances plus. En réalité, tu es tellement pris par la gestion du quotidien qu'avec ton couteau et ton silex, tu fais chaque soir ton feu de camp et tu survis, tu restes et tu n'avances plus. Et rien que le fait d'être resté vivant sans avancer, c'est déjà un exploit. C'est ce que j'observe de plus en plus malheureusement chez les entrepreneurs. On espère que la situation va s'améliorer sur la question du prix de l'énergie, sur la question de la... de la confiance, de la croissance, du désendettement de la France, pour qu'enfin les entrepreneurs puissent remettre leur sac à dos et refaire des kilomètres de plus pour aller vers le point B. Mais pour l'instant, tu poses une question à un entrepreneur, tu dis, pour l'instant, ne t'inquiète pas, si on est toujours là, c'est que ça va.
- Speaker #0
On verra donc l'évolution sociale et économique en France pour des milliers et des milliers d'entrepreneurs. Pour Carnews, on va terminer avec Yannick Urien. Dans les années 80, tu rêvais de faire de la radio, tu as réussi. Dans les années 2000, tu rêvais de créer ta radio, tu as réussi. A quoi rêve Yannick Urien aujourd'hui en 2026 ?
- Speaker #2
Au multimédia, j'ai toujours été passionné par Internet. J'ai appris à coder. J'étais un des premiers à me connecter sur Internet en France. J'ai toujours été passionné par l'informatique et l'internet. J'ai appris le langage MS-DOS, j'ai réparé des ordinateurs quand j'avais 25 ans ou 30 ans, changé des cartes mères, me rebooter, refaire du MS-DOS. Quand internet est apparu, j'ai appris le langage HTML pour coder moi-même et développer des sites. des sites internet, je vois la progression de l'intelligence artificielle, du no-code en matière de codage, développer des applications. Et tout en étant passionné par ça et en le maîtrisant parfaitement bien, j'ai jamais été vraiment dans... c'est ce que je regrette le plus. Donc peut-être me redévelopper davantage dans le multimédia, voilà, parce que je le maîtrise parfaitement bien. Donc parfois, certains se moquent de moi, me disent « Ouais, t'as vraiment une culture de papier, de radio, de trucs à la papy, quoi. » Alors que je suis très branché aussi, ne vous inquiétez pas, je peux vous développer un site en quelques heures, etc. Et le NoCode, je connais ça très très très bien. Mais voilà, donc c'est quelque chose que j'aimerais faire.
- Speaker #1
L'invité du mardi, à retrouver chaque semaine sur toutes les plateformes de podcasts et réseaux sociaux. Une production, l'autre agence nantaise.