- Speaker #0
Mocko Média. La surprise est partout, dans un quotidien, dans un métier, dans une rencontre, dans une idée. À Clermont-Ferrand, on a recueilli des voix, des imprévus et des anecdotes étonnantes pour une mini-série spéciale Clermont Innovation Week en cinq capsules pour découvrir la surprise autrement. Au fur et à mesure des rencontres, une notion revient souvent, celle de la créativité. Quand la surprise, l'inattendu devient un véritable outil pour favoriser l'innovation. Comment créer ces conditions ? Existent-ils des règles précises ? J'ai posé mes questions à Mathieu Raffano, responsable innovation et transformation au sein du Damier, pour en apprendre un peu plus sur ce lien entre créativité et innovation, mais aussi sur les spécificités de son métier.
- Speaker #1
Alors moi, au sein du Damier, je suis responsable d'innovation et transformation. Et globalement, au sein de l'équipe, je m'occupe de la coordination et de la conception des dispositifs qu'on imagine et qu'on anime sur les enjeux de transition, donc aussi bien sur les questions de transition écologique que sociale. Et j'ai une autre part aussi de mon activité qui est sur les enjeux d'innovation sectorielle. Et donc là, l'idée, c'est qu'on vient traiter des thématiques d'innovation du secteur, qui percutent le secteur. Là, par exemple, depuis les deux dernières années, on s'intéresse notamment aux enjeux d'intelligence artificielle générative. Cette année, la thématique surprise, nous, on l'a trouvé plutôt facile parce que l'innovation en soi, c'est surprenant. Ça a des côtés surprenants. Et nous, on a un avantage dans les industries culturelles et créatives, c'est justement la dimension de créativité. Et donc, on s'est dit que, mine de rien, on partait avec un point fort qui était qu'on est une filière créative. Et donc, on a forcément des avantages pour surprendre les publics qu'on vise.
- Speaker #0
La surprise, l'inattendu comme levier d'innovation. Démonstration par l'exemple avec le Week-end créatif, un événement qui fut organisé par le NAMI pendant plusieurs années.
- Speaker #1
Le Week-end créatif, en gros, pour expliquer de manière très simple, c'est pendant trois jours, on enferme différentes communautés à l'intérieur d'un lieu. Donc, il y a des artistes et des créatifs. Il y a aussi ce qu'on appelle des makers, des développeurs, donc des gens qui bidouillent un peu les technologies. Et donc en fait, on fait se croiser ces deux types de personnes qui globalement n'ont jamais l'habitude de se croiser en temps normal dans le secteur professionnel et qui du coup n'ont pas l'habitude de bosser ensemble. Et donc pendant trois jours, on les enferme. Et ils ont une mission avec une super team de mentors pour les accompagner. Mais ils ont trois jours pour créer un spectacle qui mêle musique, images et technologie. Et en fait, donc moi, j'ai organisé deux de ces week-ends créatifs avec l'équipe du Damien. En fait, c'est hyper intéressant parce que nous, on est créateurs des conditions de la collaboration. Mais à aucun moment, quand on organise cet événement et quand on le démarre, on sait ce qui va être produit à la fin. Et donc, l'événement se termine avec une restitution publique des projets qui ont été imaginés, qui sont des petites performances qui durent trois minutes. Et en fait, là, il y a un côté... totalement surprenant où en fait on met des gens ensemble on sait les compétences qu'ils ont c'est pas ce que ça va donner sur le croisement mais à la fin en fait on a un truc qui tient la route qui est hyper créatif et innovant et du coup surprenant pour le coup et c'est là où on se dit qu'en fait quand on offre les conditions de la collaboration et quand on a les capacités et qu'on peut accompagner ça et c'est pour ça que l'accompagnement pour moi c'est important et comment on accompagne l'innovation sur un territoire quand on a tout ça qui est réuni en fait on s'ouvre un champ des possibles qui est immense quoi
- Speaker #0
L'entreprise Phosphorial a su inviter la surprise dans son événement pour favoriser, elle aussi, l'intelligence collective. Quand atelier de créativité ne rime pas forcément avec post-it, Jean-Luc Bourdeaux nous raconte.
- Speaker #2
Alors Phosphorial, c'est un collectif de facilitateurs créé par Jean-Claude Casalegno, qui a pour but finalement à la fois de former sur la facilitation, mais également d'intervenir en entreprise dans des contextes d'accompagnement et de transformation. ou finalement de création. On a également les éléments de développement de territoire où on intervient pour assister des communautés publiques pour avancer sur des projets de territoire, des choses comme ça. Alors nous avons eu la chance d'intervenir dans le cas de la Clermont-Lichon-Henwick et nous avons là-dessus animé un atelier sur l'impact de l'IA sur les métiers. Et donc on a choisi, pour animer la surprise, de projeter tout le monde dans le train de l'IA. pour avancer vers de nouvelles destinations que sont celles qu'on peut rencontrer aujourd'hui avec l'IA agentique, l'IA générative et toute une somme de choses qui sont aujourd'hui des éléments qui viennent intégrer la vie de tous et puis les entreprises. Donc dans ce cadre-là, on a animé cet atelier avec un atelier de facilitation. pour finalement avancer sur la création de dispositifs de compréhension, en tout cas d'éléments de compréhension, de comment ça pouvait impacter ces éléments sur l'IA. On ne s'arrête jamais chez Phosphoria à l'atelier avec les post-it, parce que finalement, on est dans une démarche de créativité. Et si nous, on n'a pas de créativité, comment on peut amener les personnes à finalement générer de la créativité et puis avancer ? Donc on est toujours un peu disruptif, même si ce mot maintenant est un petit peu galvaudé, mais on est toujours dans la créativité avec des éléments. Donc là, on s'est dit, on va les emmener dans l'IA, et bien pas de problème, l'ambiance de la gare. le billet de train, les visuels qui vont avec, et puis toute une somme de choses. Alors, au départ, on voulait aller sur des choses encore plus loin, mais finalement, on a été raisonnable,
- Speaker #1
l'atelier ne faisait que deux heures. Prenez garde à la fermeture automatique des portes.
- Speaker #2
Alors l'IA, pour le coup, on nous a un peu sollicité dessus, donc on voulait avancer là-dessus, mais on ne voulait pas faire un atelier classique sur l'IA en allant sur des choses un peu convenues. On voulait vraiment sortir des choses et c'est là qu'est venu le train de l'IA avec finalement un train japonais très en avance sur l'innovation pour avancer finalement sur une création de contenu qui nous permettait d'explorer tout un nouvel univers. donc on voulait les emmener et puis on avait aussi des références cinématographiques donc par exemple sur les projections à 2050 qui sont assez classiques je dirais en facilitation nous on est parti en 2049 avec Blade Runner sur les craintes on s'est retrouvé chez Terminator et puis sur les biais de l'IA et puis les craintes que peuvent ressentir les gens face à ce nouvel outil on s'est posé la question de savoir si on était un peu dans la matrice ou non et donc on a eu Neo effectivement qui s'est invité Donc on a finalement croisé beaucoup de monde au travers de ce voyage, et puis on a pu, comme ça, mêler beaucoup de références pour à chaque fois générer beaucoup de créativité. Il faut savoir que dans notre collectif, en fait, il y a beaucoup de personnalités variées, il y a des ingénieurs, il y a des personnes qui sont plus des consultants RH, donc dans le domaine des RH, des RH, des personnes qui sont dans l'enseignement, on a ma co-animatrice, par exemple, qui est sur l'innovation pédagogique, qui a fait un très beau travail là-dessus, et puis en fait, on a différents profils comme ça, et chacun, finalement, a ses références. Alors, je peux être coupable pour les références à la pop culture. Je suis un grand geek. Pour le coup, effectivement, j'aime bien ça parce que je trouve que ça amène tout de suite l'imaginaire pour les personnes. Et puis, ça leur permet de se projeter parce qu'à la fois, le film nous fait penser tout de suite à quelque chose. C'est vrai que sur les craintes, Skynet, Terminator, on était tout de suite là-dessus. Mais donc, effectivement, on a comme ça voulu voyager dans beaucoup d'univers.
- Speaker #0
Quand les créatifs et créatives nous surprennent, comment ne pas penser aux artistes ? L'inattendue comme celle de l'art. Élise Aspor, historienne de l'art et coprésidente de Vidéoform, observatoire de tendance, laboratoire, producteur et diffuseur de formes d'art émergentes, dans lesquelles technologie numérique et poésie dessinent des mondes possibles, Vidéoform organise tous les ans un festival international d'art hybride et numérique à Clermont-Ferrand.
- Speaker #3
Moi qui viens du monde un peu des arts... Des artistes, c'est souvent un peu le sel de ces métiers-là. Moi, je suis historienne de l'art et donc pousser les portes des ateliers, des expos, etc. c'est aller chercher justement l'inattendu. Je travaille pour Vidéoforme, le festival art vidéo numérique de Clermont qui s'est terminé au mois de mars. Donc les dernières surprises, on va dire, c'était qu'on était à plein dans le festival. Et du coup, j'ai découvert notamment plusieurs artistes, dont une que j'ai beaucoup aimée, Isabelle Dehé, parce qu'elle fait quelque chose... qui, le traitement de la photo, elle appelle ça tisser des pixels. Donc en fait, c'est un peu comme une sorte d'écran blanc de page blanche dans lequel apparaissent des silhouettes, des mouvements vraiment très fugaces. Et c'est très, très, on va dire, délicat. C'est délicat de la vidéo qu'on n'a pas forcément l'habitude de voir. On est beaucoup dans la 3D, l'IA gogo, avec des choses très sympas et bien. Mais du coup, voilà, c'est un peu les contrepoints qui sont intéressants à ce moment-là. Et dans les dernières surprises, agréables en tout cas, celle-ci, je la cite.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus aussi ? Parce que tu parles d'art de vidéiforme, c'est parce que ta spécialité, c'est les arts numériques. Et est-ce qu'il y a justement un sujet, toi, un fil que tu tisses, un pixel que tu tisses tout au long de ton parcours ?
- Speaker #3
Après, là où je tire, je parlais d'intelligence artificielle. Il se trouve que moi, j'avais fait ma thèse justement sur l'IA. mais qui date déjà de 2007-2008. Donc, c'est un des fils que je tire depuis très longtemps sur le rapport, effectivement, à la technologie, qui n'est pas nouvelle. L'automatisation de la création, c'est assez amusant parce que c'est des choses qui reviennent. On a parlé de la photo, évidemment, de la vidéo, la télé, et puis maintenant, donc l'IA. Donc, c'est un peu une des thématiques que j'essaye de suivre. Après, si on revient sur la thématique de l'inattendu ou de la surprise, moi, je me souviens justement sur la question des arts numériques. J'ai des artistes qui ont travaillé beaucoup, par exemple, sur l'idée du bug. Voilà, et ça, ça fait partie, effectivement, la divine surprise aussi. Comme tu disais, c'est un peu le sel de l'art aussi. Voilà, les artistes font feu de tout bois. Il y a des fois des choses qui se révèlent, y compris dans les programmations qu'on pense très, très cadrées. Le fameux bug, il arrive. Et il y a des artistes qui travaillent vraiment sur cette question-là. Et moi, je trouve ça vraiment... ce qui est intéressant pour moi aussi, d'aller là où on ne pense pas forcément aller. Voilà, pour résumer un peu rapidement.
- Speaker #0
Voilà, ce qui nous surprend ouvre souvent un chemin qu'on n'avait pas prévu initialement. Direction la dernière capsule. Surprise !