Speaker #0Salut tout le monde et bienvenue dans un nouvel épisode de La Petite Histoire. Je suis Florent Mounier, c'est moi qui, tout de bleu vêtu, vais vous narrer cette nouvelle histoire qui a été écrite et mixée par Sébastien Girard. Avant de commencer, on remercie Nico sur Insta qui nous a posé cette question très intéressante, à savoir pourquoi le rose est-il associé aux filles et le bleu aux garçons dans l'inconscient collectif ? Alors si comme Nico vous avez des interrogations à propos de certains sujets, que vous avez envie qu'on aborde certaines thématiques, n'hésitez pas à nous envoyer un message privé sur les réseaux sociaux. Nous laisser un commentaire sous ce podcast également, ça se passe sur toutes les plateformes d'écoute de podcast et notamment chez nos amis de Spotify. Ou bien si vous êtes abonné à notre Patreon, vous pouvez directement nous envoyer des messages. Et d'ailleurs petit rappel, si vous avez 3 euros et que vous souhaitez faire une bonne action, abonnez-vous à notre Patreon. On vous attend, ce n'est pas grand-chose, mais si vous êtes nombreux à le faire, ça fera la différence et ça nous permet de continuer à faire vivre ce podcast de la petite histoire. et de pouvoir donc développer encore de nouveaux projets. Le lien vers le Patreon, on vous l'a mis dans la description de ce podcast. Allez, sans plus attendre, il est temps de répondre à la question de Nico.
Speaker #0Alors la première association de couleurs date de l'Antiquité. Et ça concerne les garçons. En effet, à cette époque, avoir un garçon était considéré comme une bénédiction des dieux. Alors on associait le bleu au garçon, le bleu qui représentait le ciel, la maison des dieux. Pour les filles, en revanche, rien de particulier pendant l'Antiquité. Mais c'est au Moyen-Âge que les choses vont évoluer. En effet, c'est à cette époque qu'on va associer les couleurs aux garçons comme aux filles. Déjà, les enfants, jusqu'à à peu près leurs 10 ans, étaient tous en blanc au Moyen-Âge. Et c'était pour le côté pratique. En effet, le blanc, à l'époque, était ce qu'il y avait de plus facile à laver. Oui, parce qu'on faisait bouillir le linge dans l'eau pour le nettoyer. Et avec le blanc, pas de risque d'abîmer les couleurs puisqu'il n'y en avait pas. En revanche, à cette même époque du Moyen-Âge, pour les adultes, on laissait le bleu pour les dames et le rose pour les messieurs. Oui, oui, vous avez bien entendu, le bleu pour les dames, le rose pour les messieurs. Je ne me suis pas trompé, je m'explique. Au Moyen-Âge, le rose était considéré comme un dérivé du rouge. C'était un rouge pastel, pas tout à fait le rose Barbie d'aujourd'hui. Bon, quoi qu'il en soit... Ce rose-là était associé à la virilité et à la force. Les chevaliers portaient d'ailleurs souvent des bas de chausses, c'est-à-dire des chaussettes hautes, qui étaient roses et certains peintres se servaient même du rose pour peindre leur roi. J'en veux pour preuve une célèbre peinture qui montre le roi Henri IV tout en rose. La peinture s'appelle Henri IV en mars. Allez voir cette peinture, elle est géniale. On y voit un Henri IV qui était athlétique, triomphant. Il a la tête couronnée de laurier, il a le bâton de commandement dans la main droite et surtout, le roi Henri IV est revêtu d'une armure, d'un rose soutenu, un rose qui contraste avec le vert des rideaux qui sont dans le fond. Alors à cette même époque, le bleu est attribué aux filles parce que cette couleur du bleu représente, à ce moment-là en tout cas, la pureté de la Vierge Marie. Mais... Au XVIe siècle, le rose rouge, pour les hommes, va perdre de sa superbe. Ça va se passer pendant la réforme protestante. En effet, le protestantisme va dévaloriser complètement cette couleur rose au profit de couleurs plus sobres comme le noir, le gris, le blanc ou bien le bleu, bleu qui résiste en tant que couleur vive. Et c'est ainsi que, petit à petit, le bleu va être adopté par les hommes. Il faudra attendre le XVIIIe siècle que la marquise de Pompadour s'empare du rose pour que le rose devienne un effet de mode et que toutes les petites filles ainsi que les femmes de la cour de Versailles adoptent le rose histoire d'imiter la marquise. Bon, c'est un effet de mode, oui, mais un effet de mode réservé à l'élite tout de même. Alors c'est au XXe siècle que... tout va s'accélérer concernant l'usage des couleurs. En effet, dans les années 30, l'arrivée de nouvelles technologies permet d'avoir des vêtements plus résistants au lavage et des textiles moins chers. Hop, exit le blanc et place donc aux couleurs dans les cours de récréation. Plus tard, dans les années 50 et 60, de nombreuses personnalités féminines vont commencer à adopter le rose. C'est le cas de Brigitte Bardot ou bien encore de Marilyn Monroe. Et ça va renforcer un petit peu plus encore l'appartenance du rose au féminin. Mais c'est véritablement dans les années 80 que les marques vont s'emparer du rose et du bleu pour mettre en place une stratégie marketing très agressive destinée aux enfants. Alors un grand coup de spot publicitaire. Les marques vont petit à petit faire rentrer dans la tête des adultes et des enfants que le rose, c'est pour les filles, et que le bleu, c'est pour les garçons. L'idée, derrière, elle est très simple. Vendre un maximum d'objets aux familles nombreuses. Admettons que vous avez un t-shirt blanc. Eh bien, le grand frère pourra mettre ce t-shirt blanc. Puis, une fois qu'il sera trop petit pour le grand frère, il y aura le petit frère ou la petite sœur. Ça, c'est ce que permet le blanc. En revanche, un t-shirt rose, hors de question pour le grand frère de le porter, comme un t-shirt bleu, hors de question pour la petite sœur de le porter. Donc, on achète du bleu pour le garçon et du rose pour la fille. Et ça fonctionne pour tous les vêtements, mais aussi les accessoires, les jouets, les meubles. Bref, tout ce qu'on peut vendre aux parents pour leurs enfants. Et c'est ainsi que les ventes sont doublées, voire même parfois pour les grandes fratries triplées. Alors souvent, c'est vraiment ridicule parce que l'objet est exactement le même et il y a seulement la couleur qui change. Que voulez-vous, c'est ainsi. On vous recommande de lire les travaux d'Emmanuel Berthiault et Scarlett Beauvalet-Boutoury. Ce sont deux historiennes qui ont analysé dans leur livre le rose et le bleu, la fabrique du féminin et du masculin. Aujourd'hui, heureusement, les choses ont un petit peu changé. Alors, c'est vrai qu'on voit encore du rose et du bleu, Mais les marques... propose tout de même d'autres couleurs pour les enfants et on voit d'ailleurs aussi des vêtements dits unisexes. Alors évidemment, il y a encore des progrès à faire, je vous l'accorde, et notamment avec l'essor des gender reveals. Vous savez, ce sont ces fêtes que l'on fait avant l'arrivée des bébés. C'est une tradition venue des Etats-Unis qui veut que soit organisée avant la naissance des bébés une grande fête pour dévoiler le sexe du futur bébé à la famille et aux amis. Eh bien, dans ces fêtes, on reçoit souvent le rose. pour annoncer les petites filles et le bleu pour annoncer les petits garçons. Que voulez-vous ? Les habitudes en la peau dure et surtout le marketing à la peau dure. Voilà les amis pour cette petite histoire autour de l'origine du rose et du bleu. J'espère que cette petite histoire vous a plu. Si c'est le cas, dites-le nous en commentaire, partagez, likez, commentez. Et si comme Nico, vous avez des questions qui vous taraudent l'esprit sur un autre sujet, faites-nous votre proposition de thématique. et on essaiera d'y répondre lors d'un prochain épisode. Salut !