Speaker #0Elle s'appelle Elisabeth. Elisabeth Short. Mais l'Amérique va retenir un autre nom. Le Dahlia Noir. Alors Elisabeth, elle naît le 29 juillet 1924. On est aux Etats-Unis, dans le Massachusetts. Son père, c'est Cléo. Cléo Short. Et lui, son job, c'est de construire des mini-golfs. La famille semble jusque-là vivre correctement, mais un beau jour, tout va s'effondrer. Et pour cause, il y a la Grande Dépression qui est passée par là. Alors à cette époque aux Etats-Unis, tout est compliqué, vous le savez. Tout le monde perd son job. On ne vit plus à sa faim, le quotidien est rude et l'avenir est incertain. Un jour, le père d'Elisabeth disparaît. Mais sa voiture est retrouvée près d'un pont. Alors, logiquement, on pense à un suicide. Le gars sans doute n'en pouvait plus, avec des dettes, des créances, un job qui ne fonctionnait plus. Les temps étaient sans doute trop durs pour lui. Alors, il aura préféré mettre fin à sa vie. C'est ce qu'on pense. Ouais, ça tient. C'est logique. Sauf que, des années plus tard, on découvre finalement que Cléo est bel et bien vivant. Non, il n'est pas mort. Non, il n'est pas suicidé. L'homme a en fait tout simplement abandonné femme et enfant. Première épreuve pour Elisabeth, sa fille. Et attendez, pour elle, ça ne fait que commencer. Elisabeth souffre de problèmes de santé, des problèmes respiratoires chroniques. De l'asthme. Alors, elle va voir des médecins. Beaucoup de médecins. Et tous lui disent la même chose. Le Massachusetts, ce n'est pas pour vous. Il faut partir. Il faut quitter cette région. Et aller vers un climat plus chaud. Alors Elisabeth, elle finit par atterrir en Floride. Là-bas, elle est étudiante. Enfin, lycéenne. Mais elle va arrêter rapidement ses études. En seconde. Et elle va partir pour... Miami Beach. Là-bas, elle trouve un emploi de serveuse. C'est son premier job. Bon, à part ça, la vie d'Elisabeth, elle ressemble à quoi ? Eh bien, en un mot, la vie d'Elisabeth, c'est une vie plutôt normale. Ouais, elle a une vie qui ressemble à beaucoup de vies de beaucoup de jeunes femmes de son âge. Comme beaucoup de jeunes femmes de l'époque, Elisabeth aime le cinéma. Et d'ailleurs, elle rêve de devenir un jour une grande star de cinéma. C'est normal, me direz-vous. Hollywood attire ? Hollywood fait rêver ? Hollywood promet ? Hollywood fascine ? Alors Elisabeth, elle va prendre une décision. Une décision radicale. Elle va quitter la Floride pour aller vivre son rêve de cinéma en Californie. Entre-temps, Elisabeth a repris contact avec un fantôme. Oui, quand je parle de fantôme, je parle du père d'Elisabeth, Cléo. Finalement, Il n'était pas mort, il avait refait sa vie, et donc elle va vivre avec lui. Mais les rapports entre les deux sont difficiles. Et cette fois-ci, c'est Élisabeth qui quitte son père, et non l'inverse. Et elle part trouver de son côté un travail de caissière. Côté amour, ça donne quoi chez Elisabeth ? Elisabeth, elle se met à fréquenter des hommes, des soldats. Et ces rencontres-là se font souvent dans des bars. Tiens, justement, puisqu'on parle de bars, un jour de l'année 1943, Elisabeth est dans un bar de Santa Barbara, sur la côte californienne. Ce soir-là, Elisabeth est en train de boire des coups. Mais ce ne sont pas des choses de son âge. Oui, la loi ne le permet pas en tout cas. Alors Elisabeth est arrêtée. Arrêtée par la police pour consommation illégale d'alcool en raison de son jeune âge. Police qui lui prend ses empreintes digitales. La vie d'Elisabeth, vous l'avez compris, n'est pas une vie facile. Elisabeth vit difficilement. Elle change à cette époque-là de sa vie, souvent d'adresse. Elle dort parfois chez les amis. Elisabeth est une femme tout ce qu'il y a de sympathique, dit-on. Elle aime faire la fête. On dit qu'elle est polie. On dit qu'elle est avenante, on dit qu'elle est souriante, on dit d'elle qu'elle est élégante. Et Elisabeth est une femme qui aime s'habiller en noir, puisqu'on parle d'élégance. Nous sommes le 9 janvier 1947. Elisabeth, ce jour-là, est vue vivante, mais pour la dernière fois. Elisabeth, ce 9 janvier, est en fait au Biltmore Hotel de Los Angeles. Je n'invente rien, ce sont des témoins, plusieurs témoins. qu'ils l'ont vu, ce jour-là, dans le hall de l'hôtel Biltmore à Los Angeles. Oui, sauf que c'est donc la dernière fois qu'on l'a vu. Et jusqu'au 15 janvier 1947, plus aucune nouvelle d'Elisabeth. Ce matin-là, du 15 janvier 1947, Betty et sa fille font une petite balade à pied. Je ne vous ai pas encore parlé de ces deux personnages. Normal, ils n'existaient pas dans l'histoire jusqu'à présent. Alors Betty et sa fille, elles prennent l'air. Tout va bien, elles discutent en marchant. Mais soudain, elles aperçoivent quelque chose dans un terrain vague à côté du chemin. On dirait un tas de quelque chose. Comme si on avait jeté une grande poupée en pleine nature. Ou plutôt, comme si on avait jeté un mannequin. Vous savez ces mannequins qu'on trouve dans les commerces et qu'on habille pour vous montrer la mode du moment ? Ben voilà, il s'agirait d'un mannequin. Et de loin, le mannequin paraît cassé. Alors, la mère se rapproche. Mais elle comprend très vite. Elle comprend que ce qu'elle voit n'est pas en bois. Elle comprend que ce truc là-bas n'est pas un mannequin. Et que c'est un corps. Un corps humain. Tout ce qu'il y a de plus humain. Alors pour vous, pas de surprise, vous n'êtes pas étonné, vous aviez compris qu'il s'agissait du corps d'Elisabeth Short qui était allongée dans l'herbe. Mais imaginez la stupeur de Betty et de sa fille. Devant elles, elles ont un corps coupé en deux, coupé au niveau de la taille. Le corps a été parfaitement nettoyé, il n'y a plus de sang, rien, le corps est sec. Le visage d'Elisabeth a été mutilé, on appelle ça... Un Glasgow smile. Ouais, Elisabeth a une incision sur le visage qui part du cou et remonte jusqu'à ses oreilles. Elisabeth, en tout cas ce qu'il en reste, gît sur le dos, nu, les bras au-dessus de la tête et les jambes écartées. La serrer et découper au scalpel en de nombreux endroits, y compris sur les seins et au-dessus du pubis. Bon, la scène est horrible. Et les policiers... sont donc très vite appelés pour se rendre sur les lieux. Et ils arrivent en trombe. Alors inutile de vous dire que la police a l'habitude de voir des choses pas très jojo. Mais là, tenez-vous bien, même les enquêteurs expérimentés sont choqués par ce qu'ils ont sous les yeux. Alors, comme le corps semble avoir été lavé méthodiquement et qu'il n'y a aucune trace de lutte sur ce lieu de découverte en pleine nature, les enquêteurs pensent immédiatement que la victime a été tuée. ailleurs. Première étape, identifier qui est la victime. Et ce n'est pas très compliqué pour les enquêteurs de parvenir à identifier cette victime. Bah oui, grâce à ces empreintes digitales, des empreintes qui figurent déjà dans leurs fichiers, puisque rappelez-vous, à Santa Barbara, le bar, l'âge, l'alcool, bref, on avait déjà ces empreintes digitales. Et on sait donc désormais que ce cadavre, vidé de son sang, eh bien c'est celui d'Elisabeth Short, 22 ans. née à Boston en 1924. L'autopsie est donc pratiquée et elle va révéler qu'Elisabeth a été ligotée. Qu'elle a reçu de violents coups, qu'elle a subi des tortures, qu'elle a été attachée, qu'elle a été violée et qu'elle a fini par mourir en se vidant de son sang, donc par hémorragie. Très vite, l'affaire prend de l'ampleur. Elle prend de l'ampleur parce que les journaux se déchaînent. Tout le monde en parle et tout le monde veut avoir l'info. en plus. Les journalistes inventent même de temps en temps des détails à cette affaire. Pas grave, on ajoute des éléments. Même si c'est pas vrai, ça fera toujours vendre. Alors, on exagère certains aspects de la vie d'Elisabeth. On revient sur son passé. On raconte qu'elle se prostituait. On raconte qu'elle avait des fréquentations pas très catholiques. Bref, ce crime est en train de devenir un spectacle médiatique. Des journalistes finissent même par trouver l'adresse de la mère d'Elisabeth, Phoebe Short, alors ils l'appellent. Ils appellent cette maman pour obtenir des détails sur la vie privée de sa fille. Et on finit par lire, dans certains journaux, qu'Elisabeth est une fille de mauvaise vie, une jeune femme paumée, à la vie sexuelle errante, une prostituée occasionnelle, une idiote, une lesbienne, une briseuse de couple, tout y passe. Pendant ce temps-là à Los Angeles... Les investigations continuent et on met sur l'affaire plus de 750 enquêteurs. Et allez savoir pourquoi, ce crime attire tellement que la police va recevoir des centaines de faux aveux. Au final, plus de 150 suspects vont donc être étudiés, mais aucun ne semble réellement collé. Alors on va dire que parmi les suspects, seulement 7 seront identifiés comme des suspects potentiels. Malheureusement, ce sont des suspects avec des alibis en béton. Il y a un nom qui va revenir souvent au fil des années. Et ce nom-là, c'est celui de George Hoddle. George Hoddle, c'est un médecin de Los Angeles. Un homme décrit par certains comme froid, mais intelligent et mégalo. Alors pourquoi est-ce qu'on va soupçonner ce George Hoddle ? Eh bien parce qu'il avait déjà été suspecté d'un autre meurtre. Le meurtre... de sa secrétaire. Et puis, parce qu'en 1949, il a été accusé de viol par sa propre fille, Tamar. Mais il y a eu un procès. Procès dont il est sorti indemne. Un procès qui a donc attiré l'attention quand même des enquêteurs, et c'est pour ça qu'ils vont en faire leur suspect numéro 1. Mais ça ne bouge pas plus avec ce George Hoddle. Jusqu'en 2004, le temps a passé. Nous sommes 4 ans après le décès de George Hoddle. Et c'est son fils, Steve Hoddle, qui va parler. Steve, il est devenu entre-temps détective. Et c'est lui qui va accuser son père d'être le meurtrier d'Elizabeth Short. Pour lui, tout concorde. Des compétences en chirurgie nécessaires pour couper un corps, des photographies retrouvées dans un carton, et Steve Hoddle va décrire son père comme un misogyne et un sadique. Bon. Trop tard, quoi qu'il en soit, l'homme est déjà mort. Impossible donc de lui faire avouer. Et quant à Elisabeth Short, elle a cessé peu à peu d'être une personne pour ne devenir qu'une image ou une légende. La légende du Dahlia Noir. Voilà les amis pour cette petite histoire. Alors selon vous, le meurtrier du Dahlia Noir, est-ce qu'il était... connue par les services secrets ? Ou est-ce que c'était quelqu'un de puissant que Los Angeles n'a jamais voulu faire tomber ? Dites-le nous en commentaire, sur Spotify, sur Deezer, sur Apple Podcast, sur Youtube, sur les réseaux sociaux de La Petite Histoire, ou bien encore sur Patreon. 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