- Speaker #0
Coucou, c'est Axelle. Je prends quelques secondes ici pour t'adresser une invitation très spéciale en tant qu'auditrice de ce podcast. J'ai l'immense joie de t'annoncer que j'organise une toute nouvelle conférence privée vendredi 11 septembre à Paris. Cette conférence s'intitule « Finance ton projet avec joie » et elle s'adresse à toi si tu es une créatrice engagée, une entrepreneuse sociale ou une déléguée générale d'association et que tu veux profiter de la rentrée. pour donner une nouvelle impulsion à ton projet. Attention, ce n'est pas une énième conférence à laquelle je t'invite. C'est un espace collectif que j'ouvre pour celles qui ont envie de créer un futur plus prospère pour leur projet Impact et qui veulent être entourées et soutenues dans cette démarche. Cette conférence, ce sera le point de départ d'un mouvement entre femmes engagées qui veulent grandir ensemble et agir concrètement pour l'humain, le vivant et la Terre dans les prochaines années. Donc si tu n'es pas disponible le 11 septembre ou que tu n'es pas à Paris et que tu veux assister à cet événement, une version en ligne avec replay est inclue dans le prix du billet. Qu'est-ce qui t'attend le jour J ? Eh bien tout simplement de l'inspiration, des conseils pratiques, des exercices d'introspection et du networking entre femmes engagées. A l'heure où je te parle, les premières places sont déjà parties et j'ai volontairement limité le nombre de places pour... garantir la meilleure expérience possible. Je t'invite donc à m'écrire un mail à l'adresse contact.axelrois.fr si tu veux en savoir plus ou si tu veux directement recevoir le lien de réservation. J'ai hâte de t'accueillir à cette occasion et maintenant, place à l'épisode ! Bonjour et bienvenue dans la joie de créer le podcast dédié au financement de projets à impact porté par des femmes. Dans ce podcast, tu découvriras des conversations avec des créatrices engagées, des leaders conscientes et des entrepreneurs sociales qui viendront nous raconter comment elles ont financé leurs projets à impact. Mon intention à travers ces retours d'expérience est de t'apporter de la clarté sur les leviers à ta disposition pour permettre toi aussi à ton projet de grandir. Je suis Axelle Roy, ton hôte. Je suis entrepreneuse depuis 10 ans. Je suis maman de deux petits garçons de 4 ans et 5 mois. Je suis conférencière et experte en stratégie de financement pour les projets à impact. Je suis moi-même passionnée par le processus créatif, d'où le nom de ma boîte, La Joie de Créer, par la manière dont on donne vie à ses rêves et dont on les concrétise en un projet stable, pérenne et robuste, au service d'une vie riche et pleine de sens. Je suis convaincue. que financer son projet devient une véritable source de joie avec la bonne stratégie pour soi. Et c'est ce que nous allons explorer au fil des épisodes. Claire Ibouillard, bonjour et bienvenue dans le podcast La Joie de Créer.
- Speaker #1
Hello Axelle, merci beaucoup de m'accueillir.
- Speaker #0
Avec grand plaisir, je suis très heureuse de pouvoir avoir cette conversation avec toi aujourd'hui parce qu'on a beaucoup de choses à évoquer ensemble. Avant de te présenter, je voudrais te proposer une petite question rituelle que je pose à toutes mes invitées. Est-ce que toi Claire, tu te considères comme quelqu'un de créatif ?
- Speaker #1
Oh purée ! Je pense que je suis créative, je ne l'ai pas réalisé tout de suite, on me l'a tellement dit. Et puis dans ma tête, tu sais, c'est un bain moussant. Il y a des idées qui font des bulles, qui font d'autres bulles, qui font des bulles, qui se rendent dedans et c'est joli.
- Speaker #0
Super ! Et ça a toujours été le cas ?
- Speaker #1
Oui, mais je ne m'en rendais pas compte.
- Speaker #0
on se connait pas en fait quand on grandit c'est sûr c'est sûr et comment t'as eu ce déclic où tu t'es dit justement en fait je suis quelqu'un de créatif c'est le miroir des autres personnes,
- Speaker #1
des gens avec qui je travaille je pensais que tout le monde fonctionnait comme ça je savais pas qu'il y avait des personnes qui fonctionnaient avec des cerveaux différents je m'en suis rendu compte avec l'expérience en travaillant en équipe etc et je pense que c'est les 10 dernières années où je l'ai compris donc c'est c'est c'est Je pense dans mon entrepreneuriat, dans mon assoprenariat, que je l'ai vraiment compris. Dans mon duo aussi avec ma cofondatrice Chloé, qui n'est pas du tout pareil. Et c'est ça qui est génial. Et j'ai compris qu'en fait, non, on ne réfléchit pas tous de la même façon. Tout le monde n'a pas des bulles tout le temps dans sa tête. Donc je m'en suis rendue compte au fil du temps, par le miroir des autres personnes.
- Speaker #0
Ok, super. Ben génial. Alors, avec ce prisme de la créativité, est-ce que tu veux bien nous dire qui tu es, te présenter et nous parler un petit peu de ton projet ?
- Speaker #1
Oui, avec grande, grande joie et encore merci Axel. Alors, donc moi Claire, je suis la cofondatrice de l'association Assopreneur, avec Chloé et Léouette, avec qui on a créé ensemble. Pour ma part, moi ça fait 20 ans que je suis assopreneuse et ou déléguée générale de métier et ou déléguée générale fondatrice d'association. Et j'ai réalisé qu'en fait j'avais travaillé toute ma vie dans le monde associatif, depuis même pendant mes études c'était déjà le cas. Et Assopreneur, c'est une association que j'ai créée parce que je voulais moi aussi aider, après avoir passé dix ans à diriger des assos que je n'avais pas créés. J'ai voulu aider et j'ai voulu entreprendre en assos. Et là, j'ai été confrontée au fait que le monde de l'entrepreneuriat me disait « mais non, tu ne peux pas entreprendre en assos, va créer une entreprise, qu'est-ce que tu fais dis donc ? » Et ça a été rigolo parce que quand j'ai voulu entreprendre en assos, je ne savais pas ce que j'allais faire. J'étais complètement perdue après dix ans de salariat. Je savais que je voulais juste entreprendre et aider, mais je ne savais pas où j'allais. Et tu sais, c'est quand on a toutes ces bulles dans la tête qui ont plein d'idées. Et puis boum, Assopreneur est arrivé, et je pense qu'on pourra en dire un peu plus tout à l'heure. Mais voilà, l'association, ça fait dix ans que je l'ai créée, elle est là pour aider les femmes qui veulent elles-mêmes entreprendre en assaut, changer le monde avec leur assaut, prendre soin des autres et aussi créer son emploi. Et c'est ça notre message, c'est que l'assoprenariat, c'est un vrai mode d'entrepreneuriat, c'est une économie d'intérêt général qui est merveilleuse, magnifique. et qui est là pour aussi rééquilibrer les forces de la planète et protéger le vivant.
- Speaker #0
Et pour venir prendre soin d'une notion qui n'est pas toujours très présente en business, qui est l'intérêt général.
- Speaker #1
C'est ça, exactement.
- Speaker #0
Alors, pour faire très simple et très clair pour nos auditeurs et nos auditrices, tu m'as dit que tu étais assopreneuse. Qu'est-ce que c'est l'assoprenoria aujourd'hui pour toi ?
- Speaker #1
Oui, l'assoprenoria, c'est un mot qu'on a inventé. Le concept de l'assoprenoria, il existe depuis toujours. On n'est pas les premières à avoir entrepris en assop, pas du tout. Il y a plein de personnes qui l'ont fait avant nous. Il y a 1,5 million d'associations actives en France. Mais nous, par contre, on a juste mis un mot dessus. C'est la contraction d'entreprendre et d'association. Ça a fait Assoprenaria. Et donc l'Assoprenaria, c'est le fait de choisir le statut juridique de la non-lucrativité. Et c'est vraiment une question fiscale, en fait, et juridique aussi. Mais en fait, ce qu'on choisit, c'est un chemin qui est fait pour nous. Parce qu'il y a des personnes qui sont faites pour l'intérêt général. Il y a des personnes qui sont faites pour la lucrativité. Et c'est OK. Et puis il y a des personnes qui sont faites pour un peu le mimi avec l'entrepreneuriat lucratif social de la loi VSS. Mais voilà, on n'est pas toutes faites pour l'entrepreneuriat lucratif. Certaines personnes ne se reconnaissent pas. Et en fait, on ne sait pas trop où on est. Tu sais, on sent un peu qu'on n'est pas au bon endroit, mais on ne sait pas où il faut aller. Il faut aller dans l'intérêt général, il faut essayer. Parce que parfois, c'est pour ça qu'on est là sur cette terre et c'est pour ça qu'on est faite. C'est ça l'entrepreneuriat. L'entrepreneuriat, c'est juste choisir la non-lucrativité. qui est quand même... influence beaucoup de choses derrière. Donc, il faut vraiment être OK avec ça quand on se lance dans la sobrennerie.
- Speaker #0
Tout à fait. Et on va en parler, effectivement, parce que c'est vrai que du coup, entreprendre sous statut lucratif et entreprendre sous statut non lucratif, ça veut dire qu'effectivement, tu n'as pas d'une part les mêmes responsabilités, les mêmes obligations. Et surtout, ça change aussi le projet, mine de rien. Ça change la finalité, la manière de mesurer l'impact. Ça change aussi la manière de prendre en compte tes résultats aussi. Bien sûr, il y a le chiffre d'affaires, le budget, mais en fait, il y a aussi plein d'autres choses autour dans une association. Et ce n'est pas forcément la raison d'être de l'association que de générer beaucoup d'argent. En tout cas, le bénéfice, le profit n'est pas l'objectif de la forme associative. En tout cas, il y a une forme plus large, finalement, une réflexion plus large sur la raison d'être du projet et sur la raison d'être aussi de l'entrepreneuse à l'intérieur du projet. On se fait un petit peu l'avocat du diable, Claire. Concrètement, ça change quoi d'entreprendre en association ?
- Speaker #1
Par rapport à l'entrepreneuriat lucratif, tu veux dire ?
- Speaker #0
Par exemple. Ou même par rapport au bénévolat en association.
- Speaker #1
Ah, ok. Alors, c'est vrai que l'assoprenariat, c'est le fait d'avoir créé l'association, de l'avoir déclarée et de la piloter. Le bénévolat non dirigeant, ça va être le fait de s'impliquer dans une asso et d'aider un peu beaucoup à la folie. Mais l'assoprenoria, nous, c'est le fait d'avoir impulsé la création et ou la dirigeance de l'assaut. Donc on va considérer que sont assopreneuses des personnes qui ont déclaré leur assaut et qui la dirigent ou des personnes qui sont peut-être devenues bénévoles dans l'assaut puis qui sont montées dans la gouvernance et se mettent à la diriger en étant au bureau, au CA ou dans toute autre fonction de dirigeance. C'est ça la différence entre bénévolat et assoprenoria, sachant que dans l'assoprenoria on commence toutes. bénévole, dirigeante déclarée bénévole, voilà, et que si on... Et parfois, on le reste toute sa vie, d'ailleurs, on reste parfois bénévole toute sa vie quand on est assopreneuse, mais si on le souhaite, on peut créer son emploi. Et dans ce cas-là, parmi toutes les conditions qui existent par rapport à la loi de finances, du code des impôts et de l'intérêt général, qui est quand même très, très strict, si on veut créer son emploi, il va falloir quitter la dirigeance bénévole déclarée et on change de statut, mais on reste quand même au pilotage dans l'association. La différence entre bénévoleur et entrepreneur, c'est ça déjà.
- Speaker #0
Ok. Et donc du coup, ça change quoi d'entreprendre en association ? Selon toi, toi qui l'as expérimenté et qui en plus accompagne des entrepreneurs, des entrepreneuses dans cette direction. Qu'est-ce que ça change concrètement ?
- Speaker #1
Ça change tout. En fait, ça change tout. Non mais c'est fou. Ça change tout. Déjà, ça change la façon dont on va aller chercher l'argent. Quand on est entrepreneuse dans son entreprise, la façon d'aller chercher l'argent, c'est vendre son produit ou son service à une cliente qui va l'acheter avec un prix commercial, au bon prix, avec le bon message, au bon moment, avec les 4 P bien positionnés pour vendre le bon produit. Et c'est comme ça qu'on va faire son chiffre d'affaires. Tandis que quand on est dans l'asoprenariat, C'est pas comme ça qu'on va chercher l'argent. La vente commerciale, on a le droit de la faire, mais c'est maximum à peu près, en moyenne, 25% par an. En moyenne. Et donc, la vente commerciale, c'est pas ça la source. Donc la façon d'aller chercher l'argent, quand on est assopreneuse, on est un peu chercheuse d'or. Donc on va aller chercher l'argent auprès de tiers, d'autres personnes morales ou personnes physiques, qui vont nous donner l'argent pour nous aider à réaliser ce que l'on fait pour les bénéficiaires, ou alors pour les parties prenantes, ou pour les premières concernées. Et donc déjà, aller chercher l'argent, c'est différent. Ensuite, ça change tout dans ce qu'on va pouvoir se mettre dans la peau poche aussi. Dans l'entrepreneuriat lucratif ou social lucratif, on peut se verser les résultats, les fruits de son activité. Et c'est OK en fait, c'est tout à fait OK. Il n'y a aucun jugement de notre part là-dessus, c'est tout à fait normal et OK. Mais dans l'entrepreneuriat, on n'a pas le droit de se verser le résultat positif de l'activité. C'est interdit, c'est ce qu'on appelle la non-lucrativité. et c'est ce qui s'appelle l'enrichissement personnel c'est interdit donc déjà on sait que dans l'assoprenariat que l'asso fasse 0€ de résultat positif bon là on est mal mais que l'asso fasse 10 000€ de résultat positif 50 000, 100 000, 1 million soyons folles et bien on se mettra rien dans la peau poche en fait donc ça change l'intention c'est pour ça que je trouve que l'assoprenariat c'est ce qui permet de rééquilibrer les forces de la planète c'est parce que quand on enlève l'enrichissement personnel de l'être humain de l'être humaine ça change tout sur ce que l'on va faire Si on... met cette notion d'enrichissement personnel sur toutes les activités humaines qui ont détruit progressivement la vie et la planète depuis que l'ère industrielle, on sait qu'à quel moment à peu près les humains ont commencé à faire n'importe quoi avec le recul qu'on a aujourd'hui, si on enlève le pétrole, si on enlève l'enrichissement personnel, est-ce qu'on l'aurait fait ? Je ne pense pas en fait, je pense qu'on l'aurait fait différemment. Si on s'était dit qu'on n'a rien à se mettre dans la poche de faire ces bêtises-là, d'aller tuer les orangs-outans, d'aller creuser de partout, d'aller creuser dans la mer, de polluer tout ça, On ne l'aurait pas fait. On aurait trouvé d'autres solutions qui respectent davantage le vivant. Parce que de toute façon, on n'aurait rien mis dans la poche. Et moi, je suis persuadée que ce qu'il faut pour que la planète se rééquilibre, ce n'est pas que l'intérêt général écrase la lucrativité. Pas du tout. Nous, on ne veut pas faire ça. On aimerait juste l'équilibre, rééquilibrer un peu. Et parce qu'aujourd'hui, on a une économie lucrative qui est dominante et qui est très patriarcalisée. C'est pour ça qu'elle est si dangereuse pour la vie.
- Speaker #0
Parce qu'elle est dans la domination et dans la prédation.
- Speaker #1
Exactement. et dans le fait de ne pas écouter et de ne pas respecter les autres. Mais si on arrivait à avoir une économie lucrative équilibrée avec une économie non lucrative, équilibrée aussi avec une économie lucrative sociale, qui est très bien, eh bien là, on aurait une planète et des êtres vivants qui vont beaucoup mieux autour de nous. Donc ça, c'est dans l'intention, ça changerait tout. Et donc dans la façon de ce qu'on aurait fait de ce monde, moi, des fois, j'ai envie de dire, allez, on rejette les dés, on recommence tout, on met à plat, on repart deux ou quatre mille ans en arrière et on fait l'inverse. On montre l'économie lucrative dominante, enfin dominée ou équilibrée, et on voit ce que ça donne. C'est un peu comme quand je parle de féministe, moi si tu me demandais qui j'étais tout à l'heure, je ne l'ai pas dit mais je suis une féministe, une mentor, une formatrice, au plus d'être une assopreneuse. Et bien c'est pareil pour le féminisme, mais on remet tout à plat. Mais donnez-nous un peu l'équilibre dès le départ et voyez où on en est dans les êtres vivants 4 000 ans plus tard. Rien à voir, on n'aurait pas fait les mêmes choses, on n'aurait pas les mêmes modes d'énergie, on n'aurait pas les mêmes produits, on n'aurait pas la même consommation, on n'aurait pas la même société aussi. et vivre du vivant ensemble.
- Speaker #0
On pourrait vivre comme on est. C'est marrant que tu parles de ce sujet parce que je suis actuellement en train de lire le livre de Lorraine Bastide, Futur, je ne sais pas si tu l'as déjà vu, mais c'est comment le féminisme peut sauver le monde. C'est un essai qu'elle a fait sur comment le féminisme peut sauver le monde. Et elle détaille toutes les révolutions par rapport au monde actuel que pourrait apporter une société plus féministe. Même pas matriarcale, juste une société plus féministe. Voilà, l'équilibre. les inégalités seraient beaucoup moins élevées. On pourrait vivre et être qui on est sans être inquiété de ça. On aurait la liberté d'être qui on est sans être inquiété de ça. Et surtout, une société beaucoup plus respectueuse du vivant, de la terre, de tout ce qui nous entoure finalement. Et c'est très intéressant, je trouve, d'avoir cette dimension de l'entrepreneuriat aussi. Parce que finalement, tu vois, même dans l'économie lucrative, moi, j'en vois beaucoup des entrepreneurs qui sont engagés pour ces choses-là et qui pour autant adoptent une structure commerciale. Finalement, la question derrière, ce n'est pas sous quelle forme on entreprend, c'est avec quelle intention derrière on a, et je trouve que c'est bien que tu en parles. Il y a une chose que tu as dite sur laquelle j'aimerais rebondir. Tu as dit qu'on pouvait avoir un budget dans une association jusqu'à 1 million d'euros, voire même plus. C'est vrai que c'est un poncif que j'entends très souvent chez les associations, c'est qu'en fait elles n'ont pas d'argent, donc du coup c'est impossible qu'elles aient des budgets aussi énormes. Mais c'est une réalité. Est-ce que c'est toi quelque chose que tu as pu observer chez les... personnes que vous accompagnez avec Assopreneur, quelle est l'ampleur, quelle est la taille des associations que vous accompagnez aussi ? Parce qu'entreprendre en association, ça ne veut pas dire faire vœu de pauvreté. Est-ce que tu as des exemples dont tu peux nous parler ?
- Speaker #1
J'aimerais que ça ne soit pas vœu de pauvreté, d'assoprendre, mais malheureusement, dans le monde dans lequel on est, parce que quand on assoprend, on doit se battre. Dans l'assoprenariat, qu'on accompagne, nous, c'est souvent un asoprenariat de cause. Donc, c'est vrai que parmi toutes les associations qui existent en France, parmi tous les types, la culture, le social, le sport, etc., nous, dans l'asoprenariat, ce sont des personnes qui veulent aider d'autres êtres vivants, ce sont des personnes qui ont vu des choses qui ne vont pas, une injustice, une douleur, une souffrance, quelque chose qui est intolérable. Et donc, on est dans l'asoprenariat de cause, c'est un peu différent du sport, par exemple. On peut être dans le sport, mais par exemple, le sport, pour l'après-cancer, le sport pour l'insertion. Donc dans l'asoprenariat de cause, on est sur aider différents types d'êtres vivants, les animaux, les humains, les végétaux, les minéraux, etc.
- Speaker #0
On peut aussi juste préciser que parfois, ce qui est identifié comme une cause, c'est aussi finalement un espace où l'État, le public n'est pas présent et n'apporte pas de solution.
- Speaker #1
Ah oui, généralement quand il y a une asopreneuse qui se met sur un sujet, c'est parce qu'il n'a pas été traité ou alors il n'est pas traité complètement. Et souvent, moi ce que je dis c'est que nous, tant qu'assopreneurs, on n'a pas de jugement en fait. On accompagne toutes les assopreneuses, toutes les causes, toutes les associations. Partout en France, il n'y a pas de critères de sélection, il n'y a pas de dossier, il n'y a pas de jury pour rentrer et être accompagné. Parce que moi ce que je dis c'est que ce qui fonctionne, ce qui va équilibrer les forces de la planète, c'est qu'on soit très très très nombreuses à être nichées dans nos niches d'impact et à être spécialistes de nos impacts. Et donc on est toutes les maillons d'une belle chaîne d'intérêt général. Et donc on voit les copines à côté, devant, derrière, des fois même au même endroit que nous. Et c'est ok, parce que souvent on me dit, j'ai des insoprenus qui me disent « Ah j'ai envie de faire ça, mais quelqu'un le fait déjà, je ne vais pas le faire. » Je dis « Mais ça n'a rien à voir, mais vas-y quand même, parce que toi tu vas le faire. » « Mais voyons, mais qu'est-ce que tu fais ? » « Vas-y quand même, parce que tu vas le faire différemment. » « Ce qui compte c'est toi, tu vas le faire différemment. » « Il y a tellement de problèmes dans la planète aujourd'hui, il y aura de la place pour tout le monde. » « Il y a de la place pour tout le monde,
- Speaker #0
on est tout à fait d'accord. » « Il y a de la place pour tout le monde, et moi ce que j'aime bien dire aussi, c'est que non seulement il y a de la place pour tout le monde, » tout le monde, mais en plus, c'est important qu'il y ait plusieurs personnes sur le même créneau, parce que ça veut dire que du coup, il y aura une manière différente d'aborder les choses, et donc des complémentarités à développer par la suite. Quel que soit le statut qu'on a, finalement, la question, c'est quel est le besoin réel et quelle est la solution qu'on apporte ? Et surtout, cette solution-là, est-ce qu'elle sert, finalement, l'humanité, le vivant, la Terre ? Et est-ce qu'il y a cette notion-là qui est derrière ? C'est là où on revient à la question d'intention.
- Speaker #1
Mais tu m'as posé la question, Axelle, c'était sur Est-ce qu'il y a de l'argent dans les associations ? Est-ce qu'elles arrivent à un million d'euros de restat positif ? En fait, dans les associations qu'on accompagne, on est donc avec des êtres humaines qui ont lancé une asso pour prendre soin d'un ou d'une être vivante sur cette planète parce qu'elles ont vu quelque chose n'allait pas ou n'était pas complètement réglé. Et bien, elles le font avec l'argent qu'elles ont. Donc souvent, elles mettent leur argent dedans. Et quand je dis elles, Chloé et moi, on a fait pareil. Elles vont le faire avec le temps qu'elles ont, l'énergie qu'elles ont, avec leur famille à gérer, avec souvent un autre boulot à côté. Et parfois même, elles sont déjà entrepreneuses lucratives. Donc double entrepreneuriat, c'est un truc de fou. Et elles le font avec tout l'amour qu'elles ont. Parce qu'il faut qu'on parle d'amour en fait. C'est l'amour du vivant et le respect. Tu en parlais tout à l'heure au début. C'est l'amour du vivant. Donc elles le font avec tout l'amour qu'elles ont. Et ce n'est pas un gros mot de dire qu'on a de l'amour en fait pour les autres et pour la planète et les êtres vivants de cette planète. Et à un moment, tout ça, c'est se libérer du patriarcat, d'ouvrir les yeux. C'est un peu comme dans Dune, tu sais, le dormeur doit se réveiller. Nous, c'est les dormeuses et les dormeurs doivent se réveiller. Le monde qu'on nous impose depuis toujours avec le patriarcat n'est pas obligé d'être comme ça, en fait. On a le droit d'avoir des émotions. Ce n'est pas la seule possibilité. Non, eh oui. On veut nous faire croire que si, mais ce n'est pas vrai. Donc, quand on se réveille de ça, on se dit, mais attends, je veux rebattre les cartes, moi, je veux refaire le jeu, là. Donc, les assopreneuses, elles le font, et souvent, elles ont peu de moyens. elles ont toute l'énergie qu'elles ont, mais elles vont aller générer des êtres humains autour d'elles qui vont les aider, elles vont aller chercher l'argent, et elles vont pouvoir, moi j'ai dit à cette première, elles ont 20 salariés. Et j'en ai d'autres, elles sont toutes seules, bénévoles, tu vois. Ou alors elles sont restées à une, deux, trois salariés. Mais je n'ai pas vu d'association qui ait un million d'euros sur leur compte bancaire. Mais parce que moi, dans mes assos preneuses, on n'est pas à ce niveau-là. Et c'est OK, en fait. Mais je suis persuadée, je pense qu'il doit y avoir des associations qui ont cet argent. Et je l'espère. Je l'espère parce qu'il y a un gros problème. Et je vois que tu devrais réagir. Non, non,
- Speaker #0
c'est juste que factuellement, oui, oui, tout à fait. Il y a des associations employeuses qui sont même des marques très connues aujourd'hui, comme la Croix-Rouge. Comme la FM Téléthon, comme toutes ces associations-là, qui en fait sont des très gros employeurs, en fait, qui ont des très gros budgets, mais qui allouent ces budgets à des causes d'intérêt général, des choses qui ont une valeur pour la société et pour l'humanité. C'est pour ça qu'il ne faut pas se... La raison pour laquelle j'ai fait cette réflexion-là, c'est parce que je sais que le secteur associatif souffre beaucoup de cette image de bénévolat et de gratuité finalement, et de pauvreté derrière finalement. Alors qu'en fait... c'est un véritable secteur économique avec de véritables moyens. Alors bien sûr, OK, tous les assopreneurs ne sont pas riches à millions. Par contre, entreprendre en association ne va pas venir limiter le développement du projet. Et je pense que c'est important de parler de ce sujet-là.
- Speaker #1
C'est important, complètement. Mais je dois quand même le dire qu'aujourd'hui, le terme pauvreté et appauvrissement, moi je l'utilise malheureusement et je le dis. C'est qu'aujourd'hui, parce qu'on est dans un monde patriarcal qui influence la philanthropie privée et qui influence les subventionnements publics, c'est une réalité, eh bien cela entraîne le fait que ce soit très très difficile de trouver l'argent et que c'est très difficile d'arriver à aussi créer de l'emploi. Parce que tu vois, il y a des entreprises lucratives sociales comme les sociétés coopératives, qui sont merveilleuses et que je salue, qui ont des réductions de charges sociales et patronales. auxquelles n'ont pas droit les associations d'intérêt général. Donc moi, je veux qu'on leur laisse, il faut leur laisser ces sociétés coopératives les droits qu'elles ont acquis, tant mieux, bravo. Mais il faudrait nous en donner un peu aussi, en fait.
- Speaker #0
Oui, oui,
- Speaker #1
tout à fait. Donc il y a des incohérences qui font que c'est plus... Parfois, on a l'impression que c'est moins difficile d'entreprendre lucrativement, socialement ou non, que d'entreprendre en association, parce qu'effectivement, l'intérêt général est... Tu sais, comme avec des chaînes qu'on nous a foutues, du genre, allez, je vous crée un super statut en 1901, quel statut ? Pour moi, la loi de 1901, c'est la... plus grande loi de liberté en France. Elle est merveilleuse.
- Speaker #0
Tout à fait. C'est la liberté de se réunir en association. C'est la liberté.
- Speaker #1
Voilà. C'est merveilleux. Mais j'ai l'impression qu'on nous a foutu des boulets au pied à force d'avancer. Un peu comme on en a foutu aux femmes au fur et à mesure. On dit « Oh, elle va pas trop loin. Elle pense pas trop. Elle a un peu trop de liberté. » Pour moi, féminisme et intérêt général, on a les mêmes combats. On a les mêmes boulets au pied. Et qu'est-ce qu'il y a au-dessus de nous ? C'est le patriarcat. Je vais arrêter parce qu'on va dire Claire elle n'arrête pas. Tu sais dès qu'on dénonce le monde dans lequel on est, on est un peu pénible. Je vais arrêter.
- Speaker #0
Mais t'es militante, voyons tu es militante, c'est pour ça que tu as ce discours là.
- Speaker #1
Oui, mais parce qu'il faut qu'on se réveille. Et plus il y aura de personnes qui écoutent nos messages, toutes les femmes féministes qui prennent la parole, qu'elles prennent la parole une minute, ou moi tout le temps, ou encore plus que moi, parce que moi je suis toute petite parmi tout ça. Mais en fait toute chaque personne qui va se réveiller dans ce monde patriarcal, dire mais purée qu'est-ce que j'ai pas vu que c'était comme ça. Et qui se dit, oh là là, et tout chaque petit pas qu'on fait pour se libérer de cette emprise, ça aidera quelqu'un derrière et peut-être que ça aidera une assopreneuse.
- Speaker #0
C'est génial. Je trouve que c'est génial qu'on ait ce sujet de discussion en entrée d'épisode.
- Speaker #1
C'est lourd.
- Speaker #0
Mais c'est bien parce que ça veut dire que du coup, pour la suite, ça va être plus facile aussi pour les auditeurs et les auditrices de aussi venir comprendre aussi ton parcours et ton cheminement. J'aimerais du coup qu'on revienne à ton cheminement personnel à toi parce que finalement, Je pense que toutes ces observations, tu les as faites parce que tu les as vécues, parce que tu les observes, mais aussi parce que ça fait partie de tes choix à toi en tant qu'entrepreneuse, justement. Alors, qu'est-ce qui a fait que du jour au lendemain, tu t'es dit tiens, je vais créer un projet dédié à ce mode d'entrepreneuriat ? Qu'est-ce qui pour toi a fait la bascule ? Parce que comme tu le disais, tu étais auparavant salarié, DG d'association, donc déjà c'est un métier en soi. Mais qu'est-ce qui a fait que tu t'es dit je vais basculer du côté entrepreneurial de ce métier-là ?
- Speaker #1
En fait, c'est plus qu'un déclic, c'est un long cheminement, je dirais. En fait, j'ai toujours su que je voulais entreprendre depuis que je suis lycéenne. Ça a commencé au lycée. Je me suis mis à lire. Je me souviens qu'au lycée, on nous avait dit qu'il fallait lire des magazines. Donc, je lisais Courrier international, Management et Capital. Voilà. J'ai eu la chance que ma maman m'a abonnée à ça, à payer mes abonnements, parce que je sais que ce n'est pas facile, c'est cher. J'ai eu beaucoup de chance. Donc, j'ai pu lire ça pendant trois ans jusqu'au bac, même après. Et en fait, ce que j'adorais, c'était lire les parcours des entrepreneurs dans ces magazines. Donc j'ai continué Capital Management et après j'ai continué que Capital, bref, pour des questions d'argent. Mais en fait, j'ai lu pendant des années les parcours des entrepreneurs. Et j'étais passionnée par, oh là là, les galères qui lui arrivent sur la tête. Et comment il rebondit. Et comment elle a fait ci. Et comment elle fait une superbe photo, tu sais, pour montrer, oui, je suis là, je suis puissante. Ouais, ouais. Et tu vois, c'était merveilleux. Et ça m'a tellement inspirée. Donc j'ai toujours su qu'un jour, moi aussi, je voudrais un peu créer mon propre jeu, tu vois. Mon propre jeu de cartes. Mais je ne savais pas quand. Je savais conscience que moi, je n'étais pas... peut-être pas assez mature, pour le faire tout de suite. Parce que dans l'assopreneur, j'ai un assopreneur, il avait 18 ans, même pas 18 ans quand elle a créé son association. Avant sa majorité, et il a créé son emploi moins d'un an après. Il est venu dans le programme Assopreneur, on l'a accompagné. Et moins d'un an après, Sylvain, il a créé son emploi. J'ai une assopreneuse, Laure, elle était en bac plus 2 ou bac plus 3 quand elle a créé son assos. Et deux ans après, elle a créé son emploi. Et elle a déjà créé un deuxième emploi. Donc, il y a des personnes, elles sont jeunes, et bam, elles sont devenues assopreneuses, et ça cartonne, elles sont trop fortes.
- Speaker #0
Elles savent déjà ce qu'elles veulent, elles savent déjà ce qu'elles veulent aussi, mais parce qu'il y a des organisations comme la tienne qui peuvent aussi leur montrer qu'il y a une voie viable pour faire ça, pour leur permettre de s'épanouir finalement.
- Speaker #1
Oui, peut-être. C'est vrai que Laure a dit que quand elle m'a entendu parler de « Oui, vous pouvez entreprendre en asso, oui, vous pouvez créer votre emploi, oui, c'est un métier, oui, allez-y ! » Je ne sais pas comment elle a découvert, certainement dans un épisode de podcast comme celui que tu fais aujourd'hui. Et elle s'est dit « Oh, mais attends, je peux créer mon emploi ? » Et là, elle nous a contactés pour dire « C'est vrai ce que vous dites là ? » c'était trop drôle, oui c'est vrai donc voilà, il y a des personnes qui le font très très jeune moi je savais que j'avais besoin d'avancer et donc j'ai commencé en tant que salariée mais avec toujours cette idée que j'aimerais en fait j'ai besoin de liberté et je crois que ça revient souvent dans les entrepreneuses le besoin de liberté et puis peut-être l'aspect très créatif aussi alors je ne sais pas si toutes les entrepreneuses ont cette créativité mais je pense que si, parce que pour créer quelque chose je crois qu'il faut avoir ces idées, cette force et aussi cette envie de se jeter un peu dans le vide, s'enfiler voilà Moi, j'ai tendance à me jeter dans le vide.
- Speaker #0
Je peux te donner ma conviction personnelle sur le sujet, parce que pour le coup, je suis entrepreneuse depuis dix ans, comme toi, ça fait très longtemps que tu es entrepreneuse aussi. Moi, de ce que j'ai pu constater, c'est que tu es obligée d'être créative de toute façon. Oui,
- Speaker #1
ok. Donc toi, tu le dis carrément.
- Speaker #0
C'est-à-dire que pour moi, alors moi déjà, effectivement, je suis quelqu'un de très créatif. Je n'ai pas appelé mon podcast ni mon entreprise la joie de créer pour rien. C'est vrai, c'est magnifique. C'est aussi, surtout... Parce que la vie m'a mis devant des épreuves et des difficultés par rapport à mon projet d'entreprise qui ont fait que je n'ai pas eu le choix de ne pas être créative. Tu vois ce que je veux dire ? Donc moi, je crois qu'effectivement, et ça demande aussi une certaine... Moi, je n'ai croisé aucune cliente qui n'avait pas l'envie d'être libre, sauf celles qui n'ont pas duré un entrepreneuriat. Parce que je pense qu'en fait, c'est aussi cette liberté, tu y prends tellement goût qu'au bout d'un moment, ça devient ta norme et ça devient un non négociable. Et je pense que c'est ce qui va aussi finalement t'aider à dépasser finalement les difficultés et les galères que tu peux vivre quand tu es entrepreneuse. De te dire, en fait, j'y vais quand même. C'est ce qui te permet de rester déterminée. Parce que le pire truc que je pourrais perdre dans la vie, c'est ma liberté.
- Speaker #1
Carrément.
- Speaker #0
Et moi, je n'ai croisé que des entrepreneuses comme ça. En tout cas, mes clients qui sont encore entrepreneuses aujourd'hui, je n'en ai croisé que des femmes comme ça qui, de toute façon, avaient en tête que ce serait... Ça te voilà pour elle et pas une autre. Et bon courage pour les faire changer de trajectoire.
- Speaker #1
Mais ça me parle énormément ce que tu dis.
- Speaker #0
Mais c'est ma conviction en tout cas, c'est quelque chose que j'ai pu constater en accompagnant mes clientes. Mais là-dessus, je suis tout à fait d'accord avec toi. Et donc du coup, dans ton parcours, tu avais l'envie d'être libre, tu étais très créative aussi. Donc du coup, c'était aussi une direction, un parcours qui t'appelait aussi par rapport à ça, parce que ça demande bien sûr d'être... de venir créer des concepts qui n'existent presque pas et de le faire à ta manière. Et en plus, tu t'es trouvée aussi dans cette voie-là. Est-ce que du coup pour toi, j'ose utiliser des termes de spiritualité volontairement, est-ce que pour toi, c'est aussi une voie d'épanouissement de l'entrepreneuriat ? Est-ce que c'est un chemin justement de réalisation de toi ? Je te remercie de mettre ça sur le sujet. Parce que là, tu me tends une planche de surf et je vais y aller. C'est exactement ça. En fait, c'est ce qu'on disait tout à l'heure. C'est qu'on se découvre en grandissant, en vieillissant. On se connaît de plus en plus. Et en fait, j'ai réalisé que c'était une de mes missions sur Terre. J'étais faite pour ça. Ma zone de génie, elle est là-dedans. Elle n'est pas ailleurs. Et c'est à force d'essayer, d'expérimenter. Tu sais, c'est écouter cette espèce d'instinct. Moi, dans mon instinct, je pense que ce sont mes guides qui me disent « Tiens, essaye ça, c'est pas mal pour toi. » Ah d'accord, j'y vais. Donc en fait, c'est ça. Ce qui s'est passé, c'est que moi, j'ai fait dix ans en tant que DG d'association. J'adorais le monde associatif. Je l'ai découvert par hasard pendant mon stage de fin d'études. Merci au réseau Tistra qui m'a fait confiance, qui m'a embauchée et qui m'a permis de faire un remplacement congé maternité de la DG, qui est devenue une amie, Stéphanie, qui est membre du programme Assopreneur en tant que DG, qui est merveilleuse. J'ai découvert le métier le plus merveilleux du monde où on pouvait rire en conseil d'administration avec cet administrateur et administratrice. On pouvait avoir des fous rires et rester très sérieux et faire des choses très... très sérieuse. Et ça, j'ai fait ok. J'ai un fou rire. Tout se passe bien, c'est ok. J'ai dit c'est le job de ma vie. Donc j'ai fait ce job-là. Et en fait, à un moment, je me suis dit, moi je voudrais travailler dans l'intérêt général. Je me suis mise à diriger pendant dix ans des associations d'entreprises qui sont composées d'entreprises, de territoires, de laboratoires de recherche, des clusters d'entreprises. Et donc elles sont fiscalisées ces assos. Et du coup, c'est très intéressant que j'ai pu voir pendant dix ans ce mode-là. Et hop, j'ai eu envie d'aller voir l'intérêt général. La philanthropie privée. Et en fait, ce que j'ai fait, j'ai attendu que l'assaut que je dirigeais, ça se passe bien, j'ai négocié la rupture conventionnelle, parce que c'est sorti à ce moment-là, etc. J'ai eu beaucoup de chance. Bref, je n'étais pas pressée. Je suis partie en très bon terme et j'ai fait en sorte que l'assaut perdure. D'ailleurs, elle perdure encore aujourd'hui, l'assaut. Et la DG qui la dirige est aussi en train de devenir une amie, qui est formidable. Donc bref, tout se passe bien. Donc je me suis dit, ok, je me suis autorisée, en fait. Autorisée à partir. Voilà, parce que quand une DG presque fondatrice s'en va d'une assaut, Et moi, je prends beaucoup de place. Je dois le dire, je l'ai réalisé. Je prends beaucoup de place par ma créativité, par mon franc-parler. Je veux prendre la place et la liberté que j'ai envie d'avoir. Et peut-être le leadership. Mais encore une fois, en tant que femme, on a du mal à dire qu'on est leader. Moi, j'ai encore du mal avec ça. Donc, je te remercie, j'ai du mal à le dire. Mais voilà, je prends de la place. Donc, je savais qu'en partant, cette place, il fallait quand même qu'elle repose sur des bases solides pour pas que ça s'écroule. Et bien, ça s'est pas du tout écroulé. Ça continue encore mieux qu'avant. Bref. Et donc, en fait, c'est que j'ai voulu chercher un job. Je voulais diriger une fondation ou une association dans l'intérêt général. Et bien, tu sais quoi ? Je n'ai pas du tout trouvé de job pour travailler dans l'intérêt général. Et je me souviens de directrices de cabinets de recrutement ou de directeurs de cabinets de recrutement qui me disaient, non mais votre profil, c'est des assos d'entreprise, c'est la fiscalité, restez dedans. Non, mais non, moi je veux aller dans l'autre côté en fait. Qu'est-ce que tu me dis là ? Et donc, c'était fou. Et donc, je me suis dit, écoute, vous ne voulez pas m'embaucher. Ou je n'arrive pas à me faire embaucher, je ne trouve pas. Et bien, je vais la créer cet assos. Et c'est comme ça en fait.
- Speaker #1
Je ne trouve pas la solution, je vais la créer moi-même, je vais créer mon propre job. Ça me fait rire parce que cette force de caractère et cette détermination me parlent beaucoup. Mais c'est sûr qu'en fait, je pense que c'est important que les gens se rendent compte qu'il y a beaucoup de femmes notamment qui n'arrivent pas à l'entrepreneuriat en règle générale par appel ou par vocation directement. Bien souvent, c'est juste qu'elles sont confrontées à la situation que ce qu'elles veulent faire n'existe pas. Donc, la meilleure manière pour que cette chose-là existe, c'est de la créer.
- Speaker #0
C'est ce que tu disais, tu as peu le choix en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Donc c'était un peu ça. Et en fait, quand je me suis dit, ok, je vais entreprendre, j'en pouvais plus de l'associatif. Je savais que c'était ça que je voulais faire, mais j'avais besoin de faire un peu une pause et de m'autoriser à chercher. Alors j'ai cherché, j'ai voulu faire plein de trucs. J'ai voulu, j'ai dit, attends, si j'ouvrais une librairie BD parce que je suis passionnée de BD. Et si ça a truc, je me suis autorisée à chercher plein de trucs. Mais non, et voilà, boum ! La vie m'a remise exactement là où il fallait que je sois. C'est-à-dire qu'en fait, ce que je savais faire, c'était créer une asso, la diriger, trouver l'argent. J'avais envie de créer des formations. J'avais une méthode. J'ai créé une méthode pour diriger une asso, pour pérenniser son association. Ça m'a donné quatre piliers fondamentaux. Et de cette méthode, j'ai déroulé le fil de toute cette expérience-là. Et ça m'a donné 100 petites étapes pour comment créer son asso avec une action par jour. Ça va devenir un carnet de route. Et une formation en 12 modules qui pourrait devenir un master 2 à Soprenoria. Si une université, une directrice de master en m'entend et souhaite lancer son master à Soprenoria, mais tout est prêt. Je suis là, coucou. Je rêve de faire ça.
- Speaker #1
C'est bien noté. Après l'épisode, je te donnerai un contact. C'est bien noté.
- Speaker #0
Je rêve de ça. C'est génial. Et donc, qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #1
Donc du coup, tu as créé ta propre méthode, tes 12 modules. Comment devenir entrepreneur associatif en 12 modules ?
- Speaker #0
C'est ça. Avec l'idée de dire, créer une association, ça demande énormément de temps, d'énergie et d'argent. Et quand on a déjà son métier à côté, plus sa vie de famille, et parfois le métier à côté, c'est de l'entrepreneuriat, je l'ai dit tout à l'heure, donc c'est énorme, la charge mentale, c'est énorme. En fait, moi, ce que je veux dire, c'est que si jamais on veut éviter le burn-out, l'épuisement. Et si on sent que sa voix, elle est dans l'intérêt général, dans son assaut, un peu plus que dans son entreprise ou dans son métier d'avant, si on a envie de transitionner, parce qu'on est faite pour ça, il faut pouvoir avoir un salaire. Sinon, on ne peut pas. Sinon, c'est de l'appauvrissement et le cercle de l'exclusion et de la pauvreté. Donc, il faut créer son emploi. Et c'est ça le message qu'on a voulu créer.
- Speaker #1
Je vais te poser une question volontairement provocatrice, parce qu'il y a des burn-out dans le secteur associatif.
- Speaker #0
Alors, attention, on n'en parle pas. Il ne faut pas le dire.
- Speaker #1
Il ne faut surtout pas en parler.
- Speaker #0
Non, mais c'est terrible. C'est terrible parce qu'il y en a énormément. Et c'est vrai qu'on en parle de plus en plus. La santé mentale, les langues se sont déliées dans le monde de l'intérêt général. On en parle. Mais c'est vrai qu'on n'en parlait pas avant.
- Speaker #1
Et tu sais, c'est tout aussi vrai dans l'entrepreneuriat classique. Jusqu'à très récemment, avant qu'il y ait des études qui sortent sur la santé mentale des dirigeants d'entreprise, qui sont quand même très récentes, qui datent de 2024, 2023, 2024, un truc comme ça. Il a fallu le Covid, en fait. pour qu'on commence à s'intéresser à la santé mentale des dirigeants et qu'on commence à se poser sur le non-recours, par exemple, à leur droit de s'arrêter, leur congé maladie, par exemple. En fait, il a fallu cette période-là pour qu'on commence à en parler. Donc déjà, le secteur associatif, on ne parle pas de ce sujet de santé mentale, paradoxalement. Et alors, en plus, j'imagine que tu combines ça avec les problématiques de l'entrepreneuriat. Ça doit venir fragiliser particulièrement le terrain. Parce que... Toi, c'est quelque chose que tu vois aujourd'hui. Et à quoi c'est lié, justement, ce phénomène de burn-out chez les dirigeants d'associations, ou en tout cas les personnes qui portent des associations, qui créent leurs associations ?
- Speaker #0
Oui, chez les assopreneuses, moi je dois le dire, ce que je vois, c'est que la raison numéro une du burn-outage, de l'épuisement, c'est la recherche de fonds privés, et la recherche de fonds publics. C'est encore la recherche de fonds, la recherche d'argent. Trouver l'argent, trouver l'argent, trouver l'argent. C'est tout. tellement épuisant. Et ça revient tout le temps. Et on est tellement bloqué par la loi fiscale de l'intérêt général, par le régime fiscal de l'intérêt général, qui est quand même en France un des plus stricts du monde. Eh bien, ça nous bloque. Moi, ce que je voudrais entendre de nos instances sur le message du monde associatif, c'est aider nous à créer de l'emploi en nous accordant des réductions de charges sociales et patronales qui sont déjà accordées aux entreprises. Et c'est alléger nous cette fichue Loi fiscale, autorisez-nous à aller chercher jusqu'à 50% de vente commerciale pour trouver des fonds. Arrêtons de nous limiter à 25% parce qu'à un moment, on n'y arrive plus en fait.
- Speaker #1
C'est un vrai parti pris ce que tu dis. C'est une vraie prise de position que tu fais là publiquement. Parce que pour ceux qui ne connaissent pas particulièrement le secteur associatif parmi les auditeurs et les auditrices, c'est un vrai sujet de division au sein du secteur associatif et du monde de l'intérêt général. parce qu'il y a des... tonnes d'associations, et à juste titre, qui disent que le secteur de l'intérêt général ne doit pas devenir le secteur commercial. Moi, c'est vrai que je suis assez d'accord avec toi sur le principe qu'en fait, ce n'est pas parce que tu allèges certaines contraintes sur l'intérêt général, et notamment cette fameuse condition de non-concurrence avec le secteur marchand,
- Speaker #0
ça c'est de la connerie, pardon,
- Speaker #1
mais je suis désolé,
- Speaker #0
c'est une grosse connerie,
- Speaker #1
que tu viens, entre guillemets, porter atteinte à la notion d'intérêt général. Je pense qu'il faut avoir un peu d'esprit de nuance, tout en comprenant parfaitement les objections des personnes qui ne veulent pas non plus que le secteur associatif se transforme en deuxième secteur commercial bis, ou en tout cas que les logiques marchandes n'entrent pas autant dans le secteur associatif. Je le comprends tout à fait. Aujourd'hui, le vrai sujet, et je pense qu'on va peut-être être d'accord, quelle est l'alternative ? Parce qu'avec 40 ans de baisse, des subventions publiques documentées et qui, là, commencent à s'accentuer, quelle est aujourd'hui l'alternative ? Je pose véritablement la question et je suis OK avec le fait que les auditeurs et les auditrices viennent m'envoyer un message ou viennent me prendre contact ou viennent, en tout cas, m'alerter ou venir essayer de débattre avec moi. Je suis complètement OK avec ça parce qu'aujourd'hui, personnellement, je ne vois pas d'autre solution. Pour moi, en tout cas, c'est mon parti pris, et c'est bien qu'on le partage toutes les deux. Je trouve qu'aujourd'hui, effectivement, il y a des contraintes auxquelles le secteur associatif est soumis qui font qu'il ne joue pas sur le même pied d'égalité que le secteur marchand. Et je pense que c'est important de lui donner aujourd'hui les moyens de pouvoir continuer de prospérer.
- Speaker #0
On ne joue pas avec les mêmes leviers, ça on le sait. Aller chercher l'argent, se financer. Avec les mêmes règles. On ne joue pas avec les mêmes règles. Et on joue avec des boulets au pied que n'ont pas les entreprises commerciales. Quand on compare le nombre d'argent public qui est donné aux entreprises commerciales et le montant de l'argent public donné aux associations, si tu poses la question au grand public, aux personnes particulières et particulières, qui ne sont pas... dans ce monde, qui ne connaissent pas ce monde-là. On leur demande, à votre avis, qui touche le plus d'argent en France ? Les assos ou les entreprises ? Et moi, je suis persuadée que 80% des gens pensent que ce sont les assos qui consomment tout l'argent. Alors que ce n'est pas vrai. Et en fait, le monde associatif, on a nos boulets au pied qui sont la méconnaissance. La méconnaissance du monde associatif, des lois fiscales et de la réalité du terrain. Moi, c'est pour ça que je passe mon temps à dire, à balancer ce genre de choses, parce qu'il faut qu'on se réveille. Je suis d'accord qu'il ne faut pas transformer le monde. de l'intérêt général en lucratif bis. Mais moi, j'avais dit, ohé, vous l'avez fait il y a dix ans, la loi ESS avec le lucratif social. Non mais c'est quoi ce truc ? Je ne vais pas dire, moi, je ne la comprends pas cette loi. Alors, vous allez me créer la loi de l'intérêt général, en fait. C'est ça qu'il nous faut. La loi ESS, elle est très bien pour la lucrativité sociale. C'est parfait. C'est magnifique. Et bravo à toutes les entrepreneurs qui se lancent en entreprise commerciale sociale. Bravo. Bravo. Mais il y a une autre loi, il y a une autre économie. Moi, je dis toujours qu'il y a trois économies dans ce monde. En tout cas, c'est l'économie lucrative classique, l'économie sociale commerciale et l'économie de l'intérêt général, qui du coup n'existe toujours pas. Parce que la loi ESS qui mélange les entreprises commerciales, sociales et l'intérêt général, ça ne marche pas. Ça ne marche pas du tout, du tout. Il faut créer la loi de l'intérêt général. Donnez-nous, mettez-nous tout ensemble, toutes les structures qui respectent ce cadre fiscal. Qu'est-ce qui nous réunit ? Même si on augmente à 50%. Le fait d'aller chercher l'argent dans la vente commerciale et qu'on fasse sauter cette non-concurrence bête et méchante qui nous empêche d'aller chercher l'argent, et bien en fait, il ne change pas.
- Speaker #1
Et de créer de la valeur. Mais oui,
- Speaker #0
mais ce qui ne changera jamais, ce qu'il ne faut jamais enlever, et ça je le dis, c'est la non-lucrativité personnelle, c'est l'interdiction de l'enrichissement personnel. Moi je suis persuadée que dans tous les critères pour respecter l'intérêt général, parce qu'il y en a plusieurs, il faut tous les respecter, mais je trouve que le plus important pour nous, nous, associations et intérêts généraux, c'est la non-lucrativité personnelle. Parce que cette absence d'enrichissement personnel, je l'ai dit au début, je le répète, c'est ça qui change l'intention. Et c'est ça qui change ce que l'on crée, comment on le crée, avec quelle finalité.
- Speaker #1
J'aimerais faire un petit ajout par rapport à ce que tu as dit tout à l'heure sur cette vision du secteur associatif comme finalement un secteur assisté. Et on va mettre des chiffres en perspective pour que les auditeurs et les auditrices comprennent bien de quoi on parle. L'année dernière, Oui, l'année dernière, en 2025, il y a une commission d'enquête sénatoriale qui a été réalisée sur le montant des aides publiques aux entreprises. Aujourd'hui en France, le montant des aides publiques consenties aux entreprises, que ce soit sous forme d'allègements de charges, d'aides directes ou de niches fiscales, c'est de l'ordre de 230 milliards d'euros par an. Alors que la générosité auprès du secteur associatif... c'est 7,5 milliards d'euros par an. Donc, on ne joue pas du tout sur les mêmes montants. Voilà, c'était juste histoire de mettre des chiffres en perspective pour que les auditeurs et les auditrices comprennent bien de quoi on parle. On ne joue pas, selon qu'on entreprenne dans le secteur commercial, dans le secteur marchand et dans le secteur non marchand, avec les mêmes règles. Et c'est aussi pour ça d'autant plus important que ce soit une vocation et que ce soit quelque chose qu'on désire réellement et qu'on sente que c'est notre voie. Parce que bien sûr, Ça veut dire que forcément, il n'y aura pas les mêmes possibilités, les mêmes facilités d'un côté ou d'un autre. Ceci étant dit, ce que je trouve intéressant, c'est qu'aussi, ça donne des tonnes de possibilités. Tout est possible aussi quand on crée en association. Est-ce que tu as envie de nous parler aussi de liberté qu'on a quand on est association, qu'on ne peut pas avoir quand on est entreprise ?
- Speaker #0
Mais oui, c'est tellement merveilleux. Je te remercie d'avoir rappelé les chiffres, c'est hyper important. Les chiffres ne manquent pas. Oui, alors c'est merveilleux en association. En fait, ce que dit la loi des 1901, c'est qu'on a le droit de tout faire, et on a le droit de le faire comme on veut, tant qu'on respecte les lois françaises. Alors, on peut choisir de suivre le cadre un peu classique, tu sais, au niveau de la gouvernance, par exemple. C'est-à-dire que la gouvernance, c'est qui, comment on prend les décisions, qui est autour de la table et comment on les prend, le processus de décision. Et bien, on peut choisir de faire AG, c'est bureau, CA, enfin, c'est un bureau, ou on peut décider de faire complètement différemment, une collégiale où tout le monde a le même poids, le même pouvoir. On peut choisir de faire des comités ci, des comités ça. On peut choisir de s'appeler comme on veut. On peut choisir qui peut devenir adhérent, quels droits on a quand on devient membre. On peut avoir plusieurs catégories de membres. On peut décider si, pour être bénévole, il faut devenir membre ou pas. On peut décorréler, parce qu'on a différentes postures dans une asso. On peut être bénéficiaire de l'asso, on peut être adhérente de l'asso, on peut être donatrice, on peut monter dans la gouvernance. On peut faire plein de choses, et on peut le faire comme on veut. Tant qu'on écrit dans nos statuts, comment on va le faire ? Qui sera autour de la table ? Comment on en sort ? Moi, j'ai les statues. C'est le document qui est le moins regardé dans une asso par les gens qui créent des assos, parce qu'on ne sait pas. Et souvent, on sait qu'on a telle personne qui a créé une asso, on dit, tu peux me filer tes statues ? Tiens, je te les file. Sauf que le problème, c'est que cette personne qui nous a filé ses statues, elle l'avait d'une autre personne, qui l'avait d'une autre personne, qui l'avait d'une autre personne, et on remonte à 1901. Et donc, c'est une catastrophe. Moi, je dis...
- Speaker #1
Voilà. Là où dans le secteur commercial, on paye des avocats dès qu'on crée sa structure pour avoir les bons facteurs d'associés, pour avoir effectivement beaucoup plus de précautions là-dessus, sur ces sujets-là. Non, mais c'est bien que tu en parles aussi, parce que c'est vrai que les statuts associatifs sont extrêmement méconnus. Et du coup, il y a un petit côté open source où tout le monde se transmet ses modèles. Il faut arrêter.
- Speaker #0
C'est la première chose que j'ai faite dans l'insopreneur. Dans l'insopreneur, ça fait 10 ans maintenant, l'insopreneur avec Chloé, on a accompagné 1000 insopreneuses. On a aidé 110 femmes à créer leur emploi, on a formé 40 000 personnes à l'économie de l'intérêt général, ou sensibilisées, et on a évité le burn-out à 40 personnes. Et donc, en fait, moi j'ai retravaillé à peu près 1000 statues. Soit les personnes qui venaient chez nous, qui n'avaient pas déjà créé leur asso, elles ont pris mon modèle de statue, et si ce n'était pas le cas, peu à peu elles ont compris, en fait, que les statues qu'elles avaient été bloquants, les retenaient et ne les protégeaient pas. Donc ça, je suis complètement d'accord avec toi. La première chose à faire, c'est aller regarder, mettre la tête dans ces statuts. Et en fait, moi, je recommande de prendre notre modèle de statut assopreneur. Moi, j'y ai mis dedans les 20 ans que j'ai. Je les améliore tous les jours. Il y a toujours des petites coquillettes par-ci, par-là. Mais en fait, mon modèle de statut, il exploite à fond la liberté de la loi de 1901. Il respecte le cadre de l'intérêt général à 100 000 %. Et il protège l'assopreneuse au max de ce qui est possible de faire. Et il rend la gestion de l'association, son pilotage, facile. Parce que moi, j'en ai eu des assos à diriger avec des statues comme ça, faites par des gens qui ne connaissaient rien, et je ne me souviens de personne. Et c'était la catastrophe. Donc il faut absolument retravailler les statues. Venez chez Assopreneur, prenez le nôtre. Prenez surtout pas, alors là je ne recommande pas de faire des amis, prenez pas le modèle de statue qui est sur association.gouv.fr. C'est la catastrophe. Mais c'est le pire modèle du monde en fait. Ne le prenez pas. Si vous avez commencé à faire vos statues avec ça, vous le mettez à la poubelle, et vous prenez un modèle Assopreneur. C'est une catastrophe.
- Speaker #1
C'est marrant parce qu'il y a un super avantage qui me vient tout de suite. C'est vrai que dans l'entrepreneuriat, on a souvent tendance à se sentir assez seul finalement quand on entreprend. À moins que tu aies très rapidement les moyens d'embaucher des équipes ou de te faire entourer de mentors ou de prendre des associés. C'est vrai que très souvent, dans le modèle de l'entrepreneuriat individuel notamment, c'est rapide de se sentir très seul. Ce qui est quand même beau avec l'entrepreneuriat associatif finalement, c'est que tu n'es pas tout seul. Puisque tu as des membres de conseils d'administration, tu peux avoir des bénévoles, tu peux avoir plusieurs personnalités partie prenante autour de ton projet, sans forcément qu'il y ait une relation intéressée dès le départ ou une relation lucrative entre les uns et les autres et être obligé de prendre tout de suite des associés. Est-ce que c'est quelque chose que toi tu vois, que c'est quelque chose qui permet de ne pas se sentir seul, l'associatif, l'entrepreneuriat ?
- Speaker #0
Oui, c'est une réalité. Mais ça n'arrive pas tout de suite dans l'asoprenoria. Ce que tu dis là, d'avoir une gouvernance avec des personnes de son entourage, mais aussi des nouvelles personnes qui sont montées dans la gouvernance, ça n'arrive pas tout de suite à ce point-là. Il y a les premières années, on se sent très très seul. En plus, l'asoprenoria, souvent, c'est une personne qui a une idée. Je le dis, 90% des asopreneuses sont seules au démarrage. Et une association, c'est deux personnes minimum pour se créer. Donc, il y a un moment où, au début, on se sent un peu seul. Et c'est aussi pour ça que des fois, on ne sait pas qu'on peut créer une asso parce qu'on est toute seule, justement. Mais moi, je leur dis « Attendez, si, si, si. C'est juste que vous allez commencer votre chemin. Avancez, commencez à avancer. Je vous aide à avancer. Je suis avec vous. Et puis sur le chemin, vous allez attirer les autres humains, les autres humaines qui vont vous rejoindre et créer un jour cette fameuse gouvernance qui fait un bien fou quand elle est bien calibrée, quand elle ne se cannibalise pas. » Et en fait, ce que je recommande à tout le monde, c'est que si vous êtes seule et que vous avez besoin de déclarer l'asso avant d'avoir trouvé la deuxième humaine, qui va être la vraie cofondatrice, comme moi j'ai eu la chance de trouver Chloé, mais Chloé je l'ai eue deux ans après avoir commencé tout seul, et bien en fait je leur dis, choisissez un bureau de cœur, c'est-à-dire une personne dans votre entourage à qui vous parlez de ce projet et qui vous fait confiance pour faire les choses correctement, qui va vous aider de temps en temps à réfléchir, et en fait vous vous faites confiance mutuellement, pour déclarer ensemble, pour commencer à avancer sur le chemin. Parce que c'est quand on avance que les choses se passent.
- Speaker #1
Comme une forme de tiers lucide finalement qu'on fait venir dans l'association. C'est ça. Parti qui fait partie de l'association, mais qui n'est pas présent aux commandes. opérationnelle tous les jours.
- Speaker #0
Voilà, qui n'est pas toujours autant. Et souvent, la personne, elle se prend au jeu. Clairement, elle se prend carrément au jeu. Donc, elle commence la gouvernance comme ça, à deux. Et après, on grossit, on grossit. Mais on peut se sentir très seule. C'est pour ça que j'ai fait Assopreneur aussi. Parce que moi, même en tant que DG de métier non fondatrice, avec une équipe max 4-5 personnes, j'avais des petites équipes, je me sentais très seule. Parce que dès qu'on est dans la dirigeance, on se sent seule, quel que soit le statut juridique, de toute façon. Donc, c'est pour ça qu'Assopreneur, je voulais que ce soit une communauté de femmes qui entreprennent. de femmes dirigeantes, de femmes puissantes, tu vois, et fortes, qui s'entraident. Le programme, on l'a appelé Inspiration et Entraide. Je n'ai jamais trouvé de meilleur mot, meilleur nom. Parce que c'est ça, moi j'avais besoin de retrouver des paires et qu'on se partage comment tu fais ça, comment tu fais ci. Bien sûr, nous on a mis le package de formation, étapes, 35 modèles de documents d'un entrepreneur. Mais je veux dire, au départ, moi, je voulais juste discuter avec d'autres en fait. Dites-moi comment vous faites, le benchmark des autres. Moi j'apprends comme ça beaucoup. Comment tu fais toi ? Trop bien, ok. Alors moi je vais le faire un tout petit peu différemment, mais merci, c'est comme ça que je fonctionne. Beaucoup, beaucoup. Oui, oui, tout à fait,
- Speaker #1
tu t'inspires. Tu t'inspires et tu prends l'idée et tu te l'appropries. Et puis ensuite, tu en fais ton truc.
- Speaker #0
Assopreneur, c'est ça. C'est un gros, gros benchmark de beaucoup de personnes qui partagent comment elles font. En plus d'avoir une base de moi, je vous recommande de faire comme ça. Mais après, vous allez faire ce que vous voulez.
- Speaker #1
Oui, je comprends. Et alors, justement, j'aimerais bien, si tu le veux bien, Claire, qu'on parle du modèle associatif d'Assopreneur. Merci. C'est quand même un sacré truc de créer un projet comme celui-là, a fortiori sous format associatif, et avec les limitations qu'on connaît, qui est de ne pas pouvoir développer du chiffre d'affaires commercial, ou en tout cas très peu. Parce que c'est vrai que là, tu vois, le modèle économique que tu m'évoques, c'est quelque chose que je connais très bien, dans le monde du coaching notamment, et pour le coup, c'est un modèle économique commercial. C'est plutôt des sociétés commerciales qui entreprennent dans ce genre de secteur-là. Comment tu as... Créer ton modèle économique, est-ce qu'au départ c'était très clair pour toi comment tu allais le faire ? Comment tu as trouvé ce modèle économique-là ? Comment tu finances ça aujourd'hui ?
- Speaker #0
En bafouillant beaucoup. C'est de la bafouille.
- Speaker #1
Merci pour ta transparence, c'est génial.
- Speaker #0
Ah non mais on galère, Depuis le début on galère. En fait c'est fou parce que j'ai compris il y a peu de temps aussi pourquoi on galère autant. Mais en tout cas nous on a tout essayé en matière de recherche de fonds. En fait, dans mes formations et tout ce que j'ai créé, j'ai fait aller regarder combien il y avait de façons de financer une association, d'aller chercher de l'argent. J'ai compté. Alors, il y a ça qui existe. J'ai fait des petits paquets, paquet 1, paquet 2. Et combien il y en a ? J'appelle ça les branches de la recherche de fonds. On imagine un bel arbre doré, avec des belles branches, avec des beaux fruits, qui se transforment en argent. Et bien ça, il y a 25 branches de la recherche de fonds. Je n'ai pas essayé les 25 façons. Je n'aurais pas pu, parce que je pense que de toute une vie, on ne peut pas tout essayer. On n'a pas la... le temps, l'énergie, la force. Mais nous, on en a essayé quand même plusieurs. On a essayé de chercher l'argent auprès du grand public. On n'a pas réussi. Parce qu'aussi, je pense qu'on ne fait pas tout bien. Clairement, moi, j'aurais besoin d'un saupreneur pour me mentorer, m'aider, me guider. C'est pareil. Tout mentor a besoin d'une mentor qui a besoin d'une mentor. Ça ne sert à rien. Tout à fait. Je suis comme tout le monde. Je suis très bonne pour aider les autres, mais je suis un peu moins bonne pour m'aider moi-même. Même pas toujours bonne. On a tout essayé. On a essayé l'argent du grand public. Ça ne marche pas. On a essayé l'argent des fondations et fonds de dotation. Ça a marché un petit peu, quelques années. Et depuis trois ans, on nous a gentiment dit, pas toutes, mais beaucoup de fondations nous ont dit « Non, on ne veut faire que des impacts directs, on ne va plus vous soutenir. » Et on a essayé, d'abord, on avait notre programme qui était en gratuité. Oui, vas-y.
- Speaker #1
Impact direct, ça signifie qu'en fait, leurs fonds sont fléchés vers des projets qui travaillent sur le terrain directement, avec des bénéficiaires directement. Et qu'en fait, vous, quelque part, vous étiez identifié plutôt comme un intermédiaire ou comme un soutien de ces associations-là qui vont travailler sur le terrain avec des bénéficiaires. Voilà, c'est ça.
- Speaker #0
En fait, j'ai mis du temps à comprendre parce que je me suis tellement tournée dans la tête. Mais pourquoi on n'arrive pas à tirer l'argent à Sopreneur ? Pourquoi ? Et je pense que je n'ai pas encore trouvé le bon cluc. Pourquoi on n'arrive pas à avoir cette abondance d'argent chez Sopreneur ?
- Speaker #1
C'est génial déjà que tu l'admettes comme ça. Ah mais clairement. Et que tu en parles. Je trouve que c'est important. Et parce que c'est ok, en fait, de ne pas trouver tout de suite la bonne méthode et la bonne recette.
- Speaker #0
On a tout essayé. On a pris une fundraiseuse qui nous a aidés, qui a vraiment fait de son mieux. La pauvre, ça l'a démotivée au possible parce que c'était dur de trouver de l'argent pour nous. Non, mais tu vois, je me dis des fois, d'un côté, ça me rassure. Ce n'est pas que nous. Même les pros, elles ont galéré. Mais en fait, c'est qu'aider les assos preneuses, donc aider les humaines qui créent des assos, ce n'est pas considéré comme une cause. J'ai compris ça par la philanthropie, ni par les subventionnements publics. C'est... On est en impact indirect, au intermédiaire d'impact, tu l'as dit.
- Speaker #1
Et l'entrepreneuriat n'est pas vu comme une cause de toute façon en France. L'entrepreneuriat même, en format commercial, particulièrement l'entrepreneur individuel, est très très peu aidé en France. Il y a des aides à la création, mais entre le moment où la création a lieu et le moment où l'entreprise peut embaucher et commencer, en fait, il n'y a rien entre les deux.
- Speaker #0
Je sais que c'est rigolo que tu dises ça, parce que les assopreneuses, quand elles viennent dans le programme, elles me disent « Bon Claire, elle est où la subvention de démarrage d'une asso en France ? »
- Speaker #1
Ça n'existe pas.
- Speaker #0
Tout le monde croit qu'elle existe. Et là, je leur dis « Oh là là, je suis désolée. » Je leur dis « Ça n'existe pas. » Je dis « Pardon, mais il y a 25 autres façons d'aller chercher l'argent. » Et on y va. Mais c'est vrai que tout le monde pense qu'il y en a. « Allez, donne-moi un petit peu ce petit budget de départ. » Ben, il n'y a pas, en fait. Le budget de départ, c'est le tien, c'est ta bourse. C'est ton porte-monnaie, malheureusement. Donc voilà, nous, on galère. On galère beaucoup. aussi parce qu'on est intervenir d'impact, j'ai compris après qu'ok, ce que je propose aux assopreneuses, j'ai fait une formation qui s'appelle « Comment chercher l'argent pour le trouver ? » Et c'est une formation tournée vers l'argent privé, la philanthropie privée. Et en fait, à un moment, je me dis « Mais attends, est-ce que je suis légitime, en fait, à faire cette formation, alors que moi-même, je n'arrive pas à trouver l'argent suffisamment pour assopreneur ? » Alors que par contre, mes assopreneuses qui prennent ma formation, qui suivent mes modèles, j'ai fait des modèles de comment contacter une fondation qu'on ne connaît pas du tout. J'appelle ça le modèle de premier contact. Et bien, quand elles suivent la formation, la façon de faire et tout, ça cartonne. Elles trouvent l'argent.
- Speaker #1
Donc, vous avez essayé l'appel à fond public, l'appel à fond du public plutôt, la philanthropie privée. Vous avez essayé aussi, j'imagine, des adhésions, développer les adhésions. Oui,
- Speaker #0
on a fait des adhésions un petit peu. On a fait du sponsoring privé d'entreprise, d'entreprise de services aux assos qui était partenaire. Ça, ça a max 25%. Il y a eu des années où on était au total des 25%. Donc, ce petit carré était fait. On a aussi essayé l'argent public. Tout de suite, on a essayé. Moi, j'ai toujours dit qu'il faut essayer. De toute façon, l'argent public, il n'y en a plus depuis 20 ans. Ça descend comme ça, blim,
- Speaker #1
Tout le monde dit, oh là là, mon Dieu, il n'y a plus d'argent. Mais ça ne veut pas dire que l'argent n'est plus là.
- Speaker #0
Mais il faut essayer, exactement. Il faut essayer,
- Speaker #1
parce que de toute façon, si tu n'y vas pas, déjà, en fait, moi, ce que j'ai pu constater aussi dans mon expérience de Dex Fundraiser, c'est que pour le coup, si tu ne toques pas à la porte des élus, de toute façon, il y a... aucune raison pour lesquelles il crée un financement sur ton sujet si tu ne prends pas contact avec eux de toute façon. Et c'est valable à la fois pour les financeurs publics et pour les financeurs privés. Après, c'est sûr, il ne faut pas être pressé. Parce que ça peut prendre 5 à 10 ans. Mais en fait, le premier truc, c'est d'abord d'aller essayer de créer l'opportunité. Parce que même si elle n'est pas là, ça pourra peut-être créer quelque chose par le futur. Ou pas. Mais au moins, il faut oser y aller. Je suis complètement d'accord avec cette idée.
- Speaker #0
C'est pour ça que je dis maintenant, il faut chercher l'argent pour le trouver. mais je suis complètement d'accord et puis ce que tu as dit c'est que parfois ça tombe au bout de 5 à 10 ans et effectivement en fait nous on crée notre assaut on sait qui on va aider on sait comment on le fait on sait que ça va marcher ou en tout cas on l'a testé et tu sais on est un peu naïve et on vient toquer à la porte pour dire vous voulez bien m'aider c'est super ça marche c'est génial et en face de nous l'autre être humain qui est en face il ne connait pas il ne sait pas qui on est il n'a pas envie de nous donner de l'argent tout de suite et en fait il y a une espèce de capital confiance qu'on n'a pas forcément quand on est assopreneuse tu sais on est juste une être humaine parmi il y a Je ne sais plus combien on est sur Terre. 8 milliards, je ne sais plus combien. Et on ne connaît pas. C'est pour ça que c'est très différent d'être dans une des 10 plus grosses ONG françaises qui, elles aussi, galèrent pour trouver de l'argent. Je ne dis pas que c'est plus facile, mais on a la force de la reconnaissance, de l'expérience, de l'impact. Mais quand on est une assopreneuse, on ne nous connaît pas. Et donc, on ne nous donne pas forcément l'argent tout de suite. Donc, ça prend du temps de ce capital confiance de se faire connaître. Donc, c'est très long. Nous, on a essayé l'argent public. On n'a pas réussi. Pour différentes raisons, qui, ce n'est pas la peine d'en parler. C'est pas intéressant. Je pense que c'est une question d'être humain et d'être humaine, où on n'a pas réussi à se faire comprendre de ces gens-là, je vais le dire comme ça. Oui, oui, tout à fait.
- Speaker #1
Et puis des fois, en plus, avec les financements publics, t'es aussi un petit peu, comment dire, contraint par la couleur politique aussi, de la collectivité que tu as en face de toi. Et effectivement, il y a parfois des gens qui comprennent ton secteur, d'autres qui ne le comprennent pas du tout, et qui même parfois ont des préjugés. Donc c'est vrai que c'est extrêmement compliqué. En tout cas, là-dessus, t'as pas la main. Ça, c'est clair que t'as pas la main.
- Speaker #0
Pendant des années, on a essayé. Je pense qu'on n'a pas eu les bons mots pour faire comprendre. On a eu un refus catégorique. On a même une personne qui est venue nous dire « C'est mal ce que vous faites, c'est mal ce que vous faites. Vous détournez la loi T901. » Mais c'était fou. J'ai envie de dire « Attends, tu veux qu'on fasse un battle de qui connaît mieux la loi T901 ? Si tu veux la faire, moi, je t'écoute. » Donc voilà. Donc en fait, ça, on n'a pas réussi. On a laissé tomber. Donc moi, c'est-à-dire que maintenant, je n'y vais même plus parce que je n'ai plus le temps de m'épuiser à y aller pour rien parce que j'ai essayé pendant plusieurs années. Et en fait, la seule chose qu'on n'est pas vraiment... Alors, je remercie, il y a une fondation qui continue de nous soutenir, que je ne citerai pas parce qu'elle souhaite rester anonyme. Mais c'est... Merci. Vous continuez à nous soutenir chaque année. Merci. On vous aime. Amour. Merci. Donc, la seule chose qu'on n'a pas essayé, c'est d'aller chercher l'argent du mécénat d'entreprise. Ça, on n'a jamais essayé. Et donc, c'est la dernière carte que je voudrais... Tu sais, taper sur... Allez, je sors ma carte. Mécénat d'entreprise. Allez, c'est parti. Et cette carte-là... J'ai mis du temps à le... J'avais besoin de le cheminer, en fait. Cette piste-là, cette branche de la recherche de fonds, j'avais besoin de la cheminer parce que je ne savais pas comment l'aborder. Je crois qu'il y a 6 millions d'entreprises en France, des entrepreneurs, c'est énorme. Comment y aller, comment le positionner ? Et ça y est, j'ai eu le déclic il n'y a pas longtemps. C'est le fonds pour les femmes de l'intérêt général, le FIJ. Parce que les femmes, avec le FIJ, elles changent le monde. Et donc là, je voudrais aller chercher l'argent des femmes entrepreneuses.
- Speaker #1
pour financer ce fiche. C'est un nouveau projet adossé à au-sopreneur.org, du coup, que tu veux lancer, ce nouveau projet, le fonds pour les femmes de l'intérêt général, du coup, pour permettre, alors, pas de créer une forme de fonds impact, mais un petit peu dans l'idée, c'est ça, en fait, de venir pouvoir apporter un soutien financier, aussi, aux assopreneuses.
- Speaker #0
C'est ça. Voilà, ce fiche, en fait, c'est Assopreneur qui le porte. Si jamais il marche, un jour, il deviendra Il deviendra fond de dotation, certainement, mais pour l'instant, il reste hébergé chez nous. Et ce fiche, en fait, l'idée, c'est que chaque entrepreneuse qui va donner de l'argent, il y aura 50% de son don qui sera reversé directement à une des assopreneuses qu'on accompagne. Donc, dans l'impact direct. Et il y aura 50% qui ira à nous aider à financer notre programme, c'est-à-dire l'accompagnement de ces fameuses personnes. Et donc, comme ça, grâce à ce... On s'est dit que comme ça, on aide... Moi, ma mission, j'ai toujours dit, je voulais qu'assopreneurs, on aide à co-financer les assopreneuses. Il faut qu'on finance les trois premières années. de salariats des assopreneuses, parce que c'est tellement difficile. Et ça crée de l'emploi, et ça fait des personnes qui aident les autres, etc. Dans la non-lucrativité. Donc avec RAS, ça se fige. On va peut-être réussir à financer assopreneurs, enfin ! Et on va peut-être aussi réussir à continuer notre impact et nos objectifs qui est d'aider à co-financer directement les assopreneurs.
- Speaker #1
Donc je crois à cet homme. Dans l'accompagnement, il y a effectivement une subvention au démarrage, mais il y a aussi surtout tout ce programme d'accompagnement que vous faites avec de la méthode O, avec du soutien. de paire aussi, de la paire aidance, j'imagine. Oui, c'est ça, exactement. Et puis, en fait, toutes ces choses qui vont venir pas que soutenir financièrement le projet, mais finalement soutenir aussi le, la dirigeante dans ses débuts et dans le développement de l'idée. Ce qui sont des choses qui existent dans le secteur commercial, en plus. Mais en fait, c'est ça. Mais sur lequel on n'a pas du tout l'habitude d'avoir ce mode de pensée dans l'économie d'intérêt général. C'est ça.
- Speaker #0
En fait, les donatrices du futur donatrice de ce fige qui moi dans mon esprit idéalement sont des entrepreneuses mais toute personne qui veut donner peut donner en fait je me dis que ce sont des femmes entrepreneuses parce que qui voudraient aider d'autres entrepreneuses déjà il y a cette paire ce sont des femmes certainement féministes qui croient à la sororité et au fait que les femmes qui ont réussi à dépasser un plafond de verre qui ont réussi à tirer l'argent qui ont réussi à leur... à avoir cet argent qui leur permet de vivre et de gérer leur activité, ont envie un petit peu de donner un coup de pouce à celles qui galèrent. Et je crois aussi beaucoup, je pense que ce seront des femmes qui croient justement dans le co-développement, les masterminds, les mentors, la formation, le fait de continuer à s'améliorer progressivement 1% chaque jour. Et je pense que la donatrice, à mon avis, du FIJ, ce sera ça. Une entrepreneuse, peut-être féministe, qui fait partie d'un mastermind ou a lancé son propre mastermind pour ses clientes. qui mentor, formatrice, coach, ou qui participe à des sessions comme ça et qui a grandi avec les autres. Et qui a envie, en fait, de se lancer dans l'impact, dans le mécénat, ou de continuer. Et qui a envie de faire partie de cette communauté de femmes mécènes en lien avec des femmes assoprenantes. J'ai envie de créer ce mouvement-là, en fait.
- Speaker #1
Ok, j'entends tout à fait. C'est marrant, c'est un mouvement similaire dans lequel je suis avec le podcast, la va créer, de toute façon. Mais je trouve qu'effectivement, là où cette... Ce projet est particulièrement bien fondé et pour moi, il a du sens, je trouve, d'après ce que tu nous dis. C'est qu'aujourd'hui, on ne peut plus avoir le luxe d'être chacune dans notre coin. À un moment donné, les besoins humains, sociaux, environnementaux, ils vont être tels que, déjà, d'une part, on ne va plus pouvoir faire du business comme avant parce que dans une société où les gens n'ont plus les moyens de se payer ton offre ou ton service, à un moment donné, il va bien falloir faire quelque chose. Et deuxième chose, compte tenu des cafouillages en matière de leadership de notre gouvernement et du contexte politique actuel du pays, c'est sûr que la solution ne viendra pas d'en haut. Donc la raison pour laquelle se mettre ensemble, se réunir est important c'est qu'au moins la solution dont on a besoin on va toutes la créer ensemble. Et je trouve que c'est particulièrement cohérent par rapport à ça. En tout cas, moi, c'est ce que je constate, même au niveau de l'entrepreneuriat classique. Les masterminds se multiplient, les communautés d'entrepreneurs se multiplient. Parce que, déjà, de toute façon, pour prospérer en tant que femme dans ce système capitaliste patriarcal... Se réunir, c'est le plus important. Et oui, il y en a certains qui ne sont pas contents parce que ça veut dire que ça va leur enlever des opportunités. Mais à un moment donné, nous aussi, on a le droit d'avoir des opportunités, de les garder pour nous et parce qu'on se les a créées.
- Speaker #0
Ils ont eu 4000 ans, les mecs.
- Speaker #1
Et deuxième chose, surtout, si on veut créer de la richesse collective, il faut qu'on commence par le faire ensemble. Et donc déjà, commencer par donner la possibilité. Alors là, on n'est pas du tout sur une notion. plus à l'heure. C'est vrai que ça peut être potentiellement une difficulté pour les auditeurs et les auditrices qui nous écoutent de se dire « Oui, mais là, je vais faire du mécénat, je ne vais pas avoir de retour sur investissement. » Parce que c'est vrai que ce qui se fait classiquement, quand on est financeur-investisseur, c'est d'investir dans une société pour obtenir du retour sur investissement à 5, 7, voire 10 ans. Et le but, ce n'est pas de rester dans le projet, c'est juste de l'accompagner à moyen terme et pas forcément de rester longtemps. Quel est l'avantage, selon toi, d'intervenir, de soutenir ce genre de projet de cette manière-là, avec le mécénat d'entreprise ?
- Speaker #0
En fait, c'est se lancer dans sa stratégie d'impact en tant qu'entrepreneuse. C'est merveilleux, parce qu'en fait, c'est aller dans cette intention. On en a parlé tout à l'heure, on parlait de l'intention avec laquelle on crée, avec laquelle on entreprend. Aller dans la stratégie d'impact pour son entreprise, qu'on soit seul. On est entrepreneuse, qu'on ait 20 salariés, 250 salariés, qu'on soit seul, on est autant entrepreneuse et puissante. Donc aller dans sa stratégie d'impact, pour soi et pour ses salariés et son entreprise, ça apporte énormément en tant qu'être humaine. Il faut le dire. Et ça, c'est quelque chose que l'économie lucrative ne valorise pas, n'est pas valorisée, qui n'existe pas. Ce capital humain, d'humanité, n'existe pas et n'est pas valorisé dans le monde de l'argent actuel. Mais il existe en fait. C'est une question d'énergie. C'est une question de santé mentale. C'est une question de vie, en fait. Donc ça, déjà, de se lancer là-dedans, on est dans une autre énergie.
- Speaker #1
Et au-delà de ça, si je peux me permettre d'ajouter ça, c'est aussi une question de qu'est-ce qu'on laisse derrière nous ?
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'on laisse derrière nous ? Qu'est-ce qu'on transmet ?
- Speaker #0
Tu as raison. C'est ce matrimoine, finalement. Et merci de m'aider à placer ce mot, parce que ce mot, matrimoine, c'est une assopreneuse, Christy, qui a créé une communauté qui s'appelle Bien Plus Qu'une Auto. Et en fait, elle parle de matrimoine automobile, parce que son sujet, c'est dans l'automobile. grâce à la mobilité, qui donne de la mobilité aux femmes. Mais ce matrimoine, c'est ça, c'est qu'est-ce qu'on laisse comme héritage ? Tu as raison.
- Speaker #1
On n'est pas obligé de lui donner la signification du XVIIIe siècle. Le matrimoine, ce n'est pas que s'occuper de faire des mariages.
- Speaker #0
Non, justement.
- Speaker #1
Et de s'occuper du foyer. Développer un matrimoine, ça peut être juste le penchant féminin, le mot féminin pour désigner un patrimoine.
- Speaker #0
C'est comme ça que je l'emploie, exactement. Merci de préciser, mais c'est vraiment pour ça. Et ce matrimoine, d'ailleurs, on le sait dans l'invisibilisation des femmes, dans l'histoire, dans les inventions, on le sait. Aujourd'hui, ça a été quand même vraiment expliqué par les féministes, et merci à elles de nous aider à ouvrir les yeux, en fait. Donc voilà, il y a cet héritage. Et en fait, ça, c'est pour le futur, l'héritage. Enfin, le futur et le passé. Donc, si on est dans le présent, on dit, oui, d'accord, mon matrimoine, c'est bien gentil, mais moi, c'est maintenant, en fait, que je dois manger, que je dois créer mon entreprise. OK, je suis complètement d'accord. Mais dans l'instant présent... L'intention, la stratégie d'impact, elle change notre intention, elle change notre énergie et elle va nous mettre en relation avec des personnes, tu parlais de la paix et l'aidence, avec des personnes qui sont dans la même vibration. Rien que ça, c'est super important. Et ça, c'est quelque chose qu'on ne peut pas matérialiser et qui n'est pas valorisé, mais qui existe. Ensuite, il y a le fait d'élargir son réseau parce que le monde est réseau. Les êtres humains et les êtres humaines sont réseau. Et donc, tout se passe par réseau. Donc, faire partie du FIJ, c'est un réseau. Voilà. Et avec d'autres valeurs, avec d'autres connexions, tout aussi intéressant qu'un autre. Je ne mets pas de jugement de valeur sur les... Mais tout réseau est important, il donne de l'énergie. C'est une façon d'aller donner de l'énergie, d'en recevoir. Hyper important. Et ensuite, il y a le fait d'avoir un impact, mais alors de malade en fait. Parce qu'avec Assopreneur, je peux vous dire qu'on est super efficace. On est super efficace pour aider les assopreneuses qui aident tous les jours nos mères, nos femmes, nos sœurs, nos voisins, les animaux. Mais c'est ouf, moi tous les jours dans Assopreneur depuis 10 ans, je vois le pire de ce que peut faire l'être humain, c'est-à-dire dans les fragilités, dans les injustices que met les assopreneuses sur lesquelles elles travaillent, et je vois le meilleur de l'être humain dans ce qu'elles font pour aider les autres. J'ai Gloria, elle libère des femmes et leurs bébés au Bénin, parce que les femmes qui viennent d'accrocher n'ont pas les moyens de payer les factures d'hôpital, et malheureusement elles sont retenues en otage par les établissements médicaux, parfois pendant 9 mois.
- Speaker #1
Oh mon Dieu !
- Speaker #0
Même si elles ont été violées. et qu'elles ont eu un bébé, même si leur enfant est décédé. Des choses horribles. Donc en fait, elle libère ces femmes. En fait, tu vois le pire de l'être humain, et tu vois le meilleur dans la sobrenorité. Si on devient donatrice de figes, on fait ça, on contribue à ça. Mais c'est la vie. Et en plus, il y a l'intérêt fiscal. Mais ça, je sais que ce n'est pas... Je le dis en dernier parce que souvent, ce n'est pas ce qui motive un don. Mais il y a quand même l'intérêt fiscal.
- Speaker #1
C'est le truc qui facilite, mais ce n'est jamais le premier argument. Je sais que ce n'est pas le premier argument. Effectivement, tu vois, je voulais rebondir là-dessus. Il y a effectivement la défiscalisation possible de son don. Déjà, qui est un véritable argument, qui est une possibilité. Alors attention, ce n'est pas magique. ça reste on va dire 40%, ça veut dire qu'on donne quand même 40% du chiffre d'affaires, des bénéfices de son entreprise, mais pour une bonne cause. Moi, quand même, l'argument que j'ai pu constater, qui fonctionnait beaucoup avec les donateurs, notamment les dirigeants d'entreprises, c'est que s'investir, même investir dans ce genre de projet, financer ce genre de projet, soutenir ce genre de projet, c'est aussi une autre manière de se réaliser.
- Speaker #0
Carrément, merci.
- Speaker #1
Et ça, c'est vrai que ce n'est pas très répandu en France. C'est vraiment une vision très anglo-saxonne de la chose, de se dire « la société m'a aidée à devenir riche, donc je vais rendre, je vais give back » . Mais on peut voir les choses comme ça en France aussi, même si on paye beaucoup d'impôts. En fait, on peut aussi voir ça comme une manière de rendre à d'autres entrepreneuses, à des femmes qui s'attaquent à des sujets auxquels On aimerait bien pouvoir contribuer, mais sans trop pouvoir le faire. Et c'est une manière intelligente aussi de financer la professionnalisation de ces associations, parce que plus on leur donne les moyens de devenir autonomes et de se professionnaliser, plus ces associations seront pérennes, viables, robustes sur le long terme. En tout cas, c'est ça que ça m'évoque, ce que tu nous présentes. Merci beaucoup Claire, en tout cas, pour... pour ta présence dans ce podcast. Merci beaucoup pour le message d'espoir que tu diffuses, un message de foi aussi en l'humanité qui est très puissant. Quels sont les futurs enjeux pour Assopreneur aujourd'hui et quels sont surtout les futurs projets que tu as envie de mettre en place ?
- Speaker #0
J'adore cette question, je te remercie. Il y a tellement de choses, j'ai tellement de cadeaux, j'ai tellement de projets cadeaux justement. Ce qu'on aimerait faire, c'est créer un guide pratique de l'assoprenariat. pour que les personnes puissent avoir dans leur poche toujours toute la méthode, les méthodologies, les modèles pour assoprendre. Parce que plus il y aura de personnes qui sont formées, informées sur la façon d'entreprendre en assaut, plus il y aura de création d'assaut, de personnes qui prennent soin des autres dans la non-lucrativité, d'intention, etc. Il y a ça. Il y a la tournée des assopreneuses. J'adorerais faire un partenariat avec un média et qu'on aille partout en France aller voir ces fameuses assopreneuses et tout ce qu'elles font. C'est toute cette petite goutte que nous sommes dans ce bel océan. J'aimerais qu'on leur donne plus la parole sur des tranches de vie. J'adorerais le faire moi-même dans mon podcast, mais là, c'est une énergie que je n'ai pas aujourd'hui, malheureusement. Donc, si quelqu'un a envie de faire ça avec moi, je suis là. Pour aller partout en France, il y a énormément d'insopreneuses et c'est tellement beau. Il y a aussi, moi, ce que j'aimerais créer, c'est le big de l'insoprenariat. Par BPI, si tu m'entends. J'adorerais travailler avec toi. Mais on a besoin d'un big, nous aussi. Comme il y a le big pour les entrepreneurs, ce qui est quand même un sacré moment. Nous, on a besoin du big de l'assoprenariat. Nous, on a créé un événement qui s'appelle « J'adore mon assaut » et « Assaut Expo » . Mais on a besoin d'aide pour donner toute sa grandeur, toute sa puissance à cet événement. Et ce serait en fait le moment de l'assoprenariat où toutes les assopreneuses se rejoignent pour un moment d'inspiration, de temps fort, de témoignage, de mise en valeur. Moi, je veux que quelqu'un rentre dans la scène avec plein de lumières, de tabours, d'une super musique de ouf et qu'on soit dans la joie. dans la joie de s'oprendre, dans la joie de créer.
- Speaker #1
Une vraie conférence, quoi. Voilà, un vrai sommet. Comme un sommet, en fait, finalement. Un sommet de la Soprenoria.
- Speaker #0
Donc, s'il y a quelqu'un ici qui aimerait aider à financer ou organiser ce sommet, ce big de la Soprenoria, on y va ensemble. Voilà, ça, j'en rêve. Et puis, il y a Sophie, le fonds des femmes d'intérêt général, c'est ce qui va prendre toute mon énergie, là, pour aller chercher l'argent et le redistribuer. et pour nous consolider nous aussi parce qu'on a besoin d'aide en fait. On est dans une situation, je le dis clairement, on est dans une situation qui est très difficile nous aussi et on a besoin d'aide rapidement. Et bien sûr, on continue le programme Assopreneur, on a passé notre millième Assopreneuse accompagnée, on va continuer. Mon objectif, Axel, c'est un million d'emplois à créer dans l'assoprenariat dans les 15, 10, 15 prochaines années. C'est autant d'emplois qu'il y a à créer dans les entreprises lucratives. En fait, il y a tout un pan de création d'emplois parce que qui dit création d'emplois dit quand même se pérenniser soi-même aussi. Et pour éviter la pauvreté, pas que continuer l'impact, c'est aussi pour nous en tant qu'être humaine. Et bien, il y a un million d'emplois créés dans l'astroprenariat. Il faut qu'on y aille ensemble. Donc ça, c'est ça le futur.
- Speaker #1
Tout à fait. Ça, c'est une super ambition et merci de l'apporter en tout cas avec ton projet. C'est vrai qu'il ne faut pas l'oublier que derrière tout ça, il y a des emplois à créer et il y a tout un pan de l'économie à soutenir finalement. Et en plus, une économie qui a toute sa place aujourd'hui au XXIe siècle, particulièrement avec les difficultés, l'instabilité et surtout les fluctuations qu'on va rencontrer et les crises qu'on va rencontrer au XXIe siècle. Ne jamais oublier qu'il y a ça aussi qui arrive. qui arrivent aujourd'hui face à nous, et que soutenir des associations qui peuvent permettre à la société d'être plus résiliente et plus robuste par rapport à toutes ces transformations qu'on va se prendre, c'est aussi pouvoir faire en sorte que demain, il y a toujours notre liberté d'entreprendre qui est garantie, il y a toujours notre liberté aussi de pouvoir consommer, de pouvoir s'exprimer, de pouvoir... En fait, toutes ces choses-là font que ça contribue au fait qu'on ne tombe pas. dans un déclin et les associations sont là pour ça aussi. Il ne faut pas oublier leur rôle au sein de la société. Un peu comme dans la biodiversité où avoir une diversité d'arbres fait que ça permet à un paysage d'être beaucoup plus résilient et résistant par rapport aux dangers climatiques, aux fluctuations climatiques.
- Speaker #0
Je te remercie, Axelle, de dire ça. Ce déni de liberté qui nous pend au nez. Tu as raison, mais tu m'ouvres les yeux. Je n'ai jamais réalisé que l'asoprenoria, c'était... garantir la liberté. Et pourtant, je dis toujours que c'est la première loi de liberté, mais je te remercie, je ne l'avais pas vue comme ça.
- Speaker #1
Trop bien, on a bouclé la bouche, c'est génial. Je te remercie beaucoup Claire pour ta transparence et pour ton témoignage dans le podcast. Si tu as un mot de la fin à donner à nos auditeurs et nos auditrices, lequel est-il ?
- Speaker #0
Déjà, je te remercie Axelle, merci beaucoup d'avoir ce podcast, la joie de créer, de faire ce que tu fais tous les jours. Et merci aux auditrices aussi. Et mon mot de la fin, ce serait d'écouter son instinct. d'écouter son instinct qui essaye de nous dire où est-ce qu'on peut aller, qu'est-ce qu'on pourrait essayer, un peu qui on est. Et c'est tellement difficile de l'écouter, je sais que ce n'est pas facile de dire ça. Ouais, t'es bien gentille, écouter son instinct, quand on est débordé, crevé, bah oui, je sais, moi aussi je galère.
- Speaker #1
Et qu'on aille dans le guidon.
- Speaker #0
Donc, je sais que ce n'est pas facile, mais je crois que la clé, elle est un peu là quand même. Parce que dès qu'on trouve ses rails, ou plus on trouve nos rails, et plus on s'accomplit, et moins on galère, et moins on est contre le vent, et plus on surfe sur la vague. Bon, ce n'est pas facile. mais essayons d'écouter notre instinct et de nous faire confiance
- Speaker #1
Très souvent on a les réponses c'est juste qu'on ne veut pas les écouter
- Speaker #0
Oui, je suis d'accord
- Speaker #1
Je suis assez d'accord avec ça Merci beaucoup Claire, où est-ce que peuvent te contacter les auditrices si elles veulent te parler du FIJ ou si elles veulent te parler d'autres choses ou même juste te féliciter pour ce que vous faites
- Speaker #0
Envoyez-moi tous les mots d'amour que vous voulez
- Speaker #1
Alors envoyez beaucoup de mots d'amour à Claire c'est aussi mais où est-ce qu'elles peuvent te contacter
- Speaker #0
Mon profil LinkedIn, ouais. Envoyez-moi un petit message, envoyez-moi une demande de mise en relation. Je dois dire que j'accepte toutes les demandes de mise en relation de femmes. J'accepte tout le monde, même si je ne vous connais pas. Parce que ça, tu sais, c'est mon geste sorore. J'ai entendu une fois, j'écoute plein de conférences de féministes, et un jour, j'ai eu une personne qui a dit « Quel est votre geste féministe chaque jour ? Qu'est-ce que vous faites chaque jour comme petite action pour aider une autre femme ? » Je me suis dit « Moi, je vais faire, en plus de ce que je fais, qui pour moi est déjà de la sororité, Je me suis dit, j'accepte sur LinkedIn toute demande de connexion de femmes. Donc, contactez-moi sur LinkedIn ou sur mon adresse mail, claire-autant-leur.org.
- Speaker #1
Génial. Super. Je mettrai les liens en description de l'épisode. Merci beaucoup, Claire, pour ta présence. Et puis, à très bientôt.
- Speaker #0
Merci, Axel. Générique