Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue dans la Bulle Express, le podcast qui débloque une compétence ou un savoir sur la prise de parole en moins de 10 minutes. Moi, c'est Jean Corentin, coach et formateur en pitch et prise de parole. Aujourd'hui, on va parler d'un sujet qui fait rêver, mais sur lequel énormément de gens se plantent. Comment créer une conférence ? Pas juste une suite de slides un peu sympa, pas un talk intéressant, etc. Une vraie conférence, celle qui marque, qui fait passer. un message clair et qui donne envie d'applaudir. Cet épisode, il est directement inspiré d'une méthode que m'a transmise Pascal Aumont, l'un des conférenciers les plus reconnus en France, dans un épisode qu'on a enregistré ensemble. Et ce que j'ai adoré dans sa manière de parler de la conférence, c'est qu'il a cassé pas mal de mythes, et notamment un, conférence, c'est pas juste parler d'un sujet intéressant, c'est défendre une position sur scène face à des gens qui, parfois, n'ont rien demandé. Donc aujourd'hui, je vais vous guider étape par étape pour comprendre comment on construit une conférence solide, vivante, incarnée. Et à la fin, vous saurez exactement par quoi commencer. Première étape, choisir le bon sujet. Et ça, c'est clairement l'étape la plus sous-estimée. Une conférence, ce n'est pas juste un thème. Le leadership, la motivation, l'intelligence artificielle. Ça, c'est des catégories, ce n'est pas des conférences. Un bon sujet de conférence, c'est un sujet sur lequel vous avez une opinion, une expérience, un frottement avec le réel. En gros, un truc qui vous a agacé, surpris ou fait changer d'avis. Et surtout, vous devez être capable de formuler la position que vous défendez en une seule phrase. Si vous n'arrivez pas à la dire simplement, c'est que vous n'avez pas encore votre cour. conférence. Et là, je vais être très clair, sans position, il n'y a pas de conférence. Une fois le sujet posé, on va pouvoir aller chercher la matière première. Et ici, la règle numéro 1 est simple, aucun filtre. Vous notez absolument tout ce qui vous vient. Les idées, les exemples, les anecdotes, les références, les études, les punchlines, les images mentales. Et puis vous élargissez, vous cherchez, vous lisez, vous écoutez, vous regardez. À ce stade, on ne censure rien. Même les idées qui peuvent nous sembler un peu bancales, même tout ce qui nous semble peut-être ne pas convenir, on garde tout. Pourquoi ? Parce que c'est dans ce chaos-là que vont se cacher souvent les meilleures pépites, parce que plus tard, on va voir comment les exploiter. Donc je le répète, on rassemble toute la matière première sans aucun filtre. Troisième étape, regrouper et organiser. Maintenant qu'on a toute notre matière première, on va pouvoir commencer à la sculpter, cette matière brute. Donc ici, l'idée, ça va être de prendre tout ce qu'on a rassemblé avant et de voir s'il y a des grandes idées qui se développent, des choses qui ressortent. Le but étant de faire ce qu'on voit dans la majorité des conférences, c'est de retrouver trois grands blocs. Pas forcément totalement équilibrés, mais l'essentiel, c'est que ça soit lisible. L'objectif ici, c'est de créer un fil clair, un chemin mental que notre public va pouvoir suivre. On doit sentir où vous partez et où vous voulez amener le public. Parce que si vous ne savez pas répondre à la question « quel est le chemin que les gens vont emprunter ? » , eux non plus, forcément, ils ne vont pas le voir. Quatrième étape, la plus négligée, l'accroche et le final. Alors je sais... Ça peut paraître assez contre-intuitif de penser l'accroche après le développement, mais vous allez voir que c'est tout à fait normal. L'accroche, c'est votre porte d'entrée. Chiffre, une question, une promesse, quelque chose qui surprend, peu importe la forme. Ce qui compte, c'est que c'est quelque chose qui va choper votre public dès les premiers mots. Et d'ailleurs, c'est pour ça que ça ne vient qu'après. C'est qu'avant de chercher à accrocher le public sur ce qu'on va dire après, Il faut bien définir ce qu'on va dire après. C'est pour ça que cette étape, elle ne vient qu'après la précédente. D'ailleurs, j'ai consacré plusieurs épisodes aux accroches. Donc si vous cherchez des idées spécifiques pour une conférence, allez les écouter. Je vous les mets dans la description de l'épisode. Et pour le final, c'est l'inverse. C'est ce qui reste quand tout est fini. Donc une bonne conclusion, elle doit être inspirante, orientée vers l'action et idéalement donner envie d'applaudir. Parce que c'est la dernière image qu'on va laisser à notre auditoire. A ce stade, vous avez un contenu, le fond. Mais une conférence, c'est pas juste des mots, c'est pas juste de belles phrases. C'est un spectacle avec des messages. Donc, dans cette étape, on va injecter toute la dimension scène. Des anecdotes vécues qui vont humaniser et ancrer le message. Des preuves, des références, des faits, pas pour briller, mais qui se mettent au service du message, qui vont lui apporter une forme d'autorité. On peut mettre de l'humour si vous en avez, ce n'est pas obligatoire, mais c'est quelque chose de très très efficace pour retenir l'attention et simplifier la mémorisation. Et bien sûr, je ne vais pas revenir dans les détails sur tout ça, mais c'est là aussi qu'on va activer la voix, le corps et toute la présence, puisque eux aussi sont une dimension forte de la scène. Sixième étape, et c'est... à la fois celle que je préfère et la plus douloureuse, « Kill your darlings » . Pourquoi c'est aussi le moment que je préfère ? C'est parce que c'est indispensable et c'est souvent là qu'on voit la différence entre les vrais, les bons conférenciers et les conférenciers plus modestes, on va dire. Quand on écrit un texte, quand on crée une conférence, quand on écrit un discours, il y a des moments qui nous font plaisir à nous parce qu'on trouve qu'ils sont stylés, parce qu'ils nous mettent en valeur, parce que pour x ou y raison... on aime ces moments-là. Le problème, c'est qu'ils ne servent pas forcément notre propos ni le message de ce qu'on veut passer à ce moment-là. Dans ce cas-là, c'est simple. Si le passage est bon, mais qu'il ne sert pas votre propos, vous le virez. S'il casse le rythme, vous le virez. S'il vous fait rire, même s'il est bien écrit, s'il ne sert pas le propos, vous le virez. Une conférence, ce n'est pas un musée de vos meilleures idées. C'est un parcours, c'est un chemin. Et ce qu'on veut, c'est éviter que notre auditoire se disperse sur ce chemin. Donc, pour l'aider à avancer, vous devez dégager tout ce qui va le distraire. C'est un moment qui peut prendre du temps, qui est, comme je le répète, assez difficile, mais il est indispensable. Et enfin, on arrive à la dernière étape, ou plutôt deux dernières étapes, parce que vous allez voir qu'il y a vraiment deux parties et que les deux sont indispensables et se répondent. Répétez, testez. et itérer. Alors d'abord, répéter, parce que répéter, il faut bien comprendre que ça ne veut pas dire réciter. Ça ne veut pas dire apprendre un truc vraiment complètement par cœur. Mais le répéter, c'est l'intégrer, c'est faire sienne toute la structure. Donc, plus vous le répétez, plus vous intégrez ce que vous devez dire. Donc pour ça, vous pouvez le répéter seul, vous pouvez le répéter devant votre famille, devant des amis, devant un public témoin, peu importe. L'idée, c'est que le contenu, vous l'ayez réellement intégré dans votre chair, quoi que ça soit. Vous n'ayez plus à y... penser du tout. Le but de ça, c'est que vous ayez suffisamment votre message en tête, ou même vos messages en tête, pour pouvoir vous focus sur la chose la plus importante, la connexion au public. Parce que sans répétition, il n'y a pas de liberté. Donc la répétition, c'est quelque chose de très très important. Mais au-delà de ça, pendant ces répétitions, face au public et même après, même quand vous aurez un vrai public, on va dire, c'est très important de tester et d'itérer. Donc vous pouvez vous enregistrer et vous réécoutez. Vous pouvez voir les réactions du public, prendre ses retours. Et oui, je le sais, c'est très dur, mais c'est la clé. C'est que vous devez savoir ce qui peut être amélioré encore dans votre conférence. Pour ça, vous devez chercher trois choses. D'abord, ce qui a fait mouche, ce qui a fonctionné. Ça, on va chercher à le renforcer. Ensuite, ce qui n'a pas été compris. Ça, le but, ça va être de le clarifier. Et enfin, ce qui doit tout simplement dégager. Parce que ça ne sert pas le propos, parce que c'est contre-productif. Là, on en revient à ce que je disais avant, kill your darlings, vous évacuez. Donc ça, c'est un processus continu. Il faut bien comprendre qu'une conférence, elle n'est jamais figée. Elle doit évoluer avec vous, avec les interactions que vous avez avec votre public. Alors oui, créer une conférence, ça n'est pas juste empiler des idées. C'est prendre une position, la structurer, l'incarner et la tester dans le monde réel. Si vous deviez retenir une seule chose de cet épisode, c'est celle-ci. Commencez. Imparfait, mais commencez. Et si vous voulez aller plus loin, si vous voulez être accompagné pour construire, structurer ou faire évoluer votre conférence, je travaille là-dessus avec des dirigeants, des formateurs et bien évidemment des conférenciers professionnels. Vous retrouverez toutes les infos dans la description, notamment pour prendre rendez-vous avec moi. Et si cet épisode vous a aidé, Pensez à laisser une note et un commentaire, ça fait une énorme différence pour le podcast. Et nous on se retrouve très vite pour débloquer une nouvelle compétence oratoire. Allez ciao !