- Speaker #0
Avant de prendre la parole, on se pose tous la même question. Qu'est-ce que je vais leur dire ? Et pourtant, je vous le dis tout de suite, c'est loin d'être la meilleure question à se poser. Parce qu'elle vous enferme dans ce qui vous intéresse, vous, pas dans ce qui fait bouger votre auditoire. En réalité, il y a 5 questions à se poser avant de commencer. Juste 5. Et pourtant, la plupart des dirigeants ne se posent aucune d'entre elles. Et c'est le sujet dont on va discuter dans cet épisode avec Ruben Perez. Ruben est coach en prise de parole pour dirigeants. En huit ans, il a accompagné plus de 450 dirigeants dans des levées de fonds, des conventions, des keynotes ou des passages médias. Et il a acquis une conviction si vous même vous ne savez pas où vous voulez emmener votre auditoire, personne ne montera dans le bus. Dans cet épisode, on parle des mauvaises questions qu'on se pose sans le savoir, de l'importance de chercher à être utile plutôt qu'à être intéressant et du rôle de l'émotion comme véritable moteur de l'action. Salut Ruben, comment ça va ?
- Speaker #1
Ça va très bien, merci JC. Et toi ?
- Speaker #0
Écoute, ça va super bien. Ravi de t'accueillir à nouveau dans ce podcast. On a déjà fait un super épisode que je mettrai bien évidemment dans la description et qu'il ne faudra aller écouter qu'après avoir écouté celui-ci. D'autant que je pense que les deux sont assez complémentaires. Mais aujourd'hui, on va, comme je disais, partir sur un peu un sujet, comme je disais, qui reste proche, mais un peu différent, avec une autre approche qui est... de savoir finalement quelles questions on doit se poser quand on va prendre la parole. Parce qu'on arrive, on ne sait pas trop ce qui se passe, on nous balance une opportunité, un contexte, on nous balance plein de trucs. Et ensuite, à un moment donné, on se retrouve seul face à sa feuille ou à son écran. Et là, la question c'est qu'est-ce que je dois me poser comme question ? Alors une première question pour déjà clarifier un peu, commencer à débroussailler. Une question que moi je te pose, qui n'est pas la question à se poser, c'est à qui ça s'adresse ? Dans quel contexte on va utiliser ces questions ?
- Speaker #1
Alors, ça s'adresse pour moi à tout le monde. Une prise de parole, si elle est importante pour vous, vous devez la préparer. Et si vous devez la préparer, vous devez vous poser ces questions. Donc si c'est une prise de parole qui, on va dire, a un retour sur investissement qui n'est pas vraiment important pour vous, vous parlez à vos équipes et vous le faites tous les lundis, pas besoin de pousser la machine. mais si jamais... Ça peut vous apporter des clients, ça peut asseoir votre autorité, ça peut vous apporter aussi peut-être une meilleure image de vous auprès de votre équipe. Là, peut-être que ça vaut le coup, et ça vaut le coup certainement, de vous poser ces questions. Donc moi, je dirais que c'est important de ne pas tous les jours vous les poser non plus pour ne pas vous prendre la tête sur chaque prise de parole. Mais s'il y a une prise de parole qui est importante, posez-vous-les.
- Speaker #0
Ok, très clair. Et justement, au-delà de ce contexte-là, donc c'est Tu me dis que ça s'adresse peut-être plus à des managers, à des décideurs, mais est-ce qu'on s'en sert forcément, enfin est-ce que c'est sur une prise de parole plutôt interne, externe, les deux ? Est-ce que d'ailleurs c'est même des questions sur lesquelles on peut se dire, on y répond une fois et puis on les a pour la suite ? Ou est-ce que c'est des questions à se poser à chaque prise de parole ?
- Speaker #1
C'est des questions à se poser à chaque prise de parole. Et que ça soit en interne ou en externe, l'interne ou externe pour moi ce n'est pas vraiment un sujet. C'est-à-dire que... que tu parles en interne pour convaincre ou en externe pour convaincre, en interne pour inspirer ou en externe pour inspirer, en interne pour informer, tu vois, peu importe, t'as des humains qui sont en train de t'écouter. Que les humains soient dans ton équipe ou que les humains soient hors de ton équipe, ça n'a pas vraiment d'importance. Disons que la seule importance que ça a, c'est que ceux qui sont dans ton équipe te connaissent. Donc peut-être que toi, t'es plus à l'aise, t'es plus à l'aise à leur parler. ils te connaissent, donc ils connaissent ton wording, ils connaissent ton rythme. Donc si tu sonnes un peu fou, ils vont le voir très vite. C'est peut-être ça la seule différence, mais à part ça, ça reste des personnes avec un cerveau et deux oreilles pour t'écouter.
- Speaker #0
Alors avant d'aller vers ces questions à se poser, celles qui vont nous aider, j'imagine qu'il y a plein de questions qu'on se pose et qui finalement ne sont pas très utiles. Alors est-ce que tu peux nous dire quelles sont ces mauvaises questions auxquelles on peut essayer de répondre pendant qu'on se prépare ?
- Speaker #1
Alors... C'est une mauvaise question, on se les pose sans même s'en rendre compte. C'est encore plus dangereux, c'est-à-dire qu'on ne sait pas qu'on se les pose. Et finalement, qu'est-ce qu'on se dit quand on va prendre la parole en public ? On se dit, qu'est-ce que je vais leur dire ? Alors moi, qu'est-ce que j'ai envie de leur dire ? Encore pire, qu'est-ce que j'ai envie de leur dire ? Moi, Ruben, j'aimerais bien dire ça, Ou alors, qu'est-ce qui va les intéresser ? Ou encore pire, qu'est-ce qui est intéressant ? C'est ça les questions qu'on se pose un petit peu naturellement, c'est qu'est-ce que j'ai envie de leur dire, qu'est-ce qui est intéressant ? Et donc, la façon dont nous, on va phraser ça, c'est j'aimerais bien parler de ça. Dès que j'entends cette petite phrase, Ruben, j'aimerais bien parler de... Je me dis, ok, d'accord. Non, tu es déjà sur la mauvaise route. Déjà, tu vas dans le mur. Parce qu'à partir du moment où tu te dis, j'aimerais bien parler d'eux, c'est sur toi. Toi, tu aimerais bien parler de ça. Donc, tu ne t'es posé aucune question. À aucun moment, l'audience n'est pas présente. Tu ne connais pas l'autre. C'est comme si tu offres un cadeau. Tu offres un cadeau de Noël. Moi, mon père, il me ferait toujours un polo que je n'allais jamais mettre. C'est un polo avec rayure Massimo Dutti. Ça, c'était mon père. Il filait du Massimo Dutti. C'est un peu pareil quand tu te dis « Ok, qu'est-ce que moi j'aimerais leur dire ? » « J'aimerais leur dire ce qui m'intéresse. » Ça ne va pas les intéresser. J'aimerais bien leur filer le Massimo Gutti. Moi, tout ce que je voulais quand j'étais gamin, c'était donner mon jeu de Gamecube et je suis très content. Le Massimo Gutti, je ne vais pas le mettre. Ça va dès le départ les questions qu'on se pose sans en avoir conscience, dans le sens de « Je vais leur donner beaucoup de choses parce que j'aimerais leur dire beaucoup de choses et je vais leur donner des trucs. » qui m'intéressent moi, qui me valorisent moi, mais qui, bon, eux, on verra. Voilà, peut-être ça va les intéresser. Peut-être qu'ils vont prendre quelques inputs. Mais voilà, bon courage, quoi. Donc, c'est ça, la mauvaise question qu'on se pose pour moi.
- Speaker #0
Oui, je vois, très bien. Et ça me fait penser à un sujet que j'avais évoqué avec Pascal Aumont, grand conférencier. On avait fait un truc ensemble sur comment construire une conférence. Et d'ailleurs, on avait parlé aussi ensemble de ce sujet-là. Je crois que j'avais déjà abordé ça, mais c'est le kill your darling, c'est-à-dire le truc où ça nous fait plaisir à nous, et vraiment c'est notre petit moment chéri, notre anecdote, notre petite histoire, notre petit truc à nous, où on est content de le dire, ça nous fait du bien de le dire, mais en fait ce truc-là, il faut le virer à partir du moment où il n'est pas utile, où il n'est pas intéressant, où il ne sert pas, où il ne fait pas quelque chose pour notre audience, c'est des choses qu'on dit pour soi. Et pas pour ceux qui nous écoutent. Et je sais que c'est très difficile. On a l'impression de s'arracher une partie de soi. Et d'ailleurs, c'est là où on en vient toujours. Oui, mais est-ce que je reste authentique si je fais ça ? Oui, en fait, être authentique, ça ne veut pas dire parler avec les mots tels qu'ils viennent et vomir sa parole telle qu'elle vient. Le fait de travailler, c'est aussi trier. Et ça ne veut pas dire qu'on sera moins authentique. Simplement, on va choisir... ce qu'on montre et ce qu'on décide de montrer dans notre authenticité. Le choix, c'est aussi être authentique. Mais du coup, tu as tout à fait raison là-dessus, pour revenir sur ce que tu disais, et c'est vrai que ne pas commencer par dire ce qu'on a envie de dire, qui est Your Darlings. On va commencer sans doute par se poser une autre question, et je pense que c'est ce vers quoi amène cette première question à ne pas se poser, c'est quelle est la question à se poser d'abord dans ce cas-là ?
- Speaker #1
Pour moi, la question que tu te poses en premier, c'est qu'est-ce que je veux que mon audience fasse ? Qu'est-ce que je veux qu'à la fin de ma prise de parole, ils fassent ? Et en fait, la force de cette question, c'est qu'elle va te faire tourner vers ton audience parce que tu les pousses à une action. Tu as envie qu'ils agissent. Et donc, si tu as envie qu'ils agissent, tu vas t'adapter à eux pour qu'ils agissent. Si jamais je veux que ma fille se brosse les dents, je ne vais pas lui parler de la même façon qu'elle a trois ans et demi. Je ne vais pas lui parler de la même façon que si je veux que mon fils qui a un an et demi se brosse les dents. Donc à partir du moment où tu vas dans une action, où tu veux que quelqu'un fasse quelque chose, naturellement tu vas t'adapter à lui. Donc pour moi ça c'est la première chose que ça te permet de faire, c'est que ça te permet de t'adapter à ton audience. Ok, qu'est-ce que je veux qu'il fasse après ? Pour qu'il fasse ça, sachant que c'est cette personne qui a ce niveau de connaissance, de concentration, d'implication dans mon sujet, je vais devoir sûrement lui dire des choses comme ça. Et ce qu'elle va faire aussi cette question, qu'est-ce que je veux qu'il fasse, c'est... qu'elle va tourner, elle va mettre un filtre hyper important sur toutes les informations que toi tu voulais dire tu voulais dire tout ça tu voulais dire 30 trucs et bien dans ces 30 trucs il n'y en a que 2 finalement qui vont être tournés vraiment vers l'action que tu veux que ton audience effectue et pour moi ça c'est un excellent filtre à informations tu ne te dis pas qu'est-ce que je veux leur dire mais plutôt qu'est-ce que je vais leur dire qui va les faire agir comme ça. et ça te permet de choisir exactement, justement comme tu le disais au lieu de raconter les histoires que tu veux raconter de choisir exactement les histoires qui vont avoir de la valeur pour ton audience parce qu'elles vont lui permettre de mieux agir pour Ed, et pour moi c'est très important il faut vraiment en prise de parole, arrêter de vouloir être intéressant vous devez vouloir être utile être intéressant ça sert à rien intéressant, c'est intéressant, c'est intéressant ah tiens il y a 5% de la population mondiale qui consomme, c'est très intéressant, ok, est-ce que c'est utile est-ce que ça va leur faire faire quelque chose qui va leur apporter de la valeur, est-ce que ça va leur donner une connaissance qui va apporter de la valeur, qui vont les faire agir différemment, cherchez vraiment à être utile, plus intéressant, et donc si vous voulez être utile, posez-vous la question, tu vois, qu'est-ce que je veux qu'ils fassent.
- Speaker #0
Ouais, et là-dessus d'ailleurs pour moi j'ai un truc qui me vient en tête comme ça, mais c'est comme ça que sont construits Je pense les récits les plus incarnés, en tout cas en France, qu'on connaît tous, les fables de La Fontaine. La Fontaine n'écrit pas son histoire en disant tiens ça me fait marrer, je vais mettre... Ah vas-y on va faire, on va imaginer un lièvre et une tortue qui font la course. Vas-y je vais faire mon histoire et puis à la fin se dire ah tiens en fait finalement il y a une morale à tirer de tout ça, est-ce que j'en ferais pas un truc ? Enfin on le sait très bien c'est l'inverse. D'abord il a un message et ensuite il voit comment il peut illustrer. Cette morale, cette idée-là, c'est le cas pour toutes les fables, mais c'est le cas finalement dans tous les grands discours qui sont marquants. Quand Martin Luther King commence à préparer I Have a Dream, il ne se dit pas juste « tiens, je vais leur parler d'un rêve » . Qu'est-ce qu'on pourrait en tirer de ce rêve ? Vers quel message je pourrais aller ? Il part d'abord de cette envie de parler des droits civiques, de parler de l'égalité. de parler de tout ça, et c'est de là que ressort ce message du rêve qui vient illustrer et amener à cette conclusion. Donc c'est vrai que c'est... Ça peut paraître contre-intuitif, mais c'est vraiment essentiel de comprendre ça, c'est que on ne peut pas convaincre de quelque chose si on ne sait pas d'abord ce sur quoi on veut convaincre. Donc, et t'as raison, on se pose pas assez cette question. Parce qu'on a l'impression de le faire, et je pense même que ça rejoint d'ailleurs les questions à ne pas se poser, mais... Très souvent, je vois des dirigeants qui préparent des prises de parole, qui ne se demandent pas le message qu'ils veulent faire passer, qui ne se demandent pas ce qu'ils veulent faire. Ils posent d'abord la question du contexte. C'est-à-dire, là j'ai un kick-off, qu'est-ce que je veux leur dire dans ce kick-off ? Pas ce avec quoi je veux qu'ils repartent, pas ce, etc. C'est vraiment, c'est un kick-off, donc il faut une prise de parole adaptée à ce kick-off. Pas comment on peut rendre ce kick-off utile. Et c'est là où... T'as raison, on se pose vraiment la mauvaise question, et c'est cette question-là de ce qu'on veut leur faire faire. Et ça d'ailleurs, est-ce que tu enchaînes directement après ça avec la construction du message, avec la construction de la structure, ou est-ce que tu vois d'autres étapes, potentiellement l'autre question, ou est-ce qu'il y a d'autres choses avant de se poser la deuxième question dont tu vas nous parler ?
- Speaker #1
Alors, avant de se poser la deuxième question, il y a un truc qui est important. C'est que... Je pense que tu peux te douter que quand... Je ne pose même pas la question à mes clients. Je ne leur demande pas qu'est-ce que vous voulez qu'ils fassent. Souvent, je ne leur demande pas. C'est à moi d'essayer de le comprendre. Mais si je leur demandais qu'est-ce que vous voulez que votre audience fasse après, il y en a beaucoup qui me diraient, je ne sais pas. Franchement, rien. Ce n'est pas pour qu'ils fassent des choses. Ce n'est pas... Tu vois ? Et donc, dans leur tête, ils se sont déjà, eux, construits cette prise de parole comme juste un truc. Voilà, on va délivrer des messages qui nous servent. Et donc, si tu veux, le retour sur investissement, il est nul. Dès le départ, il se met dans la tête. Ce retour sur investissement va être nul, zéro. Il n'y aura personne qui va regarder, m'ajouter sur les réseaux sociaux. Ce n'est pas ça que je veux qu'ils fassent. Il n'y a personne qui va me demander un devis. Ce n'est pas ça que je veux qu'ils fassent. Il n'y a personne qui va vouloir rejoindre mon équipe parce que ce n'est pas ça que je veux qu'ils fassent. Donc, ils ne veulent rien. Ils veulent que rien ne se passe. Et évidemment, qu'est-ce qui se passe après ? Rien. Donc, il ne faut pas s'étonner, en effet, si, comme j'ai dit, si tu veux mettre des gens dans ton bus, il faut déjà leur dire où il va. Donc, quand on prépare une prise de parole en ne mettant rien sur le bus, il n'y a personne qui va rentrer dedans. On ne comprend pas. Ok, tu me dis ça, tu me dis ça. Où est-ce que tu veux m'emmener ? Je ne sais pas. Je ne vais pas te suivre. Et donc, tourner vers l'action. Pour moi, c'est important vraiment de tourner vers l'action. Même si on se dit que c'est un peu bizarre. C'est-à-dire... Je vais parler à une conférence devant 500 personnes. J'aimerais qu'à la fin, je te dis n'importe quoi, ils fassent juste une petite chose pour améliorer l'expérience client dans leur entreprise. Et cette petite chose, ça va être ça. Je veux qu'ils fassent ça. Tu vas pouvoir améliorer l'expérience client. À partir du moment où tu as ça en tête, ou une autre information, là je te donne juste un exemple, mais tu imagines un petit peu la précision, tu as aiguisé ton couteau dès le départ, mais avec une précision hyper fine, tu sais exactement ce que tu veux qu'il fasse. Donc toutes les informations, les histoires que tu veux leur raconter, à chaque fois tu les filtres en te disant est-ce que cette histoire, est-ce que cette information, elle va aller leur faire faire ça ? Si c'est oui, tu gardes, si c'est non, tu jettes, et évidemment tu jettes énormément.
- Speaker #0
Et d'ailleurs là-dessus, il y a un petit exercice que j'aime bien faire qui est dans la lignée de ça, c'est une sous-question en fait, qui amène à cette question que tu poses, qui est de lister tout ce que notre auditoire peut faire, notre auditoire de ce jour-là. Typiquement, tu vois, si je suis face à des investisseurs, ok, l'action principale, si je suis une startup qui lève des fonds, l'action principale que je peux attendre d'eux, ce qu'ils peuvent faire, c'est investir dans mon entreprise. Et potentiellement, il y a plein d'autres trucs qu'ils peuvent faire. Ils peuvent me mettre en relation avec d'autres investisseurs. Ils peuvent parler de moi sur les réseaux sociaux s'ils ont une audience. Ils peuvent me mettre en relation avec des partenaires potentiels. Ils peuvent, j'en sais rien moi, même eux-mêmes d'ailleurs, utiliser mes produits ou mes services. Tu vois, c'est en gros lister plein de choses comme ça et se dire ok, ce jour-là, face à cette audience-là, Dans tout ce que j'ai listé, dans tout ça, c'est quoi l'action principale que j'attends d'eux ? Et tu vois, je le dis parce que c'est pas toujours l'évidence. Tu vois, mais il y a peu de temps, j'ai pris la parole, alors dans un cadre politique, donc je rentre pas dans les détails parce que c'est pas l'objet du tout de ce podcast, mais je prenais la parole à un meeting politique. La question, c'était pourquoi je parlais ce jour-là ? Et j'ai listé plein de possibilités. Ça pouvait être pour les faire adhérer à mon parti. pour les faire voter dans mon sens, pour qu'ils s'engagent, pour qu'ils militent, etc. Et en fait, j'avais besoin, et j'ai rappelé plusieurs fois la personne qui organisait l'événement, en demandant « est-ce que tu peux m'en dire plus sur les personnes qui sont là ? Est-ce que c'est des gens qui sont déjà adhérents ? Est-ce que c'est des gens qui militent déjà ? Est-ce que c'est des curieux ? Est-ce que c'est plutôt des opposants ? » Et en fait, d'avoir un maximum d'infos, ça m'a permis, je pense, de construire un discours qui était pleinement adapté à l'audience que j'avais ce jour-là. Et je crois avoir atteint les objectifs que je cherchais. En tout cas, celui qui était le plus intéressant pour cette audience-là. Donc c'est important de chercher au-delà de l'évitance dans l'action qu'on peut demander, je pense, à un auditoire. Mais ça, tu as peut-être d'ailleurs aussi des retours là-dessus, je pense, sur des choses auxquelles on ne pense pas forcément.
- Speaker #1
Je pense que malheureusement, souvent, on ne pense à rien. Il faut quand même voir la réalité en face. souvent... Pense vraiment à aucune action. C'est juste des messages clés à faire passer. Pour moi, c'est le maximum que tu peux demander à quelqu'un qui prépare une prise de parole. Voilà, Ruben, j'ai trois messages clés à faire passer. Celui-là, celui-là, celui-là. OK. Mais l'important, ce n'est pas ce que vous voulez dire, c'est ce que vous voulez provoquer derrière. Donc, qu'est-ce que tu veux provoquer avec ces trois messages clés ? Ça. Est-ce que ce message... Du coup, tes messages clés... Non. et ne vont pas dans ce sens. Et tout se dégringole. Il faut accepter, pour moi, cette dégringolade, il faut l'accepter. Il faut à un moment se dire, peut-être que je vais arrêter de parler pour parler, peut-être que je vais parler pour provoquer, et je l'accepte pleinement. J'enlève, j'enlève, j'enlève. Et si tu veux, la difficulté pour la plupart de mes clients, c'est qu'ils me disent, Ruben, ce n'est pas dans ma personnalité d'être aussi... je ne vais pas te dire agressif, mais pointilleux sur ma prise de parole, d'être aussi droit au but. Et pour moi, ce n'est pas une question de personnalité. Pour moi, c'est une question d'objectif. Si ton objectif, c'est ça, il faut que tu t'adaptes. Parce que si tu es dans la mer et qu'on t'a jeté dans la mer à deux kilomètres de l'eau et que tu me dis, « Ruben, ce n'est pas ma personnalité de nager, tu sais, écoute-moi, tu vois ce que je veux dire. » à un moment il faut te réveiller si tu as des objectifs si tu veux aller voir la côte et survivre et bien il va falloir t'adapter si tu veux provoquer et bien il faut provoquer donc Tu l'as parlé, tu as dit, est-ce que c'est pas de l'authenticité ? Authenticité, c'est juste un mot joli en ce moment. On est authentique, authentique. Qu'est-ce que tu veux ? Je suis désolé, maman, qu'est-ce que tu veux faire ? Qu'est-ce que tu veux faire ? Est-ce que tu veux lever des fous ? Est-ce que tu veux être authentique et lever zéro ?
- Speaker #0
Oui, sachant qu'encore une fois, être authentique, ça ne veut rien dire, et que ce soit dans le milieu pro ou pas, d'ailleurs, je suis désolé. Être authentique, je ne me comporte pas de la même façon quand je suis avec mes parents que quand je suis juste avec mes potes. Est-ce que je suis moins authentique avec les uns ou avec les autres ? Non, je suis juste différent parce que ce n'est pas le même contexte, ce ne sont pas les mêmes personnes. Et donc, effectivement, je ne vais pas faire les mêmes vannes à ma mère qu'à mes potes. Encore que ma mère a beaucoup d'humour, mais peut-être pas à ce point. Mais bon, c'est de l'adaptation et c'est normal.
- Speaker #1
Mais après, ce qui est important, ce n'est pas que tu y crois, c'est que ces messages te tiennent à cœur.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Ça va provoquer quelque chose, ces messages te tiennent à cœur, voilà, c'est ça. Donc, si le message te tient à cœur et que c'est le bon message pour provoquer telle action, voilà.
- Speaker #0
Oui, ce que je veux dire, le seul, moi, tu vas me dire ce que tu en penses, mais pour moi, le seul stop, c'est-à-dire vraiment la seule limite, c'est celle du mensonge, donc d'inventer de l'information, de la manipuler totalement. et de transmettre un message qui serait faux sous prétexte qu'il permettrait d'atteindre notre objectif. Pour moi, c'est la seule limite à tout ça, parce qu'à part ça, tant que l'objectif en lui-même est éthique, il mérite d'être défendu.
- Speaker #1
Tout à fait, je suis d'accord.
- Speaker #0
Tout ça, ça nous amène justement à la deuxième question. Je pense qu'on a bien avancé sur cette question de ce qu'on veut que l'auditoire fasse. Mais une fois qu'on a passé ça, c'est quoi donc cette deuxième question qui va venir marquer notre préparation ?
- Speaker #1
Alors pour moi, la deuxième question, c'est comment ils doivent se sentir pour le faire ? Quelle émotion je dois créer pour qu'ils le fassent ? Parce que l'action, elle n'est pas juste dans le cerveau. Ce n'est pas juste du cérébral, de l'intellectuel. Il faut qu'ils comprennent ceci. comprennent telle logique, machin. C'est plutôt quelle sensation je dois créer. Est-ce que ça doit être... Est-ce que je dois faire passer de la crainte, peut-être, pour faire provoquer une action, ou de la peur ? Est-ce qu'au contraire, je dois provoquer de l'enthousiasme, de la joie ? Est-ce que je dois provoquer... Peut-être je dois montrer une forme d'autorité ? Enfin, exactement quelle émotion je dois viser pour aller dans le sens de cette action ? Parce que, en fait, l'action sans émotion... elle ne se produit pas. Si tu es purement cérébral et que tu dis je veux que vous fassiez ça, parce que c'est logique 1, 2, 3 est égal à 7, ok, non. Mais l'émotion sans direction, elle ne sert à rien. Donc il faut à la fois avoir l'action et l'émotion. L'émotion qui va faire agir et l'action qui va vous permettre de mettre l'émotion au bon endroit et lui donner une direction. Cette seconde question est super importante pour moi parce que elle amène sur un sujet qui est que tu vas devoir faire passer des émotions.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Et donc, parce que quand on se dit, quand on se pose la question, qu'est-ce que je vais leur dire, qu'est-ce qu'il y a d'intéressant, on ne se dit pas, là-dedans, il n'y a pas de... Je vais leur faire passer des émotions. Il n'y a absolument pas cette idée qui vient. Donc, c'est, tu vas devoir faire passer des émotions. Et après, tu te mets d'accord sur l'émotion que tu dois faire passer, et là, on doit le sentir. Et quand tu le sais, quand tu sais que là, tu dois... provoquer de la crainte, ta tonalité de voix, ta façon de bouger, tes mots, ton rythme, tout va changer pour aller vers cette direction. Donc c'est assez facile, juste en visant une émotion, même sur le non-verbal, le para-verbal, la tonalité, la voix, aller vers cette émotion-là.
- Speaker #0
Et il y a deux questions que je me pose par rapport à ça. plutôt d'abord une première remarque et ensuite une question la première remarque c'est d'abord que je suis entièrement d'accord parce que cette question là elle a aussi un mérite, c'est qu'elle oblige à travailler l'émotion ce qui est souvent ce que les dirigeants les rage dans le milieu pro de façon générale d'ailleurs, les dirigeants faut pas tout leur remettre dessus les pauvres c'est à tous les échecs de la société je pense ou en fait on se dit non mais c'est pas le contexte j'ai pas envie de faire pleurer dans les chaumières j'ai pas envie de machin etc Mais on ne le répétera jamais assez, il n'y a pas d'action sans émotion. C'est d'abord l'émotion qui fait agir. Donc j'aime beaucoup cette question-là parce qu'elle oblige à se poser cette question-là et donc après à l'assumer et à porter la réponse qu'on va donner à cette question. Et j'ai une autre question plutôt par rapport à ça aussi, c'est que tu parles de, tu dis en gros, choisir quelle est l'émotion qui porte notre, enfin qui est nécessaire. J'ai l'impression que ça sous-entend qu'il y aurait... Une émotion adaptée à chaque prise de parole. Alors que je pense que... Sur un même sujet, on peut choisir plein d'émotions différentes. Il faut se concentrer, choisir peut-être celle sur laquelle on est le plus à l'aise, celle sur laquelle on a peut-être le plus d'éléments. Peu importe, tu vois. Mais moi, j'ai l'impression qu'il y a toujours plusieurs émotions. Il faut juste s'accorder sur l'émotion qu'on veut incarner ce jour-là. Je ne sais pas ce que tu penses par rapport à ça.
- Speaker #1
Alors, pour moi, dans un texte, il y a plusieurs émotions. C'est-à-dire qu'en fait, quand on vise l'émotion... On la vise dans la structure. Au début, il va falloir qu'ils sentent ça. Après, je les emmène là-dessus. Et à la fin, je les fais basculer là-dedans. Pour que, dans tout ça, ils sentent ceci. Et que ça les fasse passer à l'action. Donc il n'y a pas une émotion. En fait, véritablement, je ne parle pas d'émotion avec mes clients. Je leur demande, décris-moi une situation dans laquelle tu as été. Et où tu as vécu une émotion qui est exactement celle que tu veux. que ton audience, elle est. C'est-à-dire que, par exemple, si je te dis de l'émotion, on va dire la joie. La joie, moi j'ai ressenti de la joie quand ce matin, il y a mon bus qui s'est arrêté pour moi. Sympa quand même. J'étais là, je n'ai même pas couru, il me connaît en fait, le machin, sympa le mec, il s'est arrêté pour moi. J'ai ressenti une forme de joie. Mon fils est né, ce n'est pas la même joie. J'ai fini un livre, ça fait longtemps que je n'ai pas fini un livre. Franchement, je suis fier de moi, je suis content. Ce n'est pas la même joie. Donc, si jamais tu vises une situation que tu as vécue, qui t'a offert ce sentiment, cette émotion dans laquelle tu veux exactement amener ton audience, j'aime bien avoir ça, moi, pour rédiger le texte de mes clients parce que ça me permet d'avoir vraiment quelque chose d'hyper précis. Et à partir de là, je peux, entre guillemets, argumenter sur le fait que, ouais, mais n'oublie pas, on veut les emmener là-dessus. On veut les emmener sur le truc que tu as ressenti quand tu as eu le bus, tu vois. Ce n'est pas la joie non plus de... On a gagné la Coupe du Monde, c'est parti. Ou on l'a perdu, malheureusement. Si jamais on est argentin, on a gagné. Donc voilà, c'est pas cette joie-là. Mais tu vois, c'est vraiment d'aller sur une situation et pas juste un mot pour qu'elle fasse vraiment écho dans le texte. Tout le temps écho dans le texte.
- Speaker #0
Oui. Et d'ailleurs, c'est intéressant, parce que souvent, ça raconte une histoire en soi aussi, en fait. Ça peut permettre de donner une trame. Tu parles de foot, moi je suis plus rugby, mais... quand tu me parles de ce que je ressens un truc de cohésion, de fierté je pense à France-Angleterre il y a quelques semaines avec ce match gagné en toutes dernières secondes par un formidable coup de pied et en fait tout ce match qui de toute façon est magnifique et dans lequel les deux équipes méritent de gagner je me dis que c'est un truc où si je veux les amener à ressentir ce que j'ai ressenti à la fin de ce match il faut qu'ils... passe par les autres étapes d'émotion que j'ai ressenties pendant ce match. C'est-à-dire le moment où on est devant au début, où on se dit, ça va, là on prend un peu de distance, merde, deuxième mi-temps, il nous rattrape, là ça commence à devenir chaud, ok, ils sont devant nous, les enfoirés ils viennent de nous mettre un truc, on va jamais s'en remettre, c'est pas possible. Et la pénalité de la dernière chance, mais c'est pas possible, elle est super loin, elle est immétable, le stress, etc. Jusqu'au coup de pied final qui passe et l'explosion de joie. Et je pense que... de comprendre le fil, ce qui nous a amené à ressentir l'émotion, ça nous fait aussi montrer le chemin d'émotion que doit suivre notre auditoire. Donc il y a un truc super intéressant, je trouve, avec cette idée du contexte, du moment où on a ressenti ça, c'est que ça donne aussi un fil émotif au discours. C'est un truc que tu travailles avec les personnes que t'accompagnent, ce fil, ou est-ce que c'est plutôt quelque chose de plus diffus dans le discours ?
- Speaker #1
C'est plus diffus. Pour moi, ces émotions fortes qu'on peut vivre avec une équipe de rugby, une équipe de foot. Moi, je suis très tennis, tu vois. Donc, dès que Djoko y perd, je suis là, putain, non, non, pas la 25e. Quand est-ce qu'elle vient, la 25e ?
- Speaker #0
Tu ne t'entendras pas avec ma femme qui a le comportement inverse à chaque fois qu'il gagne.
- Speaker #1
Ah ouais, voilà. Là, il n'arrive pas à gagner, donc elle doit être contente.
- Speaker #0
Elle est très heureuse.
- Speaker #1
J'aime bien Carlos, quand même. Carlos Alcaraz, Medvedev, j'aime bien. Encore un temps mouté. Et... Mais j'aime bien que Joe Conniffa soit le 25e et qu'il sorte le petit Lacoste avec 25 écrits dessus, j'ai envie de le voir. Bref, très dur, très très dur de faire ressentir ces émotions, parce que mine de rien, derrière une équipe de rugby, une équipe de foot, t'as un storytelling de malade qui a infusé depuis la naissance. Derrière un dirigeant, à part si c'est un dirigeant de ouf, j'ai pas eu l'occasion de coacher Steve Jobs pour l'instant et je pense que je l'aurai malheureusement jamais. Du fait... Et donc, si tu veux, tu ne peux pas créer cette narration avec un dirigeant d'entreprise, même de scale-up qui a un nom, qui a une autorité sur le secteur. Moi, ce que je vis, c'est vraiment juste de façon diffuse, vraiment cette émotion-là. mais pas le cheminement d'émotions qui nous a permis d'arriver à celle-ci.
- Speaker #0
pour moi ça serait le mettre dans des barreaux qui seraient un petit peu trop fins dans une prison qui serait un peu trop étroite de lui dire écoute, là tu vas devoir faire passer ça puis ça, puis ça, puis ça pour nous emmener là maintenant vas-y fais moi quelques messages ça serait trop étroit j'ai pas envie de l'amener là dessus donc moi je vise un petit peu plus large et ce que j'essaie de faire c'est simplement de comprendre son histoire et de voir un petit peu la De ressentir l'émotion qu'il a ressentie et d'essayer de l'infuser dans son texte, mais vraiment de façon invisible. Lui, il sait qu'elle est là. Moi, je sais qu'elle est là. L'audience ne le sait pas, mais il la ressent.
- Speaker #1
Oui, très clair. C'est plutôt de s'assurer que l'orateur le ressente, le vive, pour qu'il le transmette de façon indirecte à l'auditoire. On ne cherche pas forcément à ce que l'histoire vive exactement la même émotion, mais à ce qu'il s'en approche.
- Speaker #0
Oui, pour moi, le plus important, c'est qu'il ait conscience d'où il doit les emmener. Parce que souvent, tout le temps, j'ai presque rien à te dire, il ne sait pas exactement où il veut les emmener émotionnellement. Il ne sait pas où il veut les emmener dans le bus déjà, c'est-à-dire vers quelle action, mais émotionnellement, c'est encore plus foulou. Si tu demandes, je pense à quelqu'un que tu coaches, Euh... Alors, dis-moi, quelle émotion ils vont avoir à la fin de ton texte, d'après toi ? C'est-à-dire, quelle émotion ? Tu veux que je te dise une émotion, genre joie, peur, c'est ça ? Je ne sais pas, moi, ils vont être joyeux. Il ne sait pas. Il a fait ça. Il devine que, bon, parce qu'il donne des informations positives, ça va aller par là. Tant qu'il va aller donner ces informations, il ne va pas chercher à provoquer la joie. Il va juste chercher à informer sur une logique qui est la sienne, des trucs intéressants. Pour moi, la direction, le fait d'avoir conscience qu'on doit créer ça, ça nous pousse à le créer. Ça fait qu'on veut créer. C'est hyper important que mes clients sachent ce qu'il faut qu'ils créent pour qu'après, derrière, ça se fasse. Et je sens la différence au moment où on est d'accord sur... Ok, tu vois ce texte. À ce passage-là, je veux que tu me fasses créer. Je veux que tu me crées ça. Vas-y, refais-le-moi. Bon, il me l'a refait, mais c'est encore un petit peu étriqué. Vas-y, refais-le-moi. Il sait exactement maintenant où il doit aller. Il sait ce que j'attends de lui et ce que lui doit délivrer pour son audience.
- Speaker #1
Ok, ça me semble super clair. Et est-ce que tu aurais peut-être un dernier conseil, notamment sur ce sujet de l'émotion, ou bien quelque chose pour compiler un peu les deux questions ? Mais je pense que les émotions, c'est intéressant, parce que c'est un sujet qui est souvent complexe, je trouve, en entreprise.
- Speaker #0
J'aimerais bien déjà mettre, pour finir, seulement mettre en avant que vous n'avez pas besoin d'une histoire grandiloquente pour faire vivre une émotion. Vous n'avez pas besoin de faire pleurer dans les chaumières, du créer une énorme peur, de créer une énorme crainte pour faire vivre une émotion. On peut faire un truc par exemple, dis-moi n'importe quel message que je pourrais mettre en avant, n'importe quoi, le premier truc qui te vient en tête et mets-moi une émotion qui va avec.
- Speaker #1
J'ai un tableau devant moi donc mon message c'est qu'il faut devenir 1% meilleur chaque jour.
- Speaker #0
Il faut devenir 1% meilleur chaque jour et quelle émotion est-ce que je dois avoir avec ça ?
- Speaker #1
Je vais dire la fierté, l'envie. Oui, l'envie, j'aime bien.
- Speaker #0
Ok. Tu vois, je veux créer l'envie, c'est-à-dire que je veux finalement montrer la valeur que ça a d'être 1% le chaque jour. Donc là, je me dis, voilà, je vais être 1%, il faut que je leur montre la valeur qu'ils vont en retirer derrière pour qu'ils aient cette envie. Et tout ce que j'ai à dire, c'est par exemple... Moi, je trouve qu'à chaque fois qu'on se couche le soir, on se réveille pareil. Et on le voit, on le ressent. On prend son téléphone portable et je regarde mes messages WhatsApp et je regarde Insta. Et la journée, comme ça, se file. Tac, Je fais exactement toujours la même chose. Je me rendors et mine de rien, je me sens mal. Je suis enfermé dans un cycle. Je le sais, c'est dur de sortir. Je me sens mal. Et moi, tout ce que j'aimerais vous dire, c'est... Ce cycle, en fait, il peut être cassé bien plus facilement que vous pensez. C'est-à-dire que vous, quand vous allez en 2026 et que vous dites j'ai quatre résolutions, c'est celle-ci, celle-ci, celle-ci, ce que vous faites, c'est vous dire je vais changer 60% de ma personnalité. Non, changer 1% chaque jour. 1% chaque jour. Et qu'est-ce que ça va vous apporter à la fin ? À la fin, au bout de 360 jours, vous n'allez plus regarder votre téléphone le matin. Vous n'allez plus faire exactement le même cycle. Vous n'allez plus faire la vaisselle. Le soir, à la dernière minute, vous n'allez plus faire ci, vous n'allez plus faire ça, vous n'allez plus faire ci. Et... vous allez vous sentir beaucoup mieux. Moi, je vous le dis, au bout de trois jours, vous allez vous sentir beaucoup mieux. Parce que ce que vous avez changé au bout de trois jours, ce n'est pas 3%. C'est 3% que vous aviez besoin de changer. C'est les 3% que vous avez besoin de changer pour vous sentir beaucoup mieux. Faites-le et à chaque fois, vous verrez, vous vous sentirez beaucoup mieux. Ce n'est pas 1%, ce n'est pas les 99%, ce qui compte pour moi, c'est comment vous vous sentez quand vous fermez les yeux. Toi, par exemple. Donc, je sais, si tu veux, que je dois les emmener un petit peu là-dessus. Je choisis mes messages en fonction et j'ai une action qui est assez claire. Je veux qu'ils changent ces 1%. Ce que tu m'as donné comme message, mine de rien, c'est une action.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Donc, si jamais, imaginons que le message, imaginons que c'est une con sur le changement. Tu vois, là, c'est hyper large, je peux faire plein de trucs. Mais toi, tu m'as dit, l'action, ils doivent changer 1%, ils doivent ressentir de la fierté. Je choisis. Alors tu vois, je le fais un peu au fil de l'eau. Mais au moins, tu choisis. Tu vois, tu choisis et tu sais à peu près où tu veux les emmener. Et ça devient beaucoup plus facile. L'exercice devient beaucoup plus facile.
- Speaker #1
Oui, surtout que là, en plus, je te pose la question sur un sujet que tu ne connais pas avant, sur quelque chose qui, en plus, pourrait être peut-être plus concret dans l'action, etc. Donc, je pense que ça pourrait être se former tous les jours. Ça pourrait être regarder... à un truc, un documentaire, à personne, ou peu importe. Mais clairement, on n'est pas sur quelque chose de concret. Et déjà, on sent que finalement, c'est vraiment l'émotion qui porte le message. Le reste, il est là pour, comment dire, pour nourrir l'émotion, finalement. La forme, le rationnel, je veux dire. Tout ça vient nourrir l'émotion, nourrir l'envie d'aller réaliser cette action à la fin. Donc c'est là aussi, et surtout derrière. d'arriver à cet objectif-là. Donc ouais, je vois tout à fait le fonctionnement. Super clair. Très très cool. Mais écoute, on va... Dis-moi, dis-moi, vas-y, je continue.
- Speaker #0
Non mais moi je pense que ce qui est important c'est aussi de bien comprendre l'importance de l'émotion. Comme tu l'as dit, il n'y a pas d'action sans émotion et c'est quelque chose qu'on met souvent de côté parce qu'on a peur de se montrer, on a peur de créer cette émotion. Si vous arrivez à vaincre cette peur et à montrer l'émotion, vous ferez partie des bons orateurs.
- Speaker #1
Super clair. Un grand merci Ruben déjà pour tout ce que tu nous as partagé. Avant de terminer, est-ce que tu aurais une ressource à nous conseiller ? Un livre, un film, un documentaire ? Au-delà de ton excellent e-book que je mettrai dans les ressources, tu me donneras le lien. Mais un truc extérieur.
- Speaker #0
Je peux vous conseiller le livre que j'ai en ce moment qui s'appelle Drive. C'est par Daniel H. Pink qui montre, si tu veux, qu'est-ce qui nous motive. C'est assez intéressant pour la prise de parole puisqu'on permet de comprendre un petit peu les levées de motivation de son audience. Et je pense que c'est un livre qui peut déstabiliser, on va dire, un petit peu dans le sens où il va tuer la carotte. Il met fin à... Tu veux ça, voilà la carotte, voilà le salaire. C'est ça qui va te motiver. Il dit que c'est tout à fait l'inverse. Et donc, je trouve que son point de vue est intéressant. Il y a plein d'études autour et qui peut conduire à une façon de créer le changement différemment.
- Speaker #1
Super intéressant. Déjà, ça m'a donné envie de le lire. Donc, je pense que je ne serai pas le seul à le lire. Juste pour savoir, il est dispo en français ou uniquement en anglais ?
- Speaker #0
Alors moi, je l'ai lu en anglais. Mais je pense que c'est un best-seller. Je crois qu'il est éventuellement... à plus de 2 millions d'exemplaires. Donc je pense que, j'espère en tout cas, qu'il est disponible en français.
- Speaker #1
Je regarderai tout ça. Dans tous les cas, moi ça me va pour l'anglais mais on sait jamais pour toute l'audience, c'est pas forcément le cas. Génial, bah écoute, un très grand merci Ruben, c'était super clair, très riche encore cet épisode. Donc un grand merci de nous avoir partagé tout ça et puis je donne toutes les infos pour te retrouver juste après ça.
- Speaker #0
Merci à toi.