- Speaker #0
Saison 1, épisode 3. Laure et Marc Duteau, gardiennes et gardiens du refus de l'alpage. Quand je suis allé vers eux au milieu de l'hiver, ils ne se doutaient pas que je leur proposerais de participer à un podcast. Leur réponse avait été immédiate et franche. Ça fait plus de 50 ans qu'on arpente les montagnes en ski de rando, on a plein de choses à raconter. Je me suis alors frotté les mains, la bonne rencontre. Alors il y a quelques jours, nous nous sommes retrouvés en soirée au cœur du Beaufortin. Je vous laisse rentrer avec moi dans le refuge, le temps d'un épisode.
- Speaker #1
Bonne écoute.
- Speaker #0
Bonjour, je m'appelle Marc Lutot. J'ai une vie professionnelle très variée. En ce moment, je suis gérant d'un refuge restaurant d'altitude de Nantes-Beaufortin à Arrèche-Beaufort. Le ski de redonnée, c'est une passion de très longue date. Ça fait peut-être plus de 50 ans que j'en fais. J'ai dû commencer, j'ai dû avoir 13-14 ans. A l'époque, j'habitais à Boursa-Maurice. Ma première redonnée, je l'ai faite avec le curé de Boursa-Maurice qui s'appelait Jacques Plassiard. qui est assez connu dans le monde de la montagne, c'est quand même un sacré montagnard. Et en fait, on était avant tout des pistards, puisqu'on était des enfants de bourg qui... Notre seul loisir, c'était le ski l'hiver puisqu'on était aux arcs. Donc on skiait, on faisait beaucoup de pistes, beaucoup de hors-piste. La rondeuse qui nous a attirés, je pense, la bande de jeunes qu'on était, c'était d'aller trouver d'autres traces dans la montagne, chercher à faire des traces. J'ai accroché tout de suite. On était un peu sportifs donc la montée ne posait pas de difficultés. Et en descente on avait déjà un niveau largement suffisant pour se plaire dans beaucoup de neige. Effectivement à l'époque on avait un matos assez compliqué parce que je me rappelle, j'ai longtemps gardé, c'était des SX91 équipe, je crois que c'était des chaussures Rossignol. Des chaussures très très lourdes, très serrées, ce qui était très bien à descendre mais à la montée c'était assez... on portait des kilos et des kilos. Du coup on avait la caisse. C'est vrai que j'ai toujours fait beaucoup de montagnes, et que skier de randonnée, c'est quand même peut-être ma préférence. J'ai fait l'alpinisme, j'ai fait la cascade de glace, j'ai fait encore beaucoup d'escalades, mais skier de randonnée, quand même, on arrive à trouver un monde très particulier. On arrive à être seul dans la montagne. La montagne, elle arrive à être vierge. Quand on est en été, il y a des chemins, des sentiers, des choses. L'hiver, il n'y a rien. Le sentier, c'est toi qui le fais. Je crois que c'est vraiment important. Moi, j'aime bien skier un peu. Tout seul dans la montagne, j'aime bien partir comme ça, 5, 6, 7 heures dans la montagne, faire un peu une petite crête, un petit couloir. J'aime aussi beaucoup partir avec des gens. J'ai très longtemps encadré des clubs, j'ai formé des cadres de clubs avec la FEDE. C'était l'instructeur fédéral, moi j'ai pas eu le diplôme, mais j'ai fait le... J'ai passé pendant 10 ans avec un guide pour le Gros Bel, avec qui je suis resté très ami. On se voit encore régulièrement, d'ailleurs il reste souvent chez nous. Aujourd'hui c'est vrai que le matériel a vraiment évolué. Petit à petit, ça s'est allégé, les chaussures, les skis. Et en fait, on arrive à faire du super ski avec des choses très légères. Et c'est vraiment, au niveau de tout le matériel, on a une évolution qui est assez extraordinaire. Il ne faut pas que dire, mon genre d'instructeur, je n'en ai pas. Je pense que j'ai fait tout l'arc alpin, une partie des Pyrénées en ski, en ski alpinisme. J'ai des très beaux souvenirs et des souvenirs un peu paradoxaux. Je me rappelle notamment d'une fois où on avait fait un raid dans les Alpes du Sud, et on était dans une vallée, il fallait qu'on rejoigne une autre vallée par un col, et on s'est mis à un retour d'est. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est des chutes de neige où on se met à mettre dans une douzaine d'heures un mètre de neige sur la tête. Donc il a fallu passer, on était trois, il y avait ma femme et puis un ami. Et je me rappelle, je m'étais concentré à l'époque, c'était boussole, altimètre, on n'avait pas de GPS et des effigies et compagnie. J'étais dans ma bulle, j'avançais, il fallait que je trouve le chemin sans me prendre une avance sur la courge. J'étais tellement concentré, derrière ma femme pleurait et mon ami la consolait. Et en fait, c'est finalement assez paradoxal comme souvenir, parce que du coup, on est content de passer. D'autant plus qu'il y avait les chasseurs à plat qui étaient là, qu'on n'a pas réussi à passer. Ils n'ont pas pris le même itinéraire que moi. Et où ils passaient, je me suis dit, ils ne passeront jamais. Ils ne sont pas passés. Moi, où je suis passé, c'était plus compliqué en orientation. mais au niveau logique, ça devait le faire. Voilà, c'était un de mes souvenirs assez marquants. Après j'en ai eu plein. Quand on faisait le chef de course avec Paul Groubelle, on a quand même été au bout du bout. On est sortis dans le Beaufortin, je me rappelle, par risque 5. Il n'y avait personne dans le Beaufortin, et nous on faisait notre trace avec notre groupe. Moi c'était au pédagogique. Aujourd'hui, on est dans les compétitions. Je participe un peu à la pyramide en tant que bénévole. Et en fait, c'est marrant parce que j'ai vu naître la pyramide. J'étais à Boursa-Maurice à l'époque. J'avais 25 ans, puis ça 40 ans. Et on critiquait beaucoup la pyramide. C'est pas normal. Surtout les vieux montagnards, là. On n'a pas chronométré les courses dans la montagne, la pénis. Puis en fait, maintenant, c'est devenu un peu... la légende du ski de randonnée, ils ont participé activement et je trouve ça excellent. Mais je pensais aux Jeux Olympiques qui sont très critiqués. Je les ai regardés, je trouvais ça nul, les Jeux Olympiques et le ski de randonnée. Mais je me dis que la Périnée, c'était pareil quand elle est née. Tout le monde critiquait et maintenant, c'est devenu une référence dans le monde du ski alpinisme. J'en fais tout le temps et là, on part bien. Dès que la saison est finie, hop, on part quelques jours, on a un raid en Vanoise. On repart début mai, un petit raid. dans les écrans.
- Speaker #1
Bonjour, moi je m'appelle Laure, je suis la femme de Marc. Alors moi le rando, je m'y suis mise beaucoup plus tard, je suis normande d'origine, je suis arrivée sur Grenoble, j'avais une vingtaine d'années, et c'est à ce moment-là, j'ai commencé doucettement à me mettre au ski de rando, je faisais principalement de l'escalade et un peu d'alpinisme. Je n'étais pas très bonne en descente, donc... La première rando, c'était quand même un petit peu compliqué. Puis j'ai eu des bons professeurs avec Marc, avec d'autres amis, qui m'ont permis d'atteindre un niveau correct pour me faire plaisir également à la descente. La rando à ski, c'est effectivement le plaisir de se retrouver dans un environnement complètement vierge. C'est quand même ça le plus... Je suis beau dans la rando à ski, je trouve. Quand on se retrouve dans un endroit où il n'y a pas une seule trace, où il n'y a aucune trace de la vie humaine, je trouve que c'est quand même assez génial.
- Speaker #0
Elle dit niveau correct, mais elle exagère un peu, parce qu'on a quand même fait une des descentes les plus difficiles du Beaufortin en termes d'exposition, la Vastor du Créduré, où tout le début de la descente, on est sur une 45, où la chute est interdite. Donc voilà, elle a quand même un niveau plutôt pas mal.
- Speaker #1
Voilà, mais à chaque fois, du coup, Marc me dit, là, tu n'as pas le droit de tomber. Et j'ai les larmes qui commencent à monter. Je ne suis quand même vraiment pas rassurée. Mais après, je suis très contente de l'avoir fait. C'est vrai que c'est toujours un peu paradoxal, en fait. Moi, je suis, effectivement, quand même, je ne me débrouille, mais je ne suis jamais très, très sûre de moi. Et du coup, ça navigue toujours entre le plaisir il et la peur. Et puis, à la différence avec Marc, c'est vrai que j'ai toujours plutôt suivi. Alors, quand il s'agit de faire la trace, je sais où on va, il n'y a pas de souci. J'adore faire la trace. Mais par contre, au niveau logique, cartographie, je ne suis pas complètement autonome. Donc là, dans le Beaufortin, je vais me faire mes petites randos où je suis sûre de ce que je peux faire. Là, je peux y aller toute seule, mais dès qu'il s'agit de faire une rando un peu plus compliquée... Il faut que j'ai quelqu'un avec moi de plus averti. Voilà, après, dans les souvenirs marquants, celui qui a évoqué Marc, c'est vrai que c'était effectivement une sacrée rando. Il y a eu ce jour-là où effectivement, il avançait devant et j'étais un petit peu en panique derrière, mais c'est toute une atmosphère. On a dormi dans une cabane. On n'avait même pas pu allumer le chauffage. On s'était mis des matelas sur nous pour se réchauffer. On s'est retrouvés ensuite coincés quand on est revenus au bout de la vallée. On n'a pas pu rentrer. C'est un tout et c'est effectivement des souvenirs magiques.
- Speaker #0
En fait, on était coincés dans un hôtel.
- Speaker #1
Oui. En fait,
- Speaker #0
on a galéré à vous passer. Et on est arrivés à la voiture. On prend la voiture. Vous, de barré. Valais fermé à cause des avalanches. Du coup, on a fait deux nuits à l'hôtel. On a mangé comme des gros.
- Speaker #1
Voilà, mais bon, c'est toute une atmosphère. Et c'était dans la vallée de... C'est la petite barcelonette.
- Speaker #0
C'est une petite vallée qui est au sud-est de l'Ubaï. Il y a la barcelonette, mais j'y arrive plus. J'y arrive plus. Je ne me rappelle plus.
- Speaker #1
Après, c'est vrai que dans les souvenirs, les souvenirs marquants, souvent des souvenirs quand on arrive sur des crêtes avec des dindes, un vent pas possible pour enlever les pots, ces galères. Mais en même temps, quand on revient, c'est génial d'avoir pu vivre ces moments-là. d'avoir su affronter des météos qui sont difficiles. Depuis qu'on garde ce refuge dans le Beaufortin, ça fait 7 ans maintenant, c'est vrai que paradoxalement, on fait moins de ski de rando. On voit les gens arriver, on voit les gens repartir. C'est vrai que notre pratique à nous, elle est plus réduite. Des gens qui viennent, des conseils qu'on peut leur donner, alors moi je parle pour moi, c'est toujours vachement délicat, parce qu'on ne connaît pas leur niveau. Autant l'été, un randonneur à pied, on va facilement pouvoir lui indiquer un chemin, même si c'est un chemin hors-sentier, il y a peu de risques, on n'est pas dans un endroit où on fait de l'alpi ici, en ski de rando, avec les conditions niveau logique, c'est beaucoup plus compliqué je trouve de donner. de donner des conseils. Après, Marc arrive quand même à se donner des bons conseils pour la carte au fond.
- Speaker #0
Les gens, ils ont un problème avec la niveologie. C'est qu'en fait, ils la maîtrisent peu ou pas, voire pas du tout. Du coup, la niveologie, même, tu peux très bien sortir par risque 5, et il n'y aura aucun problème, si tu maîtrises bien le truc, et puis te faire prendre par risque 2, voire moins. Parce que tu vas passer à l'endroit où il reste une vieille plaque qui était là, qui attendait le gars qui passerait dessus. C'est toujours un peu délicat de dire aux gens. Et je pense que c'est important de parler de l'anivologie. Moi, je me rappelle très bien quand j'ai attaqué la rando. Nous, on faisait déjà beaucoup d'horpices. J'ai toujours fait plein d'horpices, plein d'andos avec des potes. Et on était un peu à l'instinct. On sentait un peu la montagne, les pentes. On se disait, là, il ne faut pas y aller. Et après, on est passé à la théorie. Je suis passé particulièrement à la théorie. Et en fait, c'est relativement une science exacte, l'anivologie. Je crois souvent les gens, souvent je dis à des randonneurs qui sont là, formez-vous, via la FED, via le CAF, via des clubs, parce qu'en fait, c'est une science assez précise. Quand on la maîtrise bien, normalement, il n'y a pas de raison qu'on se fasse prendre. Et quand à la télé, ils se gargarisent qu'un guide s'est fait prendre un moniteur, souvent, c'est parce qu'il était un petit peu trop loin, poussé par ses clients ou en se disant, allez, on va tenter le coup. Ça, il ne faut jamais aller un petit peu trop loin. Quand on ne se sent pas, on n'y va pas, c'est clair. Mais vraiment la névrologie, je pense que c'est ce qui manque aux gens, c'est qu'il faut qu'ils y aillent, qu'ils l'apprennent, comment on apprend les maths, le français, l'anglais, ça s'apprend. Et une fois qu'on la sait, on est quand même plus serein dans la montagne. Relativement pour moi, ça fait quand même 50 ans que j'en fais, je me suis senti par tous les temps dans plein de massifs, avec des niveaux névrologiques très variables de 0 à 5, 0 n'existe pas, mais 0,1 disons. Et j'ai jamais rien eu, parce que je pense que je sais quand ça partira ou quand ça partira pas. où faut aller, où faut pas aller. Et ça, c'est une science, ça s'apprend. C'est important, ça. C'est ce que j'ai beaucoup, Jean. C'est vrai qu'il aura raison, après. Dire aux gens, quand ils se posent des questions, quand ils ne savent pas du tout leur connaissance, leur compétence physique, leur compétence en ski. Je me rappelle qu'une fois, il y avait deux jeunes comme ça, on skie super bien, tout, voilà. Je leur ai dit, ben allez dans le Caponi. Le Caponi, c'est un couloir qui est juste en dessous de l'alpage, qui n'est pas hyper raide, mais voilà, déjà, il faut le trouver quand on parle d'alpage. Et puis après... Et en fait, j'ai senti qu'ils étaient pas... Donc ils sont partis dans le Caponi. Je me suis dit, merde, j'aurais peut-être pas dû leur dire. J'ai pris mes skis, j'y étais. J'ai bien fait parce que bien sûr, c'était trompé. Donc j'ai été rejoindre. Ils sont remontés à pied parce qu'ils étaient sur le mauvais couloir. J'ai fait le Caponi avec eux. Ils ont bavé quand même. Donc tu vois, les mecs, ils se disent, ouais, je suis des champions de ski, mais en fait, dans un couloir un peu neige bizarre, ils sont à la rue totale. Et ils étaient tout contents. Après, on m'a rappelé, on m'a remercié. Après, je suis remonté. Je tue mes peaux, je suis remonté. Bref, c'est dur de conseiller les gens l'hiver. J'avais raison, l'été c'est facile, mais l'hiver, il me fait toujours un peu. Après, guerriens de refuge, comment je suis arrivé là ? En fait, à ma retraite, ça fait 7 ans que je suis à la retraite, 7 ans que je suis au refuge, avec ma femme. En fait, on s'est toujours dit, comme on a un grand écart, on a 10 ans d'écart, on s'est toujours dit que, jour sur la retraite, on prendrait un refuge. On avait plus idée d'un refuge, un peu style précédent, un montagne, un petit refuge. Et en fait, il s'est trouvé que... Peu de temps, je savais que je partais à la retraite. C'était à vendre ici, un refuge d'alpages. Donc, on s'est mis à banco, on tente le coup. Donc, c'était vraiment une reconversion totale. On n'avait ni l'un ni l'autre. On était juste clients des refuges, mais pas du tout gestionnaires. Alors moi, je suis très content parce que déjà, je suis dans mon mieux top. Je vis 7 mois par an à 2000 mètres, soit dans la neige, soit dans les alpages. Ça me va très bien. On est seul, mais en fait, avec plein de gens. Parce qu'en fait, il y a tout le temps des gens. En fait, c'est rare. On apprécie les soirées. On n'est que tous les deux. L'été c'est quasiment plus, l'hiver un peu plus. Mais par contre, ce qui est vraiment intéressant, parce que déjà, franchement la clientèle, même nous qui sommes restés en altitude, Ici à Rechebeaufort, il y a une ambiance sympa. Je n'aurais pas fait ça aux Arcs, aux Courchevel, les restaurants d'altitude. Donc là, à Rechebeaufort, on n'a jamais de problèmes, les clients sont plutôt sympas. On a beaucoup de clients réguliers. Le soir, les gens sont cools en général. Le soir, ils sont nombreux. Hier soir, il était 18, il y a à boire beaucoup. C'est vrai que c'est fatigant parce qu'on a du mal à aller coucher. Ça fait du bruit, mais après, c'est la mesure fugue. Après, on a réussi à créer un truc au refuge. Je pense qu'au niveau de la nourriture, les gens mangent bien chez eux. Ils sont souvent surpris par ce qu'ils mangent, contrairement à d'autres refuges, parce qu'on est quand même bien équipés. On a l'électricité, on a l'eau, on a le chauffage au gaz. Donc forcément, c'est plus facile que d'autres qui sont en héliportage. Nous, l'été, on monte tout au pick-up, l'hiver en motoneige. Donc forcément, c'est plus simple. Du coup, on arrive à faire un certain standing du refuge, comme d'autres refuges, je pense au Roque de la Pêche, vers le Pral-Ognan et d'autres, qui sont des refuges confortables. Et puis, on a créé des petits trucs, on a créé des petites cabanes à l'extérieur pour que les gens puissent être isolés, être que deux, si ils ne veulent pas être en dortoir. L'hiver, on a des igloos. Ces igloos, ils étaient des tentes. Du coup, on arrive à créer d'autres choses. Les gens, ils aiment bien. On a beaucoup de bivouacurs l'été. On a des espaces, comme on a du terrain à nous autour, on a pas mal d'espaces de bivouac. On a de plus en plus de bivouacurs. Les gens, ils peuvent mieux penser au bivouac. D'ailleurs, ils viennent, ils mangent le soir et le matin, ils dorment dans la tente, ils prennent la douche. Ils profitent du refuge. Franchement, moi, je trouve que l'ambiance refuge, c'est pas décevant et les gens sont vraiment... On n'a pas de soucis, on n'a jamais de problème. Ils sont cool, ils sont contents. Ils sont heureux. C'est un peu notre métier. Moi, je me dis que c'est souvent que je me... Si je réfléchis à ce que c'est mon métier aujourd'hui, c'est de rendre les gens heureux. C'est que les gens, ils arrivent et qu'ils ont un peu de bonheur. Quelques jours, dans le monde hostile qu'on connaît aujourd'hui, ben voilà, ils vont passer une journée, deux journées. Il y en a qui passent la semaine. Ben, ils sont là, au milieu de la montagne. On a quand même une vue assez extraordinaire ici. Et les gens sont heureux. C'est bien, c'est le principal, en fait. C'est pour ça qu'on est là. Effectivement, du coup, c'est un engagement total, parce que pendant sept mois, on est là-haut. Pendant 7 mois, on a des gens quasiment tous les jours, le matin, le soir et la journée. Donc effectivement, c'est intense. Après ça, pendant 5 mois de vacances, de toute ma carrière professionnelle longue, je n'ai jamais eu 5 mois de vacances. Donc on a profité un peu de ces moments-là pour faire autre chose. C'est un rythme très particulier, ce rythme des saisonniers. Mais franchement, on est bien hors fusionnel page.
- Speaker #1
Alors, ce que je pourrais rajouter, effectivement, Marc disait que... Un de nos objectifs, c'est de rendre les gens heureux. Effectivement, moi, ce que je voulais vraiment, c'est que les gens se sentent bien. Donc, on a vraiment créé un espace jeu, un espace lecture. L'été, un petit salon, on a le piano. Voilà, faire en sorte qu'effectivement, que les gens, quand ils arrivent dans le refuge, ils se sentent un petit peu chez eux. Ce que j'aime bien créer aussi, c'est les rencontres. Quand on va dresser les tables et faire notre plan de table pour le soir, souvent je réfléchis à qui je vais mettre avec qui. C'est un de mes petits plaisirs pour créer des rencontres. Des fois, ça marche à 200 %, puis d'autres fois, ça fait des flops, parce que tout le monde n'a pas toujours spécialement envie de… de discuter, de se rencontrer avec d'autres personnes, mais bon ça, chacun fait comme il peut. Après c'est vrai que souvent les gens me disent « votre bureau est extraordinaire, ça doit être vraiment trop génial » . Après je suis heureuse ici. le cadre extraordinaire et je ne m'en lasse jamais. Par contre, je rappelle aussi aux gens que, comme dans tous nos métiers, il y a des moments difficiles et des moments effectivement très agréables. Mais il y a aussi des moments difficiles. Et effectivement, le fait qu'on soit là non-stop, qu'il y a des périodes où on n'a pas du tout de congé, on a des clients tout le temps, mais pour autant, on n'a pas du coup une vie sociale. qui est tellement développé. C'est un petit peu compliqué pour rencontrer les amis, pour voir la famille. Comme dans tous les boulots, il y a du pour et du contre. Mais je crois que je donnerais ma place. rien au monde. C'est un beau métier, on est dans un cadre exceptionnel et les gens qui viennent sont chouettes. Alors que faut-il avoir dans son sac à dos quand on part faire une rando à ski ? Alors à la journée, même si on en a un petit peu trop pris, c'est pas trop trop gênant. Si on part sur plusieurs jours par contre, moi j'ai vraiment évolué entre les premières randos à ski. qu'on a fait et quand on part maintenant, alors il y a le matériel, bien sûr, avoir des crampons plus légers, des piôles plus légers, des skis, des chaussures, ça c'est une chose, mais après, tout ce qu'on va emmener en plus, je me suis rendue compte petit à petit, finalement, qu'on utilise très peu de choses et qu'il faut essayer de réduire au maximum ce qu'on va emmener. en vêtements, on n'a vraiment pas besoin de grand chose. Alors bon, après je parle pour moi, mais il faut réfléchir, il faut l'expérimenter une fois et après se rendre compte, finalement, de quoi je me suis servi pendant mon séjour, pendant ma ronde. Et du coup, la fois suivante, ce dont on ne s'est pas servi, on ne l'emmène pas. C'est vrai qu'on voit des fois arriver des... Des gens en refuge avec des sacs à dos gigantesques. Je me dis, mais les pauvres. C'est vrai l'été aussi d'ailleurs. Je pense qu'on se gâche un petit peu du plaisir quand même quand on a des sacs à dos trop lourds, notamment sur la descente. Donc moi, je vous conseille vraiment de réduire au maximum. On n'a pas besoin de beaucoup de choses. On ne peut pas faire du ski de rondeau. À part le matériel de sécurité, bien sûr. Mais sinon, il faut apprendre à réduire.
- Speaker #0
Merci. Ce qui m'impression des fois quand je vois arriver des clients l'été qui font le tour du Beaufortin, ils ont des sacs, je pense qu'ils font 4 fois la taille du sac que j'ai moi pour un raid à ski, alpinisme. Donc j'ai cordes, crampons, piolets, broche à glace, le baudrier, donc j'ai plein de choses. Les sacs, peut-être le tiers, peut-être pas le tiers, mais le tiers d'eux. Et en fait, je pense que les gens amènent plein de choses. Mais des fois, après je les vois, les mecs ils arrivent, ils ont un jean propre, ils ont des doudounes qu'ils doivent peser. Un kilo. En fait, dans un sac, on doit avoir deux tenues. C'est tout. Ce qu'il y a pour la rando, donc en plusieurs couches, collants, vestes en mohair, par exemple, des choses comme ça, et une tenue pour le refuge. C'est tout. Et du coup, en fait, je pense qu'en vêtements, si tu as deux ou trois kilos de vêtements, c'est un grand maximum. Tout le reste c'est du matos, si il n'y a pas de matos c'est bon sac. Parce qu'en fait, en rando à pied c'est juste pénible de porter un gros sac, mais en rando à ski, à la montée c'est lourd, et à la descente c'est un vrai handicap. Si tu veux envoyer un peu la sauce, le sac il te promène un peu derrière, t'as beau le serrer, donc c'est vraiment désagréable d'avoir un gros sac. Je pense que pareil, il y a un gros travail, mais des fois ça me fait rigoler, les gens ils ont des trucs, on le voit, parce que c'est une fois qu'ils sont changés, ils vont à la messe, ils vont en ville, ils sortent. C'est très étonnant. Ça, c'est une chose qu'il faut retenir. Alors, c'est vrai que des fois, moi, je n'ai pas du genre à renoncer en montagne. Souvent, c'est un peu ma légende. Des fois, les gens que j'amenais en montagne disaient « Oh putain, on est avec Marc, il n'a jamais s'arrêté. Il peut y avoir du vent. » Je me pense au Joku, par exemple. Le sommet où tu arrives, c'est l'enfer. Tu as tout le monde derrière qui te surbaissent les yeux. Toi, tu avances et du coup, tu surbes. Mais des fois, j'ai quand même renoncé des fois. Souvent, c'est... en vraiment du très mauvais temps parce qu'en fait quand il y a visibilité nulle et rix avalanche fort là ça commence à devenir joueur quand même visibilité nulle je parle de la visibilité nulle où tu tombes à l'arrêt parce qu'en fait comme t'as plus aucun repère visuel verticaux t'es à l'arrêt, t'as l'impression que le sol se dérobe et tu tombes à l'arrêt là quand t'es dans cette situation là avec le rix avalanche là tu te dis bon peut-être quand t'es rentré à la maison ou à boire une bière dans un bar c'est plus raisonnable donc ça on sait le faire ou un passage de col ou... où je sens que là, la névrologie est telle que si j'y vais, je vais tout mettre sur la gueule. Donc c'est moyennement motivant. Oui, il faut savoir renoncer, c'est important. Même si j'aime bien aller au bout du bout pour y arriver, mais il faut savoir dire top avant que ça ne te fait pas. Ceux qui n'ont pas dit top assez tôt, ce n'est plus là pour raconter l'histoire. Donc oui, il faut savoir renoncer. Il faut savoir le faire. Après, il y a un truc qui me fait un peu peur, parce que moi je suis un amoureux de la neige et de l'hiver. Là je suis à 2000 mètres donc je vis tout l'hiver dans la neige. Avec du vent il doit y avoir 2 mètres, 3 mètres de neige en général, tout autour de moi, toujours en permanence. Donc je suis heureux. Ce qui me fait souci c'est que la neige, petit à petit, elle en a de moins. Je vois beaucoup avec les glaciers. Alors ça, c'est plutôt l'été. J'ai fait beaucoup, beaucoup de montagnes l'été aussi. Et j'ai plein de glaciers qui ont disparu. Le fasteur du Turia, ou le verre de Montpourri. Avant, c'était un fasteur connu, mais il n'y avait plus de glace. C'est noir. C'est un pierrier immense. En randonne, je me rappelle, on avait repéré ça en Suisse, le glacier de la Vallée du Rhône. Je ne sais pas si tu te rappelles, on avait fait un raid dans l'Oberland, et à la fin, je descendais sur le glacier de la Vallée du Rhône, et à un moment donné, il fallait que je le quitte. pour rejoindre un refuge, c'était vers 2600 mètres d'altitude. Et sur la carte que j'avais suisse, qui avait peut-être 20 ou 30 ans, mais pas plus, de donner, du glacier, tu partais quasiment à plat et tu cherchais à trouver une banquette. Bref, j'arrive, je suis là, j'ai trouvé un talus immense tout au-dessus de moi, peut-être 150 mètres de pente. Je me dis, pourtant, c'est sûr que c'est là. Je me rappelle, j'avais tout le monde attendu, je monte. Donc, j'ai monté le talus, la moraine, 150 mètres, et en fait, c'était bien là. Donc, en fait, à cet endroit-là, le glacier de la Vézirone. Elle avait perdu 150 mètres d'épaisseur en courant 30 ans. Et quand on parlait à des Suisses, ils te disent, parce que l'accident avait eu lieu, avant tu ne voyais de la route. Maintenant, tu ne vois plus rien. J'ai vu ça à la mèche, la mèche, j'ai souvent tourné vers la mèche, la mèche de glacier, du tabuchet, j'ai vu reculer, reculer. En fait, il y avait une pierre qui apparaissait, puis après la pierre, elle était en bas, et maintenant, il n'y a plus de neige du tout. Et ça, ça me fait peur, parce que quand même, une montagne sans glacier, des hivers sans neige... Ce sera triste. Je pense que ceux qui nient le réchauffement climatique, ceux qui ne connaissent pas la montagne, qui ne veulent pas être souvent en écoe, qui ne veulent pas être plus longtemps comme moi, tu vois à côté de tes yeux. Donc à l'échelle d'une vie, ça va quand même vite.
- Speaker #1
Sur le renoncement, pour compléter ce que dit Marc, alors effectivement, comme j'ai moins de compétences, c'est en général pas moi qui vais dire, allez, on fait demi-tour. Mais plein de fois, soit moi ou des fois on était plusieurs dans le groupe, a incité Marc et ceux qui nous accompagnaient à renoncer. C'est pas grave. Le sommet, c'est sympa. Mais ce qui compte, c'est la rando qu'on a fait, c'est d'être ensemble. Et tant pis, on s'en fiche. si on ne va pas plus loin. Et je pense que des fois, ça aide les encadrants si nous, on est aussi là pour leur dire, mais ce n'est pas grave, on peut s'arrêter, on peut renoncer, ce n'est pas un problème. Je ne sais pas, je pense que...
- Speaker #0
C'est sûr. C'est toujours vraiment envahissant. Plus ça va, plus je me dis, bon là, le sommet, si on ne voit rien, c'est un peu de neige, c'est un mois de sens. J'ai eu comme un... ce que j'ai au sommet. C'est vrai que maintenant, là, j'ai des dents. Il fait grand mauvais. Il me dit, ça sert à quoi d'être au sommet pour avoir froid et tout. Je massagie. Ce qu'on constate aujourd'hui, c'est qu'il y a quand même de plus en plus de randonnées à la ski. Je pense qu'il y a des raisons économiques, mais pas que. Parce que le matos, si tu veux du bon matos, c'est quand même pas donné. Et ça s'use vite. Parce que c'est des skis légers et fragiles. Il y en a des... Est-ce qu'ils puissent, tu peux garder quelques années, est-ce qu'ils randosent ? En général, au bout de trois ans, ils sont quand même très fatigués. Et donc, il y a beaucoup plus de monde qui fait de la rando. Alors, il y a vraiment un mode de pratique très particulier. Il y a ceux qui sont dans les traces de la station, comme il y a à la région de Beaufort. Donc là, ils sont dans un monde sécurisé. Mais je pense qu'ils ne vont pas au bout du truc. C'est bien pour s'initier, mais à un moment donné, c'est bien de partir dans la montagne. Donc là, je pense qu'il faut vraiment dire à tout le monde... prenez un guide, prenez un moniteur de ski pour apprendre déjà. Parce que c'est vraiment, tout seul, c'est quand même un peu compliqué d'y aller. C'est sûr que celui qui a, ou alors il est en club. Les clubs, c'est quand même une bonne porte d'entrée, je pense, pour être accompagné par des gens qui ont des compétences, qui vont vous faire découvrir la montagne. Si c'est des bons pédagogues, ils vont vous apprendre. Le but d'un encadrant, c'est pas de se faire étreindre pouillon, comme on a connu, mais d'apprendre aux gens. qu'il aille vers l'autonomie le plus vite possible. Je pense que c'est... Souvent, je le dis à des gens comme ça, que je vois, soit prenez un guide, un moniteur, soit mettez-vous dans un club, formez-vous, toujours, je dis, il faut se former. J'étais formateur suffisamment longtemps pour savoir que c'est important de former. Et il n'y a que ça qui peut la rendre à ski, c'est qu'il faut se former. Comme le ski de piste, si tu apprends tout seul, tu vas avoir plein de défauts, tu ne sauras jamais bien skier tout seul. Les mauvaises positions, tu les prends, puis elles sont acquises et tu ne peux plus les enlever. En fait, la rando, c'est pareil. Il faut se former pour apprendre au moins le bas à bas, les bons réflexes, les bonnes choses. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, avec le monde qu'il y a, pour l'instant, on voit qu'il y a beaucoup d'accidents cette année. C'est marrant parce qu'en fait, c'est que des hors-piste. Ce ne sont pas des randonneurs. Tous ceux qui se sont fait avoir cette année, quasiment, moi je ne les connais pas tous, je n'ai pas toutes les histoires en tête, mais en gros, tous ceux que j'ai retenus, c'est des gens qui étaient hors piste. Ce ne sont pas des randonneurs. Des randonneurs pris, je ne suis pas sûr qu'il y ait autant que ça, parce que quand même, les gens se méfient. Le randonneur est quand même un peu averti, et s'il ne sait pas, il n'y va pas. Souvent, je vois ici, il y a des randonneurs qui vont me dire « Ouais, c'est risqué, tout » . Non, je ne pense pas. Mais c'est bien, il vaut mieux que vous me disez si c'est réussi, vous n'avez pas que… J'ai dit oui, il était bien en tête. Mais oui, il y a une vraie évolution. Il faut qu'on travaille beaucoup sur les aider à évoluer pour qu'ils puissent passer dans la montagne. C'est vrai que ce que je vois qui tourne sur la trace sans arrêt, j'ai un client comme ça justement, Serge. On a sympathisé parce qu'il avait le même trajet que moi, il était à la retraite. Quand il s'est retraité, il a pris des vies. On avait un petit culteur du côté de la Seine-Victoire. Et en fait, il ne faisait que de la trace. Et puis du coup j'ai dit si tu veux viens, je t'amène. Du coup on est partis en montagne. Bon il a barré un peu, physiquement des fois il en a chié un peu, mais du coup il a découvert autre chose que suivre les piquets de la Très Jaune, il est parti dans la montagne. C'est quand même un autre élément.
- Speaker #1
Moi il y a une chose que je trouve géniale dans l'évolution depuis, on ne sait rien, peut-être 10-15 ans, c'est que le ski de rando s'est vraiment féminisé. Les premières fois, il y a 25-30 ans, quand on partait en ski de rando, il n'y avait que des gars. Je faisais partie des quelques femmes. Et aujourd'hui, dans les clients qu'on a, les gens qu'on va croiser, je ne vais pas dire qu'on est moite-moite, mais pas loin. Donc ça, c'est vraiment quelque chose de chouette, que ça soit féminisé. Après, dans l'évolution, effectivement, beaucoup de gens qui se mettent à la rando et qui semblent pas s'y connaître, mais beaucoup qui ont envie, là je vois cette année particulièrement dans des clients qu'on a eus, beaucoup de jeunes qui avaient vraiment envie de pouvoir partir tout seuls. Effectivement, on les a incités à trouver des moyens de se former pour devenir… pour devenir autonome. Et puis l'autre grande évolution, c'est quand même le ski alpinisme dans les compétitions, ce qu'on appelle les colampipètes, qui se baladent pas mal dans les enfirons, notamment avec la pierre à main, c'est vrai que le Beaufortin est bien réputé pour ça. Donc voilà, ça fait partie aussi... du nouveau ski de randonnée c'est une autre pratique voilà j'ai pas grand chose à en dire mais enfin c'est chouette j'aime bien la pyraminte j'en ferai pas des courses mais voilà en tant que spécialiste, spectatrice ou bénévole je trouve ça sympa et puis en tout cas c'est des vraies courses Ils sont dans la montagne, c'est du vrai ski alpinisme. Pour en revenir au JO, c'est autre chose. Là, c'est une vraie course dans la montagne. C'est comme ceux qui font du trail, ils vont vraiment dans la montagne. Il y a un réel engagement, je trouve. Pour moi, c'est une compétition qui va plutôt dans le bon sens.
- Speaker #0
Il y a un point que mon grand-âge m'a fait connaître. En fait, quand j'ai attaqué la rando, des refuges dans les Alpes françaises, gardés l'hiver, ils n'avaient pas. Ce n'est pas compliqué. Donc les premiers réels que j'ai faits, on partait en Suisse, en Autriche, où là, tu avais des refuges gardés avec des niveaux de confort assez incroyables, notamment en Autriche. Autriche, c'était quand même un peu... Ça s'appelle le sport national là-bas. Du coup, tu avais des refuges. Je me rappelle des refuges en Silvretta. Je crois que c'est 400 places, plein. Tu dirais qu'il n'y a personne. Tu as des petites salles de restauration, des petits dortoirs avec des lavabos. C'est un truc de fou. Et en fait, en France, il y avait un peu... On est des durs, on est des rustres. Moi j'ai jamais été comme ça. Moi j'aime bien la montagne, mais j'ai pas envie de porter des gros sacs, j'ai pas envie de me plaider le jour ou le soir. J'ai envie de bien manger, de boire des canons. C'est une partie plaisir quoi, c'est pas qu'un truc de rustique. Et du coup, je partais étranger. Et petit à petit, les refuges se sont gardés en France, il y en a de plus en plus, et de mieux en mieux. Et en fait, on voit bien, il y a une montée en gamme des refuges, en règle générale. Il y a des refuges hyper confort, mais même les moins confortables. ont vraiment progressé en termes de confort, en termes d'alimentation. La vieille Pauline, c'est tout sèche qu'on mangeait avec une saucisse de mauvaise aloë. On n'en trouve plus. Maintenant, tout le monde fait un plein d'efforts pour que les gens mangent correctement, soient contents. Ça, c'est important. Et je pense que ça a apporté beaucoup, ce qui est en donné. Parce qu'en fait, les gens, comme on escalade, on escalade une voie pas équipée, mais personne n'y va. Des voies équipées, il y a plein de monde dedans. Il y a plein de gens qui ont toujours battu au ski. Il ne faut pas équiper les voies, il ne faut pas équiper les voies. Dans ce cas, personne n'y va. Parce que personne ne veut jouer avec sa vie. C'est compliqué s'il faut être des coincers, des freins, s'il faut avoir le matos. En ski de rondeau, c'est pareil. S'il n'y a pas de refuge, il n'y a personne dans la montagne. Peut-être pour certains, c'est mieux. Mais si on veut que les gens découvrent la montagne, ils l'aiment et ils l'aident à survivre. Il faut qu'ils y aillent. Je pense que c'est important qu'il y ait des refuges gardés, confortables. Les gens sont dans une logique de plaisir. De refuge en refuge, ils savent que dans chaque refuge, Moi, en général, quand je fais des radioskis, je ne mange pas de la journée. J'ai deux ou trois barres de céréales et hop, tu refuges, tu arrives, tu prends une planche apéro un peu confortable, tu manges bien le soir, tu bois des bières, tu bois du vin, tu es content, tu te fais un plaisir, tu es à la forme. Et en France, ça a vraiment évolué. Parce qu'avant, il n'y avait pas. Et maintenant, je me rappelle qu'on avait fait un raid en route de Thinée, il n'y avait personne. Et on était accueillis, des mecs entre eux, des regards de refugie, ils s'étaient appelés pour savoir ce qu'ils avaient fait à manger, pour faire pareil. Tu te rappelles ? Ah ouais, on était que nous, 6 ou 7, 8, 15 groupes. On a fait un raid dans un stade routiné, très beau massif, très technique, mais très beau. Et en fait, le refugie-refuge, il s'appelait entre eux pour dire, « Moi, le groupe Paris, moi j'ai fait ça, c'est pas pareil. » Et bien, voilà, ben, chapeau les gars. Et là, tu veux dire, c'est quand même une petite respecte, il faut bien en boulot. C'est ce qu'on a essayé de faire, les joueurs sont bien, ils sont confortables, ils sont bien pris comme c'est possible. Ils ont plein d'énergie pour aller faire les cours dans la montagne. Voilà.
- Speaker #1
Et sur le tour du Beaufortin, donc il y a, je ne sais plus combien on est de refuges, mais il y en a pas mal, une petite dizaine. Et ce que je trouve chouette, c'est toutes ces différences entre les refuges. Alors nous, on est souvent le dernier refuge. Quand les gens font le tour du Beaufortin, ils finissent souvent par le nôtre, qui est vraiment très confortable, il faut l'avouer. Donc les gens disent tout le temps, c'est génial, c'est le plus beau des refuges. Donc on est flattés, bien sûr, mais je leur rappelle déjà qu'on a l'électricité, on a le gaz, on peut y monter en voiture, voilà. on a du coup un certain confort que d'autres ne peuvent pas avoir. Et ce qui fait le charme de ce tour du Beaufortin, et puis j'imagine de plein d'autres tours, c'est justement de pouvoir aller dans des refuges qui sont très très différents les uns des autres. Dans un refuge, ça va être presque encore la petite cabane, très rustique, le petit chalet d'alpage, dans lequel il va y avoir une convivialité. qu'on ne retrouvera pas ici parce que le lieu fait que ça crée un autre charme. Et puis voilà, chaque refuge aura ses spécificités. Et pour moi, c'est ça qui est chouette. Et quand je pars en raid à ski, notamment, parce que c'est surtout dans ces moments-là qu'on visite les refuges, j'apprécie aussi d'avoir des refuges très différents les uns des autres. Et ce n'est pas obligatoirement le confort qui va nous faire apprécier le refuge. Il va y avoir la bouffe, c'est quand même quelque chose de très, très important. Et puis l'accueil du gardien, ce qu'il aura pu faire pour faire en sorte qu'on s'y sente bien, même si le confort est assez restreint.
- Speaker #0
La bouffe et le refuge italien, c'est quand même quelque chose. Un grand paradis, comment ça s'appelle ? C'est trop beau ! Un pastille, un petit pastille... Tu choisis tes... Ouais, c'est vraiment... Les talies, au niveau de la nourriture, elles sont très fortes. On mange bien dans un refuge italien. Je pense que c'est celui-là qu'on mange le mieux.
- Speaker #1
Il est temps de refermer cet épisode.
- Speaker #0
En refuge, on se couche tôt pour profiter de la montagne dès le matin. Si l'épisode vous a plu, parlez-en. Sinon, gardez cela pour vous. Pour être au courant des dernières infos en ce qui concerne le podcast, vous pouvez retrouver La Belle Route sur Instagram, Facebook et LinkedIn. Dans la section articles, le site labelleroute.com vous donnera également accès à des dizaines d'interviews d'actrices et d'acteurs de la montagne. Ce même site pourra aussi vous être utile avec tout le ski de rando balisé dans les domaines skiables français, suisse, espagnol et andorran. A bientôt !