- Speaker #0
Il y a trois ans, elle a reçu le baptême à l'âge adulte. Rencontre avec Valérie Mazot, qui nous raconte sa vie.
- Speaker #1
L'invité du mardi, Jean-Christophe Rieu. Chaque semaine, nous partons à la rencontre d'une personnalité qui nous raconte son parcours, ce qu'elle aime, ce qu'elle vit. Témoignages, partages, rires, émotions. Voici l'invité du mardi.
- Speaker #0
Bonjour et bienvenue. Dans le podcast L'Invité du Mardi, vous le savez, nous partons chaque mardi à la rencontre de quelqu'un qui partage avec nous sa vie, son métier, sa passion. Aujourd'hui, nous sommes à
- Speaker #2
Saint-Fiacre-sur-Mêne. Bonjour Jean-Christophe.
- Speaker #0
Bonjour Valérie Mazot, merci de nous recevoir ici chez vous, Saint-Fiacre-sur-Mêne, une quinzaine, une vingtaine de kilomètres au sud de Nantes à peu près. Oui,
- Speaker #2
c'est ça, nous sommes déjà dans le vignoble. Donc les vignes sont splendides, vraiment.
- Speaker #0
Et merci de nous recevoir chez vous à l'heure du café pour partager un moment de votre vie, un moment extrêmement important. Vous savez, dans ce podcast, on découvre des personnes, on rencontre des personnes qui ont quelque chose à nous dire, à nous partager. Et ça ne vous a certainement pas échappé en regardant l'actualité ces derniers temps, où on disait au moment de Pâques, tiens... Il y a un boom de fréquentation des églises, il y a un boom de ce qu'on appelle les catéchumènes, c'est-à-dire les nouveaux baptisés, des baptêmes d'adultes depuis 2-3 ans, il y en a de plus en plus. Et Valérie Mazot, justement c'est votre cas, puisque vous êtes baptisée depuis 2 ans.
- Speaker #2
3 ans précisément, oui, j'ai été baptisée le 8 avril 2023 à la Basilique Saint-Nicolas de Nantes.
- Speaker #0
Et vous allez justement nous parler de ce parcours, de ce parcours de foi, de ce parcours ecclésial et puis de ce parcours de vie principalement. Valérie Mazot, vous êtes écrivain, vous avez écrit une cinquantaine de livres, certains livres professionnels pour les entreprises, pour les particuliers. Et vous faites également des ateliers d'écriture pour écrire des biographies.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. Donc je suis biographe, auteur biographe, c'est-à-dire qu'effectivement... J'accompagne des personnes dans leur récit de vie, des familles, des entreprises. Et c'est également ce que j'anime dans des ateliers d'écriture où j'invite toute personne à écrire, à relire le récit, son récit de vie.
- Speaker #0
Alors tout d'abord, on veut en savoir plus sur vous Valérie. Si on trouve des infos sur Internet, bien souvent... Elles sont fausses, il faut le savoir. Si on regarde qui est Valérie Mazot sur internet, si je me fie à ce qu'il écrit, vous avez commencé à écrire lors de la naissance de votre premier enfant.
- Speaker #2
Oui, c'est assez juste. Alors un petit peu avant, certainement quand j'avais dès 6 ans, à l'école, quand j'ai découvert la magie des mots de l'écriture grâce à une institutrice fantastique, j'ai commencé à écrire dès ce moment-là et à faire comme beaucoup d'enfants. voire d'adolescent, à écrire des histoires, à adorer écrire des rédactions à l'école, à écrire ensuite un journal intime. Donc j'ai commencé il y a bien longtemps puisque j'ai 58 ans aujourd'hui.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui vous intéressait dans l'écriture ?
- Speaker #2
Je pense que j'ai toujours aimé raconter des histoires comme j'ai toujours aimé écouter des histoires qu'on me raconte. La notion du récit de vie, je l'ai toujours trouvée très inspirante. pour ma propre vie et mes propres choix de vie.
- Speaker #0
Donc l'écriture pour raconter un récit, le choix des mots, la beauté des mots, la transmission également.
- Speaker #2
Oui c'est ça, quand on est effectivement auteur et notamment auteur-biographe, c'est parce que pour nous transmettre un récit ou aider une personne, une famille, une entreprise à transmettre un récit, c'est important pour savoir d'où l'on vient et mieux... imaginer où on a envie d'aller. Et cet ancrage également au présent qui est important aujourd'hui.
- Speaker #0
Alors, biographe, écrivain, mère de famille, une vie quand même qui est bien remplie, qui est très loin de la foi et de l'Église à ce moment-là.
- Speaker #2
Oui, en fait, pour vraiment commencer dès le départ, je suis née dans une famille catholique de façon traditionnelle. Et nos parents... puisque j'ai deux frères aînés, nos parents baptisés, ayant fait leur catéchisme, un parcours de foi assez classique, l'ont pas très bien vécu, ça n'a pas eu de sens pour eux, certainement avec des rencontres qui n'étaient pas forcément inspirantes pour eux. Donc ils ont choisi à notre disposition. naissance, mes frères et moi, de ne pas nous baptiser. Ils nous ont expliqué, lorsque nous étions adolescents, que pour eux, ça n'avait pas de sens suffisamment fort et qu'ils préféraient nous laisser le choix. Donc j'ai grandi, effectivement, dans cet univers familial où il y avait beaucoup d'amour, il y en a toujours beaucoup, mais il n'y avait pas Dieu.
- Speaker #0
Et puis les... L'église n'était peut-être pas forcément très attirante à ce moment-là, quand on est adolescent, quand on est jeune adulte, dans les années 80, début 90. C'est peut-être pas forcément... Je ne sais pas, mais c'est pas forcément...
- Speaker #2
Oui, alors, oui, certainement. Moi, je ne connaissais pas l'église à cette époque-là, puisque à la maison, on ne parlait pas de Dieu, il n'y avait pas de Bible, on n'allait pas à la messe. avec cette volonté de nos parents alors sans être anti anti dieu anticlérical du tout et moi c'est quand même à l'adolescence que j'ai commencé à chercher dieu mes frères pas du tout et toujours pas d'ailleurs et moi j'ai commencé à l'adolescence vraiment à chercher dieu à l'époque sans savoir pourquoi je le cherchais donc j'ai beaucoup lu des auteurs chrétiens ou des histoires sur des prêtres ouvriers, par exemple, Gilles Berset-Zbron, etc. J'aimais aller avec mes parents, qui étaient très ouverts aussi, aller visiter des églises sur nos lieux de vacances. Donc, dès l'adolescence, j'ai cherché Dieu.
- Speaker #0
Sans le trouver ?
- Speaker #2
Sans le trouver. Alors, je le trouvais dans des récits, je sentais dans des lieux, dans des églises, dans des chapelles que l'on pouvait visiter, je sentais sa présence. Mais je ne savais pas encore ce qu'il venait me raconter, me dire et sur quel chemin il allait m'emmener.
- Speaker #0
C'était fugace et ce n'était pas forcément une priorité non plus parce que votre vie était quand même assez riche de plein de choses.
- Speaker #2
Oui, et puis j'ai fait beaucoup de rencontres auprès d'amis qui étaient soit chrétiens, soit musulmans, bouddhistes aussi, dans le judaïsme également. Donc j'avais vraiment cette possibilité. de découvrir plusieurs religions ou philosophiques religieuses différentes. Donc j'ai passé beaucoup d'années à vraiment découvrir de façon très ouverte, puisqu'il n'y avait rien d'obligatoire. Et finalement, nos parents nous laissaient ce choix assez vaste, donc beaucoup d'années de découverte et d'exploration.
- Speaker #0
Alors si je comprends bien une vie saine, une vie normale, avec une teinte, on va dire, de spiritualité, de recherche, sans approfondir. Tout se passe très bien et tout pourrait continuer comme ça d'ailleurs.
- Speaker #2
Oui, tout se passe très bien et en même temps, quand même, j'étais dans cette quête, peut-être en filigrane, donc effectivement, ma vie très riche. J'ai eu un premier enfant, j'ai été mariée une première fois aussi, Voilà, avec une première vie conjugale. pas forcément facile. Donc avec des questionnements liés à ça, bien sûr. Et puis j'ai fait, à l'âge de 32 ans, une très belle rencontre. La rencontre de Marie.
- Speaker #0
Alors on va y venir, on va y venir tout de suite même. D'une manière complètement fortuite, d'une manière complètement incroyable. Mais j'en dis pas plus. Je vous écoute.
- Speaker #2
Je raconte alors la rencontre. Hiver 1999, j'arrive dans cette ville de la Mayenne qui s'appelle Laval, la préfecture. À Laval j'arrive, mon fils est tout petit et voilà, je viens de divorcer et je vais apporter des affaires qui ne nous servent plus dans le local d'une association caritative qui est en plein centre-ville. C'est l'hiver. Il fait encore nuit, il fait froid. Moi, à 6h du matin, je suis debout, même à 5h. Donc, à 6h du matin, j'étais dans ce lieu en plein centre-ville, dans la nuit et dans le froid. Et puis, j'ai quelques cartons à déposer. Et bien sûr, le local est fermé à cette heure-là. Et parmi tous les objets qui ont été déposés, certainement la veille au soir, qui sont devant la porte du local qui est fermée, J'aperçois parmi tous ces cartons, ces sacs poubelles, j'aperçois une forme blanche qui m'attire, qui est assez étonnante forcément. Elle ne ressemble en rien aux cartons et aux sacs qui sont épars. Et quand je m'approche... Je m'aperçois que c'est une statue qui fait à peu près un mètre de haut, qui est en plâtre et qui représente la Vierge Marie. Et là, c'est assez fulgurant pour moi. Alors tout d'abord, je me dis que je n'ai pas le droit d'y toucher, que je ne vais pas quand même la prendre avec moi et que je pourrais peut-être être... Traité de voleuse, je n'ose pas, je n'ose pas du tout. Et puis je retourne à ma voiture en me disant, allez c'est bon Valérie, ce n'est pas pour toi. Et puis forcément il y a quelque chose qui me fait revenir vers cette statue. Je me dis, ok elle est là, elle est un peu cassée, elle est un peu sale, elle est usagée, elle a été déposée parmi tous ces objets, pas à l'abandon mais en tout cas là pour qui veut bien. Et quelque part, même si elle est en prière, elle me tend les bras et donc je la prends dans mes bras et je l'emporte avec moi. Voilà, donc première très grande rencontre. J'ai 32 ans et là je me dis, ok Marie, merci, merci pour cette rencontre. Mon chemin vers Dieu se précisait. Et en même temps... Marie est là pour les chrétiens, aussi pour les musulmans, pour les juifs. C'est une jeune femme, une maman juive. Donc bon, ça m'oriente un petit peu plus vers cette quête d'une religion et d'une spiritualité. C'est un premier grand pas en avant.
- Speaker #0
C'était un vrai coup de foudre, on peut le dire. C'est Marie qui vous a choisi.
- Speaker #2
Oui, quasiment. Bien sûr, bien sûr.
- Speaker #0
Si on peut le dire. Vous sentez qu'il y a une bascule, qu'il y a un tournant à ce moment-là, dans notre vie spirituelle déjà, je ne parle pas de vie religieuse, je parle de vie spirituelle, donc une spiritualité au sens très large du terme. Est-ce qu'il y a un tournant ? Quel est le lendemain de cette rencontre ?
- Speaker #2
Oui, c'est forcément un tournant. Je ne sais pas encore ce que Marie vient me dire, puisqu'il y a encore beaucoup de possibilités, puisque effectivement Marie est présente dans plusieurs religions monothéistes. Donc finalement, ça se précise. Et cette symbolique de la maman, de la mère universelle me touche. touche beaucoup puisque je suis moi-même une maman. J'ai une maman très très aimante et je sens que c'est un amour qui me touche en plein cœur et qui est vraiment une porte qui s'ouvre vers plus grand encore, mais je ne sais pas encore vers qui.
- Speaker #0
Et à ce moment-là, donc la trentaine, vous ressentez le besoin d'en savoir un petit peu plus, de rencontrer l'Église ou pas du tout ? Où est-ce qu'on en est ? Merci. Parfois il y a des chemins comme ça avec Marie qui sont très très personnels et on n'a pas très envie de le partager non plus.
- Speaker #2
Oui, moi je continue et peut-être que je redouble à ce moment-là de lecture, de conférences, de rencontres pour mieux connaître Marie déjà, mieux comprendre aussi tous les chemins qui mènent à Marie. Donc oui, bien sûr, ça m'interpelle fortement. Ça redouble mon attention et mon exploration. Et puis il y a aussi le décès de mon père qui arrive et qui fait qu'effectivement la perte d'un être cher, en tout cas pour moi et je crois pour chacun de nous, vient me questionner sur le sens de la vie. Pourquoi ? Pourquoi je suis là ? Quelle est ma mission dans la vie ? Est-ce que Marie justement va m'amener vers une mission de vie ? que je ne connais pas encore, mais qui m'attire. Donc j'en suis, à ce moment-là de ma vie, dans quelque chose de très intime, mais pas encore d'assez précis, pour savoir vers quoi je vais.
- Speaker #0
Mais c'est quand même très intime. Et Valérie, on a envie de savoir un peu plus sur la façon d'incarner, la façon de vivre cette rencontre après. Est-ce qu'elle reste au niveau de la rencontre, ou est-ce qu'on a envie d'en savoir un peu plus ? Là, on va vraiment parler du mot religion, de la religion à ce moment-là. Est-ce qu'on reste un mari ou est-ce que, via mari, on a envie d'en savoir plus sur le reste ? Est-ce qu'on fait le lien entre mari et l'Église déjà ?
- Speaker #2
Alors pour moi, oui, je fais le lien entre mari et l'Église. Je fais bien sûr le lien entre mari et Dieu. Je me sens au fil du temps, parce que je prends le temps. Moi, j'ai besoin de temps. J'ai besoin de temps, je ne suis pas du tout dans l'immédiateté. notre époque où tout va très vite, elle n'est pas trop faite pour moi, ça me malmène, moi j'ai besoin de temps pour avancer. Je me sens de plus en plus catholique, c'est évident. De toute façon, je me sens chrétienne. Ça, au fil du temps, ça vient. Chrétienne, alors pas protestante, puisque Marie n'a pas cette place-là. Entre-temps, j'ai aussi rencontré Saint-François d'Assise, qui me touche en plein cœur dans ce lien avec la nature, dans ce lien avec la pauvreté, cette évidence. Donc voilà. Bien sûr, je me sens de plus en plus catholique. Et en même temps, les années passent, j'ai un deuxième enfant, je me marie une deuxième fois. Et donc je suis bien occupée et je continue à écrire des livres, plutôt des romans. Et donc j'ai aussi un petit peu peur de Dieu, que je ne comprends pas encore bien. Parfois je suis un peu en colère. par rapport à tout ce qui se passe et qui est extrêmement difficile dans l'humanité, les guerres, les génocides, et je me demande pourquoi Dieu ne fait rien. Donc je me sens de plus en plus catholique, mais j'ai parfois de la colère vis-à-vis de Dieu, donc je ne suis pas tout à fait prête, et aussi l'actualité de cette époque-là. n'est pas très favorable pour devenir catho. Et je me suis dit, d'accord, si on me traite de catho, je ne saurais même pas trop quoi répondre par rapport à cette religion que je connais si peu et qui n'est pas du tout, du tout à la mode de l'époque. Donc voilà comment je chemine.
- Speaker #0
Et qui n'est pas forcément très attrayante non plus si on n'est pas dedans en fait. Si on n'est pas à l'intérieur, c'est un petit peu compliqué. Mais est-ce qu'on a envie de mettre les pieds à l'Église ? Pas forcément.
- Speaker #2
Alors moi j'ai toujours aimé les églises, mais sans en connaître les codes, puisque enfant, nous n'allions pas à la messe. Les premières messes, je n'ai bien sûr rien compris à ce qu'il s'y passait, même en ayant un petit peu étudié la question, mais de les vivre c'est autre chose. La notion de tuto, etc., ou la Bible, ou la messe pour les nuls, c'est assez récent aussi. Et je pense qu'effectivement, quand c'est très codifié, ritualisé, et c'est le cas bien sûr de toute religion d'ailleurs, et notamment de la religion catholique, si on n'a pas les codes, c'est un petit peu comme un musée d'art contemporain, où si on efface une toile entièrement bleue ou blanche, on va passer à côté, on ne va vraiment pas comprendre le message. Bon, c'était, sauf s'il y a un super guide dans le musée qui va nous dire, attends, je t'explique. Celui qui a créé ça, voilà ce qu'il a voulu dire. Je trouve qu'à l'église et dans la messe notamment, c'était ça. Donc oui, ça m'attirait, mais sans forcément bien comprendre ce qui s'y passait.
- Speaker #0
L'invité du mardi, Valérie Mazot, qui nous reçoit ici chez elle, à Saint-Fiacre-sur-Mêne, au sud de Nantes, pour nous partager sa vie en fait, et particulièrement son baptême à l'âge adulte. Parce qu'on le rappelle... Vous n'étiez toujours pas baptisé à ce moment-là, Valérie. Vous avez rencontré la Vierge Marie via une statue, ça a été le signal, le coup de foudre. Par Marie, vous vous intéressez un peu plus à la religion et à la religion catholique cette fois-ci. Vous n'êtes pas baptisé. Vous allez l'être plusieurs années après. Pour l'instant, votre cheminement avec l'Église, ça donne quoi ?
- Speaker #2
Donc c'est vrai que je serai baptisée 21 ans plus tard. Voilà, de 32 ans jusqu'à 53 ans, je mets 21 ans. Parce que voilà, je continue à explorer, parce que j'ai besoin de ce temps-là, parce que je me sens de plus en plus catholique, mais en avançant pas à pas, parce que ma vie de maman, de femme, d'écrivain me prend beaucoup de temps. quand on a souvent 30-40 ans, on est vraiment dans le faire et moins dans l'être, dans ce quotidien qui nous occupe beaucoup. Donc oui, j'ai vraiment ce cheminement en début de cinquantaine, c'est quand j'ai 53 ans, à l'occasion d'une conférence, et comme beaucoup de conférences que j'ai déjà pu écouter, auxquelles j'ai assisté, mais ce jour-là, je suis prête. Je suis prête face à ce conférencier catholique qui parle de la chrétienté en Europe, cet homme catho décomplexé, dans une actualité pourtant pas très favorable au catho. Je suis devant une évidence que moi aussi en fait je suis catho. et qu'il est temps d'y aller à 53 ans. Donc je découvre le mot de catécumène, qui n'est pas très évident à comprendre et à prononcer au départ. Et c'est comme ça que je m'engage à 53 ans dans le catécuména, qui va durer deux ans.
- Speaker #0
C'est-à-dire que vous demandez le baptême au sein de l'Église catholique et on vous répond qu'il y a une grande démarche à faire qui va durer deux années, au minimum deux ans. Comment vous le ressentez ?
- Speaker #2
La première impression, c'est deux ans, ça me semble très long. Pour l'anecdote, j'ai un ami qui, à la même époque, vient de se convertir à l'islam en deux minutes. Et donc deux ans, oui, ça me paraît très long. Mais voilà, je suis prête, je suis prête. Je rencontre Marc, un monsieur extraordinaire qui va m'accompagner pendant ces deux années. et qui me met tout de suite en confiance et finalement je suis prête pour ça. Donc j'y vais quand même, même si deux ans me semblent interminables.
- Speaker #0
Vous suivez le parcours de Kate Ikumina. Un parcours qui est intéressant, qui est riche ou bon, il faut le faire ?
- Speaker #2
C'est un parcours passionnant, vraiment. Moi j'ai tellement aimé ce parcours qui m'a semblé tellement court. Les deux années sont passées très vite. et surtout au début de mon catécuménat donc Marc, notre première rencontre il m'explique que nous allons passer deux ans ensemble à se voir régulièrement une fois par mois il me met tout à fait à l'aise parce que deux fois mariée, deux fois divorcée donc pour des circonstances différentes donc je ne suis pas forcément très à l'aise avec aussi cette situation qui me met un petit peu en porte-à-faux sur certains sujets de l'église Marc me met complètement à l'aise il me dit voilà, bienvenue tout va bien c'est un très beau chemin et ça démarre par son premier conseil c'est Valérie tu vas aller voir Thibaut Thibaut Dubois, tu vas aller dans sa très belle librairie Siloé au pied de la cathédrale de Nantes et puis tu vas acheter une bible et puis tu vas commencer Allez, par le Nouveau Testament et l'évangile de Marc parce que c'est un bon débit.
- Speaker #0
C'est l'évangile des catéchumènes. C'est ça,
- Speaker #2
c'est ça. Donc voilà, je vais dans la très belle librairie de Thibaut, je choisis une Bible que m'a conseillé Marc et puis je rentre chez moi et je pose ma Bible sur cette table basse et je tourne un peu autour. Un petit peu comme j'ai tourné autour de la statue de Marie, d'ailleurs qui est tout près de la table basse. Marie est là, elle me regarde, je pense qu'elle s'amuse un peu. Moi je suis assez perplexe. Alors je ne vais pas attendre 21 ans pour tourner autour de la Bible, mais je vais me faire un petit café. Après je retourne encore autour de ma Bible qui est toujours posée sur la table basse. Je suis un petit peu impressionnée, je sais qu'il va peut-être se passer quelque chose ou peut-être... pas grand chose, donc je vais me prendre un petit carré de chocolat, enfin bref. Et puis j'ouvre ma Bible, plusieurs milliers de pages, c'est bien, c'est quand même une bibliothèque, on le sait. Et puis j'arrive quand même dans le sommaire à trouver où est l'évangile de Marc et la page précise dans toute cette... ce foisonnement d'histoire qu'est la Bible. Et là, je démarre la lecture. Je démarre ma lecture. Et là, je vis un coup de foudre. Je rencontre Jésus vraiment pour la première fois. Bien sûr, j'avais entendu parler de Jésus. Mais la rencontre ne s'était pas faite. Donc, à la lecture de l'Évangile de Marc, je rencontre vraiment Jésus. Et je découvre que c'est cet amour-là que je cherchais depuis. mon adolescence. Voilà, donc c'est une véritable révélation que je vis en lisant l'évangile de Marc.
- Speaker #0
Pendant cette préparation au baptême, c'est là où vous mettez un peu plus en avant la prière, la prière silencieuse, le recueillement, l'intériorité ?
- Speaker #2
Oui, bien sûr. Bien sûr, c'est tellement simple. Quand on rencontre Jésus et quand on le rencontre là en plein cœur, eh bien, on suit. C'est notre guide. D'ailleurs, moi j'entends souvent « Suis-moi, encore aujourd'hui » . Et ça fait trois ans que je suis baptisée. Donc, comme Jésus, la prière, la solitude, et puis aussi le partage, la charité. lire, relire la loi de Moïse, la loi mosaïque avec le cœur, avec ce regard de Jésus. Oui, bien sûr, tout ça arrive en plein pot dans ma vie de façon incroyable. Et c'est pour ça que les deux années ont été fulgurantes et extrêmement trop courtes.
- Speaker #0
Ça a été court et pourtant, encore quelques semaines avant d'être baptisé, l'Église peut dire non. il y a ce fameux ce qu'on appelle le scrutin, rien à voir avec les élections de scrutin pour scruter les cœurs, où l'Église dit « je t'appelle à être baptisé dans quelques semaines » . Là, le délai se rapproche très très très vite. Dans quel état d'esprit vous êtes à la veille du baptême ?
- Speaker #2
Alors pendant les scrutins, pendant l'appel décisif avec Mgr Perceroux, jusqu'à la veille du baptême et jusqu'au moment d'être baptisé par le Père Loïc Lehen à la Basilique Saint-Nicolas, c'est une évidence. Il n'y a en moi aucun doute, il y a en moi cette évidence que je suis à ma place et que la mission commence.
- Speaker #0
La mission commence. Recevez le baptême à l'âge adulte, on le rappelle, à l'âge de ?
- Speaker #2
53 ans, donc il y a 3 ans maintenant. C'est-à-dire que je suis une femme de 58 ans et une petite fille née à Dieu, il y a 3 ans.
- Speaker #0
Parfait. Comme vous avez été baptisée adulte, vous avez reçu également le sacrement de confirmation en même temps ?
- Speaker #2
Oui, et l'eucharistie également. On a reçu les 3 sacrements lors de la veillée pascale.
- Speaker #0
Ça c'est merveilleux ça !
- Speaker #2
C'est merveilleux, trois en un, c'est une autre trinité absolument extraordinaire.
- Speaker #0
Le démarrage de votre vie spirituelle, je parle bien spirituelle, c'est fait avec cette rencontre de la statue de la Vierge Marie qui est juste ici à côté de nous. C'est poursuivi en faisant la rencontre de Jésus dans l'évangile de Marc pendant votre préparation au baptême. Vous êtes baptisé et confirmé. Depuis comment ça se passe Valérie ?
- Speaker #2
Alors ça se passe très bien, ça se passe très très bien, parce qu'il n'est jamais trop tard pour le plus grand amour. Voilà, moi ce très grand amour que je ne pouvais pas trouver dans l'humanité, même dans ma famille très aimante, même auprès. d'un conjoint, même auprès d'amis. Forcément, l'amour humain est par définition imparfait. Alors quand on le rencontre en Dieu, enfin quand on le rencontre à l'âge de 53 ans, comme c'est mon cas, après c'est que de la joie, c'est que de l'émerveillement. C'est pour ça que j'aime dire que je suis une petite fille de 3 ans, née à Dieu il y a 3 ans, et je suis dans cet émerveillement. de l'enfant qui vient de découvrir le grand amour, cet amour de Dieu. Alors j'aurais peut-être une crise à l'adolescence, on en reparlera dans 10-15 ans, Jean-Christophe, on verra ça, mais peut-être que j'en aurai pas, et bref, ce n'est pas le sujet. En attendant, ça se passe très très bien parce que j'ai soif de découvrir, on est catéchumène, après on est baptisé, donc on devient néophyte. Et je ressens vraiment cette soif du néophyte de continuer à découvrir, à explorer. Par exemple, lors de ce carême 2026, j'ai découvert la force du sacrement de réconciliation. J'ai découvert aussi, grâce à ce que nous vivons dans notre paroisse avec le Père Hubert Vallette, qui est notamment très en lien. avec tout ce qui est amitié judéo-chrétienne. Donc j'ai découvert aussi cette judéité qui est tellement importante pour nous. Et là, il y a tellement aussi à vivre et à mettre en œuvre pour se réconcilier avec notre grande sœur juive et judaïque. Donc il y a tant à découvrir. Donc je suis dans cet état à la fois de soif, d'émerveillement et d'exploration. quasi quotidienne.
- Speaker #0
Je le disais en préambule, ces deux, trois dernières années, il y a eu un boom du nombre de catéchumènes qui a impressionné tout le monde. Est-ce que vous, vous l'avez vu de l'intérieur ? Est-ce que vous l'avez ressenti ? Est-ce que vous avez eu des relations avec d'autres catéchumènes ?
- Speaker #2
Oui, bien sûr. Pendant nos deux ans de catéchuména, nous sommes régulièrement à la maison diocésaine, ensemble, tous ensemble, pour évoquer nos parcours. pour partager notre vécu de quête écumène, avec des ateliers, des réflexions. Donc oui, je l'ai vécu vraiment de l'intérieur, et pour moi ça a vraiment un lien avec cette quête de sens, qu'on évoque souvent, qui est devenue un petit peu tarte à la crème aussi comme sujet, la quête de sens, il n'y a plus de sens, mais vraiment je pense que c'est en lien avec ce besoin, dans un monde qui est immédiat. virtuel de plus en plus, il y a vraiment ce besoin aussi d'aller au-delà de soi et d'aller chercher plus grand que soi parce qu'on ne peut pas rester dans un développement personnel égocentré où on est la réponse à tout, c'est faux, on ne peut pas trouver ces réponses-là. Donc on a besoin d'aller vraiment, on a besoin de grandir et d'aller voir plus grand que soi, que son tout petit. Moi, ma consommation et ma volonté, non. Dieu, que ta volonté soit faite, mais pas que la mienne.
- Speaker #0
Et justement, maintenant étant baptisée depuis plus de trois ans, si on vous propose d'être marraine d'un catéchumène, est-ce que vous acceptez ?
- Speaker #2
Ah oui, bien sûr, bien sûr, c'est évident pour moi, ça serait un grand honneur. Et d'ailleurs, mon parrain, c'est... C'est mon neveu aussi, donc j'aime bien aussi cette notion d'être moi-même peut-être un jour marraine et d'avoir un parrain de 28 ans. Et d'être dans une forme aussi d'intergénérationnel et de parcours extrêmement différent entre nous, parrain, marraine, filleule. Parce que la vie est comme ça, il n'est jamais trop tard pour ce grand amour. Et peut-être qu'un jour, je serai marraine d'une dame de 80 ans. Trois ans comme Raymond, qui m'a écrit il n'y a pas longtemps en ayant lu mon livre, qui est mon parcours de catéchumène, un cheminé vers la lumière. Raymond m'a écrit un mail en disant, oui Valérie, il n'est pas trop tard pour le plus grand amour, je suis catéchumène, j'ai 83 ans, le baptême c'est dans un an, et si elle me demande d'être sa marraine, oui, avec grande joie, mais je ne sais pas où elle habite.
- Speaker #0
On va terminer en donnant les références de votre livre, justement pour en savoir plus. « Cheminer vers la lumière » de vous, Valérie Mazot, et publié aux éditions Salvatore. Je vous invite vraiment à le lire, on met le lien en description sur ce podcast. Valérie, merci beaucoup et on se dit à une prochaine, parce qu'il y aura certainement un prochain épisode très bientôt, parce qu'on va en savoir plus maintenant sur votre spiritualité. En tant que baptisé. A très bientôt Valérie.
- Speaker #2
Merci Jean-Christophe,
- Speaker #1
à bientôt.