- Speaker #0
Bonjour à tous et à toutes et bienvenue au podcast La Galerie des Créateurs. Qu'est-ce que le podcast La Galerie des Créateurs ? Je vous explique en quelques mots. Ce n'est pas compliqué. Depuis 10 ans, nous sommes présents à Quimper et à Concarneau pour organiser des marchés artisanaux. C'est bien de mettre les créateurs en avant sur les marchés. Mais si on allait à leur rencontre pour qu'ils nous parlent de leur passion, le métier qu'ils font et les créations. Eh bien, c'est parti ! Pour ce premier épisode, nous allons accueillir Stéphane Le Calvé. Il va nous faire découvrir tout au long de cet épisode sa passion pour son métier, pour ses créations. Stéphane Le Calvé, c'est un céramiste. Il va nous dire aussi comment il voit l'avenir de son métier et les différents projets en cours. Bonjour Stéphane !
- Speaker #1
Bonjour Sylvain ! Merci de m'accueillir.
- Speaker #0
Merci beaucoup à toi d'avoir répondu présent. Alors Stéphane, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots et nous dire surtout dans quel domaine tu es créateur ?
- Speaker #1
Alors, moi je suis Stéphane Le Calvé, j'ai 53 ans et je suis potier céramiste à Lorient et fondateur de Les Mains et la Terre céramique.
- Speaker #0
Ça fait combien de temps que tu es dans le métier ?
- Speaker #1
Alors je suis professionnel depuis 2018 et auparavant j'ai pu découvrir un petit peu l'aspect de l'argile par différents petits stages que j'avais pu faire avec une association qui s'appelait Phylligina ici à Gestel où j'avais pu découvrir le raku dans un premier temps. Le côté professionnel est venu quelques temps plus tard dans une quête de sens. À un moment donné, un fait marquant dans ma vie a fait me dire que c'est ça que je veux faire.
- Speaker #0
D'accord. Alors tu as parlé de raku. Alors pour nos auditeurs qui ne sauraient pas ce que c'est, est-ce que tu peux nous le dire en quelques mots ?
- Speaker #1
Ok. La technique du raku est une technique ancestrale japonaise de la cuisson de la céramique. C'est-à-dire qu'on va monter la céramique à haute température, environ à 1000 degrés assez rapidement. Et puis le pot va s'ouvrir. En général, ça se fait en four à gaz. Et puis la céramique va subir un enfumage. C'est-à-dire qu'elle va être placée incandescente dans de la matière organique, des feuilles mortes, du papier, de la siure, du copeau de bois. Et puis, la matière organique va se mettre à flamber avec la céramique incandescente. Et puis, on va étouffer tout ça avec un contenant métallique, en général. Et puis là, il va se créer un phénomène qui est l'enfumage, c'est-à-dire que le carbone qui était créé lors de la combustion de la matière organique va rentrer dans les infractuosités, dans les fissures, micro-fissures qui se seront créées dans la céramique. Et ce qui va donner un petit faillançage, un décor assez sympa sur ce style de création.
- Speaker #0
Ok super, merci pour cette belle description détaillée, ça permet de découvrir moi aussi, même si je connaissais un tout petit peu, on est rentré dans plein de petits détails, c'est super intéressant. Du coup, depuis que tu crées, comment ça a évolué au niveau de tes créations, au niveau de ton inspiration, qu'est-ce qui te donne les idées pour faire tes céramiques ?
- Speaker #1
Alors moi, en fait, je travaille beaucoup la porcelaine. La porcelaine est une matière très féminine, très douce et délicate. Lorsqu'on achète nos peintures, en général, elle est dénuée de charmes, c'est-à-dire qu'elle n'a pas cette armature qui pourrait constituer le gré. Cette porcelaine est toute douce, toute agréable à travailler. Et moi, j'aime beaucoup travailler justement avec le grès. Donc, en général, c'est un grès de récolte. C'est une argile de récolte que je glane. Je pense que je trouve, tu vois, un chantier de construction. Là, je peux m'arrêter et voir s'il n'y a pas de l'argile qui a été excavée. Et cette argile, je vais la glaner, je vais la faire sécher, la concasser, la réhumecter, la filtrer et puis la poser sur le plat pour qu'elle se réussisse en eau. Et à partir de là... je vais créer des décors en général à l'extérieur de ma porcelaine. C'est un travail un petit peu unique que je réalise là, qui fait appel aussi à mon fort intérieur, qui ramène un petit peu à beaucoup de choses de ma vie. Et en fait, ce que j'aime à dire, c'est que lorsque quelqu'un... s'offre une de mes céramiques, s'offre un bout de mois.
- Speaker #0
Ok, ouais, en fait, t'as vraiment des créations, ça vient du plus profond de toi, et ce que tu fais, clairement, c'est quelque chose d'unique déjà. Le fait d'être un artisan, d'être un créateur artisan, on sait qu'on est dans des pièces uniques, mais c'est vraiment des choses qui... T'as pas besoin d'aller chercher ton inspiration, on va dire, en regardant un peu ce que font les autres, quoi.
- Speaker #1
Non, pas du tout. Vraiment, c'est vraiment quelque chose qui... qui ne m'inspire pas, même si j'aime beaucoup le travail de mes collègues, pour lesquels, pour certains, je suis très admiratif, mais en aucun cas, je m'en inspire et je suis incapable de m'en inspirer. C'est que lorsque je me mets autour, parce que je suis principalement tourneur,
- Speaker #2
au tour de potier,
- Speaker #1
lorsque je m'y mets,
- Speaker #2
ben
- Speaker #1
je suis dans ma bulle et même si je peux préparer un schéma créatif par exemple pour une commande ça va vraiment être ça va vraiment être moi ça va être mon intérieur mes tripes c'est ça en fait,
- Speaker #0
c'est l'impression que tu te mets à créer c'est là que ton inspiration vient au fur et à mesure de ta création c'est tout à fait ça Alors, en création, au niveau de la céramique, qu'est-ce que tu proposes ? J'imagine, du coup, des vases, des produits de table, des choses comme ça ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Moi, j'aime beaucoup travailler ce que moi, j'appelle le bol. Mais le bol, pas comme on l'entend, tu vois, cette caisse qui est un petit peu évasée, qui va s'arrondir au fur et à mesure qu'elle s'élève. Moi, je vais plutôt détourner ce bol qui va être un mix entre la tasse, le mug et puis le bol. Ça va être quelque chose qui va être un petit peu vraiment à mon image. Ça va être aussi des bases, des assiettes, des pièces à la demande aussi, des beurriers par exemple. Ce n'est pas quelque chose que je vais faire d'instinct. Et lorsque l'on me passe une commande, j'étudie, je fais une proposition par devis et après c'est parti.
- Speaker #0
Oui, qui est super.
- Speaker #1
Là, par exemple, je réfléchis avec une designer Corse depuis plus d'un an sur une création très personnelle de sa part. Et donc, on évolue ensemble sur cette création qui n'est toujours pas aboutie parce qu'elle demande beaucoup de maîtrise technique de la porcelaine pour pouvoir aboutir au sujet et notamment au rendu esthétique et fonctionnel qu'elle envisage.
- Speaker #2
Et donc,
- Speaker #1
je ne suis pas tous les jours dessus, bien sûr. mais Quand je prends un temps pour pouvoir m'y plonger, c'est toujours quelque chose de très particulier. C'est vraiment un très très gros projet avec cette personne qui, lorsqu'il sera abouti, c'est vraiment vraiment très sympa et vraiment unique. C'est quelque chose qui, semble-t-il, selon elle, n'existe pas. Donc, j'ai hâte vraiment de finir ce prototype.
- Speaker #0
Et puis nous, on va être très curieux de le découvrir alors quand ça sera... Sur une création, on va dire plus classique, la moyenne de création, c'est à peu près combien de temps ?
- Speaker #1
Alors, c'est toujours difficile à dire dans le sens où dans la céramique, il y a énormément de séquences de travail. Par exemple, si je vais partir d'un pain de porcelaine que j'aurais acheté à la manufacture, il y aura déjà ce temps d'achat, ce temps de déplacement ou de livraison. le calibrage du pain, c'est-à-dire que selon la pièce, je vais avoir un volume, un poids. Donc ce poids, lui, il va être pesé, il va être posé sur le tour, je vais devoir le mettre en forme, le laisser sécher pendant 12 heures, 24 heures, en fonction de l'hygrométrie de l'atelier. Puis il va y avoir une étape de tournage, c'est-à-dire que je vais affiner un petit peu la pièce, créer son pied. Puis là, lorsqu'elle sera faite, la pièce va sécher pendant quelques jours. Et lorsqu'elle sera sèche, bien sèche, elle va passer au four. Mais pas elle seule. Il va falloir que j'attende d'avoir une certaine quantité de pièces, une certaine production pour pouvoir remplir mon four. Le four ne va pas tourner à vide avec une seule pièce, par exemple.
- Speaker #0
J'imagine. Le four est réalisé.
- Speaker #1
Donc on appelle ce premier four le dégourdi, c'est-à-dire c'est une première cuisson à 980°C. Les pièces sont sorties et vient le processus de l'émailage, c'est-à-dire c'est la pose de l'émail. Et là encore une fois, en fonction de mon aspiration ou de la commande, la pose de l'émail va être complètement différente. On peut passer d'un temps simple à un temps double, voire un temps triple. puis l'enfournement, puis une deuxième cuisson qui elle montera 1280° pour ma part, et le défournement. Et à ce moment-là, il y aura encore un petit coup d'affinage, un petit coup de ponçage sur le pied de la pièce pour qu'elle soit assez douce pour être posée sur son support. Donc pour te dire un temps exact sur tout ce... toutes ces micro phases. Je peux te dire, par exemple, pour tourner un bol, ça va être même pas 10 minutes. Ça va être assez rapide. Le tournage, ça va être tout autant. Pour une cuisson du dégourdi, ce sont des cuissons assez longues. Donc, il faut la diviser en fonction du nombre de pièces que j'ai dans le four. Si j'ai des grandes pièces, Merci. je ne vais pas en avoir peu, si j'ai plein de petites pièces je vais en avoir beaucoup donc c'est toujours assez un peu alambiqué de pouvoir donner un temps de travail exact sur une pièce
- Speaker #0
Merci déjà pour toutes ces informations parce que je pense que beaucoup de nos auditeurs vont se rendre compte que c'est un boulot énorme de faire ce type de création parce que je pense, moi le premier je ne me rends pas compte de tout le temps qui a passé et Et là, vraiment, on voit que c'est énormément d'heures de boulot pour sortir une pièce.
- Speaker #1
Tout à fait, parce que le rapport du coût de la main d'œuvre par rapport au prix de vente d'une pièce n'a absolument rien à voir. On ne pourrait même pas se rémunérer à l'heure… au taux horaire du SMIC sur la vente d'une pièce.
- Speaker #0
Carrément.
- Speaker #1
C'est impossible. C'est impossible. Ce seraient des pièces hors de prix. Mais en même temps, eh bien, on doit sortir notre épingle du jeu, entre autres en tant qu'artisan et artiste, sur nos ventes par rapport à la grande distribution.
- Speaker #0
C'est ça, il faut réussir à trouver un juste milieu.
- Speaker #1
C'est ça, entre le discount et la vente de l'artisan. Et ça, c'est un véritable enjeu aujourd'hui de pouvoir faire comprendre aussi au public qu'on leur propose des pièces artisanales créées de nos mains, dans nos ateliers. Ils n'ont pas sorti. d'une manufacture où le... les droits humains, tu vois,
- Speaker #2
sont un peu bafoués.
- Speaker #0
C'est ça, mais je pense aujourd'hui, honnêtement, nous, quand on est sur l'organisation des marchés, qu'on se rend compte quand même qu'aujourd'hui, les visiteurs, c'est quelque chose qu'ils regardent de plus en plus et ils acceptent peut-être d'y mettre un peu plus le prix malgré tout pour avoir des produits qui sont vraiment faits de manière artisanale, avec un respect sur le travail, sur toutes ces choses-là.
- Speaker #1
C'est très important et je me rends compte sur les événements, les regards des visiteurs et des clients ne trompent pas. J'aime souvent dire « vous êtes séduit ou vous êtes séduite par mon travail » parce que ça se voit, le regard et le sourire aussi. les échanges avec le public sur mon travail vraiment très important et significatif et qui me redonne quelquefois du boost pour aller de l'avant, je me dis que c'est chouette, ça vaut le coup de poursuivre et d'aller de l'avant dans l'aventure.
- Speaker #0
Tout à fait. Et quelqu'un qui aujourd'hui voudrait se lancer dans ce métier, dans l'artisanat au niveau de la céramique ? Ce serait quoi ton conseil numéro un que tu donnerais à la personne ?
- Speaker #1
Alors mon conseil numéro un, ce serait vraiment de rien lâcher. De rien lâcher. C'est quelque chose qui... Un professionnel ou quelqu'un qui voudrait se lancer dans la céramique et devenir professionnel, il peut se former par différents biais. En physique, dans les écoles, il y en a une ici en Bretagne, mais il y en a bien d'autres ailleurs. Et il y a aussi les formations en distanciel, en ligne. Et dans la céramique, pour pouvoir en vivre, notamment au niveau des... Pour vraiment se dégager un revenu, j'entends. Non seulement on doit se faire connaître au niveau national, voire international, pour pouvoir vendre à l'export par exemple, ou faire du cours. Le cours, on va dire, c'est un peu le fixe du céramiste. Et à côté de cela, effectivement, les ventes. peuvent générer du revenu complémentaire. Mais il faut vraiment, tu vois,
- Speaker #2
rien lâcher,
- Speaker #1
être bien conscient qu'il faut être sur la place et puis communiquer, tu vois.
- Speaker #0
C'est ça, il ne faut pas que tu te dises « Ah ben non, aujourd'hui, je n'ai pas envie d'y aller » ou il faut vraiment te dire « À partir du moment que je me lance dedans, j'y suis et il faut que je me montre, que je montre ce que je fais, que je partage ce que je fais, que ce soit… » les pièces que tu vas créer, que l'échange avec les différents visiteurs, les différents clients, et montrer aussi, je pense, la passion que tu as pour ce métier. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Oui, oui. Et puis, ne pas… Alors après, tout dépend des artisans et des artisanes. Chacun va présenter son travail de manière différente. Certains vont être plus focus sur la présentation de leurs pièces. d'autres vont être vraiment focus sur la présentation du travail, de la pièce en elle-même à l'atelier. Mais je pense que chacun trouve son compte et il ne faut pas lâcher tout ça. Il faut vraiment aller de l'avant. On peut se dire par moments, on peut baisser les bras parce que ce n'est pas facile dans un atelier, que ce soit céramique ou… pour autre activité. Tu vois, on est un petit peu tout seul, on est un petit peu isolé et donc, il faut tenir le cap et aller de l'avant. Bien se former aussi. Bien se former, bien sûr.
- Speaker #0
En tout cas, on va retenir ce bon conseil pour l'ensemble des personnes qui ont envie de faire ça, qui ont envie de faire ce métier, c'est on va de l'avant et on ne lâche rien.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #0
Alors, c'est un métier, j'imagine, entre le moment que tu as commencé et aujourd'hui, qui doit évoluer le métier en lui-même ou qui reste, on va dire, assez linéaire ? Il n'y a pas d'évolution ? Plus que ça, si tu vois ce que je veux dire.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #1
alors si le métier évolue, il évolue beaucoup dans le sens où il y a un après-Covid aussi. Beaucoup de gens, beaucoup de personnes sont comme moi ou étaient comme moi en quête de sens, de retrouver un petit peu... remettre les mains dans la terre et non pas forcément dans la terre du jardin mais dans la terre de l'argile. Et ça c'est quelque chose qui qui est très humain. Quand on était gamin, tu vois, on avait envie vraiment de toute la pâte à modeler, on trouvait ça incroyable. Quand on se retrouvait dans une flaque d'eau et que cette flaque d'eau avait un petit peu séché et qu'il était apparaître l'argile, on adorait toucher cette matière. Quand on est adulte, c'est quelque chose qui ne nous a pas perdus. C'est une petite graine qui a été semée dans notre tête. Et donc, du coup, pour en venir à l'évolution de la pratique, du métier, beaucoup, beaucoup, beaucoup de personnes se sont inscrites dans des formations, sont parties de retour à l'école. Beaucoup ont pris aussi des disponibilités dans leur métier, ont fait des ruptures conventionnelles pour devenir professionnels à part entière. Donc le métier vraiment est en train de se... Il y a beaucoup de professionnels maintenant sur la place, et on le voit bien, sur les marchés de potiers et de potières. Aujourd'hui, on va dire, la moyenne des petits marchés, c'est à 25-30 places. Les candidatures, les organisateurs, lorsqu'ils reçoivent les candidatures, c'est entre 90 et 150 demandes, tu vois. Et on ne peut pas prendre tout le monde.
- Speaker #0
Ça, c'est sûr.
- Speaker #1
C'est ça un petit peu le… Alors, c'est bien, c'est bien pour le métier, mais en même temps, il va falloir réfléchir aussi en tant que… professionnels et organisateurs ou futurs organisateurs d'événements à augmenter le volume. Parce que tout le monde ne peut pas bosser sur tous les marchés et ça crée forcément une perte de revenus pour ceux qui ne sont pas pris sur ces événements.
- Speaker #2
Et ça,
- Speaker #1
c'est une problématique. Donc c'est bien parce qu'il y a un engouement. pour la céramique. Il y a énormément d'univers autour de la céramique. Il y a autant d'univers que de professionnels, mais tout le monde ne peut pas bosser comme il le souhaiterait à mon sens. Donc, il y a quelque chose à faire là-dessus.
- Speaker #0
On ne va pas laisser le marché se fermer et au risque de perdre des artisans qui ne vont plus pouvoir vivre de leur métier.
- Speaker #1
Oui, alors je pense que les marchés sont prospères, puisque tous les ans, on en voit deux ou trois qui arrivent sur la place. Il y a des anciens événements aussi, comme le marché de Ponskorf qui fonctionnait dans les années 90, qui s'était arrêté un temps et puis qui a été… remis en place il y a quelques années. Le marché de Lorient qui est tout jeune, c'est un tout jeune marché qui a cinq ans à peine et qui demande qu'à grandir, qu'il demande qu'à évoluer. Donc il y a des événements comme ça qui se créent mais il en faudra encore plus. Il en faudra encore plus pour créer d'autres formes d'événements pour que tous les professionnels puissent bosser.
- Speaker #0
Ok, en tout cas, le message est passé auprès des personnes qui organisent ou qui ont envie d'organiser ce genre d'événement. Au moins, ils savent qu'ils peuvent y aller. Il y a encore de la place pour créer des marchés ou des événements, en tout cas autour de la création. Alors, de ton côté, justement, tu vends comment ? Est-ce que tu vends en ligne ? Est-ce que tu vends plutôt en boutique ? Les marchés, j'imagine. C'est quoi ? Tes canaux principaux pour vendre et faire découvrir tes produits ?
- Speaker #1
Alors moi, ça va être plus sur les marchés, en boutique aussi. Et ce qui est assez rigolo... En fait, sur les événements, donc sur les marchés, marchés de potiers, de potières ou les salons de créateurs ou les marchés de créateurs, je vais plus travailler avec, comme je te disais tout à l'heure, ma production d'âme. En boutique, ça ne va pas être ma production d'âme. Ça va être plus ce que... ce que va me demander la boutique par rapport à sa clientèle.
- Speaker #0
Tu vois ? Ok, tu vas adapter ce que tu produis.
- Speaker #1
Oui, je vais complètement adapter ma production à ce niveau-là. Par exemple, j'ai une boutique avec qui je travaille bien, et avec qui j'aime bien travailler d'ailleurs, pour qui je fais des brûleurs, par exemple. Des brûleurs pour aromatiser, pas aromatiser, mais ambiancer un petit peu. à l'intérieur. Des beurriers, par exemple, aussi. Des vases, mais des vases que je ne ferai pas sur ma production de chœurs ou d'âmes. Et c'est toujours assez surprenant de me mettre dans ce mood de hop, je switch un petit peu qui je suis pour aller dans une autre démarche artisanale.
- Speaker #0
Ok, merci. C'est un vrai changement quand tu travailles pour les boutiques ou ce que toi, tu vas proposer directement sur les marchés.
- Speaker #1
Oui, oui. Et ça, c'est quelque chose qui se fait aussi de manière financière par rapport aux boutiques parce que boutique, ça va être un coût de revient beaucoup plus faible. que sur les pièces que je vais créer avec ma production d'âmes, qui va demander beaucoup plus d'énergie, beaucoup plus aussi de préparation aussi de mon argile.
- Speaker #0
Donc ce sont des pièces sur la production d'âmes qui vont être beaucoup plus chères, on va dire que sur une production que je pourrais proposer aussi en boutique, puisqu'en boutique aussi elle prend sa commission, donc je ne peux pas non plus avoir un coût de revient trop élevé pour les pièces en boutique.
- Speaker #1
Je comprends bien. Est-ce que là, prochainement, tu fais ce genre de choses, proposer des cours, des stages, des ateliers pour apprendre les bases du métier de céramiste ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Moi, je propose des cours à mon atelier et des cours aussi collectifs chez une collègue potière à Lorient. Et moi, j'adore transmettre. Je ne vais pas transmettre d'une manière professionnalisante parce qu'il y a des écoles pour ça. Moi, je vais plutôt transmettre pour l'amateur ou l'amatrice qui a envie de découvrir, qui a envie de mettre les mains dans la terre dans un premier temps et puis qui a envie d'avancer dans la pratique jusqu'à éventuellement se dire peut-être que j'ai envie d'en faire mon boulot.
- Speaker #1
En fait, c'est le côté, tu leur donnes des bases, tu leur fais découvrir. Et après, s'ils veulent vraiment aller en faire leur métier, tu les auras déjà emmenés jusqu'au point qu'ils se disent, « Ouais, j'ai envie de travailler ça. » Et du coup, ça va peut-être être le coup que j'aille prendre, vraiment me professionnaliser après.
- Speaker #0
C'est ça. Moi, j'ai deux anecdotes à ce sujet. Je me rappelle d'une élève que j'avais pendant un cours. Et donc, elle découvrait. et ne connaissait pas du tout la... l'argile, sous cette forme-là, en tout cas, dans un premier temps. Et puis, voilà, j'avais fait une démo de base et au fur et à mesure que le cours se déroule, elle ne suivait pas du tout la démonstration que je lui avais faite. Je lui demande, est-ce que tout va bien ? Elle me dit oui. Et je la voyais continuer dans sa pratique. Et à la fin du cours, elle m'avoue qu'en fait, elle s'en fichait Merci. complètement de pouvoir sortir des pièces genre un bol, une tasse, etc. Elle, c'est une masseuse aux pochons. C'est-à-dire qu'elle a de l'argile dans des pochons et elle masse avec ces pochons les personnes. Et elle venait découvrir pendant ce cours une autre facette de l'argile. Et j'ai trouvé ça incroyable.
- Speaker #1
Oui, carrément. C'est vrai que oui,
- Speaker #0
ça a bluffé. C'était Jeanne, elle ne me l'avait pas avoué pendant le cours, donc je me disais, bon, d'accord, je vais la laisser dans son coin, et puis bon, on verra après. Et c'était assez rigolo de l'entendre me dire ça. Et puis la deuxième anecdote, c'est, j'ai une élève avec qui je propose un cours depuis maintenant quelques années, et comme je te disais, elle, ça l'a amené à se dire, Ça me plaît beaucoup, ça me plaît vachement et j'ai envie de me former, mais de me former d'une manière professionnalisante. Du coup, elle a candidaté pour une école et elle a été prise pour une école. J'en suis vraiment très fier.
- Speaker #1
Ce que je veux dire, ça doit te faire plaisir de savoir que tu as donné vraiment goût à la personne et que derrière, elle s'inscrit dans une école et elle soit sélectionnée pour prendre des cours.
- Speaker #0
C'est vraiment très chouette.
- Speaker #1
Et tes cours, du coup, c'est pour les enfants, adultes ou des enfants ? Si c'est des enfants, à quel âge ?
- Speaker #0
Je vais privilégier les adultes. Les enfants, c'est vraiment un public vraiment sympa. Je n'ai pas forcément la pédagogie pour les enfants. Donc, je vais plus être orienté vers les adultes.
- Speaker #1
Ok. Est-ce que là prochainement, tu as des événements où on va pouvoir te retrouver, des marchés dans les prochains mois où on va pouvoir te retrouver ?
- Speaker #0
Alors oui, on va pouvoir me retrouver assez prochainement en mai à la fête de la nature à Gestel qui aura lieu le 17 et 18 mai. Et puis cet été, sur les événements... Ah non, avant cet été, pardon, et j'aurai en juin, j'aurai l'Art en Foch, qui est un événement organisé à Lorient par une association de commerçants de la rue Foch. Et tous les ans, ils mettent... Sur le devant de la scène, des artisans locaux et des artistes locaux. Et donc du 7 au 15 juin, je vais pouvoir présenter mon travail dans une enseigne de la rue.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Voilà. Et puis, les événements, je l'espère, de la Galerie des Créateurs cet été.
- Speaker #1
Avec grand, grand plaisir de notre côté. de t'accueillir bien sûr. Ça fait déjà quelques années que tu participes sur nos événements. Tu as un site internet, réseaux sociaux sur lesquels on peut te retrouver ?
- Speaker #0
Alors, je ne vais pas te dire réseaux sociaux. Je suis vraiment actif sur Instagram. Tu peux me retrouver sous LMTCeramique. Très bien.
- Speaker #1
De toute manière, vous pourrez retrouver tous ces liens-là sur la description de l'épisode. Une dernière question, est-ce que tu as un gros projet à venir ou pas ?
- Speaker #0
Alors oui, j'ai un gros projet à venir. C'est un gros projet à venir avec la collègue Céramiste Lorientaise. Ce projet nous tient beaucoup à cœur parce que, comme je te parlais tout à l'heure, tu vois en début de...
- Speaker #1
podcast, interview.
- Speaker #0
Je te parlais de l'isolement dans les ateliers. Travailler seul dans son atelier. Et c'est quelque chose qui nous parle beaucoup, tous les deux. Et puis, l'investissement aussi du matériel. Dans la céramique, il y a la pièce maîtresse pour l'activité, c'est le four. C'est un énorme investissement. Il ne faut pas se planter sur cela. Et donc, avec ma collègue, on a beaucoup réfléchi depuis quelques temps à comment on pourrait faire quelque chose pour aider justement nos collègues céramistes à avancer dans leur pratique, que ce soit sortant de l'école ou déjà installés depuis peu de temps ou déjà installés depuis longtemps, mais qui... un petit peu dans leur atelier qui ont besoin de partager autre chose. Et donc avec ma collègue Margaux, on a décidé de créer un lieu dans lequel on proposerait à la location ce lieu qui serait équipé d'un équipement professionnel pour plusieurs céramistes. que ce soit des jeunes qui sortent de l'école ou d'autres, pour pouvoir commencer leur production ou poursuivre leur production. Donc ce serait un lieu avec un matériel professionnel bien sûr, un lieu qui serait partagé pour mutualiser les moyens matériels, les moyens humains aussi. De toute façon, il nous est toujours mieux aussi quand on est entouré, on peut avoir plus d'entrain, plus de dynamique. Et dans ce lieu, aujourd'hui, on est sur plusieurs pistes. C'est un lieu qui pourrait avoir une boutique en plus. Mais aussi, on a envie de créer des événements plusieurs fois dans l'année dans ce lieu pour créer de la dynamique, pour créer de la vente aussi des pièces et des résidents. Parce que ce seraient des résidents. qui seraient dans notre lieu. Donc, pour les résidents et aussi pour les personnes de l'extérieur qui souhaiteraient venir proposer leur création.
- Speaker #1
En tout cas, c'est un très beau projet. Je vous souhaite à tous les deux de réussir dans ce très beau projet qui est un projet d'entraide, de solidarité entre vous. Et moi, je trouve ça vraiment génial.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Eh bien, en tout cas, merci beaucoup Stéphane d'avoir répondu présent. pour ce premier podcast. On va te souhaiter une bonne fin de journée et on te dit à très très vite sur tes différents événements et sur les réseaux sociaux où on va pouvoir retrouver tout ton travail.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Sylvain.
- Speaker #1
Merci Stéphane. Au revoir.
- Speaker #0
Au revoir.
- Speaker #1
J'espère que vous avez passé un très bon moment avec la compagnie de Stéphane qui nous a vraiment fait découvrir son métier. Le podcast La Galerie des Créateurs, c'est terminé. C'était le premier épisode. Mais la bonne nouvelle, c'est qu'on vous donne rendez-vous le mois prochain pour un nouvel épisode. Je vous dis à très vite. Ciao !