Speaker #0Bonjour et bienvenue dans la joie de créer le podcast dédié au financement de projets à impact porté par des femmes. Dans ce podcast, tu découvriras des conversations avec des créatrices engagées, des leaders conscientes et des entrepreneurs sociales qui viendront nous raconter comment elles ont financé leurs projets à impact. Mon intention à travers ces retours d'expérience est de t'apporter de la clarté sur les leviers à ta disposition pour permettre toi aussi à ton projet de grandir. Je suis Axelle Roy, la nôtre, je suis entrepreneuse depuis 10 ans, je suis maman de deux petits garçons de 4 ans et 5 mois, je suis conférencière et experte en stratégie de financement pour les projets à impact. Je suis moi-même passionnée par le processus créatif, d'où le nom de ma boîte, la joie de créer, par la manière dont on donne vie à ses rêves et dont on les concrétise en un projet stable, pérenne et robuste, au service d'une vie riche et pleine de sens. Je suis convaincue que financer son projet devient une véritable source de joie avec la bonne stratégie pour soi. Et c'est ce que nous allons explorer au fil des épisodes. Pourquoi l'accès au financement est encore en 2026 un parcours semé d'embûches pour les projets portés par des femmes ? Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast La Joie de Créer. Aujourd'hui, tu le sens, on va parler d'un sujet qui fâche, en tout cas. qui me fâche moi, et en cette période de journée internationale des droits des femmes, on va aller regarder quels sont encore aujourd'hui les obstacles à l'accès au financement pour les projets à impact portés par des femmes. C'est l'occasion pour moi de t'expliciter aussi pourquoi je fais ce podcast et en quoi il s'inscrit dans la mission de mon entreprise La Joie de Créer. Alors je voudrais déjà faire une petite précaution préliminaire. Mon propos ici n'est pas de désigner des coupes. pas de pointer du doigt ou de dire qu'on empêche sciemment les femmes d'accéder au financement et à l'indépendance financière. Mais mon but, c'est plutôt de souligner que le chemin est moins facile pour elles. Et surtout, on va en analyser ensemble les causes de manière systémique et dépassionnée, mais non moins militante. Alors, je vais te présenter des chiffres. Il est possible que certains d'entre eux te dépriment complètement. Alors c'est pas... pas du tout mon intention. Au contraire, je voudrais en profiter en fait pour te donner de l'espoir et te montrer où tu peux agir toi, à ton échelle, pour faire bouger les lignes, que tu sois entrepreneur d'ailleurs ou non. D'abord, je voudrais commencer par faire un constat du côté des projets portés par des femmes qui est rapporté par le baromètre réalisé en 2025 par Sistavici et le Boston Consulting Group. Donc, a priori pas des nazes ni de dangereux gauchistes. En 2025, en France et en Europe, les fondatrices de start-up ont levé 4 fois moins de fonds que leurs homologues masculins. Le tour de table moyen réalisé par une start-up dont l'équipe fondatrice est 100% féminine s'élevait à 4,4 millions d'euros contre 18,8 millions pour une équipe 100% masculine. Respire, ça s'arrête pas là. Côté financeur maintenant, dans le monde du venture capital, ou plutôt du capital risque, du capital investissement, c'est-à-dire le monde des fonds d'investissement spécialisés ou des investisseurs institutionnels, parmi les fonds investis tous les ans dans des startups, seuls 2% sont investis dans des projets dirigés par des femmes. Et ouais, la titlende. 12% sont... Eux, attribués à des projets dirigés par des équipes mixtes. Et les 86% restants vont à des projets dirigés par des équipes exclusivement masculines. Donc on n'est pas là sur une vue de l'esprit, ni sur une intuition de la part d'Axel, que quelque chose ne colle pas. Là, on est vraiment sur un phénomène culturel. Et tu peux légitimement, comme moi en fait, te poser la question des causes, parce que dans mon expérience en tant qu'ex-funraiser, je n'ai jamais... remarquez que les femmes étaient moins douées que les hommes pour encaisser l'échec. Ça n'a rien à voir avec une question de compétence. Alors d'abord, faisons un petit point sur les causes systémiques de cette situation. Dans cette partie, je vais m'appuyer sur une étude qui s'intitule « Femmes et entrepreneuriat » . C'est une étude qui a été publiée en 2020 par le Conseil économique, social et environnemental. Je te mettrai bien sûr le lien en description de l'épisode vers cette étude. pour que tu puisses t'y plonger à ton rythme, si tu en as envie. Mais Ausha, parce qu'il va y avoir des chiffres. La première cause, selon moi, c'est le manque de rôle modèle féminin parmi les entrepreneurs qui réussissent à lever des fonds. Il existe un véritable gender gap. Tu ne l'apprendras pas dans l'écosystème entrepreneurial. Un gender gap, c'est quoi ? C'est un fossé de genre, c'est-à-dire une sous-représentation des femmes parmi les chefs d'entreprise. Dans cette étude justement, Femmes et entrepreneuriat, le CESE estime que si les femmes représentent 48% de la population active, elles représentent seulement 30% des chefs d'entreprise. Et plus l'entreprise est grande, plus la probabilité de trouver une femme à sa tête baisse. Dans l'économie sociale et solidaire, c'est pareil. Les inégalités de genre sont toutes aussi marquées puisque... Parmi les personnes élues à la tête des associations, des fondations, des coopératives ou des mutuelles, la présence des femmes est plus faible. Elle représente 45% des membres de conseils d'administration et de bureaux, mais elle représente seulement 37% des présidents de structures. Moins de femmes entrepreneurs et dirigeantes, ça veut dire moins de rôles modèles, et ça veut donc dire moins d'exemples auxquels, en tant que femmes, on peut s'identifier. Alors tu me diras, on peut toujours aller chercher des modèles de réussite chez les hommes. Oui, c'est vrai. On peut aussi se créer son propre modèle de réussite, on peut aussi devenir son propre rôle modèle. Mais sur la question de l'accès au financement, il y a quand même une tendance nette. Les projets qui sont portés par des femmes ne représentent que 5% des levées de fonds. Donc, quand on parle de projets à impact portés par des femmes qui sont financées par le biais de la levée de fonds, on parle donc d'un fait minoritaire. On est bien loin d'être dans la norme actuellement. Moins on a de récits de femmes dirigeantes qui ont réussi une levée de fonds ou une campagne de financement, eh bien, moins on a d'exemples, et donc moins on se dit que c'est possible. Et tu comprendras donc, en te disant ça, que c'est la mission de ce podcast justement. C'est de faire circuler les récits et les retours d'expériences de femmes qui ont réussi à financer leur projet, et bien sûr, de te montrer la diversité des leviers que tu as devant toi. Deuxième cause, Il y a une différence très marquée en termes de genre sur la prise de risque entrepreneurial entre hommes et femmes. Toujours après l'étude Femmes et Entrepreneuriat, les femmes représentaient près de 38% des créatrices d'entreprises individuelles contre 22% seulement des créations de sociétés. C'était dans la période avant Covid. Autrement dit, quand une femme se lance dans l'entrepreneuriat, elle a tendance à privilégier plutôt une activité individuelle et un mode de développement plus... plus raisonnable, entre guillemets, plus maîtrisable en tout cas. Et le modèle de développement privilégié, c'est plutôt ce qu'on appelle le bootstrapping. C'est un modèle plus lent, plus durable aussi, mais surtout qui est plus sûr. Et le nom et le mode de financement associé à ce bootstrapping, c'est l'autofinancement. Ce qui finit par limiter, bien sûr, de fait, les possibilités en termes de financement externe. Puisque du coup, on met le paquet sur le... développement du chiffre d'affaires, sur le développement des ressources propres et on favorise plutôt une croissance interne plutôt qu'une croissance externe, ou le fait d'aller chercher des financements à l'extérieur, en tout cas d'aller chercher des ressources à l'extérieur. Et ce qui fait qu'aussi du coup cette manière d'entreprendre dite plutôt féminine, même si bien sûr il y a toujours des exceptions, ça se retrouve aussi au niveau des statuts de la structure du projet. Ça veut dire qu'en fait, quand on monte une activité individuelle avec une entreprise individuelle, on n'est quand même pas sur la structure la plus adaptée pour faire des levées de fonds ou pour aller chercher des financements extérieurs, professionnels. Une petite remarque ici, les statuts adaptés pour lever des fonds, il y en a beaucoup, mais notamment ce sont des SAS, des SA. des entreprises labellisées ESUS, des associations, des fondations, des fonds de dotation, etc. Je ne vais pas m'attarder là-dessus, mais c'est pour te dire que le fait de créer une structure et une société fait que ça facilite l'accès à certains types de financements. Et donc, avec tout ça, les femmes choisissent donc un modèle de développement plus raisonnable et plus maîtrisable, alors que paradoxalement, les entreprises... ou les organisations qui sont créées par des femmes sont plus durables et plus performantes économiquement. C'est un peu le paradoxe. Et d'ailleurs, ce que je constate moi dans ma pratique, c'est qu'au moment de fixer par exemple leurs objectifs de campagne ou leurs objectifs de financement, les porteuses de projets que j'accompagne, elles fixent leurs objectifs globalement pile sur leurs besoins ou un peu au-dessus. Alors que les porteurs de projets hommes que j'ai accompagnés, eux, ils ne se mettent pas de limite. Enfin, il y en a quand même une, mais ils se demandent en gros toujours plus que ce dont ils ont besoin. Ils voient plus large. Ce qui fait que du coup, ça permet en fait d'anticiper aussi au cas où la campagne ne fonctionnerait pas. En tout cas, pas comme c'est prévu. Ce qui permet de s'adapter plus facilement. Ce qui permet aussi de valoriser beaucoup mieux son travail. Mais bien sûr, ça constitue une prise de risque. Donc il y a vraiment cette cause-là. Le fait que... En termes de prise de risque, on ne reçoit pas la même éducation quand on est homme ou quand on est femme. Troisième cause, il y a moins de financement disponible dans les domaines dans lesquels les femmes entreprennent. D'après la même étude du CESE, les femmes portant majorité et de plus en plus, c'est très marqué dans les décennies précédentes, elles portent de plus en plus de projets dans les domaines du care. Le care, c'est-à-dire tout ce qui va avoir trait aux soins et à la relation. Par exemple, les domaines de la santé, du B2C, de l'artisanat, du luxe, de la beauté, de l'aide sociale, de la formation, du coaching, de l'alimentation aussi, de la food, des relations publiques, de la communication. Et elle crée beaucoup moins de projets dans les domaines tels que l'immobilier, la finance, des transports, l'industrie, la construction. le BTP ou encore les nouvelles technologies et particulièrement l'IA qui a le vent en poupe en ce moment. Et le problème, quelque part, c'est que ces derniers domaines-là, ce sont des domaines plutôt plébiscités par des porteurs de projets masculins et ce sont aussi surtout des domaines qui sont davantage plébiscités par des investisseurs professionnels et institutionnels. En parallèle, il y a quelque chose aussi surtout que je voulais... T'amener à toucher du doigt et à comprendre, c'est que l'écosystème du financement des entreprises, il reste majoritairement masculin. Dans le monde du capital investissement, les femmes, elles ne représentent que 25% des équipes et 20% des comités exécutifs de ces fonds. Chez les business angels, ce sont à 90% des hommes. Plus de la moitié des 25 principaux fonds d'investissement français ne comptent aucune. femmes parmi leurs partners. Et dans mon expérience, c'est assez similaire dans le monde de la philanthropie et des fondations d'entreprise. Je n'ai pas connaissance d'une étude qui porte sur ce sujet, mais c'est ce que j'ai pu, moi en tout cas, expérimenter dans ma pratique. On est donc bien devant une surreprésentation masculine parmi les décisionnaires qui influe sur la manière dont les fonds sont attribués. Et au passage, ça laisse la porte ouverte bien sûr. à des biais de représentation, à des stéréotypes de genre, notamment par rapport à l'argent. Donc je te le fais, je te la fais courte, les femmes sont là que pour dépenser. Voir même, c'est la porte ouverte à des violences sexistes et sexuelles. Et s'il n'y a aucune éducation qui est faite dans ces milieux-là, ça peut affecter directement, et surtout aucun contrôle, ça peut affecter directement la capacité des femmes à accéder au financement. Donc si je résume, en fait... Le monde du financement a été créé par des hommes, pour des hommes, et il est encore aujourd'hui largement dirigé par des hommes. Voilà pour les stats. Alors, c'est quoi la solution ? Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Comment on tire son épingle du jeu dans un écosystème qui manifestement est biaisé et va prendre encore des dizaines, voire même des centaines d'années pour atteindre la parité ? Alors d'abord, on s'éduque. Et on lit. On s'informe sur les leviers de financement disponibles pour son projet, on s'éduque sur l'investissement et la constitution d'un patrimoine, on se met dans la peau d'une investisseuse, tout simplement. On se forme aussi au pilotage financier de son projet, parce qu'une stratégie de financement bien préparée et un prévisionnel bien ficelé, c'est un projet qui sera en bonne santé à long terme. Ensuite, on ose se projeter dans plus grand. Alors je sais, ça peut faire peur. On peut se dire « Non, mais moi, je n'ai pas besoin de plus grand, je suis bien là où je suis. » Mais pense deux secondes aux incroyables possibilités qui s'ouvriraient devant toi si tu avais plus de ressources. Imagine les changements que tu pourrais créer autour de toi. Et surtout, toi, tu n'as pas besoin de plus grand, mais est-ce que ton projet, lui, il n'a pas besoin de plus grand ? Est-ce que lui ne serait pas appelé à grandir ? Est-ce que les personnes que tu impactes avec ton projet ne seraient pas les premières à bénéficier de cette expansion ? Et enfin, on se fait accompagner. On travaille sa relation à l'argent. On travaille sa légitimité, son estime de soi, ses compétences de négociation. Et puis, on se fait accompagner surtout pour avoir un cadre clair à l'expansion de son projet. Une structure qui nous porte, qui nous nourrit. Pas une structure qui est là pour faire des millions, ok ? Une structure qui nous rend au centuple l'énergie qu'on y met. Et qui nous permet surtout de rester ancré et intègre. Dans les moments où ça bouge, dans les moments où ça grandit, dans les moments où ça fluctue, on se fait accompagner, finalement, pour s'assurer d'avoir la bonne stratégie pour soi, pour son pouvoir. projet. Et c'est pas parce que telle ou telle entrepreneuse a fait un crowdfunding ou a levé des fonds comme une reine qu'on est obligé de faire pareil. Le but du jeu, c'est de trouver la bonne stratégie pour soi, le bon levier de financement pour soi, et surtout de bien articuler son plan A, son plan B, éventuellement un plan C, et de pouvoir s'adapter si jamais les choses ne se passent pas comme prévu. Tu l'auras compris, le monde du financement, c'est encore le théâtre aujourd'hui de fortes inégalités de genre. Et organiser son indépendance financière dans un tel contexte, c'est vraiment une démarche politique. Si tu veux creuser un petit peu plus tout ça, je t'invite à te plonger dans les essais de Lucille Quillet, Le prix à payer, de Tissus Lecoq, Le couple et l'argent, ou encore de Lorraine Bastide, Futur comment le féminisme peut sauver le monde, tu y trouveras sans aucun doute des clés pour nourrir ton engagement. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. J'en profite pour t'informer que j'ouvre des créneaux en accompagnement individuel à partir du mois de mars 2026 et je t'offre un rendez-vous d'une heure pour clarifier ensemble où tu en es, où en est ton projet et si c'est le bon moment pour toi de lancer une campagne de financement. C'est sans engagement, promis et sans obligation d'achat, c'est vraiment pour toi, pour que tu puisses prendre le temps du discernement que mérite ton projet et que tu mérites toi aussi. Si tu veux réserver ton créneau, je t'invite à m'écrire directement à contact.axelrois.fr ou sur mes réseaux sociaux. Merci infiniment pour ton écoute et à très vite pour un nouvel épisode. Ciao !