Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue dans La Bulle Express, le podcast qui débloque une compétence ou un savoir sur la prise de parole en moins de 10 minutes. Moi, c'est Jean Corentin, coach et formateur en pitch et prise de parole. Depuis 2020, j'ai accompagné des centaines d'entrepreneurs, de dirigeants et de C-Levels dans la préparation de leurs prises de parole les plus importantes. Et aujourd'hui, on va parler d'un sujet majeur, comment créer le pitch parfait en une semaine. Lundi matin, 10h, votre téléphone vibre. Dans une semaine, à 14h, vous pitchez devant Xavier Niel. Ou devant un comité de direction. Ou devant un mécène qui peut tout débloquer. C'est valable pour toutes ces situations. Votre premier réflexe ? Ouvrir PowerPoint. Félicitations ! vous venez de gâcher vos chances de les convaincre. L'erreur de l'entrepreneur pressé, c'est de vouloir décorer un vide. En ouvrant ce logiciel tout de suite, vous faites les choses à l'envers. Vous avez 7 jours devant vous. Et 7 jours, c'est largement suffisant pour arriver le jour J avec un pitch qui percute, qui est incarné et qui résiste aux questions difficiles. À condition de savoir quoi faire chaque jour jusque là. La plupart des gens vont passer 6 jours sur leur slide et un jour à répéter. Moi, je vais vous proposer l'inverse. Voici la routine jour par jour que je suivrai si on me posait cette deadline demain matin. Jour 1, on ne touche à rien. Pas de PowerPoint, pas de Word, pas de notes. On prend une feuille blanche et on répond à trois questions. À qui je parle ? Pas des investisseurs en général. Quels investisseurs ? Quel fond ? Quelle thèse ? Quel ticket moyen ? Quel deal récent ? Plus vous êtes précis sur votre public, plus votre pitch sera affûté. Quel est leur niveau ? Est-ce qu'ils connaissent votre marché ou pas du tout ? Parce que selon la réponse, vous n'aurez pas les mêmes raccourcis, pas le même vocabulaire, ni même les mêmes preuves à apporter. Et troisième question, la plus importante, qu'est-ce que je veux qu'ils fassent à la fin ? Investir, c'est trop vague. Prendre un deuxième rendez-vous la semaine suivante, C'est un objectif. Signer une term sheet sous 15 jours, c'est un objectif. Sans cible d'action claire, vous n'écrivez pour personne. Écrire un pitch sans définir tout ça, c'est comme tirer dans le noir en espérant toucher une cible à 200 mètres. Jour 2, on collecte. Toujours pas de mise en forme, aujourd'hui on rassemble. Posez sur le papier tout ce qui pourrait nourrir le pitch. Les chiffres clés de votre boîte, vos cas clients, les retours terrain, les anecdotes fortes, les comparaisons qui peuvent parler, les citations, les données de marché. Vous balancez tout ça dans un document. C'est la phase poubelle pleine. Vous ne triez pas, vous ne hiérarchisez pas, vous accumulez tout. Alors pourquoi cette étape ? Parce que dès qu'on commence à écrire sans matière première suffisante, l'écriture est floue et surtout très hésitante. On reprend la structure parce qu'on avait oublié une idée ultra importante. On reste vague. On invente des trucs en se disant qu'on y reviendra plus tard pour préciser. Et on finit par ressortir les trois mêmes arguments fatigués que tous nos concurrents utilisent. Avec une bonne matière, vous avez le luxe de choisir. Donc, vous notez tout en vrac. Et attention, ne commencez pas par aller sur l'ordinateur. Notez d'abord vos idées à vous. Forcez votre esprit à devenir créatif, à imaginer des nouvelles combinaisons. et seulement après, vous allez pouvoir vérifier et compléter. toutes ces informations. Jour 3, on se met à écrire. Mais on n'écrit toujours pas un PowerPoint. On écrit un texte, à voix haute, idéalement. Vous prenez la matière du jour 2, vous la triez, vous gardez ce qui sert à votre objectif du jour 1 et vous construisez une structure. Pour les modèles de structure, je vous en ai déjà donné dans ce podcast. Je vous mets les liens en description, vous pourrez aller les voir après. L'idée ici... c'est d'avoir une version solide, même si elle est imparfaite. Quelque chose qui tient debout, qui se dit et surtout qui s'entend à l'oral, et qui a une logique. Et j'insiste là-dessus, parlez à voix haute pendant que vous écrivez. Si une phrase ne sort pas naturellement, c'est qu'elle ne va pas, parce que le pitch, c'est un exercice de l'oral. Donc, coupez-la, parce qu'encore une fois, ça se parle, ça ne se lit pas. À la fin de cette journée, vous pouvez penser que votre pitch est prêt, parce que vous savez quelles idées vous allez dire et dans quel ordre. En réalité, on n'est qu'à la moitié du voyage. Avant de continuer, si vous êtes encore là, c'est sans doute que la prise de parole vous intéresse. Donc pensez à vous abonner pour ne pas manquer les prochains épisodes, j'en sors un toutes les semaines. Jour 4, on muscle le fond. Le but du travail de la veille, c'est d'avoir un pitch logique. Aujourd'hui, on va rajouter de la puissance. Commencez par relire votre version du jour 3 à froid et chassez tout ce qui est mou. Des phrases qui n'apportent rien, les redites, les transitions trop plates, les passages trop techniques qui n'apportent pas de valeur. Et là, vous allez commencer par travailler les chiffres. Parce qu'un chiffre brut, ça ne dit pas grand-chose. On traite 10 000 dossiers par mois, c'est un chiffre qui est trop grand, qui est abstrait. On traite 10 000 dossiers par mois, soit l'équivalent de toutes les demandes de la région Bretagne cumulées. Là, on a quelque chose qu'on peut visualiser. Un chiffre... Comparer, mis en contexte, transformé en image, c'est ce qui fait passer une donnée de l'information à la preuve. Autre exemple, et celui-là je le vois tout le temps, un fondateur me dit « On a doublé notre chiffre d'affaires l'année dernière. » Ok, c'est très bien, mais doublé de combien à combien ? De 50 000 à 100 000 ou de 2 millions à 4 millions ? C'est pas la même histoire. Et surtout, comparer à quoi ? Le marché a fait quoi sur la même période ? Vos concurrents, ils en sont où ? Un chiffre seul, c'est quelque chose de flottant, c'est nébuleux. Donc, mettez vos chiffres. en contexte. Enfin, dans cette journée, on va construire des moments forts. Une accroche qui capte dès les premières secondes, un final puissant, avec l'appel à l'action, et des passages qui nous rechoppent tout au long du pitch, par des anecdotes, des punchlines, des métaphores, ou même de l'humour, si vous êtes à l'aise avec ça. Pas une obligation. C'est tout l'enjeu de cette journée. Rendre le pitch différent et donc mémorable. Jour 5, on passe à la forme. A cette étape, le texte est figé, on ne va quasiment plus y toucher. Maintenant, on va travailler à la livraison. La voix d'abord, votre débit, vos silences, toutes les modulations. Beaucoup d'orateurs parlent trop vite et croient qu'ils parlent normalement. Enregistrez-vous, écoutez-vous, vous serez surpris. Le silence en particulier, c'est l'arme la plus sous-cotée du pitch. Une pause de deux secondes au bon moment, ça fait dix fois plus d'effet qu'un mot en plus. Le corps ensuite. Votre posture, vos gestes, la façon dont vous occupez l'espace. Si vous pitchez assis derrière une table, ça va se travailler différemment que debout devant 200 personnes. Et pensez au regard. Pas un regard fuyant qui survole la salle, zigzag à travers les personnes. Pas non plus un regard fixé sur une seule personne qui va clairement la mettre super mal à l'aise. Mais un regard qui se pose, 2-3 secondes, qui dit quelque chose à la personne que vous regardez, puis qui passe au suivant. Là aussi, j'ai quelques épisodes pour vous dans la description. Et gardez bien cette image en tête, un bon texte mal dit, c'est un cadeau dans un sac poubelle, personne ne va l'ouvrir. Jour 6, répétition et enfin les slides. L'objectif du jour, c'est de pouvoir dire votre pitch sans aucun support. Sans notes, sans slides, sans rien du tout. Et même mieux, pouvoir le dire dans un ordre... différent si la situation l'exige. Si on vous coupe à la deuxième minute pour vous poser une question, vous devez pouvoir reprendre là où vous voulez. Et pour ça, il n'y a pas 36 000 solutions. Ça veut dire répéter, répéter et répéter encore. Pas juste se relire dans sa tête, mais parler à voix haute, debout, comme si les personnes étaient en face de vous. Et c'est seulement à ce stade que vous allez pouvoir construire les slides, pas l'inverse. Vos slides, elles sont là pour accompagner votre parole. Elles ne sont pas là pour la remplacer. Si vous pouvez retirer une slide sans rien perdre, retirez-la. Si une slide a plus de trois lignes de texte, on est sur un document de lecture, pas sur une slide. Donc il va falloir reprendre ça. Une bonne slide, c'est une image, un chiffre clé, un mot. Quelque chose qui ancre visuellement ce que vous êtes en train de dire, qui vient le compléter sans demander à votre public de lire pendant que vous parlez. Parce que lire et écouter en même temps, ça a été documenté en sciences cognitives depuis longtemps. On ne peut pas faire les deux à la fois. Le cerveau de votre public préférera toujours lire ce que vous lui mettez sous les yeux. Et donc, il ne vous écoutera plus. Jour 7, les objections. C'est l'étape que tout le monde saute, et c'est celle qui distingue un pitch correct d'un pitch qui convertit. Vous prenez une feuille et vous listez les 5 questions les plus dures qu'on peut vous poser. Celles que vous ne voulez surtout pas entendre. celles qui touchent vos faiblesses, vos angles morts, les points sur lesquels votre concurrence vous attaque. Et pour chacune, vous préparez une réponse courte. Pas un long discours, vraiment une réponse très brève, une minute max pour reconnaître le point, le recadrer et rebondir sur une force. Je me souviens d'un de mes anciens clients, un fondateur qui levait des fonds. Son pitch était nickel, propre, fluide. Et à la fin, premier investisseur qui prend la parole, pourquoi vous et pas votre concurrent qui a 18 mois d'avance sur vous ? Il a bafouillé pendant 30 secondes. Il a perdu la salle. Game over. Il n'avait pas voulu qu'on prépare cette partie-là ensemble. Et donc, il n'avait pas anticipé cette question. Et toute la prépa s'est effondrée là-dessus. Parce qu'un pitch, ça ne s'arrête jamais à la fin du pitch en lui-même. Ça continue dans les questions. C'est même souvent là que la décision se prend. En réalité, le pitch, il ne s'arrête qu'au moment de se dire au revoir. Et donc, juste après de s'être dit au revoir. 7 jours, c'est tout ce qu'il vous faut pour faire la différence et convaincre votre public d'investir, d'acheter ce que vous vendez ou de soutenir votre initiative. Alors ne les prenez pas à la légère. 7 jours bien découpés, ça bat 7 jours à tout faire en même temps. Et croyez-moi, la différence, elle se voit dès la première minute du pitch. D'ailleurs, je vous ai préparé une fiche récap que vous pouvez récupérer gratuitement sous cet épisode. Et si vous avez justement un pitch important qui arrive et que vous voulez être accompagné, j'ai un programme de coaching au pitch en 4 séances pour construire un pitch qui convertit, que ce soit face à des investisseurs ou à des prospects. Vous pouvez prendre rendez-vous directement sur mon Calendly, je vous mets le lien dans la description. Merci d'avoir suivi cet épisode jusqu'au bout. Si vous l'avez trouvé utile, pensez à laisser une note sur votre plateforme d'écoute et partagez-le autour de vous. J'en ai besoin pour le faire vivre. Et nous, on se retrouve la semaine prochaine pour débloquer une nouvelle compétence oratoire. Allez, ciao !