- Speaker #0
Mon comédien. La surprise est partout, dans un quotidien, dans un métier, dans une rencontre, dans une idée. A Clermont-Ferrand, on a recueilli des voix, des imprévus et des anecdotes étonnantes pour une mini-série spéciale Clermont Innovation Week en 5 capsules pour découvrir la surprise autrement. Et oui, même si une surprise peut sembler spontanée, elle se prépare souvent dans les moindres détails. On la conçoit et on l'orchestre. Certains événements organisés lors de cette dernière Clermont Innovation Week se sont emparés de la thématique pour surprendre et faire vivre une véritable expérience inédite sur le territoire. C'est le cas du Damier, cluster d'entreprises culturelles et créatives, qui a organisé une tournée secrète. Le temps d'un après-midi, nous avons été guidés de lieu en lieu à la découverte des ICC, Industrie Culturelle et Créative, présentes sur la métropole. D'agences vidéo qui réalisent des clips musicaux au plateau télé, ateliers de designers, chantiers d'insertion par la radio, nous allions de surprise en surprise. A la fin de la tournée, j'ai tendu mon micro à Mathieu Raffano, responsable Innovation et Transformation. au damier, afin d'en apprendre un peu plus sur la surprise et de ce lien à l'innovation.
- Speaker #1
L'industrie culturelle et créative, c'est une bannière où on met tout un ensemble de secteurs où la créativité est au cœur de l'activité. On retrouve aussi bien les domaines du spectacle vivant, de la musique, de l'audiovisuel, de la photographie, du design, du patrimoine, du numérique, de la communication, de l'événementiel, bref, tout un tas de secteurs où l'idée, c'est qu'à l'intérieur de ces métiers, on retrouve la créativité. La surprise, par définition, pour moi, c'est quelque chose à laquelle on ne s'attend pas dans tous les cas. C'est déjà se dire, en fait, en tant que secteur d'activité, en tant que structure, à quoi les gens sont habitués, quel type de proposition on a l'habitude de leur donner, et donc, qu'est-ce qui serait totalement contradictoire avec ce qu'on pourrait leur proposer. Bon, globalement, l'idée, c'est quand même de centrer sur notre activité. L'objectif, c'était de plutôt cibler les attentes de cette partie prenant-là, de nos bénéficiaires, et de se dire comment on va trouver. trouver la surprise. Et donc, on a trouvé différents leviers. Nous, ça a été la question de la programmation cachée. Donc déjà, ne rien dévoiler en termes de contenu. Juste de donner des plages horaires. De bousculer potentiellement la place du public. C'est-à-dire qu'ils ne sont pas seulement spectateurs à un moment, mais on leur demande de participer, etc.
- Speaker #0
Et en gagner des sucettes.
- Speaker #1
Et en gagner des sucettes, exactement. La dimension de jeu est surprenante parce que quand on annonce quelque chose dans une programmation, Il y a des fois, on ne s'attend pas forcément à avoir cette dimension participative et celle du jeu, et qui est intéressante aussi en tant que participant à endosser. Et au-delà de la programmation secrète qu'on n'a pas dévoilée, en fait, l'idée, c'était de se dire, on va vous emmener dans des endroits que vous ne connaîtrez pas, c'est sûr. Mais parce que tout simplement, c'est des endroits où des professionnels travaillent, qui sont ouverts à certains moments, mais pas quand on est en public traditionnel. Et donc l'idée c'était de se dire, on ouvre ces portes-là, on vous donne une vision de ce que sont les ICC, de ce qu'il y a comme compétences, et des compétences qui pourraient vous être utiles, vous éventuellement, pour surprendre vos publics, ou surprendre vos autres parties prenantes, etc. Voilà, c'était un peu l'enjeu en tout cas.
- Speaker #0
J'ai ensuite rencontré Lolita Barthes, chargée de communication au Damier, mais aussi co-fondatrice de Sironastra. J'avais envie de comprendre comment la surprise, l'inattendu, peut être... utilisée comme levier pour créer une expérience mémorable à son public. Quels sont les moyens employés pour créer cet effet de surprise ?
- Speaker #2
On est un collectif qui a pour objectif de promouvoir l'expression artistique, féminine, féministe et queer dans les cultures alternatives. Et comment on fait ça ? On organise des événements où il y a du concert, de la performance burlesque, donc effeuillage burlesque, drague, mais aussi des expos, des artistes qui sont présentes. L'idée, c'est de mettre en avant les femmes sur scène, mais aussi la pratique musicale, puisqu'on organise aussi des ateliers de pratique musicale pour les femmes et minorités de genre autour de divers instruments de musique. L'idée, c'est de faire de l'empowerment musical, donc prendre sa place via la musique. On fait pas mal de teasing, surtout autour de notre univers, parce qu'on est quand même dans un univers très... Donc déjà... Les concerts, c'est plutôt de la musique extrême, ce qu'on peut appeler musique extrême, un peu grossièrement. Mais le punk, toutes les dynamiques, synthwave par exemple, le gothique, la darkwave, le post-punk, un peu de stoner de temps en temps. Et du coup, c'est vrai qu'autour de ça, on a construit un univers dark très goth. Et on s'est dit qu'on allait vraiment travailler notre communication, donc tout le champ de l'écriture, tout l'éditorial est autour de ça. Et dès le début, on a voulu créer un peu... Un mystère autour de ce qu'on fait, pourquoi, qu'est-ce qu'on propose, et notamment le tout premier événement qu'on a lancé il y a presque 5 ans maintenant. C'était un événement, on donnait peu d'infos, dans un lieu qui, au final, est un lieu qui est quand même assez connu par les Clermontois sur les scènes alternatives, mais on a teasé tout ça, et nous, on tease petit à petit aussi. C'est vraiment un jeu avec la communication, c'est-à-dire qu'on dévoile petit à petit nos affiches, qu'est-ce qui va se passer. les artistes, etc. Et puis en même temps, on ne sait jamais vraiment ce qui va arriver, notamment quand on propose de la performance autour du burlesque, du drague, etc. Il y a toujours cette surprise-là aussi de qu'est-ce qui va se passer sur scène parce que c'est quand même des arts qui sont assez surprenants au final et même surprenants pour des gens qui ne connaîtraient pas. Et donc voilà, on a toute cette communication qu'on va jouer en créant l'univers. Vraiment, on a une identité, en fait, identité visuelle et identité simplement éditoriale, identité de marque qui est assez forte. Et je pense que c'est grâce à ça qu'on arrive à créer la surprise et emmener les gens avec nous dans l'univers. L'idée, c'est que quand ils arrivent à une de nos soirées, tout les emmène avec nous. Donc, il y a de la déco, il y a les artistes, on veut tout faire découvrir. Et du coup, peut-être dans la conclusion par rapport à ça, c'est que moi, je trouve que surprise, c'est beaucoup en lien avec découverte.
- Speaker #0
Et lors de cette tournée secrète, j'ai aussi croisé une participante, Anne-Cécile Dojoux, consultante en communication authentique qui nous parle de la surprise dans sa vie pro.
- Speaker #3
Je suis consultante indépendante en communication authentique. Alors qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'en fait, moi je fais du conseil et de la stratégie de com' pour des entreprises à taille humaine et j'essaie de leur proposer des solutions en coopération avec des créatifs et des spécialistes qui font appel à leur imagination, à leurs compétences. et où la technologie et toutes les techniques restent des supports. Voilà, donc moi j'aime la créativité humaine, les savoir-faire authentiques, les connexions sincères entre les personnes et je ne suis pas très très très fan de la technologie à outrance dont les IA génératifs. Je pense que la bonne surprise que j'ai eue récemment, c'est comme j'ai lancé mon activité indépendante il y a quelques mois seulement, c'est de savoir que des personnes de mon entourage me recommandaient et incitaient à travailler avec moi alors qu'ils n'avaient jamais bossé avec moi avant et c'est comme ça que j'ai eu mon... Premier dossier client, donc ça, ça a vraiment été une bonne surprise et quelque chose de très encourageant pour moi, en fait. La mauvaise surprise, c'est peut-être que se dire qu'être indépendant, c'est peut-être gérer des mauvaises et bonnes surprises en permanence. En fait, c'est de jongler un petit peu entre différents aspects en tant qu'entrepreneur et aussi sur son métier de base et de s'adapter en permanence à ce qu'on doit affronter. Mais c'est aussi le plaisir de découvrir et de vivre des choses parfois inattendues.
- Speaker #0
Direction le troisième épisode de cette mini-série pour parler de l'entrepreneuriat, une aventure pleine de surprises.