Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue dans la bulle express, le podcast qui débloque une compétence ou un savoir sur la prise de parole en moins de 10 minutes. Moi c'est Jean Corentin, coach et formateur en pitch et prise de parole. Depuis 6 ans, j'ai aidé plus de 2000 personnes à faire de la parole une alliée dans leur croissance personnelle et professionnelle et je vous partage tout dans ces épisodes. Et aujourd'hui, on va parler d'un moment très particulier dans la vie d'un dirigeant, la plénière. Ce rendez-vous régulier, mensuel ou trimestriel, où vous faites le point avec vos équipes. 15, 25, 50, parfois 500 personnes, parfois plus. Un format tellement installé que vos équipes l'ont presque banalisé. Et c'est justement ce piège qu'on va vouloir contrer dans cet épisode. Avant de commencer, une clarification. Ici, je ne parle pas du kick-off annuel. Le moment où vous donnez la vision pour les 12 mois à venir et où l'énergie est naturellement beaucoup plus haute. Je ne parle pas non plus d'une conférence externe où vous essayez de convaincre des inconnus. Là, ce sont les personnes avec qui vous travaillez chaque jour et dans un contexte beaucoup plus exigeant, la routine. Ce qu'elles attendent, c'est du concret sur ce qui avance, des décisions claires et un vrai dialogue, pas un énorme show. Alors, ça ne veut pas dire que je vous interdis de faire le show. Tant de mieux si c'est le cas à chaque rendez-vous mensuel. Mais je doute que vous trouviez le temps de faire ça si vous êtes dirigeant. Le problème ici, c'est plutôt que la plupart des plénières s'enlisent au bout de 5 minutes. La salle décroche, les téléphones sortent, et vous, vous repartez avec l'impression d'avoir parlé dans le vide. Alors pour éviter ça, voici 4 règles concrètes pour tenir la salle de la première à la dernière minute. Première règle et c'est la plus importante, structurer chaque sujet en un cap, une preuve, une demande. Et je précise parce que c'est là que beaucoup de dirigeants se trompent, on ne parle pas du cap annuel. Encore une fois, celui-ci, c'est celui que vous avez posé au kick-off. Là, je vous parle du cap sur le sujet précis du moment, la décision concrète que vous prenez ce mois-ci, la direction que prend tel ou tel projet, telle équipe ou tel chantier. Le piège classique en plénière, c'est de vouloir empiler. Avancement du projet A, .rh, retour client, chiffre du mois, le mot du DAF, l'agenda des prochaines semaines. Au bout de 5 minutes, votre audience est noyée sous la masse d'informations qu'elle n'a pas encore reçues. Elle ne sait plus ce qui est important, ce qui est anecdotique, ni ce qu'elle est censée en faire. Alors voilà la règle, pour chaque sujet que vous abordez, vous ne devez donner que ces 3 éléments. D'abord, un cap. La direction qu'on prend sur ce sujet précis. Une phrase claire et la plus simple possible. A partir de septembre, le support client passe en 24 sur 7. On arrête le projet Phoenix. Le nouveau process de validation des notes de frais entre en vigueur le 15. Très simple, très clair. Ensuite, une preuve. Pourquoi vous dites ça ? Un chiffre, un exemple ou un fait récent ? Et là encore, pas d'accumulation. Gardez celui qui rend votre cap le plus crédible. Et enfin, une demande. Qu'est-ce que vous attendez de vos équipes, concrètement, dans les semaines qui viennent sur ce sujet ? C'est une partie qui est souvent oubliée alors qu'elle est essentielle. Les dirigeants donnent un cap, ils donnent la preuve et ils s'arrêtent là. Sauf que, en faisant comme ça, la salle repart en se demandant ce qu'elle doit faire de cette info. Et finalement, ce que ça change pour elle. J'ai accompagné un dirigeant qui annonçait à chaque plénière que la migration vers le nouveau CRM avançait bien. Trois plénières d'affilée. Donc il donnait le cap. Il donnait le pourcentage d'équipes formées, mais finalement, personne ne savait ce qui changeait dans le quotidien des commerciaux. Donc, rien ne changeait. Et la migration a pris 6 mois de retard. Mais n'allez pas non plus dans l'excès inverse. Pas la peine de détailler la totalité du process. Donnez les grandes lignes, des informations par mail donneront plus de détails. Cap, preuve, demande, à chaque sujet. C'est la colonne vertébrale d'une plénière qui tient. Deuxième règle, gérer la salle hybride comme un format à part entière. Aujourd'hui, dans la grande majorité des plénières, vous avez une salle physique et des gens en visio. Parfois 80% en présentiel, 20% en visio. Parfois l'inverse, surtout dans une boîte où il y a plusieurs sites. Et ce que je vois quasiment partout, c'est qu'il y a toujours un des deux qui est sacrifié. Soit vous parlez à la salle et vous mettez complètement de côté les 300 personnes en visio qui regardent leur écran sans savoir vraiment si ça les concerne. Soit à l'inverse, vous regardez la caméra en permanence et les personnes en physique ont l'impression d'être un simple décor. La règle, et je sais qu'elle est difficile, c'est d'accepter de ne pas regarder la caméra. Acceptez que vous animez deux formats en même temps et de les nommer explicitement. Et non, quand je parle de les animer et de les nommer explicitement, c'est pas du bullshit sorti par une IA, c'est du concret. Ça commence par le fait de saluer les deux publics au début, séparément. Bonjour à ceux qui sont avec nous dans la salle, bonjour à ceux qui nous suivent en visio depuis Lyon, Bordeaux, Madrid, etc. Vous relancez régulièrement la caméra avec le regard, et pas seulement à la fin. Enfin, vous prévoyez un canal de questions-réponses équitable, où les questions en visio remontent autant que celles dans la salle. Pour ça, il faut demander à votre équipe de modérer ça en direct. Alors c'est sûr, c'est plus exigeant que de parler à une salle homogène, mais c'est la condition pour que les 30, 40 ou 50% de vos équipes qui ne sont pas dans la salle aient le sentiment d'être à la plénière et pas devant un replay. Avant de continuer, si vous êtes encore là, c'est sans doute que le sujet de la prise de parole vous intéresse. d'un pensez à vous abonner pour ne pas manquer les prochains épisodes. J'en sors un par semaine. Troisième règle, préparer le question-réponse. C'est sur cette partie-là que la moitié des dirigeants se plantent. Ils préparent leur plénière à fond sur le contenu descendant. Les annonces, les slides, les chiffres. Et ils improvisent complètement sur la partie question-réponse. Comme si ce moment-là allait se gérer tout seul. Sauf que c'est exactement l'inverse qu'il faut faire. Vos équipes, elles vous écoutent poliment pendant 30 minutes. Et c'est au moment de ce question-réponse qu'elles vont se forger une opinion sur vous. Parce qu'à ce moment-là, ils vont observer comment vous réagissez quand on vous pousse dans vos retranchements. La rumeur sur le plan social qui monte, les résultats du trimestre qui ne sont pas bons, le départ d'un cadre clé qui a surpris tout le monde, les primes qui n'étaient pas aussi hautes que prévues. Pour anticiper ça, préparez-vous. Avant chaque plénière, Vous listez les 5 questions que vous redoutez le plus, celles qui vous mettent mal à l'aise et qui préoccupent votre esprit, et donc celles de vos collaborateurs. Pour chaque question, vous préparez une réponse en 3 lignes maximum. Quelque chose d'honnête, de factuel, et qui montre que vous avez pensé à ce qu'elle soulève. Et puis parfois, acceptez de dire « je ne sais pas, je reviens vers vous d'ici la fin de semaine » . Ça vaut mille fois mieux que de bricoler une réponse floue. Vos équipes n'attendent pas de vous que vous ayez réponse à tout. tout, elle demande à ce que vous soyez capable de traiter leurs questions avec sérieux. Acceptez aussi de partager vos propres ressentis. Je vous cache pas que j'ai moi-même été attristé par sa décision de partir, notre collaboration comptait beaucoup à mes yeux. Vos équipes ne veulent pas faire face à une autorité froide. Et d'ailleurs, si ce sujet de la prise de parole en tant que dirigeant vous intéresse, j'organise une masterclass en ligne le 1er juillet 100% offerte aux dirigeants. Pendant une heure, on va voir ensemble les 5 angles morts qui flingue la prise de parole des dirigeants. Ça va être très concret, avec des clés de compréhension de votre propre parole et surtout des leviers pour l'améliorer. C'est le 1er juillet, en ligne, et je vous mets le lien d'inscription dans la description de cet épisode. Quatrième règle, évitez les faits discours de fin d'année. C'est ce dont je vous parlais au début, le kick-off de décembre ou de janvier. La posture solennelle, dans une salle sombre, où le sol de la scène est éclairé. Des remerciements un peu gentillés qu'on balance à toute la maison, le récap chronologique de l'année qui se termine, et une solennité qui n'est pas du tout adaptée à une parole récurrente. Une plénière, c'est une conversation à grande échelle, donc pas de sur-solennité. Concrètement, ça veut dire quoi ? Ben, rester dans le registre du dialogue, et pas de la cérémonie. Autorisez-vous des moments de spontanéité, des phrases pas calibrées, des réactions à chaud. Prenez des questions. en cours de route et pas seulement à la fin, surtout si vous voyez que l'auditoire réagit. Et enfin, assumez d'être direct quand un sujet le mérite plutôt que de partir dans des surconvolutions. Vos équipes vous connaissent, elles vous voient au quotidien. Si vous leur servez une version cérémonieuse de vous-même, le décalage va leur sauter aux yeux. Et c'est exactement ça qui crée l'effet discours du 31 décembre. Je récapitule. Pour ne pas endormir la salle quand vous prenez la parole en plénière devant vos équipes, 1. Structurez chaque sujet en cap, preuve, demande. 2. Traitez la salle hybride comme un format à part entière, avec les deux publics nommés et adressés explicitement. 3. Préparez à l'avance les 5 questions qui vous dérangent et acceptez de dire « je ne sais pas » . 4. Fuyez la posture trop solennelle. Une plénière, ça n'est pas un serment. Et enfin, 5. N'oubliez pas, rendez-vous le 1er juillet pour la masterclass en ligne sur les 5 angles morts qui flinguent la prise de parole des dirigeants. Une heure en ligne 100% offerte. Et quoi qu'il arrive, on se retrouve la semaine prochaine pour débloquer une nouvelle compétence oratoire, alors pensez à vous abonner. Allez ciao !