- Speaker #0
Léna n'a jamais pensé entreprendre et pourtant, une idée, un déclic et une histoire personnelle vont changer le cours de sa vie. En 2022, elle crée Yuki Kuki et se lance dans l'aventure entrepreneuriale avec détermination, doute et beaucoup de courage. Un épisode sincère sur le passage à l'action, la solitude et le fait d'oser malgré tout. Je suis très heureuse de recevoir Léna dans La Toulonnaise. Salut Léna !
- Speaker #1
Salut, ça va ?
- Speaker #0
Ça va très bien, merci, je suis super contente de t'avoir. Avant de commencer, il faut que je taboue quelque chose parce qu'on ne se connaît pas du tout. Du coup, il faut que je te dise que lorsque j'ai eu l'idée de créer ce podcast, la première chose que j'ai faite, c'est que j'ai ouvert mon ordinateur, j'ai ouvert Illustrator et je me suis fait un espèce de fil d'Instagram de ce qui pourrait ressembler. Et le premier truc, la première photo que j'ai mise, c'est la tienne.
- Speaker #1
C'est vrai,
- Speaker #0
je te jure. Ça m'a hyper touchée. La première photo que j'ai mise et du coup, je suis vraiment ravie de pouvoir t'avoir et de pouvoir partager autour de ton aventure entrepreneurial et puis de la boutique aussi.
- Speaker #1
Merci, ça me touche. Franchement, je suis trop contente moi aussi de rencontrer des nouvelles personnes et de discuter. Et c'est un trop beau projet ce que tu entreprends. Je suis hyper fière d'être là avec toi.
- Speaker #0
Trop bien, on va passer un super moment.
- Speaker #1
Ah ouais, j'en doute pas.
- Speaker #0
Alors, si tu veux bien, pour commencer, je vais te demander de te présenter en nous donnant ton prénom, ton âge, ce que tu faisais avant de te lancer, ce que tu fais aujourd'hui et depuis combien de temps.
- Speaker #1
Ok, alors je m'appelle Léna Praneuf, je vais avoir 28 ans à la fin de l'année. J'ai eu un master en com. Et en fait, j'ai bossé chez Nike à l'avenue pendant cinq ans en contrat étudiant. Et en fait, directement à la fin de mon master, j'ai attaqué Yuki Kuki. Donc en fait, je n'ai jamais eu de CDI 35 heures. J'ai directement attaqué ce projet.
- Speaker #0
Trop bien. Mais du coup, tes études n'avaient rien à voir avec ce que tu fais aujourd'hui.
- Speaker #1
J'ai fait un débuté du coup tech de co. Et après ça, je suis allée à la fac de Toulon et j'ai fait un master en communication.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Alors, ça n'a pas du tout plu. Parce qu'en fait, moi, je me suis rendue compte que j'ai fait ma dernière année en alternance dans une boîte, une start-up qui était à Toulon.
- Speaker #0
Ok, d'accord.
- Speaker #1
Weproc, ça s'appelle. C'est un logiciel à chat. Donc, moi, je me chargeais de la com. Et en fait, je me suis dit, mais moi, rester devant un ordinateur toute la journée, mais ce n'est pas possible. Vraiment, j'ai besoin de bouger. et quand c'est pas concret Ça ne me touche pas. Je ne sais pas comment expliquer.
- Speaker #0
Parce que c'était un service, tu veux dire ? Oui. Et donc, du coup, pour toi, ce n'était pas assez concret.
- Speaker #1
Alors, c'était super. Mais moi, personnellement, je ne trouvais pas de plaisir à ça. Oui,
- Speaker #0
je comprends.
- Speaker #1
Et j'ai toujours aimé toucher les choses, avoir un côté très manuel, physique. Et en fait, quand je termine mon master, je me dis, je vais monter ma boîte. Je vais ouvrir mon agence de com.
- Speaker #0
Ok, donc tout de suite, tu te dis pas que tu vas passer par la case salariat privée ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Tu fais juste ton stage et tu te dis, je vais me lancer, quoi.
- Speaker #1
En fait, quand je vais dans cette... Jusqu'à ma dernière année de master, j'allais après être salariée. Même pas, je me suis posé la question de monter ma boîte. Ça n'a jamais été une éventualité pour moi.
- Speaker #0
Donc, tant que tu étais en formation, c'est après que tu t'es...
- Speaker #1
Et donc, c'est pendant l'alternance, quand je rentre dans cette start-up. Et en les voyant, je me suis dit, mais c'est génial d'être son propre patron, de faire...
- Speaker #0
Ça t'a inspirée.
- Speaker #1
Et en fait, je me suis dit, mais moi aussi, je veux faire comme eux.
- Speaker #0
Ah ouais, ça t'a inspirée. Et en fait,
- Speaker #1
c'est à partir de ce moment-là où je me suis dit, non, en fait, moi aussi, je veux monter ma boîte.
- Speaker #0
Et tu voulais monter ton agence de com, non ?
- Speaker #1
Et donc, au début, je me suis dit, j'ai fait un master en com, je vais monter mon agence de com. Et en fait, je commence à faire mes prix, mes offres et tout, et ça ne me venait pas. Enfin, vraiment, j'étais...
- Speaker #0
Pas inspirée.
- Speaker #1
Mais non, pas inspirée. je faisais des démarches, je me rappelle Ce qui est drôle, c'est que j'avais eu juste avant l'idée d'ouvrir un magasin de cookies. Mais c'était une idée que j'avais pensée comme ça et j'avais un peu laissé tomber. Et quand je démarchais des agences de com pour connaître un peu leurs prix, je leur faisais croire que j'allais ouvrir un magasin de cookies. Pour qu'elles me donnent, pour que je sache un peu les prix et tout ça.
- Speaker #0
Oui, bien sûr, trop drôle.
- Speaker #1
En fait, c'est très drôle. Et bref, ça ne me venait pas. Et donc, ce qui s'est passé, moi, c'est que ma grand-mère est tombée malade. Elle a eu le Covid. et on le savait que ça n'allait pas très bien se passer. Et en fait, le jour où elle a été hospitalisée en soins intensifs, c'est marrant, la vie, je me suis dit, bon, là, je vais vivre une période compliquée, il faut que je me raccroche à un projet un peu sympa.
- Speaker #0
Qui te fait vibrer, quoi.
- Speaker #1
Ouais, et en fait, quand souvent on est face à la mort, je trouve que c'est là où on se dit, non mais, on n'a plus peur des choses habituelles.
- Speaker #0
Oui, et bien, la moindre chose te semble...
- Speaker #1
Dérisoire.
- Speaker #0
Bah oui, et puis facile, parce qu'effectivement, oui.
- Speaker #1
Oui, parce que face à la mort, et donc en fait, je me suis dit, Non mais en fait j'avais cette idée de coup de magasin de cookies, il faut que je le tente. Et donc, à partir du moment où ma grand-mère est hospitalisée, je me dis, allez, je crée ma page Insta, je fais des tests de recettes de cookies, et on verra. Et au pire, ça ne marche pas, tout ira bien. Je ne vais pas mourir, je ne vais pas tomber malade.
- Speaker #0
Oui, en soi, tu auras essayé.
- Speaker #1
Oui, voilà. Et puis, moi, ça m'a permis de vivre ce moment qui était très compliqué, de le vivre peut-être différemment, d'être plus dans l'action. Et en fait, pendant deux mois, j'ai fait des recettes. Je n'avais pas de four chez moi, donc j'allais chez mes parents. Ça puait le beurre, c'était horrible. Mes parents ne pouvaient plus. J'ai fait goûter des cookies à 15 milliards de personnes.
- Speaker #0
C'est quoi ton histoire avec le cookie ? Pourquoi le cookie ?
- Speaker #1
Alors moi, j'ai toujours été... très gourmande. Vraiment, la nourriture, c'est ma passion numéro une, je pense. Et un jour, je vais à Aix avec mon ancien copain, et je vais sur Instagram, je regarde un petit peu les boutiques et tout ça, les restos, et je tombe sur une boutique de cookies qui s'appelle Maison ZDW.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je dis à mon ancien copain mais il faut absolument qu'on aille goûter, c'est une trop bonne idée. Leur Insta était super sympa. Et en fait, quand j'arrive dans cette boutique, toute petite, il y a quatre goûts de cookies, on les prend, on va les goûter, je me rappelle, dans un petit parc. Et là, je lui dis, mais attends, c'est une super bonne idée, en fait. Et puis, tout le monde aime le cookie. Je trouve que globalement, le cookie, c'est quelque chose d'assez...
- Speaker #0
C'est hyper gourmand. Tout le monde aime les cookies. Je ne connais personne qui me dit, ah non, pas de cookies, quoi.
- Speaker #1
Enfin, c'est rare. Il y en a quelques-uns. Des fois, au magasin, il y en a quelques-uns. C'est vrai ? Oui, qui n'aiment pas les cookies. Mais globalement, un petit, grand... Là, je lui dis, mais attends, à Toulon, il n'y a pas ça. Et je voyais un peu qu'à Paris, dans les grandes villes, il y avait déjà un petit peu ces magasins qui ouvraient. Je me suis dit, mais nous, à Toulon, on n'a pas ce genre de choses. Et c'est comme ça.
- Speaker #0
Mais tu pâtissais de base ? Ou t'aimes la cuisine ?
- Speaker #1
Je pâtissais, je faisais des gâteaux au yaourt. Alors je faisais des cookies, je faisais des cupcakes. J'ai jamais réussi à faire des cupcakes. Quand j'étais petite, souvent je faisais des cupcakes. Le glaçage, c'était une catastrophe. Donc non, j'ai quand même toujours cuisiné. Puis ma mère a toujours cuisiné. Avec ma grand-mère, je pâtissais beaucoup.
- Speaker #0
Oui, c'est l'histoire de la famille.
- Speaker #1
Oui, j'adorais. Après, des choses simples. On n'allait pas faire des trucs compliqués. Et aussi, pourquoi le cookie ? c'est qu'en fait, on n'a pas besoin de passer son CAP pâtisserie.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
tout ce qui est biscuits secs j'ai juste passé une formation hygiène t'as été soutenue d'ailleurs ? oui oui personne t'a dit non mais t'es folle il y a quelques ans qui m'ont dit je me rappelle ma grand-mère qui est décédée justement avant qu'elle tombe malade donc quand j'avais eu cette première idée du cookie elle m'avait dit que c'était un peu elle me dit mais non n'importe quoi et quand je lui avais parlé du nom aussi je me rappelle elle avait rigolé elle m'avait dit on dirait un nom de chien D'ailleurs, je l'ai quand même gardé. Des fois, j'y pense et ça me fait rire.
- Speaker #0
Ah bah oui, c'est...
- Speaker #1
Non, j'ai de la chance d'avoir une famille et des amis qui m'ont soutenue. Je pense que par contre, la chose où il y a eu une interrogation, c'est quand j'ai dit que je voulais ouvrir à Toulon. Là, on m'a dit, Léna, Toulon, attention, il n'y a personne dans le centre-ville. Donc moi, j'ai ouvert en septembre 2022. Et donc en fait, alors ça, c'est un truc que les gens, mais parce qu'ils ne le vivent pas et peut-être que des fois, ils idéalisent, mais en tout cas... monter sa boîte, avoir son magasin, c'est super et tout ça, mais il y a le côté où il y a beaucoup de solitude.
- Speaker #0
Complètement, oui. Et comment tu gères déjà les amplitudes horaires quand tu es toute seule ?
- Speaker #1
On n'a pas le choix. Ça faisait des grosses semaines. Oui, ça faisait des très grosses semaines. Moi, j'étais du mardi au samedi toute la journée, toute seule, dans 17 mètres carrés. Après, il y a sûrement des gens à qui... Ça plaît et ils sont super bien. Comme ça, moi, en fait, à un moment donné, c'était soit j'arrêtais.
- Speaker #0
Ah oui, carrément. Ah oui, oui. Moi, je t'ai dit, je peux arrêter.
- Speaker #1
Il n'y a même pas eu de débat. C'était vraiment soit j'arrêtais ou soit j'embauchais quelqu'un.
- Speaker #0
Alors, parlons de Julia, justement. Donc, Julia, c'est la pâtissière que tu as recrutée, c'est ça ?
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et donc, du coup, tu l'as sentie comme un renouveau. parce que c'était une question que je voulais te poser parce que En vrai, ça peut être à double tranchant. Ça peut aussi te dire, oh là là, il faut que j'embauche quelqu'un. Donc, ça veut dire plus de charges, plus de frais. Tu vois, financièrement, comment je vais m'en sortir. Ou alors, ça peut être un soulagement de se dire, enfin, il y a quelqu'un qui arrive pour me soutenir, en fait.
- Speaker #1
Moi, c'était un soulagement. C'est-à-dire que moi, je ne me payais pas. J'avais le chômage.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
ça t'a aidé à te lancer.
- Speaker #1
Après, je n'ai pas de problème pour parler d'argent. Je gagnais 800 euros. J'avais 800 euros de chômage. J'avais la chance, par contre, d'être... J'habitais, en fait, dans une maison à côté de chez mes grands-parents, donc je payais pas de loyer. Donc ça, ça a été... Voilà, pareil, j'en ai conscience. J'ai aussi une chance énorme par rapport à ça. C'est que j'arrivais à vivre avec mes 800 euros de chômage.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Non, mais ce que je veux dire, c'est que tu t'es pas... La boutique, il fallait pas absolument qu'elle tourne pour pouvoir te rémunérer. Voilà.
- Speaker #1
Et ça, je pense, ça aussi, c'est quelque chose qui est important parce qu'il y a des gens qui ont besoin, qui ont des enfants, qui ont des crédits. moi voilà j'avais pas d'enfants pas de crédit donc je me suis aussi lancé dans des conditions qui étaient quand même idéal pour moi Et en fait, je me suis dit, ben là, après six mois de boulot, je ne vais pas me payer. Je vais continuer à avoir mes 800 euros de chômage. Mais par contre, je vais embaucher quelqu'un parce que sinon, je vais exploser en plein vol et je vais tout arrêter.
- Speaker #0
Mais c'est hyper courageux, en vrai, de se dire en fait, l'argent que je vais gagner, je vais le donner à quelqu'un d'autre. Enfin, tu vois, parce que c'est aussi tes efforts. la boutique, ton travail et compagnie et de se dire en fait je vais miser sur le futur de la boutique je vais miser sur ce que la personne elle peut m'apporter et faire perdurer la boutique jusqu'à la faire grandir c'est hyper courageux je trouve d'avoir fait ça pour
- Speaker #1
moi c'est normal parce qu'à partir du moment où j'ai lancé Yuki Kuki c'était pour investir et par exemple encore aujourd'hui mes dividendes que j'ai à la fin de l'année, je ne les prends pas pour moi. Je les reverse. Je réinvestis dans la société. Parce que je le voyais comme ça. Et de toute façon, c'était tellement devenu vital d'avoir quelqu'un qu'en fait, je ne me suis même pas posé la question de qui est plus de charge. Je n'y ai même pas pensé de seconde. De toute façon, pour que ça continue, il fallait que... Et puis même aussi, la réalité, c'est qu'il y a eu au début... Il y avait du monde, il y avait l'engouement. Je travaillais bien, les journées passaient vite. Et puis après, petit à petit, ça descend. Donc il y a des journées... Des fois, je faisais 200 euros par jour, mais c'est rien. J'ai voulu arrêter plein de fois, mais je n'ai pas l'âge.
- Speaker #0
À cause de ça ? À cause du financier ?
- Speaker #1
Ça allait parce que j'avais de l'argent de côté. J'ai toujours bien géré ma trésorerie et tout. Mais c'est juste que les journées passaient super lentement. Non, vraiment, Julia, ça a été un renouveau. Et j'ai eu beaucoup de chance. J'ai posté une petite story sur Insta. Je cherche une pâtissière. Je crois qu'au début, c'était 25 heures. J'avais pris en 25 heures. Et en fait, Julia m'a répondu. Et je n'ai vu que Julia. J'ai eu un entretien avec la seule... Il y en avait une qui m'avait répondu. Et en fait, c'est Julia que j'ai vue la première. Je me rappelle, elle est venue au magasin. Ce n'était même pas un entretien formel. Elle était... J'avais 24 ans, elle était un petit peu plus... Je crois qu'elle avait 27 ans ou 28 ans. Non, peut-être pas 27 ans. Et en fait, elle est venue au magasin, on a discuté, le courant est tout de suite passé. Et en fait, ça s'est fait comme ça.
- Speaker #0
Tu lui as dit, je te veux dans mon équipe.
- Speaker #1
Ah mais vraiment, je me suis retournée. C'est toi. C'est toi. Et en fait, je regrette... Pas du tout, quoi. Ben non, parce que... Parce que voilà, elle a redonné... Moi, elle m'a redonné personnellement... un souffle. Et aujourd'hui, j'en suis là grâce à elle aussi. Après, par contre, Julia est arrivée. J'ai quand même eu encore des moments difficiles. Je l'ai encore voulu arrêter. Ça, c'est ma spécialité.
- Speaker #0
À cause de quoi ?
- Speaker #1
C'était l'année dernière où, en fait, sur les réseaux, ça stagnait. Je ne faisais pas encore les vidéos. Moi, j'avais un problème. C'est que je voulais que tout soit toujours parfait. Donc, il fallait que les photos soient parfaites, que le feed soit parfait, que rien ne dépasse. En fait, à l'arrivée, c'était figé.
- Speaker #0
Mais c'est surtout que ce qui est parfait n'est pas fait. Parce qu'en fait, c'est jamais parfait.
- Speaker #1
Oui, voilà.
- Speaker #0
C'est vrai. Et oui.
- Speaker #1
Et en fait, je me suis dit, je ne trouvais plus de sens.
- Speaker #0
Parce que tu penses que tu t'étais lassée ?
- Speaker #1
Oui. Après, oui, c'est un peu lassant. Je fais quand même toujours la même chose. Globalement, c'était, je faisais mes cookies, il y avait les photos faites par la photographe.
- Speaker #0
Ah ouais, donc en fait, tu t'es rentrée dans un cadre, tu t'étais mis un cadre trop serré, quoi.
- Speaker #1
Et en fait, moi, je voyais mon copain qui travaille chez Nike, qui est directeur d'un Nike Factory. Et en fait, lui, je le voyais être dans une grande boîte, en fait, et donc faire plein de choses. Bon, il y a des côtés négatifs aussi, mais je veux dire rencontrer du monde. Et en fait, moi, je me disais, mais purée, moi... Je suis toujours à Toulon dans ma petite boutique. Je vois toujours les mêmes personnes. Je fais toujours la même chose.
- Speaker #0
Ce n'est pas stimulant. Non. En cas de la stimulation.
- Speaker #1
C'est vrai que je voyais que je me bloquais, que ça n'allait pas comme je voulais. Je n'avais pas confiance en moi. Ça m'empêchait de faire des choses. Je fais un parallèle sur ma vie un peu plus perso, mais je pense que ça m'a beaucoup aidée. C'est que j'ai changé de psy. l'année dernière j'ai été voir une nouvelle psy ça va faire un an et en fait ça m'a énormément aidée parce qu'elle m'a donné confiance en moi je trouve et en fait ça m'a donné une impulse pour faire des choses que t'avais envie de faire par exemple les vidéos, filmer mon quotidien c'est trop d'ailleurs, c'est trop bien et c'est en fait c'est super bien vraiment les gens et tu te sens plus à l'aise du coup maintenant ?
- Speaker #0
tu te sens en confiance ? de toute façon qu'est-ce qui peut t'arriver en vrai ?
- Speaker #1
bah rien Et puis même avec mon image, c'est pareil. Maintenant, je poste des vidéos où je ne me trouve pas belle sur les vidéos. En fait, il y a des angles où je ne vais pas me trouver jolie. Mais en fait, je m'en tape, je les poste. Et de toute façon, c'est la vie. En fait, je suis comme ça. Donc maintenant, ça ne me bloque plus pour faire des choses.
- Speaker #0
je me laisse plus de liberté t'as accepté que en fait ... pour avoir plus de spontanéité aussi, t'as besoin de plus de liberté, en fait.
- Speaker #1
Ouais. Et en fait, ça me fait tellement du bien. Et donc là, du coup, je me sens remplie dans mon boulot, quoi, en fait. Et j'ai aussi, depuis septembre, une alternante en communication. C'était pas du tout prévu. Mais en fait, elle m'a envoyé cet été son CV. Je l'ai pas posté d'amont. Alors, je suis très casse-pieds sur tout ce qui est visuel et tout. J'adore tout ce qui est beau et tout. Et en fait, là, j'ai eu un coup de cœur pour... pour sa DA ouais vraiment je l'ai trouvé incroyable en fait je me suis dit non mais en fait cette fille je l'ai promis de bosser avec elle elle est mon équipe elle aussi et en fait on a fait un entretien et là depuis donc septembre elle travaille avec nous et là ça m'a redonné un nouveau souffle encore sur la communication sur la communication sur le fait d'avoir d'être trois enfin là j'ai l'impression que ça fait vraiment une petite équipe en fait et je suis tellement heureuse en fait de et là quand je vais au boulot mais je me sens je me sens trop bien je me sens épanouie me sent à ma place.
- Speaker #0
Et comment tu gères ton rapport au management alors ?
- Speaker #1
Je crois que je ne suis pas très bonne.
- Speaker #0
Ah ouais ? Tu n'es pas très bonne parce que tu penses que tu peux les froisser ou parce que tu n'as pas de tact ou parce que tu es trop la bonne copine ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Je pense que... Et là, je sais que j'ai un énorme travail à faire là-dessus. Et oui, très honnêtement, je pense que je suis trop... Julia, aujourd'hui, c'est mon amie. Bon, c'est comme ça. J'étais jeune, puis on était toutes les deux tout le temps ensemble. Oui,
- Speaker #0
c'est obligé que le lien se crée à force de travailler ensemble, à force de passer du temps ensemble et tout.
- Speaker #1
Oui, mais par exemple, mon copain qui est directeur de magasin, c'est un manager, donc il a fait vraiment des études là-dedans. Et en fait, c'est un vrai métier d'être manager. Il faut se forcer à adopter une posture, parce que facilement, l'humain, je pense qu'on a envie de créer du lien. Donc on va facilement se confier, discuter des choses. Et ça demande un effort de se mettre en retrait et de dire, en fait, là, je ne vais pas avoir cette discussion avec cette personne parce que c'est mon employé. Bon, moi, ça, je n'ai pas su le faire. Mais je le vois même avec Marie, c'est un vrai métier d'être manager et pas tout le monde peut être manager.
- Speaker #0
Ah non, exactement. Et tu penses que ça peut te causer des torts d'avoir cette posture de copine ?
- Speaker #1
Non, parce qu'il y a des choses qu'en tout cas, je le dis.
- Speaker #0
Ok, quand même, tu arrives à ce recul-là et de dire, bon, là, pour ma boîte, il faut quand même qu'on prenne ses décisions, ses décisions et faire ça comme ça. Léna, pourquoi t'as choisi Toulon pour t'installer avec Yuki Fuki ?
- Speaker #1
On va dire que ça a été assez évident pour moi. Je suis née à Toulon, j'ai grandi à Toulon. Et en fait, il y a eu les Halles qui ont réouvertes. Et là, je me suis dit, c'est un coup de poker. C'est soit je me mets dès maintenant et ça va reprendre Toulon. Il va y avoir des magasins qui vont réouvrir. Et là, je serai placée dans la rue d'Alger, qui est quand même une très bonne rue.
- Speaker #0
Complètement, oui.
- Speaker #1
Parce que ça, par contre, j'étais catégorique. C'était soit j'étais dans la rue d'Alger. ou dans une très bonne rue à Toulon, soit je ne m'installais pas. Et aujourd'hui, là, vraiment cette année, je trouve qu'il y a plein de choses qui ouvrent, il y a plein de concepts qui ouvrent. Complètement, c'est trop bien. Mais c'est incroyable. Et même des trucs un peu style parisien et tout, mais moi j'adore, il y a plein de cafés qui ouvrent.
- Speaker #0
Oui, il y a le concept store, il y a le brunch, en vrai, tu as plein de choses maintenant à Toulon.
- Speaker #1
Et c'est trop bien parce que c'était une ville, c'est un centre-ville qui a quand même un énorme potentiel, il est très joli et tout
- Speaker #0
Je suis d'accord. Quand tu as des doutes sur le magasin ou quand tu as des périodes de creux comme ça où tu poses des questions, comment tu fais ? À qui tu en parles ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, quand j'ai ces moments-là, je n'en parle plus. Je ne sais plus si ça va passer, non. Je parle avec ma psy, en fait, peut-être. Ah oui,
- Speaker #0
parce que tu sais que ce n'est pas important et que ça peut passer.
- Speaker #1
Mais par contre, oui, quand il y a eu des moments plus compliqués, oui, j'en ai quand même parlé autour de moi. Mais par contre, je pense que je ne ferai pas ça toute ma vie. Je sais que... Tu parles de Yuki Kumi ? Oui, je ne pense pas que je ferais ça toute ma vie. En tout cas, dans ma tête, je me dis que peut-être un jour, je vais le vendre.
- Speaker #0
Et si demain, ça devait s'arrêter, tu sais ce que tu ferais ? Ou pas encore ?
- Speaker #1
Mais en fait, mon copain, je pense qu'un jour, il voudra partir à l'étranger. Il a quand même cette envie de partir travailler à l'étranger. Donc, c'est vrai que là, dans ma tête, moi, ce n'était pas quelque chose qui me... beauté de base. Je n'avais pas forcément envie de partir à l'étranger. Et là, je me suis un peu faite à l'idée. Et j'aimerais bien, si je pars à l'étranger, ouvrir une pâtisserie française à l'étranger. tellement stylé donc j'ai cette idée Si je reste en France, je continuerai quand même à développer parce que j'aimerais bien peut-être ouvrir d'autres magasins, faire un CD et tout ça. Oui, j'aimerais bien, mais par exemple, là, je suis un peu... Peur est, le premier magasin, je me suis lancée, je n'ai pas eu peur. Là, j'ai un petit peu plus peur.
- Speaker #0
À cause de quoi ?
- Speaker #1
Parce que...
- Speaker #0
Les enjeux financiers ? Oui,
- Speaker #1
en fait, c'est ridicule, mais je n'ai pas envie de payer un droit au bail ou un pas de porte. Ça me gonfle de payer 50 000 euros pour juste accéder à un local.
- Speaker #0
Ah oui, d'accord. En fait,
- Speaker #1
comme aujourd'hui, ça fonctionne beaucoup comme ça. C'est vrai qu'aujourd'hui, j'ai un peu plus peur, mais il va falloir que je le fasse à un moment donné. Mais je n'ai pas encore trouvé l'endroit. Moi, quand je suis à tâton, je n'y vais pas parce qu'en fait, il faut que je sois sûre.
- Speaker #0
Et tu vis comment ton rapport à la concurrence ?
- Speaker #1
Alors au début très compliqué, aujourd'hui c'est... bon après je veux pas mentir, des fois c'est compliqué, des fois j'ai peur. Quand il y a des choses qui ouvrent, je vais être très transparente, mais c'est la réalité aussi, c'est que là il n'y a pas longtemps, il y a une fille qui a ouvert... Il y a plein de choses qui ouvrent.
- Speaker #0
Un petit peu monoproduit aussi.
- Speaker #1
Voilà, et bien sûr que ça fait peur. Bien sûr que...
- Speaker #0
Mais toi, tu peux te réinventer.
- Speaker #1
Oui, oui, mais je trouve que c'est humain. Peut-être que des fois, on a tendance à ne pas dire quand on a des doutes et tout.
- Speaker #0
Mais c'est bien aussi de les dire.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Moi, quand j'ai vu qu'elle allait ouvrir, bien sûr que j'ai eu peur parce que je me dis mince, je vais perdre du monde. Ça sera... On se remet en question. Et en fait, finalement, après, on se reconcentre sur soi et on se dit... C'est la vie. Et tant mieux, il y a de la place pour tout le monde. Et au contraire, je trouve que ça donne une dynamique à Toulon. Puis les gens viennent et peut-être qu'ils vont aller là-bas. Et peut-être qu'un autre jour, ils vont aller chez moi. Et non, finalement, mon rapport est moins compliqué qu'avant. Mais après, bien sûr que je suis stressée. Bien sûr que des fois, ça me touche et je me dis, mince, là, j'ai peur. Puis on est tous différents. On a plein de choses à apporter. Je veux dire, dans chaque boutique, il y a une identité. Mais c'est vrai que quand on est dedans, on se dit... Je me rappelle au début, je me suis dit, c'est mon jeu catastrophe. J'ai eu peur. Ça m'a stressée. Il y a des nuits, je me suis posé plein de questions. Et puis maintenant, finalement, c'est la vie. C'est comme ça. Moi, pendant très longtemps, j'ai quand même été un peu seule sur ce domaine-là, sur ce domaine, sur ce segment à Toulon. Et en fait, c'est trop bien qu'il y ait plein de trucs qui ouvrent. Et d'ailleurs, j'ai remarqué un truc aussi. Je me faisais la réflexion la dernière fois. c'est qu'avant je regardais toujours ce que faisaient les magasins de cookies. et depuis que je fais des vidéos depuis que je filme mes petites journées là je ne regarde plus du tout ce que font les autres parce qu'en fait je suis concentrée sur mon truc et en fait je trouve ça trop bien et en fait finalement je trouve que ce qui est hyper important si je peux retenir une leçon c'est qu'il faut vraiment se regarder soi et s'occuper de soi et quand on s'occupe de soi et ben en fait après on calcule plus trop ce que les autres font et du coup on se met moins la pression, on est plus libre de faire plein de choses
- Speaker #0
Et bizarrement, tu n'as pas l'impression d'avoir débloqué un truc parce que du coup, en fait, tu as gagné vachement visibilité avec tes vidéos aussi. Et finalement, les gens viennent te voir comme s'ils te connaissaient.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et du coup, en fait, il y a ce lien de je pousse la porte parce que c'est dur des fois pour un client de pousser la porte d'une boutique. Et finalement, en fait, on a l'impression de te connaître. Ça te rend plus accessible et en fait, c'est trop bien.
- Speaker #1
Mais c'est trop drôle. Mais c'est vrai que ça crée un lien. Je vois vraiment que les gens se positionnent différemment avec moi depuis que je poste des vidéos. Oui.
- Speaker #0
comme quoi rester focus sur soi pour s'y faire à soi c'est tout ce qu'on peut se souhaiter d'arrêter de se comparer et de faire comme on le sent Léna on arrive au bout du podcast on va terminer par un petit jeu 15-16 questions et puis réponse spontanée ton passe-temps favori du moment
- Speaker #1
Regarder des films en ce moment avec mon copain, on achète une nouvelle télé, on passe son temps à regarder des films et des séries.
- Speaker #0
Ton plaisir après une grosse journée ?
- Speaker #1
Une bonne douche.
- Speaker #0
Un de tes rêves pas encore réalisés ?
- Speaker #1
Avoir ma famille.
- Speaker #0
Une femme qui t'inspire, connue ou pas ?
- Speaker #1
Frida Kahlo.
- Speaker #0
Le mot qui décrit ton aventure entrepreneuriale ?
- Speaker #1
Joyeuse.
- Speaker #0
La pâtisserie à goûter absolument chez Yuki Kuki ?
- Speaker #1
Le fond qui ?
- Speaker #0
Ton quartier préféré de Toulon ?
- Speaker #1
La rue d'Alger.
- Speaker #0
Un mot pour décrire l'énergie de Toulon ?
- Speaker #1
En croissance.
- Speaker #0
L'enseigne qui t'inspire pour Yuki Kuki ?
- Speaker #1
Starbucks.
- Speaker #0
L'objet indispensable dans ton sac de chef d'entreprise ?
- Speaker #1
Mon téléphone.
- Speaker #0
La chose la plus folle que tu aies faite pour ton business ?
- Speaker #1
M'installer à Toulon.
- Speaker #0
Si tu pouvais déléguer une seule tâche à vie, ce serait laquelle ?
- Speaker #1
Faire le montage de mes vidéos.
- Speaker #0
Le meilleur conseil business qu'on t'ait donné ?
- Speaker #1
Que dans une équipe, quand on embauchait quelqu'un, quand on constituait son équipe, il ne fallait pas embaucher des gens qui sont comme nous, mais il fallait... penser à l'équipe et embaucher des gens peut-être différents.
- Speaker #0
Le meilleur conseil que toi tu donnerais à quelqu'un qui souhaite ouvrir un magasin ?
- Speaker #1
De se faire confiance, d'y aller, mais aussi de ne pas idéaliser.
- Speaker #0
Et enfin, quelle entrepreneuse tu aimerais voir au micro de La Toulonnaise ?
- Speaker #1
Pauline, qui a le magasin Melrose juste à côté, qui vient d'accoucher, donc qui gère un peu son magasin et son enfant. Je trouve que ça serait intéressant.
- Speaker #0
Merci beaucoup Léna. Merci à toi. C'était super. Merci beaucoup. Je suis ravie. Et je vous encourage vivement à aller goûter les cookies et les ponkis du coup. Oui. Toutes les pâtisseries. Tout le reste. Et les nouveaux cafés chez YouCookie. Merci beaucoup Léna. Merci à toi.
- Speaker #1
Merci beaucoup.