Speaker #0La Petite Histoire www.lafabriqueaudio.com Salut tout le monde et bienvenue dans un nouvel épisode de La Petite Histoire. Je suis Florent Mounier, c'est moi qui vais vous narrer cet épisode qui a été écrit et mixé par Sébastien Girard. Avant de commencer, on vous remercie d'être toujours aussi nombreuses et nombreux à nous suivre et à nous écouter. Si vous souhaitez nous soutenir, il y a plusieurs possibilités. Déjà, liker le podcast, le partager, nous suivre sur les réseaux sociaux, tout ça c'est gratos. Si vous allez plus loin, et c'est éventuellement ce qu'on vous demande de faire, vous pouvez rejoindre le Patreon de La Petite Histoire et nous donner un petit coup de pouce. 3 euros par mois sans engagement, 3 euros qui, mis bout à bout, nous permettent de financer notre travail de recherche. 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Bon, la ville s'en remet tant bien que mal, mais au début des années 1630, la peste s'abat sur la ville, comme elle s'abat d'ailleurs sur de nombreux bourgs et bourgades. emporte avec elle un quart de la population. Un habitant sur quatre, rendez-vous compte, c'est énorme et tout ça en quelques mois à peine. La ville est évidemment traumatisée par la peste, épuisée par la peste et elle se trouve dans un état de nervosité permanente. Alors les habitants multiplient les prières, les processions et cherchent désespérément un sens à ce qu'ils traversent. Je vous rappelle que c'est une époque lors de laquelle le diable est une réalité. On parle du diable, ou en tout cas, on a peur du diable. Mais heureusement, il y a les prêtres pour nous protéger du démon. Et dans cette ville, le prêtre, il s'appelle Urbain. Urbain Grandier. Urbain Grandier, c'est le curé de la paroisse. Il est curé de cette paroisse depuis 1617. Grandier, c'est un homme instruit, brillant, un orateur remarquable, dit-on. Il a étudié chez les jésuites, il parle bien et il écrit bien. Mais, car il est un mais, il traîne également quelques casseroles, et notamment une réputation sulfureuse. On dit de Grandier qu'il est un séducteur. On dit même qu'il serait un libertin, et qu'il aurait eu des aventures avec plusieurs femmes de la ville, dont certaines de bonne famille. On murmure aussi que Grandier aurait secrètement... épouser l'une de ses femmes, une certaine Madeleine de Brou. Et il l'aurait épousée, tenez-vous bien, dans sa propre église. Bon, vous en conviendrez, pour un prêtre tenu au célibat, tout ça c'est plutôt problématique. Grandi, il a un talent particulier. Ouais, il a le don... de se faire facilement des ennemis, beaucoup d'ennemis. Il s'est par exemple brouillé avec le bailli de Loudun. Il s'est brouillé avec les moines capucins de la ville. Il s'est brouillé avec la mère supérieure, Jeanne des Anges, parce qu'il a refusé de prendre en charge la direction spirituelle du couvent des Ursulines. Donc la mère supérieure lui en aurait gardé une rancune tenace. Et puis surtout Grandier. Il a eu la mauvaise idée d'écrire des pamphlets sarcastiques contre le cardinal de Richelieu, l'homme le plus puissant du royaume, après Louis XIII. En fait, Richelieu, à l'époque, il veut affaiblir les villes indépendantes, comme Loudun, pour renforcer l'autorité centrale. Et Grandier, lui, il veut l'inverse, c'est-à-dire qu'il veut que sa ville soit forte. Donc Grandier, il va aller jusqu'à s'opposer publiquement à l'ordre de Richelieu, Éric Julien qui veut raser les remparts de Loudun. Loudun qui, à cette époque, est l'une des villes les mieux fortifiées du pays. Bref, en 1632, Urbain Grandier est un politique, on va dire, important à Loudun et il compte presque autant d'ennemis que la ville ne compte de rue. Dans la nuit du 21 septembre 1632, au couvent des Ursulines de Loudun, quelque chose se passe. Ce soir-là, trois sœurs disent avoir aperçu dans le cloître l'ombre du père Mousseau, qui était leur ancien confesseur avant qu'il ne meure quelques mois plus tôt. Donc les trois sœurs prétendent voir une apparition. Alors on pense qu'il s'agit d'un cauchemar ou des effets de la fièvre. Mais deux jours plus tard, voilà que les choses se passent à nouveau. Cette fois-ci, c'est en pleine messe. Les mêmes religieuses sont prises d'un coup de convulsions violentes. Et certains, présents ce jour-là, disent voir passer une boule noire qui aurait, je cite, « traversé le réfectoire » . Bon, cette fois-ci, on en est sûr, il s'agit du diable. Le démon a pénétré le couvent, c'est sûr, il est là. Alors les jours qui suivent, c'est un véritable carnage dans le couvent. En 15 jours, toutes les sœurs du couvent, et elles sont 17, vont être touchées par le diable. Alors elle se... tordent dans tous les sens. Les témoins de l'époque rapportent des scènes hallucinantes. On dit que les sœurs se contorsionnent dans des positions impossibles. On dit que la voix des sœurs change. On dit que certaines sœurs tiennent des propos très, très obscènes. D'autres se baladent quasi nus sur les toits du couvent. Et il y a même une des sœurs qui va utiliser un crucifix d'une façon peu catholique, si vous voyez ce que je veux dire. En tout cas, les gens de l'époque, ils ont pris soin de ne pas décrire. dans le détail ce que faisait la sœur avec ce crucifix, mais on a bien compris de quoi il s'agissait. Alors, devant ce chaos, les autorités religieuses vont devoir réagir très vite. Et elles ordonnent des exorcismes. D'abord en privé, dans le couvent, mais l'affaire dépasse rapidement les murs de la ville et les exorcismes deviennent ainsi publics. On veut voir ces corps convulsés, on veut voir ces bonnes sœurs qui parlent avec des voix étranges. On veut observer les prêtres en joute verbale avec les démons. Le spectacle fascine, autant qu'il dégoûte, mais je peux vous dire que le village de Loudun ne perd pas le nord et avec ses exorcismes publics, le tourisme local s'en porte plutôt pas mal. Voilà pour la première partie de cet épisode consacré aux possédés de Loudun. Dans la deuxième partie, je vais vous raconter ce qu'il s'est passé ensuite pour tous ces possédés et puis pour ce urbain grandier. A tout de suite !