- Speaker #0
Aujourd'hui, au micro de la Toulonnaise, je reçois une femme au parcours profondément humain. Une femme qui a connu la performance, l'épuisement, les remises en question et qui a choisi à plusieurs reprises de se réinventer. Anne-Claire a traversé des mondes très différents, avant de créer, aujourd'hui, Maison Lumassie. Un lieu pensé pour accompagner les femmes à se reconnecter à leur corps, à leur esprit et à ce qui fait sens pour elles. Cet épisode parle de burn-out, de quête de sens, de courage aussi et surtout de cette capacité que nous avons, parfois, à nous choisir. Salut Anne-Claire. Bonjour Alizé. Je suis super contente de te recevoir.
- Speaker #1
Moi aussi, je suis très contente d'être ici.
- Speaker #0
Quand on a échangé un petit peu sur Instagram, tu m'as dit que tu avais un parcours très atypique.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
je suis très contente qu'on puisse le partager. Est-ce que je peux te demander de te présenter, en me demandant, ton prénom, ton âge, ce que tu faisais avant de te lancer à ton compte, ce que tu fais aujourd'hui et depuis combien de temps ?
- Speaker #1
Donc, je m'appelle Anne-Claire, j'ai 38 ans, j'habite Toulon comme tu le disais j'ai un parcours qui est assez assez atypique J'ai fait des études sur Toulon, un DUT Tech Deco. Et ensuite, je suis partie faire mes études sur Brest, une école de commerce. J'ai eu du coup la possibilité de partir en échange en Italie pendant six mois. Et ensuite, à mon retour et à la fin de mes études, j'ai travaillé dans la banque pendant cinq, six ans. où j'ai été conseillère professionnelle et ensuite je suis passée responsable d'agence. Ensuite, j'ai décidé d'ouvrir mon agence d'événementiel, qui s'appelle toujours d'ailleurs, parce que ça existe toujours, AC Wedding Event. Ensuite, je suis repartie dans le salariat pendant à peu près deux ans, à la direction commerciale d'une marque de bière locale. Et puis, des événements de la vie ont fait que je... J'ai décidé de repartir à mon compte et d'ouvrir Maison Lumassi.
- Speaker #0
Je sens que cet épisode va être très riche. Alors du coup, tu as commencé ta carrière en banque.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui t'a attirée par ce milieu-là ?
- Speaker #1
Alors, je n'ai pas vraiment été attirée par le milieu bancaire. Ça a été une opportunité à la fin de mes études. Et donc, j'ai travaillé comme conseillère pro. Et très vite, on m'a confié du coup les clés d'une agence.
- Speaker #0
Comment tu gères cette réussite à ce moment-là, cette évolution rapide ?
- Speaker #1
Très bien, je suis fière. C'est une grande fierté pour moi. Je sors de mes études, quelques années après, on me fait confiance. Pour moi, c'est une belle réussite. Je suis à fond dans ce que je fais. Mais quelque part, je m'oublie un petit peu. Et je reste focus performance. Mais j'oublie tout ce qu'il y a à côté. Et j'oublie surtout de m'écouter.
- Speaker #0
Et comment ça se traduit chez toi, d'oublier de s'écouter ?
- Speaker #1
C'est boulot de 7h45 jusqu'à 20h30. Je me souviens à l'époque, tous les soirs, j'avais la femme de ménage qui passait. Du coup, et qui me disait, Anne-Claire, il est l'heure, il faut fermer l'agence maintenant, il faut que vous rentrez chez vous. Et en fait, moi, j'étais et je me dévouais corps et âme à l'époque à mes clients et je faisais tout pour leur donner satisfaction. Mais je passais à côté de ma vie, en fait.
- Speaker #0
Est-ce que du coup, ton corps et ton mental t'envoyaient des signaux comme quoi tu faisais trop ?
- Speaker #1
Oui, complètement. Fatigue, je me réveillais la nuit, je pensais à des dossiers. Je t'ai fatiguée. J'avais la boule au ventre d'aller travailler.
- Speaker #0
Et comment ça s'est terminé, cette histoire de banque ?
- Speaker #1
Ça s'est terminé que j'ai fait un burn-out. Et un matin, je n'ai pas réussi à me lever.
- Speaker #0
Ah, carrément.
- Speaker #1
Je n'ai pas réussi à me lever. Et là, je me suis dit, Anne-Claire, je pense que maintenant, il faut que tu prennes conscience et que tu dis stop.
- Speaker #0
Et c'est facile de dire stop ?
- Speaker #1
Pas du tout quand on est dans la performance. Moi, j'étais fière d'être passée rapidement de conseillère pro à responsable d'agence, d'avoir une équipe.
- Speaker #0
Tu as l'impression aussi qu'on va t'en demander toujours plus et du coup d'être encore plus performante alors que c'était déjà super.
- Speaker #1
Mais c'est le cas en fait. On en demande toujours plus. Et puis surtout, je ne me sentais plus, au fur et à mesure, alignée avec mes valeurs et alignée avec moi-même, en fait. Mais ce n'est pas facile de se dire stop. C'est une première expérience professionnelle.
- Speaker #0
Réussie en plus.
- Speaker #1
Réussie. On ne se dit pas qu'est-ce qui va se passer après en fait. On se dit, voilà, pour moi, ma carrière professionnelle, elle était tracée. J'allais évoluer au fur et à mesure. J'allais atteindre des super postes. Et puis voilà, ça devait se passer comme ça pour moi en fait.
- Speaker #0
À quel moment tu poses le mot « burnout » ?
- Speaker #1
Le jour où le médecin m'a dit que j'avais fait un burnout.
- Speaker #0
Le médecin qui t'ouvre les yeux sur la situation.
- Speaker #1
Là, je prends conscience que ce n'est pas une petite dépression, que c'est vraiment un burnout.
- Speaker #0
Tu le vis comment, toi, ça ? Qu'ils te disent de stop, qu'on te mette face à ça.
- Speaker #1
Je ne le vis pas forcément bien. Pourquoi ? Parce que je suis quelqu'un toujours dans la performance. Pour la petite histoire, le jour où je vais voir le médecin... mon compagnon de l'époque m'envoie par message qu'il souhaite se séparer. Donc la même journée, je me fais arrêter. Et...
- Speaker #0
C'était la fin. Et grosse claque.
- Speaker #1
Voilà, grosse claque. C'est-à-dire que je n'avais pas vu que ma vie professionnelle n'allait plus. Mais je n'ai pas vu que ma vie personnelle n'allait plus non plus.
- Speaker #0
Donc tu es passée à côté de toi.
- Speaker #1
Donc je suis passée à côté de tout. À côté de moi. à côté de ma vie de 5-6 années heureusement j'étais bien entourée et puis je suis pas quelqu'un qui se laisse abattre et puis en fait c'est un merveilleux cadeau qui m'a fait et que au final la vie m'a faite de comprendre et d'accepter aussi au fur et à mesure, d'accepter de lever le pied et d'accepter qu'une nouvelle vie s'ouvre à toi finalement et qu'une nouvelle vie s'ouvre à moi, c'est ça
- Speaker #0
Donc, tu as été arrêtée du coup. Est-ce que c'est à ce moment-là que tu t'es questionnée sur ce que tu avais envie de faire et du coup sur la suite des événements ?
- Speaker #1
Alors effectivement, oui, c'est un peu à ce moment-là que je me suis dit, Antlaire, il va falloir que tu réfléchisses à la suite. Et en même temps, mon métier à la banque me plaisait autant que ce que des fois, il m'énervait en fait.
- Speaker #0
Parce que tu dis que ça te plaisait quand même. Tu t'étais vue reprendre après ton arrêt maladie ?
- Speaker #1
J'ai repris après mon arrêt maladie,
- Speaker #0
d'accord.
- Speaker #1
En fait, j'ai repris comme responsable d'agence après ma maladie. C'est-à-dire qu'avant que je fasse mon burn-out, j'étais conseillère pro. Et j'ai repris trois mois et demi après. Et c'est à ce moment-là qu'on m'a confié, du coup, une agence. Et qu'on m'a dit, on vous fait confiance. Si vous vous sentez, j'ai dit, ok, go, on y va. Mais je me suis quand même dit que ça ne pouvait pas rester comme ça pendant...
- Speaker #0
Oui, parce que si tu fais un burn-out en étant conseillère pro, tu ne t'es pas dit, mais en fait, de prendre ce poste de responsable, ça va être pire.
- Speaker #1
Non, parce que j'adore accompagner les gens, parce que du coup, j'avais une dimension managériale qui s'ajoutait du coup à la dimension purement conseillère. Donc je me suis dit que ça me donnerait peut-être un nouveau souffle. Pour autant, je savais que ça ne pourrait pas durer non plus longtemps comme ça. Et je réfléchissais, je me posais quand même des questions sur mon avenir et sur ce que j'avais envie de faire. Et en fait, il y a un voyage qui a tout changé. J'ai accompagné ma petite sœur et mes parents au Canada pour son installation. À l'époque, elles faisaient des études d'archi. Et pendant ce voyage, j'ai beaucoup pensé au travail. La première semaine, je pensais à mes dossiers. J'envoyais des messages à mes conseillers pour savoir si tel dossier était bien passé.
- Speaker #0
Tu n'étais pas en vacances ?
- Speaker #1
Je n'étais pas en vacances. Et d'ailleurs, à chaque fois que je partais en vacances, quand je travaillais à la banque, j'arrivais à décrocher au bout de 15 jours. Mais au bout de 15 jours, en fait...
- Speaker #0
Tu reprends ?
- Speaker #1
On reprend. Ça a été un peu un déclic. Et en fait, une nuit, je n'ai pas dormi. Je n'ai pas dormi et je me suis posé la question. Je me suis dit, ok, Anne-Claire, si tu quittes la banque, qu'est-ce que tu voudrais faire ? Et j'ai fait un truc très simple. J'ai pris une feuille de papier, je me suis fait un petit tableau. Et je me suis dit, qu'est-ce que tu aimes faire ? Qu'est-ce que tu sais faire ?
- Speaker #0
Tu as fait ton ikigai.
- Speaker #1
Voilà. Qu'est-ce que tu ne veux plus faire ? Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, tu n'es plus alignée avec toi-même ? est ressorti tout simplement l'organisation. L'émotion, faire ressentir des émotions aux gens, organiser des belles choses.
- Speaker #0
Accompagner.
- Speaker #1
Accompagner les gens. Et puis, comme une évidence, est apparu à moi le métier d'organisatrice de mariage, de wedding planner.
- Speaker #0
Et comment s'est faite cette transition alors ? Parce que du coup, c'est un peu un virage à 360. Comment tu l'organises dans ta tête ?
- Speaker #1
Je vais dire que ça ne s'est pas fait sur un coup de tête, puisque je me suis renseignée sur les différentes formations que je pouvais faire. J'ai réfléchi comment partir de la banque sans rien avoir non plus. Vous voulez te sécuriser avant de partir ? Je voulais me sécuriser avant de partir. Donc, j'ai beaucoup recherché. Je me suis renseignée. J'ai trouvé une formation qui me plaisait. Et en rentrant de ce voyage, j'ai dit que je voulais partir.
- Speaker #0
Comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Ça ne s'est pas très bien passé au début. Ils ne comprenaient pas pourquoi je voulais partir. Ils m'avaient fait confiance. Voilà ce qu'on me disait. On t'a fait confiance. Quelque part, je les trahissais. Mais rester plus longtemps, c'était me trahir moi aussi. Et je me suis lancée dans l'aventure de l'entrepreneuriat.
- Speaker #0
Comment ça s'est passé ? Alors, raconte-nous. Comment ça s'est passé pour trouver tes premiers mariés à Grand Panier ?
- Speaker #1
J'y suis allée hyper confiante. J'ai donné tout ce que j'avais avec mon cœur.
- Speaker #0
Parce qu'en plus, c'est un métier qui est très exigeant au wedding planner.
- Speaker #1
C'est un métier qui est exigeant, c'est un métier qui est stressant. C'est un métier où il faut avoir énormément de poignes, mais en ayant beaucoup de douceur et beaucoup de bienveillance. Il faut réussir à comprendre ce que les gens veulent et ce qu'ils ont envie pour un des plus beaux jours de leur vie. On ne peut pas se louper ce jour-là. C'est exigeant. Mais en même temps, quand on me demandait si j'étais stressée pour mes mariages, je disais que je n'étais pas stressée.
- Speaker #0
Parce que c'était organisé et que tout était...
- Speaker #1
Parce qu'effectivement, je suis quelqu'un d'organisé. Et parce que pour organiser un mariage, il faut être structuré. Il faut bien s'entourer aussi avec des bons prestataires. Ça, ça se fait au fur et à mesure, avec les années, avec les rencontres qu'on fait, avec les mésaventures qu'on a aussi.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et voilà, ça a été simple et fluide en fait. Je n'ai jamais eu l'impression de travailler pendant toutes ces années. Je me levais avec le sourire. J'étais contente de ce que je faisais.
- Speaker #0
Tu t'es redécouverte ?
- Speaker #1
Je me suis redécouverte. Je me suis une fois de plus donnée corps et âme.
- Speaker #0
Mais ça a fonctionné ?
- Speaker #1
Et ça a fonctionné.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ce métier t'a apporté humainement ?
- Speaker #1
Un lien très fort. que j'ai eues avec certaines de mes mariées. Vraiment des échanges authentiques, beaucoup de bienveillance. Oui, toutes les émotions que tu ressens. Beaucoup d'émotions. C'est à la fois quelque chose de... C'est un métier qui est très exigeant, mais qui est tellement agréable et qui donne tellement, en fait, quand on voit le regard des mariés une fois qu'on a terminé le mariage. qui viennent nous voir et qui viennent me dire que grâce à moi, ils ont vécu l'une des plus belles journées de leur vie. Ça n'a pas de prix.
- Speaker #0
Combien de temps tu restais dans cette activité, du coup ?
- Speaker #1
Alors aujourd'hui, cette activité, elle est toujours... Existante ? Elle est toujours existante. J'ai décidé d'arrêter définitivement la partie organisation de mariage. Pour autant, j'ai gardé la partie cérémonie laïque. Mais sinon, du coup, ça a duré... pratiquement huit ans.
- Speaker #0
Du coup, est-ce que tu dirais que ces huit belles années de ce métier-là t'ont aidé à te réparer ?
- Speaker #1
Oui, clairement, je pense que ça m'a aidé à me réparer. Ça m'a aidé aussi à me connaître, à découvrir certaines facettes de ma personnalité et certaines choses que je n'aurais pas forcément...
- Speaker #0
Décelées ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est souvent ce qu'on dit de la voie de l'entrepreneuriat, finalement. Oui,
- Speaker #1
ça a été une très belle expérience qui aurait pu continuer au final, mais que j'ai décidé en conscience d'arrêter.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #1
Début 2022, je perds brutalement ma grand-mère. Et quelques semaines après, je décide de demander le divorce.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
En fait, je pense que cette perte un petit peu brutale... m'a permis d'ouvrir les yeux et de me rendre compte qu'une fois de plus, j'étais en train de m'oublier et que je laissais passer ma vie professionnelle avant ma vie personnelle.
- Speaker #0
Donc tu étais repartie dans tes vieux schémas où ta vie professionnelle prenait trop de place.
- Speaker #1
Exactement. Je vivais mariage, je mangeais mariage, toute ma vie tournait autour du mariage. Et une fois de plus, je me suis dit, Anne-Claire... Il va falloir repenser ou il va falloir faire quelque chose parce que là, tu es en train de repartir dans tes travers.
- Speaker #0
C'est fort d'avoir la capacité de se remettre en question. Est-ce que tu as peur à chaque fois que tu changes de voie ? Tu vois ce truc de dire, allez, encore une fois, je repars de zéro ?
- Speaker #1
Je pense que ce serait mentir de dire que je n'ai pas peur. Forcément, on part dans l'inconnu.
- Speaker #0
Tu te tiens alors pour quand même aller de l'avant et te dire, ok, il y avait quelque chose qui fonctionnait jusque-là. Je l'arrête et je repars de zéro.
- Speaker #1
Il y avait quelque chose qui fonctionnait. En fait, j'étais à un tournant de ma vie où soit AC Wedding prenait de l'ampleur, j'embauchais, soit je partais sur autre chose. Et en fait, je crois que je n'avais plus envie. Et donc, j'ai perdu ma petite flamme, j'ai perdu ma passion. Et je me suis dit que j'avais atteint un point de non-retour et que je n'arriverais pas forcément. à continuer là-dedans.
- Speaker #0
Est-ce que tu as l'impression que tu as besoin d'arriver à chaque fois à ces périodes de non-retour pour renaître à chaque fois quelque chose de nouveau ?
- Speaker #1
Je crois qu'au fur et à mesure, plus le temps avance et plus j'arrive à m'écouter et à me dire qu'il y a quelque chose qui cloche et qu'il faut que je prenne soin de moi et que je m'écoute un petit peu plus. Pour autant, je pense que je suis comme ça. J'y vais à fond. Et quand on me confie quelque chose, soit je le fais en me donnant à 2000%, soit je ne le fais pas.
- Speaker #0
En 2022, c'est à ce moment-là que tu reprends un emploi salarié ?
- Speaker #1
Non, ça ne s'est pas fait tout de suite. Parce que 2022, ça a été ma plus grosse saison. Mais un mariage, ça ne s'organise pas en six mois. Donc j'avais déjà pris des dates pour les années. d'abonnés, qu'il fallait que j'honore. Pour moi, c'était inconcevable de dire à des gens qui m'avaient fait confiance que j'arrêtais et que je les abandonnais. Donc, ça s'est fait progressivement. Et janvier 2024, j'ai l'opportunité de rentrer à la direction commerciale d'une marque de bière locale.
- Speaker #0
Ça fait quoi de redevenir salariée après avoir été à son compte ?
- Speaker #1
J'ai eu la chance quand même de rentrer en ayant une certaine autonomie. Et de toute façon, il fallait absolument que j'ai aussi une autonomie dans ce nouveau métier pour pouvoir quand même m'épanouir. Quand on a été à son compte pendant huit ans, c'est difficile quand derrière, on a quelqu'un au-dessus qui nous dit « fais comme ci, fais comme ça » .
- Speaker #0
On dit souvent qu'on est même inemployable, en fait.
- Speaker #1
Alors, je ne dirais pas ça parce que sinon, ça serait du coup nous mettre dans des cases, en fait, et nous dire, ben non, une fois que tu as été entrepreneur, tu ne peux plus repartir et tu ne peux plus devenir salarié. Je pense que je leur ai apporté autant que ce qu'ils m'ont apporté, du coup. Mais effectivement... J'avais quand même ce petit grain de faire un petit peu comme moi je l'entends, qui était beaucoup moins possible.
- Speaker #0
Et du coup, à un moment, tu as encore un switch ?
- Speaker #1
Et en fait, à un moment, ce n'est pas le poste en lui-même qui a fait que je suis partie. On va dire que c'est plus l'environnement humain. Et certaines relations professionnelles et managérielles qui n'étaient plus vraiment en adéquation et alignées avec mes valeurs. Et puis en fait, petit à petit, je me suis sentie éteinte.
- Speaker #0
Et alors, tu as décidé de te réinventer une nouvelle fois.
- Speaker #1
Et alors, une nouvelle fois, je me suis dit, Anne-Claire, qu'est-ce que tu peux faire ? Voilà. Qu'est-ce que tu peux faire ? Et donc, ça a pris un petit peu plus de temps que le mariage. Mais en fait, une fois que j'ai trouvé, quelque part, ça a été une nouvelle révélation, on va dire.
- Speaker #0
Du coup, c'est là qu'est née Maison Lumassie.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous en dire plus ?
- Speaker #1
Maison Lumassi, c'est un endroit que j'ai voulu créer pour les femmes, une sorte de bulle de bien-être pour réconcilier le corps et l'esprit. Je pense qu'avec toutes mes expériences, je me suis rendu compte qu'on était beaucoup de femmes à se mettre de côté. Et je pense que quand le corps ne va pas... L'esprit ne va pas non plus. Et j'ai eu envie de créer un endroit où on peut se retrouver, se reconnecter, se sentir bien, se sentir belle et pouvoir se livrer pleinement.
- Speaker #0
Du coup, tu es repartie dans des formations. Ton cas est celui-là.
- Speaker #1
Tout à fait. Alors,
- Speaker #0
dis-nous comment tu les accompagnes, à travers quels outils ?
- Speaker #1
Alors, du coup, je me suis formée à des techniques, on va dire de... de soins purs, du drainage lymphatique, du blanchiment dentaire. Ça, c'est plus pour la partie, on va dire, corps et esthétique. Et je suis actuellement en train de me former, du coup, à la PNL parce que je fais beaucoup de développement personnel. Ça m'a énormément appris dans toute ma vie professionnelle jusqu'à aujourd'hui, on va dire. Donc, je me forme à la PNL. Je me forme aussi à une certaine forme d'hypnose. qu'on appelle l'hypnospirituel, et aussi au magnétisme. Arrive très très rapidement une offre globale qui sera une offre pour aider les femmes à se sentir bien, les femmes qui ont par exemple vécu une rupture, qui ont un blocage dans leur vie, qui sont perdues en fait, qui ne savent pas forcément... qu'elle voit emprunter et où aller. Et en fait, cette approche va leur permettre déjà de reprendre confiance en elle, de se sentir bien physiquement et ensuite d'aller creuser un petit peu plus.
- Speaker #0
Et tu te sens parfaitement alignée du coup aujourd'hui ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, je me sens alignée avec moi-même. Je retrouve un métier passion, quelque chose qui me tient à cœur aussi.
- Speaker #0
Entre la banque, l'événementiel et aujourd'hui le bien-être, qu'est-ce que l'entrepreneuriat t'a appris sur toi ?
- Speaker #1
Énormément de choses, mais principalement à me connaître.
- Speaker #0
Et comment tu fais pour ne pas retomber dans tes schémas d'épuisement ?
- Speaker #1
Je fais du sport. J'ai découvert il y a quelques années la course à pied. Et l'année dernière, ça a été une vraie révélation. Dans mon souci de performance, et j'adore me lancer des défis, l'année dernière, je me suis dit que j'allais courir le semi-marathon de Paris. Alors que je ne courais pas plus de 8 minutes d'affilée sans être au bout de ma vie. Beau défi. Voilà. Et en fait, le sport et notamment la course à pied me permet aujourd'hui de me dépasser. mais en écoutant énormément mon corps aussi. Je suis beaucoup plus à l'écoute de mon corps. Et pour autant, je me rends compte qu'avec de la discipline, on peut arriver à beaucoup de choses. Mais ça m'a appris aussi l'humilité, parce que c'est un sport...
- Speaker #0
Très ingrat.
- Speaker #1
C'est un sport très ingrat. effectivement, tu t'arrêtes de moi t'as l'impression que tous tes efforts sont sont anéantis et en fait ça me permet d'être seule avec moi-même tu dirais que c'est quoi ton plus gros défi aujourd'hui ? c'est faire quelque chose qui me fait vibrer tout en m'écoutant pleinement et tu l'imagines comment la suite de ton parcours ? Je l'imagine avec plein de femmes accompagnées, plein de femmes qui se sentent de nouveau vivantes, alignées avec ce qu'elles ont envie d'être et d'incarner.
- Speaker #0
Tu as envie d'être à la tête de, finalement, le bien-être des femmes.
- Speaker #1
J'ai surtout envie d'être l'élément déclencheur. Pas forcément d'être...
- Speaker #0
L'élément central. Voilà.
- Speaker #1
Mais d'apporter ce qui fait qu'elles se sentiront bien. qu'elles se sentent vivantes et heureuses, en fait.
- Speaker #0
Je te le souhaite, en tout cas.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Bon, tu sais qu'ici, on est sur la Toulonnaise, du coup. J'aimerais bien qu'on parle de ton ancrage à Toulon. Pourquoi avoir choisi Toulon pour créer Maison Lumassie ?
- Speaker #1
Toulon, c'est ma ville, c'est mes racines. Je ne me voyais pas faire ça ailleurs qu'à Toulon, en fait.
- Speaker #0
Est-ce que tu sens un besoin particulier chez les femmes ici, de se reconnecter ?
- Speaker #1
Je ne dirais pas forcément ici, sur Toulon. Je pense que beaucoup de femmes aujourd'hui ont besoin de se reconnecter à elles et ont besoin de se retrouver. Pour autant, commencer à Toulon, c'est logique.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, ton endroit préféré à Toulon pour te ressourcer quand ça déborde ?
- Speaker #1
Je n'ai pas forcément un endroit préféré à Toulon. Je dirais que j'ai plein d'endroits. Et ça va dépendre aussi de mon mood et de mon humeur et de mon envie. Il y a des moments où je vais avoir envie de me retrouver seule et je vais mettre mes baskets et je vais aller courir. courir au bord du Morillon, courir dans le centre-ville de Toulon, courir au Faron. Et il y a des moments où je vais avoir envie de sortir boire un verre, d'aller manger au centre-ville. Toulon, c'est plein de petits cafés, c'est plein de restaurants qui ont ouvert.
- Speaker #0
Tu dirais qu'elle t'anime, cette ville ?
- Speaker #1
Elle m'anime, elle est vibrante.
- Speaker #0
Quel message tu aimerais transmettre à une femme qui se sent perdue aujourd'hui ? Parce que toi, tu l'as vécu plusieurs fois.
- Speaker #1
Je lui dirais que ce n'est pas grave. Et au contraire, que si elle en est là aujourd'hui, c'est qu'elle est en train d'avancer dans la réflexion sur sa vie et surtout sur elle-même et sur son alignement. Donc, je lui dirais de continuer à croire en elle. Je lui dirais de venir me voir si elle a besoin. Mais surtout, de croire en ses rêves. Et de se dire que tout est possible dans la vie.
- Speaker #0
Est-ce que c'est ce que tu dirais à la Anne-Claire d'avant Burnout ?
- Speaker #1
Je lui dirais de faire exactement ce qu'elle a fait. De ne rien changer en fait.
- Speaker #0
Tout est parfait.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
J'y crois aussi moi. C'est quoi pour toi aujourd'hui une vie réussie ?
- Speaker #1
Une vie alignée. Une vie avec plein d'amour. Avec des gens bienveillants autour de soi. Avec notre famille, nos amis. Et des moments simples, en fait, de la vie.
- Speaker #0
On va terminer par un petit jeu, si tu veux bien. Oui. Donc, c'est des questions-réponses spontanées, d'accord ? Alors, tu es plutôt corps ou esprit ? Les deux. Ralentir ou avancer ?
- Speaker #1
Avancer.
- Speaker #0
Solitude ou sororité ? Sororité. Un rituel quotidien indispensable ?
- Speaker #1
Un petit tirage de cartes le matin pour donner... J'adore !
- Speaker #0
Je le regarde tous les matins, du coup. Je le suis tous les matins. Une émotion que tu accueilles mieux qu'avant ?
- Speaker #1
Ce n'est pas une émotion, mais je dirais accepter.
- Speaker #0
Un mot pour définir Maison Lumassie ?
- Speaker #1
Bienveillance.
- Speaker #0
Une croyance que tu as déconstruite ?
- Speaker #1
Qu'il faut être performant pour exister.
- Speaker #0
Un endroit où tu te sens alignée ?
- Speaker #1
À Toulon.
- Speaker #0
Une femme qui t'inspire, connue ou pas ?
- Speaker #1
Je dirais Caroline Receveur.
- Speaker #0
Ta plus grande force aujourd'hui ?
- Speaker #1
M'écouter.
- Speaker #0
Ton rêve pas encore réalisé ?
- Speaker #1
Aider des millions de femmes.
- Speaker #0
Si tu devais résumer ton parcours en un seul mot ?
- Speaker #1
Résilience.
- Speaker #0
Et enfin, quel entrepreneur tu aimerais voir au micro de la Toulonnaise ?
- Speaker #1
Il y en a tellement aussi, je te laisse les choisir avec soin.
- Speaker #0
Merci beaucoup Anne-Claire pour tout ce parcours hyper riche, de venir au micro et de partager tout ça. J'espère que ça pourra inspirer des femmes à la remise en question, mais aussi se positionner, se repositionner pour être complètement alignées.
- Speaker #1
J'espère aussi.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Et je leur souhaite évidemment de passer à Maison Lumassie pour celles qui en ressentent le besoin.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
À bientôt.
- Speaker #1
À bientôt.