- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans la joie de créer le podcast dédié au financement de projets à impact porté par des femmes. Dans ce podcast, tu découvriras des conversations avec des créatrices engagées, des leaders conscientes et des entrepreneurs sociales qui viendront nous raconter comment elles ont financé leurs projets à impact. Mon intention à travers ces retours d'expérience est de t'apporter de la clarté sur les leviers à ta disposition pour permettre toi aussi à ton projet de grandir. Je suis Axelle Roy, ton hôte. Je suis entrepreneuse depuis 10 ans. Je suis maman de deux petits garçons de 4 ans et 5 mois. Je suis conférencière et experte en stratégie de financement pour les projets à impact. Je suis moi-même passionnée par le processus créatif, d'où le nom de ma boîte, la joie de créer, par la manière dont on donne vie à ses rêves et dont on les concrétise en un projet stable, pérenne et robuste au service d'une vie riche et pleine de sens. Je suis convaincue.
- Speaker #1
que financer son projet devient une véritable source de joie avec la bonne stratégie pour soi. Et c'est ce que nous allons explorer au fil des épisodes.
- Speaker #0
Dan Ausha, bonjour ! Je suis ravie de t'accueillir dans le podcast La Joie de Créer. Avant de démarrer, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Bonjour Axelle, bonjour aux auditrices, je vais bien et je suis en joie d'être avec vous aujourd'hui.
- Speaker #0
Super ! Super, magnifique. Je suis vraiment ravie que tu nous accompagnes dans cette aventure. Je pense que ça va être une conversation particulièrement intéressante, puisque je connais un petit peu ton travail. Et je suis sûre que ton témoignage va vraiment apporter quelque chose à nos auditeurs et nos auditrices. Je voudrais d'abord commencer par une petite question rituelle. C'est en lien avec le thème du podcast qui s'appelle « La joie de créer » . Est-ce que toi, Dan, tu te considères comme quelqu'un de créatif ?
- Speaker #1
Ouh là là, oui ! Je suis une créative, créatrice qui a lâché les vannes et qui s'autorise vraiment à la création. Mais ça, ça fait longtemps. Je peux le compter en décennies maintenant.
- Speaker #0
C'est vrai ? Ok. Ça a été toujours le cas ?
- Speaker #1
Je crois que c'est une de mes grandes caractéristiques. Moi, j'ai créé ma première entreprise, j'avais 22 ans. Et je dirais qu'entre toute attente, c'est-à-dire qu'il y avait des grandes voix très tracées dans les grands groupes. Et puis, une opportunité s'est présentée, je l'ai saisie. Je pense que la vie, elle est faite de ça. Une opportunité. Et à nous de... Ah, je la prends, je ne la prends pas. Et je pense que quand on a 22 ans, et finalement, une petite expérience de la vie seulement, il faut avoir du culot pour y aller. Et du coup, croire en sa voix intérieure, quelque part. Alors, je ne l'appelais pas comme ça à l'époque, mais j'ai suivi... Voilà, c'est... petite intuition et grand bien m'en a pris. C'était un vrai terrain de jeu pour moi, un terrain d'exploration. En fait, toute ma vie est un terrain d'exploration.
- Speaker #0
Magnifique. Ça me parle beaucoup. Ça me parle particulièrement par rapport à ma propre manière d'entreprendre. Et tu as un petit peu décrit aussi l'état d'esprit du podcast, c'est vraiment voir ça. Alors, bien sûr, il y a les financements qui sont un terrain de jeu et de créativité pour moi extraordinaire, parce que c'est un sujet avec lequel je suis confortable. Mais au-delà de ça, je trouve qu'effectivement, l'entrepreneuriat, le fait de porter des projets qui soient à but lucratif ou non lucratif, en fait, la question c'est, est-ce que tu t'amuses ? Est-ce que tu crées ? Est-ce que tu apportes quelque chose de plus à l'intérêt collectif ? C'est des choses qui te parlent à toi ?
- Speaker #1
Mais carrément, comment tu vas tisser un fil quelque part à un moment donné ? Comment tu vas accepter aussi qu'il y a des moments où ça ne se passe pas comme tu aurais imaginé ? Mais finalement, après coup, tu vas te rendre compte que la vie t'a emmené sur un chemin qui était très intéressant pour toi. donc comment tu vas commencer avec un projet et puis peut-être un moment d'autre et dire c'est plus pour moi et je pense qu'il faut vraiment s'autoriser là-dessus alors on n'est pas dans une civilisation qui parle d'échec qui a de mauvaise presse avec l'échec et c'est très dommageable ça et les femmes ont une difficulté supplémentaire parce que finalement on nous a rendu sur des tâches assez subalternes pendant très longtemps on a quand même une civilisation très patriarcale en gros il fallait qu'on reste tranquille quoi et alors Merci. Imaginez, première entreprise, c'est à 40 ans en avant, mais il fallait un culot monstre pour se dire que, même quand on a fait une école de commerce qui était mon cas, il fallait en briser des tabous. Il fallait y aller. Et c'est chouette en même temps.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Alors, justement, j'ai envie d'en profiter. Ça, c'était la question que je pose généralement. Tu te considères comme quelqu'un de créatif. Sur ce prisme-là, est-ce que tu peux te présenter rapidement à nos auditeurs, nos auditrices, ceux qui ne te connaîtraient pas ? pour raconter un peu ton parcours, qu'on voit d'où tu pars et où tu es arrivé aujourd'hui. qu'on comprenne un petit peu ça avec toi.
- Speaker #1
Tu veux la version short ou un peu plus longue ?
- Speaker #0
Comme tu veux, je te laisse.
- Speaker #1
Un peu traditionnelle, formation sciences éco, sciences humaines, après je pars en école de commerce. Mais là, très vite, il y a un truc qui m'intéresse. Derrière, je vais faire une major en gestion des ressources humaines. Je veux comprendre c'est quoi la logique au-delà de la logique purement économique. Et finalement, je vais être très formée à l'école anglo-saxonne très, très tôt, qui allie, alors qu'en France, on ne sait pas le faire, qui allie en fait les dimensions économiques et les dimensions plus humaines. Et du coup, j'ai beaucoup appris à l'école anglo-saxonne, il faut le dire. Donc, à l'époque, ça se faisait très peu. Voilà, donc ça m'a amenée aussi à aller travailler à l'étranger assez vite, à me former avec, voilà, sur des outils de communication, sur des outils… de développement qui était plutôt anglo-saxon à l'époque. Donc, je vous l'ai dit tout à l'heure, j'ai créé ma première… Voilà, j'ai travaillé d'abord, on m'a donné une chance extraordinaire parce que du coup, je suis venue à des premiers experts en matière de gestion, ce qu'on appelait prévisionnel des emplois et des carrières. Donc là, on m'offre un poste magnifique dans une grande banque et on me dit, nous, on n'a jamais fait, mais voici la banque de demain et on a besoin de vous parce qu'on n'est pas du tout ajusté. pas du tout le profil à l'intérieur de ce qui va être nécessaire. Donc, on m'a fait très directe avec le comité de direction, génial. Alors, très challengeant parce que finalement, là, je vais travailler avec des gens qui ont de l'expérience, des gens plus âgés, à l'époque que des femmes, dans les comités de direction, que des femmes.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
moi, jeune première, voilà. Mais en même temps, faisant autorité. Et c'est ça qui m'a beaucoup renforcée dans mon capital confiance, in fine. Parce que ça veut dire que j'avais quelque chose à apporter, j'avais quelque chose à y faire qui pouvait apporter de la valeur dans cette boîte-là. Et puis du coup, je vais être identifiée très vite, on me demande de venir faire des séminaires ici, des conférences par là pour les dirigeants, pour les écoles de commerce, je joue le jeu, je trouve ça stimulant en même temps de continuer de transmettre en même temps en étant dans l'action et sur le terrain. Et j'ai toujours gardé en fait cette double dynamique. qui fait mon parcours, en fait. Voilà. Et puis, quelqu'un me repère et me dit, tu n'as pas envie de monter une entreprise ? Et puis, je dis banco. Voilà, je dis banco. Je voulais faire beaucoup de com, beaucoup de marketing direct. Et là, de nouveau, je vais me retrouver à encadrer des équipes. Et bon, tout cette senior, par rapport à moi, je me retrouve avec une centaine de personnes à manager. Ça fait du monde, mine de rien. Donc là, il faut gérer un peu autrement. Il faut gérer aussi les frustrations, les rivalités. Donc, j'apprends, j'apprends, en fait. le terrain m'enseigne. Et je pense qu'au-delà de ce que j'ai pu apprendre dans mes formations, c'est le terrain qui a été la valeur ajoutée la plus significative de l'histoire. Et puis, j'y prends goût, je continue ma barque. Alors là, je travaille comme une forcenée. Il faut dire aussi que j'ai beaucoup d'énergie, que j'ai une grosse force de travail et que du coup, je me sens hyper stimulée par ce que je vis. Mais arrive aussi un heureux événement de la vie, je deviens maman. Ah ! Je ne peux pas me prendre d'entreprise et gérer sa famille. Alors là, vous savez, les pendules à l'heure, qu'est-ce que je fais ? Alors moi, je suis d'une génération où c'était tout travail. Et moi, je me dis, il y a quelque chose qui ne colle pas non plus totalement dans cette histoire-là. Il faut que j'arrive à gérer ça un peu autrement et donc à innover. On retrouve mon côté créatif. Comment je ne vais pas juste suivre ce que les aînés ont fait ou ce que les hommes font pour leur carrière parce que ça ne va pas coller pour moi. C'est un moment de transition pour moi. Et là, je passe du côté du conseil, du consulting. Et donc, du coup, très vite, je vais commencer à accompagner des dirigeants, ce que j'avais déjà fait dans les séminaires, les conférences, etc. On ouvre des portes, génial, tant mieux. Et donc, là, je vais... devenir vraiment une spécialiste de l'accompagnement, du changement, des organisations et des hommes. Voilà, donc nouveau challenge parce que je vais travailler avec des dirigeants où on est tout le temps sur une sellette, donc là il faut être de nouveau créatif. Il ne faut pas s'endormir, il faut tout le temps se remettre soi-même en question, mais sans se laisser déstabiliser. C'est un vrai gros apprentissage ça. mais qui nous aidera sur notre sujet du financement aujourd'hui bien sûr tout à fait parce que c'est très très connecté en fait tout ça oui tout est très connecté mais comment on reste humble dans sa posture aussi voilà et là je vais beaucoup travailler à l'international ça va m'ouvrir un nouveau champ C'est un peu le thème aujourd'hui, comment on ouvre des champs, parce que du coup, je vais travailler avec des gens qui sont sur les cinq continents. Donc, ils ne pensent pas comme moi, ils ont une autre culture de départ, ils ont d'autres façons de voir la vie, et je vais être très confrontée. Parce que nous, avec nos enseignements, école de commerce, on est les meilleurs, on sait tout, etc. Ce n'est pas comme ça, en fait, la vraie vie.
- Speaker #0
Non, tout à fait.
- Speaker #1
Qui sait faire aussi des choses remarquables dans d'autres pays. Donc, je vais prendre, je vais me nourrir. beaucoup aussi avec des gens qui ont d'autres façons de procéder, d'autres façons de manager les équipes, un autre rapport au temps aussi. Ça, ça va beaucoup enseigner là-dessus. Et puis voilà, ça c'est un métier que je n'ai plus quitté, mais j'ai rebondi après, j'ai créé d'autres structures, on rencontre d'autres associés, donc on se dit j'ai fini mon bout de chemin avec ces associés-là, je pars sur une autre aventure. Et je me suis beaucoup autorisée. J'ai souvenir d'une associée qui me dit, « Tu te rends compte de tout ce que tu vas perdre ? » Et là, je lui réponds, « Mais je sais ce que je vais gagner. » En vous quittant, je sais aussi ce que je vais gagner d'autre. Et finalement, avec du recul, c'était juste, en fait. On pourrait se dire, c'est très arrogant de dire un truc pareil, mais au fond, non, parce que je me donnais la possibilité d'aller vivre encore autre chose. avec d'autres gens, d'autres boîtes. Et ça, c'est génial. Parfois, on a peur. Mais il ne faut pas se laisser non plus vaincre par les peurs des autres. Et ça, vraiment, c'est très issu de mon parcours. C'est que à chaque fois qu'on veut démarrer un truc nouveau, il y a les peurs des autres. Alors, on a les siennes. Est-ce qu'on est légitime ? Est-ce qu'on va y arriver ? Tous ceux qui ont entrepris quelque chose dans leur vie savent qu'on va être confrontés à un moment ou à un autre. Mais pire encore, quand on commence à parler de ses projets à d'autres, « Oh, mais tu te rends compte, mais c'est compliqué. » Enfin, ils vous trouvent 300 000 arguments pour vous décourager. Et ça, il faut arrêter de les écouter, parce que sinon, c'est jamais rien de sa vie, en fait. Jamais. Moi, je n'aurais jamais créé ma première entreprise, je n'aurais jamais créé les suivantes. Et vraiment, ça, c'est une leçon. Suivez ce que vous avez à l'intérieur, et pas ce que les autres vont vous raconter. Même quand vous allez avoir un projet qui vous tient vraiment à cœur, parfois. N'en parlez pas à tous les azimuts autour de vous. Parce qu'à la fin, vous allez être comme une girouette, ça va tourner dans tous les sens dans votre tête. Et in fine, vous n'allez plus savoir quoi faire, quelles décisions prendre, ça devient confus dans votre tête. Et là, vous vous éloignez complètement de ce qui vous fait vibrer à l'intérieur. Et c'est dommage.
- Speaker #0
On en a parlé dans la première interview que j'ai faite avec la première invitée du podcast, Omblin Becker. Quand on fait ça, en fait, on finit par déléguer son intégrité. Parce que ça demande une réelle intégrité de faire tout ce dont tu me parles. Donc, c'est marrant. Je trouve que les épisodes résonnent les uns par rapport aux autres. Donc, c'est toujours intéressant. Et oui, d'après ce que tu me dis, effectivement, quand on a ce côté explorateur comme toi, puisque c'est vraiment l'archétype qui me vient quand je t'entends me parler de ton parcours. Quand on est cette exploratrice, clairement, ce qui nous guide, ce n'est pas la peur de l'inconnu, parce que justement, au contraire, c'est ce qui nous nourrit, d'être inconnu là. Mais ce qui va nous permettre de nous sentir en sécurité et donc, du coup, d'éliminer un petit peu la peur, c'est ce sentiment de rester intègre par rapport à qui on est, par rapport à soi, par rapport à des choses qu'on voit, qu'on perçoit, qui nous paraissent justes et qu'on arrive, du coup, à se protéger de tout ça et continuer, en fait, d'avancer. comme tu l'as fait pendant longtemps du coup.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Ça peut être qu'on pourrait le résumer comme ça, en se disant peut-être qu'il y aura la peur, mais avance quand même et ne te laisse pas dévisser par les autres.
- Speaker #0
Ça me parle beaucoup, beaucoup. Merci, Dan. Alors, juste pour restituer un petit peu le contexte chronologique, donc tu me dis que tu as ouvert ta première entreprise à 22 ans après avoir pratiqué… Pendant un petit moment, déjà. C'était à quelle période, pour qu'on sache aussi, pour qu'on arrive à situer tout ça ?
- Speaker #1
Je crée ma première entreprise à la fin des années 80. Alors, resituée, c'est l'époque tapis. C'est important parce que c'est le gars qui rachète des boîtes à tir à l'argot, mais qui va les vider. Et moi, ce qui m'intéresse, c'est les nourrir.
- Speaker #0
C'est les remplir. Oui,
- Speaker #1
ce que je veux dire, c'est de leur donner de la consistance. Donc, lui, c'est bling-bling. Mais intéressant aussi parce que je suis une entrepreneur au féminin. Je ne vais pas aborder le monde économique, le monde de l'entreprise avec le même regard. Même si, il faut bien le dire vu d'où je venais, J'ai développé un gros yang à l'époque parce que pour résister, il faut quand même y aller, quoi. Pour ne pas se déstabiliser par ces messieurs qui se disaient, mais finalement, elle est en train de nous damer le pion, quoi. D'où elle sort ? Voilà. Parce que j'ai eu de la chance, j'étais en avance. Dans mes études, j'étais en avance, donc j'ai pu débarquer plus vite, tu vois, sur le marché. Mais c'est quoi cet extraterrestre, quoi ? Mais assumez-le qu'on soit un extraterrestre. Et je pense que plus ça va, plus il faut l'assumer. qu'on a une singularité, qu'elle est comme ça, et que c'est avec ça qu'on vibre, et qu'on en voit, quoi. Et tant pis si ça dérange. Tant pis. Assumons-le, quoi, à un moment donné. Non, parce qu'il n'y en a plus d'un qui essaie de me déstabiliser. Un jour, je me rappelle, en plein mois de juillet, j'avais un joli tailleur, mais pas de colon. Il y en a un qui me dit « Vous allez à la plage aujourd'hui ? » Je me mêle, quoi. Non, je n'ai pas la plage, je n'ai pas de collant, il fait une chaleur d'enfer, on ne va pas se mettre du truc synthétique sur les gens. À Paris, vous voyez ce que je veux dire ? On essayait de m'attraper, finalement, par des choses très secondaires.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. C'était une manière, quelque part, de te rappeler à ton rôle, à ton statut.
- Speaker #1
À mon rôle, je devrais être à la maison, à mon genre, et quand même, servir de beau plaidoyer. à mon compagnon, pour honorer sa carrière, lui faire des beaux enfants. Enfin bon bref, voilà.
- Speaker #0
Oui. Alors heureusement, les choses ont évolué, mais c'est vrai que ça résonne quand même encore aujourd'hui. Ça peut faire partie des choses que j'ai entendues ou que j'entends toujours aussi moi avec quelques décennies d'écart, tu vois. Donc pour le coup, ça... J'aime penser que les choses évoluent dans le bon sens, mais c'est vrai que c'est important de se rappeler qu'il y a des choses qui sont quand même toujours là et que ce n'est pas terminé.
- Speaker #1
On n'a pas tout gagné. Il faut rester attentive. Moi, j'ai des petites filles aujourd'hui, alors je peux vous dire que je transmets.
- Speaker #0
De ce point de vue-là, particulièrement avec des petites filles, qui elles seront d'une autre génération et qui pourront aussi faire d'autres choses à partir de leur réalité, bien sûr. Si je renoue le fil sur ton parcours, parce que tu as abordé des tonnes de sujets dans lesquels j'aimerais aller, mais il faudrait qu'on suive le fil, sinon on risque de partir dans tous les sens. Et puis, au pire, ça fera un autre épisode, on verra ce qu'on pourra en faire. Mais pour resituer par rapport à ça, tu m'as dit que tu as eu plusieurs entreprises. Et aujourd'hui, le sujet dont on veut parler, c'est pour un projet bien précis. Je voudrais notamment que tu nous racontes comment tu en es arrivé. déjà d'une part, tu nous as expliqué comment tu es arrivée à faire du conseil, mais je voudrais que tu nous expliques comment tu en es arrivée à parler de robustesse à des chefs d'entreprise et des dirigeants d'entreprise, parce que je trouve que c'est un vrai sujet.
- Speaker #1
Alors, il faut repartir au moment où on a eu la Covid. Parce que la Covid dans le monde de l'entreprise, c'est un moment où quand même il y a des phénomènes de bascule qui s'accélèrent.
- Speaker #0
Ça a été un choc. Voilà,
- Speaker #1
les choses étaient déjà là dans le panorama, mais il y a un phénomène d'accélération qui se produit. Et là, je décide du coup de lancer une grande enquête auprès de mes confrères et mes consoeurs dirigeants et dirigeantes, et de leur dire comment vous vivez l'actualité. comment vous voyez le futur et de quoi vous avez besoin. Et là, je prends soin d'interviewer sur des secteurs d'activités différents, avec aussi des âges du capitaine différents, et puis des tailles de structures aussi différenciées, pour que ce soit assez représentatif. Et à ma grande surprise, en fait, la synthèse est hyper simple et converge. Voilà. Ils disent tous qu'en fait, ils sont déstabilisés par l'actualité. parce que ça vient remettre sérieusement en question l'entreprise et comment elle fonctionne. On l'a bien vu et on comprend pourquoi aujourd'hui. L'avenir, zéro visibilité. La seule chose qu'on puisse dire, c'est qu'il va falloir qu'on change des choses parce qu'on ne va pas pouvoir continuer de la même façon. Les modèles s'essoufflent. Il va être nécessaire qu'on réintroduise une notion de temps long. Mais on a la pression des actionnaires, et on a la pression quand la structure est plus petite, de la survie de la boîte, et du coup, qui exige des stratégies à très court terme. Donc, en gros, on fait de la planification au maximum à six mois, et on est plutôt au trimestre. Et de quoi vous avez besoin ? On a besoin de réfléchir avec d'autres. On a besoin aujourd'hui, parce qu'il va falloir créer. Tu vois, on revient à notre axe de la création. On va devoir se réinventer. Voilà. Alors, c'est ça qui me plaît, moi, dans cette histoire-là. C'est ce que j'avais envie de travailler avec eux, mais je voulais les écouter. Et donc, du coup, comment est-ce qu'on va faire alliance ? Aujourd'hui, on a des tonnes de réseaux d'entrepreneurs, mais... On n'y a pas l'authenticité et la profondeur de champ pour travailler ces questions-là. Je dis, c'est très simple, on va créer un mouvement. Voilà. C'est tout simple la réponse. Vous avez besoin de ça, on va la créer. Donc du coup, c'est là que je mets en route le mouvement des entrepreneurs et dirigeants du troisième millénaire. Parce que le constat, c'est qu'on a changé de millénaire, mais qu'on fonctionne encore avec des vieux mécanismes du millénaire précédent, qui est autre lettre. Et en sachant même que dans l'entreprise, c'est pire, en fait. On vit sur des paradigmes qui datent de la révolution industrielle, mes amis. C'est hyper loin.
- Speaker #0
Oui. Et petite précision, bien sûr, le paradigme au niveau des entreprises, mais pas que, au niveau de la société aussi, on est resté sur ces paradigmes-là.
- Speaker #1
Carrément. Donc, des mécanismes de prédation, de colonisation, de ressources en abondance. Enfin, bon, sur ces sujets-là, nos limites, quoi.
- Speaker #0
Oui, et puis aussi en termes d'organisation du travail, on peut reprendre ce sujet particulièrement parce qu'il concerne particulièrement les entreprises, sur la question de l'organisation du travail, l'hyperspécialisation, la répétition des tâches, une annihilation presque du travailleur en fait, pour faire des gains de productivité, ce qui a permis justement la révolution industrielle. mais donc du coup... qui se traduit aujourd'hui encore dans les entreprises par une fuite en avant de la performance, avec ce paradigme de la performance, justement.
- Speaker #1
Et des collaborateurs qui décrochent et qui disent, « Non, on n'en peut plus. » Et la Covid aussi a amené ça. Il y a plein de gens qui ne sont pas retournés dans leur job. Il y a plein de gens qui ont dit, « Non, je vais changer de vie, je vais changer de métier. » Et puis pour ceux qui se sont sentis coincés et qui sont retournés, ils ont dit, « Mais je ne veux plus comme avant. » Et quand ça a été trop fort pour eux, c'est parti en burn-out. Donc, on voit l'explosion du burn-out. C'est-à-dire qu'il n'y a pas que l'économie qui brûle aujourd'hui, il y a les gens aussi. Et comme tu dis, il y a un parallèle. Alors là, je retrouve ce que je vous ai dit dès le début. Pour moi, il y a un lien entre le côté social et le côté économique. Et on ne peut pas les dissocier. Si on les dissocie à un moment donné, on va s'exposer en vol et on voit en ce moment à quel point il y a des souffrances, il y a des blessures et des difficultés. Donc, on lance ce mouvement. On met en place des sets, des événements, on travaille, il y a des beaux retours. Et puis, au bout de deux ans, on fait le point. On se dit, c'est génial ce qu'on a fait, mais là, il faut vraiment changer d'échelle parce que tout s'accélère dans le monde. Et il va être nécessaire de pouvoir amener d'autres modèles pour faire système.
- Speaker #0
Donc, ça, c'était en 2022, c'est ça ? Oui, exactement.
- Speaker #1
Exactement, voilà. Et donc... c'est là qu'on décide de créer un collectif qui s'appelle Fondation Troisième Élénaire. Donc, on sort aussi, c'est-à-dire qu'on innove nous aussi au niveau du modèle. Donc, ça veut dire qu'on n'a pas forcément besoin de recréer une structure juridique, mais on crée un collectif. Donc là, on donne à voir au monde aussi que ce qui va être important, c'est la coopération pour créer ensemble. Parce qu'on va avoir besoin de toutes les intelligences et de toutes les singularités pour aller plus loin. Et pour que nos sociétés, alors on entendra le mot société dans son double terme, nos sociétés à la fois nos entreprises, mais aussi notre nation, que ça tourne en fait. Et donc du coup, là ça veut dire aussi que dans les modèles qu'on va devoir imaginer, recréer, qui font du sens, là aussi dans tout… la compréhension qu'on peut avoir du sens pour l'individu, du sens pour l'entreprise, du sens pour notre société, eh bien, du coup, là, j'ai perdu mon fil en rajoutant ma petite parenthèse. Là, on va devoir travailler ensemble et sur des perspectives de plus long terme et il va falloir enclencher le mécanisme de la robustesse pour traverser les fluctuations. Je pense qu'il faut le dire aujourd'hui, du vrai chaos. Enfin, je veux dire, ça a besoin de dessins pour personne aujourd'hui.
- Speaker #0
Alors justement, j'ai deux questions à ce propos. La première, est-ce que tu peux nous expliquer... Le plus simplement possible, parce que ce n'est pas forcément un concept simple, c'est un concept très facile à comprendre, mais pas forcément simple. Est-ce que tu peux nous expliquer ce qu'est la robustesse et comment ça se traduit à l'échelle d'une entreprise ? Et deuxième question, j'aimerais beaucoup que tu me parles de ça. Comment il se caractérise ce troisième millénaire pour toi ? Quels sont ses attributs ? Comment tu l'imagines ce troisième millénaire ? Qu'est-ce que tu captes toi ?
- Speaker #1
Hello ! On va essayer de résumer ça de façon simple. La robustesse, ça va être notre capacité à retrouver une sorte de stabilité dans un monde de polycrise, qui est le nôtre aujourd'hui, mais aussi de capacité à pouvoir faire ça ensemble et qu'il y ait une durabilité quelque part et qu'il n'est pas juste le développement durable qui est une vaste fumisterie aujourd'hui, en fait, quelque part. Voilà. Donc du coup, comment est-ce qu'on va trouver d'autres mécaniques pour faire ça ? Et un des leviers va être la coopération. Et ta deuxième question, c'est ?
- Speaker #0
Comment tu le qualifies ce troisième millénaire ? Parce que tu nous dis qu'on est passé au troisième millénaire, mais on est encore resté dans des modèles qui sont deuxième millénaire. Comment ils sont ces modèles du troisième millénaire ? Comment tu te projettes dans ce troisième millénaire ?
- Speaker #1
Moi, ce que je vois, c'est que le deuxième millénaire a beaucoup appuyé sur la question de l'individualisme. tout est situé sur l'individu et la personne. Et du coup, ça crée une forme de violence, y compris à la personne. On parlait du burn-out, c'est-à-dire que c'est comme si on était tout le temps responsable de tout. Alors, on a une responsabilité, mais on ne peut pas porter tout. C'est comme si l'écologie, aujourd'hui, elle reposait sur les petites épaules. Tu comprends, si tu vides bien tes poubelles, mais ce n'est pas possible, ça, à l'échelle d'une entreprise, non. c'est comment est-ce qu'on va inverser les mécaniques ? Pourquoi est-ce qu'on fait autant d'emballages aujourd'hui ? Réfléchissons en amont, qu'est-ce qui cause tous ces problèmes à l'arrivée ? Parce qu'on peut toujours les trier nos déchets, mais pourquoi est-ce qu'on en fait autant ? Pourquoi est-ce qu'on en fabrique autant ? Donc en fait, pour moi, ce troisième millénaire, il fait qu'on revoit considérablement nos paradigmes. Donc, si on veut de la robustesse… Ça veut dire qu'il faut nécessairement changer le système et il va falloir multiplier les interactions. Parce que le deuxième millénaire est individualiste et prédateur.
- Speaker #0
Notamment sur les ressources.
- Speaker #1
Et donc, qu'est-ce qu'on a fait ? Quand on n'en avait pas chez nous, on est allé coloniser les autres. On est en train de voir ce qui se passe dans l'actualité aussi et comment est-ce qu'on est en salle au Venezuela. L'Iran, enfin bon bref, on va se nettoyer tous les territoires du monde entier si on continue comme ça. Et ce n'est pas jouable en fait, parce que pendant ce temps-là, il y a des populations qui sont en train de s'écouler, d'auto-révolter. Donc pour moi, c'est comment est-ce qu'on accepte qu'on est en train de muter en fait. C'est un changement culturel. Il n'y a pas que pour les femmes en fait, c'est un vrai changement culturel qui est à s'opérer. et c'est d'abord une mutation culturelle c'est comment on va changer nos mindsets et ça pour tout entrepreneur c'est parlant notre mindset c'est moi avec mes petits bras costauds je vais y arriver tout seul toute seule dans ma cabane j'ai beaucoup d'énergie beaucoup de volonté, ça va le faire et c'est pour ça qu'on dit et puis j'ai réussi tout seul je me suis fait toute seule vous voyez le truc là Mais ça, c'est absurde, quoi. On s'essouffle, on se disperse. Et il y a tellement de complexité, on est quand même dans un monde complexe aujourd'hui. On ne peut pas aujourd'hui résoudre ces problèmes complexes. Et alors là, moi, j'ai une pensée très Einsteinienne, parce que beaucoup le disent, mais peu le font. Si on veut résoudre les problèmes qui sont les nôtres aujourd'hui, on ne peut pas les résoudre avec le même niveau de pensée. Donc, c'est comment on va se décaler, on va changer notre niveau de pensée. Comment est-ce qu'on va changer notre rapport aux ressources ? D'ailleurs, je pense qu'il faudrait arrêter aussi d'appeler ça les ressources humaines, parce qu'on a fini par penser que c'était un capital qu'on pouvait jeter à la poubelle comme le reste.
- Speaker #0
Oui, et exploiter finalement comme n'importe quelle autre ressource, avec une abondance finalement. C'est cette fameuse abondance dont tu parlais.
- Speaker #1
Exactement. Et donc du coup, ça va changer aussi notre regard sur la technologie. Alors non pas pour la jeter, mais qui va rester le maître de l'histoire ? parce qu'aujourd'hui ça va tellement vite que il y a un truc c'est pas relu et puis c'est la vérité
- Speaker #0
Là, on va marcher sur la tête, on va aller dans le mur à ce jeu-là. Ce n'est pas possible, ça.
- Speaker #1
Quelle place tu donnes à la technologie et quelle place tu redonnes à l'humain, finalement, dans tout ça.
- Speaker #0
Exactement. Du coup, ça veut dire qu'il faudrait revenir vraiment à ce qu'était l'esprit des Lumières, qu'on a perdu aujourd'hui. Parce que c'était quand même avoir un mieux-vivre, en fait, dans nos civilisations. quand même au siècle de lumière, c'est quelque chose d'un peu plus lumineux, dans des perspectives qui étaient quand même parfois assez obscures. Là, je pense vraiment qu'il faut se réapproprier ça, il faut remettre quelque chose qui soit un peu motivant, encourageant aussi, parce que moi, j'aime beaucoup travailler en intergénérationnel aujourd'hui. Moi, j'écoute du coup beaucoup les jeunes, ils disent « Franchement, vous n'arrêtez pas de nous dire que le monde est pourri, que ça va dans le mur, et puis qu'on n'a plus rien à espérer. » Non, pas du tout, en fait. Là aussi, il faut sortir de ce genre de trucs.
- Speaker #1
Il y a une responsabilité aussi par rapport à ça. Là,
- Speaker #0
clairement. Et ne pas s'en laver les mains. Je pense que toutes les générations ont à converger vers ça. Il faut arrêter de dire les jeunes ceci, les vieux cela. Et puis, on ne va pas pouvoir arriver à quelque chose de constructif à l'arrivée, selon moi.
- Speaker #1
C'est super intéressant ce que tu nous partages. Merci, Dan, d'ailleurs. Merci. Alors, j'en avais... aucun doute sur le fait que ce serait très inspirant ce que tu avais à nous partager. Je vais te dire en quoi, enfin, ce que je retiens, en fait, de ce que tu nous as partagé sur cette notion de troisième millénaire, en tout cas, ce concept que tu as créé et pour lequel tu as cherché des financements, ça, on y reviendra. Mais du coup, ce que je comprends, c'est qu'en fait, ce troisième millénaire, il se caractérise par un recours beaucoup plus accru à la coopération, parce que on en a toujours eu de la coopération, mais c'est vrai que c'est passé au second plan. Et je pense que tu as lu les travaux d'Olivier Hamant comme moi, moi je les ai survolés, je pense que tu les as creusés beaucoup plus que moi, mais d'après ce que j'ai compris, en fait, cette notion de coopération, c'est finalement une des lois principales du vivant, en fait. Il n'y a aucune espèce qui survit par elle-même en dominant les autres. Toutes les espèces ont coopéré ensemble et continuent de coopérer, c'est comme ça que ça se passe au niveau du vivant. Donc ce troisième millénaire est caractérisé par ça, cette notion de coopération qui revient. J'entends aussi que tu nous parles aussi d'espoir, de pouvoir retrouver le champ des possibles, retrouver quelque chose de l'ordre de l'espoir finalement, là où on a de plus en plus d'inconnus finalement et on aura des polycrises sur tous les plans et ça sera de moins en moins facile à contrôler. Mais aussi, ce troisième millénaire dont tu nous parles, il est marqué par un retour à la prise de conscience qu'on n'est pas du tout dans un univers avec des ressources illimitées. Alors, il y a de l'abondance au niveau de la nature, mais par contre, cette abondance n'est pas illimitée. Et donc, ce que je comprends dans cette notion de troisième millénaire, c'est qu'il y a ça aussi, c'est la notion de rareté, et finalement, du fait que ce sont des ressources précieuses. ressources alimentaires, ressources en termes d'énergie et ressources en termes d'êtres humains aussi, puis de connaissances. Est-ce que j'ai bien résumé ce que tu… ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Et je pense qu'il y a de l'abondance, mais pas telle qu'on l'entend aujourd'hui. Il y a de l'abondance de talent, il y a de l'abondance de génie, il y a une autre forme d'abondance, mais qui n'est pas celle sur laquelle on s'est construit. de tout pour moi, rien pour les autres.
- Speaker #1
Oui, ce n'est pas une abondance excluante. Ce n'est pas une abondance excluante.
- Speaker #0
C'est une abondance excluante. Je prends, je prends, je mange de plus en plus le gâteau et je ne laisse plus rien pour les autres. Et moi, j'ai beaucoup travaillé pour L'Oréal qui était une grosse, grosse expérience et où, quand je suis arrivée, on pensait que, justement, il y avait un gâteau et que, du coup, on était en compétition avec le gâteau et qu'une fois qu'il n'y avait plus de part, il n'y avait plus personne. Et du coup, dans cette configuration, dans cette façon de voir les choses et l'entreprise, on était dans une compétition mortifère. C'est qui va manger mon fromage ? Vous connaissez peut-être le livre et la petite histoire. Et donc du coup, ce que nous avons amené à l'époque, c'est de dire non, ce n'est pas ça. Ce n'est pas comment on va se partager ces parts de gâteau, c'est comment on va élargir le gâteau. Et la coopération, c'est ça. C'est comment on va élargir le gâteau.
- Speaker #1
Et ensemble. Et ensemble, comment on l'élargit.
- Speaker #0
Comment on l'élargit. Et donc là, c'est super intéressant parce que du coup, c'est comme ça. qu'on dépasse les limites dans lesquelles on s'est coincé. Et c'est ça mon travail dans Fondation Troisième Linière. C'est qu'on ouvre des nouveaux champs du possible. On arrête de se crisper sur « Ah ouais, mais tu comprends, c'est mon concurrent. » Peut-être que ton concurrent c'est peut-être ton meilleur allié, mais tu ne le sais pas encore. En fait, voilà. Et donc, pour moi, le troisième millénaire, c'est comment on recrée ce que j'appelle moi, ce que Bernard Stiegler appelait une économie de la contribution. Parce que là, on va concevoir un nouveau gâteau où tout le monde va pouvoir manger. Il n'y a pas de souci. Mais sauf que je ne vais pas chercher à me gonfler tout seul dans mon coin jusqu'à en devenir malade, jusqu'à une obésité maladive. Jusqu'à une boulimie qui est nocive pour mon corps, mon esprit. Et d'ailleurs, tu le disais très bien, pour moi, le troisième millénaire, c'est comment on se réconcilie avec sa nature profonde. D'être humain. D'être humain. Vous voyez, dans la nature, les bêtes, elles tuent pour manger ce dont elles ont besoin. Elles ne vont pas tuer tout un troupeau qu'elles vont laisser au sol après derrière. Ça n'existe pas, ce truc-là. il n'y a que l'être humain pour faire un carnage pareil donc là c'est vraiment revenir à notre partie vivante et cette partie c'est ça qui est fort c'est qu'elle est joyeuse elle est fondamentalement joyeuse parce que souvent on cherche la joie à l'extérieur c'est un vrai problème de société selon moi aussi et chez les entrepreneurs on fait tout le temps la course à aussi la course à l'échalote ce que j'appelle plus, toujours plus, mais on n'est jamais content finalement à l'arrivée. Alors que cette partie de nous, elle est fondamentalement heureuse et joyeuse. Elle n'a pas besoin d'artifice. Et si on la nourrit avec les autres, c'est bingo.
- Speaker #1
Oui, tout à fait d'accord. Ça résonne avec tellement de choses que je fais moi aussi, avec mes clients bien sûr, mais ça résonne avec tellement de choses que je constate aussi. Dans le monde de l'entrepreneuriat et même pas que, tu sais, dans le monde associatif dans lequel j'ai travaillé longtemps aussi, cette fameuse course à l'échalote, elle existe aussi, particulièrement au niveau des financements. Il y a encore même, alors pourtant, c'est des secteurs dans lesquels il y a de belles valeurs, dans lesquels il y a beaucoup de choses, mais il y a encore ce paradigme-là, effectivement, de tel financeur, c'est le mien, tu ne me le piques pas et c'est le mien. Et il peut y avoir aussi encore cette notion de très très forte sélection aussi au niveau des... des philanthropes, qu'ils soient particuliers ou entreprises, ou que ce soit des fondations, que ce soit des structures, où on est beaucoup dans le « prouvez-nous que vous rentrez dans nos critères et on va intervenir que sur un périmètre et on ne veut surtout pas que ces financements soient alloués à autre chose, on veut que ce soit fléché sur un projet précis et surtout on ne veut pas financer de frais de gestion, de frais généraux, qui sont juste le socle. » et la condition de fonctionnement de l'association et du projet en lui-même. Mais du coup, on retrouve ces notions-là aussi, dans ces secteurs-là. Et là où je trouve que c'est intéressant, ce que tu nous livres particulièrement, c'est que tu l'as dit, on est sur un changement culturel. C'est une révolution culturelle quelque part, ce qui est en train de se produire. Et donc, tu promeux toi, pour lequel tu prends la parole, dans le cadre de la Fondation Troisième Millénaire. Est-ce que tu peux nous rappeler ce qu'est la Fondation Troisième Millénaire ? Donc,
- Speaker #0
Fondation Troisième Millénaire, c'est un collectif, c'est un commun. Alors, ça, c'est très important parce que du coup, tout notre mode de fonctionnement est nous formulé sur un commun. Donc, du coup, ça veut dire un regroupement. Pour nous, ici, chez nous, c'est déjà un regroupement d'entrepreneurs, de gens talentueux dans leur domaine, qui chacun ont une expertise avérée. et donc un regard sur l'entreprise, le monde aussi quelque part. Et c'est comment nos travaux, nous les documentons de façon à pouvoir faire de la transmission et pouvoir faire le changement d'échelle derrière. Donc, on a pris que l'ICENSE s'est sébayé ça, on applique la charte de l'UNESCO sur la science ouverte. vraiment ça fait partie de notre façon de... fonctionner. Et puis, du coup, notre travail ensemble, c'est de faire émerger les nouveaux modèles et de mettre en lumière les nouvelles dynamiques. qui font système, qui font changer le système. Alors, voilà, elles peuvent être sous des entrées différentes, mais ce qui nous intéresse, c'est qu'elles vont vraiment changer la donne à l'arrivée, ces nouvelles façons d'appréhender les marchés, l'économie, de façon concrète et spécifique. Et donc, du coup, comment est-ce qu'aussi on va être capable de sortir de nouveaux critères d'évaluation ? Parce qu'aujourd'hui, regardez comment est-ce qu'on évalue la richesse d'un pays, c'est… le PIB, dans le PIB, chaque fois que vous puisez du pétrole, ça rentre dans le PIB. Bon, ben voilà, je laisserai conclure chacun. Mais voilà, c'est un indicateur qui aujourd'hui n'est pas suffisamment révélateur d'une économie qui va bien fonctionner. Il n'y a qu'à le voir. On ne va pas très, très, très bien au niveau de nos économies en ce moment. Enfin, l'Europe n'est pas très en forme en ce moment.
- Speaker #1
Surtout avec le contexte actuel. Alors je resitue pour ceux qui nous écouteront plus tard, là on est en avril 2026 et on est en plein dans l'opération des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran et il y a une forte tension sur le cours du brut au niveau mondial et il y a de très grosses inquiétudes liées à ça. C'est juste pour resituer le contexte aussi et dire pourquoi on dit ça. Et oui effectivement, ça veut dire aussi que notre manière de comptabiliser la richesse créée finalement, elle est. Elle est très révolution industrielle, comme tu le disais.
- Speaker #0
Franchement, vous comprenez, charbon, pétrole, énergie fossile, ça fonctionne sur les mêmes modèles, en fait, quelque part. C'est copie conforme. Et franchement, à l'heure de l'IA, des nouvelles technologies, c'est un peu étrange qu'on résiste sur des modèles qui sont très écornés. Donc, moi, ça faisait déjà 15 ans que je disais aux dirigeants, vous bougez, là, il faut changer vos... Et quand est-ce arrivé le Covid ? Alors, on a changé avec plein, on a fait plein de choses. Puis certains sont venus après le moment de la Covid en disant, mais ça fait longtemps que tu nous disais, quand même. Je dis, ben les gars, il n'est jamais trop tard pour bien faire. Allons-y, go ! Pour tout le monde, l'idée, ce n'est pas de pointer du doigt. C'est au contraire de pouvoir être inclusif. Voilà, le troisième millénaire, pour moi, il doit être inclusif au lieu d'être exclusif.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
On a besoin de force aujourd'hui pour y arriver.
- Speaker #1
D'accord. Et alors, si je suis très concrète, très factuelle, pour que les auditeurs et les auditrices comprennent bien ce qu'est la Fondation Troisième Millénaire, c'est une association, donc un statut associatif, qui fonctionne grâce à des membres, grâce à des adhésions et des membres. Ok. Oui. Donc. pour nourrir toutes ces réflexions, pour nourrir ces travaux, et puis surtout pour faire ce travail de, j'aime bien dire sensibilisation parce qu'il y a une dimension pédagogique derrière, mais en tout cas d'éducation, de sensibilisation à toutes ces questions de robustesse, ces questions de changement de paradigme, de ces questions de coopération, et comment en fait on crée de la richesse dans le futur, tout simplement.
- Speaker #0
Absolument. Alors du coup, je pense que tu veux nous amener sur la question du financement de notre affaire.
- Speaker #1
Tout à fait, tout à fait. Et alors moi, surtout, ce qui m'intéresse, et c'est ce dont on avait parlé toutes les deux quand on avait préparé l'épisode, c'est que je voudrais surtout que tu nous racontes le processus qui t'a permis d'arriver à cette notion de financement. Déjà, est-ce que tu avais un objectif précis en tête quand tu as commencé à chercher des financements à l'extérieur ? Ou est-ce qu'au contraire, tu t'es dit, je vais voir ce qui arrive, je vais voir comment ça peut se passer ? Est-ce qu'il y avait un projet ? particulier pour lequel tu cherchais des fonds ?
- Speaker #0
Oui. Alors, on avait un projet, puisque du coup, on avait fait un séminaire fondateur. On avait posé notre vision, on avait posé notre socle identitaire et on avait du coup regardé les axes sur lesquels on allait se mobiliser. Et on était partis en se disant, même si on a un socle associatif, on veut... pouvoir ne pas être complètement dépendant, donc avoir une forme d'autonomie. Et ça, je pense que c'est aussi un aspect très important pour le troisième millénaire, être attentif à ses dépendances pour garder sa liberté de penser et d'action, de pouvoir innover vraiment comme on a besoin et envie aussi, avoir des coudées quand même assez fondues. Donc ça, c'était très important pour nous. Donc, on a dans notre business model, du coup, des prestations qui sont facturées. Et puis…
- Speaker #1
Ce séminaire fondateur, il était à quelle période ?
- Speaker #0
Celui-ci, nous l'avons fait en mars 2024.
- Speaker #1
Mars 2024. Donc, il y a deux ans.
- Speaker #0
Oui, exactement. Et donc, on s'était dit, mais on va faire une levée de fond. On va faire une levée de fond. Et à l'époque, on a rencontré quelqu'un qui nous a dit, je vais m'occuper de votre levée de fond. C'est chouette, tant mieux, très bien. Et puis, chemin faisant, nous aussi, on a avancé, on a réfléchi, on a mis en action. Pour nous, ce qui est très important, c'est d'être dans l'action. Ce n'est pas de tout. le temps, c'est très français d'ailleurs, les français, c'est très on réfléchit longtemps, on fait des grands plans sur la comète et puis si toutefois, on a encore un petit peu d'énergie, on va passer à la phase action. Alors, je vous l'ai dit au début, moi, c'est très méthode anglo-saxonne sur la façon de fonctionner. Donc, moi, je suis plutôt, commençons même par un pas, peut-être modeste, mais allons-y.
- Speaker #1
Action et force.
- Speaker #0
Plancher des choses et montrer ce qu'on sait faire et qui on est, etc. Et ça, c'est très important pour aussi le financement. Je le dis parce que c'est la question qui se pose à nous aujourd'hui. Et donc, du coup, comme on ne voyait pas arriver ces fonds arriver, on s'est remis en question. Et puis voilà qu'est arrivé que le département du Gard a lancé un appel à commun. Et là, on s'est dit, mais ils nous ont entendus, ce n'est pas possible. Parce que nous, on est un commun. dans notre façon de penser les choses, puisque du coup, on travaille avec des laboratoires de recherche action sur les thèmes importants, pour ce troisième lunaire, et donc on fait des communs. En fait, on génère des communs. Et donc, on s'est dit, ben voilà, le Gard est en train d'innover, c'est le premier département de France qui se lance à faire un appel à communs, go, on y va.
- Speaker #1
Oui, donc pour resituer le contexte, ton projet, la fondation Troisième Millénaire, le projet que tu as cofondé avec les autres membres, est situé dans le Gard, dans le sud de la France.
- Speaker #0
Voilà, exactement. Le siège social, son point de départ, c'est ça. Après, on a des relais territoriaux sur les autres départements, avec des équipes qui travaillent, mais le noyau de départ, c'est là. Et donc, du coup, ça tombait bien, parce que c'était dans le giron premier, si tu veux. Et donc, qu'on s'est lancé dans cet appel à commun. Et finalement, je voudrais le partager avec d'autres, parce que finalement, le financement arrive par une toute autre source que celle à laquelle on a pensé.
- Speaker #1
Ok, vas-y, dis-nous. Explique-nous comment ce financement est arrivé.
- Speaker #0
Nous, on n'avait pas pensé. L'appel à commun, ça n'existait pas. Mais par contre, quand on ouvre ces capteurs, ça, c'est vraiment quelque chose, je voudrais vraiment insister là-dessus, c'est tout le temps l'écoute des signaux faibles. Il ne faut pas écouter les signaux forts. Il ne faut pas chercher à faire comme tout le monde, nécessairement, en disant « c'est comme ça, c'est comme ça qu'il faut faire » . Et plutôt à l'écoute. Qu'est-ce qui se passe sur nos territoires ? Qu'est-ce qui se passe dans notre environnement ? Quelle est l'information qu'on peut capter ? C'est ça, du troisième lénaire aussi, la véritable ressource, c'est l'information. Et celle qui sera fiable. Voilà. Et qu'on pourra utiliser. Ça aussi, c'est une question de robustesse. C'est une question de... de la fiabilité, quelles que soient les fluctuations. Donc du coup, c'est un autre chemin qui s'est dessiné, parce qu'à un moment donné, on a lâché prise sur, bon ben, celui qui nous a dit qu'il allait s'occuper de notre levée de fonds, il ne se passe rien finalement à l'arrivée. Donc, on va créer notre chemin. Et cet appel à commande, on a permis de créer notre chemin avec quelque chose qui était en train de s'ouvrir quelque part. Et c'est là qu'a été un vrai grand point de départ, au-delà des prestations qu'on pouvait facturer. Et je vais vous faire sourire parce que du coup, c'est un moment où on se relaxe, on se détend finalement, que les choses vont arriver.
- Speaker #1
Voilà, j'en étais sûre. C'est quand on cherche trop fort, ça ne vient pas.
- Speaker #0
Ça, c'est vraiment une empreinte troisième millénaire. C'est sortir du mécanisme de « je veux » . Parce que tous les chefs d'entreprise ont passé ce « je veux, je vais y arriver, c'est possible » . Ça, c'est le truc de l'individualisme aussi. Si je le veux, je le peux, allons-y, on y va, go, Vous voyez, tous ces trucs-là.
- Speaker #1
Avec la toute puissance du mental, en fait, c'est que le mental qui veut, parce que le reste du corps ne suit pas, parce qu'il y a de la fatigue, parce qu'il y a du stress.
- Speaker #0
Oui, et que ça finit par basculer à l'extérieur et que ça ferme les portes. Voilà. Donc, nous, nous lançons dans l'appel à commun, c'est une mécanique, mais en même temps, ça nous a appris d'autres choses, parce qu'on n'avait jamais reçu, finalement, d'argent d'une collectivité publique. on ne les avait jamais sollicités donc la première fois qu'on sollicite on est lauréat de l'appel à commun et parce qu'on est lauréat de l'appel à commun et qu'on a montré notre singularité et qu'on a eu la joie au coeur voilà je peux vous le dire autrement on était heureux de présenter ce qui nous anime, ce qui fait du sens pour nous ce qui fait que ça a créé ce collectif là ils nous ont mis en relation avec des mécènes à ce moment là Et on a pu participer à la journée des mécènes qui, là, nous ont dit, ça rentre dans notre champ de compétences. Et là, on a dit, génial. Donc, on a tissé à l'envers. Ce que je veux vous dire, c'est que parfois, une toile, elle se fait dans un sens complètement incongru et complètement à l'inverse de tout ce que les autres auraient pu vous jonter et vous donner comme bon conseil. Voilà. Et finalement, maintenant... ça s'envaille. L'image que j'ai, c'est comme une belle toile d'araignée. Vous savez, avec des petits fils de soie quand vous les mettez dans la lumière, c'est très très fin. Mais ça prend la lumière et c'est hyper solide. Je ne sais pas si vous avez déjà un peu testé ce que c'est qu'un fil qui a été fabriqué par une araignée. C'est hyper solide en fait. Mais c'est léger. Très léger. Et ça capte la lumière. Voilà. Et c'est comme ça qu'en fait, on a enclenché notre processus vital et en même temps vertueux.
- Speaker #1
Donc, s'il résume l'histoire, tu as obtenu une subvention publique et deux mécénats d'entreprise sans forcer.
- Speaker #0
Sans forcer.
- Speaker #1
Je pense qu'il y a beaucoup d'auditeurs et d'auditrices qui vont buguer en écoutant cette phrase.
- Speaker #0
parce que justement c'est... Vraiment, j'ai vu le direct. d'autant plus authenticité que l'appel à commun ça a commencé au mois de février 2025 au mois de mars je me fracture la colonne vertébrale autant vous dire que je suis à l'ouest tu as eu un accident qui t'a incapacité pendant un moment voilà je vais enchaîner 4 fractures en 9 mois c'est un sacré truc quoi autant vous dire que là Merci. C'est focus sur c'est quoi l'essentiel. Et que du coup, je vais quand même avoir l'énergie parce que c'est important, parce que vraiment, je l'ai dans mes tripes avec les équipes. Je vais aller le présenter au jury quand même au mois de juin et avant mon opération de la colonne vertébrale. Et puis, ça va suivre en fait. Ce truc va suivre son cours, quoi. Voilà. Et c'est en sortant du coup, parce que je vais avoir une grosse rééducation à l'hôpital, je vais aller à la journée du mécénat fin novembre, je viens juste de sortir de l'hôpital, je me dis « j'y vais quand même » , et c'est là que je vais décrocher les deux. Ce n'était pas au milieu de ma forme. Non,
- Speaker #1
bien sûr, tu n'étais pas dans une optique de performance. Tu étais présente pour ton projet, tu étais présente pour le collectif, et on précise aussi du coup que… Comme il y avait un collectif en commun, tu n'étais pas seule. Donc, c'est ce qui a fait aussi que les choses ont pu se produire. Et aussi parce qu'il y avait un collectif qui était engagé dans la direction, vers une vision, et pas porté par une seule personne, pas lié à ton identité.
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #1
Même si je n'ai aucun doute sur le fait que ton identité, ta personnalité, fédère aussi le projet. Mais en fait, l'engagement était envers la vision. C'est ce qui a fait que le projet a continué.
- Speaker #0
Exactement. parce que du coup c'est un commun qui a présenté cet appel à projet donc vous voyez ça c'est aussi pour nous on est en gouvernance partagée ça aussi c'est un élément clé du troisième émissaire c'est rendre concret qu'une gouvernance c'est pas juste un PDG un patron de PME qui décide tout seul dans son coin c'est pas possible, c'est plus possible ça aujourd'hui et que du coup cette force de l'alliance elle va traverser les difficultés elle va traverser les preuves Et c'est ce que je vous disais, ça, ça s'appelle de la robustesse. C'est durable au-delà des fluctuations. Moi, je n'avais pas prévu que j'allais me péter la colonne intébrale. Ce n'était pas dans mon programme.
- Speaker #1
Oui, ce n'était pas dans le plan.
- Speaker #0
Ce n'est pas dans le plan. J'ai envie de dire, même si un truc, ce n'est pas dans votre plan, ce n'est pas grave. Accueillez-le, digérez-le et considérez qu'une porte se freine parce que c'est une autre qui va s'ouvrir. Même si vous ne savez pas c'est quoi laquelle. Voilà. Et c'est parce qu'on résiste à un moment donné. Ah, mais je l'aurais quand même, mon truc ! que ça ne se fait pas.
- Speaker #1
Que ça pète. Et que ça ne se fait pas, voire même qu'on s'éloigne.
- Speaker #0
Oui. Et qu'on se brise intérieurement et qu'on va peut-être frustrer ses équipes, etc. Pour moi, c'est des leçons de vie avant toute chose. Je comprends. Et tu parlais du vivant, c'est aller chercher cette partie vivante. En soi, moi, quand je suis allée au jury, c'est ma partie vivante qui a parlé.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Ce n'était pas ma partie sportive.
- Speaker #1
Et ta joie aussi, parce que j'imagine aussi que quand tu parles de ton projet, tu es animée et c'est cette joie que tu transmets, ce qui fait qu'aussi ça donne envie. Ce n'est pas le besoin, entre guillemets, le besoin, la peur, la nécessité et aussi peut-être le besoin de convaincre, tu vois ce que je veux dire. C'est principalement ta joie et le fait que tu aies incarné ton projet à ce moment-là et la joie que tu as transmise qui a fait que ça a donné envie.
- Speaker #0
C'est ça. En fait, soyez la plante vivante, le support vivant de l'histoire. et ne cherchez pas à faire le show du siècle parce que show du siècle il faut être parfait, il faut avoir les bonnes formes vous voyez ce que je veux dire et je sais qu'à l'école on a été construit comme ça et tout ce que je ne sais pas parce que les concours comme moi pour des écoles difficiles on le sait, on a été formaté comme ça il y a un moment où c'est ça les changements de paradigme, c'est ça le changement de mindset aussi, prenez-vous comme vous êtes au moment où vous êtes et puis osez quand même y aller parce que c'est votre qualité de présence qui va faire la différence. Bien sûr, il faut que le projet tienne la route, qu'il y ait une construction intelligente, mais vous savez faire. Si vous n'en avez pas aujourd'hui, vous savez faire. Donc, appuyez-vous sur ça et développez plutôt cette qualité de l'être.
- Speaker #1
Et ce que ton récit m'inspire, si je peux me permettre, Dan, ce que ton récit m'inspire, c'est toi, dans ton parcours, tu as développé un leadership plutôt masculin, dans l'action, dans le concret. Et puis avec une rapidité d'action aussi, et puis un véritable engagement dans l'action, il ne faut pas le nier, c'est important aussi, ça fait partie de la qualité du projet et du résultat. Mais par contre, ce que ton témoignage m'inspire, c'est qu'il y a le leadership masculin bien sûr, il y a l'envie d'obtenir des résultats, mais il y a le fait de lâcher le contrôle, qui à un moment donné est indispensable, parce que sinon, si on cherche à tout contrôler, ce qui est un gros problème de notre paradigme actuel entrepreneurial, Quand on lâche le contrôle, c'est là où les choses se créent toutes seules. Et c'est très, très contre-intuitif à comprendre, surtout quand on a été conditionné à se dire qu'il faut tout contrôler, en fait. Du début à la fin de son entreprise, ses ressources, ses salariés, son prévisionnel, tout. En fait, c'est un véritable switch.
- Speaker #0
C'est important ce que tu dis parce que finalement, on ne contrôle rien dans la vie. Et c'est ce que l'époque actuelle nous enseigne quand on n'a pas encore compris. On ne contrôle rien. On n'a pas contrôlé les événements d'Iran, on n'a pas contrôlé les événements du Vénézuélande, on ne contrôle rien. On croit, on a l'outrecuidance de penser qu'on contrôle, et à un moment donné, il faut avoir l'humilité de comprendre qu'on ne contrôle rien. Mais ce n'est pas forcément non plus la coquille de noix à la surface de l'océan, et qu'en étant relié aux autres et à une dimension… plus grande que soit, que le petit moi, il se passe des choses extraordinaires.
- Speaker #1
C'est très important ce que tu dis. Ce n'est pas une question de juste lâcher le contrôle et laisser les choses sans aucune action. C'est le fait qu'on soit tenu par des liens, c'est le fait aussi qu'on soit reconnecté à une vision, c'est la connexion finalement, qui fait que les choses peuvent se produire, mais aussi qu'elles peuvent se produire sans forcer.
- Speaker #0
C'est ça. Et dernière chose que j'aurais partagé avec vous, mon leadership a été d'abord un leadership Merci. extrêmement masculin, mais la vie m'a enseigné et l'entreprise m'a enseigné progressivement à rétablir un équilibre entre mon leadership féminin et mon leadership masculin. Et c'est ce qui fait qu'aujourd'hui, j'adore travailler en gouvernance partagée.
- Speaker #1
Bien sûr. C'est le fait que tu sois équilibrée entre ces deux modes de leadership. C'est un lieu d'équilibre entre les deux.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Voilà.
- Speaker #1
Super. Dan, je te remercie beaucoup pour ton témoignage. Est-ce que tu as envie de nous partager un dernier conseil ? Pour nos auditeurs et nos auditrices qui voudraient chercher des financements, qui sont aussi des explorateurs du vivant comme toi, ou qui sont passionnés par l'être humain, qui sont passionnés, qui sont ancrés dans leur mission pour le vivant, pour la Terre, qu'est-ce que tu voudrais leur transmettre comme message, comme dernier conseil ?
- Speaker #0
Faites-vous confiance et donnez-vous la possibilité de sortir des sentiers battus. Des chemins tout faits.
- Speaker #1
Parce que de belles choses se produisent au bout.
- Speaker #0
Parce que là, c'est génial. Je vais vous éclater.
- Speaker #1
Je trouve que c'est une très belle fin. Merci beaucoup, Dan. Où est-ce qu'on peut retrouver ton travail ? Est-ce qu'on peut aller regarder ce que fait la Fondation Troisième Millénaire ?
- Speaker #0
Oui. Vous pouvez aller sur mon profil LinkedIn, Dan Ausha. On est en train de refaire notre site. Si tu veux, on pourra peut-être mettre des choses en description. Je mettrai les liens en description,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
de refaire notre site, notre com, mais ce sera avec grand plaisir de vous y retrouver. Et puis, il y a une initiative aussi qui avait été créée Entreprendre l'avenir.
- Speaker #1
D'accord. Donc, on mettra ces liens-là dans la description pour que les auditeurs et les auditrices puissent aller voir ton travail et puis potentiellement aussi échanger avec toi, entrer dans ce commun. Je connais plein de personnes qui écoutent ce podcast qui sont très intéressées par les notions de robustesse et qui font des choses à leur niveau. Je pense que dans tous les cas, ça créera des relations super fécondes et nourrissantes. Merci beaucoup, Dan.