Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue dans la Bulle Express. Aujourd'hui, on démarre une série un peu à part. Pendant tout l'été, je vais m'écarter des sujets habituels sur la prise de parole pour vous emmener dans les coulisses de mon activité. Comment je bosse, comment j'en suis arrivé là, ce que je pense de ce métier, ce que je vois passer. Des épisodes un peu plus longs que d'habitude et un peu plus perso aussi. Et pour ce tout premier épisode de la série d'été, j'ai eu envie de commencer par la question qu'on me pose le plus souvent quand j'explique ce que je fais. Comment t'en es arrivé là ? Qu'est-ce qui t'a donné envie de faire ce métier ? Et je me suis rendu compte qu'à chaque fois, je répondais un peu vite, un peu en surface. Alors aujourd'hui, je prends le temps. Je vais vous raconter d'où ça vient, d'où vient cette passion. Cette conviction que la parole, c'est pas un luxe, c'est pas un talent réservé à quelques-uns, mais un outil que tout le monde peut apprendre à utiliser. Et je vous préviens tout de suite, mon but, c'est pas de vous raconter ma vie par pur égotrip. Si je le fais, c'est parce que je pense qu'il y a des éléments dans mon parcours qui peuvent résonner avec ce que vous vivez, vous, dans votre rapport à la parole. Commençons par le début, je suis fils d'officier. Si je vous dis ça, c'est que c'est important. Être fils d'officier, ça veut dire une chose très concrète dans la vie d'un enfant. Des déménagements tout le temps. Tous les deux ou trois ans, une nouvelle ville, une nouvelle école, des nouvelles personnes. Et à côté de ça, je suis d'un naturel introverti et plutôt timide. Des déménagements et une nature timide, ça crée un cocktail assez difficile à digérer. Parce que quand vous débarquez à 12 ou 15 ans dans une nouvelle école, les groupes sont déjà faits. Les copains, les affinités, les références communes, tout est déjà là. Et vous, vous êtes le nouveau. Et croyez-moi, personne ne vous attend et personne ne vous a gardé de place. Donc là, vous avez deux options. Soit vous restez passif, vous vous mettez dans un coin et vous attendez qu'on vienne vers vous, soit vous allez vers les autres, vous vous présentez et vous forcez le lien à se créer, même si ce n'est pas votre nature et même si ça vous coûte. Vous l'aurez compris, la deuxième option apporte de bien meilleurs résultats. Alors oui, ce n'était pas facile et j'ai longtemps regretté tous ces déménagements. Mais avec du recul, c'est ce qui pouvait m'arriver de mieux. Parce que j'ai compris que la parole, c'était pas un don. C'est un outil qui se travaille. Et c'est là que je veux ramener la balle dans votre camp. Parce que je rencontre encore beaucoup de gens qui me disent « Moi je suis pas doué pour parler en public, c'est pas fait pour moi. » Comme si c'était une question de génétique. On est bon orateur ou on n'est pas, point. Et ben croyez-moi, quand vous êtes un grand timide qui rougit et qui a débarqué dans cinq écoles différentes, Vous avez la preuve tous les jours que ça se travaille, que c'est pas un talent mais une compétence. Et toute compétence peut se travailler et s'acquérir, même en partant de loin. Ensuite arrive l'adolescence. Et à l'adolescence, contrairement à beaucoup de mes amis, je me passionne pour la politique. Je regarde les meetings et les débats. Comme mes potes regardent des matchs de foot, j'admire ces gens capables de se lever, de prendre la parole, de défendre des idées et parfois même d'emporter les foules. Et parmi toutes ces personnes, il y a une figure qui me marque plus que toutes les autres, c'est Robert Badinter, l'homme qui a fait abolir la peine de mort en France. Son discours de 81 dans lequel il réclame cette abolition à l'Assemblée Nationale est bouleversant. L'un des sommets de l'éloquence française. Bavinter m'apprend une chose essentielle. Il ne parle pas pour le plaisir de parler, pour se valoriser ou pour la beauté des mots. Il parle pour faire aboutir une idée qu'il défend depuis plus de 20 ans. Et cette idée a changé notre pays. C'est grâce à lui que j'ai compris une chose que je répète encore aujourd'hui à mes clients. La parole, c'est jamais une fin en soi. C'est un outil essentiel à la réalisation d'une idée, voire d'un idéal. On ne parle pas pour parler, on parle pour faire advenir quelque chose dans le réel. Ensuite, je passe rapidement sur mes études qui ont été assez mouvementées. Je commence par du droit, je crée quelques concours d'éloquence, et je sors de là diplômé de Schéma et de Sciences Po Ex. Et puis à ma sortie, un de mes anciens profs de Sciences Po m'appelle et me propose de venir bosser avec lui comme conseiller communication auprès d'un président de conseil départemental. J'ai à peu près 26-25 ans. J'accepte directement cette super opportunité. Et pendant les années qui suivent, je fais un métier très particulier. Je conseille des élus sur leur communication. Je redis leur discours, je prépare leurs interviews, j'écris pour eux. C'est une mission exceptionnelle parce que je me retrouve dans les coulisses de la parole publique. Je vois tout ce qui se passe avant que la caméra ne s'allume. Les hésitations, les brouillons, les formules qu'on choisit et celles qu'on rejette. Bref, tout ce qui fait la différence entre un succès et un échec politique. Dans ce métier, je reçois une nouvelle leçon. Derrière chaque prise de parole en apparence spontanée, il y a des heures de travail et des équipes qui bossent le fond et la forme. Cette période, elle m'a définitivement convaincu d'une chose. La parole ne compte pas pour la forme. Elle compte parce qu'elle est le véhicule d'une idée qu'on porte, qu'on incarne et qu'on veut faire avancer. En tant que conseiller, j'ai aidé un président de département et deux députés. Et il y a six ans, en 2020, j'ai une prise de conscience, une vraie. Quelque chose bascule dans mon esprit et je prends la décision de changer de cap. Ce jour-là, je me suis rendu compte que les vraies innovations, celles qui façonnent nos vies au quotidien, elles ne viennent pas des politiques. Elles viennent du monde, de l'entreprise. Et attention, je ne parle pas seulement des innovations. technologiques qui sont évidemment essentielles. Je parle aussi des innovations sociales, des innovations sociétales. La façon dont on travaille, la façon dont on consomme, la façon dont on se déplace, la façon dont on prend soin des gens. Tout ça, c'est de plus en plus les entreprises qui le dessinent. Et il y avait un décalage qui me sautait aux yeux. On analyse la parole des politiques pendant des heures. On dissèque leurs discours, leurs formules, leurs éléments de langage. Mais celle des entrepreneurs, celle des dirigeants qui portent des projets. qui vont changer la vie de milliers de personnes, on n'en parle jamais. Personne ne les aide vraiment à parler. Personne ne leur dit que leur parole compte autant que celle d'un ministre. Alors j'ai fait un choix. J'ai décidé de mettre la parole au service des entreprises. Parce que je suis persuadé que si les entrepreneurs qui font vraiment bouger le monde apprenaient à mieux le dire, on aurait un monde qui bouge dans une meilleure direction. Et derrière ce choix, il y a une conviction encore plus profondes. Je crois vraiment que n'importe qui peut apprendre à s'exprimer et à défendre une idée. Ça ne veut pas dire que tout le monde va devenir un évangéliste américain capable de soulever 10 000 personnes dans un stade. Et ça, en fait, ça n'intéresse quasiment personne. Mais chacun est capable de porter ses idées dans son univers, dans sa boîte, dans son équipe, dans son entourage, dans sa communauté. L'idée, c'est qu'avant de vouloir changer le monde, Il faut apprendre à changer son monde, agir à sa hauteur, développer sa capacité à parler autour de soi, à convaincre les 5, les 10, les 50 personnes qui sont dans notre orbite, et à partir de là, éventuellement, agir à une plus grande échelle. Mais on commence là, on commence à sa hauteur. Et je vais vous dire autre chose que je pense de plus en plus fort. Et qui est peut-être ce qui me tient le plus à cœur dans ce métier. Dans un monde qui devient de plus en plus violent, c'est la disparition de la parole qui augmente cette violence. Ce qu'on n'est pas capable d'exprimer par les mots, on finit par l'exprimer par le corps. Et donc, par la violence. Regardez autour de vous, écoutez les débats. Quand la parole s'effondre, quand elle devient impossible, il ne reste que les points. C'est pour ça que je fais ce métier. Pas juste pour aider des dirigeants à mieux pitcher. Bien sûr, ça je le fais aussi. Mais au fond, c'est parce que je pense que la parole, la vraie, celle qui écoute et qui argumente, qui défend, c'est un des remparts qui nous reste contre la violence. Avant de conclure, Un petit mot sur quelque chose qui prolonge très concrètement tout ce que je viens de vous dire. A la rentrée, je lance un nouveau programme qui s'appelle Oravox. C'est un cycle d'entraînement intensif de 12 semaines pour les dirigeants et les C-Level. L'idée elle est simple, vous êtes au sommet de votre expertise, mais votre prise de parole, elle ne valorise pas cette qualité. Donc dans cette formation, on va s'intéresser à vos enjeux réels, aux situations que vous pouvez rencontrer. dans un bord, dans les médias, en levée de fond, en kick-off, et vous repartez avec une méthode et une incarnation qui matchent avec votre niveau. Concrètement, c'est 8 dirigeants maximum par cohorte, 5 experts qui interviennent sur leur sujet, 12 semaines d'entraînement. Chez Bold, on a formé plus de 200 dirigeants à ce jour, avec une note moyenne de 9,8 sur 10. Alors si vous voulez nous rejoindre, si vous aussi vous voulez prendre... à bras-le-corps ce sujet de la prise de parole, je vous mets le lien pour prendre rendez-vous directement avec moi et qu'on en discute ensemble. Alors voilà pourquoi j'ai fait de la parole mon métier. C'est l'histoire d'un gamin timide qui, à force de déménager, a compris que se taire n'était pas une option et qu'il devait travailler sa parole. C'est l'histoire d'un adolescent qui, en découvrant Badinter et la politique, a compris que parler n'est jamais une fin en soi. mais un outil pour concrétiser des idées. Et c'est l'histoire d'un jeune adulte qui, il y a 6 ans, s'est rendu compte que ce sont les entreprises qui façonnent le monde aujourd'hui et que ses compétences pouvaient les aider à y arriver. Et si vous ne deviez retenir qu'une seule chose de cet épisode, c'est celle-là. On croit qu'il faut être bas d'inter pour que la parole compte. En vrai, il suffit de l'apprendre là où on est et avec ce qu'on a, dans votre équipe. dans votre réunion de demain, dans votre pitch, là, avec ce que vous avez, et ça sera déjà énorme. Et si cet épisode a fait bouger un truc chez vous, et que vous voulez travailler votre parole au niveau où vos enjeux le méritent vraiment, allez jeter un œil à Oravox, vous avez toutes les infos juste en dessous. Merci d'avoir suivi cet épisode jusqu'au bout. Si vous l'avez trouvé utile, laissez-moi une note sur votre plateforme d'écoute et partagez-le autour de vous. J'en ai besoin pour faire vivre ce podcast. On se retrouve la semaine prochaine pour le deuxième épisode de cette série spécial été. Un épisode un peu plus léger, dans lequel je vais vous partager quelques recommandations de contenu à écouter cet été. Allez ciao !