Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue dans la bulle express, le podcast qui débloque une compétence ou un savoir sur la prise de parole en moins de 10 minutes. Moi c'est Jean Corentin, coach et formateur en pitch et prise de parole. Aujourd'hui on va parler d'un outil que tout le monde utilise mais que presque personne ne travaille vraiment, la voix. Et pour ça je vais vous partager un acronyme que j'adore, parce que j'adore les acronymes, et que m'a transmis Violette Touzeau, que je remercie au passage. Cet acronyme c'est DIVA. Et si vous l'appliquez correctement, votre voix ne laissera plus jamais indifférent. Quand on parle de prise de parole, on pense souvent aux idées, à structures, aux arguments. C'est normal et d'ailleurs, c'est une très très bonne chose. Mais il y a un truc beaucoup plus immédiat que tout ça. Avant même de comprendre ce que vous dites, votre interlocuteur perçoit la façon dont vous le dites. votre voix arrive avant vos idées. Elle installe ou parfois détruit votre crédibilité. Elle donne envie d'écouter ou pas. Et le problème, c'est que la plupart des gens utilisent leur voix par défaut, sans conscience, sans intention, sans entraînement. Alors aujourd'hui, je vous propose une grille simple, mémorisable et surtout actionnable pour muscler votre voix diva. On commence par le D de débit. Le débit, c'est la vitesse à laquelle vous parlez. Et c'est souvent le premier sabotage vocal. Quand on est stressé, on accélère. Quand on veut convaincre, on accélère. Quand on manque de temps, on accélère encore plus. Résultat, on devient moins clair, moins impactant, moins crédible. Une personne qui parle trop vite donne l'impression de vouloir se débarrasser de ce qu'elle dit ou de ne pas être totalement à l'aise avec son message. Pour vous entraîner, prenez une phrase simple. Dites-la une première fois à votre débit naturel. Puis une deuxième fois. 50% plus lentement que ce qui vous semble confortable. Vous allez avoir l'impression d'exagérer, mais spoiler, pour l'auditeur, vous allez juste devenir clair. Deuxième pilier, l'intonation. L'intonation, c'est la musique de votre phrase. Le fait d'aller dans les aigus ou dans les phrases. C'est ce qui évite que votre voix ressemble à un long tunnel monotone. Une voix... plate, même avec de bonnes idées en dehors. Alors qu'une voix qui vit, elle capte. D'ailleurs, là-dessus, une petite chose importante, une phrase montante en fin de phrase va créer une ouverture, nous donner l'impression qu'il y a quelque chose qui vient après, alors qu'une phrase qui descend pose une fin. Elle impose une décision, une certitude ou tout simplement la fin d'une étape. Encore un exercice là-dessus, prenez un texte de cinq lignes, un poème ou quelque chose comme ça. Surlignez Merci. un mot important par phrase. Votre mission, faire entendre ce mot uniquement par l'intonation, sans crier, sans forcer. Vous allez commencer à sculpter votre voix et surtout à y mettre de l'intention. Troisième levier, le volume. Le fait de parler fort ne veut pas toujours dire parler avec autorité. Et au contraire, le fait de parler bas ne fait pas toujours réduire l'impact. d'une prise de parole. Le vrai sujet, c'est la maîtrise du volume. Un volume constant, là encore, ça nous endort. Alors qu'un volume qui varie va créer de l'intention. En fait, c'est simple, si tout est fort, plus rien n'est fort. Mais une phrase qu'on va dire légèrement plus bas va obliger l'autre à tendre l'oreille, à se concentrer et donc raviver son attention. Donc l'idée, c'est de jouer sur les volumes. Pour ça, vous pouvez vous entraîner à raconter une anecdote en jouant uniquement sur le volume. Plus fort pour le contexte, plus bas pour un moment un peu plus tendu. Sans changer ni le débit ni l'intonation, juste en jouant sur votre volume encore une fois. Quatrième pilier, l'articulation. C'est probablement le point le plus sous-estimé, mais pourtant c'est le plus important. Si vous n'articulez pas, on ne peut tout simplement pas comprendre ce que vous nous dites. Donc il faut travailler l'articulation. D'ailleurs, elle a un autre intérêt, l'articulation, c'est que très souvent, elle va renforcer les autres aspects. En renforçant l'articulation, en imitant plus de volonté, en faisant quasiment des grimaces avec notre bouche, on va là encore mettre une dynamique supplémentaire sur les trois premiers piliers qu'on vient de voir. Donc pensez constamment à votre articulation du début à la fin des phrases. Pour l'exercice sur ce point-là, je vais vous mettre dans la description une vidéo que j'avais faite sur le sujet. et qui va vous donner un exercice excellent, celui que j'utilise encore maintenant, avant chacune de mes conférences. Et on termine par le pilier le plus puissant, le S de silence. Le silence, ce n'est pas juste un vide, ce n'est pas juste un trou de mémoire, une hésitation. Là, je vous parle d'un silence conscient. Ce silence-là, c'est un outil, et bien placé, il va créer de l'attente, renforcer une idée. ou encore donner de la gravité à ce qui va suivre. Le problème, c'est qu'on a peur du silence. On le remplit, on le fuit, alors que le silence, c'est souvent là que l'impact naît. Dernier exercice de cet épisode, pour travailler le silence, après une phrase importante, forcez-vous à compter jusqu'à 2 dans votre tête avant de reprendre. Mais ne comptez pas juste 1, 2, comptez 1 Mississippi, 2 Mississippi. Je vous dis ça parce que, dans notre tête, le silence est un temps qui nous paraît long. Chaque seconde va en réalité se raccourcir. C'est important de bien marquer chaque seconde. Je sais, ce temps-là est inconfortable pour vous, mais il est extrêmement puissant pour l'auditeur. Diva, D-I-V-A-S, débit, intonation, volume, articulation. Silence. 5 leviers, 5 réglages et une certitude, la voix se travaille. L'idée n'est pas de devenir quelqu'un d'autre, de s'inventer une voix, mais simplement de devenir plus conscient de ce que vous faites déjà. Si cet épisode vous a été utile, je vous invite à prendre 30 secondes pour laisser une note ou un commentaire sur votre plateforme d'écoute. Ça aide énormément à faire vivre le podcast. Et bien sûr, si ça vous a plu, je vous invite à vous abonner à ma newsletter. Je l'envoie toutes les deux semaines. et vous y découvrirez de nouveaux exercices et de nouvelles connaissances sur la prise de parole. Et nous, on se retrouve ici très vite pour débloquer une nouvelle compétence oratoire. Allez, ciao !