- Speaker #0
Salut, moi c'est Audrey, alias la chef-stène. Comme beaucoup, j'ai longtemps cru que ma valeur dépendait des autres. Mes parents, mes profs, mon conjoint, mon boss, et même ma gynécologue. Entre syndrome de l'imposteur et doute permanent, je me sentais prisonnière de mes étiquettes. Mais ça, c'était avant. Avant de réaliser que je n'étais pas seule, à me traîner tous ces boulets. Et surtout, avant de décider de tout envoyer vers eux. La Cheftaine, c'est un podcast où on parle de ce qui nous freine, mais aussi de ce qui nous inspire. En solo, ou avec mes invités, j'ai décidé de secouer le cocotier. Alors, si toi aussi tu cherches à te reconnecter à ta propre valeur et que tu veux un boost d'énergie positive, c'est parti. Bienvenue dans la Cheftaine, le podcast sérieusement décalé. Place à l'épisode du jour. Bonne écoute ! Avant de démarrer, une petite parenthèse pour remercier les quelques personnes qui ont pris le temps de laisser un avis sur Apple Podcast. Cœur sur vous. Aujourd'hui, je vous présente Isabelle. Qui n'a pas les yeux bleus ? Oui, j'assume ma vanne. Si tu as la référence, cœur sur toi également. Isabelle est opticienne, chef d'entreprise assumée d'une TPE de presque 5 salariés. Elle a repris d'ailleurs l'entreprise familiale dans laquelle elle travaille depuis 35 ans. Isabelle ne se destinait pas à son métier initialement, mais le choix de raison est devenu une évidence et elle s'est plongée les yeux fermés dans ce défi, celui d'être la troisième génération à diriger le magasin. Comme elle va nous l'expliquer, être le numéro 3 est un sacré challenge qui a suscité des crispations, des frustrations, mais aussi des angoisses. Aujourd'hui, elle aborde l'avenir sereinement, avec plus de recul et de préparation. Isabelle est également très investie dans l'entrepreneuriat et le territoire. Présidente de la délégation départementale des femmes chefs d'entreprise, où nous nous sommes rencontrées, élue à la Chambre de commerce et d'industrie, mais aussi conseillère prud'homale. Isabelle est une femme qui se démène pour les causes qui l'importent et ne ménage pas son énergie. Ensemble, nous avons parlé d'entrepreneuriat, de représentativité des femmes, de sacrifice, d'équilibre, mais aussi de la terre qui continuera de tourner quoi qu'il advienne. Je ne t'en dis pas plus et je te laisse découvrir ma conversation avec Isabelle que je remercie pour sa sincérité. La Cheftaine, nouvel épisode, bonne écoute !
- Speaker #1
Bonjour Isabelle ! Bonjour Audrey ! Donc, bienvenue dans le podcast de la Cheftaine. Je te remercie d'avoir accepté mon invitation et de passer sur le grill de mes quelques questions où tu vas pouvoir nous raconter, nous présenter un petit peu ton parcours. Est-ce que tu vas bien ? Je vais bien. Pas trop stressée ?
- Speaker #2
Non.
- Speaker #1
Bon, très bien. Donc, c'est parti. On a une douzaine de questions en toile de fond et à la fin, je suis un petit peu coquine, je vais te poser des questions que je ne t'ai pas envoyées. Tu n'as pas eu le temps de préparer. C'est trop haut de défi, non. Et non, exactement. Pour le reste de l'audience qui ne te connaît pas, Isabelle, je vais te demander de te présenter. Dis-nous qui tu es, d'où tu viens et ce que tu fais dans la vie.
- Speaker #2
Je m'appelle Isabelle Bressac, j'ai 57 ans. Je suis perpignanaise et je suis opticienne chez le magasin d'optique en centre-ville de Perpignan. Depuis 35 ans. Personnellement, 35 ans.
- Speaker #1
Justement, ta vie professionnelle plus en détail. Tu es dans ce magasin d'optique depuis 35 ans. Pourquoi ? Comment ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Comment tu es arrivée là ? C'est une entreprise familiale,
- Speaker #2
une troisième génération. Mon grand-père qui a fondé ou qui a construit le magasin, il y a une troisième génération, donc c'est après-guerre, dans les années 40-45. J'ai atterri là. Ce n'était pas du tout ce que je voulais faire en première intention. Il a fallu choisir un métier après le bac. Moi, j'aurais voulu être pilote de ligne. Et malheureusement, mon niveau mathématique n'était pas le niveau attendu. À l'époque, il n'y avait pas toutes les écoles qui donnent accès beaucoup plus facilement. Il n'y avait que les grandes écoles, les prépa, physique chimique, physique, tout ça.
- Speaker #1
Pilote d'avion. Pilote d'avion, déjà. C'est atypique, déjà.
- Speaker #2
Déjà, à l'époque, on se disait, oui, pourquoi ? Dans ma famille, comment ça devient tout ? Finalement, mon grand-père était pilote. Il faisait partie de la réserve à la guerre. Peut-être, ça vient de là. Le milieu aérien m'a toujours attiré. Depuis là, je dois être pilote de ligne. Ça ne s'est pas fait. Il n'y a pas choisi une autre orientation. Le magasin était là. Mon père était opticien. Il avait reçu le magasin de son père. Je lui ai dit pourquoi pas optique. Je me suis inscrite dans l'école d'optique. J'ai fait optique en région parisienne. C'était reçu, ça m'a plu, et l'aventure est partie.
- Speaker #1
D'accord. Et donc, tu as eu le choix ou pas le choix de reprendre le magasin quand même ? J'ai eu le choix. D'accord.
- Speaker #2
J'ai eu le choix. J'ai fait mes études à Paris. Après mes études, je travaillais en région parisienne. Après, je travaillais quelques années à Lyon, en région lyonnaise. Et puis, un jour, papa m'a dit, écoute, si tu veux venir travailler au magasin, il y a la place, je dois embaucher. Si ça te dit, tu viens. C'était le moment où moi, je voulais changer un peu. Quand j'étais à Lyon, ça faisait... 4 ans que j'étais dans le même magasin, je voulais changer, j'avais un peu envie de voir d'autres choses. Je lui ai dit « Allez, pourquoi pas redescendre à Bercail ? » Le soleil me manquait quand même. Voilà. Donc, je lui ai dit « Pourquoi pas ? Je reviens à Perpignan. » Et voilà. Et puis, je suis rentrée, j'ai rencontré mon mari, je me suis mariée. Après, c'était la stabilité.
- Speaker #1
La vie a pourquoi continuer. Donc, il n'y a pas vraiment eu d'élément déclencheur où tu t'es dit « Je veux être opticienne. » C'était un choix raisonnable quelque part ?
- Speaker #2
C'était un choix raisonnable. Il y avait une entreprise créée, une belle entreprise. Je me suis dit pourquoi pas la faire perdurer. C'est comme ça que ça s'est fait en fait, parce que je ne savais pas vraiment quoi faire.
- Speaker #1
Et tu es née de ta famille ?
- Speaker #2
J'ai une sœur. Une sœur est née de 18 mois de plus que moi.
- Speaker #1
Et qui n'a pas eu l'impression de l'optique ?
- Speaker #2
Non, oui, elle aurait bien aimé, puis ça ne s'est pas fait. Pour x raisons, ça ne s'est pas fait. Après, on aurait pu faire tous les deux le même métier, ce n'était pas un souci. Elle, ça ne s'est pas fait, elle est partie en compta. Moi, ça s'est fait, j'étais un peu plus studieuse, je pense. Je vais rentrer un peu plus dans les cases. Puis voilà, ça s'est fait comme ça, la vie s'est faite comme ça. Tu as un événement sans violence. Sans violence. On n'a pas du tout de pression familiale de reprendre. Oui,
- Speaker #1
parce que parfois, il y a ce truc, il faut absolument reprendre notre agressivité familiale.
- Speaker #2
Pas du tout. Vraiment, je ne l'ai jamais ressenti comme tel.
- Speaker #1
Et cette aspiration pour les avions, tu l'as gardée quand même ?
- Speaker #2
Oui, je l'ai gardée, puisque de nos jours... J'ai assouvi, si on est au milieu aérien, je l'ai assouvi par... Quand j'étais à Lyon, j'ai fait... J'ai fait beaucoup de parachutisme.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
Déjà, j'ai remis le pied dans un avion que je voulais. Bon, je ne le pilotais pas, mais j'en sortais en sautant. C'est ce côté d'envie d'adrénaline, disons, peut-être. Le dépassement de soi, déjà, à l'époque. Et après, de nos jours, là, j'ai repris cette envie. Là, je suis élève pilote planeur. Là, par contre, je pilote.
- Speaker #1
Tu as souviens ça sur la partie passion, loisir. Exactement,
- Speaker #2
loisir, pas professionnel.
- Speaker #1
Tu pilotes des avions, mais de petite envergure.
- Speaker #2
Voilà, exactement.
- Speaker #1
Donc, la reprise du magasin s'est faite un petit peu naturellement. Tu as fait une formation optique, évidemment, mais est-ce que tu as suivi un accompagnement particulier sur la poursuite de l'entreprise, la défaite de la formation ?
- Speaker #2
Alors, pas du tout.
- Speaker #1
Sur le tas ?
- Speaker #2
Oui, sur le tas. Et c'est ce qui m'a manqué quand même un petit peu. parce que moi, j'étais très technicienne, j'adorais ce que je faisais, j'adorais monter les lunettes, fabriquer les lunettes, je faisais beaucoup d'adaptation de lentilles de contact, j'aimais beaucoup être à la vente en interaction client, voilà, donc l'opérationnel en fait, j'adorais l'opérationnel. Donc, tant que j'ai pu, je suis restée dans l'opérationnel, sauf qu'au moment, j'étais partie à la retraite quand même, il fallait bien reprendre l'entreprise et là, tant pis, garder l'opérationnel, mais il y avait autre chose à faire et en fait, j'ai fait du pilotage. c'est-à-dire, le tâche d'entreprise a vu. Donc, tant que l'entreprise marchait, je faisais ça un peu au feeling, je faisais comme mon père faisait.
- Speaker #1
Ça fonctionnait.
- Speaker #2
Ça fonctionnait, jusqu'à un moment où on s'est un petit peu coincés. La conjoncture a changé. La consommation n'était plus la même, la façon de consommer. Donc, c'est déjà un changement de paradigme au niveau de la profession et de la consommation du commerce dans notre profession et ailleurs pareils. Et je n'avais pas vraiment anticipé ça.
- Speaker #1
mon père n'avait pas anticipé du tout non plus et ça a été 10 ans de galère et tu penses que si tu avais suivi une formation à la direction d'entreprise tu aurais pu venir plus dans le cursus d'optique il n'y avait pas,
- Speaker #2
aujourd'hui ça existe et puis on nous propose d'autres formations complémentaires, c'est une galère du temps aujourd'hui à l'époque ça n'existait pas du tout on sortait opticien, on avait fait quelques heures de management et de gestion et avec ça débrouille-toi dans ton entreprise soit tu étais entrepreneur, ça marchait Merci. Toi, tu étais plutôt technicien comme moi, mais ça n'a plus marché, ça a coincé. Alors, quand même, j'ai eu un accompagnement dans la difficulté, je n'ai pas pu anticiper, malheureusement. J'ai apporté un groupement, un groupement coopératif qui s'appelle Crise Groupe, et par ce biais avec des adhérents qui étaient assez proches, on s'entendait très bien, j'ai été accompagnée par des confrères et puis par le groupement aussi. Pour essayer de ressortir la tête de l'eau, je me suis enfoncée, et c'est quand j'étais... Au fond du trou, je me suis rendue compte de faire quelque chose.
- Speaker #1
C'est un peu l'encadrement par des pères. Voilà, exactement.
- Speaker #2
Alors, depuis, j'ai été 10 ans de galère, j'ai sorti la tête de l'eau, et bien, comme on est aujourd'hui, l'entreprise va très bien. Et entre-temps, j'ai fait une formation de management de gestion, de management avancé, même avec l'EDEC. Il y a combien, il y a 5 ans ? Non, 4 ans.
- Speaker #1
Tu t'es capée un peu plus là-dessus.
- Speaker #2
Je me suis un peu plus capée là-dessus, c'est un peu tard, mais ce n'est pas trop tard, parce qu'il y a d'autres échéances qu'il faut anticiper. Il y a l'occasion, à la fin, de la transmission de l'entreprise, donc il faut anticiper.
- Speaker #1
je ne vais pas faire l'erreur de transmettre à VUQ à quelqu'un d'autre. En fait,
- Speaker #2
dans des échecs, ce n'est pas forcément un échec, parce qu'en fait, je ne sais pas, j'ai aussi à m'en sortir. Il y a la difficulté, on apprend énormément. Oui, il y a la douleur, mais énormément.
- Speaker #1
Dans la douleur, on enfante dans la douleur. Voilà, c'est un peu ça. La principale difficulté pour installer une entreprise dans la durée ? Tu es la troisième génération.
- Speaker #2
Alors, il faut... C'est vrai que mon papa était un personnage. Mon grand-père, n'en parlons pas, c'est déjà quelqu'un de très...
- Speaker #1
Je savais que c'était ton grand-père. Je pensais que c'était ton père qui avait créé les magasins.
- Speaker #2
Mon grand-père.
- Speaker #1
Ton grand-père.
- Speaker #2
Après-guerre. Et vous êtes au même endroit depuis.
- Speaker #1
Oui, vous n'avez pas bougé, vraiment. Il avait quand même une stature et un aura. J'ai reconnu mon grand-père.
- Speaker #2
Mon père l'avait aussi, de son père, pareil. Donc, c'était des gens qu'on voyait beaucoup et qui rayonnaient énormément. Donc, reprendre derrière ça, en fait, je ne me suis pas posé beaucoup de questions. Même pas assez, à l'occurrence. Toujours pareil, ça s'est fait naturellement et ça s'est bien fait. Là, je crois que j'ai bien repris la personnalité. J'ai su transmettre, avoir le suivi de la personnalité. De ce côté-là. Après, pour le faire dans l'enduré, je rejoins ce que je t'ai dit avant. C'est très bien d'avoir une personnalité, c'est très bien de se sentir bien avec ses clients, d'être... Mais il faut se former. Il faut se former. Quand on a la durée, il faut anticiper. Il faut garder les chiffres, se poser pour faire du management et la gestion. Voilà. Donc, pour faire de la durée, il faut vraiment être là-dedans, surtout de nos jours. Il faut avoir, se réserver des heures de pilotage d'entreprise pour avoir une visibilité. En fait, il ne faut pas vivre au jour là au jour, ce n'est plus possible. Donc,
- Speaker #1
il faut avoir une vraie stratégie, une vision stratégique.
- Speaker #2
Une vision stratégique. Moi, j'ai la chance d'avoir une vision stratégique. Toutes les réflexions sont faites beaucoup au sein de Crise Group. Après, je l'aménage en fonction de mon localisation, des objectifs, de mon endroit, la concurrence locale. Mais on a quand même des grandes lignes et on a des indicateurs qui nous sont délivrés régulièrement par le groupement. Donc, on est quand même très aidés. Je trouve, moi, de nos jours, être opticien indépendant, c'est encore plus de travail. Je pense que d'ailleurs, il y a quelques opticiens indépendants, c'est difficile. Il y a beaucoup qui rallient les groupements.
- Speaker #1
C'est vrai qu'on voit beaucoup de réseaux se construire sur des anciens… C'est lié à la difficulté. La difficulté, la conjoncture est quand même difficile.
- Speaker #2
Moi, je suis un petit magasin. En dessous de 5, même de 10 salariés, je dirais même 10, entre ça, en dessous de 5, je suis au four au moulin, comme je dis. Je fais du pilotage d'entreprise. je dois faire du pilotage d'entreprise, je suis en front office devant mes clients, je dois manager mes équipes, je suis trop petite pour déléguer tout ça. Le management d'entreprise, le pilotage d'entreprise, c'est moi qui dois, mais je devrais faire que ça normalement. Mes confrères qui ont plusieurs magasins, ils ne font que ça. De temps en temps, ils sont en front pour avoir gardé la température un petit peu légèrement, mais ils ne font que ça. Et ils ont des directeurs de magasins, des managers de collaborateurs, mais ils ne font plus ça. Et quand tu es petit, comme ça, tu fais tout. tu es au four ou au moulin. C'est super chronophage, super difficile. D'accord. Voilà. Donc, bon, c'est comme ça. Moi, je ne peux pas grossir plus. Là, j'ai mon 80 mètres carrés. On est 3,5. Oui. Plus moi. Plus toi. Voilà, on est 4,5. Je fais quand même un chiffre d'affaires au-delà de tout le monde. Je fais quand même une manche de chiffre d'affaires supérieur à mes collaboratrices tout en étant moins en front des fils et je dois faire quand même le reste. Je fais du 50 heures.
- Speaker #1
Oui, et c'est ça, c'est l'envers du décor. Parce que voilà, tu as la tête d'une TPE, une très petite entreprise. Donc tu dis, le budget n'est pas là pour pouvoir déléguer certaines missions. Et puis je n'ai pas la place. On n'a rien sans rien.
- Speaker #2
Voilà,
- Speaker #1
c'est la taille un peu critique.
- Speaker #2
On ne peut pas faire plus, on ne peut pas engager plus. Et puis avoir un directeur de magasin, les financiers de l'épargne. J'ai un chiffre d'affaires vraiment limite pour ne pas basculer.
- Speaker #1
D'accord. Et le fait que tu sois une femme, est-ce que ça a été un sujet justement dans la transmission de l'entreprise à l'origine ?
- Speaker #2
Je ne me suis pas non plus posé la question du tout. Pour moi, ce n'était pas un sujet.
- Speaker #1
Ton père ne se l'est pas posé non plus ?
- Speaker #2
Pas du tout. Mon père n'avait que du personnel féminin.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
Voilà. Bon, ça s'est trouvé comme ça. Et avant-gardiste, peut-être. Oui, et avant-gardiste, parce qu'à son époque, le métier n'était pas féminisé comme aujourd'hui.
- Speaker #1
Oui, en plus.
- Speaker #2
Il était extrêmement féminisé. Mais à l'époque, c'était un travail d'homme. D'accord. Parce qu'il y avait quand même beaucoup de travail manuel, du meulage de verre, il y avait quand même, on respirait quand même de la vapeur de verre.
- Speaker #1
D'accord, voilà.
- Speaker #2
De nos jours, c'est plus ça du tout. Donc, c'est très féminisé, ce milieu confortable. On a des horaires quand même flexibles. On peut s'aménager ses horaires. On peut... de tout allier en fait dans le métier je trouve même de nos jours dans les magasins c'est très féminin dès qu'on va dans les peut-être pas je vois dans le groupement dans les directions dans les comités de direction dans les codires c'est homme on retrouve cette de 30% de femmes et 70%
- Speaker #1
d'hommes on retrouve ça quand même encore il y a encore du boulot il y a encore du boulot tu me fais une transition parfaite tu es très impliquée dans la cause des femmes dans l'entreprenariat toi et moi on se connait Oui. grâce à l'association des femmes chefs d'entreprise. Donc, la moitié de la population française est une femme, la moitié de la population active est une femme, et on se retrouve quand même toujours avec des disparités. Plus on grève dans la chaîne alimentaire, les écarts salariaux, n'en parlons pas. Comment tu expliques ce phénomène de si peu de représentativité des femmes arriver au poste de direction ?
- Speaker #2
Il y a toujours un plafond de verre de toute façon.
- Speaker #1
Il est peut-être un petit peu plus haut, mais il existe toujours. Il monte. Mais encore là, comment expliquer ça ?
- Speaker #2
Pour moi, il y a quand même allié vie privée, vie professionnelle. À mon époque, je pense qu'aujourd'hui, c'est un petit peu différent. Les hommes s'impliquent beaucoup plus avec les enfants, l'éducation, la gestion. Je pense qu'à mon époque, c'était encore une affaire de femmes. Moi, ça m'a coûté mon mariage, en partie. En partie, il fallait que je s'occupe de faire tout, mener de front.
- Speaker #1
Toi, tu as deux enfants ?
- Speaker #2
J'ai deux enfants, deux grandes-filles de 28 et 25 ans.
- Speaker #1
Donc, ils ont grandi avec le magasin ? Ils ont grandi dans le commerce.
- Speaker #2
Ils ne voulaient pas du tout rentrer dans le commerce, mais en front office, parce qu'ils ont toutes les deux fait l'école de commerce. Finalement,
- Speaker #1
j'ai donné la firme.
- Speaker #2
L'école de commerce pourrait être en direction. Je pense que pas en front office, alors qu'on a clientèle. Faire des heures dans le magasin comme ça, c'en est le nom. On ne s'est pas trop vues avec papa. Elles ne reprendront pas le magasin,
- Speaker #1
a priori.
- Speaker #2
Alors, à l'époque, je ne l'ai pas poussée pour. Comme maintenant, elle aurait été opticienne, ça ne me reviendrait pas. Pour recruter, c'est compliqué. Je vois les conférences, les enfants qui veulent reprendre les magasins. Ça me fait l'oxygène terrible. Moi, je les repars. C'est moi qui vais fermer la boutique.
- Speaker #1
Ça va être une étape. Et c'était pour en revenir au plafond de l'oeil ?
- Speaker #2
Alors, effectivement, moi, je n'ai pas ressenti. Tant qu'on est dans son magasin, après, quand on veut prendre des postes de direction, là, il faut un peu plus bouger les coudes.
- Speaker #1
Tu penses que c'est lié au fait que nous, les femmes, je dis nous, parce que nous sommes toutes les deux femmes autour de la table, tout ce qui est charge mentale, gestion du foyer... Je pense que c'est un syndrome de l'imposteur.
- Speaker #2
Aussi ? Il y en a certaines que non, mais qui sont vraiment très volontaires. Je pense que la majorité, on parle culturellement, en fait. Le centre de l'expérience, c'est culturel. C'est pas...
- Speaker #1
Les hommes, je trouve aussi, ceci dit, mais...
- Speaker #2
Je pense que c'est culturel. L'homme est fait pour être fort. La femme est faite pour suivre.
- Speaker #1
Dans la réserve.
- Speaker #2
Et on reste comme ça. Alors, de nos jours, ça va mieux. Mais quand on arrive au poste de direction, on est regardé... Les femmes ont fait peur encore, quand même.
- Speaker #1
Oui, ou peut-être qu'on n'ose pas aussi prendre la place à laquelle on pourrait aspirer.
- Speaker #2
Après, c'est vrai que ça peut être du combat et fatigant, en fait. Complètement. Il y en a certaines qui arrivent. Alors, pourquoi expliquer ça ? C'est parce que c'est ancré dans notre histoire.
- Speaker #1
On espère que les prochaines générations corrigeront les défauts des précédentes.
- Speaker #2
Je pense que ça va venir. Ce ne sera pas du jour au lendemain. Je pense que les générations, celles qui sont après nous, je pense que déjà, elles auront les bénéfices. Parce que les hommes sont plus impliqués.
- Speaker #1
Tu parlais un petit peu des sacrifices en tant que femme. Sacrifie-t-on plus de choses qu'un homme pour diriger une entreprise ?
- Speaker #2
Personnellement, j'ai sacrifié mon entrepreneuriat, mon désir d'entrepreneuriat. Je n'arrivais pas à mener de front une entreprise un petit peu à relever les enfants. Et je ne voyais pas avoir d'autres bonnes ventes. Donc oui, j'ai sacrifié pour les enfants, pour l'éducation des enfants. J'ai sacrifié ça.
- Speaker #1
Sinon, tu penses que tu aurais continué à te multiplier ? Oui,
- Speaker #2
au moins une deuxième fois. ça s'est pas fait parce que maintenant le faire non c'est trop tard J'irai pas le chercher, mais si l'opportunité se présente, je réfléchirai.
- Speaker #1
C'est jamais le même.
- Speaker #2
Je réfléchirai. Si l'opportunité se présente, je réfléchirai. Mais j'irai pas chercher l'opportunité. Je suis vigilante sur mon secteur, sur la ville de Perpignan, mais je n'irai pas chercher coûte que coûte. Mais c'est vrai qu'à l'époque, quand ça se serait présenté, j'aurais eu du soutien. Oui, j'aurais monté à notre point de vente. Oui, oui. Pour avoir l'expérience d'une création.
- Speaker #1
D'accord. Oui, parce que finalement…
- Speaker #2
Une reprise pour avoir l'expérience d'une création de zéro.
- Speaker #1
Je pense que c'est deux challenges totalement différents. Exactement. Donc, c'est pour avoir cette expérience-là. C'est derrière quelques… En fait, deux. Deux, quelques. Pour le coup…
- Speaker #2
Une reprise est très difficile.
- Speaker #1
Et justement, tu en parlais tout à l'heure. Quelle a été ta plus grosse erreur ? Et qu'en as-tu retenu ?
- Speaker #2
Ma grosse erreur, ça a été de reprendre et de naviguer à vue sans trop regarder les chiffres. En fait, quand je suis rentrée au magasin, au lieu d'aller essayer de gérer, d'apprendre la gestion d'une entreprise, regarder les bilans, regarder comment on gère, quels sont les indicateurs qu'il faut regarder mensuellement, comment avoir une vision un petit peu immédiate à 5 ans, à 10 ans, que mon père aurait pu me transmettre. Je ne l'ai pas regardé. Et quand j'ai repris l'entreprise, il a fallu que je porte à bout de bras à l'instant T l'entreprise. et pas regarder plus loin. Parce qu'il fallait que je sauve.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
J'étais un bon pied, quoi, en fait. Donc, la plus grosse erreur, ça a été de revenir au magasin, de vivre tranquillou. Je me suis mariée, j'ai eu mes enfants. Et un jour,
- Speaker #1
tu t'es rattrapée.
- Speaker #2
Et voilà, il a fallu reprendre l'entreprise. Il a vu la rencontre que finalement, les 14 sont dans le rouge. Et voilà, quoi.
- Speaker #1
Et c'est à ce moment-là que tu as rejoint la coopérative Chris Group ? Non,
- Speaker #2
c'est mon grand-père qui avait déjà rejoint.
- Speaker #1
D'accord, ok. Moi, je pensais que c'était Bressa Cognitique.
- Speaker #2
Alors, oui, c'était Bressa Cognitique. Chris Group n'avait pas l'ampleur et la finance sur route comme aujourd'hui. D'accord. Et c'était le début des regroupements. En fait, c'est juste… Au début, c'était un regroupement d'opticiens. Oui, c'était une coopérative. Il y a eu une scène dans le Télégraphe, ils faisaient du commerce ensemble. C'était une coopérative. Et après, là, ça a grossi, ça a grossi. Là, on est… plus de 2200 points de vente.
- Speaker #1
Quand même, oui.
- Speaker #2
Voilà, donc, c'est à 3000, plus de 3000, 4000 collaborateurs. On a commencé à être très gros. Et je me suis appuyée dessus. Oui, ça a bien évolué. Heureusement que je les ai eus.
- Speaker #1
Tu nous dis, remonter le... Oui, j'imagine bien.
- Speaker #2
À faire survivre le magasin.
- Speaker #1
À survivre, carrément. Oui,
- Speaker #2
carrément. Oui, à survivre, tout à fait. Parce qu'en plus, la conjoncture a viré. On est... Avant, l'opticien, on rentrait chez eux, on faisait les lunettes.
- Speaker #1
Oui, pas de discussion.
- Speaker #2
Pas de discussion, mais on rentrait dans l'ordonnance. Et puis, il y a eu des champignons, donc plein de points de vente, il y a eu beaucoup de concurrence. Et on a commencé à faire des devis. Oui. Et qu'on ne validait pas forcément. Et là, c'était notre façon de vendre. Donc, il a fallu se remettre en question. Ce n'était pas acquis immédiatement.
- Speaker #1
Et vous êtes revenu, vous êtes venu dans une vraie relation de commerçant.
- Speaker #2
Une vraie relation de commerçant. Ce n'était pas en venant nous acheter, c'est nous qui devions quand même proposer de vendre chez nous plutôt que aux voisins. Et après, il y a eu l'informatique, on a essuyé les réseaux de soins, les réseaux de soins qui existent toujours, et ça maintenant on s'est travaillé ensemble, les premiers réseaux de soins, c'est un recrutement mutuel, qui nous dit, ok, si vous voulez pouvoir servir nos adhérents, il faut rentrer dans le réseau, et pour rentrer dans le réseau, c'est nous qui faisons, mais bon, c'était avant les réseaux de soins quand même. Après, la rentrée dans les réseaux de soins, c'était un petit peu salvateur. C'était sa nature pour moi. Oui,
- Speaker #1
parce que tu savais que tu avais une clientèle qui allait nécessairement venir. Voilà,
- Speaker #2
c'est sûr. Puis après, j'ai vraiment mis mes yeux dans les chiffres, dans les chiffres, dans les indicateurs. On m'a appris à piloter. J'ai fait cette formation à l'EDEC, mais avant, j'ai eu une formation en interne dans un access group. Dire un bilan, regarder l'indicateur, faire une projection, manager les collaborateurs,
- Speaker #1
faire vendre et regarder le marge. Maintenant, tu as appris à prendre du recul et à anticiper. Et à prendre du recul et à anticiper. D'accord. Et ça me plaît. Après avoir des difficultés, ça fait grandir. Dans la douleur, ça fait grandir. C'est ce qu'on disait tout à l'heure. Tout à fait. Du coup, pour enchaîner sur quelque chose d'optimiste, quelle a été ta plus grande réussite ? Et quel impact cela a-t-il sur ton quotidien ? Ma plus grande réussite, ça a été de ne pas être la troisième génération. Je fais couler. On dit première clé.
- Speaker #2
La deuxième, elle fait fructifier. La troisième, elle ne peut pas. C'est vrai. C'est un adage, en fait. D'accord. Et je dis toujours, je ne veux pas être la troisième génération. Oui,
- Speaker #1
mais c'est l'angoisse, en fait.
- Speaker #2
C'est quand même un peu l'angoisse.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #2
C'est un peu ce qui m'a fait surtenir aussi.
- Speaker #1
Oui, de ne pas vivre la maladie comme un troisième.
- Speaker #2
Et peut-être que finalement, ça a été ma grande réussite de maintenir le magasin et de faire perdurer l'entreprise. Pour moi, c'est une grande réussite. Et puis le faire fructifier et rester à l'épilion sur rue. On sait toujours qui je suis. Je suis toujours au même endroit. Le magasin m'a très bien. Ça, c'était une grande réussite. Et après, je me pose la question, est-ce qu'il n'aurait pas mieux valu que je laisse Périclité et repartir à zéro sur autre chose ? Je ne le saurais jamais.
- Speaker #1
Tu ne le sauras jamais.
- Speaker #2
Voilà, je ne le saurais jamais.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui a été le plus difficile à concilier pour mener à bien ton activité ?
- Speaker #2
Une famille.
- Speaker #1
Oui, ça m'en reviendra.
- Speaker #2
C'est à côté de mon mariage. Oui. C'est certain. En partie, peut-être pas complètement ça, mais il a fallu que je sois beaucoup dans l'entreprise. En plus, j'avais des enfants,
- Speaker #1
j'avais la chance d'avoir ma mère,
- Speaker #2
une belle-mère qui était sur Parpignan, donc on a pu panier, garder.
- Speaker #1
Ça, c'est un souci de moins aussi.
- Speaker #2
Après, dans le commerce, ce qui est difficile, c'est de travailler le samedi. Quand je disais, moi, je suis une petite entreprise, je travaille le samedi et nous libérer le samedi, à l'époque, c'était inconcevable. Aujourd'hui, ça sera concevable. C'est concevable aujourd'hui. Mais à l'époque, c'était inconcevable. Donc voilà, ça a été très compliqué.
- Speaker #1
Les activités du mercredi, du samedi, l'anniversaire. L'anniversaire, tout.
- Speaker #2
Ça a été très compliqué à concilier les deux. J'ai eu la chance de voir mon père jusqu'à un certain moment. Et après, quand il a pris la retraite, il a fallu que je sois beaucoup plus là. Et ça a coincé. Ma vie maritale s'est coincée. D'accord. Donc, ça serait à refaire. De nos jours, ce serait plus simple. Et puis, j'ai pris du recul. Avant, il était inconcevable que je ne sois pas au magasin tout le temps. Et oui, la terre aurait pu s'arrêter de tourner, évidemment.
- Speaker #1
Tout le temps, il fallait absolument qu'on me voit au magasin. Et finalement, la Terre continue de tourner en temps d'absence. Exactement. Et si tu n'es pas l'un de samedi, deux samedis, ce n'est pas grave. Oui.
- Speaker #2
J'ai quand même eu beaucoup de recul, mais le Covid m'a fait prendre beaucoup de recul aussi. Ça, et puis peut-être que tu as une équipe aussi plus solide aujourd'hui. Oui, je fais absolument confiance. Et surtout, la Terre ne s'arrêtera pas de tourner, comme tu dis. Ah, complètement. Voilà. C'est fou,
- Speaker #1
hein ? Il faut que tu prennes conscience de ça. Ça coule tout seul.
- Speaker #2
La transmission, les jeunes vont de toute façon, les collaboratrices. Elles ne travaillent pas du tout, du tout, comme je travaille et moi. Elles n'ont pas du tout le même état d'esprit. Ils veulent leur samedi, ils veulent leur mercredi, elles travaillent sur quatre jours. Pour moi, à mon époque, c'était inconsequible. Oui, le commerce artisan. Aujourd'hui, je pense que c'est vraiment conciliant. Les femmes, c'est vraiment conciliant. Après, quand on est chef d'entreprise, on se met la pression en soi-même.
- Speaker #1
Bien entendu.
- Speaker #2
On se met la pression. Mais peut-être que j'aurai un troisième enfant. Je disais, mon troisième enfant, c'est ma neuve.
- Speaker #1
C'est ça. Et petite question, ton père, il a réussi, il a coupé net la retraite ou tu as dû le mettre dehors ? Non,
- Speaker #2
il a coupé net. C'est souvent difficile.
- Speaker #1
En fait, oui, mais il en avait assez. Ce n'était pas du tout le même commerce qu'il avait connu.
- Speaker #2
Les gens, ils venaient, ils demandaient de vie. Ah oui,
- Speaker #1
choc générationnel. Choc générationnel,
- Speaker #2
informatique. Lui, il était très branché informatique, mais malgré tout, c'est un petit peu compliqué. Le développement a grossi énormément. Donc, il était très investi. Puis, on lui a fait comprendre place aux jeunes. Place aux jeunes, moi à la retraite. Il a tout coupé. Et il n'a pas mal vécu. Du tout. Il restait cinq ans sans venir au magasin.
- Speaker #1
Ah ouais, vraiment ?
- Speaker #2
Et après, il est revenu parce que j'avais besoin de lui pour le back-office. Pas en front-office, mais en back-office. Il devait me faire un remplacement d'un comptable que j'avais à poste. Et le comptable partait à la retraite. Je ne vois pas le temps, je trouve. Viens me faire un petit peu de... Il m'a proposé. Je lui ai dit, oui, viens me faire, c'est très bien. Ça dure depuis. Alors,
- Speaker #1
je me dis, papa a quand même un certain âge. Je ne vois très, très bien ton plan.
- Speaker #2
Moi,
- Speaker #1
c'est sur un certain niveau intellectuel. Mais je me dis, s'il arrête, comment je fais, là ? Eh oui, anticipation.
- Speaker #2
Je n'ai pas le temps. Eh oui, je n'ai pas le temps de faire ce qu'il veut. Mais je pense que s'il s'arrêtait, il faudrait que je me fasse un peu d'office à ce sujet. Eh, il va falloir. Mais j'essaye. J'essaye. Mais après, j'ai tellement de casquettes qu'on vient me voir. Alors bon, c'est difficile de dire non quand on vient me voir.
- Speaker #1
Et toi, tu parles de transmission, mais tu es encore jeune. L'art-traite, ce n'est pas pas de mort. Je sais que c'est temps. Je suis à taux plein dans 10 ans. Oui. Tu as encore une bonne décennie à tenir. Oui.
- Speaker #2
Mais je peux la prendre avant, pas à taux plein.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Je me dis, je souhaite la retraite bientôt. Et puis, je dirais que dans 5-6 ans, je pourrais la prendre. 63 ans.
- Speaker #1
Oui. C'est le moment où on fait le virage, où on commence à préparer les choses.
- Speaker #2
Et je me dis, je ne me dirai pas jusqu'au bout. pendant la rentrée.
- Speaker #0
Mais plus je m'approche... Et là, je me dis, ça ne va pas être aussi simple que ça. Voilà. Mon idéal, ça serait transmettre, vendre ou garder une gérance et travailler deux jours par semaine, deux ou trois jours par semaine.
- Speaker #1
Histoire d'entretenir un petit peu l'évaluationnaire. Oui, oui, oui. Un peu,
- Speaker #0
donc... On verra.
- Speaker #1
Message passé, s'il y a des candidats.
- Speaker #0
Oh non, c'est partie des options. Ça fait partie des options. J'ai déjà réfléchi à la transmission d'entreprise. Et ça, je ne vais pas... Oui,
- Speaker #1
tu ne vas pas voir.
- Speaker #0
Ça, c'est déjà réfléchi. Voilà.
- Speaker #1
Aujourd'hui, est-ce que tu te sens à ta juste place, Isabelle ?
- Speaker #0
Oui. Et je me sens à ma juste place grâce aussi à l'association Femmes Jeunes d'Entreprise.
- Speaker #1
Oui. C'est fou cet effet qu'elle a sur nous, cette association. Oui,
- Speaker #0
parce que le syndrome de l'imposte... Là, j'ai pris conscience du syndrome de l'imposte.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
On ne sait pas l'avoir. Moi, les formes, les postes de place, je ne l'ai pas investi ailleurs que dans mon magasin. Et quand on fait un pas de côté, ça nous fait faire un focus, d'aller échanger avec d'autres personnes, même hors profession. Là, on se rend compte qu'on a un syndrome d'imposteur. Tout ça. On se rend compte de tout ça. Pourquoi je n'ai pas été entrepreneur, je n'ai pas aidé à être entrepreneur. Tout ça, on fait l'analyse. Pourquoi ? Tout ce qui s'est passé. Donc, si ça serait à refaire, je ne ferais pas pareil. Donc, je me sens à ma juste place, grâce à l'association. entreprise, grâce aussi à mon engagement CCI et Prud'Oman. Oui, je me sens mal. Oui,
- Speaker #1
parce qu'il n'y a pas eu rien de ta présentation, mais tu es également élue à la Chambre de Commerce.
- Speaker #0
Je suis élue à la Chambre de Commerce et je suis juge Prud'Oman aussi. Et ça, c'est mon côté très droit, très loin. J'aime bien tout ce qui est carré.
- Speaker #1
Il ne faut pas te la faire à l'envers. Non, non,
- Speaker #0
non. Et comprendre les choses. Et lui-même. Lui-même. Mettre lui-même au centre vraiment de la profession. Donc, nous avons une profession très technique. On examine la vision, on amène de la vision, on donne la vue aux personnes. Il y avait beaucoup d'humains.
- Speaker #1
Et tant l'humain te gonfle, tu prends un avion et tu t'en vas dans les nuages.
- Speaker #0
C'est exactement ça. Parce que l'humain est compliqué. Oui, je ne te fais pas dire. Mais avec l'expérience, avec l'âge, on appréhende beaucoup plus facilement. Je vois mes collaborateurs qui sont plus jeunes. C'est pas facile. mais on a beaucoup d'humains et l'avenir moi je crois s'il n'y a pas d'humains on va à l'ère de l'IA, de l'informatique on communique finalement on se rend compte de nos jours il faut que le contact humain soit là soit quand même présent c'est l'avenir,
- Speaker #1
moi je pense l'avenir c'est ça on aura des robots partout on aura des robots qui font le téléphone on aura des robots qui font l'accueil mais je ne sais pas ce qu'il y a jusque là La différence, je pense que je suis assez d'accord avec toi. C'est la qualité, la chaleur humaine.
- Speaker #0
On aura quand même des robots qui feront tout le côté technique et on sera là pour échanger. Pour nous, découvrir les besoins, savoir comment ils appréhendent leurs pieds, comment ils ont besoin de leurs yeux. C'est en parlant beaucoup qu'on arrive bien à faire une bonne adaptation de lunettes. Une lunette, ce n'est pas une monture et deux verres.
- Speaker #1
Non, mais ça sera l'humain, la valeur ajoutée, je pense.
- Speaker #0
Oui. C'est ça qui me plaît, qui m'a beaucoup plu. Il y en avait beaucoup quand je suis rentrée dans la profession. C'est un peu l'informatique, un peu étouffé, un peu ça. Et là, on est revenu à la fin de la classe. Si on n'est pas… Il faut aimer les gens, en fait. Pour être commerçant, il faut aimer les gens. Si tu n'aimes pas les gens, tu fais autre chose.
- Speaker #1
Ou tu fabriques les lunettes en vacances.
- Speaker #0
Et encore, il faut aimer. C'est du contact, c'est du physique, c'est du contact humain, le contact avec la matière quand même. il faut quand même aimer quand on pense à pour qui pourquoi on le fait oui c'est vrai que l'objet a une fonction et est destiné à une personne on est arrivé au bout des questions que je t'avais envoyées et donc c'est la phase réponse au tac au tac il y en a 5 il
- Speaker #1
n'y a pas de question piège et si tu veux passer c'est comme tu dis Joker c'est pareil quelle est ton héroïne dans l'histoire et pourquoi et l'histoire avec un grand H Merci.
- Speaker #0
Moi, ça aurait été une guerrière. Alors, est-ce que Jeanne d'Arc ? Pourquoi pas ? Ça aurait été une guerrière, moi, une héroïne. Je ne peux pas te dire de non, mais c'est quelqu'un quand même qui va bien au combat.
- Speaker #1
On s'en a battu pour ses convictions.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. D'accord.
- Speaker #1
Quelle faute, Isabelle, t'inspire le plus d'indulgence ?
- Speaker #0
L'erreur. Quelle que soit l'erreur. L'erreur, pour moi, c'est... gage de faire différemment et de rebondir. Donc quelqu'un qui fait une erreur, Une vraie erreur, c'est-à-dire ? Involontaire.
- Speaker #1
Involontaire. D'accord. L'erreur involontaire, je suis très, très... Il apprendra de son erreur. C'est surtout ça. Exactement. As-tu un mantra, une devise, un dicton ou une citation que tu voudrais nous partager et qui te motive ? T'en es capable et tu fais les choses bien. Pas de pression. Il est très bien ce mantra. Voilà. Que dirais-tu à la jeune génération de femmes pour les encourager à se lancer dans l'entrepreneuriat, justement ?
- Speaker #0
Allez-y foncez et surtout, plantez-vous.
- Speaker #1
N'ayez pas peur de vous planter. Exactement.
- Speaker #0
Non, mais même, presque à le souhaiter. Moi, l'éducation fait qu'il était hors de question que je trébuche. Ne serait-ce que trébucher.
- Speaker #1
Pas le droit à l'erreur.
- Speaker #0
Pas le droit à l'erreur. Ça m'a poursuivi toute ma vie. Et de nos jours, c'est une grossière en parlant des erreurs. J'aurais aimé qu'on me dise, pourtant je n'ai pas eu de pression. Je pense que si je m'étais plantée, je n'aurais pas eu mon père. Mais c'est moi, je veux dire. Je ne suis pas bonne. Mon grand-père ne s'est pas plantée, mon père ne s'est pas planté. Pour moi, ça aurait été de me planter. D'où cette galère ? Et les jeunes, je dirais, allez-y, entreprenez. Si vous vous plantez, ce n'est pas grave. Vous apprendrez de vos erreurs et vous montrerez quelque chose d'encore plus grand, encore plus majestueux. Donc, allez-y, allez-y. Le système a changé. Dans notre programme féminin, maintenant de nos jours, allez-y, en fait. Et faites-vous accompagner aussi. Avoir un mentor, aller se renseigner une fois qu'on a testé.
- Speaker #1
Allez-y, on peut faire de quoi.
- Speaker #0
Avec conscience, et voilà.
- Speaker #1
La dernière question, celle qui va te laisser bouche bée, évidemment. Quelle est la chanson qui te motive quand tu as le moral dans les chaussettes ? Et alors, si en plus tu nous la chantes, c'est formidable.
- Speaker #0
Chantez, certainement pas. Ça, c'est peut-être un prochain travail sur moi. aller prendre les cours de chant. Pour moi, je chante extrêmement faux. Mais on m'a dit qu'il y a un ton pour toutes les voix.
- Speaker #1
Il paraît qu'on peut tous être capables de pousser la chansonnette. Certainement qu'on peut pousser la chansonnette.
- Speaker #0
En attendant, la musique, c'est We Are Champions. Ah oui.
- Speaker #1
C'est un cafard, tu m'as lancé un peu de Queen et c'est parti.
- Speaker #0
Un peu de Queen et c'est à fond dans les oreilles.
- Speaker #1
Ah génial.
- Speaker #0
C'est tout à fait.
- Speaker #1
J'aime bien aussi. Merci Isabelle pour ce partage Avec toute cette bonne humeur C'est très difficile de parler de soi
- Speaker #0
Merci beaucoup Isabelle pour ce partage Merci pour ta bonne humeur
- Speaker #2
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout J'espère que tu repars avec de l'inspiration et de nouvelles perspectives pour avancer avec confiance Si cet épisode t'a plu, pense à t'abonner pour ne rien manquer des prochains Et surtout, n'hésite pas à laisser un avis plein d'étoiles sur ta plateforme d'écoute préférée. C'est le meilleur moyen de soutenir le podcast et de faire grandir notre belle commune. On se retrouve très vite pour un nouvel épisode, toujours aussi décalé et inspirant. A bientôt dans la Chefs'Aides.