- Speaker #0
En 2025, j'ai écrit un livre qui s'appelle « Être plus qu'une mère » paru aux éditions Marabou. J'ai adoré ce processus car le sujet qui se trouve au cœur du livre me passionne. Les séismes identitaires que nous vivons au cours d'une vie, en l'occurrence ici, celui que provoque la maternité. Après avoir rédigé 224 pages, je me suis rendu compte que j'étais loin d'en avoir fini avec l'articulation des bouleversements identitaires et existentiels. Comment ils surviennent ? Est-ce qu'on les voit arriver ou est-ce qu'on s'en rend compte après tout ? Peut-on traverser la vie sans subir ces turbulences ? Et comment devenir soi-même ou revenir à soi quand on a tout fait pour devenir quelqu'un qui nous éloignait parfois de notre noyau le plus pur ? Dans cette première saison de la vie devant soi, des femmes et en particulier des mères reviennent sur ces passages de vie qui les ont questionnés, éprouvés, remis en question, poussés à un sursaut, à une rupture ou à un nouveau départ. A partir de trois photographies, Une photo d'elle enfant, une photo prise dans leur première année de maternité, et une photo d'elle aujourd'hui, nous allons explorer ensemble ce qui dans cette vie les a construites, après les avoir déconstruites. Ce qu'il faut laisser derrière soi, et ce qui à l'inverse mérite d'être gardé, renforcé ou protégé. Ce podcast ne vous racontera pas des parcours parfaits ou des récits de vie exemplaires, il cherche vraiment plutôt à faire entendre ce qui, dans nos expériences les plus intimes et singulières, rejoint un cheminement universel. Parce qu'au fond, derrière nos histoires toutes différentes, une même question nous traverse tous. Qu'est-ce qui, dans une vie, nous rapproche de nous-mêmes ? Je suis Émilie Briand, logothérapeute et fondatrice de la Maison de Sens, et vous écoutez La Vie devant Soi. Carole, on te connaît pour ton parcours de journaliste et d'animatrice, pour ta présence à la télévision, et pour cette énergie très reconnaissable. Une manière d'être dans le mouvement, de communiquer, un certain pont de voix, un rire qui te précède et une très grande spontanéité. On sait aussi que tu es une grosse bosseuse, très exigeante vis-à-vis de toi-même et impliquée dans tout ce que tu fais. Ce que tu donnes à voir, c'est une vie dense, riche, remplie de gens, d'amis, de partage, de convivialité. Ce que je vois de toi, ce que je ressens, ce que je décèle et ce qui me touche, c'est ce talent que tu as. à épouser le mouvement de la vie sans toujours te mettre à l'abri et à te laisser traverser par ce qui arrive. Une certaine forme d'intensité aussi. Et puis ce choix que tu as exprimé après le décès de ton grand-père qui est celui de te mettre du côté de la vie et du côté de la joie. C'est vraiment une manière d'envisager la vie et de répondre à ce que tu traverses. Viktor Frankl, le fondateur de la logothérapie, écrivait que même lorsque nous ne choisissons pas ce qui nous arrive, nous restons libres de la manière dont nous y répondons. Ce que l'on sait moins, c'est peut-être où tu en es aujourd'hui. Ce qui en toi est en train de bouger, de se chercher, de se faire une place, de se redéfinir. Les questions qui se posent, les lignes que tu déplaces, ou les choix qui ne sont pas encore tranchés. Parce qu'il y a des moments dans une vie où il ne s'agit plus de raconter ce que l'on a été, mais de regarder honnêtement ce qui est en train de se transformer, et de voir ce qui apparaît. à cet endroit-là. Quelles sont les questions qui nous traversent ? Qu'est-ce qui résiste, peut-être ? Alors aujourd'hui, j'aimerais que nous allions regarder ensemble ce qui n'est pas toujours visible. Non pas pour forcément le définir, ni même pour le résoudre, mais au moins pour lui faire une place et lui donner un espace. C'est ce que je te propose d'explorer avec toi. Carole, je te souhaite la bienvenue dans cet épisode de La vie devant soi.
- Speaker #1
Merci, Marie.
- Speaker #0
Je ne sais pas si j'accepte l'invitation là. Carole, je t'ai demandé de venir avec trois photos qui vont nous permettre de tirer un fil de l'âge adulte à l'enfant que tu as été, et de faire émerger les moments de transition ou les moments de bascule qui favorisent ce devenir soi dont il est question dans ce podcast. Avant de commencer, je voudrais te lire une courte citation tirée du livre « La vie devant soi » de Romain Garry. Dans le livre, il dit « J'ai toujours rêvé d'avoir un trésor caché quelque part. » Toi, Carole, c'est quoi le trésor caché vers lequel tu reviens quand la vie est difficile ou quand tu as besoin de ralentir ou de mettre de l'ordre dans tes pensées ?
- Speaker #1
Ah, c'est beau, c'est beau ! Très belle introduction déjà, je tiens à dire. Tu as trouvé, mais bon, ça c'est ton métier, les mots justes, donc bravo ! Tu pourras me donner le papier. Quand je ne sais plus me définir, je te relirai. Alors moi, tout de suite quand tu m'as parlé de trésor, j'ai pensé à Thomas, c'est une belle déclaration d'amour. pour mon mari, mais c'est vraiment mon refuge, mon mec, c'est mon pilier, parce qu'il arrive à être juste. et en même temps tendre, j'ai beaucoup de chance. Je sais que j'ai beaucoup de chance. Mais parce qu'il peut me bousculer quand je chouine, et en même temps, quand il me bouscule trop, parce qu'il peut être quand même un peu cash par rapport à mon émotivité, de temps en temps, je vais replorer derrière. Mais en même temps, je trouve qu'il me fait avancer et cheminer vers une autre personne. Quand tu veux parler de transformation, je trouve que Thomas s'impose direct dans notre conversation. parce qu'il a beaucoup d'émotivité aussi, mais une autre sorte. Et du coup, je trouve que c'est assez enrichissant. Et après, l'autre image qui est venue, c'est le sud. C'est-à-dire que moi, si je ne vais pas bien, il faut que je rentre chez moi. Alors, à la base, je t'aurais dit Nice, mais en fait, finalement, les lieux se transforment. Je ne sais pas si c'est Nice, parce que maintenant, je me suis quand même beaucoup éloignée de ma ville de naissance. J'y suis beaucoup moins. Déjà, d'un point de vue écologique, c'est compliqué de descendre sur un week-end à Nice. Je prends moins l'avion. Et donc, le train m'amène plus à Marseille chez ma sœur. Mais en tout cas, j'ai besoin de la Méditerranée, du soleil, cette douceur de la Provence, de la Côte d'Azur.
- Speaker #0
Oui, et cette lumière particulière. Exactement. Je ne sais pas ce que tu ressens par rapport à cette lumière-là, mais je trouve que quand on est dans le brouillard, au sens propre comme au sens figuré, venir dans le sud éclaire finalement les pensées. C'est comme si ça remettait de l'ordre et de la lumière dans les pensées.
- Speaker #1
Alors moi, j'ai du mal à mettre de l'ordre dans mes pensées. Donc, ce n'est pas ce qui va me structurer. Malheureusement, j'aimerais. C'est plus toi qui va me structurer. Mais par exemple, ça met de la lumière dans le brouillard, au moins pour respirer. En fait, du coup, ça réinjecte de la joie. Tu te sens vivre. Tu as juste ce bonheur simple de recevoir, par raison de cette lumière sur ta peau, cette douceur, cette chaleur. Et du coup, tu te sens apaisée.
- Speaker #0
Ce que je te propose maintenant, Carole, c'est d'ouvrir l'enveloppe qui est posée devant toi. et de prendre la première photo avec laquelle tu es venue, celle de la femme que tu es aujourd'hui.
- Speaker #1
J'ai l'impression d'être à la remise des Césars. J'ouvre l'enveloppe pour ceux qui n'ont pas l'image.
- Speaker #0
Alors, je vais te demander de la décrire pour les personnes qui nous écoutent, qui n'ont pas la photo sous les yeux, et de me dire, quand tu regardes cette femme, ce que tu vois vraiment.
- Speaker #1
Alors, je précise que c'est moi qui t'ai envoyé les photos. Et donc, c'est important parce que c'est ce que j'ai voulu te montrer. Parce que j'ai choisi une photo que j'ai faite en séance photo avec Chloé Bruin. qui est une super fille, très bonne photographe, mais surtout, je vais faire une parenthèse, mais je trouve ça important de valoriser son travail, dans le sens où elle a fait par la suite un texte sur moi, sur Instagram, et j'étais vraiment bluffée de voir ce qu'elle avait capté en si peu de temps. Parce qu'on a passé trois heures ensemble en se sentant beaucoup, mais je l'ai tellement challengée avec 10 000 tenues, j'avais 10 000 trucs à faire par rapport à cette séance, donc la pauvre, je l'ai vraiment mis à contribution. psychologiquement et photographiquement. Et quand même, elle a vu des choses de moi qui étaient très justes. J'avais été très étonnée par son texte. C'était très bien vu. Et donc, cette séance photo, c'est quand même là où je suis apprêtée. Actuellement, je suis devant toi sans maquillage. Donc, ça me fait rire.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu vois de cette femme quand tu regardes cette photo ?
- Speaker #1
Je vois que j'ai pris une photo où on ne voit pas mes rides actuellement. Parce que je trouve que ce qui est moi, c'est le sourire. il est vrai que je souris beaucoup, du coup je commence à avoir des pas de doigts je sais que tout le monde dit que c'est magnifique moi ça me pose un souci parce que je trouve que ça change beaucoup mon visage et en fait j'ai envie de continuer à sourire et en même temps je trouve que les pas de doigts deviennent plus présentes que mon sourire donc ça m'embête un petit peu pour être très honnête et ensuite je vois qu'il y a de la douceur cette photo, parce que tu reçois plein de photos sélectionnées parce que pour moi il y a de la douceur dans mon regard Et je regarde l'appareil, mais sans en faire trop. La position est bizarre. Ce n'est pas du tout une position que j'ai, malgré un tailleur, qui n'est pas le costume que j'ai au quotidien. Donc, en fait, je trouve ça marrant parce que ça cumule à la fois mon naturel, je suis pieds nus, avec un tailleur. C'est-à-dire qu'il y a le côté, je suis souvent en représentation, je suis en télé, il y a beaucoup de rapports au corps, au physique. Et en même temps, je suis pieds nus, mes mains sont visibles, il y a mon sourire. J'essaie de rester moi. Et j'aime bien que les gens puissent voir ça de moi. C'est-à-dire, je vais vraiment être apprêtée et en même temps, si vous commencez à parler avec moi, je vous dirai les choses comme je le pense.
- Speaker #0
Donc, quand tu dis « j'essaie de rester moi » , c'est une attention que tu as globalement dans la vie, de rester authentique ?
- Speaker #1
Oui, totalement. Je suis très caméléon. Je pense que je peux aller dans n'importe quel endroit et me sentir proche des gens. C'est le truc que j'ai compris dans ma vie. C'est que ça, ça me passionne. J'aime les moments... Parler d'intensité, c'est ça, d'intens avec les gens. Donc je n'aime pas le paraître. J'aime m'amuser du paraître, par contre j'aime l'authenticité du monde. Qu'est-ce que cette femme est en train de comprendre sur elle-même ?
- Speaker #0
Ou est en train d'élaborer comme réflexion sur elle-même ?
- Speaker #1
Alors, tu parlais de transformation, je l'ai noté, j'ai pris un cahier, je suis la bonne élève, j'ai pris un cahier pour noter. Tu disais qu'il faut regarder ce qui se transforme et c'est le but de ton podcast et moi je suis vraiment là-dedans. Moi j'ai l'impression d'avoir couru de 20 à 30 ans pour avoir effectivement comblé, avoir fait tout, plein de choses, tout le temps et tout. Et par contre, je dirais que j'ai fêté mes 40 ans et là j'ai pris le mur parce que je ne me suis jamais posée. Je n'avais pas fait de psychothérapie. Je n'ai pas fait de travail sur moi-même, jamais. Je pense que je n'aimais pas ça. Je me nourris des autres. Je suis ce genre de personne, une sauveuse, tout ce qu'on connaît. Mais du coup, je ne m'étais pas arrêtée sur moi-même. Et arrivé à 40 ans, il faut quand même te regarder. Du coup, effectivement, je suis en transformation. Là, je suis en questionnement. Quand je vois cette photo, je suis contente d'être arrivée là où je suis. Il y a des choses que... Il faut être objectif et se dire que ce n'est pas mal. Mais par contre, j'ai peur de la suite parce que je sens que tu ne peux plus t'appuyer sur ce que tu as fait avant, sur ce que tu as construit avant.
- Speaker #0
Oui, que le système d'avant ne va pas être adapté à ce qui vient et qu'il y a quelque chose à reconfigurer pour que ce soit ajusté ou en tout cas que ce soit le bon contenant pour la suite de ta vie.
- Speaker #1
Oui, ça s'impose à moi pour justement te dire de te dire est-ce que tu es dans la bonne direction. J'ai toujours cru que j'étais dans la bonne direction, je pense que je le suis. Mais il y a quand même ces doutes qui arrivent. Je trouve ça étonnant, mais ça a l'air d'être commun à beaucoup de personnes en plus. Mais c'est marrant d'arriver à un moment de ta vie de vouloir remettre quand même tout en cause, de savoir si tu es parti dans la bonne direction. Comme moi, je voudrais avoir mis le vie, forcément j'ai des regrets. Est-ce que je vais composer avec ces regrets ?
- Speaker #0
Quels sont les moments où tu as le sentiment d'être à ta place ? Les moments où tu n'as pas besoin de prouver quoi que ce soit, où tu te sens ancrée à ta place, au bon endroit. Ah,
- Speaker #1
jamais.
- Speaker #0
Jamais ?
- Speaker #1
Ok. Jamais, c'est... En fait, j'arrive à être dans le moment présent avec les gens, mais en même temps, je doute trop de moi, je pense.
- Speaker #0
Et donc, ces doutes-là s'invitent dans les moments que tu vis ?
- Speaker #1
Peut-être. ancrée, enfin chez moi, dans ma maison, avec mes enfants et mon mari, oui, si, je me sens à ma place, mais c'est quand même, le côté ancré, je n'ai pas cette sensation-là, c'est marrant. Mais parce que je pense que j'ai été tellement à transformer et à masquer, comme je l'ai dit dans un autre podcast, je suis dyslexique, et donc j'ai construit ma vie en masquant des manques que je pouvais avoir. « Oh là là, je ne sais pas écrire ce mot, je vais passer par tel moyen pour contourner le problème. » J'ai l'impression de passer ma vie à contourner les problèmes. Du coup, être ancrée à ma place, j'ai un peu du mal. Et je pense que je n'arrive pas à faire la psychothérapie de contour, mais déjà, je suis deuxième. J'ai une sœur et un frère. Et c'est dur de, je pense, avoir trouvé sa place. La place du milieu. Oui,
- Speaker #0
elle n'est pas évidente. Aucune place n'est évidente, mais… Elle m'a l'air.
- Speaker #1
je n'ai pas trouvé ça... inconfortable, mais... Enfin, le mot « ancré » , c'est pas quelque chose qui, en tout cas, résonne.
- Speaker #0
Mais qui est peut-être lié aussi au rythme que tu décrivais juste avant. C'est-à-dire que t'as passé ta vie, en tout cas de 20 à 40, à courir. T'as utilisé le mot « combler » , qui n'est pas non plus un mot neutre, mais dans une forme de frénésie et de... d'accomplissement, quand même, des objectifs que tu t'étais fixés et des buts que tu voulais atteindre. Et donc, il y a... plein de cases, j'imagine, qui ont dû être cochées, mais peut-être pas celles de la recherche d'ancrage, ou d'axe, ou de « tiens, quelle est la direction que je souhaite prendre pour la suite ? » Ça,
- Speaker #1
c'est des questions que je ne me pose jamais, moi. Voilà.
- Speaker #0
Et qui peut-être sont en train d'arriver là, avec la fameuse crise du milieu de vie, qui à un moment, s'invite dans l'existence, soit parce qu'on traverse des difficultés, soit parce qu'on se confronte au temps qui passe, et on fait un... bilan de mi-parcours et on se demande où on en est et comment on se sent. Et si à la question « comment on se sent ? » , la réponse n'est pas « ah ben je me sens parfaitement bien » , tout à coup, ça ouvre le tiroir de toutes les questions en sommeil qui attendent d'être traitées. Et finalement, l'ancrage, il ne vient pas des certitudes absolues qu'on arrive à accumuler, mais il vient quand même de certaines réponses qu'on arrive à apporter aux questions.
- Speaker #1
Et aussi, je pense que j'ai peur de Tout est tellement balayable. La fragilité de la vie, pour moi, elle est réelle, alors que je n'ai pas été confrontée à des gros malheurs comme j'ai pu avoir autour de moi des amis. Mais du coup, je suis très sensible. à la vie qui peut basculer du jour au lendemain. Donc, pour moi, même, tu vois, d'être au bon endroit, de se dire « Attends, là, je suis méga heureuse ! » J'ai l'impression que je vais le payer plus tard. Il y a un truc chelou dans tout ça, mais...
- Speaker #0
Oui, comme une peur un peu du karma ou d'un retour de boomerang. Si je suis trop bien, je pourrais devoir le payer derrière. Mais en fait, c'est intéressant parce que, tu vois, la conscience de la fragilité de la vie, elle peut avoir deux effets très différents. Elle peut rendre assez anxieux. ou anxieuse, ou alors elle peut rendre particulièrement joyeuse. Toi, tu as un peu les deux. C'est que d'un côté, tu es très joyeuse et tu l'as déjà exprimée dans certains podcasts, et puis tu me l'as dit, c'est quelque chose que je sais, tu as choisi la joie et tu continues à la choisir, c'est une décision que tu renouvelles. Et en même temps, tu as une forme d'anxiété liée à la conscience de la fragilité de la vie. Et donc tu navigues entre ces deux polarités en permanence, ce qui peut être aussi un petit peu fatigant. et qui ne permet pas de se sentir ancrée.
- Speaker #1
C'est ça, c'est pour ça.
- Speaker #0
En logothérapie, qui est la thérapie que je pratique beaucoup, parce que je la trouvais extrêmement lumineuse, on parlait de lumière en introduction, je la trouve très lumineuse, je la trouve très éclairante. En logothérapie, on dit que ce qui aide à vivre, c'est le fait de donner du sens, de savoir que la direction qu'on prend, elle a vraiment du sens à nos yeux, qu'elle nous permet de vivre nos sources de sens. nos valeurs, les ingrédients de notre accomplissement personnel ou professionnel, et qu'elles nous rapprochent de nos aspirations. Peut-être que la paix intérieure ou l'ancrage n'ont jamais été des aspirations pour toi. Peut-être que tu en as eu d'autres. Et si c'est important pour toi de sentir que tu es à ta place, de sentir l'ancrage, si tu le définis comme prioritaire, alors tes actions, tes comportements et tes décisions seront alignés sur cette aspiration-là. Mais sans l'avoir défini, tu ne peux pas te mettre dans ce chemin, dans cet axe-là.
- Speaker #1
C'est exactement ça. Je t'écoute et tu as tout à fait raison. C'est-à-dire que moi, je n'ai pas été dans la recherche de la paix intérieure, j'ai été dans la recherche de la performance.
- Speaker #0
Ça en dit long et il n'y a pas de... Il n'y a ni jugement, ni...
- Speaker #1
Je suis sûre qu'il y a plein de filles qui écoutent,
- Speaker #0
qui disent « Moi aussi, je suis dans la performance ! » Mais du coup, forcément, la conséquence de ça, c'est que ce n'est pas la paix qui va avec la performance, c'est le dépassement de soi. Ça peut être de la compétition avec soi ou avec d'autres. Ça peut être une combinaison d'efforts répétés pour pouvoir se prouver qu'on est en train de réussir à atteindre les objectifs qu'on s'est fixés. La paix intérieure, la sérénité, l'ancrage, la douceur de vivre n'ont pas fait partie de la liste des aspirations qui ont précédé ton action et tes décisions.
- Speaker #1
En fait, il y a un autre tiraillement, peut-être que ça parlera aussi. pour les personnes qui écoutent, c'est... Moi, j'avais besoin de confort et en même temps, je sais que dans le confort, tu ne peux pas avancer. Donc, il y a aussi ce... douceur de vivre parce que j'ai quand même, j'estime un soufflé dans ma vie, beaucoup de douceur de vivre. Je n'aime pas le conflit. Moi, j'ai besoin de beaucoup de calme. Mes enfants, quand ils s'engueulent, je suis vraiment tendue. Il y a cette douceur de vivre, mais en même temps, pour avancer, c'est à la dure. Il y a ces deux trucs en moi.
- Speaker #0
Et qui a chez beaucoup de gens. Parce qu'en fait, ça fait partie des... des bases éducatives de notre génération.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, on a plus envie de cette douceur de vie, parce qu'on a compris que la vie est surtout pas dans la performance.
- Speaker #0
Mais surtout que la vie, elle est suffisamment dure, qu'elle nous envoie suffisamment d'épreuves et de difficultés pour qu'on cherche une forme de douceur déjà avec soi. Et que la performance, elle peut naître de l'alignement. Que la performance, elle peut être décuplée par une puissance liée au fait d'être dans son axe. Bien sûr. pleinement conscient de ses ressources, de ses qualités, de ses talents et de les mettre au service des objectifs qu'on s'est fixés. Mais que ce n'est pas forcément à la dure, que ce n'est pas forcément dans la douleur, ça ne veut pas dire que c'est facile, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'efforts à fournir. Mais ces efforts-là ne sont pas forcément associés à de la douleur qu'on s'inflige. C'est un paradigme peut-être à transformer et dire en fait je peux performer, mais dans ma pleine puissance et cette puissance se nourrit d'une combinaison d'ingrédients que j'ai déterminés comme essentiels pour moi, parmi lesquels la joie, tu l'as cité, parmi lesquels la paix intérieure, le sentiment d'être à ma place, dans mon axe, en pleine possession de mes moyens. Tu vois, ça peut être ça en fait, les ingrédients qu'on met dans le shaker pour donner après le bon cocktail pour toi Carole.
- Speaker #1
Mais c'est dur.
- Speaker #0
C'est une attention, c'est une vigilance quotidienne, et puis c'est sûr que c'est prendre des décisions et ajuster. les actions et les comportements sur les décisions qui ont été prises. Et les décisions, on ne les prend pas à la légère ou sur un coup de tête. On les prend en fonction de critères qu'on a déterminés comme ayant du sens pour soi.
- Speaker #1
Je déteste prendre des décisions.
- Speaker #0
C'est un apprentissage, la prise de décision. Quel est l'impact de ton rapport au temps, aujourd'hui, sur ta manière de vivre, sur ta manière d'aimer, sur ta manière de travailler, ta manière de fonctionner ?
- Speaker #1
Alors moi, j'ai toujours cru que je pouvais maîtriser le temps. Ça, c'est mon petit côté surpuissante. Je suis toujours en retard parce que j'ai toujours l'impression que je vais rendre le temps extensible. Est-ce que du coup, je sais optimiser mon temps pour justement remplir... il faut que je remplisse parce que j'en ai vraiment besoin d'être là, là et là. Et après, typiquement, tu vois, j'ai besoin le soir de me retrouver seule. Ça énerve beaucoup Thomas parce qu'il est obligé d'aller se coucher tout seul. Et moi, j'ai besoin de traîner avec moi-même en fait. Les moments où j'ai l'impression que le temps correspond à moi, ma temporalité, c'est la nuit, où tout est possible de nouveau, où je peux me poser à réfléchir dans le calme et dans le silence. Pourquoi j'ai ça ? C'est que je trouve que le temps file trop vite, m'échappe. Bien entendu que j'ai une énorme trouille de vieillir. J'ai une énorme trouille que mes enfants vieillissent, que mon mari vieillisse, mes parents, mes frères et soeurs. Donc j'aimerais avoir le super pouvoir d'arrêter le temps, de le maîtriser.
- Speaker #0
Donc le temps n'est pas ton allié ?
- Speaker #1
Non et oui. Enfin non, pas du tout. Et je te dis oui parce que j'ai vraiment l'impression de copiner avec lui pour qu'il soit sympa avec moi. Enfin tu vois, je ne sais pas comment dire. J'essaie d'être dans la séduction du temps. temps,
- Speaker #0
on me laisse du temps pour qu'ils se mettent à ton service. Et le soir, justement, dans ces moments de solitude nocturne, qu'est-ce qui émerge ?
- Speaker #1
Je te dis, c'est le champ des possibles. J'ai l'impression que le lendemain, je vais pouvoir me lever à 6h du mat, me faire une routine sportive, beauté, être une gal, bien entendu, le lendemain. Je vais me lever 2h après le réveil. Tout va en éclat. Le champ des possibles. Entre minuit et 2h, je barre les trucs sur la tout doux, les choses avancent hyper vite, je suis hyper fière de moi. C'est là où j'ai confiance en moi.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'il faudrait, à ton avis, pour que ces sentiments perdurent le lendemain ?
- Speaker #1
Je ne sais pas. Il faudrait que j'arrive à vraiment faire cette routine sportive. Alors, je pense en plus, nocturne, également aussi réseaux sociaux où je vais aller traîner. Je me dis, waouh, tous ces gens qui font des choses formidables. Du coup, je me dis, le lendemain, il faut quand même aussi accepter d'être douce avec moi parce que je ne peux pas du jour au lendemain être une fit girl. Non, ce n'est pas moi. En fait, je crois que je me mens énormément à moi-même. Donc, c'est impossible que je sois comme ça. C'est un affaire.
- Speaker #0
Ce qui est intéressant, tu vois, quand on ressent que quelque chose serait bon pour nous, comme par exemple, tiens, demain matin, je vais me lever, je vais faire ma routine sportive, je sens que c'est bon pour moi, j'en ai l'intuition. Et d'ailleurs, il y a une forme de joie qui va avec. Tu vois, tu dis que tout est possible, c'est un moment où tu te sens bien entre minuit et deux heures. En coaching, en fait, ce qu'on dit, c'est que l'action crée la satisfaction.
- Speaker #1
Oui, ça c'est vrai.
- Speaker #0
Que la non-action crée la frustration. Et donc, pour se donner de la satisfaction,
- Speaker #1
il faut le faire.
- Speaker #0
Il faut essayer au moins, et voir ce que ça donne, et voir ce que ça crée en soi d'avoir fait ce qu'on pressentait.
- Speaker #1
C'est sûr que moi, je suis toujours très fière de moi quand j'arrive à me dépasser. Par exemple, la randonnée, je ne pensais pas y arriver. J'y suis arrivée grâce à des amis qui m'ont forcé à le faire. Et effectivement, ça crée une énorme satisfaction. Donc oui, peut-être qu'un jour, j'arriverai à me lever à 5 de maths et faire... En même temps, je ne sais pas si c'est vraiment moi. C'est-à-dire qu'en fait, aujourd'hui, on est... Moi, je suis une éponge. Donc, tu es tellement abreuvée d'images que ça, c'est très difficile. Tu vois, psychologiquement, au niveau santé mentale, pour moi, et j'ai un vrai sujet avec les réseaux sociaux, parce que je... Alors, c'est horrible parce que je me dis que les personnes qui me suivent de temps en temps, elles doivent avoir aussi ça à cause de moi, et je m'en veux beaucoup, mais en tout cas, sachez, retour de bâton pour moi, pour ma gueule, que ça le fait aussi chez moi. C'est-à-dire que quand je vois, ça me met une pression d'être comme ces femmes qui ont sûrement plein d'autres... problèmes dans leur vie, mais par contre, elles arrivent à bien manger, elles arrivent à bien faire du sport. Et donc, moi, j'ai envie d'être comme ça. Mais après, peut-être qu'au fond de moi, je ne suis pas assez comme ça.
- Speaker #0
C'est là que c'est intéressant de se poser la question du sens. Quel sens ça aurait pour toi d'être ça, ou un peu ça, ou une partie de ça ? Quel sens ça aurait pour toi de te lever un peu plus tôt le matin et de faire un quart d'heure de routine sportive ? Est-ce que ça a du sens ? Oui ou non ? Et si la réponse, si la vraie réponse, c'est pas tant que ça, Et bien, arrêtez de vouloir être ça. En fait, tu vois, arrêtez de vouloir être autre chose que soi. Mais tu peux prendre cette décision une fois que tu l'as passée à la moulinette du sens. Quel est le sens que ça aurait réellement pour moi ?
- Speaker #1
Là, c'est vrai que c'est que je passe la belle vitrine. C'est pour ça que ça n'a pas... Je n'y suis pas arrivée. Je préfère faire le sport le soir. Je suis de la nuit, en fait, tu le crois. Mais oui.
- Speaker #0
Tu assumes d'être un oiseau de nuit.
- Speaker #1
Mais parce que, forcément, tu dis toujours est-ce que qui je suis ? est intéressant, bien, peut-être que si j'étais une autre personne, je serais encore mieux. Je pense qu'aujourd'hui, c'est très difficile. Je trouve ça tellement difficile déjà de se définir soi-même. Mais là, on a un miroir. Pas un miroir, en fait. On a un éventail de personnalités tout le temps sous nos yeux. Moi, je me sens totalement perdue. Déjà, à la base, comme je te disais, je fais peu d'introspection. Les podcasts, ça m'aide à ça. Et encore, le tien, c'est parfait, parce qu'on y est carrément. Mais du coup, c'est vrai que là, t'es encore plus paumée quand t'as tous ces visages de merveilleuses femmes. et puis tu dis... Mais qui ? Je suis moi.
- Speaker #0
C'est l'introspection qui permet de savoir qui on est, et c'est le fait de savoir qui on est qui permet de savoir ensuite ce qui nous convient,
- Speaker #1
ce qui nous va, de tester des choses, de sentir si c'est bon, si c'est juste, si ça nous renforce, si ça nous fragilise. Alors par contre là, j'ai un point d'honnêteté avec toi, c'est que je trouve qu'on se regarde tous beaucoup, beaucoup maintenant. Il y a un côté, je dois tout le temps m'occuper de moi, et moi ça, ça me faisait bizarre au début, parce que j'étais là, mais en fait, moi je suis sur Terre pour m'occuper des autres. Moi, j'aime valoriser les autres. Alors après, j'ai compris, rapport à la porte des 40 ans, qu'il fallait aussi te connaître toi, parce que justement, t'es important pour aider les autres de te connaître toi. Enfin voilà, ça va ensemble. Mais donc du coup, je pense que j'ai perdu peut-être du temps. Et effectivement, aujourd'hui, il y a des jeunes qui vont plus se regarder et savoir qui ils sont, parce qu'ils ont entendu ton podcast. Mais de temps en temps, on a des personnalités qui mettent plus de temps parce qu'ils ne veulent pas se regarder. Et moi, je trouve ça important. Parce que, par contre, moi, ça m'effraie un peu cette société du « moi, moi, moi » .
- Speaker #0
J'entends, mais je pense que c'est toujours une question de dosage et de mesure, tu vois. Mais c'est vrai que savoir qui l'on est semble être quand même assez indispensable pour ensuite s'orienter dans l'existence et être une personne au service, à l'écoute, disponible, inspirante pour les autres. Mais en partant de quelque chose qui est consistant, qui est bien défini, ça ne veut pas dire que c'est défini pour une vie entière. C'est tout l'objet de ce podcast. On est en transformation et en redéfinition de façon très fréquente dans une vie. Parce qu'il y a des passages de cap, parce qu'il y a des épreuves, parce que la vie nous interroge en fait. Mais sans savoir qui l'on est, je pense qu'on augmente le niveau de fragilité intérieure. C'est d'accord avec toi. Alors moi j'aime beaucoup comprendre les instants de bascule, Carole, ce qui a précédé aujourd'hui. Pour identifier les points de passage, les transitions d'une étape à une autre et le sas entre ce qui a été et ce qui est. Parce que c'est en général assez flou pour soi et pour ceux qui nous entourent. Comment cette personne est-elle devenue ce qu'elle est ? Cette question-là tu vois, qui peut revenir. C'est un processus qui en général est silencieux, qui n'est pas perceptible pour les autres. Alors qu'il y a souvent un bouillonnement intérieur qui l'accompagne pour la personne qui vit cette transition ou cette transformation. Selon toi, qu'est-ce qui t'a permis de devenir cette femme-là ?
- Speaker #1
Je pense qu'il fallait que je me dépasse tout le temps en rapport à l'école qui était compliquée pour moi et en même temps, je voulais y arriver. Donc ça, cette espèce de volonté, cette détermination, ce côté bonne élève qui ne lâche pas, ça, ça a vraiment joué. Et ça qui est un peu perturbant, c'est qu'en ce moment, du coup, tu te dis, est-ce qu'il ne faut pas lâcher certaines choses ? Et ça, pour moi, c'est très difficile, parce que je ne suis pas une personne qui se met à laisser tomber les choses. Et après, non, je…
- Speaker #0
Non, mais déjà, je trouve que tes réponses sont assez éclairantes et puis assez fidèles à ce que tu montres, la détermination, la volonté, le travail, le sens de l'effort, l'application en fait. L'implication et l'application.
- Speaker #1
Et j'avais dit, et c'est vraiment ça pour moi, j'ai toujours été ambitieuse, mais par contre, dans la gentillesse. Et pour moi, c'est vraiment cumulable. Pour moi, c'est vraiment ça. La ligne de vie, c'est ça. C'est-à-dire que je suis ambitieuse depuis que je suis toute petite. Et par contre, je suis incapable, et justement, c'est ce qui me fait stagner aujourd'hui, de sortir les croûtes.
- Speaker #0
Tu ne marches pas sur les autres pour parvenir ? Non,
- Speaker #1
je n'arrive pas forcément à bien me vendre. J'ai toujours essayé que ce soit mon tour. travail, le mérite qui me rapporte. J'ai essayé. Ça, c'est le truc qui m'a construit et qui m'amène là où je suis. Et même si je ne suis pas à l'endroit rêvé absolu, je suis quand même fière, pour le coup, de n'avoir pas perdu en chemin ça.
- Speaker #0
C'est quoi l'endroit rêvé ?
- Speaker #1
En télévision, d'être un peu plus visible. J'ai une belle émission, je suis hyper contente d'être dans l'équipe de Silence à Pouces parce que, justement, il y a des valeurs humaines, pour moi, qui correspondent à ma vie. On se marre. Et je pense que je leur ai apporté Merci. quand même quelque chose. Donc ça, je suis assez fière. Ça n'a pas été toujours évident. Il a fallu que je fasse ma petite place, parce que c'est une équipe qui se connaissait depuis longtemps, donc ce n'était pas facile. Et comme moi, je sais normalement très bien m'adapter, ça m'a étonnée de mettre...
- Speaker #0
un peu du temps à ce que les choses, voilà, justement, que chacun trouve sa place dans cette famille. Il y a beaucoup d'affection que j'ai trouvée à ma place. Donc, je suis très heureuse dans cette émission et très fière d'incarner les valeurs que porte cette émission.
- Speaker #1
Mais s'il y avait un endroit rêvé, ce serait lequel ?
- Speaker #0
Ben, en télé.
- Speaker #1
Oui. Ou en dehors de la télé s'il y a une réponse à chercher en dehors de la télé.
- Speaker #0
Enfin, moi, j'ai l'impression que la télé me permettait d'être présente, d'apporter de la douceur aux gens de manière rapide et d'un coup, beaucoup de monde regarde la télé et d'être vraiment dans la proximité, l'intimité des gens. C'est ce que j'aime. J'aime souvent dire que j'aime bien faire le bien autour de moi et je n'ai jamais rêvé de changer le monde de manière XXL. Mais par contre, la télé, pour moi, c'était parfait parce que j'ai l'impression d'être dans une proximité grande, mais en même temps relativement petite. À grande échelle, quand même. C'est ça, entre les deux. J'aurais voulu une émission plus exposée, que moi, je sois plus challengée. Là, c'est une coprésentation. sur une émission qui existait déjà, j'aurais voulu essayer quelque chose qui me ressemble moi, qui soit créé avec moi.
- Speaker #1
Vous n'avez peut-être pas entendu, elle a dit « j'aimerais tant » . À présent, Carole, je te propose de prendre la deuxième photo, qui est la photo de toi dans ta toute première année de maternité. Tu as déjà mentionné la naissance de ton premier enfant dans un autre podcast. Ce qui m'intéresse ici, c'est plutôt les mois qui ont suivi la naissance sur le plan intérieur. Dans quel état ? elle était, cette jeune mère, au moment de cette photo-là ?
- Speaker #0
Catastrophique. Déjà, j'étais explosée de fatigue. J'avais un bébé qui est né à 4,5 kg et qui voulait manger toutes les 1h30. Donc, avec une césarienne, tu portes quand même un bon poids. Déjà, physiquement, ça ne va pas. Quand je revois ces photos, déjà, je me trouve hideuse et je ne me reconnais pas. Mon visage, il est difforme. Dans la photo, là, je t'en ai choisi, justement, on voit... on ne voit pas trop, mais je suis marquée de fatigue. J'étais très heureuse de rencontrer mon fils. Voilà, c'est ça. J'avais très peur de ne pas aimer immédiatement mon bébé. C'était une peur chez moi, comme beaucoup de mamans. Ça, ça va. J'avais couché la cage, ça m'a tranquillisée. Mais par contre, un peu ce que tu décris dans ton livre, il s'est passé toutes ces phases d'un coup, et vraiment, j'ai été perdue, mais j'ai été perdue longtemps. Bon là c'est le premier mois d'Edgar, on était encore en vacances, donc disons que là il y avait la fatigue qui était très présente, et après tout le contre-coup psychique est arrivé. Et la première année de maternité, la première année en tant que maman, ça a été très dur. J'en ai beaucoup voulu, j'étais très en colère en fait. Moi j'avais l'impression qu'on me freinait dans ma carrière, parce que c'était un moment où je venais de quitter un CDI et j'étais en free. c'est à dire que je devais trouver à chaque fois des émissions pour m'embaucher j'avais une émission qui m'embauchait de manière régulière heureusement mais du coup je pouvais pas chercher un autre travail c'était tout était précaire et j'étais là oh la la mais je suis à 30 ans c'est là où il faut que je trace d'un point de vue carrière et en fait il faut que je sois aussi mère et bonne épouse parce que ça faisait qu'un an qu'on était mariés il y avait un truc de cocher les cases de tout ce que tu dis dans ton livre de le... poids de l'imaginaire de la femme et de la mère qui était très présent chez moi.
- Speaker #1
Et puis tout se télescopait en fait. Parce que tu étais dans une période où tu étais censée tout faire avancer.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ton couple, ta carrière, et tu avais cet enfant.
- Speaker #0
Et effectivement, on s'entend très très bien. J'ai trouvé que c'était très différent. Lui, il pouvait retourner au travail. Il voulait aller faire son sport, alors qu'il n'était pas resté la journée avec le bébé. Enfin moi, on ne se comprenait pas là-dessus. Comme tu dis à un moment dans ton livre, il est rentré, je voulais lui donner le bébé dans les bras et me casser. Et tu ne peux pas te casser, tu ne t'autorises pas à te casser. Alors qu'en fait, tu as besoin à ce moment-là. Et moi, je suis une personne qui adore être entourée de gens, mais par contre, je suis aussi une personne qui a besoin d'une bulle de solitude. Et justement, parce que je pense que j'aime donner énormément, mais il faut que je me recharge un tout petit peu. Et donc là, j'étais prête à donner à mon fils, mais en même temps, c'était H24 et du coup, je me perdais. Je t'ai perdue. Et surtout que je ne voulais pas changer ma vie d'avant. Et ça, c'est l'énorme bêtise. Mais j'étais trop jeune, trop immature. C'est-à-dire que j'étais persuadée que ça n'allait rien changer. Donc, je disais à mes copines, je viens d'Aige avec toi. Je traversais tout Paris avec mon bébé au lieu qu'elle vienne à moi. Enfin, je veux dire, c'est toi qui viens d'accoucher. Non, il fallait que je me mette en quatre pour les autres. Mais en faisant pâtir
- Speaker #1
Edgar. Et pourquoi tu voulais que rien ne change ? Ou alors, comment tu penses, à quoi tu relis le fait d'avoir cru que rien n'allait changer ?
- Speaker #0
Je pense que j'ai adoré ma vingtaine. Depuis petite, je voulais ces années-là. J'aime bien la liberté. Chez moi, j'adore mes parents, mais je n'étais pas libre. J'avais vraiment besoin d'indépendance, de gagner ma vie et de choisir ce que je veux faire. Ce que j'ai eu, du coup, entre mes 20 et 30, même si je me suis mise en couple avec Thomas tout de suite, je n'ai quasiment jamais vécu seule. C'est un peu bizarre de dire ça, mais Thomas me laisse énormément de liberté. Donc, je n'ai pas l'impression d'être enfermée.
- Speaker #1
Mais donc oui, l'arrivée de l'enfant, tu as complètement confronté à cette perte de liberté, à cette perte de solitude. Et donc, les espaces qui étaient tellement importants pour toi, tu ne les avais plus.
- Speaker #0
Oui, et aussi ce que tu dis dans le livre, on a l'impression que tout repose sur toi. Et d'ailleurs, Thomas, il m'avait bien fait comprendre. Edgar, je le sortais de la maternité, je lui ai dit « je veux aller chez le coiffeur. J'ai un problème avec mes cheveux, j'ai besoin d'un cuisson en brochet pour me sentir bien. » Donc du coup, je voulais ça. Et ça a mis un peu plus de temps. Je suis arrivée, j'étais en panique. Je ne peux pas le mourir parce que tu n'étais pas là. Et en fait, ce poids, ce moment-là, qui est donc fondateur, ça m'a vraiment paniquée. C'est-à-dire que tout dépendait de moi. Je n'avais pas envie que tout dépendait de moi.
- Speaker #1
C'est extrêmement lourd sur les épaules et dans la tête. Et ça, si ce n'est pas compris par l'entourage, ce n'est pas partagé. C'est vécu dans l'isolement, la solitude. Et ça contribue à, j'allais dire... affaisser les mères, en fait, à les maintenir dans quelque chose qui est étroit, enfin, trop étroit pour pouvoir s'épanouir et se sentir bien, se sentir à son aise.
- Speaker #0
Tout à fait. C'est exactement ça. Mais du point de vue du mec, c'est, lui, le pauvre, il était dépourvu parce qu'il ne peut pas nourrir son enfant. Donc, il était en panique. Donc,
- Speaker #1
c'est deux paniques différentes qui se rencontrent et qui créent aussi des climats assez explosifs. La première année de vie du bébé, elle est compliquée pour le couple. Tout à fait. Et un couple qui ne sait pas je pense que c'est un point qu'on n'a pas abordé, mais il y a quand même beaucoup de choses qu'on ne savait pas. Il y a beaucoup de choses qu'on ignore. Donc on projette qu'on va être une mère tout terrain, avec un bébé qui va s'adapter, puis que le couple qui s'aime si fort continuera à s'aimer aussi fort, voire encore plus grâce à l'arrivée de l'enfant, qui est le prolongement des deux. Mais en réalité, il y a un repositionnement généralisé auquel on n'est pas du tout préparé et pour lequel on n'a aucun mode d'emploi. Donc on apprend en marchant. Ce qui rend les choses extrêmement difficiles, surtout quand la ressource essentielle qui est l'énergie disparaît parce qu'il y a une fatigue immense qui est devenue chronique.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
En fait, on est face à la prise de fonction la plus complexe de notre histoire en étant crevés et sans avoir les codes et sans avoir reçu de formation.
- Speaker #0
Et surtout, on a l'image. Moi, j'avais cette image de magnifique mère qui allait de son enfant. Mais l'image parfaite. Et justement, quand je regarde mes photos, je n'ai aucune belle photo de moi. Je n'ai jamais cette image parfaite de mère épanouie. Et je pensais vraiment que j'allais être hyper épanouie en devenant mère. Et en fait, c'est là où tu te perds. Tu te trouves par certains côtés, comme tu le dis, encore une fois, je te fais la promesse de ton livre très bien dans mon livre. Mais en même temps, c'est vrai, tu poses des meilleurs mots que moi. Donc, lisez le livre, ne m'écoutez pas, allez acheter le livre. Moi, je n'ai pas eu l'impression de... C'est marrant, je crois que j'étais mère avant d'être mère dans ma tête, déjà. Merci. j'étais un peu vieillotte déjà dans ma tête. Mais par contre, c'est un moment, mais c'est dur, c'est vraiment dur de sortir un dame.
- Speaker #1
Quand tu regardes cette femme-là sur la photo, qu'est-ce que tu vois maintenant que tu ne voyais pas à l'époque ?
- Speaker #0
Je vois la jeunesse, en fait. C'est marrant ce que tu me dis. J'ai l'impression de ne pas changer. Moi, j'ai l'impression d'être vraiment stable dans ma façon d'être au monde et aux gens et dans ma vie. Là, je vois surtout la difficulté que je n'ai plus, par exemple, avec la naissance de tellement. Moi, j'ai trouvé vraiment que le premier enfant, c'est un énorme chamboulement. Et j'en voulais aux gens de ne pas l'avoir dit à ça.
- Speaker #1
De ne pas l'avoir dit suffisamment, tu veux dire, en amont ? De ne pas t'avoir préparé à ça ?
- Speaker #0
Oui. Maintenant, on l'entend un peu plus. Mais mon fils, il va avoir 14 ans. Donc, il n'y avait pas Blis, la matricence. Et pourtant, il y avait les maternelles, mais je ne sais pas. On avait trop idéalisé la maternité, je trouve. Oui,
- Speaker #1
on en parle un petit peu plus, la parole se libère, et puis surtout on comprend que les difficultés maternelles, ce ne sont pas des fragilités individuelles, que c'est aussi un système, que c'est aussi une culture, que c'est les représentations de la maternité, que c'est l'organisation autour de la maternité qui fait défaut pour soutenir la mère.
- Speaker #0
C'est ça. Et j'avais plein de questions, je me demandais si j'allais y arriver, si j'allais être à hauteur. Je ne me trouvais pas, j'ai eu du mal à me sentir bonne mère.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, tu dirais que c'est quoi être une bonne mère ? Ta définition ?
- Speaker #0
À l'écoute. À l'écoute. En tout cas, moi, j'aime passer du temps anodin avec mes enfants. ces petits moments où on va disséquer les choses, c'est hyper intéressant. Et je vais juste rajouter que ma fille me fait énormément évoluer, plus qu'être mère. C'est finalement, je trouve, ça qui est marrant dans l'aventure de la maternité.
- Speaker #1
La relation avec elle te fait évoluer, tu veux dire ?
- Speaker #0
Oui, parce qu'elle ne voit pas la vie comme moi. Au début, j'étais plus dans la confrontation en me disant « elle est folle, pourquoi elle réfléchit comme ça ? » Et en fait, c'est assez marrant. Moi, ce que j'aime dans mon challenge, c'est de me dire essaie de ne pas les formater, même si tu les formates forcément. C'est quand même cool de prendre de leur personnalité à eux. De ne pas te donner de ta personnalité à tes enfants, mais de prendre de la leur.
- Speaker #1
En effet, la relation qu'on a avec chacun de nos enfants nous fait énormément évoluer, nous transforme en fait.
- Speaker #0
C'est la meilleure entreprise pour ça. Formation de management avec tes enfants.
- Speaker #1
Je suis tellement d'accord. Il y a tellement de parallèles qu'on peut faire entre le management et l'éducation.
- Speaker #0
Oui, ça c'est... Par contre, tu apprends vraiment la patience et tu apprends la négociation, des skills que tu développes, que tu n'avais pas avant.
- Speaker #1
Que tu développes grâce à la maternité. On sous-estime complètement les compétences qu'on développe grâce à nos enfants. La relation maternelle, dans sa difficulté, dans son ambivalence, dans les doutes, dans la beauté, la magie, elle est extrêmement nourrissante et extrêmement apprenante. C'est ça. En fait, nos enfants sont des enseignants. Carole, ce que je te propose maintenant, c'est qu'on passe à la troisième photo. La photo de l'enfant que tu étais à 9-10 ans.
- Speaker #0
C'est ma famille. Il y a ma mère, mon père et ma sœur et moi devant, avec des t-shirts américains. Donc, c'est mon retour des États-Unis. Je suis partie quand j'avais 9 ans en voyage scolaire aux États-Unis. Et c'était une énorme chance. Ça a vraiment marqué ma vie, ce voyage. Donc, c'est une photo du bonheur parce que je crois que j'étais très fière de moi d'être partie. Je n'avais jamais pris l'avion. Tu prends l'avion sans tes parents Ça paraissait super dur Et en même temps, j'étais contente de l'avoir fait J'avais très peur Je me souviens énormément d'anxiété avant de partir La sensation de te jeter dans le vide Et quand je suis revenue, j'étais hyper heureuse De retrouver mes parents Je devais juste revenir J'aime bien la petite fille que je suis à ce moment-là Alors justement,
- Speaker #1
qui est cette petite fille Et qu'est-ce qui est déjà présent en elle Et qu'on retrouve toujours en toi Qui est toujours là A l'époque,
- Speaker #0
je doutais beaucoup et je crois que tout le monde toujours j'avais envie d'être forte à l'école j'avais du mal donc j'arrive tu vois en serment en essayant des gens de dissimuler mes difficultés en me sentant pas tout à fait à ma place ou comme les autres et très fragile la petite fille sur d'elle quand j'arrivais aux états unis j'ai eu l'impression que tout était fou différent le rêve américain moi j'ai eu le rêve pour moi c'était une vie très douce, très différente. Et du coup, ça m'a apporté. C'est pour ça que là, je vois beaucoup de joie. Alors qu'à la base, j'étais quand même une petite fille avec pas des idées noires, mais par moments dark.
- Speaker #1
En tout cas, une fragilité et une difficulté dans la vie quotidienne qui te faisait douter et qui ne te rendait pas forcément confiante.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu comprenais déjà du monde avec ces yeux-là, à cet âge-là ? C'était quoi le regard que tu portais sur le monde qui t'entourait ?
- Speaker #0
J'avais l'impression que le monde adulte était génial. Je sais que j'attendais tellement de travailler. J'ai l'impression que c'était des gens trop forts qui arrivaient à travailler. Donc déjà, la valeur travail, elle était hyper importante pour moi, comme si personne n'était mauvais dans son travail, tu vois, dans le genre. J'aimais bien observer les adultes quand même. Je comprenais très vite, dès qu'il y avait une dispute ou un truc, j'étais un peu à l'affût. J'aimais bien qu'on se confie à moi et j'aimais bien la fête. On avait une famille où il y avait des mariales et des trucs comme ça. On faisait des spectacles avec ma sœur. Ça, c'est quelque chose qui était très important dans mon enfance.
- Speaker #1
Et c'est des choses qu'on retrouve encore aujourd'hui. Le goût de la fête, aimer que les gens se confient à toi.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Et l'observation, la compréhension des gens qui t'entourent.
- Speaker #0
Oui, et en fait, j'étais une éponge. Sans savoir que j'étais vraiment une éponge, mais je l'ai compris un peu plus tard. À cet âge-là, je pense que je le suis, mais je...
- Speaker #1
Oui, tu ne le mesures pas encore. Non, je ne le mesure pas. En tout cas, tu ne mesures pas les effets de ça sur toi encore. Qu'est-ce qu'elle cherchait, cette petite fille ?
- Speaker #0
Elle cherchait à être vue, ça c'est... Merci. narcissique au possible, mais c'est vrai. Je voulais le premier. C'est complètement narcissique.
- Speaker #1
Mais c'est quelque chose qu'on retrouve encore aujourd'hui.
- Speaker #0
Il faut être honnête. En fait, c'est très bizarre. Je pense que j'ai besoin d'être vue et en même temps, je suis une grande timide. Il y a beaucoup de gens comme ça. Mais c'est très... Je n'aime pas prendre trop de place. J'aime vraiment laisser la place aux autres. Et en même temps, j'ai besoin de briller.
- Speaker #1
Est-ce que tu dirais que tu assumes ces deux facettes-là de toi, sans les opposer ?
- Speaker #0
Je l'assume maintenant de temps en temps quand je fais... C'est marrant, je n'ai pas pensé à ça, je n'ai pas fait venir. De temps en temps, je fais des trucs de maîtresse de cérémonie, tu sais, où tu remets des prix, notamment dans le jardin, tout ça. J'aime bien ce rôle-là, parce que tu arrives sur scène, c'est toi qui es seule. C'est hyper dur d'arriver sur scène, tu es souvent dans des grandes salles, tu dois chauffer les gens. Et après, par contre, ce n'est pas toi qui as gagné les prix, c'est les autres.
- Speaker #1
Tu mets quelqu'un à l'odeur. Oui, je comprends.
- Speaker #0
Et en fait, ce rôle-là, alors que je pensais que je ne serais pas bonne là-dedans, parce que c'est... tu es toute seule, tu portes vraiment sur tes épaules, puis c'est du direct, tu ne peux pas reprendre. C'est quand même difficile. En fait, j'adore déjà parce que, un, je mets en avant des autres exactement, ce n'est pas moi qui remporte le prix, et deux, c'est des moments d'émotion. Alors, ce n'est pas les Césars, ce sera bien un jour. Mais quand même,
- Speaker #1
si vous nous entendez,
- Speaker #0
l'équipe des Césars, Carole Tolila veut bien candidater.
- Speaker #1
Je ne suis pas sûre qu'ils m'appellent,
- Speaker #0
mais en tout cas, dans l'idée, pour vous mettre une image en tête, c'est ça. Je trouve que mon rôle, il est un peu là. C'est-à-dire d'exister, mais en même temps...
- Speaker #1
En mettant les autres en valeur. Qu'est-ce que tu aurais envie de transmettre ? Ou qu'est-ce que tu as envie que tes enfants retiennent ? de toi ? Est-ce que tu veux leur transmettre des choses que tu as toi-même reçues en héritage dans une continuité ? Ou est-ce que tu as envie de leur transmettre plus des choses que tu as comprises, travaillées et intégrées dans ton moi adulte ?
- Speaker #0
C'est marrant. Alors, il y a deux ans, je t'aurais dit transmission totale de ce que j'ai. Et maintenant, j'ai l'impression de changer. Déjà parce que je passe du temps avec toi. Du coup, tu me fais changer. Mais non, non. Je suis fière des valeurs familiales que j'ai reçues dans mon enfance. Pour mes enfants, à chaque fois que je leur dis « Vous êtes une équipe » , pour moi, c'est vraiment capital qu'ils puissent compter l'un sur l'autre.
- Speaker #1
Tu as envie de leur transmettre cette fraternité-là.
- Speaker #0
L'amitié est aussi très importante dans ma vie. Après, c'est difficile de répondre à ta question. Pardon, je ne suis pas très claire pour ceux qui nous écoutent. Mais en fait, je crois qu'en ce moment, je suis vraiment en changement et qu'il y a des choses qui se entrechoquent. Oui,
- Speaker #1
qui se télescopent. l'ancienne Carole et la nouvelle Carole qui est en chemin, en transition vers quelque chose d'un peu différent.
- Speaker #0
Oui, et du coup, mes enfants, avant, je pouvais me dire « Attends, ça c'est hyper important. L'histoire, par exemple, des frères et sœurs, je pense que je vais peut-être y revenir. J'ai vraiment besoin qu'ils s'épanouissent, qu'ils soient heureux. »
- Speaker #1
Oui, mais regarde ce que tu dis. C'est que pendant très longtemps, la fraternité était une valeur centrale que tu voulais leur transmettre.
- Speaker #0
aux chausse-pieds même c'est ça vous n'avez pas le choix comme des frères et soeurs et puis tu es en train d'introduire l'idée de l'amitié mais en fait le dénominateur commun entre les deux c'est toujours le lien et c'est le lien comme une ressource oui et ça j'ai vraiment du mal il y a un truc qui ne change pas par contre ce qui me met vraiment mal dans ma vie c'est l'égoïsme voilà quand quelqu'un est égoïste en fait le trait d'union entre l'ancienne Carole et la Carole qui est en changement qui est en réflexion qui
- Speaker #1
devient sage avec la quarantaine c'est C'est cette permanence du lien comme une ressource.
- Speaker #0
Oui, que la vie est une fête, c'est quand même, je me rends compte, tu vois, je suis une maman qui aime bien faire des surprises. Edgar m'apprend, lui, il n'a pas besoin qu'il se passe beaucoup de choses, il veut justement de la tranquillité et tout. Donc, non, j'essaie de m'adapter à eux. En tout cas, je ne devrais pas te dire une chose, mais je passe du temps à discuter avec eux et justement de confronter mes croyances avec leur raisonnement et de me dire, oui, en fait, peut-être tu as raison. en fait on va avancer dans la vie ensemble et puis on verra j'ai envie de leur, en tout cas de transmettre des choses, par contre j'aime bien l'idée que ils soient eux-mêmes quoi donc t'es une mère qui s'interroge,
- Speaker #1
qui se remet en question qui réfléchit, qui cherche la justesse ah tout le temps ouais Carole, on arrive au terme de cette conversation j'aimerais que tu puisses nous dire dans la vie qui se trouve devant toi vers quoi tu as très envie d'aller aujourd'hui c'est hyper dur ça,
- Speaker #0
c'est pas sympa cette question j'ai envie d'aller Merci. Toujours vers la douceur, je pense que ça a rythmé mes choix de vie et j'espère, je suis terrifiée à l'idée que ça devienne plus dur. J'essaie de changer et de vraiment profiter, mais j'ai du mal avec ce truc de profiter. Mais du coup, j'essaie de faire ça, j'espère que j'y arriverai.
- Speaker #1
Tu mets derrière profiter le fait de savourer l'instant ?
- Speaker #0
Oui, je trouve ça hyper dur, je trouve ça fort les gens qui y arrivent.
- Speaker #1
À être vraiment dans le présent ?
- Speaker #0
Oui. Moi, je suis toujours dans l'anticipation et je me réconforte dans le passé en regardant les photos. Donc, c'est pas... Non, c'est très dur. Donc, je sais pas trop le chemin. Après, je me dis, il faut se laisser surprendre par la vie.
- Speaker #1
Donc, dans le temps qu'on a, de la douceur, essayer d'être dans l'instant.
- Speaker #0
Et je crois que ça va reboucler avec ton... J'ai trop besoin d'intensité. La douceur et l'intensité. J'arrive vraiment à avoir des moments où tu te poutes, on peut s'arrêter. Par contre, j'ai besoin qu'il se passe des choses.
- Speaker #1
Plutôt que d'opposer, c'est parti. de toi, essayer de les réconcilier, de leur donner une vraie place à chacune et de savoir les moments, les circonstances qui te nourrissent en intensité et de prévoir les à-côtés de douceur qui vont permettre de te régénérer aussi.
- Speaker #0
C'est ça, tout à fait. Donc il y a l'intensité parisienne et la douceur de venir à la maison de sens en Provence.
- Speaker #1
Merci Carole pour cet échange.
- Speaker #0
Je t'en prie, merci à toi.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode de La Vie de Venceois. Si cette conversation vous a touché, questionné ou ramené à certaines parts de vous-même, alors c'est peut-être qu'elle a déjà commencé à faire son chemin en vous. Parce qu'au fond, ce que je crois, c'est que devenir soi n'est pas un état, ni une destination. C'est un mouvement, un cheminement qui est fait de passage, de choix, de déstabilisation, de perte parfois, mais aussi du retour d'une certaine fidélité à soi. Je vous remercie pour votre soutien. pour votre écoute, pour vos partages. Et je vous donne rendez-vous très bientôt pour un nouvel épisode de La Vie Devant Soi.